Mois : février 2026

  • Téléphone

    Téléphone

    C’est l’histoire du type qui a essayé de créer son identité numérique. Moi je croyais que mon identité numérique c’était mon mobile puisque pour valider une opération commerciale, bancaire ou administrative, on m’envoie un code sur le mobile pour identification. Ben c’est pas ça.

    J’ai donc essayé. A vrai dire, j’avais une démarche à faire pour la SCEA et je suis rentré dans formalités/entreprisses. On vous demande alors si vous avez quelque chose à déclarer. Ben oui justement c’est pour ça que je me suis connecté. On vous informe alors qu’il faut passer par le Guichet Unique et que c’est facile. Déjà quand ils disent facile ça veut dire que plein de gens se sont cassé le nez et que donc c’est difficile. Faut être vigilant.

    On vous explique, alors,  qu’il faut prendre beaucoup de précautions, genre lire tout un tas de recommandations, avant de passer à la phase déclarer qui est celle pour laquelle vous vous êtes connectés.

    Après trois codes de vérification sur mob, sur mail puis sur mob, on vous propose deux méthodes. L’une qui inclut gratuitement la signature électronique qui vous sera nécessaire et l’autre pas et, évidemment, on vous recommande la première sans vous dire à quoi sert l’autre.

    Vous choisissez donc la première et là deux nouveaux choix se présentent. Avec France Identité ou avec La Poste. J’ai choisi La Poste. La Poste vous demande alors de vous munir de votre passeport, de votre mobile et de votre CB pour des achats éventuels !

    La scène suivante consiste à photographier le passeport, puis la photo de vous  qui est dans le passeport, puis votre propre tête. La procédure est la même avec une carte d’identité, à condition qu’elle soit au nouveau format CB avec puce.

    Vous  êtes prêt  C’est parti. Il faut alors  appuyer successivement sur chaque question qui apparait sur fond bleu, avec le pouce puisque vous tenez le phone dans la main, d’où quelques erreurs d’aiguillages.

    Maintenant il faut prendre le passeport dans la main gauche et tenir le mobile de l’autre afin de mettre le passeport dans le cadre qui apparait sur l’écran.

    Veuillez inclinez le passeport vers vous  Mettez le dans la lumière et ne bougez plus. C’est presque fini.

    Bon maintenant  Mettez la photo de votre passeport dans le cadre. A cet instant il te faut donc ne viser que la photo de la page que tu viens de prendre en entier.

    Vous êtes prêt, encore un instant, C’est presque fini, clac, c’est bon.

    Maintenant Mettez votre visage dans l’ovale qui apparait sur l’écran, Rapprochez vous un peu, c’est presque fini,  clac, c’est bon.

    Mais c’est pas fini. Tournez vous vers la gauche, il y a d’ailleurs une flèche vers la gauche qui apparait sur l’écran. Le problème c’est qu’en tournant la tête tu ne vois plus l’écran.  Alors tu tords les yeux et un peu la tête pour essayer de voir si tu es dans l’ovale.

    Et puis tu entends clac et s’affiche Vous pouvez quitter l’application. Votre identité numérique vous sera fournie dans moins de trois heures.

    Un quart d’heure après, un mail te dit que la procédure a échoué et qu’il faut recommencer. J’ai recommencé deux fois.

    Après j’ai essayé France Identité. Il apparait que les mairies sont en mesure de certifier votre identité numérique. Banco. J’ai téléphoné à la mairie qui m’a dit qu’elle ne voyait absolument pas de quoi il s’agissait, mais que pour certifier une signature il pouvait le faire.

    Je me suis donc replié sur moi-même pour reprendre mes esprits et tenir une conférence au sommet de mon incompréhension. J’ai commencé par procéder à une analyse froide de la situation. Il m’est alors apparu que je ne savais pas à quoi pouvait servir cette fameuse identité numérique.

    J’ai donc demandé à GG et WK qu’ils me le dise.

    C’est alors qu’un précipice s’est ouvert devant moi car nous n’avons pas une identité numérique mais des identités.

    EXTRAITS

    Il existe quatre processus de figuration de l’identité numérique :

    1. L’identité civile qui renvoie aux « propriétés génériques et statutaires » fixes de l’individu dans sa vie réelle (nom propre, sexe, âge, localisation, photographies personnelles, etc.).
    2. L’identité agissante qui caractérise ce que fait la personne dans l’univers numérique, ce qu’elle est à travers ses « œuvres » (réseaux professionnels, passions, goûts, etc.).
    3. L’identité narrative qui caractérise le récit personnel fait virtuellement, mais se basant sur le « vrai » moi (journal intime, surnom, pseudo, etc.).
    4. L’identité virtuelle qui caractérise les « projections de soi [qui] prennent des formes ludiques, imaginatives ou fantasmatiques [et] qui n’entretiennent que des correspondances improbables avec l’identité réelle des personnes » (avatar, personnage, jeux en ligne, etc.).

     

    Et trois composantes de l’identité numérique :

    1. L’identité déclarative qui se réfère aux données saisies par l’utilisateur comme son nom, sa date de naissance, ou autres informations personnelles directement renseignées par l’individu.
    2. L’identité agissante qui est indirectement renseignée par les activités de l’utilisateur sur la toile.
    3. L’identité calculée qui résulte d’une analyse de l’identité agissante par le système, comme le nombre de « likes», le nombre de communautés virtuelles dans lesquelles l’individu évolue, ou encore ses fréquentations sur les réseaux sociaux.

     

    Pour sortir du cauchemar j’ai juste pris un miroir et je mes suis demandé qui c’est que je voyais la dedans. J’ai eu beau remuer le miroir dans tous les sens je ne voyais que moi. Ca m’a rassuré.

    Et je n’ai toujours pas d’identité numérique. Bof

    Michel Costadau

  • AigreEurope

    AigreEurope

    Encore un billet aigre avec quelques accents presque complotistes, mais je vous le promets le prochain sera plus détendu.

    Juste au moment où je décide de faire un billet sur l’Europe, voila qu’un artiche du Monde des Livres m’ouvre une porte inattendue. Dans cet article un journaliste défend le nouveau livre d’un historien qui dit en gros que l’UE est un Etat mais pas comme les autres, un Etat qui s’ignore encore, c’est-à-dire qui est en train de devenir un vrai  Etat, comme il en existe presque 200 à l’ONU, voire même un Etat supérieur.

    Je ne vais pas discuter de savoir si l’UE est un Etat ou pas. Il est clair que ce n’est pas le cas. Ce serait plutôt une construction purement économique pour favoriser les entreprises européennes. Qui dit entreprises dit actionnaires, qui dit actionnaires dit milliardaires. Chercher l’intrus.

    En l’occurrence ce n’est pas l’économie qui m’intéresse mais la politique. La question est donc : est-ce que l’UE est une actrice politique au même titre que les US ? Si je pose la question c’est parce que certains d’entre-vous  pensent que l’UE est une force de paix entre les peuples, une force œuvrant pour renforcer les droits de l’homme partout dans le monde, une force agissant pour le maintien de la biodiversité et le respect de l’environnement.

    Hélas il n’en est rien. C’est même le contraire. Et pour commencer l’UE est en guerre avec la Russie et d’une manière rampante  avec les US.

    Depuis sa création l’UE est un marché commun, on dit maintenant unique, c’est-à-dire que tout tourne autour du commerce. C’est pour ça qu’il y a, dans l’UE, quelques Etats voyous  afin de permettre aux affaires de se faire. Malte et Chypre sont de ceux-la. Les directives européennes, sous couvert de tout électrique et d’énergies alternatives sont très permissives avec l’environnement et la biodiversité. Bon on va pas en faire un plat, mais exit la protection de la biodiversité et de l’environnement puisqu’il y a des trous dans le filet. A Bruxelles en face du bâtiment de la commission il y a celui des lobbies qui a deux fois plus de monde. Les affaires sont les affaires, faut que tout le monde vive.

    Mais alors les droits de l’homme quand même. Oui les droits de l’homme sont la clé qui permet à l’UE de se mêler des affaires des autres avec un excellent prétexte. C’est cela qui lui a permis d’agresser l’Ukraine jusqu’ à la réaction russe.

    Euuuuh oui c’est pas facile à admettre car pour beaucoup de gens et les médias occidentaux, l’agresseur c’est la Russie.

    Un peu comme l’attaque terroriste palestinienne du 7 octobre.  Heureusement il est maintenant admis qu’Israël n’a jamais accepté les palestiniens et les a pourchassés depuis des années et qu’Israël est l’agresseur patenté. L’action du 7 octobre n’étant qu’une réponse à la violence par la violence à cette agression qui est en train de tourner au génocide.

    Halte me direz-vous on s’éloigne de l’Ukraine. Pas tant que ça, parce que les révolutions orange, les groupes fascistes dans les rues, les élections corrompues et  l’incendie du siège des syndicats de Maiden, c’est au nom des droits de l’homme que l’UE a impulsé et financé cela.

    Vous le savez le principe est simple, il consiste à trouver dans le pays cible des citoyens sensibles aux valeurs européennes, commerce, presse, concurrence, économie de marché, créations d’entreprises etc, et de mettre les médias et les politiques en route pour s’offusquer qu’ils n’aient pas le droit de s’exprimer. Ensuite manifestations, soutien médiatique de la ligne OTAN-Europe, création de petits partis politiques pro-européens, dénonciation de la répression et ça y est l’engrenage est lancé. Y a qu’à dérouler.

    Et pourtant depuis toujours  la Russie a dit pas d’Europe et surtout pas d’OTAN pour l’Ukraine. Vous allez me dire, mais de quel droit la Russie lui interdit l’OTAN. Simplement parce que l’OTAN est un traité qui définit la Russie comme l’ennemi et pointe ses armes sur elle. Vous le savez mais vous l’oubliez souvent.

    Et donc les actions orange ont continuées jusqu’à la réaction violente de Moscou le 24 février 2022.

    En fait la guerre n’aurait pas du durer, car c’est ce jour là qu’il aurait fallu commencer à négocier. Je me souviens même que Le Monde s’est fendu d’un article qui expliquait clairement la position russe depuis le soviétisme, la Crimée, Kroutchev etc. Mais non l’UE a choisi la guerre et ses horreurs, pour aller où ?

    Quoiqu’il arrive les Ukrainiens n’auront rien gagné dans cette affaire, car comme je l’ai bien expliqué dans le billet Democratia : vous n’avez pas le pouvoir de changer votre voisin. Et l’Ukraine, même appuyée par l’Europe ne l’a pas.

    Alors exit les droits de l’homme, l’UE ne les respecte que quand ça l’arrange, parce que sinon pas de Mercosur ni de commerce.

    Bon  il reste la paix. L’UE promeut la paix dans le monde. Oui, c’est vrai, mais il y a peu de pays qui disent le contraire. Alors certes, l’UE organise beaucoup de pourparlers de paix quand il y a un conflit quelque part. Quelques fois ça sert, mais en fait le vrai faiseur de guerres ou de paix ce sont le US.  Et l’UE ne s’et jamais opposé aux dictats US. On vient encore de le voir avec les droits de douane, le Groenland, le Venezuela et les dérèglements climatiques.

    Est-ce que l’Europe va essayer de changer de paradigme en affrontant le rouleau compresseur US ?

    J’ai comme un doute. Et vous ?

    Michel Costadau

  • AigreIA

    AigreIA

    J’ai surement la naïveté d’un premier communiant, mais je n’arrive pas à avoir peur de l’IA. Certes je vois que ça fleurit un peu partout, qu’il y a beaucoup d’utilisateurs et chaque fois que j’ouvre un fichier il y a un encart qui demande « besoin d’aide ? ». Non merci A+

    Pourtant il y en a qui se posent de sérieuses questions, comme ces analystes de la météo avec leurs modèles hyper sophistiqués qui utilisent la puissance d’Eviden et qui avouent que l’IA fait d’aussi bonnes prévisions qu’eux. Et pourtant les outils IA n’ont pas que je sache des capteurs un peu partout. Et c’est même pas sûr qu’ils sachent la différence entre un cumulus et un stratus.

    J’imagine que les développeurs IA ont rentrés toutes les données anémométriques, pluviométriques  et autres de toutes les villes du monde depuis 100 ans avec le temps –weather- qu’il faisait. Puis ils ont fait des corrélations entre ces données à la fois dans le temps –time- et dans l’espace. Peut-être ont-ils lancé un mécanisme d’apprentissage en partant des données d‘une semaine pour trouver le jour suivant, puis fait glisser la semaine jusqu’à aujourd’hui.  Et ils proposent une prévision la plus proche statistiquement de ce qui s’est déjà passé.

    J’imagine mais en fait je n’en sais rien. Alors, que ceux qui pourraient m’éclairer la dessus, sans se moquer, n’hésitent pas à le faire. Merci d’avance.

    Mais je ne vois pas dans tout ça ce qui pourrait m’inquiéter. Je note même que, si mon hypothèse est correcte, l’IA ne peut faire des prévisions que parce qu’il y a tous les relevés météos qui ont été soigneusement collectionnés pendant des années. Et qui sont disponibles. Toutes ces données permettent aussi, je le suppose, de faire des prévisions à plus long terme, ce qui peut paraitre impressionnant, mais n’est qu’une extrapolation de relevés.

    Bien entendu les consommations des centres de données en électricité, métaux rares, main d’œuvre exploitée et pillage d’informations sont révoltants et dangereux mais c’est la même histoire qui se répète. Chaque fois qu’il y a un nouveau concept en mesure d’entrainer une croissance de la consommation, les pouvoirs publics ferment au maximum les yeux jusqu’a ce qui ce soit suffisamment développé pour ne plus pouvoir revenir en arrière. Automobile, télévision, téléphone, réseaux, trottinettes, IA, voitures et taxis sans chauffeurs et bientôt taxis volants tout a été fait pour que cela puisse se développer malgré les morts, la pollution, l’endoctrinement, les vrais mensonges et la facilité. !!! -Allo ! oui deux pizza et des sushis ! -dans un quart d’heure ! -c’est très bien ! -voila ma carte, c’est au deuxième ! -au revoir !!!.

    Pour moi l’IA n’est pas big brother, pour la simple raison que big brother existe déjà. Eh oui il est aujourd’hui impossible d’échapper au logiciel du capitalisme qui est la consommation. Vous pouvez couper les pubs, ne pas avoir la télé, ni de réseaux sociaux, ni écouter les informations, le logiciel est quand même à l’œuvre pour détruire la planète et fabriquer des produits de plus en plus inutiles….que vous finissez par acheter. Et si vous me dites que vous arrivez à avoir une carte de crédit qui ne laisse aucune trace, à éviter les spam  et autres requêtes insidieuses, eh bien je ne vous crois pas. En plus il n’y a pas d’ailleurs, car les milliardaires ont déjà acheté toutes les iles désertes, alors il vous reste la plage d’Argeles ou le lac de Bethmale.

    Clairement, il me semble qu’un des principaux débouchés de l’IA c’est l’aide au choix, l’aide à tout en fait, le parfait outil du petit feignant. Ca va devenir de l’hyper consommation éclairée nuit et jour par nos chères centrales nucléaires. Il ne faut peut être pas le dire comme ça mais l’atome me fait plus peur que l’IA.

    Il est clair que l’ensemble du savoir de l’humanité représente une richesse, un patrimoine collectif inestimable. Alors que l’IA se jette dedans comme un cochon dans une remorque de pastèques pour tout manger, piétiner, piller, pirater et  gâcher à tel point  qu’on ne reconnaisse plus le vrai du faux, c’est, certes, une honte mais seulement une honte de plus.

    Bien sûr ils utilisent le mécanisme de personnalisation qui fait que vous avez l’impression que c’est une personne qui vous répond. C’est assez classique mais pas trop dangereux. C’est comme pour le GPS, où une charmante voix vous indique -première sortie et ensuite votre destination se trouve sur la droite- vous amenant à dire quand vous vous trompez qu’elle va  vous rétablir, alors que vous devriez dire il car ce n’est pas une femme qui vous parle mais un logiciel.

    Alors est ce qu’avec l’IA nous sommes seulement dans le domaine de la tromperie. Non, pour moi, l’IA est d’abord un outil de consommation, consommation des centres de données pour les construire et les utiliser et consommation des acheteurs, c’est à dire nous. C’est aussi un outil d’augmentation  de la productivité c’est-à-dire de robotisation avec son cortège de pertes d’emplois  et d’augmentation des profits encore et toujours.

    Il y a quand même deux trucs qui me font sourire d’avance. D’abord la bataille des IA. Portés par leurs sponsors, les logiciels vont se battre entre eux pour rester en tête avec peut-être la  génération d’auto-pub comme au temps de Palmolive. Ensuite la propagation de l’erreur. Ces logiciels ayant une frontière floue entre le vrai et le presque vrai, la contamination de leurs propres données deviendra difficile à repérer et encore plus difficile  pour essayer de s’en débarrasser.

    Alors l’argent toujours l’argent on en sort pas. Fini le temps où les entreprises se contentaient d’un résultat de 7% du chiffre d’affaire.  SpaceX fait un bénéfice égal à la moitié de son chiffre d’affaire. C’est ce que cherche l’IA. Avec ça on peut aller faire son marché sans soucis.

    Bonne courses.

    Michel Costadau

  • AigreAgri

    AigreAgri

    Je ne sais pas trop si les manifs agricoles sont vraiment terminées mais ce qui est sûr c’est qu’elles ont été d’une extrême confusion.

    Néanmoins il y a tout d’abord deux choses à regretter. Primo l’écho pas si défavorable que ça dans l’opinion et deuxio la permissivité totale des forces de l’ordre, c’est-à-dire du gouvernement, vis-à-vis des exactions des manifestants sauf pour la Confédération Paysanne.

    Car vous le savez, en tous cas pour une bonne partie d’entre vous, il y a trois organisations syndicales agricoles. D’une part la FNSEA/JA ou Fédé, ensuite la Coordination Rurale ou CR et enfin la Confédération Paysanne ou Conf. Ces trois organisations défendent des lignes extrêmement différentes.

    La première est sur une  position d’agrobusiness axée sur l’exportation, les firmes agro-alimentaires et la mécanisation,  la deuxième très marginale jusqu’à ces dernières années est sur une ligne de grosses exploitations tournées vers l’abolition de toutes entraves dans les fermes, l’augmentation des marges agricoles et le développement du salariat. La troisième, issue de petits paysans et d’ouvriers agricoles défend les valeurs travail, collectif et proximité.

    Dans un premier temps seule la Conf, puis la Conf et la CR avec leurs militants et leurs tracteurs ont manifesté sur le refus de l’abatage total pour endiguer la DNC et contre le Mercosur. La Fédé était donc absente ce qui s’explique par le fait que c’est elle qui a préconisé l’abattage total pour préserver ses filières d’exportation et qu’elle n’a rien contre le Mercosur.

    Ensuite la CR est montée en pression mettant la Conf en porte à faux idéologiquement, ce qui l’a obligé à se démarquer et à faire quelques actions seule.

    Enfin, tardivement, la Fédé est arrivé avec ses propres tracteurs et un  projet de loi qui reprend ses demandes et seulement les siennes.

    Et donc au final c’est le gouvernement qui a gagné avec la Fédé. La CR s’est faite une bonne publicité pour ses idées fascistes et la Conf a progressé en notoriété mais ses militants ont  pris des coups.

    Et l’agriculture dans tout ça. Et bien c’est la grande perdante. N’ayons pas peur des mots, la Fédé et la CR sont les fossoyeurs de l’agriculture. Leur objectif est de transformer les agriculteurs en salariés des firmes, des mal nommées coopératives et des industriels amont et aval. Salariés ça veut dire acheter les intrants et livrer entièrement sa production. Entre les deux il y a un travail d’exécution qui peut être fait de plus en plus par des robots. C’est le principe du salariat mais avec une absence totale de maitrise des coûts et des prix, ce qui amène la disparition d’un grand nombre de fermes et un mécanisme constant d’agrandissement des exploitations.

    L’exemple des œufs est assez illustrant. On importe trop d’œufs et il convient de relocaliser la production pour éviter les trous d’airs liés à des grains de sable dans la logistique. Pour cela deux méthodes sont possibles.

    La première consiste à développer la production chez un grand nombre d’agriculteurs qui valorisent ainsi directement leur produits végétaux, trouvent un complément de revenu et permettent une distribution locale.

    La seconde consiste à favoriser l’implantation d’énormes unités de productions en baissant au maximum toutes les normes de contrôle sanitaire et de pollution, en légalisant des conditions de vie déplorables pour les animaux, en concentrant  l’approvisionnement et l’écoulement dans les firmes multinationales  et en dégradant  la qualité des produits .

    Comme vous le savez c’est la deuxième méthode qui est choisie et c’est cela que j’appelle la mort de l’agriculture.

    Alors oui il y a encore des paysans qui font leur foin, qui rentrent les bêtes le soir, qui connaissent chaque parcelle en leur faisant produire ce qui est adapté prés, céréales, légumineuses et qui mettent du fumier. Pas partout mais il y en a encore, même dans le Tarn. Mais ces gens là ne sont pas aux commandes des chambres d’agriculture, ni des coopératives, ni des safer, ni des firmes agroalimentaires, ni des cabinets ministériels. Souvent ils ne sont même pas représentés. Alors ils s’éteignent doucement, laissant la place au business et aux machines.

    Bien sûr il y a encore des marchés, des AMAP, des colis, des foires et des concours, mais ce n’est pas cette image là que donnent les manifestations agricoles. En clair sortir les tracteurs ne profite qu’à la Fédé et à la CR.

    C’est pour cela qu’il est déplorable de soutenir ce monde agricole là qui est très polluant, accapareur d’eau et de terres, se moquant complètement de la biodiversité, de l’environnement et la qualité de ce qu’il produit , n’hésitant pas à transformer en carburant des champs entiers de mais ou de colza.

    Oui c’est cela le monde agricole qui met un vieux moustachu avec son béret  sur la réclame de son fromage ou de son saucisson industriel.

    Evidemment certains diront qu’il y a des producteurs locaux qu’il faut soutenir et encourager, des fermes bio respectueuses de l’environnement et que la Conf défend vraiment les paysans. Oui c’est vrai mais c’est quand même plus bobo que populaire. C’est de la consommation pas de la politique.

    En ce qui concerne le laisser faire des pouvoirs publics vis-à-vis de la Fédé et de la CR, malgré quelques accrochages avec cette dernière, c’est la confirmation que ces syndicats et leurs adhérents sont au service du gouvernement pour faire passer tous les projets de destruction de la nature.

    Bon appétit.

    Michel Costadau