Mois : octobre 2020

  • Robot

    Robot

    Aujourd’hui fait divers en automne.

    C’est un papier assez salé que je viens de recevoir : une amende de 1 875€. Je sais que vous ne pleurez pas pour moi, mais surtout ne vous inquiétez pas parce qu’en fait ça m’a fait vraiment plaisir. Je vous explique ça en deux mots.

    Ca a commencé  en 2016. Suite à un radar mal placé à Revel, je reçois une amende de 48€. D’habitude je ne paie pas ce genre de racket, avec diverses méthodes d’évitement, mais là je me décide à payer. Je mets donc un billet de 50€ dans l’enveloppe destinée à la trésorerie des radars et j’envoie le tout à l’adresse indiquée dans la petite fenêtre de l’enveloppe. Pas de nouvelles sauf qu’en 2017 je reçois une amende de 1 875€ pour l’infraction commise à Revel, au motif assez inattendu de «non transmission de l’identité du conducteur par resp. légal de la pers. morale détenant le véhicule». Inattendu parce qu’il n’y a pas de personne morale mais seulement physique, ni de responsable légal mais seulement un propriétaire dans cette histoire. La voiture est à moi et à mon nom ainsi que l’indique la carte grise. Pour ceux qui ont du mal à suivre il s’agit réellement de ma voiture.

    Mon copain de Cambon, écrivain et féru de droit me dit : Michel tu envoies un courrier de réclamation avec la copie de la carte grise et ça va se finir. J’ai donc envoyé deux courriers de réclamation à des adresses qu’il m’avait semblé trouver sur les papiers reçus mais sans les photocopies.

    Le temps passe et je me dis que ça a marché quand, un an plus tard, je reçois la même amende, même motif, même montant. Je réponds alors par un seul courrier de réclamation assez sec.

    C’est alors que se produit un évènement des plus heureux. Un jour que je taillais des arbres dans le verger je vois arriver un homme assez résolu qui me dit « dites, vous n’avez quelque chose sur le feu qui commencerait à chauffer ? ». C’était un huissier, chargé de recouvrer la dite amende. Je lui dis « vous ne pouvez pas mieux tomber, venez avec moi ». L’affaire est simple. Je lui explique donc le truc avec carte grise à l’appui. Il note tout, prend les photocopies et me dit « pas de problème, je vais faire arrêter cette procédure idiote ».

    Une nouvelle année se passe et c’est donc cette année que je reçois le papier évoqué au début. La seule différence avec les précédents c’est que l’infraction n’a plus été commise à Revel en 2016 mais ………..  à la maison en 2019 où il n’y a bien sûr aucun radar.

    Le système informatique est donc en train de se mordre la queue ou, si vous préférez, est tombé dans un cercle vicieux puisqu’il a inventé  une origine fictive à une infraction qui n’a jamais eu lieu.

    En fait ces programmes informatiques jouissent d’une grande liberté. C’est eux qui détectent les lignes à extraire, qui contrôlent les paiements et qui appliquent leurs règles pour les montants et les délais. C’est eux qui impriment l’amende, la mettent dans une enveloppe et l’expédient. Il me semble que personne ne peut mettre son nez là dedans à cause des volumes traités.

    Maintenant j’aimerais bien savoir comment le programme va faire pour s’en sortir. En attendant que le robot réfléchisse, je prépare des chiffres sur le virus.

    Bon on s’amuse comme on peut.

    Michel Costadau

  • Santé

    Santé

    L’économiste, assez peu connu, Robert Boyer fait remarquer que le domaine de la Santé Publique est le seul dans lequel le progrès technique ne fait pas diminuer les coûts mais au contraire les augmente. C’est assez contradictoire puisque c’est la base même du capitalisme qui est concernée. En effet, dit il même si le coût unitaire d’un soin diminue, le coût global augment car il faut donner ce soin innovant à de plus en plus de personnes. Et comme il y a toujours de nouvelles maladies à combattre c’est donc une erreur fondamentale de vouloir faire baisser le coût de la santé. Et j’ajoute : en supprimant des lits par exemple.

    Alors faut pas pleurer comme dirait Lydie, mais quand même vous avez la monnaie de votre pièce avec les mesures moyenâgeuses prises par le clown que vous avez élu. Cependant ça n’est pas lui le sujet.

    Non le sujet c’est la santé. Vous allez me dire que justement ben oui on ne parle que de ça. Et je vais vous dire ben non, ce dont nous abreuvent les médias c’est de maladies, pas de santé.

    En fait notre société découvre de plus en plus de maladies et met au point de plus en plus de remèdes pour y faire face. Ça s’appelle le complexe médico-pharmaceutique. L’activité de recherche est d’ailleurs 100 % orientée dans ce but. Ce qui veut dire que 0 % est tournée vers la santé, votre santé, notre santé.

    Alors voila, le problème est le suivant : il y a une totale disproportion entre les mesures prises pour dépister et soigner des maladies et celles prises pour maintenir les gens en bonne santé.

    Maintenir la population en bonne santé ça veut dire éviter qu’elle tombe malade dirait Lapalisse. Et c’est exactement le contraire de ce qui se passe.

    Clairement on peut dire que tout est fait pour que nous devenions et restions malades. La nourriture à base de plats cuisinés, le travail trop sédentaire ou parcellaire, trop stressé, sans satisfactions, le bruit constant et l’entassement dans des immeubles qui réduisent l’espace vital de chacun, la vie publique consistant à absorber, consommer, digérer les mêmes produits, les mêmes plaisirs, les mêmes chansons. Halte au feu.

    Bon, bon d’accord mais alors la bonne santé comment on fait cela ? Il n’y a pas trente six solutions, il n’y en a qu’une et elle nous vient des animaux. Ça s’appelle le biotope. Parce qu’on parle du biotope des castors ou des tortues de mer mais on parle rarement du biotope de l’homme.  Y a-t-il seulement quelqu’un qui ait fait cette étude-là.

    Il me semble que pour les animaux, en tous cas, un bon biotope est synonyme de bonne santé. Bien sûr il peut y avoir des équilibres croisés. Je veux dire par exemple que sans prédateur, une espèce peut se reproduire à l’infini et détruire son propre biotope. Mais cette reproduction à l’infini montre bien qu’ils ne sont pas malades. Ne me faites pas dire que le virus est le prédateur que l’espèce humaine homme attendait pour être régulée. Non je ne le dis pas et je ne le pense pas. Les guerres non plus ne sont pas la solution, même si ça l’a été dans un lointain passé. Non la solution c’est le biotope.

    Et celui de l’homme est à définir, car il me semble que de moins en moins de personnes vivent dans des conditions humaines, c’est-à-dire dans notre biotope.

    Michel Costadau

  • Tapette

    Tapette

    Bon voila, la nuit on dort, c’est le principe, mais pas d’une traite. Il y a donc des moments d’éveil consacrés soit à la lecture, soir à un petit grignotage destiné à réenclencher le sommeil. Et donc lors d’une de ces périodes de lecture, j’aperçois un mille-pattes au plafond au dessus de notre lit. Edith n’aime pas tellement ces bestioles qui cependant se trouvent plus généralement sur le sol qu’au plafond. D’où ma double surprise.

    Et une grosse réflexion. Ne rien faire pourrait conduire à ce que ce rampant se retrouve dans nos draps avec quelques piqûres à la clé, car ces spécimens sont réputés assez venimeux. Mais faire quelque chose ça consiste en quoi : lui demander de déguerpir, le réveiller pour qu’il se rue sur nous ?

    Néanmoins, sans le moindre atermoiement je décide de passer à l’attaque. Je me saisis donc de la tapette qui ne quitte pas le petit coin d’étagère où je range les livres que je lis, n’ayant ainsi qu’à poser le livre qui m’est tombé sur le nez deux ou trois fois et du même geste éteindre la lumière pour regagner l’endormissement souhaité.

    Muni de mon arme je me mets donc debout sur le lit, doucement pour ne pas la réveiller, et je cherche à me mettre dans la position la plus favorable pour pouvoir en un coup écraser l’envahisseur au plafond. Le geste n’est pas simple, il s’apparente assez au revers des pongistes et de ceux qui jouent sur la table.

    Une fois dans bonne position, je frappe, schlamg. Le coup a été assez efficace et un résidu tombe assez bruyamment sur l’oreiller juste à côté de la tête d’Edith qui heureusement dort encore. Alerte générale mais en douceur car ce n’est pas le moment de flancher et d’un geste du bout de la tapette je projette le résidu sur le plancher afin de débarrasser le lit de cet encombrant dont je ne suis pas encore certain du décès. D’ailleurs je le cherche par terre, dans la ruelle comme dirait Molière, mais je ne le trouve pas. Je n’insiste pas énormément, l’instant n’étant pas propice au déplacement de meuble, d’autant plus que le lit ayant une roulette bloquée est assez délicat à remuer. Ca me rappelle d’ailleurs qu’Edith m’a demandé où était la roulette de rechange, mais évidemment je ne me souviens absolument pas où elle peut être.

    Néanmoins je me recouche et reprends le livre que j’avais posé avant de partir à la chasse. Et je remets la tapette à sa place, prête à de nouveaux services. Car il n’y a pas que les scolopendres dans notre vie nocturne mais aussi les moustiques et les mouches. Les moustiques sont rares, d’autant plus qu’ils n’attaquent qu’Edith ce qui fait que pour moi c’est comme s’il n’y en avait pas. Mais la mouche est plus embêtante. Je dis bien la mouche, car il n’y en a qu’une à la fois et la supprimer résoudrait donc le problème. Seulement il y a de la perversité chez cet animal, car elle se met toujours dans des endroits impossibles, par exemple sur le nez. Dans ces conditions utiliser la tapette est difficile car outre que l’on ne voit rien, il y a une certaine retenue dans la frappe qui laisse toutes ses chances à l’insecte. Heureusement il lui arrive de se poser sur le mur où il est plus facile avec un geste bien calculé de l’écraser.

    Bien sûr le reste du temps on dort.

    Michel Costadau

  • Coup d’Etat

    Coup d’Etat

    C’est le mercredi 11 mars 2020 un peu avant midi qu’a eu lieu, à Paris, le coup d’Etat. Un coup d’Etat c’est la récupération par une clique de l’appareil sans passer par les urnes. Ce jour-là mercredi 11 mars 2020, l’Hôtel Matignon a été remplacé par la place Beauvau. L’exécutif a donné tous les pouvoirs aux flics. Ce jour-là, la technocratie a choisi de se débarrasser de l’avis de la population, de l’avis des représentants des électeurs, de l’avis des corps intermédiaires.

    C’est un coup d’État tout à fait feutré, doux, sans effusion de sang, sans occupation du parlement, sans conquête des studios de la télévision et de la radio par des mercenaires.

    Mais depuis ce triste jour les manifestations, les rassemblements, les cortèges ainsi que les intentions de manifester sont interdits et réprimés. De même les fêtes, les distractions, les concerts, les conférences sont contrôlés. Les maisons de retraite sont devenues des prisons. L’abord des écoles est filtré. Les comptoirs, les zincs, les stades, les arrière-salles sont surveillés.

    Mais me direz-vous toutes ces mesures sont liées à un virus que l’Etat cherche à combattre. Ah bon, parlons-en un peu de ce combat.

    C’est grave docteur ? Alors imaginons que tous les moyens aient été mis en œuvre. Ça voudrait dire que depuis un an tous les organismes de recherche sont sur le pont pour trouver des solutions. Ça voudrait dire que tous les ordinateurs les plus puissants du monde tournent à fond pour combattre le virus. Ça voudrait dire que toutes les ressources de l’IA sont déployées. Déjà à la veille du virus l’IA était sur la sellette parce que devant dépasser l’homme et qu’il fallait faire attention. D’ailleurs Alphabet a battu les meilleurs spécialistes mondiaux à divers jeux de réflexion et le virus ne devrait être qu’un jeu d’enfant pout lui. Un avenir doré d’homme augmenté par des puces et des super-aides se profilait aussi et la vie allait devenir rien que du presse-bouton par la pensée. Elon voulait envoyer des colons sur mars dans quelques années. Des fichiers gigantesques s’échangeaient pour être traités dans des machines bientôt quantiques décuplant les puissances de calcul. Xi construisait un hôpital en une semaine. Ça aurait pu être ça.

    Mais est-ce que vraiment tout a été mis en œuvre ? Dites-le moi je ne vois pas bien.

    Eh bien non, tout ça c’est du vent, de la camelote, de la blufferie, de la pantalonnade et rien n’a été mis en oeuvre. Rien n’a été fait. Rien n’est fait.

    Cela fait donc un an que le monde entier fait face à ce soi-disant virus venu de Chine et non seulement nous en sommes au même point, mais il semble plutôt que nous ayons régressé.

    Régressé parce que comment en un an n’a-t-il pas été possible de mettre au point au moins une détection du virus rapide et efficace de façon à ce que l’on ne suspecte pas tout le monde et que l’on ne nous prenne pas en otage. Pourquoi n’avons-nous toujours aucun progrès.

    Régressé parce que tout ce que l’on nous répète depuis le début c’est que le virus s’attaque aux personnes âgées. Non le virus s’attaque à tout le monde mais les personnes âgées sont plus vulnérables justement à cause de leur âge. D’ailleurs, d’une manière générale, il meurt beaucoup plus de vieux que de jeunes. Je peux même vous tracer la courbe.

    Régressé parce que pris au piège de leurs propres mensonges, les politiques ont préféré faire un vrai coup d’Etat pour basculer dans la répression et la peur plutôt que de faire confiance aux institutions et à la population. Et ça continue.

    Ceux-là doivent partir.

    Michel Costadau