Auteur/autrice : Michel Costadau

  • Elucubrations retraitables

    Elucubrations retraitables

    Souvent à vélo je passais devant sa maison complètement décorée. Quelque fois je lui disais bonjour et d’autres fois je le retrouvais l’après midi à la pétanque. Il avait travaillé dans la peinture de citernes et de gazoducs. Sa maison était toujours ouverte et il bricolait, peignait ou réparait quelques outils.

    Et puis un matin je le vois sortir des couvertures et des vêtements de chez lui pour les mettre, avec quelqu’un de sa famille ou un ami, dans une voiture avec une petite remorque attelée. Je m’arrête et je lui demande :

    – tu t’en vas,

    – non je suis mis à la porte,

    – et tu vas où,

    – au HLM,

    – qu’est-ce qui s’est passé,

    – ben en cinq ans la maison de retraite m’a pris la maison,

    – quelle maison de retraite,

    – celle où était ma mère, y m’ont réclamé 75 000€, la maison a été vendue 85 000€,

    – …..

    – y nous reste rien, y sont pressés je dois tout vider avant lundi,

    – ta mère est toujours à la maison de retraite,

    – non elle est morte,

    – ….ah euh je sais pas quoi dire.

    J’ai repris mon vélo avec une sourde boule dans l’estomac. Parce que c’était trop d’injustice. Travailler toute sa vie, comme il l’avait fait, pour un salaire de misère et se voir enlever sa maison pour payer la retraite de sa mère, c’est pas croyable. Nous ne sommes pas dans la préhistoire que je sache mais dans une société riche qui envoie des engins dans l’espace et qui entretient des châteaux et des parcs mais qui est incapable de payer la retraite de ses anciens.

    La société c’est nous et nous ne sommes pas fichus d’offrir une fin de vie correcte à nos parents. Il y a quelque chose qui ne va pas. Comment a-t-il été possible que la vieillesse devienne un tel business. Comment avons-nous pu laisser les marchands s’emparer des misères de l’âge pour gonfler leurs comptes en banque.

    Et voilà que le déclic s’est fait.

    Retraite, retraites on en parle beaucoup en ce moment, mais une évidence s’impose : il y a deux aspects complètements disjoints.

    Toucher une retraite n’a aucun rapport avec payer une maison de retraite. Et je découvre d’un seul coup que la fin de vie est un droit exactement comme l’éducation du début de vie. Pourquoi la société envoie-t-elle les enfants à l’école et livre-t-elle les vieux aux requins de la médecine et de l’hôtellerie.

    Il est clair, à part pour les riches, que la retraite que l’on finance par son travail est insuffisante pour payer une maison de retraite. Il faudrait plus que tripler le smic et aussi ne pas chercher à rogner celles qui existent. Et c’est encore pire pour une hospitalisation longue durée à domicile : ça coûte une fortune et seuls les princes du pétrole peuvent de l’offrir.

    Nous acceptons que les jeunes passent presque 20 ans sans revenus et la société n’est pas capable de payer 5 ans en maison de retraite à une personne qui en a besoin. Non il faut que les bandits fouillent nos poches et vendent les maisons des smicards. C’est un constat terrible.

    Réveillez-vous, le loup n’est pas à l’étranger ou chez les étrangers, il est entré dans la bergerie, il est chez nous et il fait ce qu’il veut sous nos yeux.

    Réveillez-vous, votre retraite ne doit pas servir à payer la maison de retraite pas plus que l’hôpital, c’est un service que la société nous doit.

    Michel Costadau

  • Elucubrations familiables

    Elucubrations familiables

    Je me suis souvent demandé comment on nommait les beaux-parents de nos enfants. Les parents des enfants c’est nous il n’y a pas de problème, mais les parents du conjoint de notre enfant et donc ses beaux-parents, je n’ai pas trouvé le nom. Vous allez me dire que c’est sans importance et qu’on s’en fiche, eh bien vous aurez peut-être tort.

    Dans toutes les civilisations : indiennes, orientales, africaines ou latines on parle de mariages précoces, décidés par les familles alors que les enfants sont encore très jeunes. Et alors, dites-moi qui discute de ces choses-là si ce ne sont les parents et les futurs beaux parents des enfants. De même, dans les familles patrimoniales possédant de plus ou moins grands biens voire des empires, le mariage des héritiers a la vocation d’agrandir les possessions et accessoirement de mettre fin à des conflits. Là encore qui discute de ces choses-là si ce ne sont les parents des futurs jeunes conjoints.

    Les parents du conjoint d’un enfant sont donc des partenaires, des relations, des interlocuteurs de la plus grande importance pour une famille. Ce sont même souvent des alliés et pourtant ils n’ont pas de noms génériques comme cousins, gendre, oncle.

    Bien sûr quand les enfants ont des enfants, les parents et beaux-parents deviennent grand-père, grand-mère, papi, mamie, mais la désignation demeure longuette, du genre : le grand père du côté de ta maman ou bien ton autre grand-mère.

    Cela n’empêche pas que tout grands-parents qu’ils soient, ils restent non nommés pour nous.

    Qu’à cela ne tienne.

    Elucubrons de trouver quelque chose. Eh bien justement il y a un vocable qui irait bien c’est compère. Le père et le compère et réciproquement. Déjà il y a père dedans c’est pas mal, et aussi un préfixe qui donne une idée de similitude. Et donc le père discute avec son compère de l’avenir de leurs enfants … et de leurs biens. Ça se tient. Et quand le jeune ménage a des enfants les deux compères deviennent des grands-parents heureux.

    Evidemment, maintenant, le mot est plutôt connoté compagnon de brigandage. Et c’est pire pour commère qui va très bien aussi mais qui a été réduit aux ragots de bas étage.

    Si je vous parle de ça c’est parce que ma propre expérience me dit que la compétence des jeunes parents pour élever et surtout éduquer leurs enfants est quasiment nulle. Ils vont d’erreurs en problèmes et de bêtises en ratages. C’est le grand domaine de l’ignorance. Certes ils apprennent avec le temps mais c’est trop tard pour les premiers, qui, compte tenu de la peur actuelle, sont d’ailleurs les seuls. Peut-être qu’au bout du cinquième le savoir peut venir et les résultats pourraient être meilleurs, peut-être mais c’est pas sûr.

    En fait ceux qui ont le plus d’expérience, voire de temps, ce sont les grands-parents, les compères et commères que nous venons d’évoquer. Bien sûr ils ont eux-mêmes leurs défauts et peuvent avoir des idées décalées, par exemple sur la religion ou le travail, mais assurément c’est eux qui ont le plus de bagage. Et ils ne s’en servent pas.

    Vous savez quand on met de chevaux dans une nouvelle pâture, la première chose qu’ils font c’est de faire le tour complet de la clôture et s’il y a la moindre faille ils s’y glissent résolument et s’évadent. Les enfants c’est pareil, ils cherchent partout les limites et ils exploitent toutes les faiblesses des parents et les trous dans la clôture. Du coup ils échappent à eux-mêmes et ils se vident de leur substance, c’est-à-dire de leur personnalité, sous le regard impuissant des compères et commères.

    Michel Costadau

  • Elucubrations futurables

    Elucubrations futurables

    Pour ceux qui ont suivi, la question devient donc : mais qu’est-ce que le vivant fait sur terre ? Il est bien évident que je n’en sais absolument rien et ceux qui disent qu’ils le savent sont de gros menteurs, voire de dangereux illusionnistes, suivez mon regard. Néanmoins, même s’il s’avère difficile d’établir le rationnel de la présence du vivant sur terre, il n’est pas interdit de formuler quelques hypothèses sur la suite des évènements.

    Pour commencer, constatons la possibilité non négligeable que l’homme disparaisse de la planète, un peu comme les dinosaures. Les raisons pour cela ne manquent pas aujourd’hui, ce qui rend la chose fort crédible. Et il est assez facile d’imaginer que l’évolution se continuera avec les souches résilientes. Cette hypothèse a par contre un avantage et un inconvénient. L’avantage c’est que la question de « pourquoi l’homme » revêtira beaucoup moins d’intérêt car sa disparition donnera la priorité aux survivants, qui seuls seront à même de se poser la question. L’inconvénient c’est qu’elle peut se produire à très court terme, ce qui veut presque dire que nous sommes concernés.

    Mais voyons si on peut élucubrer autre chose.

    Regardons alors du côté du reste c’est-à-dire de l’univers minéral. Il semble que son destin soit le froid et l’immobilité. Je ne sais pas quels sont ceux qui ont inventé l’entropie mais ils ne nous ont pas fait un joli cadeau. C’est vraiment le nivellement par le bas.

    Alors nouvelle hypothèse : le vivant c’est le déclic pour lutter contre l’immobilité. Je m’explique. La reproduction, même associée à une très faible durée de vie individuelle, est un chemin d’éternité. Le vivant se reproduit, au moins quantitativement, et cela peut durer très longtemps. Certes cela se passe pour le moment dans un cocon atmosphérique privilégié et il ne sera pas aisé de trouver un peu d’énergie dans un univers froid et immobile mais c’est quand même une idée. Cette idée met en œuvre un dépassement de la matière par elle-même. Ou, si vous préférez, le potentiel de la matière serait beaucoup plus riche qu’on ne le croit car la matière a déjà réussi à produire des assemblages assez sophistiqués qui questionnent son immobilité. C’est peut-être une vision un peu optimiste, mais aussi qui a l’inconvénient de demander beaucoup de temps pour se vérifier surtout sur la fin.

    Maintenant regardons directement le vivant. Nous venons de dire que les organismes produits par l’évolution sont de plus en plus élaborés. Comme nous ne savons pas pourquoi nous mêmes, les hommes, sommes arrivés à émerger, mais seulement comment, il est tout à fait possible que de nouvelles émergences se produisent avec des organismes encore plus évolués. Plus évolué ne veut pas du tout dire surhomme, car il apparait assez clairement que l’homme est peu adapté aux ressources de la terre : trop grand, trop gros, trop de besoins et un cerveau qui déraille facilement. D’ailleurs on peut ajouter que la reproduction sexuée, qui a l’avantage d’un petit mélange des gènes atténue beaucoup trop le besoin de se reproduire. Car la reproduction n’est pas un choix c’est la loi du vivant. De plus il semble que la courbe d’évolution du vivant soit passée par son maximum pour ce qui concerne la taille des spécimens.

    Alors plus évolué c’est plutôt dans le sens plus petit et plus résistant. Bien sûr ça peut prendre encore un million d’années, voire plus, mais c’est possible. Certes l’empressement actuel de nos dirigeants à stériliser notre planète et à détruire tout le vivant voile singulièrement l’avenir. Mais que de nouveaux organismes, disons plus performants, voient le jour c’est bien possible.

    Un jour.

    Michel Costadau

  • Vivant

    Vivant

    A la question : mais qu’est-ce que l’homme fait donc sur terre, je réponds, d’abord, en disant que la question est mal posée. Pourquoi, eh bien parce que l’homme tout seul ça ne veut rien dire. L’homme est seulement une des composantes du vivant. Le vivant c’est tout ce qui a trouvé un moyen de se reproduire. Et les moyens ne manquent pas. Le contraire c’est la matière inerte, ce qui est un pléonasme d’ailleurs. Les montagnes, pas plus que les étoiles ou les téléphones, ne se reproduisent pas.

    Nous faisons donc partie du vivant, nous en sommes indissociables, c’est une des prises de conscience essentielle que l’humanité fait en ce moment.

    Nous sommes, simplement, le produit du temps et de l’évolution qui ont petit à petit mis en place le vivant sur la terre et nous sommes seuls dans l’univers, seuls vivants dans un monde minéral. Cela dit, nous ne sommes pas les premiers et peut-être pas les derniers.

    Cependant le vivant a deux gros défauts : le premier c’est que ça meurt et le second c’est que ça mange. Pour le premier on verra ça plus tard. Le second défaut a une particularité c’est que le vivant mange du vivant et s’il ne mange pas il meurt. C’est de l’autoconsommation si vous voulez. Le vivant ne se nourrit pas de pierres, mais de matière organique. Du coup nous découvrons avec stupeur que les végétariens sont exactement comme les carnassiers parce qu’un mouton n’est pas plus ou moins vivant qu’une salade ou des champignons. Ce sont, comme nous, des représentants de notre règne. Quand aux poissons, je ne comprends pas que dans l’alimentation on les distingue des lapins ou des poulets, car les poissons sont une grosse partie du vivant et nous avons sûrement des ancêtres communs.

    Ce qui saute aux yeux c’est la luxuriance du vivant, c’est un feu d’artifice d’essais divers et variés en forme, taille, locomotion, solutions astucieuses, alimentation, reproduction, couleurs, qui continue à se produire sous nos yeux. Mais cette richesse ne nous appartient pas, elle n’est pas à nous, comme si on pouvait en faire ce que l’on veut. C’est le contraire, c’est nous qui dépendons d’elle. Le vivant c’est notre garde-manger, alors la plus grande attention s’impose. De plus, en tant qu’organisme élaboré, nous sommes composés de tas d’autres organismes vivants. Redoublement d’attention.

    Et donc, par évidence, détruire inutilement du vivant c’est nous tirer une balle dans le pied et ça fait mal croyez-en ma propre expérience.

    Heureusement la loi de la jungle n’existe pas, il n’y a que des équilibres variables et évolutifs. Pourtant il me semble qu’aujourd’hui il y a quelques écarts dans les équilibres. Ce n’est pas tellement le nombre de poulets ou de souris de laboratoire qui pose problème, c’est l’esprit dominant de certains qui est inquiétant. L’homme n’a pas inventé le vivant, loin de là, il l’a seulement trouvé en cours de route. Alors faire croire que l’homme a une puissance sans limite ayant le droit de vie et de mort sur tous les autres représentants c’est vraiment inconscient.

    S’il y a bien quelque chose dont nous devons être conscients c’est de notre fragilité et de notre totale solidarité avec le vivant.

    Oui je sais, je n’ai pas encore répondu à la question mal posée du début, ce sera pour une autre fois.

    Michel Costadau

  • Rousquilles

    Rousquilles

    Par le plus grand des hasards nous venons de passer quelques jours à Perpignan. Autant vous le dire tout de suite c’est très différent de Copenhague. Zéro vélos, rues étroites, des tas d’églises et de couvents, beaucoup d’immigrés. Si vous vous en souvenez j’avais décrit Copenhague comme un îlot de richesse, eh bien je peux dire que Perpignan est plutôt un îlot de pauvreté. Et je voulais faire un billet là-dessus.

    Mais c’est alors que j’ai entendu dire que les gitans posaient problème, puis que le maire avait épousé une gitane, puis que l’État avait donné des primes aux gitans pour qu’ils se sédentarisent et que ça les avait fait grossir….D’un seul coup touts ces « on dit » m’ont empêché d’accéder à la réalité de Perpignan.

    Vous le savez je parle beaucoup de la réalité, parce que, pour moi, c’est le seul lien qu’il ne faut pas perdre tout au long de son existence. Donc pour le moment Perpignan m’échappe un peu mais je vais m’en occuper.

    Bien sûr la réalité est souvent complexe et l’on a du mal à la découvrir. Aujourd’hui, les physiciens ont encore des soucis avec la représentation ondulatoire de la matière ou avec la dilatation de l’eau. Disons aussi que la réalité est plus facile d’accès avec les éléments qu’avec les sentiments. Néanmoins l’expression « c’est le moment de voir la réalité en face » a sa place dans toutes les vies humaines.

    La réalité n’est pas du tout ce que l’on connaît, ce que l’on sait scientifiquement, ce que l’on a découvert, ce sur quoi l’on peut compter. Non ça, ce n’en est qu’une infime partie. La réalité c’est tout ce qui existe, tout ce qui se passe, comment ça fonctionne, comment ça évolue, comment ça commence et comment ça finit.

    Et donc nous passons notre temps à essayer de comprendre ce que nous faisons, c’est-à-dire à découvrir la réalité.

    Pour cela la démarche dite scientifique est d’une grande utilité et c’est même la seule qui a fait ses preuves. Mais elle est devenue aussi d’une grande perversion puisque la science n’est pas la vérité, mais seulement la méthode, le chemin si vous préférez, l’interprète final restant l’homme.

    Et beaucoup trop de scientifiques ou plutôt pseudo-scientifiques utilisent leur savoir pour falsifier la réalité au nom de leurs croyances……..ou de leurs intérêts. C’est le cas actuellement pour l’électricité, on l’a dit, mais aussi pour les produits phytos, les ondes, l’alimentation, les fumées, les médicaments. On ne sait plus quoi croire.

    Trop de scientifiques se sont fait les agents des entreprises et des médias. La science ne peut pas être la caution de la société dans laquelle nous vivons, ça s’appelle de la politique. Ce n’est pas le même genre. Nous avons déjà à nous protéger des médias, si en plus il faut nous méfier des scientifiques ça va devenir difficile.

    Hélas je sais que pas mal de gens ne croient pas que la réalité existe, et justement ce sont souvent des croyants. Evidemment quand on pense que la réalité n’existe pas il faut d’énormes remparts pour s’en protéger et continuer à vivre dans le mensonge. Et c’est là que les médias et maintenant les scientifiques font leur sale boulot.

    Définitivement la réalité virtuelle n’est pas la réalité. 

    Michel Costadau

     

  • Proverbe

    Proverbe

    Le proverbe dit : si tu en veux à quelqu’un au point de vouloir le tuer, il te faut alors prévoir deux cercueils : le sien….et le tien.

    C’est vrai qu’en ce moment, ça cartonne autour de nous. Je ne parle pas de politique étrangère, je parle de deux voisins soudain brouillés pour une histoire de chevaux, de deux sœurs et d’un frère qui se disputent une maison, d’une fille qui ne parle plus à son père pour une histoire d’argent et d’un artisan qui coupe les ponts avec sa voisine pour une histoire de hauteur de mur.

    Bien sûr les prétextes sont toujours futiles et donc n’expliquent rien. En fait je me demande s’il n’y a pas chez l’homme un gène de la mésentente, un virus de la discorde. Comme si l’état naturel était plutôt de ne pas s’entendre, d’en vouloir aux autres par principe. Du coup tout rapprochement, toute fraternisation, voire toute vie en société demanderait de prendre sur soi, de faire un effort particulier. Le contraire de Rousseau si vous voulez. L’homme ne serait pas du tout bon naturellement, mais plutôt mal disposé envers ses congénères.

    Et comme l’homme est un animal social, il y aurait comme de l’eau dans le tuyau pour la vie en société.

    En tous cas les exemples ne manquent pas pour appuyer cette hypothèse. La guerre bien sûr, je veux dire les 4 ou 5 mille ans d’histoire que l’on connaît un peu mieux semblent n’être qu’une succession de batailles, de confrontations entre empires, plus ou moins éphémères mais toujours sanglantes. Certes c’était une époque où l’envahissement correspondait souvent à une découverte de nouveaux territoires. Mais visiblement même sans la justification de la découverte, les envahissements ne se sont jamais arrêtés. Il y a même une forme d’architecture qui s’est développée pour décourager les agresseurs : les murailles. Quand aux attaquants ils ont, eux, inventé la technique du siège.

    Notons aussi que lors de la découverte de l’Amérique, la première réaction en présence des « Indiens » a été de ne pas croire que ça pouvait être des hommes mais plutôt des bêtes. La suite n’a été qu’une succession de massacres et d’exterminations de masse.

    Je ne peux pas non plus oublier les guerres de religions, où l’on atteint le sommet de l’absurde puisque la force d’une croyance en la nature divine de l’humain amène à éliminer les gens au motif qu’ils n’ont pas les mêmes divinités.

    Enfin le monde que nous avons sous les yeux n’est pas du tout plus reluisant et démontre encore plus s’il le fallait que c’est la haine qui est l’œuvre, beaucoup plus que la fraternité.

    Par exemple, dans le conflit des retraites, la stratégie gouvernementale est complètement moyenâgeuse : le siège. C’est à dire affamer les occupants en les privant de moyens de subsistance, empêcher qu’ils soient aidés, les bombarder dès qu’ils font une sortie et leur faire de fallacieuses promesses pour qu’ils se rendent. Ce n’est pas très moderne.

    Qui plus est, les philosophes se sont emparés de cette notion avec la création de deux grands courants politiques :

    – l’homme étant bon naturellement, la société doit empêcher de nuire ceux qui ne jouent pas le jeu, c’est-à- dire qui veulent marcher sur les autres et, au contraire, protéger les plus faibles et aider chacun à s’épanouir, c’était le modèle social,

    – l’homme étant asocial naturellement, la société doit éliminer ceux qui ne jouent pas le jeu, c’est-à-dire qui se laissent bêtement tondre la laine sur le dos et, au contraire, privilégier ceux qui réussissent quels que soient les moyens qu’ils emploient, c’était le modèle libéral.

    Et en définitive, aujourd’hui, ceux qui ne pensent qu’à eux sont ceux qui s’en sortent le mieux.

    Apparemment.

    Michel Costadau

  • Conso

    Conso

    Un retour aux fondamentaux s’impose. Il semble qu’il y en ait qui pensent faire beaucoup plus pour l’environnement que d’autres. Diantre. Bien entendu aucune initiative dans ce domaine n’est à critiquer, bien au contraire, et même à encourager. Mais enfin il faut aussi appeler un chat un chat et comprendre que le souci pour la planète est analysé, utilisé, voire suscité par la société de consommation.

    Et donc toujours pour appeler un chat un chat, est-ce que celui qui met un composteur dans sa cuisine fait plus pour la planète que celui qui jette tout sans rien trier : eh bien pas du tout. Par contre il se fait plaisir et c’est très important et il manifeste une prise de conscience, ce qui est encore plus important.

    On explique : notre société ne cherche pas du tout à préserver l’environnement, elle cherche seulement à externaliser la pollution. De même que les bons catholiques pouvaient dépenser en famille l’argent de la traite des esclaves, parce que ça se passait loin des yeux, de même aujourd’hui l’interdiction des voitures polluantes en ville a pour seul but de polluer ailleurs, loin des regards. Déjà quand il arrive dans nos ports le pétrole a payé une énorme facture carbone par son transport en tankers, énorme mais invisible.

    Les trains et autres véhicules à hydrogène participent aussi de cette externalisation. Ils ne polluent pas en consommant de l’hydrogène, ils polluent beaucoup avant, quand il a fallu le fabriquer. Les centrales nucléaires ont des voisins certes mais bien peu par rapport aux utilisateurs de leur électricité. La vapeur qui s’en dégage n’est que du réchauffement mais ça fait un joli panache et c’est loin. Les raffineries, il y a en a bien peu. Certes elles fument mais rares sont ceux qui en sentent l’odeur. Il a fallu que Lubrisol brûle pour qu’on comprenne qu’ils fabriquaient de drôles de trucs.

    La voiture électrique est l’exemple type. On amène l’électricité en ville, depuis des centrales polluantes, par un gros tuyau pour recharger des batteries, elles-mêmes fabriquées au loin avec des matériaux extraits en Afrique par des gangs et recyclés en Inde par des va-nu-pieds. C’est ça la version française de la voiture propre.

    J’évoquais plus haut la traite des esclaves mais n’oublions pas que de nos jours d’immenses fortunes sont bâties sur l’élaboration, la construction et la vente d’armes, y compris l’Etat. Oui rien n’a changé.

    Quant aux sociétés prônant, pour gagner de nouveaux clients, le développement d’énergies renouvelables, éolien, photo-vol truc ou géo machin, elles ne font que chercher à produire plus d’électricité ce qui finit toujours en chaleur et donc en réchauffement et, non seulement elles ne le disent pas, mais affirment le contraire.

    Clairement, la fortune des magasins de bricolage, de jardinage, de loisirs, des constructeurs automobiles, aéronautiques, nautiques ou immobiliers, des vendeurs d’internet, de jeux, de pestacles et de tous les objets devant faciliter l’existence, est la claire illustration que l’environnement est simplement un argument de vente.

    Et ça peut même être plus subtil. En fait, vouloir faire ses propres yaourts est tout à fait louable mais consiste, d’abord, à acheter le matériel et les produits ad hoc et à consommer un peu d’électricité ce qui est le seul but recherché….. et obtenu par le business.

    Tant que le PIB progresse vous pouvez être sûr que le réchauffement aussi. Et le compost je le mets où ?

    Michel Costadau

     

  • Pourquoi

    Pourquoi

    Pourquoi les hommes ne sont-ils pas tous de la même couleur,

    Pourquoi les chats aiment-ils les souris,

    Pourquoi avons-nous 5 doigts et pas 3,

    Pourquoi la justice n’est-elle pas universelle,

    Pourquoi y a-t-il encore des guerres,

    Pourquoi l’eau bout-elle,

    Pourquoi manque-t-on de personnel dans les hôpitaux,

    Pourquoi faut-il manger 3 fois par jour,

    Pourquoi personne ne peut arrêter le capitalisme,

    Pourquoi la fréquence des nombre premiers diminue-t-elle avec leur taille,

    Pourquoi est ce qu’on a chaud et froid,

    Pourquoi les planètes sont-elles si loin les unes des autres,

    Pourquoi n’a-t-on pas encore de photos de Dieu,

    Pourquoi est ce que tous les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux,

    Pourquoi faut-il à l’homme 20 ans pour finir de grandir et pas 4,

    Pourquoi les solutions compliquées ne sont-elles jamais les bonnes,

    Pourquoi est ce que Mars n’a pas de Lune,

    Pourquoi est ce qu’une brebis court plus vite que nous et moins vite qu’un chien,

    Pourquoi l’univers est il si grand,

    Pourquoi les US peuvent ils assassiner qui ils veulent, quand ils veulent, où ils veulent,

    Pourquoi éternue-t-on trois fois,

    Pourquoi croit-on plus un scientifique qu’un journaliste,

    Pourquoi la vie est-elle apparue sur terre,

    Pourquoi sommes-nous encore en plein dans les guerres de religion,

    Pourquoi la vie humaine ne dure-t-elle pas plus que 120 ans,

    Pourquoi l’univers n’est-il pas infini,

    Pourquoi l’argent est-il si mal réparti,

    Pourquoi la Lune est elle plus ronde que la Terre,

    Pourquoi l’économie n’est-elle pas une science,

    Pourquoi les algues aiment l’oxygène et les méduses non,

    Pourquoi la richesse ne s’arrête-t-elle pas avec la mort,

    Pourquoi le soleil ne se refroidit-il pas,

    Pourquoi y a-t-il beaucoup plus de langues que de pays,

    Pourquoi vole-t-on aussi les pauvres,

    Pourquoi Gérard Depardieu n’a-t-il pas épousé Mireille Mathieu.

    Michel Costadau

  • Clairon

    Clairon

    Dire que le gouvernement est à la ramasse est un pléonasme qui ne fait plus rire grand monde. Trois aspects sont même scandaleux.

    D’abord, la course de LRM, aux investitures pour les municipales, relève de la grande forfanterie. Je l’ai déjà dit LRM n’a aucune base territoriale, alors pour faire croire qu’ils existent ils soutiennent n’importe quel candidat susceptible de l’emporter. En essayant de mettre notre pauvre président sur une liste dans toutes les villes, ils dénaturent complètement ce scrutin, qui à priori n’est pas politique. Et une liste élue dans une ville soutenue par trois partis va être revendiquée trois fois comme une victoire. Ca va faire de jolis coups de clairons…..dans le vide. En fait les conseils municipaux font tous la même chose et il n’y a donc aucun enjeu dans ce scrutin sauf la manie d’avantager ses copains ce qui est exactement le contraire de la démocratie.

    Ensuite la pub constante pour la soi-disant stature internationale de notre pauvre président. Il s’occupe de l’Europe et c’est le brexit qui l’emporte. Il s’occupe de l’Ukraine et c’est les russes qui progressent. Il s’occupe de l’Afrique et la France est conspuée par la foule. Il s’occupe de la COPxx et c’est les US qui s’en vont. Si l’on voulait discréditer la France, on ne s’y prendrait pas mieux. Vous allez me dire que c’est déjà fait. Ah pardon j’oubliais que tout le monde l’attend sur la Macédoine. C’est vrai c’est très important la macédoine, c’est pas facile à réussir même si ce n’est pas de la grande cuisine. Alors va t il arriver à faire un peu entrer la Macédoine en Europe, intenable suspense, pourquoi pas mais personne n’y croit. Et surtout ça n’intéresse personne et ça n’a aucune importance. C’est vous dire le niveau.

    Enfin, le service de presse du gouvernement est complètement assuré par les médias. En particulier le journal Le Monde présente d’une manière trop tendancieuse le quotidien du gouvernement. Au lieu de dire que le président se planque devant la grogne de la population, Le Monde nous explique que le premier ministre imprime sa marque sur les réformes. Comme s’ils n’étaient pas Castor et Pollux, conjoints et solidaires devant les demandes de la finance. Vous savez, ce coup fourré sur les retraites ils en parlent tous les jours, ils ne pensent qu’à ça. Mais Le Monde nous raconte une autre histoire : quand il ne parle pas pendant trois jours, on dit qu’il réfléchit. D’ailleurs ça donne l’impression que c’est exceptionnel qu’il réfléchisse. Quand l’aspect colonialiste de l’armée française au Mali éclate au grand jour, on a droit à un discours moralisateur sur les bienfaits de la civilisation. C’est à pleurer…..de honte. Toute la com du Monde consiste à répéter que le gouvernement travaille, écoute, discute, fait des ouvertures, reçoit plein de gens mais qu’il tient bon le cap…..pour que la finance progresse. C’est pitoyable.

    Je vous l’ai déjà dis cela vient essentiellement de notre mode d’élection antidémocratique qui permet à une minorité, à une caste de se maintenir au pouvoir. Je dis essentiellement parce que cela vient aussi de l’ignorance, c’est-à-dire du très faible niveau d’éducation et de formation, dans lequel est maintenue la population. En effet pour régner sans partage, les médias ont besoin du manque de connaissances des gens afin qu’ils ne comprennent pas ce qui est fait, mais croient seulement ce qui en est dit. Exemple l’électricité propre.

    Et cela va en s’aggravant. La principale offre politique de tous les partis devrait être l’éducation. Le seul souci des politiques devrait être de faire un effort colossal pour inverser la baisse désastreuse du niveau de compréhension et de formation de la population. Hélas c’est le cadet de leurs soucis.

    Bonne fin d’année.

    Michel Costadau

  • DKK

    DKK

    Je reviens d’une très courte visite à Copenhague mais j’ai quand même pu ramener quelques impressions.

    La société semble calme, personne ne court, les vélos forts nombreux s’arrêtent aux feux rouges forts nombreux aussi, les klaxons sont rares et les voitures ne vrombissent pas. Peut-être ce calme cache–il des tas de trucs, ça reste à investiguer.

    Les femmes sont extrêmement présentes, je veux dire qu’elles ne se cachent pas derrière les hommes mais elles semblent moins féminines que chez nous. Il est vrai que la tenue assez emmitouflée qu’impose le temps n’est pas propice à de grandes démonstrations. D’ailleurs leur sourire est plutôt vers le bas c’est-à-dire assez sévère.

    Pas mal de choses semblent assez chères sauf bien sûr les patates qui remplacent les pâtes, lesquelles sont pratiquement absentes. Le verre de vin chaud est à 6,5 € mais il y a des pizzas à 13 €. Il est beaucoup question d’argent, mais de toutes façons les prix ne semblent pas avoir une grand importance car tout se règle en carte bancaire même un timbre.

    On dirait que tout le monde a un travail de bureau car on voit peu d’ouvriers. Il y a des chauffeurs, des livreurs mais ils sont habillés comme les autres. Il doit bien pourtant y avoir des maçons et des plâtriers, mais ils sont difficiles à identifier. Certes dans le centre de Copenhague il doit y avoir peu de mineurs, de charbon je veux dire.

    Il n’y a pas de chômage, moins de 2 %, et pourtant les automatismes sont partout. Dans le métro aucune barrière n’interdit l’accès aux rames. Les billets ont une durée de validité d’une heure et demie et peuvent donc servir plusieurs fois. Mais on atteint alors le cœur du comportement apparent des Danois, à savoir qu’ils paraissent tous en accord avec le système, en l’occurrence leur système.

    L’idée de base est que d’une part on paye beaucoup d’impôts sur le revenu et ici c’est 40 %, mais que d’autre part on a de vrais services, santé, éducation, autoroute, tout est gratuit.

    Clairement c’est un petit pays, tant par la taille que par la population, et mon analyse sur la trop grande taille des pays, comme la France, prend ici toute sa saveur démocratique. On pourrait dire que les Danois ont le sentiment, à cause du petit nombre, de compter plus et de participer à la vie de leur pays.

    Cependant tout cela repose aussi sur un haut niveau d’éducation, par exemple, tout le monde parle anglais. En fait je veux dire que c’est le niveau moyen qui est haut, en tous cas par rapport à la France. Le manque complet de formation de la moitié de la population a chez nous les conséquences les plus néfastes. Je l’ai déjà dit, je le répète c’est une catastrophe nationale qui, en plus va en s’aggravant.

    Revenons au Danemark pour souligner deux derniers points.

    Il n’y a pratiquement pas d’immigrés, en tous cas on n’en voit pas, c’est dons une société de l’entre- soi, ce qui a beaucoup de limites et ouvre la porte à l’hypocrisie.

    C’est aussi une société résignée qui est plutôt sur la défensive pour essayer de protéger un modèle que certains appellent socialiste, mais qui est surtout celui d’un îlot de richesse.

    Michel Costadau