Auteur/autrice : Michel Costadau

  • Mutation

    Mutation

    Française, Français vous avez élu des imbéciles, dangereux de surcroît. Le budget de la Défense est 10 fois supérieur à celui de la recherche et pourtant la bombe atomique ne sert à rien contre le virus. Impardonnable. D’ailleurs les bombes atomiques ne servent strictement à rien. Voilà.

    Les mutations de sociétés, c’est un peu comme les tremblements de terre. Les pressions et fissures se mettent en place sous la surface, invisibles elles grandissent lentement. Et puis d’un seul coup c’est le cataclysme et la bascule vers un nouvel état que les gens découvrent avec stupeur. Personne ne l’avait vu venir et pourtant tout se préparait petit à petit.

    La crise actuelle fait apparaitre des ruptures ancien///nouveau dans trois domaines au moins : Sciences, Europe, Démocratie.

    D’abord il devient clair que l’Asie a acquis le leadership des sciences et des techniques. Toutes les technologies de pointe informatique, biochimique, médicale et nano sont maintenant dominées par l’Asie. Certes il nous reste les technologies anciennes, aéronautique, génie civil, automobile, pétrochimie mais ce sont des industries lourdes, comme l’était la vieille sidérurgie avant de disparaître. En fait nous n’avons aucun champion dans les domaines des sciences de la vie, de l’informatique ou du médical. Il y a encore quelques laboratoires qui s’amusent avec de nouvelles techniques mais nous n’avons pas le tissu industriel correspondant. Seule la côte Ouest américaine tient encore un peu la route. Ca ne veut pas dire que nous allons consommer plus de produits asiatiques, c’est déjà le cas, non ça veut dire que ce sont les asiatiques qui vont définir notre modèle de vie, comme les Européens l’ont fait pendant longtemps. Nous allons être amenés à seulement les suivre et les imiter.

    Ensuite l’Europe s’est dangereusement fissurée. Notre bastion de bien-être a basculé dans l’inconnu. L’Europe du Nord s’est mise à l’abri en fermant ses frontières, celle de l’Est n’ayant aucune structure pour faire face à la crise économique en cours, subit donc d’énormes dégâts et appelle au secours, et l’ancien noyau riche de l’Ouest navigue à vue sans ligne de conduite. Visiblement ce sont les petits pays qui gèrent le mieux l’épisode et les grands pays le plus mal. La montée des fédéralismes va donc franchir un nouveau cap, ce qui peut conduire les pays à un émiettement puis à leur morcellement. Pour commencer, toutes les velléités de politique étrangère, droits sociaux, armée, ou recherche communes ne sont plus à l’ordre du jour. Il me semble que l’Europe a vécu, l’avenir est aux provinces, aux départements et aux petits pays.

    Enfin le concept de démocratie, hérité des Grecs et remis à jour par la Révolution française, a explosé en vol ne laissant au sol que des décombres. Certes nous ne vivions qu’une démocratie de façade mais voir dans un moment critique le président essayer de se débrouiller tout seul au lieu de mobiliser les instances représentatives a quelque chose de pathétique et indique qu’il n’a plus, s’il l’a jamais eu, confiance dans nos institutions. En ce moment le pays est gouverné par le ministère de l’Intérieur agitant avec son administration sa cohorte de préfets qui envoient leurs gendarmes sur les routes. C’est un peu de l’autocratie mais complètement un Etat policier. Il n’y a plus aucune représentation locale capable de mobiliser et de s’occuper des citoyens, les conseils départementaux ont disparu, les conseils municipaux ne peuvent plus se réunir car, par erreur ou calcul, avec ce premier tour raté, les anciens conseils ne sont plus légitimes et les nouveaux ne peuvent pas siéger. On aurait pu croire que les députés pourraient rassembler les citoyens pour entendre les besoins et inquiétudes de la population mais on découvre avec effroi que ce ne sont que des fantoches à poil ras sans aucun pouvoir, sans aucune mission, sans aucune représentativité, des pions vides.

    Françaises, Français nous ne vivons pas une crise mais une mutation. Il n’y aura jamais de retour à la normale. Il va falloir mettre les mobiles en veille. Alors, serrez-vous les coudes, consolidez vos réseaux locaux, partagez ce que vous savez pour essayer de bâtir un nouveau genre de vie plus résilient à la dépendance, à l’isolement et aux regards du pouvoir central.

    Michel Costadau

  • Honte

    Honte

    Honte aux politiques qui ont systématiquement supprimé des lits dans les hôpitaux, diminué les personnels soignants, différé la fourniture d’équipements performants au nom de la rentabilité et du business. Et maintenant c’est eux qui punissent les français à cause de leur propre incurie.

    Honte à ces religieux arriérés qui ont réuni leurs fidèles en leur disant de surtout ne rien en dire, ni où, ni quand, ni combien ils étaient.

    Honte au gouvernement qui fixe le prix d’une amende en voulant ignorer que son effet dissuasif n’est pas lié au montant mais à la proportion des revenus. Une fois de plus ce sont les gros revenus qui sont favorisés. Combien faudra-t-il d’épidémies pour qu’ils comprennent que 100 € ne représente pas du tout la même somme pour tout le monde.

    Honte aux autorités sportives, sanitaires et politiques qui ont autorisé le match Lyon Turin, permettant une contamination de masse entre Italiens et Français.

    Honte à La Poste qui profite de l’épidémie pour se recentrer sur son cœur de métier à savoir………la Banque Postale. C’est un nouveau sabordage de service public qui se passe sous nos yeux et nous ne pouvons rien faire. Bientôt le courrier un jour sur deux, pas le samedi et distribué par Alibaba.

    Honte au ministre de l’Agriculture et au syndicat FNSEA qui, sous prétexte qu’ils sont payés à ne rien faire, demandent à 200 000 Français de travailler au noir dans les champs, pour remplacer les étrangers. La solidarité est une belle valeur mais vous allez les aider et eux vont continuer à empoisonner la nature, je ne sais pas si c’est très équilibré.

    Honte au gouvernement qui dit restez chez vous sans rien pouvoir faire parce qu’il a fermé les magasins, empêchant les gens d’acheter ne serais ce qu’un pot de peinture, un sac de plâtre ou des graines de radis. Les hommes ne sont pas des plantes vertes que l’on sort une fois par an.

    Honte aux politiques et aux médias qui ne trouvent que la peur, les amendes et la contrainte pour convaincre la population d’adopter un comportement précautionneux. Pourtant ils savent depuis longtemps que seule la motivation est un levier pour obtenir des comportements de masse. En finance ça s’appelle des incitations et ça marche très bien.

    Honte aux employés des journaux, qui jour après jour, heure après heure, seconde après seconde, emboîtent le pas des autorités en expliquant et détaillant des ordres et consignes pas du tout clairs à leur manière, c’est-à-dire dans le sens du scoop. A croire qu’ils ne seront contents que quand il y aura 10 000 morts par jours ce qui leur aurait donné raison, mais, hélas pour eux, n’arrivera pas.

    Honte à la classe politique qui feint de découvrir que les détenus sont entassés dans une promiscuité inacceptable et qui craignent non pas pour les prisonniers mais pour leur responsabilité.

    Honte aux juges qui différent les peines de détention ou libèrent des détenus, manifestant bien ainsi qu’ils auraient pu le faire depuis longtemps.

    Honte au conseil départemental du Tarn qui fait un appel à dons pour des masques de protection même usagés, sur-blouses, gel, charlotte, gants, lunettes auprès de la population à laquelle il devrait les fournir. C’est comme si l’ONU demandait des sacs de riz à ceux auxquels elle doit en distribuer.

    Honte aux politiques pour interdire aux familles des funérailles qui sont le rite le plus caractéristique de l’homme. Sont-ils devenus des animaux pour oser blesser ainsi la nature humaine ?

    Michel Costadau

     

  • Rivus

    Rivus

    Ca se corse comme dirait Napoléon. Notre société est en train de muter. Je vais donc plutôt faire une liste qu’un billet unique.

    – La querelle des chiffres bat son plein. Par contre tout le monde semble d’accord sur le 2 % de victimes, c’est-à-dire 98 % de guérison. Oui mais % de quoi ? Eh bien de ceux qui ont attrapé le virus. En fait tous ceux qui ne l’ont pas attrapé ne sont pas comptés. Si donc on compte tout le monde ça divise les chiffres par mille et c’est heureux. Bingo.

    – Les scientifiques et experts qui conseillent le gouvernement sont les mêmes que ceux qui ont déclaré le glyphosate sans danger, qui ont laissé utiliser pendant 40 ans le chlordécone et continuent avec les néonicotinoïdes. Ils ont donc perdu toute crédibilité depuis longtemps car ils sont toujours aux ordres. Zéro.

    – Pour se divertir, il faut imaginer un défilé, avec le mètre réglementaire à la main, de gens portant leur laisser-passer sur la poitrine. Photos.

    – Alors ne cédez pas à la peur ambiante. Ne tombez pas dans l’autocensure. La société peut nous interdire ce qu’elle veut mais pas de sortir de chez vous. C’est elle qui est malade. Kafka.

    – S’il y a de nouveaux cas c’est qu’ils ont été contaminés. Il est donc utile de savoir qui est porteur ou pas. La détection est donc le mode d’action privilégié qui aurait dû être mis en oeuvre. Tout autre méthode est moyenâgeuse et indigne de nos sociétés dites évoluées. Détection.

    – Le gouvernement a réussi à paniquer tout le monde, la peur des autres se répand comme une traînée de poudre. Les gens fonctionnent sur l’angoisse, y compris les enfants. Ce n’est pas la société qui nous maintient en bonne santé, c’est nous qui maintenons la société en bonne santé par nos activités, notre dynamisme, nos idées, notre moral et notre humour. Coulé.

    – L’attestation de déplacement n’a strictement aucune valeur, c’est seulement le début d’un fascisme rampant. De même il aurait été normal d’avoir un débat sur les mesures à prendre. On a eu seulement la télé. Séries.

    – Il est clair que le gouvernement a été largement désavoué dans les municipales et qu’il n’a pas aimé. Il faut donc se demander pourquoi il a le reporté le second tour, voire lancé ses juristes sur l’annulation du premier tour. Pour moi il a son propre timing : avril annonce que le pic est passé, mai réouverture de la vie sociale avec défilés de victoire, juin élection. Fiasco.

    – Vous savez qui est en train de gagner économiquement, dans cette crise sanitaire que provoque le virus : ce sont les vraies sociale-démocraties parce qu’elles agissent avec la coopération et la compréhension de la population, et l’ultralibéralisme car ils privilégient seulement le business, le marché faisant le reste. Nous, avec notre paternalisme d’Etat nous allons prendre un coup. Dur.

    – L’Etat va rembourser facilement les pertes d’exploitation, ce n’est pas grand-chose, mais ce qu’il ne pourra pas réparer ce sont les modifications de comportement : exacerbation de l’individualisme, flambée des prix de l’espace, perte de confiance en soi. Freud.

    – Combien de fois a-t-on entendu dire que l’Europe nous protégeait de la guerre, qu’elle était un îlot de liberté et de bien-être au milieu d’un océan de misère. Et voilà que cet îlot devient une prison à ciel ouvert avec les miradors de la télé aux quatre coins. Comme démonstration on aurait pu trouver mieux. Echec.

    – Clairement, il y a encore des gens qui travaillent et ce ne sont pas les plus gros salaires, qui eux restent chez eux. Ca aussi ça ressemble au Moyen Âge quand les serfs étaient taillables et corvéables à merci. Classes.

    – Surtout, surtout ne restez pas enfermé chez vous avec la seule télé pour donneur d’ordre, non, au contraire sortez, voyez vos amis, jouez aux boules, faites des grillades, venez à la campagne ramasser des respounchous. Printemps.

    – Encore plus important, comprenez qu’il ne faut pas cesser de vivre par peur de la mort.

    Michel Costadau

  • Collectif

    Collectif

    Le plus grave n’est peut-être pas cette épidémie mais l’esprit qui se développe à ce sujet. Et il n’y a que deux explications possibles :

    – soit il s’agit bien d’une pandémie exceptionnellement dangereuse et nous aurons 100 000 victimes, moins que les 500 000 possibles si rien n’avait été fait,

    – soit il s’agit d’une grippe contagieuse certes, mais pas beaucoup plus dangereuse que les autres, et nous aurons un nombre de victimes comparable aux autres années.

    Je peux me tromper, mais je penche largement pour le second cas.

    Dans ce cas comment expliquer l’affolement du gouvernement. Pour moi c’est simple, le président est en campagne électorale et tous les morts pourraient lui être reprochés par ses concurrents s’il ne faisait rien. Il ne faut pas oublier que l’esprit civique a été laminé chez nous pour privilégier l’individualisme et l’égoïsme, ce qui explique toutes les enchères sécuritaires.

    Maintenant comment réagir à cela.

    Le plus important c’est de ne pas rester seul, de se voir, d’échanger avec d’autres, et pas que par téléphone mais en vrai, parce que demander aux gens de vivre isolé dans un cube de 2 m de coté avec au-dessus une caméra qui vous filme et vous dit ce qui permis et ce qui ne l’est pas, fait beaucoup plus de dégâts sur le moral que tous les virus.

    Ensuite, les victimes collatérales sont et seront les petits, ceux qui dépendent de leurs chantiers, de leurs ventes, de leur salaire, de leurs dates et qui vont être mis immédiatement en difficulté voire obligés de s’arrêter.

    Enfin il faut anticiper la résistance à la survenue probable d’évènements similaires par des circuits plus collectifs.

    Avoir une attention particulière pour éviter l’isolement des plus démunis,

    Élargir l’utilisation des réseaux familiaux, de copains, de militants, de connaissances y compris ville-campagne,

    Rouvrir des marchés de producteurs, d’échange et faire des marchés alternatifs.

    Activer de nouveaux circuits d’approvisionnement pour les produits nécessaires aux artisans, matériaux de construction, bois, fer, peintures, outillage,

    Répertorier et faire fonctionner des lieux privés couverts pouvant être utilisés pour se réunir, se nourrir et échanger.

    Quand tous les matins un magasin doit téléphoner à la préfecture pour savoir s’il peut ouvrir ou pas, je me demande de quel côté du rideau de fer nous sommes.  

    Michel Costadau

     

  • Promesses

    Promesses

    Bien obligé de parler des élections on est dans la période.

    Vous le savez déjà, les élus sont tous des professionnels de la politique. Et, que ce soit chez un artisan ou dans une grosse boite, le professionnalisme c’est la maitrise des procédés, des choix de qualité, des justes coûts, de la garantie et une bonne pérennité. Le professionnalisme des politiques est d’une tout autre nature. Il consiste avant tout à faire des promesses sans le moindre engagement. Et pour cela il faut de l’entrainement, des méthodes car sinon on se fait piéger par son propre discours. Le secret c’est qu’il faut donner l’impression de vouloir faire des choses sans que l’on sache très bien quoi. C’est pas évident, ça s’apprend.

    Quand un artisan vous promet de carreler la maison, il ne dit pas « si j’y arrive, ou si j’ai le temps ou si ça reste la priorité ou si je ne fais pas le contraire ». Et pourtant c’est exactement ce que font les élus en disant je vais faire çi ou je vais faire ça, sans le moindre devis, sans la moindre planification, voire sans la moindre compétence et bien sûr sans la moindre signature. Vous n’acceptez ces choses là que de votre beau frère quand il vous propose de refaire le toit du garage en oubliant la gouttière. De plus une fois élus ils font surtout des choses dont ils n’avaient jamais parlé.

    Et nous avons une triste illustration de ces comportements irresponsables avec le virus mais aussi avec la Syrie. Vous vous souvenez du temps où nous avions rompu nos relations diplomatiques avec Damas pour reconnaitre les rebelles, les recevoir à Paris, les armer et envoyer nos vaillants soldats bombarder des cibles alaouites. A un moment ils nous donnaient même des chiffres en effectifs, en tonne de bombes, en cibles atteintes.

    Et maintenant il reste un carré de ces rebelles, assiégés, expulsés ou assassinés dans le silence complet de Paris. Et pourtant pas grand-chose n’a changé dans ce coin là. Ce sont seulement nos politiques qui ont complètement oubliés leurs promesses et leurs discours. Cette guerre non déclarée a déjà dépassé le million de victimes civiles, y compris des milliers de français et ce n’est pas tout à fait fini.

    Le virus, quand à lui, n’atteindra probablement jamais ce chiffre et pourtant on sature encore et encore les médias avec des mesures fantaisistes. Qu’est ce qui cloche ?

    Ah oui pour les municipales pas de pb, ce sont des élections sans la moindre importance politique, à part le copinage. D’ailleurs c’est peut être ce que vous faites en votant pour des gens que vous connaissez ou que vous aimez bien. Ca parait naturel, mais si vous en espérez des avantages voire des aides ou des contrats, ou tout simplement des améliorations, ça s’appelle de la corruption. Bref tout cela est bien triste. Il est bien loin le temps où existaient des idées et des programmes politiques entre lesquels on pouvait choisir. A supposer que cela ait jamais existé.

     

    Michel Costadau

     

  • Tribunal

    Tribunal

    Antipasti.

    Fillon a raison, il y a bien un tribunal médiatique. Il juge, c’est-à-dire condamne ou innocente des citoyens, mais pas n’importe lesquels : uniquement ceux dont on parle à la télé. Et comme ce tribunal est lui-même aux mains des médias c’est la sphère médiatique qui se juge elle-même. Très drôle. Oh il n’y a, bien sûr, aucune valeur défendue par ces jugements, ni même de mécanisme de régulation, c’est seulement le classique « pas vu pas pris », qu’on appelle aussi le politiquement correct. Voila le décor, maintenant la question.

    Primi.

    Quel rapport y a-t-il entre les Césars, la réforme des retraites et le Covid19 ? A priori aucun pourrait-on dire et pourtant si : tous les trois ont un problème avec le consentement.

    Les Césars ont mis, à nouveau, en lumière des actes sexuels sans consentement explicite, enfin plus ou moins.

    La réforme des retraites met sur le devant de la scène l’adoption d’une loi sans le consentement des citoyens ni des élus et sans même les discussions qui vont normalement avec.

    Le Covid19 confine des populations, les met en quarantaine ou leur impose divers comportements sans leur consentement, et clairement sans le consentement de tous.

    Vous allez me dire : oui mais pour le Covid il s’agit d’un cas de force majeure dans le but de protéger la population. Eh bien non, pas du tout, le Covid n’est qu’une grippe asiatique de plus, contagieuse et pas trop méchante pour une fois, mais qui tombe bien pour détourner l’attention des calamiteuses municipales.

    Ensuite vous allez me dire que pour les Césars, on ne discute pas le viol et que des cas comme celui-là doivent être sanctionnés. Certes, mais alors pas que celui-là, mais aussi les milliers d’autres promotions canapés ou castings. Et il n’y a pas que le cinéma qui fait pression sur les femmes.

    Et enfin vous me direz que la réforme des retraites aurait de toute façon été votée par notre assemblée de godillots. Peut être, mais surement pas le même texte et l’étude de tous les cas concrets aurait eu plus de temps pour être menée, ce qui aurait évité toutes les errements que nous allons connaître pendant des dizaines d’années.

    Secondi.

    Du coup il est facile de se rendre compte que tout cela se passe, pratiquement exclusivement, dans les médias, oui je dis bien dans les médias et pas dans notre vie. Tous ces évènements ne nous sont accessibles que par les médias. Les médias nous disent ce qui se passe en Chine, dans les régions en quarantaine et même dans l’Oise, ce qui se passe pendant le tournage des films et dans les coulisses, ce qui se passe à l’Assemblée nationale et même ce qui se passe dans la rue. Nous, nous ne savons strictement rien, nous ne savons même pas ce qui se passe en bas de chez nous. Mais les médias nous disent tout ce qu’il faut savoir et du coup aussi ce qu’il faut penser et cela de la manière la plus continue et pernicieuse qui soit. Les médias ne parlent que d’événements catastrophiques qui, pour la plupart, ne nous concernent pas et nous maintiennent dans une espèce de crainte permanente dans le seul but d’ancrer notre impuissance.

    Dessert.

    Les médias nous disent qu’une majorité de citoyens sont contre l’actuelle reforme des retraites et nous donnent même un chiffre 72 %. En même temps on nous donne d’autres chiffres, 91 pour la motion de censure et puis encore d’autres chiffres pour les Covid. Et encore d’autres chiffres pour le soutien à cette jeune actrice qui s’est levée avant la fin du show. Les chiffres ça fait sérieux, solide, on peut compter.

    Moi aussi je sais compter et pour moi il y a encre plus de députés que de cas de Covid. Et je ne sais pas lesquels sont les plus malades.

    Alors quand on débranche les médias, on y voit plus clair et on peut voir la réalité : le 49.3 c’est un viol et même un viol collectif. Crime impuni pour combien de temps encore ?

    Michel Costadau

  • Jospin

    Jospin

    Fini les élucubrations, place à l’action ou plutôt … à la réflexion.

    Alors voilà, vous qui votez, vous vous posez surement la question : comment se débarrasser de ce gouvernement dangereux et en plus minable. Je vous refais pas la démonstration complète, vous la connaissez. Nos institutions sont plombées par la présidentielle, il faut donc en passer par là.

    Le clown va surement se représenter, car ils n’ont personne d’autre. Comment faire pour qu’à coup sûr il ne soit pas élu. Je dis à coup sûr car ces gens-là distillent trop de mensonges opportuns pour que l’on croie ce qu’ils disent.

    Réfléchissons donc, la règle antidémocratique en place indique que seuls les deux premiers vont au second tour. Mais pas le troisième. La voilà la solution : mettre le clown en troisième position. C’est un peu le coup de Jospin à l’envers si vous voulez. Alors comment faire ?

    D’abord je compte beaucoup sur les électeurs RN pour placer leur candidate en tête. C’est un point très solide et positif dans cette stratégie. Ensuite il faut trouver un second qui ne soit pas le sortant. Plusieurs pistes sont à explorer : les élections précédentes, les mouvements sociaux et les grands courants sociétaux.

    Commençons par la précédente élection : ils étaient quatre autour de 20 %, qui tous d’ailleurs auraient pu prétendre au second tour si on était en démocratie. Observons que les troisième et quatrième étaient justement la gauche et la droite. La gauche est dispersée en étincelles, qu’elle se représente ou pas n’a donc pas grande importance. Par contre, la droite est le cœur de cible du président et donc une vraie candidature de droite peut lui enlever beaucoup de voix.

    Analysons maintenant les mouvements sociaux. Deux grands courants se sont développés depuis le début du mandat : les très originaux Gilets Jaunes et la réaction syndicale et populaire à la piteuse nième réforme des retraites. Ces deux mouvements ont en commun une très forte hostilité envers le gouvernement et surtout le chef de l’Etat. C’est-à-dire que cette défiance est profonde et devrait se retrouver dans les urnes en affaiblissant le score du sortant.

    Et donc deuxième enseignement. Le score du clown devrait être inférieur à celui de la précédente élection et donc le mettre après les deux premiers.

    Enfin troisième analyse : les grands courants d’idées. La notion forte de déclassement et de société à deux vitesses, initiée par les GJ reste un moteur très important des mouvements récents. Cependant cela relève, pour ainsi dire, de l’éternel ressort de la lutte des classes. Son coté passéiste n’est pas porteur facilement de nouvelles avancées sociétales. Il faut donc trouver autre chose.

    Incontestablement, le réchauffement, la pollution et la destruction de la biodiversité ont fait surgir un sentiment d’urgence à agir pour l’environnement. C’est la grande émergence de ces dernières années. L’arrêt du pillage de la planète représente un immense programme dont personne ne s’occupe réellement pour le moment. Un candidat porteur de ces préoccupations devrait rassembler une part importante des votants. Ça devrait pouvoir faire notre second.

    On se résume : pour faire le Jospin à l’envers trois conditions s’imposent.

    D’abord que le RN continue à tenir la route, ensuite que la droite présente un candidat et enfin que se montre un vrai candidat environnemental. J’espère qu’il y a en aura un et que vous voterez pour lui.

    Michel Costadau

  • Elucubrations retraitables

    Elucubrations retraitables

    Souvent à vélo je passais devant sa maison complètement décorée. Quelque fois je lui disais bonjour et d’autres fois je le retrouvais l’après midi à la pétanque. Il avait travaillé dans la peinture de citernes et de gazoducs. Sa maison était toujours ouverte et il bricolait, peignait ou réparait quelques outils.

    Et puis un matin je le vois sortir des couvertures et des vêtements de chez lui pour les mettre, avec quelqu’un de sa famille ou un ami, dans une voiture avec une petite remorque attelée. Je m’arrête et je lui demande :

    – tu t’en vas,

    – non je suis mis à la porte,

    – et tu vas où,

    – au HLM,

    – qu’est-ce qui s’est passé,

    – ben en cinq ans la maison de retraite m’a pris la maison,

    – quelle maison de retraite,

    – celle où était ma mère, y m’ont réclamé 75 000€, la maison a été vendue 85 000€,

    – …..

    – y nous reste rien, y sont pressés je dois tout vider avant lundi,

    – ta mère est toujours à la maison de retraite,

    – non elle est morte,

    – ….ah euh je sais pas quoi dire.

    J’ai repris mon vélo avec une sourde boule dans l’estomac. Parce que c’était trop d’injustice. Travailler toute sa vie, comme il l’avait fait, pour un salaire de misère et se voir enlever sa maison pour payer la retraite de sa mère, c’est pas croyable. Nous ne sommes pas dans la préhistoire que je sache mais dans une société riche qui envoie des engins dans l’espace et qui entretient des châteaux et des parcs mais qui est incapable de payer la retraite de ses anciens.

    La société c’est nous et nous ne sommes pas fichus d’offrir une fin de vie correcte à nos parents. Il y a quelque chose qui ne va pas. Comment a-t-il été possible que la vieillesse devienne un tel business. Comment avons-nous pu laisser les marchands s’emparer des misères de l’âge pour gonfler leurs comptes en banque.

    Et voilà que le déclic s’est fait.

    Retraite, retraites on en parle beaucoup en ce moment, mais une évidence s’impose : il y a deux aspects complètements disjoints.

    Toucher une retraite n’a aucun rapport avec payer une maison de retraite. Et je découvre d’un seul coup que la fin de vie est un droit exactement comme l’éducation du début de vie. Pourquoi la société envoie-t-elle les enfants à l’école et livre-t-elle les vieux aux requins de la médecine et de l’hôtellerie.

    Il est clair, à part pour les riches, que la retraite que l’on finance par son travail est insuffisante pour payer une maison de retraite. Il faudrait plus que tripler le smic et aussi ne pas chercher à rogner celles qui existent. Et c’est encore pire pour une hospitalisation longue durée à domicile : ça coûte une fortune et seuls les princes du pétrole peuvent de l’offrir.

    Nous acceptons que les jeunes passent presque 20 ans sans revenus et la société n’est pas capable de payer 5 ans en maison de retraite à une personne qui en a besoin. Non il faut que les bandits fouillent nos poches et vendent les maisons des smicards. C’est un constat terrible.

    Réveillez-vous, le loup n’est pas à l’étranger ou chez les étrangers, il est entré dans la bergerie, il est chez nous et il fait ce qu’il veut sous nos yeux.

    Réveillez-vous, votre retraite ne doit pas servir à payer la maison de retraite pas plus que l’hôpital, c’est un service que la société nous doit.

    Michel Costadau

  • Elucubrations familiables

    Elucubrations familiables

    Je me suis souvent demandé comment on nommait les beaux-parents de nos enfants. Les parents des enfants c’est nous il n’y a pas de problème, mais les parents du conjoint de notre enfant et donc ses beaux-parents, je n’ai pas trouvé le nom. Vous allez me dire que c’est sans importance et qu’on s’en fiche, eh bien vous aurez peut-être tort.

    Dans toutes les civilisations : indiennes, orientales, africaines ou latines on parle de mariages précoces, décidés par les familles alors que les enfants sont encore très jeunes. Et alors, dites-moi qui discute de ces choses-là si ce ne sont les parents et les futurs beaux parents des enfants. De même, dans les familles patrimoniales possédant de plus ou moins grands biens voire des empires, le mariage des héritiers a la vocation d’agrandir les possessions et accessoirement de mettre fin à des conflits. Là encore qui discute de ces choses-là si ce ne sont les parents des futurs jeunes conjoints.

    Les parents du conjoint d’un enfant sont donc des partenaires, des relations, des interlocuteurs de la plus grande importance pour une famille. Ce sont même souvent des alliés et pourtant ils n’ont pas de noms génériques comme cousins, gendre, oncle.

    Bien sûr quand les enfants ont des enfants, les parents et beaux-parents deviennent grand-père, grand-mère, papi, mamie, mais la désignation demeure longuette, du genre : le grand père du côté de ta maman ou bien ton autre grand-mère.

    Cela n’empêche pas que tout grands-parents qu’ils soient, ils restent non nommés pour nous.

    Qu’à cela ne tienne.

    Elucubrons de trouver quelque chose. Eh bien justement il y a un vocable qui irait bien c’est compère. Le père et le compère et réciproquement. Déjà il y a père dedans c’est pas mal, et aussi un préfixe qui donne une idée de similitude. Et donc le père discute avec son compère de l’avenir de leurs enfants … et de leurs biens. Ça se tient. Et quand le jeune ménage a des enfants les deux compères deviennent des grands-parents heureux.

    Evidemment, maintenant, le mot est plutôt connoté compagnon de brigandage. Et c’est pire pour commère qui va très bien aussi mais qui a été réduit aux ragots de bas étage.

    Si je vous parle de ça c’est parce que ma propre expérience me dit que la compétence des jeunes parents pour élever et surtout éduquer leurs enfants est quasiment nulle. Ils vont d’erreurs en problèmes et de bêtises en ratages. C’est le grand domaine de l’ignorance. Certes ils apprennent avec le temps mais c’est trop tard pour les premiers, qui, compte tenu de la peur actuelle, sont d’ailleurs les seuls. Peut-être qu’au bout du cinquième le savoir peut venir et les résultats pourraient être meilleurs, peut-être mais c’est pas sûr.

    En fait ceux qui ont le plus d’expérience, voire de temps, ce sont les grands-parents, les compères et commères que nous venons d’évoquer. Bien sûr ils ont eux-mêmes leurs défauts et peuvent avoir des idées décalées, par exemple sur la religion ou le travail, mais assurément c’est eux qui ont le plus de bagage. Et ils ne s’en servent pas.

    Vous savez quand on met de chevaux dans une nouvelle pâture, la première chose qu’ils font c’est de faire le tour complet de la clôture et s’il y a la moindre faille ils s’y glissent résolument et s’évadent. Les enfants c’est pareil, ils cherchent partout les limites et ils exploitent toutes les faiblesses des parents et les trous dans la clôture. Du coup ils échappent à eux-mêmes et ils se vident de leur substance, c’est-à-dire de leur personnalité, sous le regard impuissant des compères et commères.

    Michel Costadau

  • Elucubrations futurables

    Elucubrations futurables

    Pour ceux qui ont suivi, la question devient donc : mais qu’est-ce que le vivant fait sur terre ? Il est bien évident que je n’en sais absolument rien et ceux qui disent qu’ils le savent sont de gros menteurs, voire de dangereux illusionnistes, suivez mon regard. Néanmoins, même s’il s’avère difficile d’établir le rationnel de la présence du vivant sur terre, il n’est pas interdit de formuler quelques hypothèses sur la suite des évènements.

    Pour commencer, constatons la possibilité non négligeable que l’homme disparaisse de la planète, un peu comme les dinosaures. Les raisons pour cela ne manquent pas aujourd’hui, ce qui rend la chose fort crédible. Et il est assez facile d’imaginer que l’évolution se continuera avec les souches résilientes. Cette hypothèse a par contre un avantage et un inconvénient. L’avantage c’est que la question de « pourquoi l’homme » revêtira beaucoup moins d’intérêt car sa disparition donnera la priorité aux survivants, qui seuls seront à même de se poser la question. L’inconvénient c’est qu’elle peut se produire à très court terme, ce qui veut presque dire que nous sommes concernés.

    Mais voyons si on peut élucubrer autre chose.

    Regardons alors du côté du reste c’est-à-dire de l’univers minéral. Il semble que son destin soit le froid et l’immobilité. Je ne sais pas quels sont ceux qui ont inventé l’entropie mais ils ne nous ont pas fait un joli cadeau. C’est vraiment le nivellement par le bas.

    Alors nouvelle hypothèse : le vivant c’est le déclic pour lutter contre l’immobilité. Je m’explique. La reproduction, même associée à une très faible durée de vie individuelle, est un chemin d’éternité. Le vivant se reproduit, au moins quantitativement, et cela peut durer très longtemps. Certes cela se passe pour le moment dans un cocon atmosphérique privilégié et il ne sera pas aisé de trouver un peu d’énergie dans un univers froid et immobile mais c’est quand même une idée. Cette idée met en œuvre un dépassement de la matière par elle-même. Ou, si vous préférez, le potentiel de la matière serait beaucoup plus riche qu’on ne le croit car la matière a déjà réussi à produire des assemblages assez sophistiqués qui questionnent son immobilité. C’est peut-être une vision un peu optimiste, mais aussi qui a l’inconvénient de demander beaucoup de temps pour se vérifier surtout sur la fin.

    Maintenant regardons directement le vivant. Nous venons de dire que les organismes produits par l’évolution sont de plus en plus élaborés. Comme nous ne savons pas pourquoi nous mêmes, les hommes, sommes arrivés à émerger, mais seulement comment, il est tout à fait possible que de nouvelles émergences se produisent avec des organismes encore plus évolués. Plus évolué ne veut pas du tout dire surhomme, car il apparait assez clairement que l’homme est peu adapté aux ressources de la terre : trop grand, trop gros, trop de besoins et un cerveau qui déraille facilement. D’ailleurs on peut ajouter que la reproduction sexuée, qui a l’avantage d’un petit mélange des gènes atténue beaucoup trop le besoin de se reproduire. Car la reproduction n’est pas un choix c’est la loi du vivant. De plus il semble que la courbe d’évolution du vivant soit passée par son maximum pour ce qui concerne la taille des spécimens.

    Alors plus évolué c’est plutôt dans le sens plus petit et plus résistant. Bien sûr ça peut prendre encore un million d’années, voire plus, mais c’est possible. Certes l’empressement actuel de nos dirigeants à stériliser notre planète et à détruire tout le vivant voile singulièrement l’avenir. Mais que de nouveaux organismes, disons plus performants, voient le jour c’est bien possible.

    Un jour.

    Michel Costadau