Mois : juin 2017

  • Départ d’Alain Galinier

    Départ d’Alain Galinier

    Ce n’est jamais drôle de voir disparaître son père. Jamais,

    Ce n’est pas facile d’apprendre le décès de son conjoint ou ex, mais alors c’est contre nature d’enterrer son fils, même s’il a déjà fait sa vie,

    Alain tu es mort trop tôt, trop jeune, trop vite,

    Une fois de plus tu nous a surpris,

    Parce que s’il y a quelque chose qui te caractérise c’est bien l’oubli de soi,

    Certains l’appellent la gentillesse, la générosité ou le courage, mais le vrai sentiment c’est que tu te comptais après les autres,

    Même si tu avais été détesté par la terre entière, que tu n’aies eu que des ennemis, Même.,

    Même alors, ce n’était pas une raison pour partir,

    A vrai dire il n’y a jamais de bonnes raisons pour quitter cette terre,

    La terre justement c’était ton domaine. Ton univers,

    Tu y posais dessus des murs, des constructions, des aménagements, avec tes mains, parfois avec des gants, vite troués, vite tu retrouvais tes mains,

    Ton contact c’était tes mains, pas pour prendre mais pour donner, des mains de maçon,

    Métier difficile que maçon, c’est lourd, ça brûle les doigts, il faut faire droit, contenir les forces du sol, du vent, de la pluie,

    Métier pénible, mais métier noble,

    Le maçon c’est le métronome du chantier, le pivot qui dit quand et comment les autres pourront intervenir,

    Et les autres, les amis, tes amis, ça c’était ta vraie richesse, ta seule richesse, ton bagage, ta marque de fabrique, ton trésor,

    Je ne les connais pas tous tes amis, mais tous ceux que je connais sont des hommes et des femmes qui comptent et sur lesquels on peut compter,

    Et pour eux tu comptais,

    Et tu comptes encore,

    En vrai, vraiment, je crois que tes amis t’aimaient et je crois que c’est la seule chose qui comptait pour toi,

    Tes amis c’était ta vraie mesure, ton mètre toujours dans la poche et tes amis toujours dans la tête et dans les yeux,

    Avec eux pas de fausse note, pas de retenue rien que du partage,

    Seulement à donner sans mesure tu t’es épuisé, tu as trop pris sur toi mais pour toi aussi il y a des limites,

    Tu t’es donné toi-même et, là, là, tu as éprouvé un peu de solitude,

    Des comme toi il n’y en a pas beaucoup,

    Alors tu as franchi la ligne, seul, et maintenant tu es de l’autre côté,

    Mais, en fait, tu le savais que tes amis seraient là, car tu n’es pas seul, tu n’es plus seul tu as tout le monde autour de toi,

    Alain nous sommes là,

    Nous sommes autour de toi aujourd’hui et nous te donnons la main, cette main qui a tant servi,

    Cette main, ta main, c’est notre lien, c’est ton dernier cadeau,

    Et nous le garderons longtemps,

    Très longtemps.

                                                                                 Michel Costadau

  • Contre-courant

    Contre-courant

    Maintenant que la séquence électorale est terminée essayons de comprendre les résultats. Nous avons un nouveau président. Ça ce n’est pas une surprise puisque l’ancien ne se représentait pas. Ce que l’on a commencé à découvrir pendant la campagne, c’est que son réseau ne voulait pas fonctionner avec les anciens partis. Du coup il en a créé un nouveau tout en débauchant diverses personnalités has been.

    Alors est-ce que ce nouveau parti est un hybride des deux anciens partis de gouvernement, avec vocation de les remplacer. Réponse : non pas du tout. Bon mais alors c’est quoi ce nouveau parti ? Réponse : c’est le parti de la classe moyenne. D’habitude la classe moyenne est partagée entre plusieurs opinions, bobos, cadres, jeunes diplômés, intellectuels et est l’objet d’une chasse de la part de tous les partis. Mais là, il y a eu cristallisation. C’est la génération d’après 68 qui se retrouve en pleine activité et que le système a fait prendre en mayonnaise. Et c’est le paradoxe de cette élection qu’après une campagne où tout le monde était soi-disant antisystème, on se retrouve avec une assemblée et un gouvernement entièrement système. C’est la stratégie de la fuite en avant. La croissance du PIB pour sauver la planète. C’est franchement triste.

    Mais comment cette cristallisation a-t-elle eu lieu ? Comme ingrédient nous avons d’abord une très forte propension de l’électorat à vouloir se débarrasser de la classe politique obsolète que nous avons. Cette faim de renouvellement a d’ailleurs conduit à des primaires désastreuses et à la déroute des candidats primés : Mélenchon + Le Pen + Macron font 2,5 fois Fillon + Hamon. C’est sur la base de ces primaires ratées que le nouveau parti s’est installé.

    Nous avons ensuite une mainmise totale de la finance sur les médias, ce qui permet à ses possesseurs de façonner l’opinion. Macron et le nouveau parti ont été littéralement portés par les médias de bout en bout : aucune critique, valorisation de toutes les différences, jamais d’affirmations péremptoires, interviews positivées, shows millimétrés.

    Enfin, nous avons un système électoral, strictement non proportionnel, qui fait le jeu des minorités afin de prendre le pouvoir. Cette minorité, de l’ordre de 19 % à la présidentielle et de 12 % aux législatives, permet avec les institutions de notre république de prendre le pouvoir par élimination. Ce n’est pas démocratique mais c’est légal. Vous en voulez encore ?

    Mais alors qui sont ces fauteurs de trouble qui ont voté Macron deux fois ? Car ce sont exactement les mêmes qui ont fait le président et les députés. Ca vaut le coup de regarder qui sont ces héros. Le plus fort contingent est constitué par ceux que j’avais désignés comme les souliers pointus. Ce sont ceux qui mangent au restaurant ou à la cantine à midi, car ils ne savent pas ce que c’est que d’amener sa gamelle ; ils mènent une vie de couple avec deux salaires, SUV, deux enfants scolarisés, sport collectif pour les garçons, gym pour les filles. La majorité travaille dans des bureaux plus ou moins climatisés, soit en grande entreprise soit en libéral. Ce sont eux, aussi, qui voyagent en avion, mais ne payent pas leur billet puisque aux frais de l’entreprise. Fondamentalement, ils font l’audience des émissions de télé et sont du coup complètement imbibés par les médias et sans défenses, mélangeant volontiers pub et infos. C’est dans cette sphère qu’ont été recrutés les députés et les ministres. A ceux-là s’ajoutent des transfuges déçus par la droite et la gauche, ainsi que certains socialistes à qui on a fait croire que Macron était de gauche.

    Mais tout le monde n’a pas voté Macron, loin de là.

    En schématisant rapidement on peut dire que ceux qui ont voté Le Pen sont les déclassés du système, ils n’y croient plus. Ceux qui ont voté Mélenchon sont les intellectuels, ils macèrent dans leur impuissance. Ceux qui ont voté Fillon sont les vrais riches, ou qui croient l’être trop. Et ceux qui ont voté Hamon sont les fossiles passéistes qui se sont arrêtés en 36.

    Bon, au résultat, les arrivistes sont aux manettes. Est-ce que c’est une bonne chose ? Eh bien pas du tout parce que nous sommes à contre-courant de l’évolution des autres pays. La prise de conscience de la mondialisation amène, partout dans le monde, les peuples à enclencher un mécanisme d’autodéfense, de retour sur soi. Il faut reprendre la main pour continuer à exister face au raz-de-marée de l’économie globale. Du coup, beaucoup de pays essayent de s’intéresser à leurs citoyens avec une dynamique nationaliste et une recherche démocratique. Les US, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, l’Inde, les pays de l’Est, l’Italie, et pas mal d’autres, veulent bien accompagner le système mais sans y perdre leur identité. En France nous venons de faire le choix inverse : tout pour l’économie, plus d’Europe, plus de multinationales, le pouvoir aux loups aux dents longues, le gouvernement des arrivistes. Une fois de plus après l’industrie, les services et les GAFAM, nous ne sommes pas dans le bon wagon. Nous avons choisi la facilité, celle qui consiste à aller dans le sens du business et de l’argent plutôt que de mener une véritable réflexion sur notre vie en société et son avenir.

    D’une certaine manière nous avons voulu reproduire la séquence Trump. La finance qui va défendre les exclus du système. Mais au lieu de donner le pouvoir aux nationalistes ou aux démocrates, nous l’avons donné aux fonds de placement, aux start-up et aux technocrates. Il n’est pas sûr  qu’ils veuillent nous le rendre. Je crois bien qu’il faudra le leur reprendre.

     

    Population

    Electeurs : 47 millions.

    Présidentielle

    Macron : 8 millions de voix,

    Le Pen : 7 millions,

    Mélenchon : 7 millions,

    Fillon : 7 millions,

    Hamon : 2 millions.

    Législatives

    EM : 6 millions de voix,

    LR : 6,5 millions,

    FN : 3 millions,

    Mélenchon : 2,5 millions,

    PS : 1,5 million.

    Michel Costadau

  • Cohabitation

    Cohabitation

    Je suis un peu surpris que personne ne parle, ni même n’évoque, la cohabitation qui est en train de se mettre en place. En fait je suis gentil quand je parle de cohabitation, parce que ça pourrait être une opposition beaucoup plus frontale, mais bien sûr ce ne sera pas le cas.

    Oh ce n’est pas du tout celle entre le président et l’assemblée ;  là c’est plutôt la lune de miel qui dure ce que chacun sait. Mais, une chose est sûre, un parlement croupion n’a jamais fait avancer un pays.

    Non je veux parler de la cohabitation avec ce qu’il est convenu d’appeler les collectivités territoriales. Il est facile de comprendre que le nouveau parti au pouvoir n’a aucun élu dans les Conseils régionaux, ni dans les Conseils départementaux, ni dans les Conseils municipaux de nos chères communes. Ni même et c’est assez marrant dans le Parlement européen.

    Maintenant si nous prenons notre région, dirigée par des socialistes patentés, élus avec un programme dit socialiste et qui comprend aussi des écolos et beaucoup de FN,  la question est la suivante : quelle est la politique de notre région.  J’ai pris un cas socialiste mais c’est la même chose  pour une région républicaine. Car, à une exception près, toutes les régions françaises sont aux mains des socialistes ou des républicains. C’est la même chose pour tous les départements, ainsi que pour les grandes villes et même les moyennes, car seuls les villages ne sont pas politisés.

    Alors, revenons à la question : quelle est la politique de notre région. La réponse est simple : aucune. Ou plutôt c’est ce qu’il est convenu d’appeler une politique régionale, ce qui ne veut rien dire, pas plus qu’une politique départementale, ou municipale. En fait ça consiste tout simplement à gérer les affaires courantes et ça ne change rien, que ce  soit socialiste, républicain ou même frontiste, sauf bien sûr pour ceux qui profitent. Bien évidemment on ne peut pas dire que le choix du tram ou du métro soit un choix politique, mais ça profite à quelqu’un.

    Maintenant le point que je veux faire ressortir c’est que cette cohabitation illustre clairement les deux étages de notre vie publique. En haut, le Gouvernement et le Parlement qui gèrent le pays depuis leur cocon, c’est-à-dire dans l’entre-soi de la classe politique et en bas nous, c’est dire les citoyens et les territoires qui  sommes uniquement le terrain de jeu des gens d’en haut. Je l’ai déjà dit, des régions et des départements sans force législative non seulement ce n’est pas démocratique mais c’est la porte ouverte à l’exploitation centralisée. Il n’y a pas de Parlements régionaux ni départementaux, il faut qu’il y en ait. Sinon nous n’avons que des gestionnaires plus ou moins qualifiés et surtout plus ou moins corrompus selon les secteurs. Pour la petite histoire, la région vient de lancer des réunions pour le futur « Parlement de ma montagne ». Bien sûr ce « Parlement » n’aura pas le moindre pouvoir législatif. Non ce n’est pas une blague c’est juste pour illustrer que le déficit démocratique, c’est-à-dire en l’occurrence l’absence de pouvoir politique des élus territoriaux, est tellement criant qu’il faut recourir à des ruses verbales pour le masquer.

    Alors, est-ce que cette dichotomie ou cette coupure politique, si vous préférez, va donner quelque chose d’intéressant ? Visiblement elle n’a réussi ni aux socialistes ni aux républicains dont personne n’a approuvé l’entre-soi coupé de la réalité, depuis vingt ans. Et il y a de fortes chances qu’elle ne réussisse pas plus à ceux qui ont voulu prendre leur place et qui se retrouvent bien seuls.

     

    Michel Costadau

  • Composition

    Composition

    La mode est à la composition. Il paraît que nous sommes en train d’assister à une recomposition du paysage politique. Vous noterez que quand je dis assister c’est bien pour marquer que l’on attend de nous que nous soyons des spectateurs et non des acteurs. Sauf que justement, pas de bol, c’est nous qui votons. Et c’est donc nous qui devrions être acteurs. Au lieu de ça on assiste à un spectacle son et lumière donné par la classe politique et dans lequel le seul rôle qui nous reste c’est d’applaudir et dire encore encore.

    Alors, que les électeurs veuillent sortir du jeu le PS et LR, ça c’est vraiment bien et c’est ce que je demande depuis plusieurs années. Mais qu’ils veuillent les remplacer par les mêmes, là y a un truc qui m’échappe, parce que ce n’est pas tel ou tel parti mais c’est la classe politique qui pose  problème, et les mêmes étant les mêmes je ne vois pas où est le bienfait. Il est vrai que le schisme vient d’en haut, le même étant le même. Si en plus on parle de lui comme du dauphin, je me demande dans quel régime nous sommes tombés.

    Bien sûr, et heureusement, il y en a quelques uns qui disent assez assez, mais ceux-là n’ont pas leur place dans les médias. Ou plutôt si, ils ont leur place mais uniquement pour les critiquer et jamais pour faire sérieusement état de leurs arguments. D’ailleurs il n’est plus question d’arguments il n’est question que de publicité.

    Dans ce genre, le dernier truc que je viens de lire me laisse pantois : « Le gouvernement a préparé minutieusement les 100 jours après les législatives ». C’est présenté comme une information au même titre que les morts de Téhéran. Et pourtant c’est le top de la désinformation.

    D’abord, ça ignore l’étape législative, comme si le résultat était déjà acquis, à savoir une majorité présidentielle de godillots. Du coup, l’élection législative, c’est-à-dire le choix de la représentation populaire devient un évènement mineur, comme s’il n’y avait plus d’élection. Et un pays dans lequel il n’y a plus d’élection, je ne sais pas comment l’appeler, mais certainement pas démocratie. D’ailleurs j’ai lu aussi que dans l’attaque sur Raqqa il y avait les Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes, c’est vous dire où va se nicher la démocratie.

    Ensuite, ça ressemble à un scoop : quelqu’un de très bien informé dévoile presque une botte secrète : des chose sont préparées, on ne sait pas lesquelles mais elles sont prêtes. C’est rassurant. Ca ne sera pas la pagaille. Un programme va se dérouler. Heures après heure, jour après jour tout est prévu. On ne sait toujours pas quoi mais c’est prévu, et c’est ça qui est important parce que ça veut dire que la situation qu’on ne connaît pas non plus est maitrisée d’avance. 

    Enfin c’est une prouesse de désinformation : ce n’est pas le contenu qui compte, c’est la forme, l’image évoquée, le message subliminal. On dirait de l’info mais ce n’est que de l’intox. On a déjà dit que les médias sont aux mains de la finance et qu’ils nous font croire ce qu’ils veulent, mais on doit aussi rappeler que les Français sont des veaux, si non ça ne marche pas. Elevés sous la mère, label rouge – belle arnaque ça aussi-, et bientôt bio, mais des veaux quand même.

    Du coup, en fait de recomposition, c’est plutôt de la décomposition. J’espère que l’on n’est pas en train de retourner au parti unique, comme en 58. Parce que, absence d’élections, parti unique et président non responsable, c’est exactement le tiercé gagnant de la dictature. Dictature de la finance bien sûr mais dictature quand même, comme en Afrique.

    Alors avec notre famille politique régnante ce serait bête qu’on nous confonde avec les régimes africains. Il est vrai que c’est nous qui les avons inventés mais il n’y a pas de quoi être fiers.

    Et puis, après tout, pourquoi ne pas être en accord avec la réalité. Ce n’est plus l’Europe de l’Atlantique à l’Oural, c’est la finance de Paris à Dakar.

    Michel Costadau

  • Collusion

    Collusion

    Bien entendu je n’ai pas la télé et je ne la regarde pas, mais par contre je regarde des films en vidéos, pas toujours jusqu’à la fin mais ça peut arriver quand même. Dans le tas il y a pas mal de policiers. Et j’ai remarqué, comme vous bien sûr, que le monde des polices et le monde des mafias en fait se connaissent très bien. D’abord pour découvrir, identifier, surveiller les agissements des uns et des autres mais aussi pour mesurer forces et faiblesses des hommes eux-mêmes. Je ne me souviens pas d’avoir vu le gangster et le policier amoureux de la même personne, mais c’est tout à fait possible. Cette proximité s’explique aisément par la nécessité de connaître son adversaire. Sachant bien sûr que les gangs ont, en plus de la police, à se connaître entre eux, puisqu’aussi bien ils sont souvent ennemis. Or donc tous ces gens là se connaissent bien et l’histoire pourrait s’arrêter là, parce qu’il est établi que le chasseur sait tout sur son gibier et réciproquement.

    Seulement il y a des situations disons délicates, par exemple quand la police et un gang font, volontairement ou pas, action commune pour faire tomber un ennemi de l’un et de l’autre. Cette convergence demande une grande connivence entre les dites parties et même une entente basée sur la proximité évoquée plus haut. 

    Alors cette proximité m’interroge beaucoup, bien sûr dans le domaine policier, mais surtout dans le domaine financier et politique. C’est la notion de collusion qui est en jeu. Collusion n’est pas corruption mais c’est du même genre, ou tout au moins le premier pas.

    En fait c’est surtout le domaine financier que je veux évoquer. Et par exemple je me suis demandé pourquoi les SCOP, cette forme d’entreprise non capitalistique, n’avaient qu’un succès très limité et en général de courte durée. Cette création ou reprise d’une entreprise par ses salariés a pourtant des vertus rares et attractives. Pas de dictat des actionnaires que sont aussi les salariés, pas de  spéculation des financiers, des relations égalitaires genre un homme une voix et une responsabilité partagée. Rien que du bon en fait. Et pourtant ça a du mal à attirer et du mal à durer. Pourquoi ? Aïe Aïe Aïe.

    En fait il est assez simple de constater qu’il s’agit d’un manque de collusion. Clairement, les SCOP ont un fonctionnement basé sur le tissu relationnel d’une équipe. Ce n’est pas une question de gens qui s’aiment bien, qui se sont embauchés les uns les autres, non c’est simplement une histoire de choix, le choix d’une équipe de faire fonctionner ensemble une entreprise. Cette équipe a en fait un fonctionnement interne fort mais par nature elle est peu reliée au monde capitaliste, en particulier dans le domaine de la finance. Bien sûr elle a des relations avec les acteurs : banque, pouvoir public, marché, mais ces relations relèvent plus du mode client-fournisseur que du mode main dans la main et discrète amitié. Une chose est de bien connaître son banquier et de déjeuner avec lui, une chose est de faire partie de « la famille » du banquier, genre intérêts croisés ou benoitement parrain du garçon ou de la fille. Idem pour intéresser les investisseurs : une SCOP c’est presque rebutant car non seulement ça ne maximise pas le rendement des placements mais ça recherche plutôt un fonctionnement global harmonieux ou presque. Et puis ces gens qui donnent leur avis sur un peu tout et même que l’on consulte fréquemment ça ne permet pas de faire des affaires entre soi. Eh oui les affaires se traitent en famille.

    Mais nous, nous ne faisons pas partie de la famille.

    Michel Costadau