Mois : mars 2021

  • Sivens justice et gendarmerie

    Sivens justice et gendarmerie

    A la lecture de l’article du Monde « Sivens la gendarmerie dédouane ses hommes » je suis sidéré par la nouvelle erreur politique que représente cette prise de position. De quoi s’agit-il ?

    Le 25 octobre dans la nuit, un gendarme tue un manifestant par le tir d’une grenade offensive. C’est une bavure, c’est à dire un acte dont le résultat est en contradiction avec l’objectif. Apparemment là pour maintenir l’ordre ce sont les gendarmes eux-mêmes qui créent le désordre. D’ailleurs la bavure est tellement gigantesque que tout s’est arrêté depuis.

    Quand on fait une telle bavure la seule attitude humainement et politiquement admissible est de faire profil bas. C’est à dire chercher à comprendre, voire expliquer comment cette lamentable erreur a pu se produire. Dans ces conditions on aurait compris qu’on parle de responsabilités partagées, de soutien moral du tireur, de fatigue.

    Mais non voilà qu’une enquête parallèle à la justice (eux disent enquête interne) tente d’expliquer que le tir a été fait dans le respect des conditions techniques dans lesquelles un tel tir doit être effectué. On ne rêve pas, c’est dans l’article. La conclusion s’impose, ce gendarme meurtrier doit recevoir des félicitations. Il a reçu des ordres, il a très bien tiré, il n’a pas visé Rémi, il a visé ailleurs. Il n’est donc pas responsable car c’est le destin qui a appuyé sur la gâchette.

    Si les politiques voulaient donner une nouvelle preuve qu’ils se moquent de la justice, ils ne pouvaient pas mieux trouver.

    D’abord ils se jouent des lois sur l’eau, ensuite ils ignorent les rapports des naturalistes, ensuite encore ils ignorent les enquêtes d’utilité publique, ensuite toujours ils cherchent à discréditer les opposants aux travaux et maintenant ils dédouanent leurs gendarmes.

    Cherchez l’erreur. C’est facile,  ils ignorent la justice. Au propre et au figuré.

    Maintenant trente secondes pour rappeler que notre démocratie repose sur un tabouret a trois pieds. Le législatif fait la loi, l’exécutif la met en œuvre et le judiciaire dit si elle a été bien appliquée. Seulement pour l’exécutif le judiciaire c’est embêtant, ça pose des questions, ça demande des justifications, ça n’aime pas les ententes entre petits copains et en plus c’est lent. Alors l’exécutif cherche et réussit la plus part du temps à éliminer le judiciaire.

    Seulement sans le judiciaire notre société n’est plus une démocratie et je ne sais pas comment ça s’appelle ; mais en tous cas on y est.

    Michel Costadau

    Article du monde  Publié le 03 décembre 2014 à05h16 – Mis à jour le 19 août 2019 à 14h07

    Billet écrit le 22 mars 2015

  • Sire

    Sire

    – Mais quel est donc ce bruit que l’on entend dehors ?

    – Ce sont, Sire, les corps de vos morts que l’on jette dans l’eau du port,

    – Quoi, quand, comment  mais pourquoi ont-ils calanché ?

    – Vous le savez, Sire, nous n’avons pas de vaccin, alors ils sont tombés,

    – Vous vous moquez mon ami, cela n’est point possible,

    – Sire vous avez fermé les lieux de société en demandant qu’ils soient indemnisés,

    – Peut être, peut être mais ceci n’explique pas cela,

    – Si si si Sire, car pour subventionner les tavernes vous avez arrêté tous les frais de recherche,

    – Qu’à cela ne tienne, nos laboratoires sont à la pointe et notre savoir excellent,

    – Certes, mais à force de ne pas chercher, nos chercheurs n’ont pas trouvé,

    – Ne pas chercher, mais c’est complètement idiot, qui a eu cette idée là ?

    – Sire vous l’avez décidé et nous l’avons fait,

    – Bon, bon, mais alors comment avez-vous pu protéger nos gens ?

    – Nous les avons, Sire, enfermés derrière nos murailles,

    – Très bien, là au moins ils ne risquent rien,

    – Exactement Sire, à part de mourir ils ne risquent rien de grave,

    – C’est déjà ça, mais dites moi il faut bien être un peu bêta pour tomber malade,

    – Assurément Sire vous-même l’avez attrapé, souvenez vous,

    – Point ne m’en souviens maudit, mais je n’en suis pas mort,

    – C’est que les autres n’ont pas reçu vos soins Sire, ainsi qu’il est d’usage,

    – Diantre oui pourquoi donner des soins à qui n’est pas malade,

    – Bien sûr, Sire, mais un de nos adages peut nous servir de guide,

    – Aucun adage ne saurait m’échapper et que dit donc cette docte maxime ?

    – Qu’il vaut mieux prévenir que guérir, Sire, surtout quand on n’a rien pour soigner,

    – Où allez vous chercher tout ça, vous me donnez mal à la tête,

    – Cela va passer, vous êtes presque jeune, Sire, malgré les apparences,

    – En fait de jeunesse, est-ce que nos escholiers sont bien dans leurs études,

    – Oui Sire, ils regardent les images que nous leurs avons données,

    – Des images pieuses, excellente idée mon bon,

    – Non, Sire, les images de leurs professeurs car les universités sont interdites aux estudiants,

    – Mais que peuvent-ils bien faire des images de leurs professeurs ?

    – Oh Sire, ils imaginent l’enseignant en train de faire son cours,

    – Ah l’imagination quel bienfait, ainsi l’image leur suffit, palsambleu c’est parfait

    – Oui Sire, ils sont ravis de ne rien faire car vous leur avez aussi interdit les sorties,

    – Eh eh je vois que tout va bien et sachez que je m’en réjouis, cela me donne une idée,

    – Nous vous écoutons Sire et vous demandons surtout de ne pas trop vous fatiguer,

    – Qu’est-ce là, triple buse n’est il pas de mon rôle de m’occuper de mes sujets ?

    – Mais tout à fait, Sire, bien que nous redoutions parfois les idées qui vous viennent,

    – Or donc, mécréants, vous ne me demandez pas à quoi je pense justement,

    – Point n’osons, Sire, le ciel nous est si souvent tombé sur la tête que nous craignons,

    – Eh bien je pense que l’on pourrait donner à nos gens une image de moi,

    – Bien Sire, cela sera fait, votre Majesté trônera alors dans tous les foyers,

    – Ainsi nos gens pourront imaginer à loisir tout ce que j’ai à leur dire,

    – Il me semble, Sire, que vous vous exprimez déjà pas mal,

    – Ma parole est sans limite et ne fait jamais de vaines promesses,

    – Oui c’est vrai, Sire, tous vos discours sont un peu flous et assez vagues,

    – N’allez vous pas trop loin cher ami, je vous trouve un tantinet impertinent,

    – Pas besoin d’aller loin, Sire, vous êtes un peu partout,

    – Ah mais enfin qui êtes-vous donc pour vous permettre cela ?

    – Sire nous sommes le peuple et avons deux mots à vous dire, ou plutôt un : M…..

    Michel Costadau

  • Placements

    Placements

    Il y a quand même deux ou trois choses qui m’inquiètent en ce moment. Bien sûr la réouverture des restaurants, le plus tôt sera le mieux, mais avec eux je me méfie beaucoup, Et aussi tout cet argent que notre État emprunte pour payer des gens à ne rien faire ou pour arroser la santé. On peut dire que l’argent coule à flots sans que l’on sache vraiment ni d’où il vient, ni s’il faudra le rembourser. Bon, encore ça ce n’est pas trop grave.

    Ce qui me fait gros souci c’est la vitesse à laquelle les dépenses ont été faites sans le moindre contrôle citoyen. Y a trois gugusses qui ont des idées qui leurs passent par la tête et hop envoyez les milliards. Vous allez me dire que c’est pour le bien de la population, ouille, aïe, ouille c’est justement cela qui me fait peur. La bonne cause reste la plus vieille recette des arnaqueurs.

    Protéger la population, c’est exactement le slogan qui a permis de faire des guerres, des armes, des massacres. En plus, dans le cas présent, on nous protège contre nous-mêmes en fait, comme des gamins. Et ça, vous le savez, c’est la porte ouverte à toutes les dérives. Alors donc je redoute ce que pourrait être leur prochaine idée « pour notre bien ».

    Celà dit revenons sur la fontaine à euros dont ils ont ouvert le robinet. Ça fait longtemps que je vous dis qu’il y a trop d’argent dans le monde, trop d’argent dans certaines mains, sur des comptes en banque, trop d’argent en circulation. Le fait qu’il soit mal réparti n’est pas le problème. Mal réparti ça veut dire que certains en ont trop et d’autres pas assez. Pour ceux qui n’en ont pas assez  c’est simple il suffit de leur taper dessus avec l’argent de ceux qui en ont trop pour qu’ils se taisent. Le système est rodé. Voyez justement les restaurateurs.

    Non, le problème est que beaucoup trop de gens ne savent vraiment pas quoi faire de leur argent. Du coup ils angoissent comme des fous et les fous ça fait n’importe quoi. Par exemple, les crypto monnaies, les œuvres d’art, les fondations ou les bons d’État. Oui tout ça n’est que du déstockage du trop plein de monnaie. Ce sont les puits sans fond dans lesquels ils font tomber leurs billets.

    Cependant rien de bien intéressant dans les crypto monnaies sauf qu’il y en a surtout une qui cartonne, preuve s’il en fallait qu’il s’agit bien d’un placement. Quelle chance d’avoir cette envolée du prix, ça permet d’éponger pas mal de surplus.

    Les œuvres d’art sont évidement beaucoup plus porteuses. Il n’y a aucune raison qu’une peinture vaille des millions. Clairement ce sont ceux qui ont trop d’argent qui ont besoin que ça soit cher. C’est autant de casé. Surtout pour des œuvres qui dorment dans un coffre et qu’on ne voit jamais. La photo suffirait bien d’ailleurs. Oui le prix des œuvres d’art n’est absolument pas lié à leur qualité esthétique mais au placement qu’elles représentent. On ne peut pas parler de rareté, bien au contraire, il en faut beaucoup et beaucoup qui se ressemblent. C’est la même chose que dans le monde des livres. On ne donne jamais de distinctions à un auteur qui ne fait qu’un livre.  Sinon tout l’investissement pour le porter au pinacle perd sa rentabilité. Non un auteur primé doit faire beaucoup de livres, quitte à ce qu’on l’aide.

    Les fondations aussi sont bien commodes pour éponger les surplus. Et avec ça on peut devenir influenceur. De même, l’existence de centaines d’ONG n’est dû qu’au fait que l’on peut y caser beaucoup d’argent. Dans le genre, je viens de voir un trop riche qui va payer toutes les amendes des femmes pour le port du nikab en Suisse. C’est un malin celui-là.

    Et puis bien sûr les bons d’État. Les États empruntent sans problèmes car même si ça rapporte peu c’est une bonne manière d’utiliser son trop plein d’argent. Le seul défaut c’est que la BCE rachète pas mal de dettes des États c’est-à-dire rembourse le créancier et devient elle-même le créancier des États. Je dis le défaut parce que, une fois remboursé, celui qui a trop d’argent se retrouve avec encore plus d’argent dont il ne sait pas quoi faire.

    C’est cornélien.

    Michel Costadau

  • Trois chances

    Trois chances

    Comme vous le savez … ou ne le savez pas d’ailleurs, la chance passe trois fois au cours de la vie de chacun de nous. Attention la chance en question ce n’est pas gagner au loto ou éviter qu’une branche vous tombe sur la tête. Ca c’est le hasard, que l’on peut quelquefois encourager à aller dans le bon sens, mais contre lequel on ne peut pas grand-chose quand même.

    Non la chance dont je vous parle c’est quand votre route croise votre souhait le plus fort. Le truc quasi incroyable qui se produit comme par magie bien que vous sachiez que c’est presque impossible. Ce n’est pas un cadeau que vous recevez par la poste avec un petit mot gentil, non c’est plutôt une un arrêt sur image qui doit vous réveiller parce qu’il vous faut le saisir juste au moment où il passe. Et le plus dur c’est de comprendre que c’est justement en train d’arriver et que cette chance il faut la prendre, là, maintenant, tout de suite. Avant il n‘y a rien, après il n’y a rien.

    Seulement pour que ça marche il y a deux conditions minimum :

    d’une part que vous rêviez de quelque chose, que vous ayez une sérieuse envie plus ou moins secrète, genre que l’on ose à peine s’avouer mais qui vous remplit et éclaire votre visage chaque fois que vous y pensez. Pas du tout tombola ou erreur de la banque en votre faveur mais tout simplement une rencontre, un lieu, une lecture, un spectacle, un rêve.

    et d’autre part que vous ayez une grande vigilance, comme un état de veille permanent, d’affût, les yeux grand ouverts, justement pour la saisir au cas où elle passerait.

    La première condition implique d’être déjà un peu avancé dans la vie, d’avoir vu et fait suffisamment de choses pour être en mesure de savoir ce que l’on veut vraiment, pas un coup de pub, non la vraie envie perso. Ca ne concerne donc pas la jeunesse, ni la vieillesse d’ailleurs. La jeunesse trouve tout facile et découvre des bonheurs à chaque instant. La vieillesse ne cherche pas de nouveautés, se nourrissant au contraire du passé et de ses péripéties.

    La deuxième condition explique pourquoi une attention constante est nécessaire, parce que cette chance qui va vous arriver n’est jamais exactement conforme au rêve. Elle peut se présenter avec quelques caractéristiques que vous n’aviez pas imaginées. Ce n’est pas du tout un piège c’est juste que ce que vous offre la vie est organique et non pas le résultat d’un calcul arithmétique.

    Maintenant quand je dis que la chance passe trois fois ça veut dire très clairement que si vous manquez la première elle peut encore passer deux fois. Et si vous manquez la deuxième elle peut quand même arriver mais ça devient limite, bien que vous ne le sachiez pas.

    Il faut bien préciser qu’il ne s’agit pas de trois chances mais de la même chance qui vous est proposée trois fois. Et donc si vous la saisissez la première fois, il ne vous en reste pas deux mais aucune parce que vous n’en avez plus besoin vu que vous l’avez déjà attrapée.

    Maintenant si vous saisissez votre chance ça ne veut pas dire que votre vie va devenir une allée de roses et de violettes, eh non ça veut simplement dire que vous avez obtenu ce que vous vouliez.

    Et l’on finit toujours par arriver là où l’on voulait aller.

    Michel Costadau