Année : 2019

  • Clairon

    Clairon

    Dire que le gouvernement est à la ramasse est un pléonasme qui ne fait plus rire grand monde. Trois aspects sont même scandaleux.

    D’abord, la course de LRM, aux investitures pour les municipales, relève de la grande forfanterie. Je l’ai déjà dit LRM n’a aucune base territoriale, alors pour faire croire qu’ils existent ils soutiennent n’importe quel candidat susceptible de l’emporter. En essayant de mettre notre pauvre président sur une liste dans toutes les villes, ils dénaturent complètement ce scrutin, qui à priori n’est pas politique. Et une liste élue dans une ville soutenue par trois partis va être revendiquée trois fois comme une victoire. Ca va faire de jolis coups de clairons…..dans le vide. En fait les conseils municipaux font tous la même chose et il n’y a donc aucun enjeu dans ce scrutin sauf la manie d’avantager ses copains ce qui est exactement le contraire de la démocratie.

    Ensuite la pub constante pour la soi-disant stature internationale de notre pauvre président. Il s’occupe de l’Europe et c’est le brexit qui l’emporte. Il s’occupe de l’Ukraine et c’est les russes qui progressent. Il s’occupe de l’Afrique et la France est conspuée par la foule. Il s’occupe de la COPxx et c’est les US qui s’en vont. Si l’on voulait discréditer la France, on ne s’y prendrait pas mieux. Vous allez me dire que c’est déjà fait. Ah pardon j’oubliais que tout le monde l’attend sur la Macédoine. C’est vrai c’est très important la macédoine, c’est pas facile à réussir même si ce n’est pas de la grande cuisine. Alors va t il arriver à faire un peu entrer la Macédoine en Europe, intenable suspense, pourquoi pas mais personne n’y croit. Et surtout ça n’intéresse personne et ça n’a aucune importance. C’est vous dire le niveau.

    Enfin, le service de presse du gouvernement est complètement assuré par les médias. En particulier le journal Le Monde présente d’une manière trop tendancieuse le quotidien du gouvernement. Au lieu de dire que le président se planque devant la grogne de la population, Le Monde nous explique que le premier ministre imprime sa marque sur les réformes. Comme s’ils n’étaient pas Castor et Pollux, conjoints et solidaires devant les demandes de la finance. Vous savez, ce coup fourré sur les retraites ils en parlent tous les jours, ils ne pensent qu’à ça. Mais Le Monde nous raconte une autre histoire : quand il ne parle pas pendant trois jours, on dit qu’il réfléchit. D’ailleurs ça donne l’impression que c’est exceptionnel qu’il réfléchisse. Quand l’aspect colonialiste de l’armée française au Mali éclate au grand jour, on a droit à un discours moralisateur sur les bienfaits de la civilisation. C’est à pleurer…..de honte. Toute la com du Monde consiste à répéter que le gouvernement travaille, écoute, discute, fait des ouvertures, reçoit plein de gens mais qu’il tient bon le cap…..pour que la finance progresse. C’est pitoyable.

    Je vous l’ai déjà dis cela vient essentiellement de notre mode d’élection antidémocratique qui permet à une minorité, à une caste de se maintenir au pouvoir. Je dis essentiellement parce que cela vient aussi de l’ignorance, c’est-à-dire du très faible niveau d’éducation et de formation, dans lequel est maintenue la population. En effet pour régner sans partage, les médias ont besoin du manque de connaissances des gens afin qu’ils ne comprennent pas ce qui est fait, mais croient seulement ce qui en est dit. Exemple l’électricité propre.

    Et cela va en s’aggravant. La principale offre politique de tous les partis devrait être l’éducation. Le seul souci des politiques devrait être de faire un effort colossal pour inverser la baisse désastreuse du niveau de compréhension et de formation de la population. Hélas c’est le cadet de leurs soucis.

    Bonne fin d’année.

    Michel Costadau

  • DKK

    DKK

    Je reviens d’une très courte visite à Copenhague mais j’ai quand même pu ramener quelques impressions.

    La société semble calme, personne ne court, les vélos forts nombreux s’arrêtent aux feux rouges forts nombreux aussi, les klaxons sont rares et les voitures ne vrombissent pas. Peut-être ce calme cache–il des tas de trucs, ça reste à investiguer.

    Les femmes sont extrêmement présentes, je veux dire qu’elles ne se cachent pas derrière les hommes mais elles semblent moins féminines que chez nous. Il est vrai que la tenue assez emmitouflée qu’impose le temps n’est pas propice à de grandes démonstrations. D’ailleurs leur sourire est plutôt vers le bas c’est-à-dire assez sévère.

    Pas mal de choses semblent assez chères sauf bien sûr les patates qui remplacent les pâtes, lesquelles sont pratiquement absentes. Le verre de vin chaud est à 6,5 € mais il y a des pizzas à 13 €. Il est beaucoup question d’argent, mais de toutes façons les prix ne semblent pas avoir une grand importance car tout se règle en carte bancaire même un timbre.

    On dirait que tout le monde a un travail de bureau car on voit peu d’ouvriers. Il y a des chauffeurs, des livreurs mais ils sont habillés comme les autres. Il doit bien pourtant y avoir des maçons et des plâtriers, mais ils sont difficiles à identifier. Certes dans le centre de Copenhague il doit y avoir peu de mineurs, de charbon je veux dire.

    Il n’y a pas de chômage, moins de 2 %, et pourtant les automatismes sont partout. Dans le métro aucune barrière n’interdit l’accès aux rames. Les billets ont une durée de validité d’une heure et demie et peuvent donc servir plusieurs fois. Mais on atteint alors le cœur du comportement apparent des Danois, à savoir qu’ils paraissent tous en accord avec le système, en l’occurrence leur système.

    L’idée de base est que d’une part on paye beaucoup d’impôts sur le revenu et ici c’est 40 %, mais que d’autre part on a de vrais services, santé, éducation, autoroute, tout est gratuit.

    Clairement c’est un petit pays, tant par la taille que par la population, et mon analyse sur la trop grande taille des pays, comme la France, prend ici toute sa saveur démocratique. On pourrait dire que les Danois ont le sentiment, à cause du petit nombre, de compter plus et de participer à la vie de leur pays.

    Cependant tout cela repose aussi sur un haut niveau d’éducation, par exemple, tout le monde parle anglais. En fait je veux dire que c’est le niveau moyen qui est haut, en tous cas par rapport à la France. Le manque complet de formation de la moitié de la population a chez nous les conséquences les plus néfastes. Je l’ai déjà dit, je le répète c’est une catastrophe nationale qui, en plus va en s’aggravant.

    Revenons au Danemark pour souligner deux derniers points.

    Il n’y a pratiquement pas d’immigrés, en tous cas on n’en voit pas, c’est dons une société de l’entre- soi, ce qui a beaucoup de limites et ouvre la porte à l’hypocrisie.

    C’est aussi une société résignée qui est plutôt sur la défensive pour essayer de protéger un modèle que certains appellent socialiste, mais qui est surtout celui d’un îlot de richesse.

    Michel Costadau

     

  • Perspectives

    Perspectives

    Du côté des nouveaux courants de pensée, je ne crois pas aux théories de l’effondrement, ni à l’augmentation infinie de la population, ni à l’homme augmenté. Je trouve, plutôt, que le monde évolue par continuité et non par grands sauts. Il n’y a pas de révolution.

    Internet a démarré il y a plus de 30 ans et ça continue. Les drones ont démarré il y 20 ans et ce n’est que le début. La génétique a démarré il y a très longtemps et c’est toujours en cours. Les Chinois continuent à envahir le monde, l’Amazonie brule toujours et l’empire américain n’a pas fini de faire des ravages. La routine quoi.

    En fait le sentiment de rapidité de l’évolution vient du caractère fugitif des informations. Je devrai plutôt dire des nouvelles. Dans leur frénésie de conquête d’auditoire les publicistes vendent une prétendue information 10 ans avant qu’elle ne marche ou ne soit avérée.

    C’est le cas pour toutes les prouesses annoncées de l’IA, des imprimantes 3D, des voitures autonomes ou électriques, des drones. Contrairement aux apparences, les choses sont plutôt statiques. Si vous en voulez une preuve regardez la fameuset lutte contre le réchauffement. Il ne se passe rien. Aucun État ne modifie le moindre fonctionnement. Tous continuent comme avant à polluer à grande échelle. L’illusion du changement vient uniquement de la pub pour de nouvelles productions censées verdir la planète. Des tas de produits sans çi sans ça, des chaudières à haut rendement, et même des chaussettes produites sans le travail des enfants. Si, si, je vous jure.

    Le lancement de la voiture électrique a maintenant plus de 20 ans et on en voit toujours aussi peu sur les bornes de remplissage que nous avons payées pour ça. Par contre le boom électrique est encore annoncé tous les matins, à grand renfort de primes et de reprises.

    Clairement l’annonce médiatique de l’accomplissement de la mondialisation de l’économie a eu comme rebond un repli sur soi de chaque pays. « America first », « brexit », « Marseille avant tout » en sont la peinture fraîche sur la palissade d’un monde qui ne change pas. Nos fossoyeurs sont toujours à l’œuvre.

    Les enfants qui naîtront dans 30 ans connaîtront encore la hantise du chômage, le travail précaire et idiot, les inondations de la place Saint-Marc et les restrictions sur les retraites.

    Et pourtant pour payer les retraites il y aurait un moyen bien simple de le résoudre, au moins en partie, c’est d’augmenter les salaires. Eh oui, si le salaire augmente, la part vieillesse aussi, c’est mécanique. En plus les salaires et les retraites sont un des principaux leviers de la consommation. Et la tva rentrerait dans les caisses de l’État. Seulement vous le savez les actionnaires n’aiment pas payer ceux qui travaillent pour eux, ils ont le sentiment de se priver de leur argent. Je ne vois pas que cela change dans l’avenir.

    En fait, quand une entreprise annonce un objectif vertueux pour 2030, par exemple en termes d’énergie, vous pouvez être certain que c’est du pipeau complet car rien n’est précisé pour les six prochains mois, ni pour la prochaine année, ni pour les deux ans. Or un objectif à 2030 commence dès aujourd’hui et l’effort principal doit être fait au début et non à la fin comme une course dérisoire au rattrapage.

    La température monte mais c’est la chose la moins importante du monde. La chose importante c’est que le business continue. C’est pour ça que les choses ne changent pas ou alors dans le mauvais sens.

    Y en a qui disent que je vois tout en noir, mais ceux-là continuent à voter.

    Michel Costadau

  • Départ d’André Chantreau

    Départ d’André Chantreau

    André Chantreau 1939-2019

    L’hommage de Bernard Audollent
    Adieu, Ami,
    Il existe des milliers de chansons traitant de l’amour. Paradoxalement il y en a très peu qui célèbrent
    l’amitié. J’ai revisité l’une d’elles, et non des moindres, pour vérifier si cela collait avec toi.
    Oui, c’est sûr, tu n’as jamais hésité à t’embarquer sur le bateau de l’amitié, les gens que tu croisais et
    auxquels tu la proposais, n’étaient pas des amis de luxe, c’était ouvert à tous.
    Et sur le ventre nous nous sommes souvent tapés fort.
    Ce bateau flottait et ne coulait pas malgré les avis de tempête.
    Toutes voiles dehors, Jean, Pierre, Paul, impossible de les citer tous, formaient des compagnies
    d’amitié. Et ces compagnies d’amitié tu n’as eu de cesse de les faire se croiser. Et les amis des
    différentes compagnies sont devenus une majestueuse compagnie d’amis, nombreuse, très
    nombreuse. Une litanie d’amis tellement nombreuse qu’on serait tenté de la comparer à celle des
    saints.
    Oui, ton credo, c’était bien celui de l’amitié.
    Bien sûr cette amitié prenait le quart dans les moindres coûts de Trafalgar et quand nous étions en
    détresse, que nos bras lançaient des SOS, souvent, toi, tu nous montrais le nord, c’était toi le
    sémaphore.
    Et cette amitié a tenu le coup, elle le tient encore aujourd’hui.
    Aujourd’hui tu manques à bord, tout simplement, tu nous manques. Mais une chose est sûre, jamais
    ton trou dans l’eau ne se refermera.
    Coquin de sort, 100 ans après, tu manqueras encore.

    L’hommage de Michel Costadau
    On peut se tromper, et c’est ce que se disait Dédé tout le temps, mais une chose est sûre, c’est que
    pour Dédé, vous, sa famille, avez été sa grande joie, sa satisfaction, sa réussite. De cette réussite il a
    tiré une grande force pour surmonter tous les obstacles de la vie.
    Et la vie n’a pas été toujours facile pour lui.
    Son tempérament à aimer tout le monde a buté sur bien des cailloux.
    La maladie l’a saisi très jeune.
    Ses choix de vie et ses engagements n’ont pas été toujours aisés à prendre.
    Car Dédé n’était pas un théoricien mais un pur relationnel. Les théories, autant religieuses que
    marxistes, se mélangeaient dans sa tête et il n’en sortait rien.
    Par contre, ses sentiments et ressentis pour les personnes ont toujours été très forts. Durant toute sa
    vie, ce sont les personnes, les gens qui l’ont intéressé.
    Ça se traduit par une absence d’ennemis et même d’indifférents, et par une foule d’amis.
    Car Dédé souffrait de la peine des autres, il l’intériorisait, l’intégrait dans son être, et ça lui faisait
    mal profondément.
    Seule l’intéressait la cause de l’homme avec une conviction inébranlable sur l’espoir, la possibilité
    de se réparer, de réparer.
    Il était enthousiasmé par la réussite des autres, et quand ça allait bien, il était content pour eux,
    content avec eux.
    Il a voulu réparer le monde à lui tout seul, ou presque, et ça lui a coûté la vie. Il nous quitte avec
    regret, j’en suis sûr. Au revoir Dédé, continue à exister, on a encore besoin de toi.

    Nos rêves pour demain par André Chantreau
    Texte écrit par André au printemps 2012, lors d’un rassemblement familial et amical à Hoedic.
    André devait écrire un texte exprimant ses rêves pour demain. Ce texte a été mis en bouteille et jeté
    à la mer, avec un autre texte sur le même thème rédigé par Christiane.

    André Malraux, dans son roman l’Espoir écrit pendant la guerre civile d’Espagne, transmet par l’un
    de ses héros ce message : en Amérique du Sud, on raconte cette légende selon laquelle Dieu a
    promis aux singes qu’ils deviendraient un jour des hommes. Et chaque matin, on entend dans la
    forêt s’élever une grande clameur. Ce sont les singes qui pleurent d’avoir été trompés et encore
    trompés, avec leur rêve brisé.
    Or,
    quand le vent est mauvais,
    quand les nouvelles du malheur frappe à notre porte,
    quand est chancelante notre santé ou celle des êtres chers,
    quand chaque matin la radio nous annonce les bruits de bottes, les rivalités meurtrières,
    quand la paix si ardemment chantée la nuit de Noël se voit bafouée, et encore bafouée dans nos
    propres communes, ou sur notre planète,
    quand les divisions l’emportent dans notre pays,
    quand des amours qu’on croyait indomptables se brisent et se transforment en haine,
    alors nous sommes comme les singes de la forêt et nous pleurons de voir nos rêves s’envoler, nos
    espoirs se briser et notre propre chemin devenir ténèbres.
    Nous ressemblons au clown du cirque qui tombe sous les quolibets,
    reçoit des gifles non méritées ou un seau d’eau sur la tête sous les risées.
    Guignol tragique.
    Alors entre les pleurs des singes et la folie d’une espérance chaque matin renouvelée, il nous faut
    choisir.
    Continuer de croire que l’avenir sera beau et même très beau.
    Si nous savons que, à notre niveau, nous ne changerons pas la face du monde, il nous faut du moins
    continuer de rêver de modifier la part médiocre qui nous habite et poursuivre avec énergie à la
    création d’un climat de douceur, de bonté et de fraternité, dans notre rue, dans notre paroisse, dans
    notre commune, dans notre réseau relationnel.
    Un rêve très cher plus intimiste :
    que l’amour qui nous unit depuis 40 ans ne faiblisse pas malgré l’adversité et les stigmates du temps
    et pour encore de belles et longues années,
    que la très grande tendresse tissée au jour le jour comme une grand-mère tricoteuse, avec nos
    enfants, leurs compagnons et compagnes, nos petits-enfants, demeure solide et mutuelle.
    Et un dernier rêve : que le microcosme superbe que nous formons ce soir, dans cette maison du bout
    du monde, où s’impose un génie des lieux bienfaisant, soit comme une épure, une ébauche de ce
    monde espéré, si fraternel et équilibré.
    La folie de nos rêves et nos espoirs pour demain est puissamment encouragé par ces trois jours de
    printemps à Hoedic.
    Un grand merci à Bernard.

  • La campagne

    La campagne

    La disparition de la ruralité, c’est-à-dire la vie à la campagne, est une évolution continue de notre société, mais le suicide actuel du monde paysan est un peu surprenant. Que la pression libérale vienne du business et de l’Etat c’est classique. Bien que honteux de la part de l’Etat, ça ne nous étonne plus. Mais que la pression libérale vienne aussi du syndicalisme agricole c’est assez questionnant.

    Bien sûr ce n’est pas la première mutation sociétale que nous connaissons, mais dans tous les épisodes précédents depuis les soyeux jusqu’aux sidérurgistes, le syndicalisme a toujours défendu les victimes jusqu’au bout. On n’a jamais vu de syndicalistes prôner la suppression d’emploi. Ou alors contre quelque chose. Or actuellement les paysans disparaissent dans l’indifférence générale et avec la bénédiction du syndicat majoritaire.

    Je précise, pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, que j’appelle paysans tous ceux qui font, ou plutôt faisaient, métier de la terre : céréaliers, éleveurs, viticulteurs, quel que soit leur mode de production et de commercialisation.

    Nous constatons donc que les instances agricoles concourent à la disparition des paysans mais nous ne savons pas pourquoi. Comme point de départ établissons d’abord que la profession a été, petit à petit, conquise par les industriels et la finance. On croirait que les paysans gèrent leur profession mais c’est complètement faux. Pas plus que les employés ne gèrent l’entreprise. En fait ça fait longtemps que les banques, les fournisseurs de matériel ou de produits et tous les établissements dits coopératifs, mutualistes et professionnels ont perdu leur caractère représentatif et sont purement aux mains du business. Pourtant ce sont bien des paysans qui siègent dans les chambres d’agriculture et dans tous les organes et commissions concernés, mais ils sont là uniquement pour la galerie, pour le décor. Ils ne sont que la courroie de transmission du business. En fait ils en sont conscients mais la loi du plus fort est la seule loi que les paysans appliquent depuis toujours avec obéissance. Car on ne lutte pas contre le temps ou contre le sol on lui obéit. Et c’est ce qu’ils font.

    Clairement, les paysans ont été sacrifiés à la fin de la dernière guerre mondiale. Et ce sont les Américains qui ont imposé leur mode de fonctionnement et leur dollar. Ceux qui croient que les US sont venus libérer l’Europe n’ont rien compris. Au contraire les US sont venus envahir l’Europe. Ca a très bien marché et ça marche encore. C’est à ce moment-là qu’a été lancée l’industrialisation de l’agriculture française. Ça s’est fait sous plusieurs aspects. En fait dans cinq registres.

    D’abord la mécanisation. La mécanisation est bien accueillie car le métier est vraiment pénible et toute aide est la bienvenue. Evidemment la mécanisation implique revendeurs mais aussi prêts et assurances donc arrive la banque. Et ainsi a commencé l’endettement.

    Ensuite la mainmise sur le foncier avec d’une part la consolidation du statut du fermage afin de sécuriser les prêts des banques et d’autre part l’élimination des petits pour favoriser voire forcer l’agrandissement. Là ça a été moins drôle, acceptable pour le fermage mais pénible pour les conflits entre personnes que génère l’attribution de terres. C’est là qu’a commencé le détournement du syndicalisme en devenant synonyme d’agrandissement. Le syndicat et les administrations s’arrangent entre eux pour éliminer les non-syndiqués, qui sont qualifiés de passéistes. Et bien sûr n’allez pas chercher là-dedans la moindre lutte contre l’artificialisation ou la spéculation, au contraire. La mainmise sur le foncier ne sert qu’à empêcher la survie des petits, à garantir les prêts, à fusionner les exploitations en favorisant les syndiqués majoritaires. A preuve l’explosion du prix du foncier qui empêche maintenant l’installation et favorise encore plus l’agrandissement

    Arrive alors le détournement des coopératives. Prévues pour écouler toute la production et vendre les intrants, elles ont surtout œuvré pour éloigner les paysans de leurs clients, de façon à ce qu’ils ne deviennent qu’un des rouages de la production et non les propriétaires de leurs produits. Là aussi ça s’est fait en douceur puisque la coopérative ou le négociant vend et achète tout et fait la gestion de trésorerie. Du coup beaucoup de paysans travaillent directement et exclusivement pour des industriels dans lesquels ils ne sont pas représentés, pour le lait, la viande, les patates, la betterave et autres.

    Puis vint la PAC, accélérateur de l’asservissement et de l’agrandissement, puisque les primes sont au nombre d’hectare. Donc plus de surface égal plus de primes. De plus, en montrant clairement que les exploitations ne sont pas rentables sans les aides, la politique européenne a confiné le paysan dans le simple rôle d’ouvrier de l’industrie agroalimentaire. C’était le but. Nous n’avons donc pas une agriculture productiviste par vrai choix des paysans mais par passage sous la coupe des industriels. Et c’est donc la course à la productivité qui impose l’agrandissement des exploitations et la disparition des paysans, exactement comme la concentration des usines dans l’industrie est synonyme de licenciements. En plus cette politique a aussi permis d’essayer de concurrencer les vrais exportateurs de blé d’Amérique du Sud et les riverains de la mer Noire. Qui eux n’ont pratiquement aucune aide mais vivent de leurs produits.

    Enfin les semences. Dernier maillon de la dépossession des paysans, les semences végétales et animales sont maintenant brevetées et ferment la boucle en amont. Du coup le paysan achète d’une part toute sa semence, son matériel et ses produits au business et d’autre part vend toute sa production au même business. Le client final a disparu de son environnement.

    Or historiquement le paysan est avant tout un producteur qui répond à une demande de consommateurs, d’utilisateurs à commencer par lui-même. Maintenant son rôle se limite uniquement à celui d’un salarié de l’industrie, payé par elle et exécutant ses ordres avant de prendre la porte pour être remplacé par des fermes industrielles.

    Voilà pour la situation actuelle mais on peut d’ores et déjà prévoir une nouvelle étape. En effet le marché n’est plus aux mains des producteurs mais des commerçants. Et pour les commerçants il est clair que les labels et le bio sont maintenant la principale réserve de marges. En effet, la traçabilité, les origines, les concepts fumeux de durabilité ou d’équité ont eu leur temps mais sont au bout du rouleau. Alors il reste le bio pour inciter les consommateurs à accepter des prix. Le business a donc enclenché le bio de masse, car il a besoin de l’industrialisation du bio pour conserver des marges. Nous en sommes à la sixième phase celle de la massification du bio.

    Nous avons donc la réponse à notre première question : la profession entière est aux mains du business. Celui-ci a transformé les paysans en ouvriers et applique les règles classiques d’augmentation de productivité. Quant au syndicat, sous la coupe des politiques, c’est seulement la couverture pseudo-démocratique du business. Il est là pour éviter les révoltes, les vagues et faire passer la pilule de la disparition et pousser la mise en place les fermes industrielles.

    L’avenir n’est donc plus aux paysans mais aux fermes industrielles.

    Reste alors une question sous-jacente. Est-ce utile ou pas d’avoir des paysans ?

    La réponse est : oui les paysans sont indispensables. Mais pas pour la raison à laquelle vous pensez naturellement, c’est-à-dire l’alimentation de la population. Non personne n’a jamais demandé aux paysans de nourrir la planète. Pas plus qu’on a demandé à Renault de donner à chacun une voiture. C’est, donc, juste un slogan productiviste, comme la ferme France, qui a pour résultat que l’industrie agricole en ce moment détruit la planète et se trouve exposée à l’ire des consommateurs. En fait le rôle des paysans c’est de nourrir leurs proches, c’est-à-dire leur région, à la rigueur leur pays s’il n’est pas trop grand. Et ça ils ne le font pas, même chez nous. Ca n’exclut pas les échanges, mais l’autonomie alimentaire locale devrait être la règle de base de l’agriculture.

    Par contre là où les paysans sont indispensables c’est pour entretenir la campagne. C’est ce qu’ils faisaient et qu’ils ne font plus.

    Parce que ce sont les paysans qui ont créés la campagne. Ce qu’on appelle des espaces naturels sont seulement des zones sans paysans. Mais pour entretenir la campagne il faut être nombreux. Parce qu’à la campagne il n’y a pas que des champs. Il y a aussi des ruisseaux, des forêts, des landes, des lacs, des marécages et des animaux, des tas d’oiseaux, des rongeurs, d’insectes, des vertébrés grands et petits, et aussi des vers et des champignons.

    Or en ce moment les paysans non seulement détruisent directement une partie de la faune et de la flore avec des produits plus ou moins autorisés quoique assurément nocifs, mais n’entretiennent plus ni les ruisseaux, ni les haies, ni les bois, ni les zones humides. Ils détruisent la campagne, purement et simplement. Et cela a des conséquences que tout le monde peut voir.

    Entretenir les ruisseaux c’est éviter que les arbres tombent dans le lit et bloquent l’écoulement de l’eau, c’est maintenir les berges avec de la végétation afin d’éviter les ravinements qui comblent le lit et diminuent son débit et c’est quand il y des buses ou des ponts de vérifier qu’ils ne sont pas bouchés ce qui provoque obstacle et ravinement. C’est prévoir des zones d’étalement, en cas de débordement, sans clôtures, sans bâtiments, sans rien qui bloque l’écoulement.

    Entretenir les haies c’est les maintenir en largeur et en hauteur en évitant les épareuses qui laissent des plaies sources d’attaques parasitaires, c’est évidement ne passer aucun insecticide ou fongicide à proximité et c’est respecter tous les animaux qui y vivent.

    Entretenir les bois c’est renouveler la futaie de temps en temps, c’est-à-dire de l’ordre d’une ou deux fois par fois par siècle, c’est tenir propre le sous-bois avec une végétation vivante et non un amoncellement inextricable de branches mortes qui facilitent la propagation des incendies et empêchent les accès.

    Entretenir les zones humides, c’est veiller à ce qu’elles ne s’assèchent pas par détournement de l’eau, c’est protéger et non chasser les animaux qui y vivent. Et ce n’est pas en faire des lieux de visites touristiques, les zones humides ont besoin de tranquillité.

    Et entretenir la campagne c’est surtout l’occuper avec des champs travaillés et bien travaillés c’est-à-dire en soignant la terre et non seulement la plante que l’on veut faire pousser, avec des animaux élevés en plein air, avec des pâturages et surtout, surtout, surtout avec une présence humaine.

    Or aujourd’hui au contraire la présence de l’homme disparaît de la campagne pour se concentrer en ville et dans des villages de plus en plus urbains. L’homme est en train de déserter la campagne et l’agrandissement des fermes accélère fortement ce mouvement. Jusqu’à présent il restait partout au moins un deux paysans pour un peu entretenir la campagne mais maintenant des zones entières ne sont plus habitées toute l’année et livrées à elles-mêmes.

    Alors la nature, c’est-à-dire la vie, reprend la place laissée par l’homme. La progression des friches et des champs abandonnés est bien visible. Celle des loups, des lynx, des sangliers et des chevreuils, moins visible mais fortement médiatisée est en la même illustration.

    Comment s’en étonner quand le business continue à faire disparaître les paysans.

    La suite dans un prochain texte.

     

     

    Michel Costadau

  • Raciste2

    Raciste2

    Il n’y a pas l’Arabe, il n’y a pas le Juif, pas plus qu’il n’y a le Breton ou le Catalan. Bien sûr les Catalans savent qu’ils ne sont pas une race, mais le problème se pose pour les Juifs qui essayent de revendiquer une race et les Arabes dont beaucoup de gens font une race à part.

    Non, chaque individu a une nationalité, une langue, une religion ou pas, une famille, un travail mais ils n’a pas de race. C’est une invention du Moyen Âge, reprise par Staline, cette histoire de race. Il y a soit des gens de religion musulmane et ses subdivisions, soit de religion chrétienne et ses subdivisions, soit sans religion ce qui est quand même le mieux. Et il y a des citoyens d’Indonésie, de Bolivie ou de Hongrie. Et il y a des locuteurs bantous ou occitans.

    Et donc au siècle dernier ce ne sont pas des tziganes ou des juifs que l’on a massacrés, mais des Polonais, des Français, des Allemands ou des Hongrois. Ca change pas mal de choses. Oui, on a éliminé des Français sans jugement, sans accusation, sans autre raison que l’invocation de la race. Bien sûr quelle que soit la motivation c’est de la barbarie pure et dure. Mais attention, le rangement dans une catégorie, même artificielle, comme la race permet de se distancier des actes commis contre cette catégorie.

    C’est aujourd’hui le cas pour des catégories comme terroriste. On a créé l’idée que ces gens-là on peut les tuer sans jugement, sans raison, simplement à cause de leur qualificatif de terroriste, même s’ils n’ont rien fait mais qu’ils pourraient le faire. Si vous voyez passer un fourgon avec des gens dedans vous vous dites que ce sont des délinquants. Vous n’en savez rien mais c’est l’idée qu’on vous a inculquée. Si en plus on vous dit que c’est des terroristes, alors là vous seriez prêt à leur tirer dessus. Même si ce sont des femmes et des enfants. Pouah quelle horreur. Abattez-moi tout ça ! On vous force à oublier que ce sont des Français.

    C’est exactement ce qui s’est passé au siècle dernier. On a vu passer les fourgons et on s’est dit : c’est sûrement des délinquants. Pas de bol c’était de simples Français mais déclassés par leur appartenance à une catégorie. C’est le problème quand la dérive vient d’en haut, c’est-à-dire du pouvoir. L’idée que le pouvoir a toujours raison nous a été assénée depuis des centaines d’années à coup de procès, d’exécutions sommaires et de campagnes médiatiques.

    Alors aujourd’hui, comment s’assurer que toutes les personnes dans les fourgons sont réellement sous le coup d’une accusation légale et non d’un oukase de la classe dirigeante. Ou que, dans la rue, tous les manifestants sont des demandeurs et non des casseurs.

    C’est évidemment impossible.

    D’ailleurs délinquant est devenu une catégorie et délinquant récidiviste une race coupable de tous les maux. C’est ça le racisme. C’est la création entre les hommes d’une distance qui autorise à exercer à leur égard un traitement inhumain.

    La déclinaison militaire du racisme c’est la torture. C’est inhumain mais c’est autorisé sur des gens qu’on ne veut plus qualifier d’humains, mais d’ennemis.

    La déclinaison conjugale du racisme, c’est la violence faite aux femmes.

    La déclinaison entreprise du racisme c’est la vente du personnel avec les machines. Oui on vend des Français.

    Et quand les disqualifiés sont dans la rue, on envoie la police, c’est même pas drôle.

    Michel Costadau

  • Départ d’Odette Galaup

    Départ d’Odette Galaup

    Odette, Catherine, Germaine, tati chère marraine nous voulons te rendre hommage aujourd’hui pour ton passage parmi nous.

    Tu étais née à la ferme d’Arifa à St Loup le 13 avril 1634. Tu étais la 6ème enfant de la famille Carriérou. Tu allais à l’école de St Loup quand le travail de la ferme le permettait, à pieds, en sabot munie de ta gamelle dans la musette. Tu fréquentais l’église de St Loup pour la messe et le catéchisme et de la même manière à 14 ans tu te rendais à l’ouvroir de l’école des soeurs à Puylaurens pour y apprendre la couture.

    Tu as connu la guerre 39/45, ses privations mais tu savais attendrir les soldats Allemands pour te faire offrir des billes de chocolat. Ensuite tu travaillais à la ferme de tes parents, tu participais aux grands travaux agricoles d’entraide ou tu as rencontré Gilbert que tu as épousé le 14 mats 1952 à St Loup.

    Tu es allé vivre dans ta belle-famille à En Bessière à Cadix.

    Quelques années plus tard vous avez déménagé à Lacroisille à En Pinel Couchant.

    C’est alors que ton petit ange Aline est née le 8 aout 56 mais que la vie t’a reprise. Heureusement Denise est arrivée le 16 décembre  1957 et a apporté beaucoup de joie dans le foyer. Ensuite en 1960 vous avez fait l’acquisition d’En Gout et vous êtes allés y demeurer. Tu aimais le vie et les grandes réjouissances familiales avec de grands tablées et de bons produits de la ferme. Tu avais gardé de la guerre la mémoire de la force des réunions de famille pour combattre et tu as su la retransmettre.

    Tu étais d’avant-garde, tu nous éblouissais quand tu te déplaçais en moto en pantalon ou en tablier, et aussi quand tu as eu le permis de conduire. Tu as eu raison d’écouter Gilbert qui t’as poussé à l’obtenir.

    Tu aimais les travaux de la ferme et tu affectionnais plus particulièrement les vaches et les veaux qui te le rendaient. Tu conduisais le tracteur dans les coteaux d’En Gout et d’En Gringaud malgré le danger.

    Avec Gilbert vous arpentiez les bois du Cabaretou pour cueillir des cèpes et vous en rapportiez des montagnes.

    Denise s’est marié en juin 1976, Isabelle est née à la Toussaint1977.

    En Mai 1983 le départ de Gilbert fut un anéantissement pour la famille. Tu as su rebondir et tu as su mener la fermùe d’une main de maitre ce qui t’as valu le mérite agricole. En Aout 1988 est arrivé ton ‘petit Mathieu » qui t’as également comblé de bonheur.

    Tes petits enfants ont poursuivi les études et obtenu du travail ; ils t’ont donné la joie de fonder à leur tour leur foyer et de t’offrir 4 arrières petits enfants : Louise, Faustine, Anaëlle et Gabin.

    Nous te remercions pour tout ce que tu nous a appris et transmis et pour tout l’amour que tu as donné autour de toi, pour toue le bien que tu as fais, par tes prières aux gens qui souffraient et à ceux qui t’accompagnaient dans ta souffrance.

    En outre, tu passais beaucoup de temps en prière à Notre Seigneur, à la Vierge Marie, à Fatima, et à Sainte Rita pour les remercier de la grâce qu’ils t’accordaient.

    Colette Carrierou

     

  • Plafond

    Plafond

    Dire qu’il règne un certain désordre idéologique en France est un euphémisme. Il y a chez nous comme un sacré décalage de communication. Par exemple le discours sur le nivellement du statut et du régime des cheminots ou des agents edf n’arrive jamais jusqu’aux régimes très spéciaux des policiers, des militaires, des hauts fonctionnaires, des pdg…des sénateurs ou des ministres. Il y a comme un plafond de verre que les médias établissent autour des vrais privilégiés de notre société.

    Parce que arriver à faire passer les cheminots pour des profiteurs, c’est fort, très fort de café. C’est comme transformer les chômeurs en fraudeurs, là on atteint des sommets du renversement des valeurs qui consiste à établir que ceux qui sont malheureux c’est de leur faute. Le système n’y est pour rien. Damned. Ascenseur social, égalité des chances, souveraineté nationale, efforts nécessaires, défense de nos valeurs, autant de mots creux qui sont assénés en boucle, et qui servent à maintenir les avantages acquis de nos dirigeants.

    De même pour la pénibilité des activités professionnelles, par exemple maçon, on a surtout les yeux de Chimène pour ces pauvres militaires et policiers qui font un métier tellement dangereux qu’on leur donne des avantages assez inexplicables. Autant il est clair que quand on fait maçon on n’y va pas pour tomber de l’échafaudage, autant quand on fait militaire je ne comprends pas qu’on s’offusque qu’ils sautent sur une mine, ni les hommages qu’on leur rend. Parce que celui d’en face qui saute sur une mine, on l’achève, c’est naturel. Je me demande s’ils n’ont pas une prime au rendement : 2 morts = 10% de prime. Il n’y a que chez les Grecs et les Inuits que l’on rend les honneurs à ses ennemis, chez nous on les jette à la poubelle. Militaire est vraiment une activité malsaine. En plus, honteuse et complètement inutile. And we pay for that.

    Si je vous dis ça c’est, aussi, parce que les contaminés de l’amiante attendent toujours une aide. Je parie qu’ils vont nous sortir que l’amiante ce n’est dangereux que quand on le détruit, pas quand on le fabrique ou l’utilise. Cqfd. Là le plafond de verre devient moins transparent, pour ne pas dire opaque. Comme pour l’hôpital qu’il faut maintenant sortir de la crise. Seulement cette crise c’est le business qui l’a créée avec la politique de l’acte et la rentabilité ses soins. On commence à voir des gouttes de sang au plafond.

    Avec Edf aussi on atteint des sommets. Clairement le système est en train de nous faire passer de la civilisation du pétrole à celle de l’électricité.

                                                                                                Du tout pétrole au tout électrique

                                                                                                en avant la musique.

    Ce qui ne nous empêche pas, bien sûr, d’avoir les deux.

    Mais avec un leitmotiv lui aussi repris en boucle : l’électricité ne pollue pas. C’est hélas complètement faux. A part l’hydraulique, pour 5% de la facture edf, toutes les centrales polluent, thermiques, nucléaires, même les éoliennes et surtout le photovoltaïque, parce qu’on n’établit jamais, pour l’électricité, le bilan complet depuis la chaîne de production jusqu’au retraitement. Encore un plafond de verre qui laisse passer bien des rayonnements. Qui plus est, augmenter la capacité de fourniture d’électricité c’est automatiquement augmenter le réchauffement. Eh oui toutes les énergies produites finissent tôt ou tard en chaleur, il n’y a pas d’autres issues. Dès l’instant où elle est produite l’électricité est destinée au réchauffement. Et les pics de production sont à venir.

                                                                                                Pic du fossile + pic du nucléaire

                                                                                               + pic du photovoltaïque + pic de l’éolien

                                                                                               = super réchauffement.

    Alors le plafond se réchauffe mais il ne fond pas.

    Michel Costadau

     

  • Evolution

    Evolution

    Est-ce que l’espèce humaine subit une évolution ? Et dans quel sens ? Ce n’est pas très clair parce que d’un côté certains parlent de l’homme augmenté et d’autres disent que les capacités de l’homme diminuent.

    L’homme augmenté c’est les lunettes mais aussi le clic au bout des doigts. Il est vrai que l’homme a développé beaucoup de moyens pour accroître sa force ou faciliter ses actions. Armes, véhicules, transmissions diverses …Du coup y en a même qui ont imaginé un homme robot, c’est à dire truffé de gadgets lui permettant d’ouvrir les portes par la pensée, de parler sans ouvrir la bouche ou d’écouter de la musique venue de nulle part. Laissons ces illusionnistes de côté pour rester dans les aides que l’homme peut utiliser sans changer de nature.

    Notons quand même que, paradoxalement, les instruments ou les programmes qui lui permettent de faire des choses impossibles avec ses simples moyens physiques ont tendance à le diminuer par hypertrophie des ses muscles et même de ses propres sens.

    Par exemple il y a eu pas mal de foot ou de rugby ces derniers temps et le recours à la vidéo, au ralenti ou à la multiplication des angles, permettant de « voir » plus que l’homme, a un petit côté triste et décadent dans le sens où on fait de moins en moins confiance au jugement humain pour se réfugier derrière les caméras et d’une manière générale les instruments. On ne peut pas appeler ça une amélioration de l’espèce.

    Concrètement l’activité physique ayant fortement tendance à baisser en Occident, les hommes n’ont plus ni la force, ni l’endurance d’avant. C’est plutôt l’obésité qui gagne avec son cortège de maladies psycho-truc qui nous fragilisent sérieusement.

    D’ailleurs il n’y a qu’à constater que le poids d’objets courants comme un sac de ciment ou une bouteille de gaz a diminué. Fini les sacs de 80 kg de blé que manipulaient nos ancêtres, mais par contre la taille des paquets de chips a considérablement augmenté.

    De même, quand on dit que les gens se déplacent de plus en plus, ce n’est pas à pieds, à part les migrants, c’est en auto, en bateau ou en avion.

    Cependant il est notable que les Occidentaux sont de plus en plus grands, taille probablement due à l’alimentation mais ne se traduisant par aucune évolution de la force, de la résistance ou de l’intelligence.

    En fait les deux phénomènes, augmentation et diminution, sont étroitement liés. En effet seule la sédentarisation permet de passer du temps à cliquer. Il n’y a donc pas deux courants opposés mais un seul : la diminution des capacités physiques.

    A une époque, pas si lointaine que ça, l’homme ne faisait que marcher toute la journée. Hors le sommeil, le repos en tant que phase journalière ou régulière n’existait pas. Tandis que maintenant le travail n’occupe qu’une petite partie d’une vie. Du coup le repos occupe la partie la plus importante du temps avec une grandissante dose d’ennui. Et pour s’occuper les hommes sont prêts à tout, y compris à faire du sport, je veux dire physiquement pas devant un écran, quoique.

    Michel Costadau

  • PIB

    PIB

    Dans le registre comment marchent les choses compliquées, on va regarder ce qui se cache derrière le PIB. A vrai dire rien n’est caché, on connait sa valeur, ses modes de calcul car il y en a plusieurs qui donnent tous le même résultat ouf, et surtout son évolution. On connait le PIB de chaque pays, le PIB par habitants et on compare les PIB. C’est « the indicator » de la « croissance ». Waouh, croissance de quoi ?

    En fait la seule chose que l’on ne connaît pas c’est pourquoi la finance et les politiques sont accros au PIB.

    En effet le PIB n’est pas la somme du chiffre d’affaires de toutes les entreprises. Ce n’est pas non plus la somme des bénéfices des sociétés. Ce n’est pas non plus la somme des investissements en recherche et développement et ça n’a aucun rapport avec le nombre de salariés. Alors qu’es aquo ?

    Voilà, voilà : le PIB ne mesure que la manière dont les acteurs économiques valorisent ce qu’ils achètent pour fabriquer un produit ou un service et le mettre sur le marché. Ah bon, ils valorisent, mais ça veut dire quoi. Ça veut dire qu’ils ajoutent de la valeur, c’est-à-dire du prix. Si tout ce qu’ils ont acheté à d’autres pour faire leur produit vaut 40 et que le produit qu’ils mettent sur le marché vaut 90, ils ont ajouté une valeur de 50. Le calcul de cette valorisation est purement comptable et résulte, en gros, de la différence entre le montant des ventes produit et le montant des achats fournisseur. Le PIB français est alors la somme de toutes les valeurs ajoutées par les acteurs économiques français pendant une année.

    Ainsi chaque acteur essaie autant qu’il peut d’ajouter de la valeur et clairement il y a deux top-top dans cette course, c’est quand le prix de vente est exorbitant et quand les achats sont proches de zéro.

    Prix de vente exorbitant c’est d’une manière générale le luxe, c’est-à-dire quand l’acheteur se moque complètement du montant du chèque, comme si 10 000 ou 100 000 c’était pareil. C’est mode, peinture, voiture, villas et autre.

    Et il y en a beaucoup.

    Pour l’anecdote il y a 50 ans, je ne sais plus quel journal, avait fait un concours pour savoir qui dépenserait le plus d’argent en un we. Le vainqueur avait été un légionnaire qui avait réussi à acheter deux porsche et emmener des call girls en virée. Fin de l’anecdote parce qu’aujourd’hui ça irait beaucoup plus haut.

    L’autre top-top c’est quand les achats sont proches de zéro. Ça a été le cas de l’exploitation des ressources naturelles mais c’est, maintenant, le domaine des sites internet commerciaux basés sur une idée comportementale. Le produit informatique ne leur ayant pratiquement rien coûté, puisqu’ils l’ont développé eux même, les achats sont limités au fonctionnement informatique du site. C’est uber, airbnb, blablacar et autre.

    Et il y en a beaucoup.

    Mais vous allez me dire qu’il faut bien payer des salariés pour faire fonctionner tout ça. Oui, mais ça n’entre pas dans le PIB. C’est justement la valeur ajoutée de chaque entreprise qui lui sert à payer les salaires, faire des investissements…et du bénéfice. Mais bien plus que le bénéfice ce qui intéresse les investisseurs c’est la valeur de leur mise. Et l’augmentation de la valeur ajoutée a exactement pour effet d’augmenter la valeur de leurs actions, même si l’entreprise fait des pertes et ne distribue aucun dividende.

    Voila que l’on commence à comprendre : Le PIB ne mesure pas du tout la croissance au sens amélioration des conditions de vie, mais seulement la croissance de la richesse des actionnaires et des investisseurs. Nous avons donc notre réponse pour la finance : la croissance du PIB est la croissance de leur argent, de leur fortune.

    Et alors les politiques ? Ben vous connaissez déjà la réponse. Les politiques n’étant que les agents des financiers ils n’ont qu’un seul but : continuer, coûte que coûte, à faire croitre le PIB de leurs donneurs d’ordre. Je dis bien les politiques, quels que soient ceux que vous croyez choisir. Tous ne cherchent qu’à servir le PIB. Bien sûr chaque politique utilise un habillage, on pourrait dire un déguisement, pour couvrir son service du PIB. Certains utilisent l’immigration, d’autres l’environnement ou les services publics. Mais ça ne change rien à leur seul rôle : faire croître le PIB. Tous unis, oui, mais contre nous.

    Michel Costadau