Mois : septembre 2019

  • Homme parfait

    Homme parfait

    Bon cette fois on va essayer de se détendre, parce tous ces textes sérieux sur les errements de notre monde sont un peu fatigants, voir même lassants. On y reviendra, bien sûr, parce qu’il est indispensable de « penser » notre société, ce que pas grand monde ne fait. Bref on va pas la jouer sérieux ce coup-là, mais plutôt grosse détente et humour si on y arrive.

    Voilà, il y a quelques années nous étions, avec pas mal de copains, en pleine recomposition de la société, de la politique et aussi des femmes, des couples et des familles. Avec quelques uns on avait essayé de trouver, parmi nous, quels étaient les hommes parfaits. Pas du tout le parfait militant, non uniquement le super conjoint. Je vous rassure tout de suite, je n’ai jamais été désigné ni même pressenti. Néanmoins nous en avons trouvé deux que nous ne cherchions bien sûr pas à imiter car impossible et inutile, puisqu’on est comme on est et c’est la première chose qu’il faut apprendre dans la vie, mais qui meublaient agréablement nos conversations quand ils n’étaient pas là.

    Le premier, champion toutes catégories, était du type pas très sportif mais svelte, assez grand, calme, avenant, qui écoutait plus qu’il ne parlait mais très empathique. Il avait par exemple, une pratique assez rare, consistant à se raser le soir avant d’aller se coucher avec sa copine. Nous qui étions plutôt barbus et chevelus, ça nous paraissait un comble comme de serrer la main à un gendarme. Il avait aussi la faculté de n’avoir jamais un avis contraire à celui de sa copine, chose qui nous paraissait impossible, nous qui encouragions les femmes à se considérer comme libres mais à condition qu’elles aient nos idées, ce qui était généralement le cas mais quelquefois il fallait donner des explications. D’humeur égale, serviable, obéissant, prompt à s’acclimater à tous changements déménagement, vacances ou nouveau boulot c’était vraiment un prototype, comme n’en sortent que les écuries de course. Nous, nous traînions notre lamentable caractère, nos mauvaises habitudes, nos écarts divers en espérant que ça ne se voyait pas trop et en attendant on ne sait quelle amnistie qui nous aurait fait rejoindre le peloton de tête.

    Le second, paradoxalement ne ressemblait pas du tout au premier. C’était plutôt un ténébreux, avare de paroles, mais suivant très précisément les conversations, capable de donner un éclairage de terrain quand il le fallait. Il était grand, attirant, mais on ne se précipitait pas vers lui, en tous cas nous les hommes, il était toujours sur la réserve, comme s’il voulait presque faire comme s’il n’était pas présent, jamais de grand sourire, mais pas du tout l’air triste, on était bien quand il était là, mais quelque fois on ne remarquait pas qu’il était parti. Bon guitariste, excellent danseur.

    Attention il n’y a que les femmes qui savent ce que c’est qu’un excellent danseur, et dans les bras d’un bon danseur une femme s’abandonne bien plus voluptueusement que dans le lit. Dans le domaine de plaire aux femmes, c’est un avantage considérable que d’être un bon danseur. Rassurez vous ça ne s’apprend pas, on a le don ou pas. Là je ne vous parle pas des danses importées des US twist, country et autres macarena, qui sont faites pour personnes seules et qui en général ne savent pas danser, non je vous parle des danses de couples qui tournent et tournent avec des variations de rythme et autres subtilités genre valse, paso, salsa ou mazurka. Trouvez un bon danseur et vous verrez la différence avec votre régulier. Et donc parmi toutes les manières qu’ont les femmes de tromper leur conjoint, tromper n’est pas le mot, parce que pour les hommes tromper sa femme ça veut dire coucher avec une autre, alors que pour une femme tromper son mari c’est rire ou danser avec un autre en pensant que le sien est complètement nul, ce qui n’est pas une raison suffisante pour le quitter puisqu’ils sont tous comme ça. En fait, les hommes sont en moyenne extrêmement embêtants, ennuyeux, et celui qui fait rire sa copine est un homme heureux que l’on ne saurait trop encourager à continuer comme ça, parce que quand on ne fait plus rire sa compagne c’est le début de la fin et les pantoufles devant la télé avec le chat sur les genoux ne sont pas loin. Et donc, pour les femmes, parmi toutes ces manières de tromper, la danse et la conversation sont ravageuses. Combien de femmes disant à leur copain en rentrant chez eux, tiens on a vraiment passé une très bonne soirée, amènent celui-ci à penser que c’est à cause de lui, qu’il est plein de qualités, qu’elle lui trouve du charme et qui, poursuivant la logique, l’emmène dans le lit en se disant, elle a vraiment envie de moi. Erreur, grosse erreur ta copine s’est bien amusée parce qu’il y avait un tel qui l’a fait danser, tel autre qui l’a fait rire et tel autre encore qui lui a dit des choses gentilles, alors que toi tu t’esclaffais avec tes potes en parlant des femmes des autres, comme si elle ne savait pas ce que tu étais en train de dire. D’une manière générale, les femmes n’aiment pas tellement coucher avec les hommes, sauf peut-être les toute jeunes filles et encore. Les hommes c’est le contraire, tous leurs efforts consistent à arriver à coucher, et quand le regretté Wolinski dit « elles » ne pensent qu’à ça, il se trompe allègrement, parce que ça l’arrange pour ses dessins, mais la mesure juste est « ils » ne pensent qu’à ça.

    Les hommes ne se regardent pas parce qu’à part entre vingt ans et vingt ans et demi, où on est assez beau pour être attirant, ils sont maussades, peu causants, grossiers, vantards et fatigués, quand ce n’est pas sales et barbus. S’ils se regardaient ils se trouveraient insupportables, mal attifés, marchant sur les pieds de la copine – j’ai pas fait exprès. Bien sûr que t’as pas fait exprès, gros balourd, celui qui le fait exprès, ça a un nom, c’est un goujat. Quand je dis que les femmes n’aiment pas trop coucher, c’est évidemment un peu plus subtil que ça. En fait c’est une histoire de fin et de moyens. Les femmes aiment plaire, attirer voire affrioler et passer du temps avec les hommes, c’est leur plus grande distraction, distraction ça veut dire que c’est pas le boulot, c’est la détente. Que ça se termine au lit, n’est pas du tout leur but, puisqu’elles aiment profiter de l’attirance qu’elles exercent et que ça dure le plus longtemps possible. Pour les hommes c’est le contraire, tout ce temps passé à parler, danser, écouter est la partie la plus embêtante du parcours. Certes ils les supportent mais uniquement parce que le but c’est le lit et que pour atteindre ce but ils sont prêts à tout. Alors une fois au lit, c’est là où l’homme se sent enfin arrivé et reprend confiance en lui. Bien sûr un des gros problème du lit c’est qu’une fois, ou deux, la jouissance passée, il s’endort non pas du devoir accompli mais de la fatigue du lapin. Certains préfèrent alors aller fumer une cigarette, mais ce n’est pas mieux. Du coup le lit est un immense révélateur pour les couples, pour les femmes c’est la fin de la partie intéressante du parcours et pour les hommes c’est le début. D’où quelques fois une certaine incompréhension, et là il faut que chacun fasse un pas.

    Y a encore beaucoup à dire mais revenons à nos hommes parfaits. Je ne sais pas comment ils se débrouillaient avec leur copine, et d’ailleurs ce n’était pas notre problème, puisque nous ne jugions que d’après notre propre idée de l’homme idyllique et non de savoir si le copain était vraiment proche de la perfection. La réalité m’oblige à dire qu’ils avaient sûrement quelques défauts puisque leurs copines ont fini par s’en séparer. Le clou de l’histoire c’est qu’il y a une copine qui a eu les deux successivement. Et pourtant elle ce n’est pas une femme parfaite, bien sur ça se discute, mais le fait est qu’elle a eu les deux parfaits conjoints de notre classement.

    N’allez pas croire pour autant que les hommes parfaits existent. Pour les femmes il n’y a aucun problème, non seulement elles sont convaincues qu’il n’y a pas d’homme parfait, mais en plus, pour jauger, elles partent plutôt du bas en comptant les défauts que n’a pas leur copain. Déjà celui qui ne boit pas tous les soirs, qui ne passe pas tous ses week-end avec des potes et qui ne parle pas trop de ses copines d’avant de pendant ou d’après, c’est pas mal.  Au contraire les hommes ont, à vrai dire, un peu l’idée que ça peut exister et pour eux c’est un mélange de jeune, beau, disponible, bronzé, plein d’esprit, charmeur, humoristique mais sérieux quand même. Là où ça se complique c’est qu’il lui faudrait aussi, habitant une belle maison, ayant soit un travail rémunérateur mais cool, soit n’étant pas vraiment obligé de travailler. A cela il faut ajouter venant d’une famille respectable, avec oncles et petits neveux, des parents drôles, décalés mais un peu classiques quand même. Là où ça devient insoluble c’est quand il faut lui trouver une copine à cet homme allégorique. Là les hommes sèchent complètement parce que notre héros est plutôt entouré de jolies filles, mais il n’en a pas vraiment une à lui, ce qui est un énorme obstacle pour avoir facilement une femme dans son lit, ce qui est, comme on l’a dit, la seule chose qui compte. Dans le modèle de l’homme parfait il y a un autre gros problème : partout il voit des concurrents, alors il se chamaille pour un oui pour un nom, avec des airs de cow-boy éméché, -c’est toi qui as dit que j’aimais le foot, -hein répète un peu, -euh non j’ai dit que le foot c’est un sport de fille, -hein répète un peu et ainsi de suite. C’est complètement non productif, puisque loin de faciliter une conquête féminine, ça lui faire perdre du temps dont ses copains  profitent pour aller tirer un coup avec l’une ou l’autre qui finalement trouvent cela pas si mal et sont moins pressées de retourner voir où en est l’homme mythique. Heureusement, les hommes parfaits que nous avions distingués parmi nous n’avaient pas ce travers puisqu’ils étaient plutôt au dessus de la mêlée, parvenant, c’est un exploit, à ne jamais se disputer avec qui que ce soit.

    Néanmoins une question que nous nous posions, c’était quoi penser des machos. Machos, à cette époque-là, n’était pas du tout un idéal pour nous. Machos c’était quelque chose comme rustre, bestial, ignorant, peu conciliant, violent et dominateur. Certes ca pouvait être aussi, beau, grand, fort, avec peu de copains mais surtout une copine, une seule, mais une copine attitrée. Pour nous, celui qui donnait une claque à sa copine parce qu’elle lui avait dit merde, était un gros macho qui ne comprenait rien. Alors nous disions, pauvre d’elle qui est avec cette brutasse mal dégrossie, mais cet ours quand même dansait plutôt bien et quand il partait il ne se posait même pas la question de savoir si sa copine venait parce que c’était une chose qui ne se discutait pas. Les temps ont un peu changé et maintenant il faut être honnête et bien voir que le macho a pas mal de qualités. C’est-à-dire que macho et con à la fois, ça pourrait être un pléonasme, mais c’est surtout pas de bol et là il faut reconnaître qu’il n’y a rien de bon à prendre et même qu’il vaut mieux éviter. Mais macho et pas con, ça existe. C’est plutôt le genre qui ne se pose pas trop de questions, qui agit droit au but, qui se fout pas mal des autres et de ce qu’ils pensent, en particulier de lui, et il faut reconnaître que pour les femmes c’est pas le pire cas. Certes, il la surveille un peu, mais s’il y a quelque chose à dire il le dit et ça les femmes apprécient énormément, parce que tous ces petits intellectuels qui coupent les cheveux en quatre, pour savoir s’il faut attendre le feu rouge pour traverser où si on y va tout de suite, eh bien les femmes ça les branche pas du tout mais alors pas du tout. Je ne dis pas que les femmes n’aiment que les choses binaires, c’est pas ça, c’est juste qu’un mou ça restera toujours un mou et qu’avec un mou on mène une vie molle et qu’on se sent comme sur une planchette savonneuse qui en plus penche vers le vide. Certes encore, il ne faut pas confondre macho et violent. Celui qui bat sa copine est une triple buse qui devrait avaler un somnifère permanent pour disparaître du paysage. C’est innommable et ça n’a pas de sens. C’est pas la peine d’avoir un bac+8 pour savoir qu’un homme c’est plus fort physiquement qu’un femme. Alors celui qui veut prouver qu’il est plus fort que sa femme c’est un raté qui ferait mieux d’aller boire un coup de plus pour oublier qu’il n’est qu’une chiffe molle. Cependant, comme dans le cas de la gifle tout à l’heure, je ne dis pas qu’il n’y a pas des moments où il faut être ferme, quitte à paraître un brin braqué ; les femmes aiment plutôt ça que le contraire, parce que vous savez ce qu’elles font les femmes des hommes mollassons, eh bien elles en rigolent pendant des heures avec leurs copines, et quand elles reviennent elles vous font -ça va mon chéri. Bon mais de là à frapper, il y a un grand pas qui à mon avis ne doit jamais être franchi.

    Pour rester dans le sujet, nos deux hommes parfaits, n’étaient pas machos mais quand même un peu dans le sens où ils se posaient peu de questions. Ca doit être ça le secret, à moins qu’ils n’aient une autre idée que la moyenne de ce qu’est une femme parfaite. Parce que les hommes, eux, pour avoir une idée de la femme parfaite, ils ne partent pas du bas mais du haut et ils enlèvent des points. Poitrine basse, deux points de moins, croupe imposante, deux points de moins, qui comprend plus vite que lui, deux points de moins, qui a un boulot plus qualifié, deux points de moins. Evidemment comme ça, la note elle descend vite. La femme parfaite pour un homme, déjà c’est pas la sienne et puis, elle ressemble plutôt à L. Casta qu’à Y. Moreau, les journaux en sont pleins et là les hommes ils sont tous d’accord. A vrai dire, son idée de la femme parfaite, c’est pas pour l’avoir, il sait que c’est pas pour lui, c’est juste pour pouvoir faire encore moins d’efforts avec la sienne vu, que d’après lui, elle est loin d’être dans le top ten. Ce en quoi il a sûrement tort, puisqu’il y a quelques copains qui sont, déjà, en train de lorgner dessus. Heureusement que les femmes elles supportent ça assez bien, parce que sinon, nos villes seraient un grand monastère où la sortie du dimanche consisterait à aller voir la mer où des femmes sont en train de se baigner entre elles, les riches ayant des jumelles et les petits se faisant raconter ce que les autres ont vu.

    Une autre question que nous nous posions, c’était celle de l’homosexualité. D’abord parce que, bêtement, on avait le sentiment que les homos n’étaient pas dangereux pour nous, j’entends par là qu’ils allaient pas nous piquer nos copines, mais pas de bol ça arrivait souvent. Mais aussi il y avait cet aspect un peu troublant de l’attirance, parce que qu’une femme soit attirante pour un homme, ça se discute même pas, qu’un homme soit attirant pour une femme, ça nous paraissait assez normal, au moins pour ceux qui se croyaient beaux et y en avait, hélas, quand même pas mal, mais qu’un homme soit attiré par un autre homme, ça nous gênait un peu, parce que c’était extrêmement ténu la différence entre trouver quelqu’un beau et attirant et avoir envie de faire le parcours du lit avec lui. Par contre, pour les femmes nous ne faisions aucune différence entre celles qui regardaient les hommes de haut et qui du coup n’avaient pas de copains, ou alors rarement, et celles qui s’étaient mises avec une copine. Nous trouvions cela hyper normal, car sans danger pour nous, et nous les invitions volontiers parce qu’il y en avait qui étaient vraiment intéressantes, au plan intellectuel ou culturel je veux dire. Non, notre souci c’étaient les couple d’hommes, ce qui était assez rare, mais surtout ceux qui avaient des aventures entre hommes. Presque tous étaient ce qu’on pourrait appeler gentils, je dirai presque doux. C’était un peu 180° avec le macho. Comme un besoin de douceur, ce qui est assez surprenant parce que justement les femmes c’est plutôt elles qui ont ce coté doux voire tendre, alors que les hommes, à proportion, c’est plutôt rugueux, anguleux, voire dur. Bon, il nous paraissait clair qu’il y avait de la féminité chez les homos, ce qui n’est pas du tout pareil qu’efféminé qui est la caricature classique que les beaufs donnent aux homos. Bref, on acceptait volontiers mais on comprenait pas bien. D’autant plus qu’apparemment ça n’avait aucun rapport avec des comportements qui relèvent de la psychiatrie, c’était visiblement plutôt comme une chimie interne, avec des dosages variables, qui induisait cette tendance. Et pour rester dans le sujet, vu que l’homme et la femme c’est 100 % de la chimie, peut-être que nos hommes parfaits, c’était un équilibre entre les doses du macho et celle de l’homo. Pour illustrer ça en 6e au lycée notre professeur de grec nous avait dit « anthropos » embrasse aussi bien l’homme que la femme, je vous dis pas le fou rire général. Tout ça pour dire qu’on a tous des tendances machos et des tendances homos et qu’il faut faire avec. Je ne crois pas que l’éducation ait la moindre influence la dessus, par contre, l’exemple oui c’est sûr.

    Revenons à notre sujet. Un peu plus haut on a dit pour le premier homme parfait, prompt à s’acclimater à tous changements. Ca n’a l’air de rien mais ça fait ressortir l’aspect souvent casanier de beaucoup d’hommes. Certes il y a des aventuriers, mais ce n’est pas du tout ça qui plait aux femmes, trop de risques trop de bosses et au final trop de galères, par contre le casanier ça leur plaît encore moins. Les femmes aiment bien le changement, de lieu en tous cas, déménagement ou départ en vacances, elles sont toujours partantes. Je ne sais pas si c’est l’attrait de la nouveauté ou un reste d’esprit nomade du temps des chasseurs cueilleurs, mais c’est un fait. En plus elles vont préférer occuper une location, par exemple pour l’été, qu’aller à l’hôtel et pourtant c’est quand même plus de boulot pour elles. Il y a comme une résistance à l’installation ou plutôt à l’encroûtement, d’une part sûrement lié à la monotonie mais aussi au fait de lever un peu le poids qui pèse sur elles. Parce que l’homme ce qu’il aime bien c’est avoir sa femme à portée de main et que même il peut la trouver les yeux fermés. Seulement ça ne donne pas une grande dynamique à une relation. Les hommes finissent toujours par trouver que c’est pas trop mal là où ils sont, le boulot qu’ils ont et même ce qu’ils pensent. Mais ça ne fait pas du tout le compte pour les femmes cet endormissement. Elles veulent un peu plus de nouveauté, de découvertes et d’échange. Dans les cours de management on vous explique que ce qui tue l’intérêt des salariés pour le travail, c’est trop tout le temps de la même chose. Pour les conjoints c’est pareil et souvent les hommes croient que leur couple bat de l’aile comme on dit, alors que tout simplement ils se sont assoupis dans une coupable mièvrerie d’ourson pelucheux.

    D’un seul coup, j’ai un doute qu’en me lisant vous puissiez croire que je connais bien les hommes et les femmes. C’est pas du tout vrai. Pour les hommes je dis pas, j’en connais au moins un. Mais les femmes j’ignore totalement, comme tout le monde. Parce que il ne s’agit même pas de différence, il s’agit d’un univers à part, de complètement autre chose, comme le jour et la nuit. Les anciens ont forcément eu ce problème, qu’ils ont démêlé de manière assez correcte. Dans la légende, les hommes sont associés à l’eau, au liquide, à la mer, et les femmes à le terre au solide, à ce qui pousse. C’est vrai que les eaux et la terre sont deux mondes complètement différents et sans le moindre point commun. Cependant leurs association crée la vie, la végétation, la nature. La terre a besoin d’eau pour produire et les zones humides sont des lieux d’une particulière richesse et diversité. Zones humides, zones humides tiens ça me dit quelque chose.

    Michel Costadau

  • Justice

    Justice

    « Il faut s’unir pour abolir injustice et pauvreté » chante Graeme Allwrigt dans « Le jour de clarté ».

    La pauvreté est un état dans lequel l’homme mais aussi la nature jouent un rôle. L’injustice, au contraire, n’existe pas dans la nature et c’est une notion dont l’homme est le seul et unique acteur car c’est lui qui l’a inventée (dans le sens de découvrir). Nous allons donc parler de l’injustice c’est-à-dire plutôt de la justice. Pour être tout à fait clair, le récent procès du cafetier de Lavaur a fortement contribué à me faire aborder ce sujet. Nous y reviendrons donc. Dans ce texte on découvrira que l’injustice est devenue le fondement de nos démocraties, que la Justice est une institution qui ne fonctionne plus du tout correctement, et qu’il convient de considérer, voire d’adopter, de nouveaux comportements consistant à ignorer les lois, à se regrouper pour résister, tout en se débrouillant pour échapper à la Justice (ce qui est, déjà, une pratique assez répandue chez les dominants). Accessoirement on constatera que l’humanité ne fait aucun effort pour créer un monde plus juste.

     

    Alors au travail. On va d’abord déminer un peu le terrain en éliminant quelques faux amis. En effet qu’est ce que ça peut bien être qu’une société ou un monde plus juste (on va éviter les mots creux comme équitable, durable  etc. (si vous savez ce que ça veut dire, je suis preneur) inventés par les technocrates pour favoriser le commerce). La justice n’a aucun rapport avec l’égalité, l’équité, le juste partage de quoi que ce soit, et encore moins la vérité. La nature n’a rien de vrai ni d’égalitaire. Bien au contraire, elle est basée sur la différence et même ça s’appelle la diversité et c’est quelque chose que l’on tient à conserver. Seulement appliqué à l’homme ça donne un sentiment d’inégalité. Celui qui a une tache au milieu de la figure a du mal à considérer que c’est un cadeau de la diversité mais plutôt un handicap et qu’en quelque sorte ce n’est pas juste puisqu’il n’y est pour rien. Et donc on peut dire que c’est pas de bol, mais ça n’a aucun rapport avec l’injustice. Le sentiment de ce qui est juste ou pas n’a en fait aucun rapport avec la justice. Il peut y avoir des sages (dans le sens d’être capable de donner un avis éclairé) mais il ne peut pas y avoir de justes (dans le sens d’agir selon une règle de vie juste). La seule manière d’être juste c’est d’être en accord avec les lois et donc il y a, quand même, beaucoup de justes dans notre pays malgré les essais d’appropriation du terme par l’Etat voyou d’Israël. La Justice a donc seulement un rapport avec les lois édictés par les hommes (lois personnelles, d’un clan ou d’une société, on ne fait pas de différence). L’injustice est uniquement le fait que la loi ne soit pas respectée. Et le sentiment d’injustice vient de l’ostentation coupable de ceux qui se sont mis à l’abri des lois. Tout ça pour dire qu’il faut éviter de croire que l’institution judiciaire est le moins du monde amenée à rendre « la » justice : elle est seulement chargée d’appliquer la loi (évidemment c’est beaucoup moins exaltant, même si vous me dites que tout le monde le savait). Ce n’est pas notre sujet mais on peut quand même signaler qu’en fait ce sont les religions qui se sont emparées de la notion de juste et de justice, en inventant des lois divines, ce qui implique bien qu’elles reposent sur une énorme supercherie.

    En matière de faux amis il y a aussi le sentiment assez répandu que l’on peut faire appel à la justice pour faire respecter son droit, pour d’une manière générale forcer à s’exécuter (payer, partir, restituer….) celui qui ne le veut pas. C’était peut être vrai il y a très longtemps mais hélas ce n’est plus ça. La Justice n’est plus du tout faite pour réparer ou effacer un préjudice (d’ailleurs on ne peut pas utiliser ce qui a été détruit, ni rendre la vie à une victime), de nos jours elle est seulement là pour punir selon une loi et pour elle il n’y a pas d’innocent, de coupable ou de victime mais seulement des gens qui ne connaissent pas la loi et c’est aussi vrai pour le plaignant que pour l’accusé. On a même inventé un horrible slogan « j’ai confiance dans la justice de mon pays » qui a eu son heure de gloire, mais la réalité est heureusement que plus personne n’a confiance dans la Justice. Clairement les gens préfèrent endurer un préjudice qu’essayer d’obtenir « justice ». Ils appellent ça la vie en société. Un exemple moderne : quand vous achetez un téléphone mobile et que vous souhaitez régler vos consommations par chèques, vous signez le document correspondant et oh surprise vous vous retrouvez avec des prélèvements sur votre compte. Bon, maintenant essayez donc d’obtenir l’application de ce que vous avez signé, vous perdrez toujours (on vous fera savoir que ce que vous avez signé n’engage que vous !).

    Revenons, maintenant, sur l’aspect institutionnel de la Justice et donnons les indications de base. La Justice est l’un des trois piliers sur lesquels est bâti le pouvoir dans nos sociétés. Mais la Justice n’est pas le plus simple à faire fonctionner, car c’est celui qui fait l’équilibre entre les deux autres : l’exécutif et le législatif. Et c’est un équilibre particulièrement instable. C’est le seul contre-pouvoir officiel que nous ayons. Du coup la Justice est devenue, petit à petit, un ennemi, un obstacle pour les deux autres, ce qui a conduit à la disparition de son rôle. On peut même décrire l’état actuel de notre société comme un entente entre le législatif et l’exécutif pour supprimer le rôle de la Justice. En fait c’est d’abord l’exécutif (gouvernement et ses préfets ainsi que la gouvernance de toutes les collectivités) qui a jugé que la Justice était un obstacle. Nous avons par exemple un président qui n’est redevable devant aucune juridiction pour l’exercice de ses fonctions. Nous avons cette clause inique d’immunité parlementaire. Nous avons cette notion insupportable de responsable mais pas coupable pour tous les membres du gouvernement et des collectivités. Nous avons surtout l’avantage énorme que constituent les réseaux des dominants (il y en a quand ils ne sont pas content qui téléphonent à Hollande et d’autres qui peuvent défiler par milliers sans qu’on daigne les entendre). Comment voulez-vous que s’exerce le pouvoir de la loi pour des gens protégés par de telles murailles. Ces gens-là ont réussi à se mettre hors-la-loi, c’est-à-dire à l’abri des lois et une fois de plus l’exemple venant d’en haut, la disparition de la justice s’est opérée.

     

    Alors est-ce que la Justice a encore du pouvoir dans notre pays ? C’est-à-dire la possibilité d’exercer son rôle de contrôle de l’application des lois. En théorie elle a le pouvoir de la loi, mais malheureusement la loi est loin d’être la même pour tous. Plus précisément il y a une seule loi mais ses effets sont extrêmement différents selon les personnes. Par exemple, une peine de 100 € n’a pas du tout le même effet sur une personne qui gagne 700 €/mois et sur celle qui en gagne 7000. On peut, clairement, dire que dans le second cas, la personne est au-dessus de la loi en question et qu’elle est en mesure de n’en tenir aucun compte. C’est d’ailleurs un des principaux objectifs des riches et des puissants que de pouvoir être au-dessus de la loi. On touche là un dysfonctionnement de l’institution judicaire, à savoir que le pouvoir de la Justice est complètement oblitéré par le fait que la loi n’est pas la même pour tous. Et pourquoi la loi n’est pas la même pour tous, tout simplement parce que le législatif dit la loi mais aussi la peine encourue pour son non-respect (ça on pourrait le changer en laissant le choix de la peine aux juges), ce qui donne une faible marge de manœuvre à la Justice pour exercer son rôle. On pourrait, bien sûr, multiplier les exemples, mais on peut établir facilement qu’en France, la loi n’est pas appliquée ou tout au moins qu’elle ne fait peur qu’aux plus faibles, ce qui est exactement le contraire du but recherché. Car des lois il y en a de toutes espèces puisqu’elles portent sur tous les aspects de notre vie quotidienne, mais d’une manière générale on décrit nos sociétés comme des Etats de droit, ce qui est censé vouloir dire que les citoyens sont protégés par des lois. En particulier les plus faibles, parce que les riches se débrouillent tout seuls (Tapie, Berlusconi, Strauss Kahn, Bongo….). Les autres pays sont censés être des Etats de non-droit dans les quels les citoyens sont « victimes » du fait du prince. Finalement, la réalité c’est que les citoyens ne sont plus du tout protégés par les lois, mais au contraire attaqués par elles. Les lois sont devenues la principale manière d’exploiter les populations (et de permettre aux riches de rester riches (ce qui explique pour quoi il se sont emparés de la classe politique et des médias) D’ailleurs les programmes électoraux ne contiennent que des propositions de lois, preuve indiscutable que «l’esprit » a disparu de nos sociétés (l’esprit c’est par exemple solidarité, respect, liberté, courage, probité, partage…..). C’est donc une dérive complète de la Justice que nous pouvons constater, à savoir que, depuis un moment, la Justice ne sert plus qu’à protéger les riches et leur richesse. Cette dérive remplit les prisons avec des pauvres alors que les riches restent dehors. Dans les faits, je ne crois pas que les riches se fassent, par exemple, plus voler que les pauvres mais le fait est que les pauvres qui volent se retrouvent en prison et que les riches qui volent restent dehors. Vous allez me dire que c’est normal puisque les pauvres ont moins et donc veulent ce qu’ils n’ont pas et que les riches ont bien assez sans avoir besoin de voler. Stop, là il vous faut atterrir mes bons amis. En effet, il est impossible de devenir riche sans pratiquer le vol, souvent l’assassinat et d’une manière générale tout ce que les lois répriment. Il n’y a pas de pire bêtise que de vouloir s’enrichir en restant dans les limites de la légalité. C’est la meilleure manière de faire une voie royale aux escrocs et profiteurs de tout genre qui eux vont s’enrichir tandis que vous resterez pauvre. Ne me parlez pas du bon fond de la nature humaine c’est une chimère comme nous l’a si bien expliqué J.J. Rousseau il y a quelque temps. Et si maintenant vous voulez une preuve imparable, il suffit de regarder ce qu’on appelle l’histoire de France, qui n’est malheureusement que le récit des luttes de pouvoir entre les riches et non l’histoire du peuple français. Mais si vous y trouvez le moindre respect des lois ou la moindre honnêteté, ne serait-ce que dans les intentions, envoyez-moi un mail tout de suite, je suis preneur (encore et toujours). Donc, clairement, les riches ont volé et volent encore mais ce ne sont pas eux qui sont en prison (il y a bien sûr des règlements de compte entre eux). C’est tout à fait injuste et ça peut même susciter un sentiment de révolte mais, encore une fois, c’est vous qui irez en prison, et c’est comme ça.

    De même il est facile d’établir que la loi n’est largement pas respectée et même injuste avec, par exemple, le fait que plus la faute est grave plus les peines sont légères (on est moins puni pour avoir blanchi des milliards que pour l’agression d’une supérette pour 50 €). On peut même dire plus clairement que la loi n’est pas faite pour être respectée mais seulement pour permettre à ceux qui ne souhaitent pas la respecter de savoir à quoi il faut faire face. Ca c’est un peu fort me direz- vous parce que alors à quoi ça sert de faire des lois qui ne doivent ou ne peuvent pas être respectées. Pour comprendre pourquoi les lois ne sont pas faites pour être respectées, mais seulement pour aider les contrevenants à les contourner, c’est assez simple. En effet d’abord 90 % des lois sont inutiles. Par exemple toutes les lois sur les logements privés ou sociaux, les droit des bailleurs et celui des locataires, le montant des loyers et des charges etc. n’ont aucune espèce d’utilité et l’on se retrouve donc avec un parc de logements vides, des loyers prohibitifs, de l’exploitation (300 €/mois pour 2 m²), des expulsions pour diverses raisons sans que la notion constitutionnelle (l’esprit) de droit au logement puisse être considérée comme existante. Autre exemple, les lois sur la dépendance, montant des retraites, maison de retraite, aide à la personne, soins à domicile, euthanasie, etc. toutes ces lois ne servent strictement à rien pour le respect de la vie et de la dignité humaine mais seulement à faire du business. On pourrait aussi parler de l’accès à la connaissance, l’éducation, la formation, la laïcité qui n’ont qu’un seul but, faire que ceux qui ont le pouvoir le gardent. Toutes ces lois inutiles ne servent qu’aux usagers (propriétaires, locataires, hôpitaux, familles, communautés….) à savoir comment les détourner et faire leurs affaires. Sur les 10 % des lois restantes la majorité sont inapplicables car conjoncturelles. Ce sont des lois momentanées en fait et ce qui était interdit hier devient un jour permis ou le contraire. Et en effet, vous pouvez constater que notre pays court après les lois. Chaque événement dans la société crée une folie de « on va légiférer, renforcer, pénaliser… « . On a déjà précisé dans un autre texte que tout cela n’est que de la médiatisation pour occuper l’espace et faire croire que la société fait quelque chose. On rajoute maintenant que ça sert, aussi, à créer des lois inapplicables (et donc sans danger pour les contrevenants et autres magouilleurs). Passeports biométriques, détecteurs de fumée, travail au noir, appellation d’origine, limitation de vitesse, contrefaçons, trafics en tous genres, j’en passe et des meilleures pour expliquer que tout ça ne sert strictement à rien à part à vous abuser (parce que vous croyez qu’il y a des lois) et à m’amuser (parce qu’on respire, quand même, un parfum de liberté quand on voit des gens qui ne respectent pas la loi). Enfin les quelques % restants sont l’affaire des avocats. J’adore les notions d’abus de majorité, de témoins assistés ou de droit de vote double. Les avocats se régalent et nous on regarde passer les trains. Les US (où le droit de tuer les noirs est constitutionnel) sont très en avance sur nous dans ce domaine et si vous vous asseyez sur un banc public, à côté par exemple d’une vielle dame, faites gaffe de ne pas vous retrouver devant le juge pour tentative de racket. Ca vous fait rire mais c’est pas vraiment drôle. Voilà pourquoi j’ai annoncé que nos sociétés étaient basées sur l’injustice et on vient de l’établir.

    Donc les lois ne nous protègent pas mais au fait pourquoi a-t-on des lois. Ben c’est assez facile. Les sociétés humaines se sont trouvées confrontées au problème du non-respect de certaines règles par certaines personnes ou entités. Quand une entité (individu, groupe ou population) ne respecte pas les règles et bouscule vos modes de fonctionnement (invasion des Huns par exemple), il n’y a que trois solutions : soit vous vous laissez faire (au risque de disparaître), soit vous faites la guerre (c’est, heureusement, le cas général), soit vous faites adopter (ou essayer de faire) par toutes les entités des règles de bonne conduite (c’est le concept de lois, qui sert de base à la notion de sociétés dites civilisées (qui du coup ont le droit de faire la guerre légalement !!!)). Les deux premières attitudes se passent de commentaires et vont perdurer sans mal. La troisième solution  pose beaucoup de problèmes, mais nous nous intéressons seulement à l’aspect Justice du contenu des règles. Et plus précisément aux sanctions éventuelles que la société peut appliquer.

    Ne rien faire n’est pas possible car la nuisance continuera (et justement le sentiment d’injustice naîtra) ; éliminer physiquement l’entité qui ne respecte pas les règles (mort, perpétuité, lourdes peines…) induit la disparition du contrat social puisque toutes les entités chercheront à se prémunir de cette élimination possible (accumulation de richesse, maffia, milices, règlement de comptes, corruption… ) et donc l’élimination physique du contrevenant entraîne la disparition de la société (c’est ce qui nous est arrivé). Dernière possibilité : appliquer aux trublions une peine de compensation de la nuisance, pour en quelque sorte effacer le préjudice et permettre à toutes les parties de reprendre une vie normale avec respect des règles (c’est la base de l’éducation). La Justice a,  probablement, été pensée à l’origine pour faciliter le parcours de chacun malgré les chutes possibles. C’est une question fondamentale de savoir si, après un délit, il existe une possibilité de peine permettant de laver le délit. Aujourd’hui la réponse est, clairement, non, et le casier judiciaire, la notion de récidive et de fichage d’une personne en sont la preuve. Il n’en a pas toujours été ainsi, mais aujourd’hui nous sommes tombés bien bas à cause de cette impossibilité de laver le crime.

    Pour moi, on a le droit de commettre une bêtise mais on devrait attendre de la peine qu’elle lave complètement du délit commis. Quel est l’intérêt d’effacer le délit, ben c’est de permettre de considérer que c’était une erreur de parcours, d’effectuer la peine correspondant au prix de l’erreur et de repartir comme si on n’avait rien fait. Vous allez me dire que je rêve, que certains ont un penchant pour le vice et que la société doit être impitoyable avec eux. Oh là où là, vous regardez trop la télé (et on vous a déjà dit que c’est pas du tout bon) parce que à quoi sert d’aller en prison si c’est pour que la faute que l’on a commise et pour laquelle on a payé (on a dit prison) subsiste à la sortie. A ce moment-là autant enlever des points sur un certificat de citoyenneté. Quand on récupère le certificat de citoyenneté (par exemple au bout d’un an) plus personne ne se souvient qu’à un moment on a manqué de points. J’ajoute, mais il faudrait un texte spécial pour traiter ce sujet, que ce qu’on a tendance à considérer comme un défaut incorrigible de certaines personnes (pédophilie, viol….) ne peut (et ne doit) pas être résolu seulement par la société, mais doit impliquer le tissu social, le milieu et le cadre de vie (à condition que la société ne l’ait pas détruit). Néanmoins j’insiste énormément sur cette notion de peine réparatrice, car c’est pour moi le fondement du droit de la société à punir. Si la peine n’efface pas la faute, alors c’est punir pour punir et ça n’a rien à voir avec la démocratie Je ne crois pas que c’était l’esprit des pionniers de la République. Parce que punir pour punir, non seulement ne sert à rien sauf à détruire la société, mais en plus c’est le propre de la tyrannie, pas de la démocratie. Le débat sur la peine de mort pose exactement cette question, car elle n’efface pas le crime et donc elle encourage à se mettre au-dessus des lois.

     

    Et le cafetier de Lavaur que devient-il dans tout ça. Ca vaut le coup d’en parler parce que c’est vraiment un procès emblématique. Emblématique parce que le discours ambiant est imbibé de haine. « d’abord la 22 mais après le 16 » « avec moi ça aurait pas traîné, deux balles point à la ligne » « moi je t’aurais renvoyé tout ça chez eux directo » « personne ne fait rien » . Discours de haine ne dépassant, généralement pas le stade des mots pour la plus part des gens, sauf exception  dont fait hélas partie ce pauvre cafetier. Discours de haine, relayé, entretenu par les médias et, il ne faut pas avoir peur de le dire, partie intégrante du langage de toute la classe politique. Emblématique parce que ce procès a failli ne pas avoir lieu. Le ministère a essayé par tous les moyens d’éviter qu’il y ait procès (honteux). Imaginez donc tous les procès qui n’ont pas eu lieu parce que subtilisés dès le départ par le ministère pour protéger toujours les mêmes. Emblématique, parce qu’au procès le ministère a demandé la relaxe (scandaleux). Emblématique parce qu’au cours du procès il est apparu que l’accusé était dans la catégorie des pauvres (misère intellectuelle plus que matérielle dans ce cas) et comme je vous le dis ce sont ceux-là qui vont en prison (cherchez l’erreur). Et enfin, cerise sur le gâteau, l’association de défense de la victime s’est « réjouie » de la condamnation, bien qu’il n’y ait rien à fêter, car pour une fois la loi s’est appliquée (nauséeux).

    Michel Costadau

  • Médias Lecture du journal

    Médias Lecture du journal

    Je vous avais promis, pour illustrer les mensonges des médias, de faire une lecture commentée et éducative d’un quotidien pendant une semaine. En fait ça se simplifie puisque Le Monde du vendredi 22 mai 2015 me fournit suffisamment de matière pour lui dédier un texte. Voici donc mes impressions brutes quand j’ai lu ce journal.

    En une « La cité syrienne de Palmyre aux mains de l’Etat islamique« , sur toute la page 2 « L’Etat islamique s’empare de Palmyre » et sur toute la page 18 « Il faut sauver Palmyre« . Sauver de quoi ? Là on est présence d’un syndrome classique de l’impérialisme occidental. Le patrimoine mondial appartient à l’occident, c’est notre propriété, culturelle certes, mais propriété quand même. C’est un reste de la colonisation. Donc quand on y touche on nous touche, on nous attaque et donc on se défend. Pas vous ni moi, mais la classe possédante et ses médias. Oui parce que Palmyre leur appartient. Vous, vous croyez que ça appartient aux Syriens, et bien non ça appartient à l’occident. On a même mis une étiquette de patrimoine mondial dessus, comme sur les oreilles du bétail. Pas touche c’est à nous.

    Par contre quand en France on démolit un site archéologique, ou une zone humide pour faire une autoroute ou un barrage, y a rien à dire, c’est le business alors c’est accepté, légalisé et béni. Quand au Brésil on rase la forêt amazonienne pour faire pousser du soja ou du maïs, y a rien à dire, c’est le business alors c’est accepté, légalisé et béni. Quand on donne des autorisations de forage, en Arctique, en baie de Somme ou en mer Noire pour extraire du pétrole ou du gaz pour nos petites cuisinières, y a rien à dire, c’est le business alors c’est accepté, légalisé et béni. Bon je crois que vous avez compris. Dans cette affaire il est important que les médias soient au service de l’argent pour délivrer le mensonge qui va bien. Le mensonge c’est de faire croire aux citoyens que l’EI menace quelque chose qui nous appartient, alors que c’est l’occident qui menace la planète avec sa fuite en avant. Le mensonge c’est de justifier notre présence militaire par la protection de « notre » patrimoine. Le mensonge c’est de faire croire qu’il est normal que les touristes aux dollars et aux euros puissent se balader dans les sites syriens pour enrichir leur souvenirs de vacances et leur collection de photos, là c’est Huguette devant le temple de zébulon en 2013, pendant que derrière la montagne, nos avions bombardent un camp de réfugiés.

    Toujours en première page « Mali : un commando français élimine deux chefs djihadistes« . Là on explique clairement, que l’exécution de suspects sans la moindre forme juridique, fait partie des pratiques françaises qu’il faut louanger et encourager. Il est bien expliqué que ce n’est pas un acte de guerre, avec une bataille, non c’est une exécution comme les drones américains ou israéliens qui « opèrent » les cibles de leur choix. C’est de l’assassinat, mais de l’assassinat idéologiquement justifié, comme si l’Etat avait des droits que n’ont pas ses citoyens et comme si ça devait calmer la haine à notre égard des populations sahéliennes. Je ne comprend pas que l’on autorise notre pays à mener des actions terroristes, avec le soi-disant mobile de justement lutter contre le terrorisme. C’est la porte ouverte à toutes les dérives, parce que qui définit les cibles, qui décide qu’un tel, dans sa montagne, est coupable et doit être exécuté ? Pourquoi pas vous ? Des dérives il y en a déjà beaucoup trop et elles ne servent que ceux qui nous possèdent et nous dirigent. Alors les médias sont là pour cacher le méfait et le transformer en fait de gloire que l’on va chanter dans les écoles. Car pour cacher un acte terroriste on le labélise, de justice, d’ordre, de protection et de la sacro-sainte défense des valeurs. Oui mais ces valeurs-là ce sont le dollar et l’euro, pas la fraternité.

    En page 6 « Le «rêve fou» des gays irlandais à l’heure du vote, L’Eglise catholique, en perte d’influence, fait discrètement campagne contre le mariage homosexuel« . Trop beau pour être vrai que l’on parle des agissement discrets de l’Eglise. Car et ce n’est pas son moindre défaut, l’Eglise agit. L’Eglise c’est un lobby, un puissant lobby qui pèse sur notre vie de la manière la plus réactionnaire qui soit. L’Eglise agit toujours dans le sens des puissants, des riches, des libéraux mais sous la couverture de la morale. On ne voit pas au premier abord ce qui les gêne dans le mariage homosexuel, eh bien c’est tout simplement que par principe il ne peut pas être religieux, car eux, comme les musulmans ils vendent le mariage religieux comme la seule manière d’autoriser  le viol. Seulement entre deux hommes ou deux femmes il est difficile de parler de viol.

    En page 6 aussi « Les provocations de Viktor Orban gênent les conservateurs européens, Le premier ministre hongrois, membre du Parti populaire européen, a de nouveau vanté les vertus de la peine de mort, depuis Strasbourg« . Bon un petit couplet sur la peine de mort, ça rassure les lecteurs. Le détournement d’information vient de la mention de l’appartenance d’Orban au groupe conservateur du parlement européen, qui ne doit en aucun cas être assimilé aux partis fascistes qui eux truffent leur discours de recours à tout un tas de punitions pour racoler le bon peuple. Vous savez, la différence entre les conservateurs et les fascistes elle est plus mince que du papier à cigarettes, mais comme ils chassent le même électorat, ils font croire qu’il y a une différence. Donc les fascistes vantent la peine de mort et les conservateurs disent ah non nous on est pour couler les bateaux des migrants mais ça ne s’appelle pas la peine de mort. Comment ça s’appelle d’ailleurs ?

    En page 8 « L’Europe veut bannir les «minerais de sang», Le parlement souhaite interdire l’importation de métaux issus de zones de conflit« . Mais que voilà une bonne idée pour faire du mano pulite, ça veut dire, mains propres grâce simplement aux médias. J’espère qu’il est clair pour vous que le pillage industriel de la planète, non seulement se moque des conflits mais même souvent les provoque de façon à justifier un protection militaire des sites. Alors voilà que l’Europe a des états d’âme, je n’irai pas jusqu’à dire qu’il doit y avoir des élections bientôt ou une conférence sur le réchauffement, mais ça ne m’étonnerait pas. Alors comment, sans changer quoi que ce soit aux affaires en cours, peut-on se donner un petit coup de propre. Eh bien tout simplement les médias sont là pour faire passer le message que l’Europe a des valeurs et envisage etc. etc. Ca ne coûte rien, ça ne sera suivi d’aucun effet, tout le monde est d’accord c’est donc un mensonge propre. Moi, vous voyez, j’en ai marre de ces effets de manche des politiciens à la noix qui nous prennent pour des imbéciles et se permettent de manipuler l’opinion sans que personne ne dise rien.

    En page 9 « Regain climatosceptique à l’Académie des sciences, A l’approche de la conférence climat, certains académiciens contestent l’origine humaine du réchauffement. » Ca se passe en France et, comme le titre précédent, c’est une médiatisation qui ne coûte rien, mais là elle révèle en plus toute l’incurie du monde scientifique. Au cas ou vous en douteriez, je vous rappelle que le monde scientifique est à la solde des puissants et du business et les scientifiques eux-mêmes ne sont que des pions au service des entreprises. Leur notoriété, vous le savez, vient de la publication d’articles dans des revues ad hoc, articles que personne ne lit, validés par une équipe éditoriale taillée sur mesure. Comme personne ne les lit, il est facile de faire des articles creux, sans la moindre base scientifique et truffés de bêtises. C’est le cas dans cet article qui cite des revues chinoises qui probablement n’existent même pas ou en tous cas font paraître n’importe quoi, sachant évidemment que la Chine est à 100 % contre le réchauffement climatique. En fait ça veut dire qu’elle s’en moque complètement dans la pratique, mais qu’elle est très active sur le sujet pour que personne ne doute qu’elle fait tous les efforts qu’il faut et même plus.

    En page 10 « Espionnage : les curieux achats des douanes, «Le Monde» a retrouvé la trace de l’acquisition d’IMSI-catcher, des dispositifs d’écoute illégaux. » Qu’un ministère, c’est l’Etat en fait, achète ouvertement des produit dont il interdit l’usage par des lois,  il n’y a là pas de quoi me surprendre. C’est tout à fait normal, à partir du moment où  l’on sait que ces gens-là font ce qu’ils veulent. Non le point à noter c’est que le journal se fait un petit coup de pub en disant qu’il a enquêté et qu’il a trouvé. Evidemment l’information est choisie, complètement anodine, car on voit mal Le Monde enquêter sur le colonialisme israélien ou les fraudes à l’emploi des entreprises. C’est comme ça que le bon public a le sentiment que les journalistes veillent et que ce qui sort dans la presse est la révélation de ce que certains voulaient cacher. Tout le reste est donc par principe propre.

    En page 14 « A Béziers, le combat idéologique passe par le journal municipal, Robert Ménard, élu avec le soutien du FN, veut «tenir la population locale au courant, sans les filtres de la presse subventionnée». » Ca c’est vraiment intéressant car on n’est que dans des contradictions. D’un coté Ménard qui dit dans un journal financé par la mairie qu’il veut donner des informations qu’on ne trouve pas dans les journaux subventionnés, sous-entendu par ses ennemis. Ca me fait penser à ce patron qui essayait de justifier le salaires des pdg en disant qu’ils travaillent 70 h par semaine. Moi j’en conclus directement que l’ouvrier qui travaille 35 h par semaines devrait donc toucher la moitié du salaire du patron. Imparable. Ce qui fait l’intérêt de Ménard c’est que dans la cour de l’école c’est lui qui a le poil à gratter. Alors tout le monde tousse. A trop vouloir se justifier, on amène la suspicion. Mais, et ce n’est pas un gag, Le Monde n’a pas à se justifier sur l’entreprise de désinformation qu’il pratique. Et pour une fois il a raison car personne ne le croirait.

    Michel Costadau