Mois : avril 2018

  • Raciste1

    Raciste1

    -Attends là qu’est-ce que tu viens de dire ?
    -Je viens de dire que tous les hommes sont frères,
    -Gloups, je croyais avoir mal entendu,
    -Oui tous les hommes sont frères,
    -Euh tu blagues hein, même les Arabes ?
    -Oui les Arabes sont nos frères,
    -J’y crois pas, même les Chinois, ça c‘est pas possible,
    -Si, les Chinois sont nos frères,
    -Oh putaing, pas les noirs quand même, n’importe quoi ?
    -Si, les noirs sont nos frères et même, pas de bol pour toi, nous descendons tous des noirs,
    -Là tu me fais marcher, nous tu veux dire, on a des ancêtres noirs,
    -Oui, c’est la migration des hommes vers le nord et un peu de génétique qui leur a donné la peau blanche,
    -Ah mais alors les Tartares c’est pas nos frères quand même ?
    -Bien sûr que si les Tartares sont nos frères, là c’est plutôt la migration vers l’est et un peu de génétique qui a fait la différence,
    -Alors, comme ça, on est tous frères,
    -Cousins si tu préfères,
    -Oui c’est mieux, mais à quoi ça sert qu’on soit tous frères,
    -C’est pour dire qu’il n’y a pas plusieurs races, il n’y en a qu’une, c’est la race humaine : homo sapiens sapiens,
    -Mais pourtant il y a bien du racisme quand même,
    -Ah ça oui, le racisme c’est toutes les dérives pour permettre que certains se croient supérieurs aux autres, les ethnies, les peuples, les tribus et même le sang,
    -Ah mais on n’est pas tous égaux quand même, y en a des plus rapides et des plus intelligents, non ?
    -Oui bien sûr, mais le racisme c’est quand certains basent leur supériorité sur une particularité physique, mentale ou génétique, par exemple être blanc ou peul,
    -Etre blanc c’est pas un défaut quand même,
    -Non, c’est un profil génétique et il y a beaucoup de profils génétiques dans l’espèce humaine et donc beaucoup de différences,
    -Tu veux dire que la différence est source de racisme,
    -Oui parce qu’on parle de race de chevaux, de chiens ou de blé obtenus par croisement et sélection, alors certains ont voulu voir des races chez les hommes, par exemple avec la noblesse ou le droit du sang,
    -Alors il n’y a pas plusieurs races d’hommes,
    -Non il y a une seule race d’homme mais les blancs sont racistes, entre autres parce que pendant longtemps ils ont entretenu l’idée qu’ils étaient les plus civilisés sur terre. Remarque que les Aborigènes faisaient exactement pareil,
    -Les quoi ?
    -Laisse tomber,
    -Tu veux dire que le racisme c’est moderne ?
    -Non, peut-être pas, mais le racisme actuel est surtout lié aux à la prise de pouvoir des religions,
    -Alors là je t’arrête, parce que être tous frères c’est pas un peu catho ça ?
    -Oui c’est le discours des cathos, mais en vrai les religions soutiennent qu’il n’y a qu’une seule vraie religion, la leur. C’est le moteur du racisme,
    -Tu veux dire que les guerres de religion c’est du racisme,
    -Exactement, car quand on veut justifier une guerre ou une colonisation, il faut trouver un mobile, par exemple les convertir à la vraie religion,
    -Mais il n’y a pas de religion supérieure aux autres,
    -Bien sûr que non et il n’y a pas d’hommes supérieurs aux autres mais le principe  de supériorité a pour objectif la domination. Et c’est aussi le remède suprême à la médiocrité,
    -Alors, si j’ai bien compris, les racistes sont des minables, mais c’est quand même nos frères ?
    -Ben oui.

    Michel Costadau

  • Modèle

    Modèle

    Ce coup-là Hulot tu dis vraiment n’importe quoi. Eh oui, « on a sauvé la zone humide et il faut savoir arrêter des combats qui n’apportent rien de plus » . C’est dramatique comme position, car toi je ne sais pas trop ce que tu as gagné, à part ton maintien au gouvernement, mais nous, nous n’avons rien gagné, rien. En fait de combat ça ne fait que commencer. Parce que le fait que l’Etat reconnaisse enfin la nocivité d’un projet, n’est vraiment qu’un début pour la récupération de terres et de zones humides afin de les distraire d’une agriculture destructrice. Parce que je ne sais pas si tu as remarqué, mais les insectes, les oiseaux, les abeilles ça fait partie de la nature et c’est l’agriculture qui les supprime par l’utilisation de produits, connus pour être dangereux, mais que toi tu es loin d’avoir interdits ou même règlementés. Pour que ce soit clair, je sais que tu t’en doutes, mais je préfère le préciser : tu es nuisible, comme les autres et nous ne t’accordons aucune confiance. Et même, tu vois, on est plutôt inquiets sur un truc : c’est cette histoire que l’agriculture doit nourrir la planète et que la seule capable de le faire c’est l’agriculture productiviste. Je ne sais pas d’où sort cette faribole mais elle est complètement fausse et dangereuse pour deux raisons.
    D’une part personne n’a jamais demandé aux agriculteurs de quelque pays que ce soit de nourrir la planète, jamais. Que les agriculteurs de chaque pays arrivent à nourrir leurs familles et leur pays, oui ça ça peut se comprendre et c’est une bonne chose. Mais hélas, tu le sais très bien, ce n’est même pas le cas. Et d’un.
    D’autre part le modèle agricole dominant fait plus de dégâts que de bienfaits et s’est mis sur voie de garage. Non seulement il détruit le sol, mais il détruit aussi l’eau, les arbres et tout ce qui vit dans la végétation. Et de deux.
    Eh oui, il ne faut que 80 ans de culture industrielle pour détruire la vie de la terre et devenir du coup entièrement dépendant de l’industrie chimique. Et c’est le cas chez nous. Car si un agriculteur est dangereux c’est parce qu’il est complètement aux mains des industriels qui, eux, sont au service de la finance. Les industriels ont réduit le métier d’agriculteur à savoir uniquement quand et comment appliquer tel produit, que ce soit pour les cultures comme pour l’élevage.
    A tel point que maintenant il faut se protéger des agriculteurs en leur interdisant certains produits, certaines pratiques, certaines semences, car ils en sont incapables par eux-mêmes étant comme on l’a dit aux mains de l’industrie.
    Alors tu vois le modèle productiviste, ton modèle, est, non seulement incapable de faire que chaque pays puisse se nourrir lui-même mais en plus détruit ce qui fait que l’on peut vivre de la terre sur terre : la végétation, l’air, le sol et la faune utile aux plantes. La limite est dépassée et il est plus que temps de mettre en œuvre de nouveaux modèles respectueux des équilibres naturels. Et justement à NDDL c’est ce genre de question qu’ils se posent. Et là Hulot on ne t’entend pas beaucoup les soutenir. Alors à mon avis Hulot tu devrais prendre des vacances pour y voir un peu plus clair.
    Michel Costadau
  • Diversité

    Diversité

    Est-ce qu’on peut dire qu’il y a, au moins, un signe qui marque l’évolution du monde dans lequel nous vivons. Quelque chose qui se produit dans toutes les sociétés humaines qui peuplent la planète. Une tendance de fond caractéristique qui marquerait notre époque et nos pays. Eh bien oui il y a une ligne conductrice, elle n’est pas évidente, pourtant elle représente bel et bien une continuité. Et c’est celle de la disparition de l’individu en tant qu’acteur social et économique. Attention ce n’est pas la disparition de l’individu dont je parle, au contraire, c’est la modification de son rôle dans la société. Pour parler clair c’est même la disparition de la notion de rôle moteur de l’individu qui est en train de se produire. Cette tendance lourde n’est pas très ancienne, elle n’a que quelques centaines d’années.
    On explique.
    C’est cette affaire de tomates qui m’a mis sur la voie. Vous savez ces tomates hydroponiques qui fournissent une grande partie du marché. Sur un exemple local, à Bessières, nous avons d’un côté une centaine de maraîchers et de l’autre une entreprise industrielle qui emploie une trentaine de personnes. Les deux ont des capacités de production équivalentes, mais il n’y a de la place que pour l’un des deux, c’est-à-dire que c’était l’entreprise ou les maraîchers. Et comme l’indique la tendance, avant c’était les maraîchers, aujourd’hui c’est l’entreprise. Et il y a des conséquences.
    En fait ce n’est pas la diminution du nombre d’emplois qui pose problème, c’est la diversité humaine que représente une centaine de  maraîchers par rapport à une entreprise, qui est la question. Diversité, voilà le mot.
    Je n’invente rien en disant que la biodiversité est d’actualité mais s’adresse exclusivement à la nature. Pour ce qui concerne l’homme, personne ne se pose la question et pourtant il y a matière. Clairement, les salariés offrent une richesse comportementale bien faible par rapport à des individus indépendants. En effet, les salariés sont dans une seule logique, celle de l’entreprise, alors que les individus indépendants représentent autant de logiques que d’individus.
    C’est l’émergence et la multiplication des entreprises qui est en cause. Plus précisément ce n’est pas qu’il y ait de plus en plus d’entreprises qui pose problème, c’est le fait qu’elles occupent une part toujours croissante de la population. C’est mondial et ce n’est pas fini.
    Dans un fonctionnement individuel, chaque personne est le nœud d’un réseau relationnel très dense. Par exemple, le paysan, l’artisan, le commerçant ou le petit fabricant ont des relations avec des clients, des fournisseurs, des administrations, mais aussi avec des experts et encore avec d’autres personnes de la même profession. Et ils résolvent les problèmes qu’ils rencontrent, chacun à leur manière. Et ils ont une grande créativité de projets. C’est ça la diversité.
    Ce qui n’est en aucune manière le cas du salarié, qui, même s’il  n’est pas mono-tâche, ce qui est catastrophique, connaît en tout et pout tout le petit bout de travail qui lui est affecté, et ses problèmes sont généralement résolus par d’autres. Par principe, son réseau est très limité et en général strictement lié à la même entreprise. C’est pour ça que je parle de réduction de diversité.
    Dit technocratiquement, ça donne : la perte de diversité socio-économique c’est le remplacement d’individus fonctionnant comme centres de décision dans un large maillage avec d’autres personnes, par des individus soumis à une structure économique qui agit comme seul centre de décision.
    Alors est-ce que cela va continuer. Ben c’est probable, parce qu’il semble que le salariat soit, quand même encore, la source de l’enrichissement des actionnaires et des financiers.
    Michel Costadau
  • Secteur

    Secteur

    Est-ce qu’un vote doit toujours concerner tous les électeurs ? Disons, plus précisément, est-ce que tout ceux qui ont le droit de vote peuvent voter tout ? Spontanément vous allez me répondre ben oui, quand t’es inscrit t’as le droit de voter. Mais on est ici pour réfléchir alors réfléchissons. Attention je ne parle pas du refus de vote, je parle du contraire de l’interdiction de vote, c’est-à-dire de la pertinence du vote pour certains électeurs. Par exemple, quelle est la place des hommes dans un vote sur le droit à l’avortement. Hein ? Eh oui, il est clair qu’ils ne sont pas concernés. Je veux dire : quels droits peuvent ils acquérir ou refuser avec ce vote. Strictement aucun ou alors celui de décider à la place des femmes ce qui est bon ou pas pour elles. C’est d’ailleurs une attitude assez générale qu’ont les hommes de répondre à la place des femmes et je me demande s’il ne faudrait pas changer un peu ces mauvaises habitudes patriarcales, entérinées par la loi en plus. Ouille ! Pour la suite on va dire qu’un vote où certains électeurs n’ont pas le droit de voter, par exemple quand seules les femmes votent, s’appelle un vote sectorisé.
    Et très actuellement, outre l’Irlande, il me semble que ce type de vote pourrait concerner aussi la Hongrie, la Pologne et quelques autres. Et je ne parle pas de la purification ethnique dans les Balkans.
    En fait il y a déjà eu des cas récent de vote sectorisé, c’est-à-dire où le vote n’a pas concerné tout le monde. Par exemple le « référendum » sur NDDL où seule la Loire Atlantique a voté, alors que le projet est national. C’est clairement un vote sectorisé ? En effet pourquoi la Loire Atlantique et pas la France entière ou la région Pays-de-Loire, ou même la seule ville de Nantes qui est la plus concernée par les avions. Pourquoi ? Eh bien ça s’appelle un choix politique. En l’occurrence c’était vraiment un mauvais choix.
    Revenons au vote sectorisé pour voir comment on pourrait l’utiliser…s’il existait. Vous le savez, le monde actuel est aux mains de la finance et les riches font ce qu’ils veulent sans tenir compte le moins du monde ni des lois ni des pauvres. Et donc on pourrait imaginer que les riches n’aient plus le droit de voter puisque déjà riches. Alors seuls les pauvres voteraient et, toujours en imagination, on pourrait penser qu’ils votent pour ceux qui les sortiraient de la misère. Ce qui fait qu’à la fin plus personne ne voterait, mais ce serait une bonne fin parce que tout le monde serait riche.
    Bof à vrai dire je ne sais pas si c’est une bonne chose que tout le monde soit riche. Et en fait ça n’a aucune chance d’arriver. Pourquoi ? Eh bien parce que les riches ont envie de rester riches et ils savent très bien qu’ils ne sont riches que parce qu’il y a des pauvres. On peut dire que les riches entretiennent les pauvres, comme les fourmis entretiennent des pucerons, parce qu’ils en ont besoin.  Par contre, l’idée n’est quand même pas si farfelue, parce que je ne pense pas que les riches tiennent plus que ça au droit de vote. Ils ont déjà les médias, les candidats, l’argent et prônent cette notion catastrophique que voter c’est donner son avis. Ca fait longtemps que les élections sont pour eux un problème résolu et sous contrôle.
    Michel Costadau
  • La République et la Couronne

    La République et la Couronne

    Quand je lis dans les romans policiers anglais que les constables sont au service de la Couronne, ça me hérisse au plus haut point car il n’y a aucun honneur à servir les têtes couronnées tout au contraire. Mais en y réfléchissant je me suis rendu compte que, chez nous, nous avions remplacé la Couronne par la République. Aïe. Et ça m’a fait tilt. Est-ce que c’est mieux ? En plus notre République est représentée par une blonde avec un bonnet phrygien ou une matrone au sein nu ou un profil grec, enfin quelque chose qui ne s’appuie pas sur le meilleur du féminin.
    Bon la Couronne. Mettre ses qualités, son énergie et ses revenus au service de cette bande de profiteurs et d’écorcheurs du peuple que sont les rois, les reines et leurs semblables c’est indéfendable. Car sous la couronne il y a directement des personnes physiques, de vrais parasites autoproclamés. On peut faire ce que l’on veut dans la vie, mais perdre toute respectabilité en s’inclinant obséquieusement devant des puissants inutiles et méprisants c’est trop, beaucoup trop. Même petit, même faible on peut, on doit avoir sa dignité et le minimum de quant à soi qui permet de prétendre au titre de personne humaine et non de caniche.
    Alors la République. Bien sûr l’avantage de la République c’est que c’est un symbole et donc être à son service c’est servir des idées, des valeurs, c’est servir le bien public. Celà en théorie ou dans le passé, parce que pratiquement la République on ne sait quand même plus très bien ce que c’est ni qui c’est. C’est un peu le revers de la médaille. Hélas pour le QUI, on a une petite idée. Eh oui les ors de la République résidences, véhicules, avions, châteaux, tapis rouges et domestiques ne sont pas à la disposition de la population mais seulement …. des politiques.  Et ceux-là sont ils des travailleurs, des gens simples et de bon contact, élevant une famille dans les valeurs de la droiture, de la probité et du sens des autres ? Non, vous le savez bien, ce serait plutôt le contraire et alors c’est sûr qu’il y a un problème. Parce que du coup cette idée du bien commun, du bien pour tous n’a plus de sens. Puisque ce serait plutôt le bien pour soi.
    Alors, alors, alors comme toujours la réalité ne peut être évitée et il faut se rendre à l’évidence, la Couronne a son public. Elle distrait, elle fait rire ou pleurer une partie de la population. Mais aussi elle fait rêver. C’est là le secret, elle représente une compensation aux misères de la vie pour des gens eux-même malmenés. Bien sûr c’est ridicule et complètement négatif, c’est ringard mais c’est comme ça.
    Et donc, maintenant est ce que la République fait rêver ? Gloups. La République ne fait pas du tout rêver, elle a plutôt une image de guerre, de pauvreté, de naïveté échevelée et même d’injustice, car la balance qu’elle tient souvent à la main est lourdement plombée.
    Autant la Couronne est un modèle qui pourrait faire envie, autant la République est une chimère à laquelle personne ne souhaite ressembler. Elle ne sert qu’aux discours et encore de moins en moins.
    Que peut on conclure ? Bien sûr pas question de revenir à la Couronne, on a déjà donné. Maintenant comment rétablir ce souci du bien public dans notre caste d’égoïstes ? Comment redonner du sens au bien commun, au bien pour tous ? Comment, certainement pas en votant pour eux en tous cas.
    Michel Costadau