Mois : mars 2016

  • Agriculture paysanne

    Agriculture paysanne

    On en parle tout le temps, on la défend ou la discrédite, c’est à la mode en tous cas. Oui mais l’agriculture paysanne, ça veut dire quoi en fait, ça recouvre quoi au final. Alors on va réfléchir un max et essayer d’y voir plus clair.

    Pour commencer, on peut regarder ce qui n’est assurément pas de l’agriculture paysanne. Son contraire, pour ainsi dire, c’est l’agriculture productiviste. Là on voit mieux, c’est ceux qui ont des gros rendements, qui empilent les animaux dans d’immenses hangars, qui font des kilomètres carrés de serres, qui vident les nappes phréatique pour arroser le maïs et qui viennent régulièrement visiter les rayons  des grandes surfaces ou arroser de purin la sous-préfecture locale. Productiviste est assez bien choisi parce qu’ils produisent en quantité. Mais il manque un élément caractéristique, c’est qu’ils ne connaissent pas le client final, celui qui consomme leur produit direct ou transformé. Du coup il y a des intermédiaires, voire même beaucoup. On voit là se dégager une composante de l’agriculture paysanne : c’est, pour faire simple, la vente directe. D’un  seul coup on se rend compte, d’ailleurs, que ça a toujours été ça le métier des paysans. Vendre ses produits à des voisins, sur des marchés, à des meuniers. Bien sûr il y a toujours eu des ventes à des négociants, mais ça n’est pas ça qui faisait le revenu. Des anciens me racontaient que, même au temps du métayage, où le propriétaire prenait la moitié de la récolte, et bien on arrivait à en planquer un peu et ça permettait de vivre. Si nous revenons aux productivistes, il y a une autre chose qu’ils ne maitrisent pas, bien qu’ils en soient  de gros consommateurs, c’est ce qu’on appelle les intrants : engrais, produits phytosanitaires, semences, de même que le matériel agricole. Est-ce qu’il y a moyen de faire autrement ?Oui largement, car même sans être en bio, on peut avoir des animaux et mettre le fumier dans les champs plutôt qu’au méthaniseur, on peut aussi faire ce qu’on appelle des couverts végétaux qui sont des engrais verts, des rotations avec des légumineuses ou des protéagineux de façon à nourrir le sol avec des produits que l’on maitrise.  Voilà donc notre contour qui se précise un peu. Un agriculteur qui commercialise directement tout ou partie de ses produits, qui a des contacts avec ses clients, qui fait des rotations dans ses cultures, qui ne prend pas les animaux pour du matériel, je crois qu’il commence à faire de l’agriculture paysanne. Vous allez me dire qu’il fait de bons produits aussi. Ben ce n’est pas aussi simple, car s’il est vrai que le productiviste ne fait pas de bons produits mais seulement des produits calibrés, agriculture paysanne ne veut pas forcément dire bon et il ne faut pas oublier qu’il y a des bios productivistes. En fait, il y a toute une gamme de pratiques plus ou moins vertueuses, agriculture de conservation, agriculture raisonnée, agro-écologie, agroforesterie, bio ou biodynamie, mais aucune ne peut se targuer du monopole du goût ou de la qualité.

    Donc si vraiment vous voulez, des produits de goût supérieur, le plus simple c’est de les produire vous-même au jardin. Parce qu’en fait l’agriculture paysanne c’est comme ça que ça a commencé.

    Michel Costadau

  • Externalisation

    Externalisation

    J’entends dire que la seule chose de bien avec l’Europe, c’est d’avoir amené la paix car il n’y a plus de guerre. D’autres ajoutent que l’Europe a amené un bon niveau de vie car les magasins sont pleins et les gens achètent. Et aussi que l’Europe a porté la démocratie à sa quintessence et qu’on cherche à exporter ce modèle. Oui, on entend plein de choses. Mais juste une question en passant : avez-vous entendu parler de l’externalisation. Parce que s’il y a un point où l’Europe est championne, c’est bien l’externalisation. En effet, s’il n’y a pas de guerre entre pays européens, c’est parce qu’on a mis la guerre partout dans le monde pour ne pas l’avoir chez nous. Guerre en Afrique, pratiquement dans tous les pays, guerre au Moyen Orient, du Liban jusqu’au Pakistan, guérillas en Asie, guérillas en Amérique Latine. Surtout ne me dites pas que nous n’y sommes pour rien, ou je me verrai obligé de vous demander qui a formé et armé les milices syriennes, les talibans ou les tontons macoutes, sans parler des ventes d’armes. Non seulement nous n’y sommes pas pour rien, mais ça fait partie de notre philosophie = piétiner les populations pour avoir du beurre dans nos épinards. Ça doit être ça notre fameuse démocratie.

    Vous allez me dire : mais pourquoi tu nous parles tout d’un coup d’externalisation ? Tout ce que tu viens de dire on le sait, c’est clair. Eh bien je vous en parle parce que l’Europe vient d’ajouter un nouveau fleuron à l’externalisation : la gestion des émigrés. Et oui, l’Europe terre d’accueil, terre des droits de l’homme, oui, oui, mais pas pour tout le monde quand même. Double discours, d’un côté on vient au secours des immigrés avec des tentes et des sacs de riz, et de l’autre on veut mettre la xénophobie dans la constitution et en attendant on remplit les journaux de discours racistes, on expulse et on rase à tour de bras. Alors nous on accueille, mais on traite avec la Turquie pour refouler. On traitait déjà avec le Maroc, la Libye et quelques autres Etats super démocratiques. Mais c’était plus ou moins caché. On payait les barrières et les refoulements discrets, mais maintenant, la technocratie a sauté le pas et c’est officiellement que l’on dit  à la Turquie : c’est tant le refoulé. Il y a des objectifs et des contre-parties qui quand même restent assez discrètes bien que ce soit de l’argent public.

    Vous voyez, c’est ça l’externalisation, on ne veut pas savoir comment la Turquie et le Maroc s’y prennent avec les droits de l’homme, mais nous c’est clean, super clean. Bientôt, si ce n’est pas déjà fait, l’Europe aura le Nobel de la Paix pour avoir su si bien externaliser la guerre.

    Cela dit il faut noter qu’en Europe il n’y a peut-être pas la guerre, mais il y a quand même des victimes. C’est troublant, surtout quand les voyous qui occupent le pouvoir parlent des valeurs, de nos valeurs. Mais pourquoi on les laisse faire ces gens-là, pourquoi on continue à écouter leurs mensonges, à regarder leurs simagrées hypocrites. Vous savez, quand quelqu’un n’est plus capable d’exercer ses responsabilités on le met sous tutelle. L’Europe c’est le contraire ; n’étant plus à même d’exercer la moindre responsabilité elle s’enferme dans un bastion ceinturé de banques, mais c’est quand même elle qui donne des leçons. Honte à nous.

    Michel Costadau

  • NDDL

    NDDL

    Alors nous voila avec un référendum sur NDDL. Le seul mot que j’entends partout c’est piège, double piège. Piège pour les opposants si une majorité pour l’aéroport apparaît, piège pour le pouvoir si une majorité contre le projet se dégage ou si le résultat est attaquable légalement. Bon on fait quoi avec ça ? Ben surtout on garde l’esprit clair et on analyse. Première analyse l’opposition au projet ne risque strictement rien dans cette affaire. L’opposition au projet n’est pas du tout basée sur une quelconque décision locale mais seulement sur des raisons politiques, économiques et environnementales de non-opportunité. Quel que soit le résultat du scrutin, l’opposition restera opposée avec les mêmes arguments et les mêmes combattants. Y a des âmes bien intentionnées qui disent oui, mais si le projet obtient une majorité, alors il sera plus facile d’expulser les opposants. Ah bon et pourquoi s’il vous plait ? Les opposants n’ont jamais eu d’autre légitimité que leurs convictions, et le pouvoir a déjà tous les arrêtés, décrets, décisions pour intervenir. Quel que soit le résultat de ce scrutin, l’opposition ne sera en aucun cas affaiblie, puisque aucune de ses motivations n’aura été concernée. Au contraire, c’est une épreuve de plus qui aura été dépassée. Et, en plus, il y aura une bonne partie de la population qui aura dit non. Bon mais alors pourquoi le pouvoir organise-t-il ce scrutin, si ce n’est  pour affaiblir l’opposition. Bonne question. Là il faut faire une petite réflexion de plus et comprendre la phrase clé = le pouvoir ne fait que de la politique. En effet le pouvoir n’est ni pour ni contre ce projet, comme tous les projets d’ailleurs. Le pouvoir fait des projets uniquement pour garder le pouvoir, c’est sa seule règle de conduite, sa seule morale, sa seule règle du jeu. Si un projet se fait, il se l’approprie et les lobbies passent à la caisse. S’il ne se fait pas, on passe au suivant. Si un projet s’avère désastreux à terme, on s’en fout c’est pour les autres.

    Bon ok on a une réflexion de plus, comment on l’applique. Ben il suffit de continuer la réflexion. Si le scrutin n’est pas dirigé contre les opposants au projet, contre qui alors ? En fait contre personne, c’est juste pour créer un évènement qui va permettre au pouvoir de s’exprimer. Ben mince alors. Ce scrutin a pour seul but de permettre aux soutiens de Hollande de mobiliser la population moins d’un an avant 2017.

    Mais alors que va-t-il se passer ? Ben le scénario retenu par le pouvoir est le suivant : le scrutin sera organisé sur une base suffisamment fragile pour être attaquable, c’est indispensable. Le résultat sera oui mais serré ; en effet, une trop grande majorité ridiculiserait le bienfait du scrutin et une victoire des non serait pénible. Et ensuite ? Ben ensuite quel que soit le résultat du scrutin, il ne se passera strictement rien de plus sur le terrain avant 2017. En effet, ni une occupation par la force de la zone, ni la promesse de commencer le transfert rapidement, n’apporterons la moindre voix supplémentaire à Hollande, surtout avec de nouvelles actions en justice. Au contraire.

    Alors tout ça pour quoi ? Ben on vous l’a dit, tour de chauffe de 2017, c’est tout. Pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, la campagne des présidentielle a commencé il y a quatre ans. Circulez y a rien à voir. Par contre, ce qui devient clair c’est que nous avons un pouvoir aux abois, qui navigue à très très très court terme et crée beaucoup d’embûches pour l’avenir. La politique, vous savez, c’est triste.

    Michel Costadau

  • Programmes

    Programmes

    Tous les politiques ont des idées, des projets et des programmes qui sont censés convaincre les électeurs. Ces projets occupent tout leur esprit et ils n’arrêtent pas d’en parler avant ou après. Et justement, après, il apparaît clairement que les choses ne se passent pas du tout comme promis. J’ai donc analysé la situation en profondeur et découvert le vrai programme des politiques, celui qui réellement fonde leur action. Après cette découverte, leur comportement devient beaucoup plus facile à comprendre. C’est assez édifiant.

    Hollande : être réélu, être réélu, être réélu, être réélu, être réélu, être réélu, être réélu, être réélu,

    Valls : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président, devenir président,

    Macron : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président,

    Sarko : redevenir président, redevenir président, redevenir président, redevenir président,

    Juppé : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président,

    Le Pen : emmerder le monde, emmerder le monde, emmerder le monde, emmerder le monde,

    Royal : devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente,

    Fillon : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président, devenir

    Bayrou : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président,

    Mélenchon : passer à la télé, passer à la télé, passer à la télé, passer à la télé, passer à la télé,

    El Khomri : se faire licencier, se faire licencier, se faire licencier, se faire licencier,

    Berger (cfdt) : surtout pas de vagues, surtout pas de vagues, surtout pas de vagues,

    Martinez (cgt) : surtout pas de vagues, surtout pas de vagues, surtout pas de vagues,

    Mailly (fo) : surtout pas de vagues, surtout pas de vagues, surtout pas de vagues, surtout pas de vagues,

    Laurent (pcf) : pourvou  que ça doure,  pourvou  que ça doure, pourvou  que ça doure,

    Duflot : devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente,

    Cohn-Bendit : n’importe quoi, n’importe quoi, n’importe quoi, n’importe quoi, n’importe quoi,

    Ayraud : Ahh rrreu guili guili, Ahh rrreu guili guili, Ahh rrreu guili guili, Ahh rrreu guili guili,

    Pécresse : devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente,

    Delga : d’abord taisez-vous après on discute, d’abord taisez-vous après on discute, d’abord taisez

    Onesta : d’abord taisez-vous après on discute, d’abord taisez-vous après on discute, d’abord taisez

    Malvy : tchao pantin, tchao pantin, tchao pantin, tchao pantin, tchao pantin, tchao pantin,

    Vallaud Belkacem : plus près de toi mon dieu, plus près de toi mon dieu, plus près de toi mon dieu,

    Le Drian : Breton et complètement c.., Breton et complètement c.., Breton et complètement c..,

    Le Foll : Breton et complètement c.., Breton et complètement c.., Breton et complètement c..,

    Comme vous pouvez le remarquer la place de président est extrêmement convoitée. Vous vous dites que c’est parce que la place est bonne, nourri, logé, voyages, distractions, cadeaux, scooter fourni, protégé par la justice, aucune décision à prendre. Eh bien non pas du tout, la place est convoitée parce que chaque candidat n’est que la couverture d’un ou plusieurs lobbies. Ces groupes veulent avoir leur président et il leur faut un pion pour prendre la place. Donc, ils nous font la simulation de la démocratie mais ce n’est qu’un jeu entre eux. En plus, à ce jeu y a pas de perdants puisque les lobbies qui n’ont pas pu placer leur copain, gardent quand même toute leur capacité de nuisance.

    Comme quoi les programmes simples sont quand même ceux qui marchent le mieux.

    Michel Costadau

  • Sivens

    Sivens

    Sivens est vraiment emblématique des graves dérives de notre démocratie. On va d’abord énoncer les dérapages, puis développer.

    1.      Décision du Conseil général validée par arrêté préfectoral, de commencer le défrichage de la zone humide avant le jugement des plaintes pour non-respect de la loi sur l’eau,

    2.      Envoi par le préfet de militaires sur le site lors d’une manifestation autorisée. Cet envoi s’est traduit par la mort, injustifiable, d’un jeune militant,

    3.      Circulation, non filtrée par les gendarmes, de milices agricoles armées autour du site pendant quatre jours,

    4.      Destruction du bâtiment classé de la métairie neuve sans aucune justification instruite,

    5.      Transaction entre le ministère et le Conseil général pour payer les frais engagés indûment par le CG en échange de l’arrêt du projet, afin d’éviter à l’Etat de payer les infractions à la loi sur l’eau.

    Bien sûr ces actes ne seront jamais jugés parce que la justice est au service du pouvoir, ce qui est la porte d’entrée  du déni de la démocratie. Constatons aussi  que l’arrêt du projet a provoqué la rage des élus et du syndicat agricole, parce qu’ils ont été pris la main dans le sac et qu’ils songent encore à se venger.

    Maintenant développons un peu.

    1.      Le fait de vouloir commencer les travaux avant l’instruction des plaintes enregistrées, s’appelle un passage en force. C’est vouloir faire une réalisation potentiellement illégale avant le rendu des jugements correspondants, en escomptant, donc, qu’une fois terminée, la réalisation ne pourra plus être touchée par la justice qui, peut-être même, ne rendra aucun avis. Les pouvoirs publics sont coutumiers du fait, par exemple en déclarant d’utilité publique des projets rejetés au moment de l’enquête publique. Pour empêcher cela, il n’y a que deux pistes : multiplier par 10 la vitesse de la justice, euh assez peu probable, ou occuper, avec beaucoup de courage, les sites concernés pour empêcher les travaux.

    2.      Cette attitude assez classique, visant à  assimiler les manifestants à des casseurs, demande en fait une double collusion. D’abord le choix par la préfecture d’agir illégalement mais aussi, la couverture médiatique correspondante. Pour éviter cela, bien peu de moyens, à part la presse libre, dont le pouvoir est très limité.

    3.      Ce laxisme est assez rare, d’une manière générale, sauf avec les agriculteurs qui, pour des raisons de dépendance des élus locaux, sont systématiquement protégés par les gendarmes lors de leurs exactions. Empêcher cela ne consiste sûrement à monter des contre-milices. Non la seule réponse est la non-violence qui demande pas mal de courage.

    4.      Ce dérapage est exclusivement dû à la baffe reçue par les institutionnels dans cette affaire. C’est donc du registre de la vengeance. De la vengeance des pouvoirs publics ! Ce dysfonctionnement comprend toujours une étape avec le vote d’une collectivité territoriale. La seule défense est alors d’avoir des citoyens en mesure de dénoncer localement ces agissements.

    5.      Cette transaction consiste à acheter le  vote d’une collectivité. En d’autres termes, c’est de la corruption, de la corruption d’Etat. Je ne sais pas s’il y a des moyens de s’opposer à cela, parce que  nous rentrons là dans le domaine des agissements mafieux des pouvoirs publics.

    Mon analyse me conduit à penser que, dans cet exemple comme dans beaucoup d’autres, ce sont tous les élus qui bafouent la démocratie. Alors pourquoi faudrait il que je vote pour eux ?

    Michel Costadau

  • Jean-Luc

    Jean-Luc

    Salut,

    Sacré Jean-Luc, tu n’en rates pas une on dirait. Alors voila que maintenant tu t’es autopropulsé candidat en 2017. Je comprends ton plaisir à évoquer cette campagne, avec des salles à remplir, des discours à faire applaudir, des petites phrases à lancer et des plateaux télés surement plus copieux que ceux des restau-u. Je comprends un peu, mais je n’approuve pas, mais alors pas du tout. Qui t’a demandé de te présenter ?  Eh oui tu as raison, toi et toi seul. Bien sûr il y a des gens qui voteront pour toi, parce que si tu n’étais pas là ils ne sauraient pas qui choisir et peut-être ne se déplaceraient-ils même pas. Seulement, même si tu refaisais ton résultat de 2012, qu’est-ce que ça changerait. Tu sais combien valent tes 11 % sur l’échiquier politique = exactement 0, score que tu aurais pu faire sans te présenter. Parce que, est-ce qu’on t’a demandé ton avis sur la déchéance de nationalité, sur le droit du travail, sur les logements sociaux, sur la fusion des Régions, sur la jungle de Calais, sur la réforme scolaire, sur les bombardements syriens, sur la privatisation des aéroports ou sur l’avenir du nucléaire ? Réponse non, et heureusement parce que si on t’avait demandé ton avis ça s’appellerait de la trahison. Non, Jean-Luc, tes 11 % ne valent rien, à part pour ta gloriole personnelle. Au contraire, tu as piégé des gens dans un système électoral qui ne fonctionne plus, qui ne sert qu’à légitimer le pouvoir de la finance. Que dit le pouvoir : vous avez vu ce sont des élections libres, plein de gens peuvent se présenter et le peuple décide, c’est ça la démocratie. Oui, mais en 50 ans de fonctionnement avez-vous vu un seul président qui ne soit pas PS/LR. Parce que c’est ça leur règle du jeu : il y a la caste politique, qui joue à majorité/opposition, monopolise le pouvoir et tient la population en haleine avec des réformes qui vont toujours dans le même sens, c’est-à-dire la libéralisation. Alors, pour masquer cette domination il faut jouer à la démocratie. Il faut trouver des petits candidats dont la présence fait croire qu’il y a un choix. Eh oui Jean- Luc tu ne sers que de faire-valoir, d’alibi, de caution au système PS/LR. Tu vas me dire : mais pourquoi ne pas envisager d’être au second tour. Certes ce n’est pas complètement impossible, surtout quand on en est encore loin, mais rappelle-toi, Le Pen a déjà été au second tour et après il a eu un député, un seul. Et puis pour gagner le second tour il faut proposer le même programme que les autres. Parce que si tu dis qu’il faut doubler le smic, ou aligner le salaire des femmes sur celui des hommes, alors ce n’est pas 11 % que tu auras, mais 3 %. N’as-tu pas encore compris Jean-Luc que le système fonctionne en vase clos, que Tsipras est le même que les autres, que Iglésias est le même que les autres, que ce ne sont pas ces gens-là qui gouvernent, c’est la finance, c’est le G8. Tu es, je le sais, un homme politique c’est-à-dire quelqu’un capable de convaincre, mais maintenant c’est toi que tu dois convaincre de cesser cette mascarade. Continue à dénoncer, là tu as raison, et renonce à cette candidature injurieuse pour ceux qui constatent que notre démocratie est dans l’ornière et qu’il faut arrêter de faire semblant. Si pour toi la démocratie c’est faire que l’opposition n’ait aucun pouvoir, on ne va pas être d’accord parce que moi j’appelle ça la dictature.

    Avec mes meilleures salutations.

    Michel Costadau

  • Espagne

    Espagne

    Ca fait un moment que le spectacle que donnent les politiques espagnols me sort par les yeux. Cette histoire de majorité introuvable c’est vraiment de la grande fumisterie. Qui a dit qu’il fallait absolument qu’un  seul parti ait tout le pouvoir pour que la démocratie marche. Qui eh ben les politiques et eux seuls, parce que les électeurs eux ne demandent jamais à ce que leur avis, et donc logiquement l’avis des autres aussi, soit mis à la poubelle. Qui a dit qu’il était démocratique de gouverner avec une « majorité » qui au mieux du mieux ne représente que 20% des électeurs. Qui eh ben encore les politiques, toujours les politiques. Vous comprenez pourquoi je m’efforce de vous convaincre qu’il ne faut plus accorder la moindre confiance à ces gens là.

    Parce que quand on dit PP 28%, PSOE 21%, Podemos 18% ou Ciudadamos 15%, on dit simplement que les électeurs ont élu des gens pour qu’ils gouvernent ensemble. S’ils sont incapables de s’entendre alors c’est qu’ils ne sont pas à leur place, il faut en mettre d’autres. S’ils ne sont pas capables de comprendre qu’à eux seuls ils ne peuvent pas avoir raison, qu’ils ont besoin des autres pour représenter l’ensemble de la population, c’est qu’il ne fallait pas voter pour eux.

    En fait ces pourcentages c’est exactement dans chaque individu qu’ils sont. Un électeur n’est pas monolithique, il est partagé : 25% telle tendance, 25% telle autre et 50% d’incertitude. Et comment il fait l’électeur avec ça eh bien de temps en temps il vote telle tendance, de temps en temps telle autre et de temps en temps il ne vote pas. Et bien une assemblée élue c’est ça, elle doit aller un peu vers chaque tendance et pour ça il faut mettre tout le monde à la même table et trouver les solutions qui permettent d’avancer. Peut être même faut il les obliger à cela par exemple, mais c’est un rêve, en refusant des les payer s’ils ne trouvent pas un compromis rapidement.

    En fait ils sont tous engagés dans une perspective de nouvelles élections en se disant on va augmenter notre pourcentage. Triste manœuvre, car si un augmente c’est qu’un autre diminue et le problème reste entier sauf à ce qu’à force de contorsions un seul aie la fameuse majorité, c’est-à-dire que la démocratie aie perdu. Ce que je dis des espagnols est bien sûr tout à fait applicable chez nous. Seulement, voyez vous, les politiques cherchent à vous convaincre que c’est impossible que le PS gouverne avec le FN. Ah oui mais alors comment fait la population pour vivre ensemble, hein comment elle fait ?

    Michel Costadau

  • Agriculture

    Agriculture

    J’ai été vivement intéressé par l’article de Gilles Fumey dans Libération « Crise agricole : traduire la FNSEA en justice ? ». Sans jeux de mot on boit du petit lait en lisant ça. C’est vrai que tous ces responsables politiques qui ne sont jamais jugés ça fiche la nausée.

    Et puis comme je suis moi-même un expert en enfumage, j’ai regardé de plus près pour voir ce qu’il y avait vraiment sous les mots. Mettons de coté l’évêque de Vannes qui n’a rien à faire là, disons que c’est une accroche, à part que depuis toujours les évêques sont plutôt du coté du pouvoir que des paysans, les bonnets rouges sont là pour nous le rappeler. Beulin en juge et partie, industriel plutôt qu’agriculteur, profiteur et magouilleur on le sait depuis longtemps certes mais ça ne mange pas de pain de le rappeler.

    Alors arrive la ferme des mille vaches et là boom ça disjoncte. Effectivement cette entreprise est d’abord une entreprise de méthanisation, censée vendre de l’électricité. Pour faire du méthane faut du fumier alors elle élève des vaches qui ont un sous produit qui s’appelle le lait. Lait qui, du coup, est « rentable » à un prix défiant toute concurrence. Et donc accuser cette entreprise d’avoir été autorisée bien qu’il y ait surproduction de lait relève de la grosse blague. Il n’y a pas du tout surproduction de lait, il y a que les paysans n’arrivent pas à être rentables au prix du marché. Ce n’est pas nouveau c’est la mondialisation. Seulement les dits paysans ont voulu cette mondialisation, justement pour pouvoir écouler leur production en cherchant la quantité pour diminuer les couts. Je dis bien les paysans parce que ce n’est pas Beulin qui est responsable de la prolifération des pesticides, herbicides et autres fongicides dans tous les champs de notre ex-beau pays. Ce sont les paysans qui épandent ces produits, qui ont abandonné la gestion des coopératives et qui voient bien que les algues vertes et la disparition des abeilles ça fait un moment que ça existe. Ce sont les paysans qui se précipitent dans les salons et foires pour acheter le dernier matériel. Ce sont les paysans qui livrent toute leur production à des groupes industriels sans connaitre le prix de vente et qui vont acheter en Espagne les produits interdits en France. Oui les paysans sont responsables de ce qui leur arrive, de même que les accidents de la route ne sont pas tous dus au mauvais état de la route. Et qu’on ne me dise pas qu’ils ne peuvent pas faire autrement, non, il faut appeler les choses par leur nom, les paysans sont des bons collabos du système.

    Alors vanter le savoir faire ancestral, la ruralité, le bon sens des paysans et charger Beulin de tous les maux c’est classique, facile mais c’est un mensonge. Ce mensonge ne profite qu’aux politiques qui ont, eux, sublimé l’art de l’irresponsabilité. Faut dire que je m’étonnais que Libé, journal libéral, puisse produire un article remettant en cause le système. Comme quoi vous voyez de temps en temps il faut lire les trucs plus attentivement.

    Michel Costadau

  • Travail

    Travail

    A l’appel du panel habituel de ce genre de spectacle, il parait qu’il y aura une manif au sujet de l’évolution du droit du travail. Quel peut être le but de cette manif. Vous allez me dire ben c’est contre la réforme voyons. Arrête de poser des questions idiotes. Eh bé justement je me pose la question parce que c’est tout sauf clair le but de cette manif. Au départ il semble que nous sommes devant un problème hyper classique : à la demande de la finance la classe politique veut assouplir le droit du travail, ce qui on le suppose consiste à injecter encore un peu de flexibilité dans l’embauche/débauche des salariés. Bon jusque là rien de bien nouveau. Ah oui il est aussi question d’encadrer les indemnités que peuvent décider les prudhommes et donner plus de pouvoirs aux syndicats. Pas de quoi fouetter un chat. Surement aussi quelque autres mesures dans le même sens. De l’ordinaire quoi. Mais, car il y a un mais, il ne faut pas oublier que c’est la partie PS du PS/LR qui a le gouvernement. Alors au PS le travail c’est sacré et donc tous nos petits élus et leurs copains syndicalistes se doivent de montrer leur énergie à critiquer cette nième réforme qui n’en est toujours pas une d’ailleurs. Il y a donc un exercice éminemment masochiste = nous au PS ça nous fait vraiment de la peine mais il faut moderniser notre société et autre baliverne. Donc on veut une nouvelle loi qui soit suffisamment confuse pour que tout le monde puisse dire qu’il est pour ou contre sans se mouiller beaucoup. Et pour faire passer cette loi la majorité PS est là pas de pb. Comme il faut quand même que ça ne paraisse pas aussi facile on lance une bonne petite manif. Vous savez une manif ça a trois avantages, d’abord ça ne gène en rien ceux contre qui elle est organisée, qui sont d’ailleurs les mêmes que ceux par qui elle est organisée, ensuite ça permet de défouler les velléités de ceux qui ont confusément le sentiment qu’on se fait avoir dans les grandes largeurs, les jeunes, les chômeurs, les femmes, les militants et enfin ça permet de dire qu’on a fait quelque chose CQFD.

    Pour moi, quand on a accepté 5 millions de sans emplois, quand on a accepté la fraude à la pollution organisée dans les bureaux d’études, quand on a accepté que les femmes soient payées moins que les hommes, quand on a accepté que les 35h ne créent aucun emploi, quand on a accepté que la précarité soit érigée en flexibilité et quand on a accepté que les syndicats soient un simple rouage du pouvoir, alors je ne comprend pas qu’on essaye d’empêcher que dans une usine on soit moins payé que dans une autre parce que c’est déjà le cas.

    Pour moi ce n’est pas du droit du travail dont il faut parler mais du droit au travail. Ca oui ça vaudrait le coup de le mettre dans la constitution.

    Michel Costadau