Mois : février 2021

  • Droits de l’homme

    Droits de l’homme

    Alors comme ça il y a les pays des droits de l’homme et les autres. Entendre, répété à tout bout de champ, que nous faisons partie des premiers me met extrêmement mal à l’aise. Nous voir exprimer notre supériorité dans ce domaine a quelque chose de malsain. Et encore plus quand est évoqué un bloc de pays exemplaires face à tous les autres.

    Déjà ce qui ne va pas c’est que ce sont les pays riches qui ont le monopole des droits de l’homme. Etrange non ? Il y a quelque chose qui coince comme un empilement de mensonges qui nous empêcheraient de penser autrement. Commençons.

    Et donc, au dire de nos communicants, nous faisons partie du monde libre. Gloups, pays libre mais à parti unique alors. Oui nous sommes un pays à parti unique. Non seulement le pouvoir et le parti unique ont la main sur toutes les institutions et l’opposition n’a voix à aucun chapitres, mais en plus nous nous moquons de ceux qui ont plusieurs partis pour gouverner, bien que ce soit clairement le vrai marqueur de la démocratie. Chez nous le président a son parti et le parti a son président. Ca fait un peu remake des ex-pays de l’Est, non ?

    En fait de mensonges l’époque est aussi à la révélation des mauvais traitements subis par les enfants dans nos sacro-saintes familles. Ca c’est comme un iceberg, la partie émergée est minuscule par rapport à la masse qu’il y a dessous. Et l’on découvre avec effroi que tout le monde savait et donc, soyons réaliste, que tout le monde sait tout ce qu’il y a en dessous mais ne dit rien. Chez nous c’est la version : droits de l’homme … contre les femmes et les enfants. Cette hypocrisie entretenue ne nous permet pas de donner de leçons à qui que ce soit. L’hypocrisie est même insupportable puisque nous commerçons ouvertement avec les pays qui selon notre propre discours sont non démocratiques et bafouent les fameux droits de l’homme. Cherchez l’erreur.

    Bref, en tous cas chez nous, le droit de manifester n’existe plus. Je ne parle pas du régime virus mais de la situation qui est devenue la normale. Les manifestations doivent être autorisées, leurs parcours déposés et approuvés. De plus même autorisées, les cognes et les RG sont toujours là. Pour faire quoi, à part rappeler qu’il n’est pas bien vu de manifester, c’est-à-dire de faire savoir son mécontentement, son opinion. Oui chez nous, pays des droits de l’homme, les opinions sont interdites. Circulez, y a rien à voir. Vous comprenez pourquoi ça me chagrine de voir ces bons apôtres se poser en donneurs de leçons.

    On retrouve, aussi, ce double discours dans les énergies. Le message est de faire croire aux gens que rouler à l’électricité c’est rouler sans polluer. C’est un nouveau mensonge puisque l’électricité, très majoritairement nucléaire, repose sur un réchauffement des nappes et des fleuves, sur le traitement,  le transport, le stockage de matières beaucoup plus dangereuses pour l’homme que le pétrole, et une présence militaire permanente en Afrique pour sécuriser l’approvisionnement. Appeler cela propre est vraiment honteux. Rouler à l’électricité c’est rouler avec des militaires sous le capot et un compteur radioactif dans le coffre. Et pour ce qui concerne l’hydrogène, ce n’est plus du mensonge c’est de l’arnaque. Alors quand le clown parle d’aider l’Afrique, pas la peine d’envoyer des vaccins, il faudrait surtout retirer notre armée.

    D’ailleurs la liberté est chez nous un mensonge de plus. Disons que notre modèle c’est la liberté par l’argent. Et il faut beaucoup d’argent pour commencer à faire ce que l’on souhaite. Pas d’argent = pas de liberté. C’est le cas général. Alors il y a des cases dans lesquelles on doit rentrer. La case à 600 € est évidemment tellement étriquée que personne ne peut y tenir. Celle à 1 200 n’est guère mieux sauf si l’on est seul et sans envies. Et si tu ne rentres pas dans une case, tu es séparatiste et finis en tôle. Finalement, seul naître dans un milieu favorable permet de s’en sortir c’est-à-dire de reproduire le modèle dominant. Vous croyez vraiment qu’il est question de liberté là dedans ?

    Clairement notre pays bafoue continuellement les droits de l’homme et pourtant le pouvoir veut nous faire croire que ce sont les autres qui ne les respectent pas.

    Ouvrez l’œil les gars, y a des menteurs dans le secteur.

    Michel Costadau

  • Prix

    Prix

    Je me suis posé une drôle de question sur la notion de prix : est-ce que toutes les choses valent le prix qu’on les paie. Oh pas du tout pour faire un numéro de plus d’une revue de défense des consommateurs, qui d’ailleurs défendent surtout la consommation. Non juste pour essayer de comprendre le mécanisme que joue le prix dans notre vie. Par exemple : est-ce que quand vous avez payé un kilo de sucre moins cher, vous avez fait des économies ? Certes la réponse n’est pas facile, parce que beaucoup de facteurs rentrent en jeu.

    Mais en y réfléchissant, j’ai découvert que la place du prix dans nos existences est ahurissante.

    Prix au mètre, moitié prix, canon, au kilo, à l’unité, de gros, d’ami, départ usine, ferme, avant remise, cassé, valses des prix, sans garantie, avant impôt, hors de prix, au litre, indécent, exorbitant, de départ, service compris, pas de prix, départ Rouen, premier prix, d’appel. Y en a que pour lui.

    En plus pour la valeur absolue des prix, il n’y a pas vraiment de rationnel. Pour moi il n’y a strictement aucune raison que le pain vaille 1€ ou 10€ le kilo ou que la vie humaine vaille moins de 50€ au Brésil.

    Mais relativement on peut se poser des questions.

    Les économistes essaieront d’expliquer que la valeur, la rareté, l’offre font le prix. A vrai dire, ils peuvent dire ce qu’ils veulent, ça n’a aucune importance et surtout aucun rapport avec des connaissances ou des démonstrations scientifiques. L’économie est une activité humaine comme les sentiments et n’a donc rien d’une science.

    Bien sûr certains calculs de prix reposent sur des méthodes et des paramètres et donnent lieu à des tas de logiciels. La rédaction d’un devis est d’ailleurs la pierre angulaire des artisans et des entreprises.

    Et à la fin qu’est-ce qu’on a : un prix. Que l’on peut du coup comparer à d’autres prix souvent sans comprendre pourquoi ils peuvent être différents puisque en définitive il s’agit du même produit ou de la même réalisation.

    Pour corser le tout, il y a beaucoup de choses gratuites qui ont un prix, par exemple l’eau, le pétrole ou le miel. Dans ces cas-là ça devrait être presque donné à l’utilisateur. Ce n’est hélas pas le cas et bien au contraire ce sont les producteurs et les compagnies qui font la loi. Aujourd’hui quand nous regardons quelque chose, nous nous intéressons d’abord à son prix.

    Les restos sont hélas fermés, mais la première chose affichée c’est le prix du menu. Le prix est le premier marqueur de nos réflexions. Depuis 50 ans les usines à consommation nous roulent dans la farine avec une soi-disant bataille des prix. Mais la réalité est sans appel : ce qui est moins cher est de moins bonne qualité. Le prix est un très mauvais paramètre de décision. Mais il est facile à afficher et garde un caractère attractif.

    Mon idée n’est pas de demander à tout le monde d’oublier les prix, même les riches et peut-être surtout les riches se font avoir. L’idée c’est, par exemple, de dire qu’il y en a marre de la baisse continue de la qualité pour continuer à entretenir un discours paternaliste sur le pouvoir d’achat.

    L’idée aussi c’est de dire que le prix que nous payons pour le virus est insupportable. Mais le pouvoir a trouvé là une martingale qui gèle toute contestation et ça n’a pas de prix.

    Michel Costadau

  • Le complot

    Le complot

    La mode du complot a le vent en poupe, c’est le moins que l’on puisse dire. À preuve, tous les Français sont traités de complotistes sous prétexte qu’ils n’écoutent pas la bonne parole venue d’en haut. Mais attention il y a des subtilités dans les notions.

    Quelqu’un qui pense que sa banque a fait exprès de lui consentir, à lui et à quelques personnes de sa famille, un prêt pour pouvoir le mettre à découvert afin de percevoir des agios élevés est plutôt dans le registre de la théorie du complot. Mais si cette même personne pense que les banques vendent de l’argent à des gens qui n’ont pas forcément les moyens de l’acheter c’est-à-dire de le rembourser, alors elle est plutôt dans le registre de la contestation du système financier.

    Il s’agit bien sûr de la même chose et ce n’est pas la manière dont on le dit qui fait la différence, mais le rôle que l’on s’attribue, la manière dont on se perçoit au sein de la société. La différence vient de l’idée que l’on est un objet ou un sujet.

    Cela dit, il est incontestable que les dirigeants, qu’ils soient économiques, politiques ou religieux, donnent souvent à penser qu’ils n’arrêtent pas de monter des complots les uns contre les autres. Ce qu’ils  sont capable d’imaginer pour se nuire et nuire à la population est assez inimaginable. Et donc quand des citoyens prêtent à d’autres personnes des projets machiavéliques ou évoquent des forces occultes pour expliquer des évènements, ils ne font qu’imiter les donneurs d’ordre. D’où le syndrome. Mais alors comment ne pas tomber dedans.

    Il y a, pour schématiser, deux situations possibles :

    – La personne se sent complètement impuissante devant les cahots de la vie, comme en bas d’une pyramide échafaudée au-dessus d’elle et dont le poids l’écrase. Elle se ressent comme un jouet de la société n’ayant aucune aptitude à faire quoi que ce soit, presque comme inutile. Elle est alors encline à trouver des mécanismes de fuite, des fissures pour pouvoir respirer. L’édification de ces lignes de fuite utilise alors tous les matériaux imaginable ou pas. Surtout ce qui est inimaginable, car cette échappée a pour but de donner un rationnel à son impuissance. Là est le mécanisme de la construction des croyances. De plus ce mécanisme se trouve renforcé quand ce sentiment est partagé avec d’autres personnes ressentant la même sujétion. C’est à ce moment-la que toutes les portes sont ouvertes pour se croire entouré de complots. Trump battu : complot des démocrates. Virus fabriqué en laboratoire : complot chinois. Le départ de sa femme : complot de la belle famille. Les gilets jaunes : complot de Le Pen.

    – La personne est complètement impuissante devant le chaos de la vie, mais comprend qu’il y a un fonctionnement global qui ne la vise pas elle particulièrement, mais tout le monde.  Elle sait qu’elle fait partie d’un édifice social mais peut se penser indépendamment de la société et se voir comme si elle était un observateur extérieur. Elle peut du coup voir aussi le monde qui l’entoure et même porter des jugements sur ce qu’elle voit. Ce regard extérieur que l’on peut porter sur soi est le sésame et la clé de la vie en société, car les choses que l’on ne fait pas ne sont pas liées à de l’interdiction ou de la punition, mais au rejet de l’image de soi se voyant faire ça. Cela permet le refus du passage à l’acte : tuer, violer, torturer et croire sans savoir.

    Tiens au fait est-ce que vous savez qu’il y a une immense armée sur la face cachée de la lune, prête à nous attaquer. En plus elle est commandée par un ancien pharaon  qui n’a jamais perdu de bataille.

    Michel Costadau

  • Immunité

    Immunité

    Les mouvements lents sont évidemment bien plus difficiles à percevoir que les cataclysmes. C’est vrai pour le réchauffement qui monte tout doucement ou pour la pollution qui est loin d’être partout sensible. La vie politique n’échappe pas à cette règle mais, heureusement, il y en a qui suivent et essaient de détecter les petites et continuelles dérives. Et il y en a une, d’évolution, qui est assez sournoise, c’est la respectabilité des élus.

    Autant, à l’époque de la république romaine, il était fréquent d’aller chercher un inconnu particulièrement intègre pour gouverner, autant nous avons de nos jours l’immunité accordée à tous les élus nationaux. C’est une mesure particulièrement contreproductive puisque au lieu d’encourager les édiles à être irréprochables, elle protège leurs méfaits, passés, présents et avenir.

    A tel point qu’aujourd’hui il ne viendrait à l’idée de personne de dire qu’il n’y a pas quelques magouilles derrière chaque élection et donc une ombre sur tous les élus.

    Cette idée de protéger les élus des plaintes dont ils pourraient faire l’objet est une idée …… des élus. Aucun citoyen n’a jamais demandé une telle mesure mais quand on a le pouvoir de faire des lois, pourquoi se priver.

    En fait, l’attente naturelle des citoyens est d’avoir des représentants d’une irréprochable probité, intègre et faisant leur travail avec zèle et application. Cela a d’ailleurs été vrai dans les premières républiques et à certaines époques. De nos jours, il est clair que pour défendre les citoyens, car c’est leur rôle, les élus devraient être indemnes de toute collusion avec les affaires, n’avoir aucun lien avec quelque lobby que ce soit et ne pas placer à tous les postes leurs copains, voire leur famille, et réciproquement. Alors comment encourager et obtenir cela.

    Il n’y a pas trente six solutions : il faut punir ceux qui ne respectent pas cette règle. Il convient donc de supprimer toute immunité électorale. Ainsi peuvent être éliminés de la vie politique les bandits et laissés aux manettes ceux qui respectent les règles. Au lieu de cela nous avons le contraire, c’est-à-dire que ceux qui manquent de probité ne peuvent être attaqués et donc sanctionnés car protégés par leur immunité. Nous acceptons donc d’être gouverné par des bandits qui ne risquent rien et sont même encouragés à continuer leurs agissements.

    Bien sûr, les entreprises nous ont habitués à ce que des bandits fassent du bon travail pour les actionnaires. Mais le monde de l’entreprise n’est pas celui de la politique. Ou plutôt ne devrait pas, car aujourd‘hui ce sont les mêmes partout. Il y a un gros problème.

    Et récemment l’opinion a trouvé une parade à cette situation abusive, c’est la divulgation sur les réseaux. Evidemment ces contre-infos ne sont pas passées par le filtre de la justice et comportent donc des jugements abrupts plus moraux que légaux.

    Du coup nous voilà avec des politiques entourés de rumeurs et d’insinuations. Bigre, mais de leur côté cette manière de dénoncer leurs errements leur a bien sûr donné des boutons et pour contrer cette justice de la rue ils ont inventé le ..… complotisme. Eh oui.

    Tout ce qui ne reprend pas la version du pouvoir est qualifié de fausse nouvelle. Et le pouvoir ne risque rien derrière son rempart d’immunité, alors que celui qui dénonce a droit aux fourches caudines. C’est pas juste.

     

    Michel Costadau