Mois : septembre 2020

  • Débat

    Débat

    Le billet, à priori non politique, met en scène un débat entre deux personnes. Nous prendrons la place d’une des personnes qui a justement des griefs contre l’autre et qui aimerait bien le lui faire savoir. Nous ignorons complètement les motivations, arguments, éléments dont dispose l’autre personne. Nous sommes d’un seul côté. Il faut aussi savoir qu’il y a un public imaginaire qui assiste au débat et se fait son opinion.

    La question est : notre personne a-t-elle intérêt à sortir tous ses griefs avec les preuves qui vont avec en une seule fois, puis demander à l’autre de répliquer et de se défendre. Ou au contraire est-il préférable de sortir les arguments un par un en demandant à chaque fois à l’autre de répondre.

    Bon voilà. À priori chaque méthode a ses avantages.

    Celle de mettre le paquet en dévoilant d’un coup tous les méfaits supposés de l’autre permet de plomber le débat pendant un moment et de se mettre à l’abri des premières réponses de l’autre qui ne peuvent être que partielles. Cela permet aussi de désarçonner l’autre qui ne sait pas par quel bout commencer et perd du temps.

    Celle de distiller les accusations une par une donne une lenteur et une continuité au débat, qui permet de penser qu’il y a toujours une nouvelle pierre qui va sortir et qu’il sera difficile de la réfuter. Cela a aussi l’avantage de pouvoir répliquer au fur et à mesure à des remarques faites par l’autre.

    Évidemment chaque méthode a aussi ses inconvénients.

    Pour la première, après notre exposé nous déroulons un boulevard à notre adversaire qui a la parole jusqu’à plus soif. Il peut à loisir démolir nos arguments ou donner l’impression qu’il les démolit les uns après les autres. Ayant déjà eu longuement la parole nous ne pouvons pas trop répondre et ça pourrait se finir mal pour nous.

    Pour la seconde, il faudrait que chaque argument exposé successivement soit très fort afin que l’autre ait du mal à les contrer. Si ce n’est pas le cas nous allons donner l’impression que nous n’avons pas de bonnes raisons car chaque fois que nous sortons un grief il est réfuté dévié ou contourné. C’est un peu comme la légende des Horaces et des Coriaces où les adversaires nombreux au début sont isolés et éliminés un par un.

    En fait aucune des deux méthodes n’est satisfaisante en soi. Nous allons donc envisager une combinaison des deux, c’est-à-dire ni tout jeter dans la bataille en une seule fois, ni égrener les griefs un par un.

    Comme évoqué plus haut, il est aussi très important de tenir compte de la force des arguments. L’idée est alors de choisir l’argument le plus pertinent, le plus fort et d’organiser les autres pour le renforcer comme des contreforts.

    Du coup ça se corse car il faut trouver ce fameux argument béton, unique mais puissant, qui va nous permettre de structurer notre intervention. Hum, disons d’abord, que si après sérieuse investigation cet argument n’existe pas, mieux vaut alors faire profil bas puisque nous nous sommes convaincus nous-mêmes de la faiblesse de nos griefs.

    Si, au contraire, il existe, alors nous devons très bien organiser sa mise en scène. Un peu comme une courbe de Gauss. Quelques reproches en entrée, où nous pouvons laisser des miettes à l’opposant pour lui faire croire que ça ne sera pas si difficile que ça, puis rapide montée en puissance du discours vers l’assommoir qui doit laisser l’adversaire sans voix. Une fois ce petit moment de jouissance passé, décroissance en disant que nous n’avons pas tout utilisé, que l’on pourrait rajouter ci ou ça mais que l’essentiel est fait.

    Seulement bien sûr tout débat est risqué et ça ne se passe pas toujours comme prévu. C’est pour cela que les politiques ont inventé le discours et surtout le discours télévisé. Là c’est zéro risque.

    Michel Costadau

  • Raison

    Raison

    Incompréhensible, imprévisible, contradictoire, sanglante, incohérente, c’est ainsi qu’est perçue la politique US depuis quatre années. Et c’est comme ça qu’elle est, car c’est une tactique dûment élaborée et non le seul fait du prince. C’est même très efficace puisque l’imprévisibilité et le jeu avec les contradictions mettent adversaires ou partenaires dans le vent. Cette attitude empêche tous les autres pays de préparer des accords, des mesures, des propositions. Elle donne aux US toujours un coup d’avance puisque personne ne peut les prévoir. Et donc il en résulte que  les US font presque ce qu’ils veulent, où ils veulent, quand ils veulent.

    Notons que c’est exactement le contraire chez nous. La stratégie US fait apparaître crûment la complète paralysie de notre pays et de toute l’Europe et éclaire du même coup la volonté britannique de reprendre sa liberté, de se libérer des dix étages de contraintes et de contrôles que chaque pays et l’Europe ont mis en place.

    Si encore la tutelle européenne était démocratique, c’est-à-dire populaire, ça aurait un peu de sens. Mais il s’agit, bien au contraire d’une mainmise maffieuse des financiers sur nos institutions qui prive les politiques de toutes différentiations : il n’y a pas d’écologistes, de socialistes, de droite ou de gauche, d’extrême ou de centre, il y a seulement : tous au service du capital. Les politiques jouent sur le décor pas dans la pièce.

    Revenons aux US, je n’aime pas beaucoup commenter l’actualité parce que je préfère que l’actualité alimente ma réflexion et me permette d’améliorer, corriger, enrichir mes descriptions, analyses et jugements sur notre monde. Mais là, il y a un déclic qui s’est fait avec le comportement du président US. Certes ce n’est pas un scoop mais il est clair qu’il ne sera pas réélu. La question est : comment Trump a-t-il fait pour tomber dans les sondages ?

    Non ce n’est pas la gestion du virus qui a péché. Non ce n’est pas le pétrole ou le gaz qui ont ratés. Les Américains ont plutôt apprécié l’esprit d’indépendance et de liberté de Trump. Non, ce qui n’a pas marché, c’est qu’il a perdu la guerre contre la Chine. Guerre politique et économique, mais guerre.

    Dès le début Trump a focalisé son action sur les méfaits chinois. Il a même entrepris une opération de rapatriement de production qui, en fait, a surtout concerné le Mexique, parce que la Chine n’est plus tout à fait l’atelier du monde. Certes les chinois ont encore un peu de retard dans l’aéronautique ou les composants électroniques, mais ils sous-traitent eux même une grande partie de leur production. Et surtout ils ont un sens de la collectivité imbattable. Les US ne sont que la juxtaposition de millions de personnes sans rien partager ensemble à part la division en communautés antagonistes.

    Le comportement de Trump consistant à taper sur tout ce qui bouge a démobilisé l’opinion américaine. De vouloir faire de la Chine un bouc émissaire a profité à l’Asie qui tire plus que jamais la technologie mondiale. À vouloir faire l’« America great again », il a seulement obtenu l’ « América lonesome country ».

    Dans le commerce international règne le même esprit que dans les familles, c’est-à-dire un ensemble d’attirances et de répulsions sur un fond de coups bas et de coopérations. Au final personne ne peut avoir raison.

    Et Trump a eu tort de croire qu’il avait raison.

    Michel Costadau

  • Décisions

    Décisions

    Supposons qu’il y ait des décisions à prendre, comment faites-vous ? De qui prenez-vous l’avis ? De l’intérêt de qui tenez-vous compte ? Quels sont vos critères de choix ?

    Le processus de la prise de décision est un classique de la formation des dirigeants. On entend par là ceux qui sont appelés à prendre des décisions.

    Mais en fait la prise de décision commence par la gestion de sa propre personne, de son individualité, ça continue avec le couple, la famille, ça se poursuite avec les activités professionnelles, les associations, les fermes, les lotissements, les villages, les quartiers, les entreprises et ça continue. C’est tout le temps. En cela nous sommes tous des dirigeants et des décideurs. Mais on ne nous a pas donné beaucoup de formation.

    Et donc, vous vous en doutez, la question est : comment sont prises les décisions dites politiques ?

    C’est-à-dire celles que prennent nos élus qui sont, en théorie, censés s’occuper de nous. Vous me lisez depuis suffisamment longtemps pour connaitre la réponse : quel que soit le niveau, le premier critère de la décision est toujours de se faire élire ou réélire, surtout réélire.

    Bien sûr selon le niveau viennent ensuite d’autres critères qui tournent tous autour de la soumission

    aux détenteurs de pouvoirs qu’ils soient internationaux, nationaux, locaux et qu’ils soient financiers, moraux ou politiques. Ces détenteurs sont donc directement les donneurs d’ordres des élus. C’est pour cela que le système marche en boucle fermée avec toujours les mêmes aux manettes et toujours les mêmes avec le pouvoir.

    Maintenant en quoi est-ce gênant que les politiques ne pensent qu’à leur élection ? Voyons ça.

    La grande découverte c’est, donc, que nous les citoyens électeurs ne sommes pas leurs donneurs d’ordres. Ceux qui leurs disent ce qu’il faut faire sont ceux qui ont l’argent et le pouvoir. Oui c’est une étrange découverte de comprendre que ce ne sont pas les politiques qui ont le pouvoir, au contraire ce sont ceux qui ont le pouvoir qui donnent leur feuille de route aux politiques. Et donc pour les élus nous ne comptons pour rien. En fait nous ne servons qu’à les élire et réélire. Là oui ils ont besoin de nous. Mais ils n’ont besoin de nous que pour ça.

    Alors avec le soutien inconditionnel des médias ils nous tiennent continuellement des discours sur des tas de choses qu’ils pourraient faire pour nous, mais qu’ils ne font jamais évidemment.

    C’est pour cela que les médias sont si importants pour eux. Les médias sont l’agence de communication des gouvernants. Les médias sont donc clairement les complices de toutes les exactions qu’ils commettent.

    Cependant, vous le savez aussi, il y plusieurs courants chez ceux qui ont le pouvoir et l’argent. Certains sont plutôt partisans d’une sorte d’équilibre dans le monde, plus propice aux affaire selon eux, alors que d’autres vivent des opportunités que provoquent les crises et sont donc pour les déséquilibres permanents et une fuite en avant. Clairement ce sont ceux-là qui sont à la manœuvre actuellement avec le brexit, le virus, la 5G, l’immigration, les incendies et les guerres savamment entretenues.

    Alors quand les politiques « prennent » une décision, essayez de trouver d’où vient l’ordre.

    Michel Costadau

  • Menace

    Menace

    Quand une antilope se fait manger par une panthère, le troupeau ne décide pas d’attaquer toutes les panthères du coin. Quand un ver de terre se fait manger par une taupe, la population des vers de terre ne décrète pas la guerre totale contre les taupes. Et quand une sardine passe dans la bouche d’un marsouin, toutes les sardines n’ordonnent pas la lutte contre les marsouins pour toutes les générations.

    Je ne sais pas quel est l’imbécile qui a inventé la vengeance, mais il a fait un mortel cadeau à l’espèce humaine. La haine, l’envie, la colère sont des sentiments, mais la vengeance est un acte délibéré, un assassinat gratuit. Oui la guerre existe au sens du combat entre espèces ou même à l’intérieur d’une espèce. Mais la vengeance n’existe pas dans la nature. C’est propre à l’homme ou plutôt à certains hommes qui n’ont pas compris la différence entre individu et population.

    Le prélèvement par un carnassier de quelques rongeurs ne remet pas en cause les rongeurs. Bien au contraire puisque c’est en quelque sorte leur garde-manger. C’est comme ça que ça marche avec des équilibres à mouvements lents.

    Et c’est comme ça que ça a marché pour nous pendant des millénaires, et puis il y a eu une déviance. Et cette déviance vient, symboliquement, de la déification de certains hommes, en rupture avec l’appartenance à leur espèce, mortelle comme elles le sont toutes.

    C’est là l’enclenchement de la vengeance. Les tumulus, les pyramides, les mausolées sont là pour nous rappeler le moment ou certains se sont séparés de l’espèce. N’en faisant plus partie ils en sont devenus les ennemis. Et l’homme est devenu un gros perturbateur parce que s’élever au-dessus des hommes, c’est se croire au dessus de la nature.

    Mais c’est la nature qui existe, pas les dieux.

    Que l’homme élève des animaux afin de les manger n’est pas antinaturel en soi. Les fourmis et d’autres surement en font autant. Non là ou l’homme déraille complètement, c’est de chercher à mettre l’individu au-dessus de la population. En fait seulement certains individus puisque la plus grande partie de l’humanité est élevée par d’autres pour les servir, avec la même utilité que les porcs et les poulets.

    Bien sûr, certains peuvent nier que l’espèce humaine existe et dire qu’il n’y a que des individus extrêmement différents les uns des autres et que chaque humain est un trésor génétique unique et irremplaçable.

    Seulement voilà, ce n’est pas vrai.

    Le vivant ne fonctionne que par espèce, pas par individus. Je l’ai déjà dit « un » homme ça n’existe pas, ça n’a ni sens ni valeur. Pas plus qu’un bulot ou qu’un moustique. Par contre « les » hommes, l’espèce humaine, oui ça veut dire quelque chose, ça compte, ça a de la valeur.

    Et aujourd’hui nous faisons les travaux pratiques et ça coince sérieusement. Car ceux qui dirigent le monde, n’ont à la bouche que la protection des individus, le respect de la vie, la mise en œuvre médiatisée de tous les moyens possibles pour sauver une vie.

    Alors que ce sont ceux-là même qui ont détruit des populations par les guerres et qui continuent, qui massacrent la nature, qui développent des armes atomiques, chimiques capables de détruire complètement l’espèce humaine. Oui ce sont eux qui menacent notre espèce et qui emprisonnent les gens pendant des mois dans des carcans de mesures pour un virus qui lui ne représente aucun danger pour l’espèce.

    Michel Costadau