Mois : août 2016

  • Démocratie

    Démocratie

    LE BEOTIEN ET LE PHILOSOPHE

    -Mais au fait c’est quoi la démocratie ?

    -Hum ça veut dire que c’est le peuple qui gouverne, par opposition à aristocratie ou théocratie.

    -Ah bon mais alors comment le peuple gouverne-t-il ?

    -Hum hum, il y a des élections et le peuple désigne ses délégués, ses représentants dans des assemblées chargées de faire les lois et de les appliquer.

    -Ok, donc les représentants du peuple ont des mandats, des consignes et des directives sur les lois qu’ils doivent élaborer.

    -Euh en fait non, les délégués ont des opinions, assez floues à vrai dire, mais surtout ils appartiennent à un parti qui, à défaut de programme, a une image.

    -D’accord et donc les partis sont très proches des citoyens.

    -Non, non, les partis sont, seulement, au service de quelques chefs de file. En fait, les élus ne tiennent pas compte des lignes de leur parti et sont assez peu présents dans les assemblées, principalement parce qu’il ne s’y passe pas grand-chose, puisque tout est discuté en petites commissions.

    -Ah bon, mais alors ces commissions sont en contact direct avec le peuple.

    -En fait, non pas du tout, ces commissions font seulement ce que demande le gouvernement mais n’ont aucun contact avec le peuple.

    -Et donc le gouvernement, lui, quand même, est en contact avec le peuple.

    -Non une fois de plus, pas du tout, le gouvernement est censé être responsable devant les assemblées, mais par le jeu des partis et des majorités, il fait voter uniquement ce qui lui convient.

    -Oula Oula mais le gouvernement prend bien les avis et les opinions du peuple quand même,.

    – Hélas pas du tout, le gouvernement prend seulement l’avis des grands décideurs qui sont les banques, les entreprises et les possédants.

    – Attendez, là je ne m’y retrouve pas, on dirait que ce que vous appelez la démocratie n’est en fait pas du tout le gouvernement du peuple.

    -Euh oui, c’est exact, ce que nous appelons la démocratie c’est le gouvernement des entreprises et des financiers.

    -Mais alors comment le peuple réagit à ça, en particulier quand quelque chose ne lui plaît pas ?

    -Hum le peuple fait des manifestations qui ne gênent que lui-même et qui ne servent à rien. Comme c’est un comportement assez masochiste, en fait plus personne ne manifeste à part les militants de quelques partis moyen-âgeux et certains bourgeois très jeunes. Depuis longtemps, le peuple a baissé les bras et accepté de ne pas faire les lois.

    -Mais il y a les élections quand même.

    -Bien sûr les élections sont très médiatisées et paraissent libres, mais pour être élu il faut appartenir à un parti et être soutenu par les médias. Seulement, les partis ne sont pas au service du peuple mais du gouvernement qui je vous l’ai dit est au service des riches.

    -Mais alors à quoi servent les élections ?

    -A rien, elles sont maintenues parce que c’est ça qui permet de faire croire qu’il y a démocratie.

    -Mais, dites-moi, dans ces conditions le peuple se fait avoir en votant. Il ferait mieux de ne pas voter.

    -Oui tout à fait, cette prise de conscience est assez récente, mais elle se développe.

    -Oups alors comment revenir à la démocratie ?

    -Je vous propose d’en parler une autre fois.

    -D’accord, merci et à la prochaine.

     

    Michel Costadau

  • Asservissement des femmes

    Asservissement des femmes

    Mais quelle vilaine mouche a piqué Valls pour parler d’asservissement des femmes à propos de ces maillots de bains 1930. Je comprends bien qu’il ne pouvait pas parler de laïcité comme l’ont fait tout un tas de demeurés avant lui, parce que personne ne voit très clairement le rapport entre un maillot de bain et la laïcité, mais de là à parler d’asservissement c’est encore plus difficile à comprendre.

    Alors je suppose qu’il veut parler du corps des femmes. Ce corps des femmes serait alors transformé en objet et serait soumis à la volonté des hommes, des mâles je veux dire.

    Parce que pour ce qui est de la place des femmes dans la société actuelle, on peut dire que c’est extrêmement respectueux et sans aucun asservissement. On ne voit jamais de femmes peu habillées comme publicité et encore moins de femmes nues même au cinéma. Les concours de miss beautés n’ont strictement aucun succès. Les films pornographiques n’existent pas, heureusement. Il ne circule aucune blague sur les blondes et les brunes. Aucune femme n’est l’objet de viol, de violence ou de mépris. Toutes les femmes ont le même salaire que les hommes et quand une femme occupe un poste important, tout le monde considère que c’est plutôt une chance. Les assemblées institutionnelles sont composées d’un nombre égal de femmes et d’hommes, voire même supérieur. Incontestablement, notre société est franchement bâtie sur une haute considération des femmes.

    Alors, je suppose encore, que pour Valls il est important de défendre notre modèle de haute considération pour les femmes, de façon à montrer au monde que si chez d’autres les femmes sont méprisées, chez nous au contraire elles sont très prisées. Extrêmement prisées. A tel point que l’emblème de notre République est une femme, ce qui veut bien dire que toutes les femmes sont respectées, honorées, encensées, choyées et  même plus encore.

    Cependant, en théorie, Valls, même s’il a peu de moyens intellectuels, est responsable des écarts, des dysfonctionnements, des poches de ségrégation qui pourraient subsister dans notre société, en particulier à l’égard des femmes. Je dis bien subsister car après 200 ans de démocratie, notre société est maintenant presque parfaite. 200 ans de démocratie nous ont permis d’accéder à la société achevée, en tous cas en termes de place de la femme. 200 ans ça peut paraitre long, mais incontestablement c’est le temps nécessaire pour que les femmes obtiennent la place qui leur revient.

    C’est-à-dire la première, je veux dire celle de la première page des magazines, celle qui permet qu’on leur interdise l’accès aux plages, c’est-à-dire au domaine public et demain Valls ne voudra même plus les voir du tout ou alors voilées avec la robe bleue de la vierge marie ou la mantille des veuves andalouses. Valls tais-toi, tu nous fais honte.

    Michel Costadau

  • Résistance

    Résistance

    Y a-t-il une meilleure manière de donner du crédit aux terroristes que d’annuler des manifestations festives ? Eh bien non.

    Non, parce que c’est exactement leur but. Nous empêcher de nous amuser, nous contraindre à la grisaille de la télé parce que dehors règne la loi des poseurs de bombes. De partout j’entends dire ils ont gagné, ils ont réussi leur coup.

    Que certains aient peur c’est naturel, mais les accidents de la vie sont là pour nous rappeler que le  risque zéro n’existe pas. Même le pdg de Total a eu un accident d’avion, complètement ridicule en plus.

    Alors je crois qu’il faut mettre les pieds dans le plat. De deux choses l’une, soit c’est la guerre et alors il y des victimes des deux côtés, soit c’est la paix et on n’entend aucun bruit de bombe, pas de fusillade ou de coups de couteau et personne ne tombe. Si c’est la paix, il n’y aucun danger et il n’est donc pas question d’empêcher quelque manifestation que ce soit, puisqu’on ne craint rien à part la concurrence entre événements ou des bouchons sur les routes.

    Cependant, il semble que ce ne soit pas le cas. Il y a des victimes mais d’un seul côté, du nôtre, c’est-à-dire de ceux qui n’y sont pour rien. Les poseurs de bombes meurent aussi mais c’est du suicide religieux car ils se font sauter avec leurs engins ou attendent qu’on leur tire dessus. Ce ne sont donc pas des victimes mais des kamikazes qui ont décidé de mourir en tuant le plus possible des nôtres. Des vengeurs en quelque sorte.

    Nous sommes donc dans un état de guerre unilatéral. Des terroristes nous font la guerre et nous, nous ne faisons pas la guerre mais du blabla politique. Plutôt que de prendre toutes les mesures aptes à empêcher les terroristes d’agir, on prive les gens de leurs fêtes, de leurs distractions, de leurs détentes. Et c’est le premier qui a commencé qui a fait la grosse erreur, car, du coup, tous ceux qui disent je n’annule pas, se retrouvent avec le syndrome du responsable dans le cas où il y aurait des troubles.

    Je ne dis pas que la population est prête à mourir, mais elle est vigilante,  elle est disposée à coopérer avec les mesures de protection et surtout elle attend qu’on se défende, pas que l’on annule des fêtes. Car elle sait qu’on ne peut pas protéger les gens malgré eux. Et donc elle ne demande qu’à être mobilisée, à résister à cette sale guerre.

    Au lieu de ça, on a des fanfaronnades patriotiques et d’imbéciles privations qui sont autant de coups portés au moral.

    Mais alors, avec ces discours, qu’est ce qui se développe, c’est la xénophobie c’est-à-dire une réaction de peur et de repli sur soi. C’est à l’extrême droite que profite cette démagogie d’interdictions et de privations. C’est à se demander si ce n’est pas une fois de plus la stratégie du repoussoir qui est en action.

    Parce que si l’on veut combattre le terrorisme, il faut mobiliser la population, se montrer déterminé dans la recherche des failles. On n’empêchera peut-être pas tous les attentats mais on fera changer de camp le moral. De voir la résistance des gens, de tous les gens et de se voir combattus, c’est les terroristes qui vont perdre le moral et peut-être la guerre. Mais nous, nous n’avons que des polichinelles, des marionnettes qui ont la trouille et qui ont fait dans leur pantalon. Et ça ne sent pas bon.

    Michel Costadau

  • Clinton will not be president

    Clinton will not be president

    Peut être croyez-vous ou même souhaitez-vous que Clinton soit élue. Je suppose aussi que vous n’aimez pas Trump. Qui pourrait l’aimer évidemment ! De plus, elle est au plus haut dans les sondages, cependant vous savez ce que je pense des sondages. Mais hélas entre un souhait et sa réalisation il y a un mauvais drôle qui s’appelle la réalité.

    Bon restons calme, on va échapper au choléra ouf, voir le billet du 26 juin 16, parce que ce n’est pas Clinton qui sera élue. Ca veut dire qu’on aura la peste pas ouf. Mais tout bien pesé, c’est nettement préférable. On explique.

    Je sais très bien que Trump est un milliardaire, enrichi dans l’immobilier, ce qui est tout sauf clean et qu’il véhicule ce que nous détestons : il est arrogant, puant et prétentieux. C’est clair. Cependant Clinton ne sera pas élue, essentiellement parce qu’elle n’est pas dans le coup. Ce qu’elle raconte, inspire et projette, ne concerne pas la vie des gens. Elle n’est que le pur produit de  l’establishment, des actionnaires et des banques. Un produit froid, stérile et toxique. Genre commission européenne.

    Son adversaire, présenté à juste titre comme un excentrique, un pitre, un amuseur, a surtout compris qu’on ne convainc pas les gens par des discours. Ca c’est bon pour les plaidoiries des tribunaux. Non aujourd’hui on convainc les gens avec des petites phrases, des boutades, des blagues, des erreurs. Pourquoi, parce que ça a tendance à montrer quelqu’un de réel, de vivant et non un technocrate, un pantin aux mains des lobbies. Et quelqu’un de vivant, c’est exactement ce que tout américain souhaiterait être. Et à vrai dire, c’est pareil chez nous.

    Alors Trump tape et retape sur Clinton, c’est carrément une posture. Et réciproquement, vous allez me dire. Ben justement non il n’y a pas de réciproque parce que taper sur un clown ne fait qu’augmenter le plaisir du public.

    Acthung,  je ne demande pas aux Américains de voter Trump. Mon propos n’est pas de choisir entre la peste et le choléra et clairement, vous le savez, la seule attitude correcte est de ne pas voter, de ne pas cautionner un système binaire qui a piraté la démocratie et qui nous prend pour des pions. Il s’agit seulement de comprendre que Clinton est une affairiste, une ambitieuse pour laquelle la population ne représente que des numéros qui ne servent qu’au moment de mettre un bulletin dans l’urne. Vous allez me dire qu’on dirait que je n’aime pas beaucoup Clinton.

    Oui, c’est vrai, mais quand même pourquoi Trump est-il préférable ? C’est simple, comme tout bon milliardaire, son propre intérêt est bien supérieur à celui de son pays. De voir tout l’argent que coûte l’impérialisme américain, il en est vert et voudra détourner ce flux vers ses propres affaires et du coup celles des Américains. Il a, aussi, un côté antitechnocrate dans le sens ou il déteste les gens dont le métier est de dépenser l’argent des autres. Et moi je me dis que ça c’est plutôt bon pour nous, je veux dire pour le reste du monde, qui en a un peu soupé de la pax americana.

    Michel Costadau

  • Dépendance

    Dépendance

    Vous savez bien que pour vendre des produits il faut  un marché. Le business l’a compris depuis longtemps et a même renversé la proposition en n’hésitant pas à créer ou à inventer des marchés afin de pouvoir vendre. Dans la plus part des cas, le choix est accompagné d’en haut car c’est en général l’Etat qui paye les premiers investissements et promeut les lois laxistes qui permettent aux industriels de se lancer sans risque. Par exemple, la téléphonie mobile, la pollution ou l’informatique sont encore fortement « soutenus » par l’Etat, de même que l’ont été en leurs temps la voiture, l’électroménager ou le bâtiment.

    Je veux vous parler d’un nouveau marché en cours de lancement comme celui de la voiture électrique, c’est la dépendance. En gros c’est le marché de l’aide aux personnes âgées. C’est effectivement un excellent marché, puisque le nombre de personnes en vie ne pouvant se débrouiller seules est en forte croissance. Cette expansion est cependant à double tranchant, car d’un côté ça fait vraiment désordre de trouver des personnes mortes chez elles sans que personne ne s’en soit aperçu, mais d’un autre coté le pouvoir d’achat du troisième âge est un peu trop faible pour que les industriels puissent se ruer sur ce marché et franchement s’enrichir.

    Alors l’Etat met la main à la poche pour une « aide à la dépendance » et c’est là que ça coince parce que l’effort est dérisoire, c’est-à-dire quelques centaines de millions d’euros, là où il en faudrait des milliards. En fait, pour que les personnes dépendantes puissent continuer à vivre non pas agréablement mais seulement dignement et dans un environnement familier, il faut beaucoup de moyens car rien n’a été prévu pour ça. Voilà encore une illustration de l’incurie des politiques. Face à une évolution de société, les politiques repoussent toujours sa prise en compte et la mise en place de solutions en finissant par créer un vrai problème, mais ce sont les générations futures qui auront à l’assumer. Ils l’ont fait avec les retraites, la sécu, le chômage, la sécurité routière, enfin presque tous les contours de la société. Et pourquoi font-ils cela, c’est parce que le bien vivre en société ou la dépendance ne sont absolument dans leurs préoccupations. En fait, ils n’ont qu’un seul sujet de préoccupation c’est leur réélection et celles de leurs réseaux. Et c’est vrai qu’il est difficile d’être courageux en politique bien que ce soit exactement ce que l’on attendrait d’eux.

    Ceux qui diraient on diminue par deux les dépenses militaires pour entourer les personnes âgées de services efficaces, prendraient le risque que les médias et les lobbies entonnent le refrain de la grandeur de la France, des intérêts de la France, du rayonnement de la France. Pauvre France, jouet de 60 millions de citoyens aux mains de poltrons, de bonimenteurs et de menteurs tout court. Ces gens-là ne méritent même pas un regard et pourtant il y en a encore beaucoup qui pensent voter. Trop.

    Michel Costadau