Mois : février 2019

  • De la ségrégation scolaire

    De la ségrégation scolaire

    Je ne parle pas de ségrégation à l’américaine ou à l’israélienne, non mais tout simplement d’un truc qui se passe chez nous. Tout le monde est à peu près d’accord pour dire que les inégalités existent en France et même se creusent, mais personne ne sait trop dire le pourquoi du comment. On voit le résultat mais on a du mal à décrire le mécanisme. Et justement la ségrégation scolaire est un de ces outils sournois et pervers qui marche très très bien.

    Bien sûr, à l’école comme dans beaucoup de domaines, il y a la ségrégation par l’argent qui concerne l’enseignement dit privé. Cette injustice ne saute pas aux yeux car les frais de fonctionnement sont souvent couverts par l’Etat et il existe des aides pour les moins riches censées compenser leur manque de moyens. Mais déjà cette notion d’aider ceux qui, par leurs bulletins scolaires, le méritent, est particulièrement hypocrite. Néanmoins je n’ai rien contre l’enseignement confessionnel ou privé mais pas avec l’argent public, là je ne suis pas du tout d’accord. Ceux qui veulent islamiser, évangéliser, scientifiser ou élitiser leurs enfants peuvent le faire mais avec leurs propres et seuls moyens. Néanmoins il n’y a aucune justification à encourager ces comportements.

    Mais là n’est pas le plus grave. Le fondement de la ségrégation scolaire c’est la disparition de la causalité. Maintenant à l’école les connaissances sont présentées mais ne sont ni démontrées, ni justifiées, ni expliquées. Elles sont, point. Les élèves doivent apprendre mais ne pas comprendre. Il n’est pas enseigné comment ces connaissances existent, pourquoi elles sont vraies, quelles sont les relations entre elles, voire quel est leurs parcours. Les livres d’école ont presque disparu, il ne reste que les heures de cours. Oh il subsiste bien quelques ouvrages mais ils couvrent par exemple de la sixième à la troisième. Et dedans il n’y a aucune logique allant de la définition à la démonstration. Tout est tautologique. Une métropole est une métropole et par exemple Lyon est une métropole. Un triangle rectangle a un angle droit. Et l’examen c’est : est-ce que Toulouse est une métropole ou est-ce que ABC est rectangle. Voilà tout le contenu des connaissances enseignées à l’école. L’école fait de l’info, comme la télé, pas de l’éducation.

    C’est alors que les enfants rencontrent deux situations :

    soit personne chez eux n’est capable de donner les explications qui permettent de comprendre et pas seulement de savoir, ou alors les explications sont religieuses, sectaires ou tout simplement fausses et c’est le cas le plus fréquent,

    soit au contraire leur milieu comble les lacunes délibérées de l’éducation nationale en fournissant jour après jour les bonnes et nécessaires explications et c’est l’inégalité.

    C’est comme ça que se crée la ségrégation. Ce qui n’est pas enseigné à l’école n’existe que pour les privilégiés. Toute baisse du niveau de l’enseignement engendre une augmentation de l’inégalité. Et les parents sont dupes car ils ont le sentiment que réussir à l’école est bien en soi. Mais réussir avec une baisse du niveau d’enseignement a exactement l’effet contraire : la réussite devient le chemin du creusement de l’écart, la source de la pauvreté intellectuelle. La pauvreté intellectuelle n’est pas du tout culturelle. Presque tous les enfants ont une culture correcte, dans leur culture bien sûr. Non, la pauvreté intellectuelle c’est la création d’un état de soumission à la connaissance, c’est-à-dire à ceux qui connaissent. Les pauvres ne savent pas, ils subissent, point.

    Alors clairement pour réduire les inégalités, il faut relever le niveau de l’enseignement. Et ce n’est pas difficile puisque qu’on l’a déjà fait. Eduquer, c’est-à-dire apprendre, est pour moi une priorité beaucoup plus importante que le réchauffement ou le nucléaire. C’est LA priorité, car les malversations du pouvoirs s’appuient sur l’ignorance de la population.

    Michel Costadau

  • Dur dur

    Dur dur

    Pour me brosser les dents je prends tout simplement la brosse dans la main droite et le tube de dentifrice dans la main gauche. Puis il faut ouvrir le tube, soit en dévissant le bouchon avec deux doigts de la main droite sans lâcher la brosse, soit en posant d’abord la brosse au bord du lavabo et en ouvrant le bouchon avec la main droite libre. Une fois le tube débouché, il faut alors poser le bouchon sur le bord du lavabo en évitant qu’il ne tombe au fond ce qui, surtout si on a encore la brosse dans la main, va demander bon moment pour aller le rechercher s’il n’y a pas la bonde. Il convient alors de reprendre la brosse si vous l’aviez posée. Il est bien sûr envisageable de déboucher le tube avant de prendre la brosse, mais ce n’est pas naturel.

    Me permettez-vous de faire ici une digression pour indiquer que la pâte à l’intérieur du tube de dentifrice doit être poussée du bas vers le haut et non pressée par le milieu comme beaucoup le font. En effet, dans ce cas-là il se crée des bouchons d’air dans le tube qui, une fois près de la sortie, propulsent la languette de pâte que l’on veut mettre sur la brosse, dans une direction inattendue dont la plus favorable est de choir dans le lavabo ; auquel cas on peut encore la récupérer, sauf si vous venez de vous raser et avez jeté les poils coupés et/ou la mousse à raser dans le lavabo où ils restent tant que l’on n’a pas fait couler le robinet, et rendent de ce fait inutilisable la pâte qui a chu dedans.

    Maintenant je peux enduire la brosse d’une petite languette de dentifrice en évitant qu’elle ne glisse de la brosse car, en fait, elle est juste posée sur les poils. Ensuite, avant de se brosser il est préférable de remettre le bouchon sur le tube soit avec la brosse dans la main et la languette de dentifrice en équilibre sur les poils, soit avec les deux mains libres en posant la brosse selon l’option choisie. En effet, remettre le bouchon après le brossage conduit souvent à enduire celui-ci avec la mousse de pâte qui n’a pas manqué de se déposer le long du manche et du coup sur la main, au cours de l’opération de brossage. Il est alors possible de reposer le tube avant de se brosser ou de le garder dans la main gauche pendant le brossage.

    Mais, car il y a un mais, je voudrais maintenant, toujours si vous le permettez, préciser qu’il existe des tubes de dentifrice avec des bouchons munis d’un clapet qui permet, avec la même main qui tient le tube, d’ouvrir le bouchon avec le pouce et donc sans avoir besoin d’utiliser la main qui tient la brosse. Il est alors possible de déposer du dentifrice sur la brosse sans la moindre manipulation ou changement de mains. Et aussi de le refermer de la même manière. Il est clair que ce mode de fonctionnement est beaucoup plus efficace : on garde le tube dans la main gauche et la brosse dans la main droite sans discontinuité, aucun risque de faire tomber la languette de dentifrice ou le bouchon dans le lavabo. Comment se fait-il que cette innovation ne soit pas généralisée ? Dans quel monde vivons-nous ? Franchement, je me le demande.

    La semaine prochaine je peux parler du nettoyage de la brosse à dents, si vous le voulez.

    Michel Costadau

  • Verrou

    Verrou

    Comment faire sauter le verrou qui bloque nos institutions ? Ce verrou, je vous le rappelle, est la concomitance, dans l’ordre, d’une présidentielle et d’une législative. Et cette séquence fait passer notre régime de parlementaire à présidentiel. Les régimes présidentiels n’ont jamais été démocratiques et ont toujours conduit à des révoltes sanglantes.

    Alors comment faire sauter ce verrou ?

    En fait il n’y a que cinq possibilités :

    1. Modification spontanée de la constitution par le parlement actuel,
    2. Election d’un président dont le programme comporte prioritairement cette mesure,
    3. Election d’un parlement avec une majorité conséquente voulant cette mesure,
    4. Victoire d’un référendum demandant la révision de la constitution,
    5. Révolte populaire renversant le pouvoir en place.

    Voyons voir ça.

    Le 1 est complètement illusoire puisque les députés n’ont obtenu leur élection qu’en soutenant le président. Ce ne sont donc que les larbins du président et il n’ont aucun intérêt à mordre la main qui les a faits. A l’extrême, en cas de dérives dictatoriales, ces députés préféreront la destitution au changement constitutionnel.

    Le 2 n’a strictement aucune chance de se réaliser, car le pouvoir présidentiel tient justement à cette concomitance. Certes il y a des candidats, en fait un seul, prônant cette réforme mais il n’a ni les médias ni la finance et n’est donc pas en mesure d’être élu. Ceux qui croient que s’ils avaient voté pour lui, Mélenchon aurait été au second tour, n’ont pas compris que la situation était de qualifier Le Pen et Macron. Si Mélenchon était remonté dans les sondages alors Le Pen et Macron auraient aussi été remontés.

    Le 3 est assez utopique car il demanderait qu’en un mois, entre la présidentielle et la législative, les candidats députés changent leur fusil d’épaule ou qu’une fronde contre le nouvel élu se mette en place. On peut rêver mais ça n’arrive pas en politique.

    Avec le 4 on entre dans la catégorie des mouvements populaires voulant conquérir le pouvoir. Les référendums sont dans la constitution, il n’y a pas de problème. Seulement c’est le pouvoir qui pose la question, pas le peuple. On peut alors envisager une pétition recueillant des millions de signatures. Ca s’est déjà produit et ça n’a rien changé, car rappelons-le c’est le pouvoir qui a le pouvoir et lui seul.

    Le 5 est une solution qui a déjà été utilisée avec succès. Cependant elle a deux inconvénients. D’une part c’est sanglant et ça pourrait le devenir encore plus que dans le passé avec l’arsenal actuel de nos forces de répression. Les GJ ont déjà plusieurs centaine de victimes, mais ce n’est rien à côté de ce qu’il faudrait envisager pour la prise du pouvoir. Qui plus est, les GJ n’ont aucune demande de réforme constitutionnelle et c’est étrange. D’autre part, conquérir le pouvoir ça finit par mettre d’autres à la place des ceux que l’on a chassés. Et là, clairement, l’évolution de mentalité permettant d’avoir un population consciente de son rôle et voulant l’exercer n’est pas encore faite. Et donc, en cas de prise de pouvoir sanglante, on aurait les mêmes remplaçant les mêmes, les ENA remplaçants le ENA. En tous cas aujourd’hui. Enfin la réforme par la force amène un engrenage de coup d’États encore plus meurtriers.

    Beurk, alors il n’y a pas de solution. Et pourquoi ne parles tu pas du non-vote ?

    En fait la phase de prise de conscience populaire n’est pas encore finie, loin de là. Le non-vote fait partie de ce chemin vers les nouvelles mentalités. Seule une population éduquée et consciente pourra construire un nouveau régime. L’inverse ne marche pas.

    C’est pourquoi le non-vote est le marqueur essentiel de l’étape à franchir.

    Michel Costadau

  • Retour à la démocratie

    Retour à la démocratie

    Comme promis je vais faire des propositions pour le retour à la démocratie. Il y a deux aspects à considérer : les nouvelles institutions et la nouvelle classe politique. En fait, le second aspect pourrait n’être qu’une des conséquences du premier. En effet, avec les nouvelles institutions, les élus n’étant plus des privilégiés, seuls des altruistes dévoués auront envie d’exercer ces fonctions. Le renouvellement de la classe politique est donc garanti. Au moins dans un premier temps.

    Pour commencer je vais essayer d’énoncer les principes à prendre en compte pour construire les nouvelles institutions.

    -Toutes les opinions politiques doivent participer ensemble à la conduite du pays, la notion de majorité est donc bannie et remplacée par la proportionnalité,

    -Les élus ne sont pas de supercitoyens au dessus des lois mais des délégués chargés d’identifier les besoins et d’améliorer la situation de la population. Primes, immunités, avantages sont donc supprimés. Etre élu n’est pas un métier,

    -Les opinions politiques ne sont pas en nombre infini. Les idées correspondantes, par exemple : est-ce que la santé est un service public, sont portées par des collectifs, anciennement appelés partis. Les collectifs doivent donc être généralistes et en petit nombre, disons par exemple cinq. Les collectifs se caractérisent et se différencient par leurs programmes,

    -L’allongement de la durée d’exercice d’une fonction de représentation permet aux forces économiques, religieuses ou maffieuses d’établir des liens d’influence avec les élus. Les fonctions électives sont donc limitées à quelques années et non renouvelables,

    -Plus il y a d’étages dans les institutions, plus elles mettent de la distance entre électeurs et élus, le principe de deux étages doit être privilégié,

    -Moins il y a d’élus, plus ils sont loin de la population, un député pour 100 000 électeurs n’a pas de sens, les élus doivent donc être plus nombreux car il y a beaucoup de travail, ou alors il faut réduire la taille du pays,

    -Pour les fonctions exécutives, les responsabilités sont portées par plusieurs personnes. Le principe d’un président ou d’un ministre disparaissent. Ce ne sont pas les individus qui ont des programmes, ce sont les collectifs. La collégialité est de rigueur, comme c’est déjà le cas pour la Justice.

    Sur ces bases, pour essayer de construire des institutions, je m’inspire de deux sources. La première est l’associations 1901 et la seconde la société par actions.

    Les associations sont en général des modèles de démocratie avec un CA et/ou un bureau responsable devant une AG souveraine. L’AG c’est la population, c’est-à-dire l’ensemble des électeurs. Dans un premier temps, nous avons à construire l’assemblée des représentants, les députés si vous voulez. Maintenant comment élire les députés. Cette élection se fait, non pas sur des individus ni sur des listes, mais uniquement sur les collectifs nationaux. Il n’y a aucune candidature individuelle mais seulement des délégués d’un collectif. Les collectifs ont donc des candidats locaux : dix par département par exemple. L’élection se fait à la stricte proportionnalité recueillie par les candidats des collectifs. C’est la seule manière pour  que chaque vote compte et donc que les gens votent. Maintenant nous avons une assemblée nationale composée de députés de chaque collectif. L’assemblée représente donc, en plus petit, la population. Cette assemblée est l’institution la plus importante du pays, c’est elle qui dirige et rend directement compte à la population.

    Maintenant il nous faut faire un gouvernement de l’assemblée et donc de la population.

    Ce gouvernement a pour but de faire fonctionner l’Etat et de mettre en œuvre les décisions du parlement. C’est l’exécutif. Alors comment désigner l’exécutif. Là nous allons changer de modèle et pendre celui des sociétés par actions. Certes ces sociétés sont aux antipodes de la démocratie, mais elles savent tenir compte du poids des actionnaires. En l’occurrence les actionnaires c’est notre assemblée nationale nouvellement élue. Les membres du gouvernement sont uniquement pris dans les élus de cette assemblée. Ensuite ils sont très peu nombreux, c’est-à-dire exactement un ou deux par collectif. Chaque collectif a le même nombre de membres au gouvernement, qui prend toutes les décisions nécessaires, sous le regard de l’assemblée et de la population.

    Voila donc mes premières propositions.

    Michel Costadau