Mois : juillet 2017

  • Conviction

    Conviction

    La meilleure des défenses c’est l’attaque disent tous les stratèges. Je pense à ça parce qu’il est clair que nous sommes, depuis ce printemps, dans une bien mauvaise position. Nous avons poussé sur le balancier de la politique et il a été beaucoup trop loin. A force d’explications et de démonstrations nous avons réussi à balayer une partie de la classe politique mais le mouvement a pris trop d’élan et nous nous retrouvons avec une irruption massive du milieu des affaires en remplacement de nos politiciens professionnels et véreux. Je ne dis pas que c’est pire, encore moins que c’est mieux, je dis que nous devons nous défendre car il est certain que le milieu des affaires ne se soucie nullement de nous. Et clairement, la manière dont il se comporte dans le business n’a vraiment rien de reluisant.
    Alors attaquons.
    Attaquons ce président fantoche qui promet tout et rien et n’a aucune disposition pour rassembler, pour être un exemple, un modèle, un guide. Ce n’est pas quelqu’un qui pense, tout juste un fonctionnaire, comme son prédécesseur et ça n’a rien donné de bon. Il n’est en aucun cas le porteur de nos valeurs, de nos idées, de nos espérances. Il est content de lui et ça semble lui suffire. C’est un arriviste comme il en y en a partout et on n’a pas besoin de lui ici pas plus qu’ailleurs.
    Attaquons ce parlement croupion, triste émanation des openspace des multinationales dans lesquelles ce n’est pas ton avis qui compte mais le nombre de ceux que tu auras pu corrompre. En démocratie, les parlementaires sont les représentants du peuple auquel ils ont des comptes à rendre. Mais nous ne sommes plus en démocratie et non avons des apparatchiks préoccupés de leur avancement personnel, de leur barbe et de leur slim. Ils auraient du commencer par diviser par 10 les sommes que nous, oui nous, leur versons. Mais non ils ont enfilé l’habit et ils profitent, c’est tout ce qu’ils savent faire. Pas un seul d’entre eux n’est venu voir ses électeurs pour leur demander leurs avis. Eux ils reçoivent leurs ordres d’en haut, et pour commencer on ne les consulte même pas pour bien les habituer à obéir.
    Attaquons ces prétendues  réformes qui n’en sont pas parce qu’aucune n’est dans notre intérêt. Rien que des mesurettes à destination des gens aisés et des possédants. Je viens de découvrir que les achats de terres et de bois par des non-agriculteurs venaient en diminution à 75 % de l’ISF. Dur.
    Le vieux cliché que ce sont les riches et les patrons qui donnent du boulot nous a tellement été rabâché que beaucoup croient que c’est vrai. Non, non et non ce n’est pas l’argent qui donne du boulot ce sont les besoins des hommes et des femmes pour manger, se vêtir, s’amuser, se loger, voyager et même inventer, améliorer. Oui l’homme, toujours l’homme, pas les entreprises et les actionnaires. Ceux-là ne sont que des profiteurs, des sangsues que nous entretenons à grands frais.
    Attaquons ces médias dédiés à la désinformation et à la mascarade. Nos dirigeants sont le fruit des messages distillés sur les réseaux et non de l’opinion des électeurs, tant les médias sont devenus experts en manipulation, en vrais faussetés  et en fausses vérités.
    Attaquons cette Europe des lobbies qui dicte ses lois jusque sur les bancs de nos assemblées.
    Ok, ok bon mais alors ! Attaquer, attaquer c’est bien gentil oui, mais comment me direz-vous ?
    Nous n’avons pas de pouvoir, pas d’artillerie, pas de médias, pas de stratégie non plus, nous ne sommes pas organisés et avons même   un manque flagrant de crédibilité. Pour le moment nous crions dans le désert, ce qui produit peu d’effet et aurait tendance à nous décourager.
    Alors, quelle est la potion magique ?
    En fait notre seule arme c’est la conviction, notre propre et forte conviction que : oui nous ne sommes plus en démocratie, oui ce sont les riches qui font ce qu’ils veulent, oui nous ne nous défendons pas, oui l’exploitation est générale sur la terre, oui nos dirigeants nous emmènent dans une voie sans issue. Mais nous, oui nous, nous ne sommes pas vraiment convaincus. Nous faisons dans la retenue, dans le rosé : ~tout n’est pas si noir, ~on ne peut pas tout jeter, ~il y a de bonnes choses, ~il y a des gens bien partout, ~c’est pire ailleurs, ~nous avons encore le droit de vote, ~ça a toujours été comme ça. Non, non et non ça n’a pas toujours été comme ça. En vrai, nous ne croyons pas que ça pourrait être différent. Nous ne sommes pas vraiment convaincus, nous nous trouvons des excuses des faux-fuyants. Et cette faiblesse coupable est la principale force de nos  adversaires. C’est dans la tête que ça se passe, c’est dans la tête qu’il faut travailler.
    Alors convainquons-nous car personne ne se battra ou ne résistera à notre place. Ouf.

    Michel Costadau

  • Dupe

    Dupe

    Il ne semble pas que les Français aient bien compris comment marchent les impôts. Premier impôt par le montant, la TVA représente presque la moitié des ressources de l’Etat. Que vous ayez de petits ou grands revenus tout achat, toute vente, toute consommation donne de l’argent à l’Etat. Ce qui veut dire que, contrairement à ce que beaucoup pensent, tous le monde paie des impôts, puisque personne ne vit en autarcie. C’est donc, aussi, un impôt particulièrement injuste, puisque les ressources ne sont pas prises en compte. La TVA sur le kilo de patates est la même pour le milliardaire et pour vous. Cherchez l’erreur.
    C’est seulement l’impôt sur le revenu qui ne s’applique pas à tout le monde, mais ça ne veut pas dire que ceux qui ont le plus de revenus payent plus d’impôts. C’est là ou rentre en compte toute la litanie des niches fiscales, des exonérations et des fraudes plus ou moins légales.
    Ensuite, il y a une répartition entre impôts nationaux et impôts locaux.
    La taxe d’habitation, par exemple, dont quand même beaucoup sont dispensés, soit pour des revenus faibles soit pour le nombre de personnes à charge, fait partie de ces impôts locaux qui contribuent aux ressources des collectivités territoriales. C’est avec ces ressources que sont entretenus les routes, les établissement scolaires, les édifices publics et les maisons de retraite. Il s’agit donc bien de dépenses nationales mais faites par les collectivités.
    Alors quand le gouvernement veut d’un côté réduire les dépenses des collectivités et d’un autre côté supprimer la taxe d’habitation, il y a là un jeu de dupes dans lequel l’Etat fait une opération de communication mensongère, inégalitaire et hypocrite. Je m’explique.
    Si dans le même temps vous avez une réduction de vos revenus : limitation des heures sup, gel de  points, perte de clients, mais que vous la compensez par une réduction de vos dépenses : vacances, habillement, cadeaux, vous arriverez à rester à l’équilibre, peut-être même pourriez vous un peu épargner.
    Et donc si l’Etat dit à la population qu’il va supprimer la taxe d’habitation et qu’il va compenser la perte ainsi occasionnée dans le budget des collectivités, il paraît faire un acte généreux à destination de ceux des contribuables qui la payent.
    Mais si par la même occasion il demande aux dites collectivités de faire des économies, par exemple sur le personnel, les infrastructures ou sur les actions sociales, cela diminue d’autant la compensation qu’il est censé faire, puisqu’il aura moins d’argent à injecter en province.
    Peut-être même compte-t- il faire un petit bénéfice.
    Il apparaît donc dans cette affaire de la taxe d’habitation que ce n’est pas du tout l’Etat qui fait un beau geste, c’est simplement la population qui voit se dégrader les services. Et dans ce cas, toute la population. Ce qui veut dire que ceux qui ne payaient pas de taxe d’habitation vont finir par la payer par la dégradation des services qu’ils utilisent et dont ils ont particulièrement besoin. C’est pas beau.
    Pour ceux qui auraient encore des doutes, il suffit de bien comprendre que nous ne faisons là qu’imiter le modèle  britannique. Les Anglais ont compris depuis longtemps que la dégradation des services hospitaliers, par exemple, ne pouvait pas donner lieu à des mouvements de résistance puisqu’aucun public particulier n’était visé et que personne ne savait si pour son traitement on utilisait la molécule la moins chère mais moins efficace. Ces actions de façade vertueuse mais servant au fond à aider encore plus les riches, sont, d’ailleurs, la règle d’or des écoles d’administration.
    Notre pauvre gouvernement a pris ses idées chez les rosbifs et c’est nous qui sommes cuits.
    Michel Costadau
  • Menace

    Menace

    Fête Nat, c’est quoi exactement cette fête. Je vois d’un côté des drapeaux et des hymnes, d’un autre côté des défilés militaires, et enfin des bals et des feux d’artifice. Qu’en conclure ? Dites donc mais ça ressemble beaucoup à la fin d’une guerre vous ne trouvez pas ? Une guerre annuelle qui se terminerait en juillet. Swoup. Je ne dois pas être loin de la réponse, mais non, mais non, une guerre tous les ans peut-être, mais pas une victoire tous les ans, ça n’a pas de sens. Ou alors c’est juste la fête de la guerre. Bingo. C’est ça. Vive la guerre.
    Cela dit, le problème des guerres c’est qui est le vainqueur, s’il y en a un, et qu’est-ce qu’il gagne, s‘il gagne quelque chose. Et donc regardons si la France est en guerre.
    Hélas oui nous sommes en guerre mais sans l’avoir déclarée. C’est la version moderne.
    Nous sommes en guerre contre la Syrie. Certes nous avons du mal à faire beaucoup d’actions mais nous avons des bombardiers et le personnel qui va avec et nous balançons nos bombes régulièrement sans états d’âme. Le fait que nous n’ayons pas déclaré officiellement la guerre à la Syrie se traduit par des lectures assez ambigües de notre action. D’un côté nous n’avons plus de rapports diplomatiques avec la Syrie et d’un autre côté nous avons fait une grande campagne pour que chaque village accueille son réfugié syrien. Ce n’est pas d’une grande logique.
    Mais alors quand même c’est qui le vainqueur. Euh vous pouvez répéter la question ? Nous ne sommes pas les vainqueurs, ça c’est sûr, mais nous ne sommes pas encore battus non plus. Alors victoire à la Pyrrhus en vue, comme on dit. Peut-être, mais il me semble surtout que cette guerre n’est qu’une bataille de plus dans le cadre d’une guerre plus générale. Mais quand même, est-ce que nous avons gagné quelque chose ? Aïe eh bien ce n’est pas net du tout. Clairement nous avons fait de notre pays une cible pour les extrémistes et ils ne s’en privent pas. Nous avons renforcé notre dépendance par rapport aux US, ce qui n’a que des inconvénients. Nous sommes isolés en Europe avec une Italie qui accueille des dizaines de milliers de réfugiés et la Hongrie qui n’en veut pas un seul. Le bilan est loin d’être positif. Honte.
    Et nous sommes, aussi, en guerre au Mali, au Niger, au Tchad, en Centre Afrique et en RDC. Là c’est sous le label du maintien de l’ordre, i.e. du maintien de l’ordre établi afin que les dictateurs protégés puissent continuer à nous, c’est-à-dire à nos multinationales, ouvrir les portes de leur mines, de leurs champs, de leurs ressources et de leur main-d’œuvre. C’est moyen-âgeux et surtout abject. Tout cela recouvert par le manteau troué de la lutte contre le terrorisme. C’est du Bush pur et dur. Sauf que c’est du French Bush. Honte.
    Ce n’est pas encore fini, parce que nous avons aussi une force de dissuasion. Si, si, si y parait que c’est vrai. Non pas contre les terroristes, ça n’a pas l’air de marcher avec eux. Non, contre euh contre….contre, ah oui……………. contre la menace. L’instrumentalisation de l’ennemi permet  d’en faire la menace. La menace n’a pas de nom ni de lieu. Elle est partout. Mais alors nos braves têtes nucléaires dans nos redoutables sous-marins sont dirigées vers où, vers qui ? Quelles villes leur sont assignées. Toulouse ? Là c’est même plus le nucléaire qui me fait flipper, c’est qu’on ne sait pas sur quoi sont braquées nos petites bombes atomiques. En plus, le fait que ce soit automatique, informatique, robotique et programmé, c’est ça le principal danger pour moi.
    Bon appétit quand même.

    Michel Costadau

  • Mariage gay

    Mariage gay

    C’est sans conteste le couple de l’année. Edouard et Emmanuel, avec un petit coté XVIe – l’arrondissement pas le Louis -, forment le couple le plus gai qu’on ait vu depuis longtemps – longtemps dans les médias ça veut dire 15 jours. Quand je dis couple c’est même le genre petits vieux, à preuve qu’ils commencent à se parler par personnes interposées : je lui ai demandé de ; il m’a dit que. Lui dit à sa femme : il faut faire des économies, notre budget ne peut pas suivre, Elle répond : mais bien sûr mon chéri, c’est comme si c’était fait, je vais commencer par les vacances : cette année tu resteras à la maison et moi j’irai avec les enfants chez maman. Et ainsi de suite. En plus c’est un couple techno, non pas boum boum boum, non, mais -cratique. Eh oui technocratique. Bon je prends ça à la rigolade mais, hélas, non seulement c’est loin d’être drôle, mais en plus ça m’inquiète franchement.

    Le principal inconvénient de la technocratie c’est d’être loin, loin, loin, très loin de la vie des gens. Tout le monde connaît, bien sûr, l’humour de Coluche disant qu’à l’hôpital les gens mouraient en bonne santé, c’est-à-dire guéris de l’affection pour laquelle ils étaient entrés, mais n’ayant pu supporter le traitement curatif. Pas de bol. La faute à personne.

    Si je vous dis ça, c’est qu’un sérieux parfum de technocratie flotte sur notre malheureux pays. Le peu que j’entends de ce que tout le monde appelle les nouvelles mesures annoncées me semble n’avoir aucun lien avec notre quotidien.

    Diminuer le nombre de députés, voilà bien une mesure incompréhensible. Diminuer le nombre de députés, c’est faciliter grandement la tâche des lobbies qui auront beaucoup moins de personnes à approcher et à sensibiliser. Oui vous savez on ne dit plus corrompre on dit sensibiliser. Qui plus est, diminuer le nombre de députés, c’est diminuer la représentation populaire, ce qui est exactement le contraire de la démocratie. C’est donc seulement une mesure technocratique.

    Il y a aussi cette histoire de vaccination, dont l’intérêt pour la sécurité sociale est assez flou. S’il s’agissait d’une claire mesure de santé publique tout le monde devrait applaudir, mais il semble qu’il s’agisse plutôt d’un cadeau aux labos où d’une mesure discriminatoire, ce qui est évidemment différent. Dans tous les cas, c’est typiquement une mesure techno puisque ni l’objectif ni les moyens ne sont évoqués.

    D’ailleurs, d’une manière générale, les technocrates ne disent pas à quoi ils s’attaquent et avec quels objectifs ; ils disent qu’ils font quelque chose de pas très précis dans un domaine un peu flou avec des moyens mal définis et sans la moindre possibilité de contrôler la mise en œuvre.

    Alors  bien sûr il est encore question de la loi travail. Cette  loi adoptée difficilement il y a un an et pas encore appliquée, va être modifiée on ne sait pas trop dans quel sens, puisqu’elle était déjà assez libérale. En tous cas on ne voit pas bien le rapport entre la loi travail et  le travail, c’est-à-dire le chômage. Si c’est une loi pour diminuer le chômage : bravo, si c’est le contraire : zéro pointé. Mais comme je vous le disais, ça n’a sûrement aucun rapport avec le travail, c’est purement technocratique.

    J’ai entendu aussi le rétablissement, ou la suppression on ne sait pas très bien du jour de carence pour les fonctionnaires. Vous voulez vraiment savoir ce que j’en pense. Ben oui c’est exactement ça. Pourvu que cette mascarade ne dure pas trop longtemps, parce que j’ai le sentiment que la population en a déjà assez. C’est le syndrome du gouvernement minoritaire qui apparaît. Emma est pressé parce que ça va tourner vinaigre bientôt, et Ed ne pourra rien pour lui. Et moi non plus évidemment.

     

    Michel Costadau