Auteur/autrice : Michel Costadau

  • Etat voyou d’Israël

    Etat voyou d’Israël

    Ce n’est pas un sujet facile car dès qu’on parle de l’Etat voyou d’Israël, on associe guerre, Palestiniens, racisme, Arabes et génocide. Tous les échanges sur ce sujet sont biaisés, déformés, récupérés et l’on aboutit presque toujours à des clivages du genre, tu es pour ou tu es contre, et au bout d’un moment on ne sait plus très bien quoi. Alors, franchement, j’hésite à me lancer là-dedans parce que je redoute de louper mon objectif qui est d’abord de bien argumenter le déni des droits de l’homme qui caractérise ce pays. Je précise que si j’accole toujours l’adjectif voyou c’est que cet Etat ignore complètement les recommandations et autres décisions de la communauté internationale, par exemple les résolutions de l’ONU, qu’il se permet d’envahir ses voisins, par exemple le Liban, la Syrie ou l’Egypte et qu’il demande que l’on applique aux autres, ce que lui même refuse d’appliquer, par exemple le contrôle des armes atomiques. Alors il faut appeler les choses par leur nom et ce n’est donc pas seulement une affaire d’adjectif mais réellement une question de non-respect des autres. C’est donc voyou. Cependant, dans ce texte, pour éviter les répétitions, nous ferons l’économie de l’adjectif mais, vous, vous le rajouterez mentalement.

    Un premier point préliminaire doit être éclairci tout de suite concernant l’historique de la situation. D’un coté, Israël n’est pas un Etat reconnu par l’ensemble des membres de l’ONU et certains pays, en particulier arabes, n’ont toujours pas accepté la décision de sa création et sont en guerre contre cela. D’un autre côté, la gestation d’Israël sur des bases sionistes, puis sa création avec un terrorisme d’Etat accompagnées par des massacres de populations locales, suivies de ses incessantes conquêtes territoriales, ont donné et donnent une forte odeur de poudre à cet Etat. En plus, le sujet est devenu complètement international avec une tendance à empêcher tous les intervenants d’arriver à parler calmement et simplement d’Israël et des conflits dans lesquels il se retrouve. Ce qui est sûr c’est que rien de bon n’est sorti de cela, et plutôt que de se situer dans une logique de fautes et de coupables à priori, il faut essayer d’ouvrir les yeux, de comprendre, d’expliquer et de proposer. C’est ce que nous allons essayer de faire.

    Un second point préliminaire doit aussi être précisé, parce que certains seront tentés de me dire qu’Israël se défend, car il est attaqué. Attaqué par qui ? Tous les pays qui sont ses ennemis déclarés ou non sont soit sous embargo, comme l’Iran ou la Syrie, soit dans le plus complet chaos comme l’Irak, ou la Lybie, soit sous influence américaine comme L’Egypte ou l’Arabie saoudite. Alors qui ? Cuba, bravo c’est bien tenté. En fait Israël n’a pratiquement jamais été attaqué, c’est donc bel et bien un Etat belliqueux.

    Un troisième point préliminaire doit être établi, parce que d’autres ont le sentiment qu’Israël est soutenu et financé par la population juive américaine et russe. Ce n’est pas complètement faux mais ça occulte le point important qu’Israël est sous la protection, indéfectible, totale, militaire et industrielle des USA, de son appareil politique, de son administration, et probablement de son opinion. Ca veut dire qu’avec un tel parrain on peut se permettre beaucoup de choses. De là à dire que ce pays est en fait un poste avancé anti- arabe de l’impérialisme US au moyen orient, et bien oui on peut le dire mais sans occulter la responsabilité propre qu’ont les citoyens d’Israël dans cette situation, car beaucoup d’émigrés venus des pays de l’Est sont d’un racisme virulent.

    Alors commençons notre réflexion. La première observation c’est que nous avons une population qui a été persécutée pendant longtemps, c’est le moins que l’on puisse dire et qui se retrouve dans un nouvel Etat qui pratique à son tour les mauvais traitements dont elle a été victime. C’est assez difficile à expliquer. On va cependant essayer de comprendre pourquoi cet Etat qui devrait être au ban des nations est l’un des plus activistes de la planète. On va, aussi, essayer de voir comment pourrait évoluer cet Etat pour retrouver une place dans le concert des nations civilisées. Et on abordera quelques questions connexes, comme les Juifs et les Palestiniens.

    En fait il y a deux aspects dans le déni des droits de l’homme de cet Etat. D’une part la colonisation mais aussi la religion. Je crois que pour la colonisation, tout le monde va être à peu près d’accord, mais pour la religion ça va être un peu plus délicat, parce qu’Israël est un état religieux et ça s’appelle une théocratie, mais dans l’esprit des gens, un état religieux c’est l’Iran par exemple avec ses ayatollah, ou le Vatican avec ses cardinaux, alors que l’Iran n’est pas vraiment un état religieux et que le Vatican … bon ce sera pour une autre fois. En fait, Israël a une pratique proche de ce qu’était la royauté en France, à savoir chrétienne, et dans laquelle on massacrait au nom de la religion, c’est ça aussi que j’appelle un Etat religieux.

    Avant d’expliciter la colonisation et la religion, on doit commencer par se poser la question qui, en plus, nous concerne directement, de savoir pourquoi, contrairement à ce qui devrait être, beaucoup de pays, dont la France, ont une attitude d’on ne peut plus franche coopération avec cet Etat. La réponse n’est pas tout à fait aussi simple que de dire simplement c’est le business, ce qui est vrai, mais incomplet. Il faut ajouter que cet Etat a un fonctionnement double : d’une part un pays avec des Israéliens, des frontières et une capitale, mais ensuite ce pays est relié à un réseau international, on pourrait dire aussi une nation diffuse composée de ressortissants non résidents avec quelquefois une double nationalité, présents dans presque tous les pays du monde. Cette situation n’est pas à vrai dire originale puisque beaucoup de pays fonctionnent avec une diaspora, mais dans notre cas c’est un réseau fédéré par la religion étatique ce qui lui donne une dimension et un poids tout à fait différent. Et il y a même un mot pour ça, c’est celui d’israélite. Et donc, en France, la communauté israélite est très influente et empêche nos dirigeants de critiquer Israël. De plus, les services, en particulier économiques, de cette diaspora sont très appréciés par notre classe politique car ce sont de fervents supporters de la finance libérale, ce qui, même si ça fait notre malheur, est leur droit le plus strict. Il y a aussi un troisième aspect à prendre en compte pour expliquer la collaboration de la France, c’est le comportement de pas mal d’intellectuels philosophes qui, pour des raisons liées probablement aux persécutions dont ont été victimes leurs familles, ont une attitude de protection d’Israël irrationnelle mais constante.

    Regardons maintenant l’aspect colonisation. J’espère qu’il est clair pour tout le monde qu’Israël a des frontières parfaitement définies et que donc, par exemple, Gaza ou Naplouse sont en Israël, de même que Toulouse est en France. Bien sûr les frontières actuelles sont le résultat de plusieurs conflits et sont contestées par divers pays mais il y a d’une manière très claire un intérieur et un extérieur. Seulement à l’intérieur de ce pays il y a deux zones. L’une est une zone comme la France avec des gens qui circulent assez librement mais l’autre est une constellation de zones fermées avec comme des postes frontières pour y accéder ou en sortir. A l’intérieur de cette seconde zone vivent des gens qui devraient être des Israéliens mais que l’on désigne plutôt comme : les Arabes et surtout les Palestiniens. A l’intérieur de cette même zone, il y a aussi des colonies constituées d’Israéliens de la zone libre qui ont construit des forteresses dans la zone occupée. A dire vrai, dans la cas particulier de Gaza, il n’y a plus de colonies, car elles devenaient trop dures à entretenir. Précisons que ce n’est pas moi qui ai inventé ce mot de colonies, ce sont les Israéliens eux-mêmes et ça mérite une explication. Ce que nous de France nous appelons la zone occupée et qui fait partie intégrante d’Israël, est pour eux un territoire sans statut, dont il faut faire la conquête, c’est à dire comme en Amérique, vider de ses occupants. Les occupants actuels, les Palestiniens, ont donc un statut assez proche de ce qu’étaient les indigènes au temps de la conquête de l’Ouest ou de la colonisation française. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas citoyens du pays auquel ils appartiennent, on devrait plutôt dire qui les possède, donc pas le droit de voter ou d’être élus, mais un statut de simples autochtones auxquels on laisse le droit de continuer leurs pratiques culturelles à condition que ça ne gêne pas le colonisateur. Israël mène donc une conquête coloniale d’une partie de son propre territoire. Notons, en passant, un point sidérant sur ces fameux occupants palestiniens. Il semble qu’ils soient là depuis longtemps ou tout au moins qu’ils soient le résultat de l’évolution de la population de cette zone, qui comme tous les pays du monde a connu une démographie propre mais aussi des envahisseurs de diverses origines. La France aussi a connu ça, mais ça ne nous n’empêche pas d’être en quelque sorte les descendants des Français de la génération d’avant, qui elle même etc., ce qui permet de remonter à certains grands-parents célèbres de notre beau pays que l’on désigne souvent sous le nom de Gaulois. Tout ça pour dire que les palestiniens sont, donc, les descendants des premiers occupants de ce pays et donc, d’une certaine manière, les vrais Israéliens ou Israélien de souche comme dirait notre pauvre président. On va pas refaire l’histoire, mais quand même, quand la France a donné aux colons français une ferme en Algérie, il y avait des Algériens sur place et personne n’a cherché à dire qu’ils ne l’étaient pas. C’est même la seule chose qu’ils étaient. D’ailleurs, quand il y a eu l’indépendance, les Algériens sont restés des Algériens et le sont encore. C’est pourquoi il est difficile de comprendre comment les Palestiniens qui étaient là avant l’immigration qu’a connue Israël et qui sont, pour une partie, toujours là, ne sont pas des Israéliens. On verra un peu plus loin que ça a rapport à la religion.

    Comme dans toute les colonisations, les premiers occupants représentent un réservoir de main-d’œuvre qui ne demande qu’à être utilisé. Cependant il y a deux situations. Dans la zone libre, à condition de pouvoir franchir les barrières, les Palestiniens peuvent travailler comme les autres, même si on ne leur fait pas des ponts d’or et certains réussissent assez bien. Autour des colonies, c’est beaucoup plus compliqué, car les colons ont une attitude complètement ségrégationniste avec les palestiniens, exactement comme en Afrique du Sud ou au Texas. Une illustration récente est le problème des bus publics empruntés par les colons et que le ministre de la Défense prévoyait d’interdire aux Palestiniens. Ca n’est pas encore fait mais ça vous donne un peu l’ambiance.

    Bien qu’on n’ait pas tout dit sur la colonisation, il nous faut aborder le sujet de la religion. D’entrée il y a une grosse ambiguïté avec la confusion entre la religion, qui s’appelle le judaïsme, et les personnes qui se désignent elles-mêmes avec le nom de juifs. D’un côté, une religion on voit à peu près ce que c’est. On a le christianisme, qui est la religion des chrétiens, l’islamisme qui est la religion des musulmans et quelques autres religions. D’un autre côté, des personnes regroupées dans une appellation identitaire, on voit aussi ce que c’est. On a les Bretons qui habitent en Bretagne mais aussi un peu partout et se revendiquent Bretons, les Basques, c’est pareil et c’est presque une marque déposée et on a aussi les Occitans, dont je fais partie, qui ont un vaste territoire. Là où on serait bien embêté c’est de dire la religion des bretons, un peu druide, un peu catho ou celle des basques à moins que la pelote ne soit une religion et pareil pour les occitans, qui entre cathares et protestants en ont à mon avis assez des religions. Par contre avec le judaïsme on a une vraie confusion entre l’appartenance et la religion. Cette confusion est, je pense, délibérément entretenue afin de ne pas affronter la sévère réalité de cette population et de cette religion. D’ailleurs, en termes de religion, on a coutume de parler des trois grandes religions monothéistes : christianisme, islamisme et judaïsme. C’est un peu rapide. En fait, christianisme et islamisme sont effectivement presque la même religion, avec un grand prophète qui indique comment atteindre le paradis, une morale écrite, un clergé chargé des rites et une Eglise au pouvoir temporel immense. Le judaïsme est lui réservé à une population donnée et relève, donc, plutôt du domaine de la secte. Il faut ajouter la croyance en un peuple élu pour recevoir un messie, car pour le judaïsme, le sauveur ne s’est pas encore manifesté et n’a donc pas encore pu donner ses préceptes aux hommes, et donc on ne peut pas parler de religion mais bien de secte, et la population juive est censée croire que c’est en son sein que doit venir le médiateur. Un peu comme les évangélistes ou les saints des derniers jours qui attendent toujours une hypothétique révélation. C’est peu de dire que les religions sont une catastrophe et il y aura un prochain texte sur ce sujet, mais hélas les guerres de religion sont encore une réalité, et dans le cas d’Israël, le silence de la communauté internationale et de la France en particulier est vraiment coupable. Par contre c’est là que nous trouvons notre explication de pourquoi les palestiniens ne sont pas des israéliens : c’est qu’ils n’ont pas la même religion. La guerre impulsée par le judaïsme n’a aucun fondement libérateur mais seulement une volonté de domination et d’élimination dans le but de s’approprier un territoire. De plus, cette guerre alimente des tensions dans toute la région. C’est pas marrant mais c’est comme ça.

    Nous devons, maintenant, revenir sur la situation de cette population qui s’identifie comme juive. Il est de fait que son histoire n’est faite que de persécutions et de méfiance, comme si cette population n’avait pas encore compris comment se comporter pour s’intégrer et dégager une image positive. Il est très important pour l’évolution et le rayonnement d’un pays que sa population ait une image positive d’elle-même. Ce fut le cas des Français pendant longtemps, avec l’invention des droits de l’homme et quelques autres bonnes idées. Bien sûr cela a changé et la France ne rayonne plus du tout, mais nous vivons encore là-dessus et il faudrait commencer à essayer de redorer le blason. On ne peut pas dire que ce soit le cas de la population juive, qui n’a jamais eu de reconnaissance très positive. Y a-t-il une raison à cela et il y a forcement une raison. La tentation de faire reposer cette situation sur des traits de caractère de cette population, ça s’appelle du racisme, ce n’est donc pas une explication, bien que beaucoup de gens aient essayé de développer cette idée. Le racisme existe bien sûr et pour mémoire il a fallu deux-cents ans aux Européens pour accepter l’idée que les sauvages d’Amérique ou d’Afrique étaient des hommes comme les autres, ce qui, en plus, a provoqué la disparition des amérindiens. En fait, pour trouver la raison, il faut regarder du côté des religions chrétiennes et du coté du Vatican. En effet, le messie reconnu des catholiques est sorti de Palestine et s’est trouvé faire partie de la population juive de l’époque. Seulement l’histoire nous indique que ce messie a été mis à mort par ses concitoyens. Et nous voilà donc avec une population juive coupable d’avoir crucifié le messie des catholiques. Depuis ce moment-là, cette population a été persécutée et a fait l’objet d’une défiance cultivée par l’Eglise catholique d’une manière assez perverse comme elle sait très bien le faire. L’histoire indique, aussi, que par ce biais, cette population a servi régulièrement de bouc émissaire comme il en faut dans tout exercice du pouvoir. On doit ajouter que, dans ces cas là, une espèce de cercle vicieux se crée, dans lequel les victimes s’excluent elles-même du jeu social, par peur et par habitude et se trouvent donc dans une situation d’exclusion physique et mentale qui ne fait qu’entretenir le phénomène. On retiendra, finalement, que le bilan de cette histoire est assez négatif pour les populations juives avec une phase paroxysmique au cours du XXe siècle, dont on parle encore. A ce sujet on doit se poser la question de savoir comment il est possible que des hommes et des femmes aient pu se livrer à ces actes de barbarie à grande échelle à l’égard de la population juive, tzigane et de quelques autres. Ca ne paraît pas possible, car chacun aujourd’hui se dit que lui il n’aurait pas fait ça. Et pourtant ça s’est bien passé, alors pourquoi ? La réponse se trouve dans les actes de l’armée israélienne, par exemple, avec les massacres à Gaza il y a moins d’un an ou ceux d’avant. La réponse c’est la dépendance hiérarchique. Les soldats israéliens comme les soldats allemands, obéissaient à des ordres donnés dans une chaine de décision fermée. Et les ordres ça ne se discute pas, ça s’exécute, avec plus ou moins de conviction mais en aucun cas ça ne se remet en cause. Et si un jour, un soldat reçoit l’ordre de larguer une bombe atomique sur Paris, il le fera. D’ailleurs ça a déjà eu lieu. Alors il ne faut pas se réfugier dans l’histoire pour dire que de nos jours ça n’est plus pareil, car de nos jours c’est pareil et même pire. Le venin de cela c’est l’obéissance. Et les porteurs du venin sont les armées, les Eglises, et toute les organisations basées sur la dépendance hiérarchique. Bien sûr il y a eu beaucoup d’autres victimes du catholicisme et de ses relais temporels toujours d’actualité, mais c’est un autre sujet.

    Par contre, je ne peux pas m’empêcher de penser que la création d’Israël par la communauté internationale, à la fin du dernier conflit mondial, aurait pu s’inscrire dans la recherche d’une solution à la persécution dont a été victime cette population. Un peu comme Haïti pour les anciens esclaves des Caraïbes ou le Libéria pour ceux d’Afrique. Seulement, dans le cas d’Israël, force est de constater, qu’il semble qu’on ait plutôt créé un nouveau problème au lieu de résoudre l’ancien.

    On est maintenant en mesure d’aborder le conflit dit israélo-palestinien, qui est donc en fait un conflit interne à Israël et c’est même pour ça que les forces de l’ONU ne sont pas en mesure d’intervenir, même si probablement les US l’empêcheraient de toute façon. Beaucoup de gens pensent que la solution c’est la création d’un Etat palestinien. Je ne sais pas qui le premier a eu cette idée, mais ce n’est pas une bonne idée. En effet, le but n’est pas de loger les Palestiniens dans une enclave que l’on pourrait détacher d’Israël, parce que c’est déjà le cas, par exemple avec Gaza. Ceux qui sont pour cette idée, de créer un Etat palestinien, sont peut-être parti d’un bon sentiment, par exemple pour les protéger de l’agressivité des colons israéliens, mais ils n’ont pas réfléchi que de faire deux Etats est la meilleure solution pour que la guerre continue, puisque le problème est le projet d’expansion territoriale d’Israël au nom d’une guerre de religion. Non, la solution à ce problème passe par une évolution interne d’Israël, puisque les Palestiniens en font déjà partie, c’est à dire par une prise de conscience de toute la population que la guerre ne mène qu’à la guerre. C’est donc un processus long. Vous savez ça a pris du temps en France pour que les femmes votent. L’important c’est que se manifeste une volonté de changer de cap. Avec le projet d’un Etat palestinien, Israël ne se remet pas en cause et il est donc pour ce projet. Se remettre en cause, c’est d’abord constater la catastrophe continuelle que représentent ses 60 ans d’existence et c’est surtout faire tomber beaucoup de tabous qui nous concernent aussi. Le tabou de la terre promise qui appartiendrait seulement à quelques personnes doit tomber, le tabou de la religion juive comme religion d’Etat doit tomber, le tabou du parapluie américain pour couvrir des actes barbares doit tomber, le tabou de la terre sainte sanctuarisée par les religions doit tomber. Ce n’est qu’à ce prix qu’Israël pourra devenir un Etat acceptable et fréquentable, c’est-à-dire, laïque, multiracial et pacifique et que les catholiques arrêteront d’aider Israël en allant en pèlerinage au bord de la mer Morte. Toujours dans le registre d’appeler les choses par leur nom, il faut parler de l’attitude que nous pouvons avoir par rapport à Israël. Ceux qui l’admirent et le soutiennent ouvertement ou discrètement ont, clairement, du sang sur les mains. Ceux qui affichent une certaine indifférence, ou une certaine distance, voire essayent de soutenir les palestiniens, sont quand même coupables de cécité et feraient bien d’ouvrir les yeux. Ceux qui le critiquent et souhaitent qu’Israël se transforme peuvent, je l’espère, trouver quelques encouragements et arguments dans ce texte.

    Michel Costadau

  • H2

    H2

    La SNCF vient d’annoncer que les TER vont remplacer le diesel par de l’hydrogène, soit en piles à combustible, soit en moteur à hydrogène, c’est-à-dire rouler à l’hydrogène. Bigre ! Oui le moteur à hydrogène et oxygène paraît doté de grandes vertus puisque le produit de la combustion est surtout de l’eau et non tous ces gaz et particules des moteurs thermiques.

    Mais quand même il faut trouver de l’hydrogène. Pour l’oxygène pas de problème, il n’y a qu’à prendre de l’air, c’est plein d’oxygène. Mais dans l’air il n’y a pratiquement pas une goutte d’hydrogène. En fait sur terre il n’y a presque pas d’hydrogène pur mais seulement associé dans diverses molécules. Alors la seule solution est de casser des molécules dans lesquelles il y a de l’hydrogène, de l’extraire et de le stocker. C’est assez compliqué, ça demande de l’énergie et ça s’appelle du craquage.

    Il y a deux processus utilisés : le craquage de l’eau et le craquage de combustibles fossiles.

    Le craquage de l’eau ou électrolyse demande beaucoup d’électricité, ce qui rend l’hydrogène obtenu hors de prix. Bien sûr le coût de l’électricité pourrait baisser mais il serait alors de plus en plus pertinent de continuer à électrifier les lignes. Parce qu’une fois que l’on a de l’électricité, l’utiliser pour produire quelque chose destiné à la remplacer n’est jamais rentable physiquement et écologiquement.

    Le craquage de combustibles fossiles, essentiellement du méthane, est le procédé le plus utilisé industriellement pour obtenir de l’hydrogène, mais a pour principal inconvénient une production carbonée massive bien supérieure aux diesel, ce qui est justement ce que l’on cherche à éviter. Ce procédé devrait d’ailleurs être abandonné depuis longtemps mais ça continue. Plutôt que de les craquer pour obtenir de l’hydrogène il semble donc beaucoup plus économique de continuer à utiliser directement les combustibles fossiles dans les diesels, mais bien sûr ça pollue là où ça passe. Et pour éviter de polluer localement, l’électrification des lignes reste encore la meilleure solution, mais ce n’est pas celle choisie.

    Clairement la décision de la SNCF est donc une très mauvaise nouvelle pour l’environnement.

    Mais alors pourquoi cette décision a-t-elle été prise ?

    PIB oui la réponse est le PIB. Il s’agit tout simplement de créer de nouvelles activités, et pour cela l’hydrogène est un excellent choix technocratique car rien n’est au point là-dedans et la population croit que l’hydrogène est écolo.

    C’est dons une arnaque de première catégorie, comme on en a hélas l’habitude. En plus, l’hydrogène est beaucoup plus dangereux que le pétrole. Comme il est très léger, il faut le comprimer fortement ce qui augmente le coût du stockage et il peut s’enflammer à la moindre fuite puisque sa capacité de combinaison avec l’oxygène est énorme.

    Certes il est encore possible que tout cela soit des annonces sans suite comme on n’arrête pas de le voir, mais quand même la façon dont les politiques se moquent de l’environnement et abusent de l’ignorance de la population a quelque chose de traumatisant. Mais au fait cette ignorance, elle vient d’où ?

    Michel Costadau

  • Elections

    Elections

    J’espère que vous vous êtes bien amusés avec les hommes parfaits, parce qu’on va traiter un sujet beaucoup moins drôle mais qui me préoccupe fortement, c’est ce truc des élections. De plus en plus, je me demande à quoi ça sert de voter. Il paraît que c’est le grand moment de notre vie politique mais je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe vraiment et ce que je fais là-dedans. Et ça me fait flipper de voir le grand écart entre ce soi-disant socle de la démocratie et le résultat que ça produit. On va donc parler des élections. On verra que non seulement le pouvoir des peuples est devenu une galéjade mais que nous sommes dans un fonctionnement schizophrène et/ou masochiste qui consiste à considérer comme fondamental un droit qui provoque directement notre malheur. On verra donc, ainsi, que voter ne sert strictement plus à rien, et même au contraire. Et on essaiera d’en tirer les leçons.

    Mais avant de parler d’élections, parlons de vote et de droit de vote. En fait le vote est très ancien, des milliers d’années et peut-être depuis toujours. Le vote c’est le fait de prendre en compte l’avis de chacun. De le prendre en compte d’une manière formelle je veux dire, parce qu’il ne suffit pas d’avoir un avis, il faut aussi être en mesure de le faire connaître. Toutes les civilisations, même les plus archaïques, utilisent la notion de rassemblement, de groupe, d’assemblée ou de pow wow pour prendre des décisions, changer de campement, faire la guerre ou aller voler des femmes. Oh je ne crois pas qu’il y ait toujours eu un réel tour de table avec la demande de l’avis de chacun, et donc, au début, on ne peut peut-être pas parler de vote, mais plutôt d’un mécanisme de consensus. Avec le temps, petit à petit, des cités se sont construites et, vu l’augmentation du nombre d’individus, il s’est avéré difficile de réunir des groupes avec recherche du consensus. C’est probablement à ce moment- là, donc il y a très longtemps, que la notion moderne de vote est apparue. Cela devait fonctionner comme une sorte de référendum, mais on était toujours dans le fait que chacun donnait son avis sur le sujet en question. Nous laisserons de côté tous les aspects tels que qui avait le droit de donner son avis, sûrement pas tout le monde, peut-être même une minorité, mais ca ne change rien à l’idée. Après les cités, ce sont des territoires entiers qui se sont constitués, par la force dans la plus part des cas, mais il est alors devenu impossible de faire se prononcer toutes les personnes, en même temps, sur un sujet. Et alors arrive cette pratique de morceler les territoires en sous-ensembles de façon à atteindre un nombre de sous-ensembles comparable à ce qui était, auparavant, un groupe s’exprimant directement. Et donc le vote ne s’est plus exercé sur la question posée, mais sur le délégué, le représentant du sous-ensemble qui allait, lui, pouvoir donner son avis. Même si, au début, il est probable que les délégués n’étaient que les porteurs du choix de leur sous-ensemble, bien vite ce mode de fonctionnement a prouvé ses vertus et l’on a pérennisé l’existence des délégués. Cela s’est traduit par la plus grande perte de pouvoir que nous ayons jamais connue, à savoir que les individus ne s’exprimaient plus directement sur les sujets qui les concernaient, mais seulement pour choisir des représentants qui, eux, donnaient leur avis. La contrepartie théorique de cette perte de pouvoir individuelle était le pouvoir collectif obtenu par et pour le territoire et ses sous-ensembles. Mais enfin c’est là le début de l’augmentation de la distance entre le pouvoir et la population.

    Une étape supplémentaire a été franchie avec l’empilement de plusieurs niveaux de délégués, des délégués de délégués si vous voulez, rigolez pas ça s’appelle des sénateurs, des communautés de communes, des bureaux et j’en passe.

    On voit donc qu’entre le vote direct, on pourrait dire tribal, et les grandes cérémonies électorales actuelles il y a, certes, une continuité, mais que le sens originel a été complètement modifié. Cependant, par exemple dans les associations, toutes les décisions se prennent encore, généralement, avec la participation de tous les adhérents, comme aux temps préhistoriques. Par contre, les grandes décisions sociétales, je veux dire la guerre, la définition de ce qui est permis ou puni, le droit au travail ou au logement, sont prises non seulement par des délégués ou des délégués de délégués mais même par des électrons libres, comme notre pauvre président pour la guerre ou la Commission européenne pour les lois. Bref, on commence à voir que le droit de vote existe encore mais que nous ne votons plus sur des positions mais uniquement sur des représentants.

    C’est vraiment une Lapalissade de dire que le vote produit des élus, mais c’est cela que nous devons étudier et regarder ce que font ces élus. Demandons-nous bêtement si les élus font de la politique. Bonne question parce que, en théorie, c’est ce que tout le monde croit et c’est vrai que par tous les moyens ils essayent de le faire croire. Seulement la réalité est brutale et si je vous demande « quelle politique font les élus », vous n’aurez aucun mal à répondre qu’ils font la politique des capitalistes et des financiers. Bien sûr il y a quelques exceptions pour confirmer cette règle. Par exemple, la peine de mort, le mariage mixte ou l’interdiction de couper l’eau sont de la vraie politique mais ça reste des exceptions. En fait tout le travail parlementaire, ainsi que celui des collectivités intermédiaires ou supranationales est consacré à essayer de faire fonctionner le système capitaliste. Et là, franchement, les élus ont des idées et ils se battent pour elles. Précarisation du travail, monopole des banques, détricotage des retraites, centres de rétention, privatisation de la santé, paupérisation de l’éducation. J’ajoute que je n’ai même pas besoin de dire quel est le parti ou la tendance qui fait ça car c’est le fait de tous les élus quels qu’ils soient. Pour illustrer cela, on peut illustrer que le comportement des élus est réellement loin de nous. Prenons l’exemple de cette histoire de droit de vote double. Cette loi adoptée récemment, double le nombre de voix des actionnaires qui gardent leurs actions plus de deux ans, sauf avis contraire à 70 % de l’assemblée des actionnaires. Notons en passant que cette loi fait partie de toutes celles dont personne, sauf les financiers, ne comprend l’intérêt. L’Etat étant actionnaire, cette loi s’applique à lui mais, pour éviter, par exemple chez Renault, que l’assemblée vote contre cette mesure, le gouvernement s’est empressé d’acheter un nouveau paquet d’actions, pour bloquer la possibilité des 70 %. Le gouvernement a donc sorti quelques dizaines de millions d’euros pour acheter des actions Renault et empêcher ainsi que les 70 % soient atteints. Cette affaire est vraiment révélatrice, car le fait d’utiliser des dizaines de millions pour une opération complètement capitalistique, sans le moindre contrôle même pas populaire mais au moins de nos délégués à l’Assemblée nationale, ça me parait surréaliste. Seules les banques peuvent se permettre comme ça, sans la moindre justification, de sortir, d’un coup d’écriture, 100 millions. Je ne veux pas paraître rabat-joie en disant que c’est notre argent, mais, en tous cas, je ne suis pas certain que ce soit l’urgence du moment. Pour moi, ce comportement inadmissible est, hélas, le quotidien de nos élus. De plus, le gouvernement n’est pas un simple capitaliste qui fait des coups, normalement il applique une politique définie par la représentation nationale qui en plus contrôle son application. Vous allez me dire que je rêve, que ça ne se passe pas comme ça. Je sais bien que ça ne se passe pas comme ça et c’est bien pour quoi je me demande à quoi ça sert de voter.

    En fait les élus se sont organisés pour faire croire qu’il y avait des différences entre eux, et ainsi susciter une espèce de besoin de voter pour que les électeurs aient l’impression de faire un choix. Clairement il n’en est rien. Le mécanisme est simple et repose sur trois principes : l’élection présidentielle, le scrutin majoritaire et la technocratie. Avec cette martingale, ils sont au pouvoir depuis 60 ans et pour encore longtemps. Il faut noter que dans cette configuration, les opposants ne sont que les petites organisations et les petits partis puisque les grands partis et organisations sont en fait une seule et même entité qui anime une pseudo-compétition interne. Seulement les petits opposants sont nécessaires à la logique de ce fonctionnement, car c’est eux qui servent à prouver par leur existence qu’il y a un choix. Il peut même arriver qu’ils aient quelques élus, mais le cas est prévu et ces pauvres égarés n’ont strictement aucun pouvoir. Cette fragmentation de la vie politique entre la caste du soutien au capitalisme et la ruche contestataire des petits a quelque chose de pathétique. D’un coté le mensonge, l’arrogance et l’exploitation et de l’autre un bouillonnement d’idées et de générosité, comme une espèce de forum permanent. Il y a tout un petit monde qui se bat pour le respect de la personne, la reconnaissance de droits élémentaires, la défense de la nature, le soutien aux exclus. Ce petit monde fait des réunions, des pétitions, des actions et certains vont en prison, ainsi que des discours, des séminaires, des livres, et, cerise sur le gâteau, présente des candidats aux élections. En fait, la chose la plus importante que leur demande la classe politicienne, c’est de présenter des candidats, car c’est la seule manière de faire croire que les élus font de la politique. En effet les exploiteurs professionnels ont besoin de cette légitimation du vote qui sinon ouvrirait les yeux des populations. D’ailleurs une pratique classique des médias, pour encourager les candidats, est de louanger le score des débutants qui font oh surprise 6 %. Incroyable, ils ont fait 6 %. Bien sûr dans les élections, il y a des gens qui votent pour les bonnes idées des petits contestataires, car il y a quand même en France quelques milliers de personnes qui pensent que le fonctionnement actuel est déficient. Seulement ils ne servent que de faire valoir à la caste et sont tout simplement étiquetés utopistes et donc mis hors jeu. En effet la dichotomie entre les aberrations de notre société et le chemin du retour à la démocratie est abyssale. La distance est trop grande et devient difficile à rendre crédible. Il faut dire aussi que la faillite de la mission éducative de l’école, provoquée de manière systématique, laisse les gens dans un dénuement idéologique et civique qui rend possible tous les mensonges. Comment les gens peuvent-ils croire aujourd’hui que l’on pourrait supprimer le chômage, ne pas expulser les migrants, soigner gratuitement et rendre à l’école sa mission éducative, quand de tous côtés on ne voit que la loi des puissants, le bourrage de crâne médiatique, les droits bafoués, le respect des personnes mis sous la botte des dominants et des passe-droits, et les faits divers montés en fondements de société. Les gens ne sont pas bêtes, ils sont écrasés par le déraillement de la société, la leur, la nôtre. Et donc les petits partis et autres organisations ne réunissent que quelques milliers de voix, assez pour faire croire à la liberté d’expression mais infiniment moins que ce qu’il faudrait pour que le pouvoir change de camp. Bien sûr il y en a qui ont essayé et le dernier exemple est le FN qui tente, coûte que coûte de se démarquer de la classe politique. Mais on voit bien comment se construit le piège avec le premier terme de la fameuse martingale, l’élection présidentielle. Pour la présidentielle, il y a trois groupes de candidats. Ceux de la classe politicienne, Juppé, Hollande, Duflot, Sarkozy, Placé, Chassaigne, Le Maire, Baylet, NKM etc., ensuite le FN et enfin tous les petits candidats. Ces petits candidats sont réellement pitoyables et ridicules. Qui n’a pas vu toutes les campagnes d’Arlette, le masque d’empereur romain de Jean-Luc avec ses 11 % ou la candeur d’Eva avec ses 2 %, a loupé quelque chose. Pitoyables parce qu’ils se prennent au sérieux et ridicules parce que la population est gentiment condescendante avec eux. Ne nous attardons pas sur ce comportement peu glorieux de quelques uns de nos concitoyens. Pour ceux de la classe politicienne, pas de problèmes, que ce soit l’un ou l’autre, ne change rien et en plus ils ont totalement confiance les uns dans les autres pour continuer l’exploitation de la population, car ils sont tous les enfants du troisième pilier de la fameuse martingale : la technocratie. Alors il reste le FN. Lequel, je vous l’ai déjà dit a essayé de ne pas entrer dans la classe politicienne et a même commencé à adopter une posture de dénonciation de cette classe. Seulement le FN se heurte au deuxième terme de la martingale : le scrutin majoritaire. En effet quand on ne fait pas partie de la caste, on n’arrive jamais tout seul à franchir la barre. Il y a bien sûr quelques exceptions, mais en plus le FN se heurte à une contradiction classique, à savoir que quand on critique les partis et les institutions on a du mal à justifier que justement on doit voter pour soi. Notons en passant l’hypocrisie des petites organisations et candidats qui défendent le vote, pour justement essayer de glaner des voix. Ils sont donc non seulement pitoyables et ridicules, mais aussi honteux et hypocrites.

    Alors pour le FN, il reste la présidentielle, car effectivement, une victoire à la présidentielle pourrait déclencher un processus de contestation probablement confus mais sûrement salutaire. Seulement il y a un hic, c’est que la classe politique, comme les rêveurs dangereux des petites organisations, sont tous contre ce possible ébranlement du système. Les uns parce qu’ils les taxent d’extrémistes et les autres parce qu’ils les taxent de racistes. C’est à n’y rien comprendre que ceux qui, chez nous, ont des idées progressistes ne voient pas le piège dans lequel les enferme la caste dominante.

    Mais concrètement est-il possible que le FN accède à la présidence ? La réponse est clairement non, no way. Je peux même vous prédire que si jamais la situation se présentait bien pour lui, des « évènements » violents d’origine mystérieuse se produiraient pour couper court à cette tentative. Et donc il est certain à 100 % que le prochain président sera encore un membre de la caste. Et alors, je crois que vous commencez à comprendre pourquoi ça ne sert à rien de voter. Quand je dis que ça ne sert à rien de voter, c’est clair pour les candidats de la caste, je suis certain que vous ne voterez pas pour eux. Mais ça ne sert à rien, non plus, de voter pour les petits candidats. Car à part croire satisfaire des besoins refoulés, je suis tout aussi certain que vous ne votez pas pour eux pour qu’ils soient élus, hein, vous savez bien qu’ils ne le seront pas, alors pourquoi avez-vous envie de voter pour eux ? Parce que le droit de vote est une conquête qu’il faut défendre ? C’est là le piège que je m’efforce de vous expliquer, le droit de vote est devenu l’outil de domination de la caste et, le défendre, c’est faire objectivement le jeu des politiciens. En fait, aujourd’hui, si vous votez seulement selon vos sentiments et opinions, ce qui est le b a ba de la prétendue démocratie, c’est que vous vous moquez éperdument du résultat, c’est-à-dire de celui qui va manœuvrer le navire. Car il ne faut pas perdre de vue qu’en fin de compte il n’y a qu’un élu, les autres, ceux pour lesquels on a voté, disparaissent complètement du tableau et animent de joyeuses soirées télévisées. Vous pourrez toujours dire, oui moi je n’ai pas voté pour lui, il ne vous restera que vos yeux pour pleurer quand le couperet du business tombera et que vous aurez deux choix possibles dans votre quotidien : Charybde ou Scylla.

    Non, franchement, celui qui en votant se fiche du résultat des élections, est un adepte du système d’exploitation dominant. C’est quand même une honte que de se ficher du résultat de élections, car soit on a des convictions et si quelque chose doit changer il faut tout faire pour que ça arrive, soit on suit le mouvement et on ne se targue pas de contester. Pour illustrer cela, c’est comme un agriculteur qui sème des graines dans un champ en se fichant complètement du résultat que ça donne. Ca n’existe pas. Donc ce n’est pas seulement en fonction de ses propres opinions que l’on doit voter de nos jours, mais surtout en fonction de ce que l’on veut voir changer. D’ailleurs, ceux qui veulent que rien ne change s’empressent d’aller voter. Et puis il faut regarder la situation réelle dans laquelle nous nous trouvons. Ce qui était vrai hier, le pouvoir des urnes, n’est plus vrai aujourd’hui. La caste de l’argent a pris le pouvoir mondialement et utilise les vestiges de la démocratie pour maintenir sa domination.

    J’en vois qui vont me dire, mais quand même en Espagne et en Grèce, il y a des petits partis qui sont devenus grands et ont même réussi à prendre le pouvoir. Pourquoi pas en France ? Pourquoi pas, parce qu’en France la situation est historiquement différente. C’est vrai qu’en Europe, d’une manière générale, depuis deux centaines d’années, les partis dits de gauche ont apporté les bonnes évolutions de nos sociétés. Cependant la situation a changé après la dernière guerre mondiale, quand les forces capitalistes ont ancré leur domination. A ce moment-là, dans les courants de gauche, il y a eu deux attitudes selon les pays. Ceux dans lesquels la gauche a mesuré, ou subi, la force et les moyens des riches et compris qu’elle avait perdu et est donc passée dans une opposition radicale, et ceux dans lesquels la gauche a jugé qu’elle avait encore de beaux jours devant elle, à condition non pas de s’opposer au système capitaliste mais de l’accompagner. La France est dans le second cas et l’Espagne et la Grèce dans le premier. C’est ça la différence, parce que chez nous, ce mouvement d’accompagnement du capitalisme s’est traduit par une marginalisation des vrais contestataires, puisque le vivier du renouvellement était oblitéré par les ex-partis de gauche qui ne cherchaient et cherchent encore qu’à maintenir leurs rentes. Honte aux gauchistes, honte aux socialistes, honte aux communistes, surtout aux communistes, ces profiteurs de la misère pour avoir stérilisé le besoin et la volonté de changement de la population. Cela étant, ne me faites pas dire que la voie espagnole est la voie royale de la résistance au capitalisme. Il y a loin de la coupe aux lèvres, la récupération est à chaque carrefour et l’argent est plutôt de plus en plus fort que le contraire. L’Espagne et la Grèce paraissent en avance pour le moment, mais c’est peut-être de France que viendra le prochain coup, si vous le voulez bien.

    Néanmoins chez nous, nous n’avons rien à opposer à la finance triomphante et donc le vote est clairement une action de pure collaboration. Là ou je voudrais vous rassurer, car je vous connais bien, c’est que ne pas voter n’est pas une action dangereuse. C’est simple, car il suffit de faire taire le sentiment de culpabilité que le système a insidieusement glissé dans chacun de nous, car eux, la caste, ils tiennent absolument à ce que nous votions. Pour n’importe qui, puisque le résultat est déjà connu, mais la seule chose que nous demandent les riches c’est de voter. Toute la grande foire des élections et des sondages, le battage médiatique et les séances télévisées n’ont qu’en seul but : faire que vous alliez mettre votre bon pour accord au système dans la boîte prévue à cet effet. Les slogans ne manquent pas : voter c’est citoyen, voter utile, voter pour le changement, voter c’est un droit et il faut le cultiver, votre avis compte, devoir de voter, ….On se calme.

    Conclusion récapitulative : Je suis donc en train de vous dire que l’abstention est l’attitude politique la plus pertinente que nous pouvons avoir de nos jours car nos dominants tirent leur légitimité des élections et seulement de là, puisque pour tous les autres aspects, les élus ne sont que les sherpas des riches. La classe politique s’est approprié les modes de fonctionnement de la démocratie en transformant le vote comme moyen d’expression populaire en instrument de pérennisation de sa domination. Pour cela, la classe politique a délibérément choisi de passer sous la coupe de la caste des riches et de la finance qui possède déjà non seulement les banques et les entreprises, mais aussi les médias et maintenant les institutions. Dans ces conditions, voter ne sert plus à exprimer son opinion mais seulement à choisir le clan de riches qui remporte la compétition. Pour les prochaines présidentielles, la seule manière de sortir de ce piège est soit le vote FN soit l’abstention. Tout autre vote est un clair blanc-seing au dictat de la finance. Comme le FN n’a strictement aucune chance, ma préférence va à l’abstention. L’objectif serait que ce soit l’abstention qui soit élue avec 50 % par exemple. Ca ne serait pas la révolution mais un signal clair de défiance à l’égard de ceux qui nous gouvernent, et ce n’est pas à un parti qu’appartiendrai la victoire mais à nous tous. C’est rare.

    Michel Costadau

  • Homme parfait

    Homme parfait

    Bon cette fois on va essayer de se détendre, parce tous ces textes sérieux sur les errements de notre monde sont un peu fatigants, voir même lassants. On y reviendra, bien sûr, parce qu’il est indispensable de « penser » notre société, ce que pas grand monde ne fait. Bref on va pas la jouer sérieux ce coup-là, mais plutôt grosse détente et humour si on y arrive.

    Voilà, il y a quelques années nous étions, avec pas mal de copains, en pleine recomposition de la société, de la politique et aussi des femmes, des couples et des familles. Avec quelques uns on avait essayé de trouver, parmi nous, quels étaient les hommes parfaits. Pas du tout le parfait militant, non uniquement le super conjoint. Je vous rassure tout de suite, je n’ai jamais été désigné ni même pressenti. Néanmoins nous en avons trouvé deux que nous ne cherchions bien sûr pas à imiter car impossible et inutile, puisqu’on est comme on est et c’est la première chose qu’il faut apprendre dans la vie, mais qui meublaient agréablement nos conversations quand ils n’étaient pas là.

    Le premier, champion toutes catégories, était du type pas très sportif mais svelte, assez grand, calme, avenant, qui écoutait plus qu’il ne parlait mais très empathique. Il avait par exemple, une pratique assez rare, consistant à se raser le soir avant d’aller se coucher avec sa copine. Nous qui étions plutôt barbus et chevelus, ça nous paraissait un comble comme de serrer la main à un gendarme. Il avait aussi la faculté de n’avoir jamais un avis contraire à celui de sa copine, chose qui nous paraissait impossible, nous qui encouragions les femmes à se considérer comme libres mais à condition qu’elles aient nos idées, ce qui était généralement le cas mais quelquefois il fallait donner des explications. D’humeur égale, serviable, obéissant, prompt à s’acclimater à tous changements déménagement, vacances ou nouveau boulot c’était vraiment un prototype, comme n’en sortent que les écuries de course. Nous, nous traînions notre lamentable caractère, nos mauvaises habitudes, nos écarts divers en espérant que ça ne se voyait pas trop et en attendant on ne sait quelle amnistie qui nous aurait fait rejoindre le peloton de tête.

    Le second, paradoxalement ne ressemblait pas du tout au premier. C’était plutôt un ténébreux, avare de paroles, mais suivant très précisément les conversations, capable de donner un éclairage de terrain quand il le fallait. Il était grand, attirant, mais on ne se précipitait pas vers lui, en tous cas nous les hommes, il était toujours sur la réserve, comme s’il voulait presque faire comme s’il n’était pas présent, jamais de grand sourire, mais pas du tout l’air triste, on était bien quand il était là, mais quelque fois on ne remarquait pas qu’il était parti. Bon guitariste, excellent danseur.

    Attention il n’y a que les femmes qui savent ce que c’est qu’un excellent danseur, et dans les bras d’un bon danseur une femme s’abandonne bien plus voluptueusement que dans le lit. Dans le domaine de plaire aux femmes, c’est un avantage considérable que d’être un bon danseur. Rassurez vous ça ne s’apprend pas, on a le don ou pas. Là je ne vous parle pas des danses importées des US twist, country et autres macarena, qui sont faites pour personnes seules et qui en général ne savent pas danser, non je vous parle des danses de couples qui tournent et tournent avec des variations de rythme et autres subtilités genre valse, paso, salsa ou mazurka. Trouvez un bon danseur et vous verrez la différence avec votre régulier. Et donc parmi toutes les manières qu’ont les femmes de tromper leur conjoint, tromper n’est pas le mot, parce que pour les hommes tromper sa femme ça veut dire coucher avec une autre, alors que pour une femme tromper son mari c’est rire ou danser avec un autre en pensant que le sien est complètement nul, ce qui n’est pas une raison suffisante pour le quitter puisqu’ils sont tous comme ça. En fait, les hommes sont en moyenne extrêmement embêtants, ennuyeux, et celui qui fait rire sa copine est un homme heureux que l’on ne saurait trop encourager à continuer comme ça, parce que quand on ne fait plus rire sa compagne c’est le début de la fin et les pantoufles devant la télé avec le chat sur les genoux ne sont pas loin. Et donc, pour les femmes, parmi toutes ces manières de tromper, la danse et la conversation sont ravageuses. Combien de femmes disant à leur copain en rentrant chez eux, tiens on a vraiment passé une très bonne soirée, amènent celui-ci à penser que c’est à cause de lui, qu’il est plein de qualités, qu’elle lui trouve du charme et qui, poursuivant la logique, l’emmène dans le lit en se disant, elle a vraiment envie de moi. Erreur, grosse erreur ta copine s’est bien amusée parce qu’il y avait un tel qui l’a fait danser, tel autre qui l’a fait rire et tel autre encore qui lui a dit des choses gentilles, alors que toi tu t’esclaffais avec tes potes en parlant des femmes des autres, comme si elle ne savait pas ce que tu étais en train de dire. D’une manière générale, les femmes n’aiment pas tellement coucher avec les hommes, sauf peut-être les toute jeunes filles et encore. Les hommes c’est le contraire, tous leurs efforts consistent à arriver à coucher, et quand le regretté Wolinski dit « elles » ne pensent qu’à ça, il se trompe allègrement, parce que ça l’arrange pour ses dessins, mais la mesure juste est « ils » ne pensent qu’à ça.

    Les hommes ne se regardent pas parce qu’à part entre vingt ans et vingt ans et demi, où on est assez beau pour être attirant, ils sont maussades, peu causants, grossiers, vantards et fatigués, quand ce n’est pas sales et barbus. S’ils se regardaient ils se trouveraient insupportables, mal attifés, marchant sur les pieds de la copine – j’ai pas fait exprès. Bien sûr que t’as pas fait exprès, gros balourd, celui qui le fait exprès, ça a un nom, c’est un goujat. Quand je dis que les femmes n’aiment pas trop coucher, c’est évidemment un peu plus subtil que ça. En fait c’est une histoire de fin et de moyens. Les femmes aiment plaire, attirer voire affrioler et passer du temps avec les hommes, c’est leur plus grande distraction, distraction ça veut dire que c’est pas le boulot, c’est la détente. Que ça se termine au lit, n’est pas du tout leur but, puisqu’elles aiment profiter de l’attirance qu’elles exercent et que ça dure le plus longtemps possible. Pour les hommes c’est le contraire, tout ce temps passé à parler, danser, écouter est la partie la plus embêtante du parcours. Certes ils les supportent mais uniquement parce que le but c’est le lit et que pour atteindre ce but ils sont prêts à tout. Alors une fois au lit, c’est là où l’homme se sent enfin arrivé et reprend confiance en lui. Bien sûr un des gros problème du lit c’est qu’une fois, ou deux, la jouissance passée, il s’endort non pas du devoir accompli mais de la fatigue du lapin. Certains préfèrent alors aller fumer une cigarette, mais ce n’est pas mieux. Du coup le lit est un immense révélateur pour les couples, pour les femmes c’est la fin de la partie intéressante du parcours et pour les hommes c’est le début. D’où quelques fois une certaine incompréhension, et là il faut que chacun fasse un pas.

    Y a encore beaucoup à dire mais revenons à nos hommes parfaits. Je ne sais pas comment ils se débrouillaient avec leur copine, et d’ailleurs ce n’était pas notre problème, puisque nous ne jugions que d’après notre propre idée de l’homme idyllique et non de savoir si le copain était vraiment proche de la perfection. La réalité m’oblige à dire qu’ils avaient sûrement quelques défauts puisque leurs copines ont fini par s’en séparer. Le clou de l’histoire c’est qu’il y a une copine qui a eu les deux successivement. Et pourtant elle ce n’est pas une femme parfaite, bien sur ça se discute, mais le fait est qu’elle a eu les deux parfaits conjoints de notre classement.

    N’allez pas croire pour autant que les hommes parfaits existent. Pour les femmes il n’y a aucun problème, non seulement elles sont convaincues qu’il n’y a pas d’homme parfait, mais en plus, pour jauger, elles partent plutôt du bas en comptant les défauts que n’a pas leur copain. Déjà celui qui ne boit pas tous les soirs, qui ne passe pas tous ses week-end avec des potes et qui ne parle pas trop de ses copines d’avant de pendant ou d’après, c’est pas mal.  Au contraire les hommes ont, à vrai dire, un peu l’idée que ça peut exister et pour eux c’est un mélange de jeune, beau, disponible, bronzé, plein d’esprit, charmeur, humoristique mais sérieux quand même. Là où ça se complique c’est qu’il lui faudrait aussi, habitant une belle maison, ayant soit un travail rémunérateur mais cool, soit n’étant pas vraiment obligé de travailler. A cela il faut ajouter venant d’une famille respectable, avec oncles et petits neveux, des parents drôles, décalés mais un peu classiques quand même. Là où ça devient insoluble c’est quand il faut lui trouver une copine à cet homme allégorique. Là les hommes sèchent complètement parce que notre héros est plutôt entouré de jolies filles, mais il n’en a pas vraiment une à lui, ce qui est un énorme obstacle pour avoir facilement une femme dans son lit, ce qui est, comme on l’a dit, la seule chose qui compte. Dans le modèle de l’homme parfait il y a un autre gros problème : partout il voit des concurrents, alors il se chamaille pour un oui pour un nom, avec des airs de cow-boy éméché, -c’est toi qui as dit que j’aimais le foot, -hein répète un peu, -euh non j’ai dit que le foot c’est un sport de fille, -hein répète un peu et ainsi de suite. C’est complètement non productif, puisque loin de faciliter une conquête féminine, ça lui faire perdre du temps dont ses copains  profitent pour aller tirer un coup avec l’une ou l’autre qui finalement trouvent cela pas si mal et sont moins pressées de retourner voir où en est l’homme mythique. Heureusement, les hommes parfaits que nous avions distingués parmi nous n’avaient pas ce travers puisqu’ils étaient plutôt au dessus de la mêlée, parvenant, c’est un exploit, à ne jamais se disputer avec qui que ce soit.

    Néanmoins une question que nous nous posions, c’était quoi penser des machos. Machos, à cette époque-là, n’était pas du tout un idéal pour nous. Machos c’était quelque chose comme rustre, bestial, ignorant, peu conciliant, violent et dominateur. Certes ca pouvait être aussi, beau, grand, fort, avec peu de copains mais surtout une copine, une seule, mais une copine attitrée. Pour nous, celui qui donnait une claque à sa copine parce qu’elle lui avait dit merde, était un gros macho qui ne comprenait rien. Alors nous disions, pauvre d’elle qui est avec cette brutasse mal dégrossie, mais cet ours quand même dansait plutôt bien et quand il partait il ne se posait même pas la question de savoir si sa copine venait parce que c’était une chose qui ne se discutait pas. Les temps ont un peu changé et maintenant il faut être honnête et bien voir que le macho a pas mal de qualités. C’est-à-dire que macho et con à la fois, ça pourrait être un pléonasme, mais c’est surtout pas de bol et là il faut reconnaître qu’il n’y a rien de bon à prendre et même qu’il vaut mieux éviter. Mais macho et pas con, ça existe. C’est plutôt le genre qui ne se pose pas trop de questions, qui agit droit au but, qui se fout pas mal des autres et de ce qu’ils pensent, en particulier de lui, et il faut reconnaître que pour les femmes c’est pas le pire cas. Certes, il la surveille un peu, mais s’il y a quelque chose à dire il le dit et ça les femmes apprécient énormément, parce que tous ces petits intellectuels qui coupent les cheveux en quatre, pour savoir s’il faut attendre le feu rouge pour traverser où si on y va tout de suite, eh bien les femmes ça les branche pas du tout mais alors pas du tout. Je ne dis pas que les femmes n’aiment que les choses binaires, c’est pas ça, c’est juste qu’un mou ça restera toujours un mou et qu’avec un mou on mène une vie molle et qu’on se sent comme sur une planchette savonneuse qui en plus penche vers le vide. Certes encore, il ne faut pas confondre macho et violent. Celui qui bat sa copine est une triple buse qui devrait avaler un somnifère permanent pour disparaître du paysage. C’est innommable et ça n’a pas de sens. C’est pas la peine d’avoir un bac+8 pour savoir qu’un homme c’est plus fort physiquement qu’un femme. Alors celui qui veut prouver qu’il est plus fort que sa femme c’est un raté qui ferait mieux d’aller boire un coup de plus pour oublier qu’il n’est qu’une chiffe molle. Cependant, comme dans le cas de la gifle tout à l’heure, je ne dis pas qu’il n’y a pas des moments où il faut être ferme, quitte à paraître un brin braqué ; les femmes aiment plutôt ça que le contraire, parce que vous savez ce qu’elles font les femmes des hommes mollassons, eh bien elles en rigolent pendant des heures avec leurs copines, et quand elles reviennent elles vous font -ça va mon chéri. Bon mais de là à frapper, il y a un grand pas qui à mon avis ne doit jamais être franchi.

    Pour rester dans le sujet, nos deux hommes parfaits, n’étaient pas machos mais quand même un peu dans le sens où ils se posaient peu de questions. Ca doit être ça le secret, à moins qu’ils n’aient une autre idée que la moyenne de ce qu’est une femme parfaite. Parce que les hommes, eux, pour avoir une idée de la femme parfaite, ils ne partent pas du bas mais du haut et ils enlèvent des points. Poitrine basse, deux points de moins, croupe imposante, deux points de moins, qui comprend plus vite que lui, deux points de moins, qui a un boulot plus qualifié, deux points de moins. Evidemment comme ça, la note elle descend vite. La femme parfaite pour un homme, déjà c’est pas la sienne et puis, elle ressemble plutôt à L. Casta qu’à Y. Moreau, les journaux en sont pleins et là les hommes ils sont tous d’accord. A vrai dire, son idée de la femme parfaite, c’est pas pour l’avoir, il sait que c’est pas pour lui, c’est juste pour pouvoir faire encore moins d’efforts avec la sienne vu, que d’après lui, elle est loin d’être dans le top ten. Ce en quoi il a sûrement tort, puisqu’il y a quelques copains qui sont, déjà, en train de lorgner dessus. Heureusement que les femmes elles supportent ça assez bien, parce que sinon, nos villes seraient un grand monastère où la sortie du dimanche consisterait à aller voir la mer où des femmes sont en train de se baigner entre elles, les riches ayant des jumelles et les petits se faisant raconter ce que les autres ont vu.

    Une autre question que nous nous posions, c’était celle de l’homosexualité. D’abord parce que, bêtement, on avait le sentiment que les homos n’étaient pas dangereux pour nous, j’entends par là qu’ils allaient pas nous piquer nos copines, mais pas de bol ça arrivait souvent. Mais aussi il y avait cet aspect un peu troublant de l’attirance, parce que qu’une femme soit attirante pour un homme, ça se discute même pas, qu’un homme soit attirant pour une femme, ça nous paraissait assez normal, au moins pour ceux qui se croyaient beaux et y en avait, hélas, quand même pas mal, mais qu’un homme soit attiré par un autre homme, ça nous gênait un peu, parce que c’était extrêmement ténu la différence entre trouver quelqu’un beau et attirant et avoir envie de faire le parcours du lit avec lui. Par contre, pour les femmes nous ne faisions aucune différence entre celles qui regardaient les hommes de haut et qui du coup n’avaient pas de copains, ou alors rarement, et celles qui s’étaient mises avec une copine. Nous trouvions cela hyper normal, car sans danger pour nous, et nous les invitions volontiers parce qu’il y en avait qui étaient vraiment intéressantes, au plan intellectuel ou culturel je veux dire. Non, notre souci c’étaient les couple d’hommes, ce qui était assez rare, mais surtout ceux qui avaient des aventures entre hommes. Presque tous étaient ce qu’on pourrait appeler gentils, je dirai presque doux. C’était un peu 180° avec le macho. Comme un besoin de douceur, ce qui est assez surprenant parce que justement les femmes c’est plutôt elles qui ont ce coté doux voire tendre, alors que les hommes, à proportion, c’est plutôt rugueux, anguleux, voire dur. Bon, il nous paraissait clair qu’il y avait de la féminité chez les homos, ce qui n’est pas du tout pareil qu’efféminé qui est la caricature classique que les beaufs donnent aux homos. Bref, on acceptait volontiers mais on comprenait pas bien. D’autant plus qu’apparemment ça n’avait aucun rapport avec des comportements qui relèvent de la psychiatrie, c’était visiblement plutôt comme une chimie interne, avec des dosages variables, qui induisait cette tendance. Et pour rester dans le sujet, vu que l’homme et la femme c’est 100 % de la chimie, peut-être que nos hommes parfaits, c’était un équilibre entre les doses du macho et celle de l’homo. Pour illustrer ça en 6e au lycée notre professeur de grec nous avait dit « anthropos » embrasse aussi bien l’homme que la femme, je vous dis pas le fou rire général. Tout ça pour dire qu’on a tous des tendances machos et des tendances homos et qu’il faut faire avec. Je ne crois pas que l’éducation ait la moindre influence la dessus, par contre, l’exemple oui c’est sûr.

    Revenons à notre sujet. Un peu plus haut on a dit pour le premier homme parfait, prompt à s’acclimater à tous changements. Ca n’a l’air de rien mais ça fait ressortir l’aspect souvent casanier de beaucoup d’hommes. Certes il y a des aventuriers, mais ce n’est pas du tout ça qui plait aux femmes, trop de risques trop de bosses et au final trop de galères, par contre le casanier ça leur plaît encore moins. Les femmes aiment bien le changement, de lieu en tous cas, déménagement ou départ en vacances, elles sont toujours partantes. Je ne sais pas si c’est l’attrait de la nouveauté ou un reste d’esprit nomade du temps des chasseurs cueilleurs, mais c’est un fait. En plus elles vont préférer occuper une location, par exemple pour l’été, qu’aller à l’hôtel et pourtant c’est quand même plus de boulot pour elles. Il y a comme une résistance à l’installation ou plutôt à l’encroûtement, d’une part sûrement lié à la monotonie mais aussi au fait de lever un peu le poids qui pèse sur elles. Parce que l’homme ce qu’il aime bien c’est avoir sa femme à portée de main et que même il peut la trouver les yeux fermés. Seulement ça ne donne pas une grande dynamique à une relation. Les hommes finissent toujours par trouver que c’est pas trop mal là où ils sont, le boulot qu’ils ont et même ce qu’ils pensent. Mais ça ne fait pas du tout le compte pour les femmes cet endormissement. Elles veulent un peu plus de nouveauté, de découvertes et d’échange. Dans les cours de management on vous explique que ce qui tue l’intérêt des salariés pour le travail, c’est trop tout le temps de la même chose. Pour les conjoints c’est pareil et souvent les hommes croient que leur couple bat de l’aile comme on dit, alors que tout simplement ils se sont assoupis dans une coupable mièvrerie d’ourson pelucheux.

    D’un seul coup, j’ai un doute qu’en me lisant vous puissiez croire que je connais bien les hommes et les femmes. C’est pas du tout vrai. Pour les hommes je dis pas, j’en connais au moins un. Mais les femmes j’ignore totalement, comme tout le monde. Parce que il ne s’agit même pas de différence, il s’agit d’un univers à part, de complètement autre chose, comme le jour et la nuit. Les anciens ont forcément eu ce problème, qu’ils ont démêlé de manière assez correcte. Dans la légende, les hommes sont associés à l’eau, au liquide, à la mer, et les femmes à le terre au solide, à ce qui pousse. C’est vrai que les eaux et la terre sont deux mondes complètement différents et sans le moindre point commun. Cependant leurs association crée la vie, la végétation, la nature. La terre a besoin d’eau pour produire et les zones humides sont des lieux d’une particulière richesse et diversité. Zones humides, zones humides tiens ça me dit quelque chose.

    Michel Costadau

  • Justice

    Justice

    « Il faut s’unir pour abolir injustice et pauvreté » chante Graeme Allwrigt dans « Le jour de clarté ».

    La pauvreté est un état dans lequel l’homme mais aussi la nature jouent un rôle. L’injustice, au contraire, n’existe pas dans la nature et c’est une notion dont l’homme est le seul et unique acteur car c’est lui qui l’a inventée (dans le sens de découvrir). Nous allons donc parler de l’injustice c’est-à-dire plutôt de la justice. Pour être tout à fait clair, le récent procès du cafetier de Lavaur a fortement contribué à me faire aborder ce sujet. Nous y reviendrons donc. Dans ce texte on découvrira que l’injustice est devenue le fondement de nos démocraties, que la Justice est une institution qui ne fonctionne plus du tout correctement, et qu’il convient de considérer, voire d’adopter, de nouveaux comportements consistant à ignorer les lois, à se regrouper pour résister, tout en se débrouillant pour échapper à la Justice (ce qui est, déjà, une pratique assez répandue chez les dominants). Accessoirement on constatera que l’humanité ne fait aucun effort pour créer un monde plus juste.

     

    Alors au travail. On va d’abord déminer un peu le terrain en éliminant quelques faux amis. En effet qu’est ce que ça peut bien être qu’une société ou un monde plus juste (on va éviter les mots creux comme équitable, durable  etc. (si vous savez ce que ça veut dire, je suis preneur) inventés par les technocrates pour favoriser le commerce). La justice n’a aucun rapport avec l’égalité, l’équité, le juste partage de quoi que ce soit, et encore moins la vérité. La nature n’a rien de vrai ni d’égalitaire. Bien au contraire, elle est basée sur la différence et même ça s’appelle la diversité et c’est quelque chose que l’on tient à conserver. Seulement appliqué à l’homme ça donne un sentiment d’inégalité. Celui qui a une tache au milieu de la figure a du mal à considérer que c’est un cadeau de la diversité mais plutôt un handicap et qu’en quelque sorte ce n’est pas juste puisqu’il n’y est pour rien. Et donc on peut dire que c’est pas de bol, mais ça n’a aucun rapport avec l’injustice. Le sentiment de ce qui est juste ou pas n’a en fait aucun rapport avec la justice. Il peut y avoir des sages (dans le sens d’être capable de donner un avis éclairé) mais il ne peut pas y avoir de justes (dans le sens d’agir selon une règle de vie juste). La seule manière d’être juste c’est d’être en accord avec les lois et donc il y a, quand même, beaucoup de justes dans notre pays malgré les essais d’appropriation du terme par l’Etat voyou d’Israël. La Justice a donc seulement un rapport avec les lois édictés par les hommes (lois personnelles, d’un clan ou d’une société, on ne fait pas de différence). L’injustice est uniquement le fait que la loi ne soit pas respectée. Et le sentiment d’injustice vient de l’ostentation coupable de ceux qui se sont mis à l’abri des lois. Tout ça pour dire qu’il faut éviter de croire que l’institution judiciaire est le moins du monde amenée à rendre « la » justice : elle est seulement chargée d’appliquer la loi (évidemment c’est beaucoup moins exaltant, même si vous me dites que tout le monde le savait). Ce n’est pas notre sujet mais on peut quand même signaler qu’en fait ce sont les religions qui se sont emparées de la notion de juste et de justice, en inventant des lois divines, ce qui implique bien qu’elles reposent sur une énorme supercherie.

    En matière de faux amis il y a aussi le sentiment assez répandu que l’on peut faire appel à la justice pour faire respecter son droit, pour d’une manière générale forcer à s’exécuter (payer, partir, restituer….) celui qui ne le veut pas. C’était peut être vrai il y a très longtemps mais hélas ce n’est plus ça. La Justice n’est plus du tout faite pour réparer ou effacer un préjudice (d’ailleurs on ne peut pas utiliser ce qui a été détruit, ni rendre la vie à une victime), de nos jours elle est seulement là pour punir selon une loi et pour elle il n’y a pas d’innocent, de coupable ou de victime mais seulement des gens qui ne connaissent pas la loi et c’est aussi vrai pour le plaignant que pour l’accusé. On a même inventé un horrible slogan « j’ai confiance dans la justice de mon pays » qui a eu son heure de gloire, mais la réalité est heureusement que plus personne n’a confiance dans la Justice. Clairement les gens préfèrent endurer un préjudice qu’essayer d’obtenir « justice ». Ils appellent ça la vie en société. Un exemple moderne : quand vous achetez un téléphone mobile et que vous souhaitez régler vos consommations par chèques, vous signez le document correspondant et oh surprise vous vous retrouvez avec des prélèvements sur votre compte. Bon, maintenant essayez donc d’obtenir l’application de ce que vous avez signé, vous perdrez toujours (on vous fera savoir que ce que vous avez signé n’engage que vous !).

    Revenons, maintenant, sur l’aspect institutionnel de la Justice et donnons les indications de base. La Justice est l’un des trois piliers sur lesquels est bâti le pouvoir dans nos sociétés. Mais la Justice n’est pas le plus simple à faire fonctionner, car c’est celui qui fait l’équilibre entre les deux autres : l’exécutif et le législatif. Et c’est un équilibre particulièrement instable. C’est le seul contre-pouvoir officiel que nous ayons. Du coup la Justice est devenue, petit à petit, un ennemi, un obstacle pour les deux autres, ce qui a conduit à la disparition de son rôle. On peut même décrire l’état actuel de notre société comme un entente entre le législatif et l’exécutif pour supprimer le rôle de la Justice. En fait c’est d’abord l’exécutif (gouvernement et ses préfets ainsi que la gouvernance de toutes les collectivités) qui a jugé que la Justice était un obstacle. Nous avons par exemple un président qui n’est redevable devant aucune juridiction pour l’exercice de ses fonctions. Nous avons cette clause inique d’immunité parlementaire. Nous avons cette notion insupportable de responsable mais pas coupable pour tous les membres du gouvernement et des collectivités. Nous avons surtout l’avantage énorme que constituent les réseaux des dominants (il y en a quand ils ne sont pas content qui téléphonent à Hollande et d’autres qui peuvent défiler par milliers sans qu’on daigne les entendre). Comment voulez-vous que s’exerce le pouvoir de la loi pour des gens protégés par de telles murailles. Ces gens-là ont réussi à se mettre hors-la-loi, c’est-à-dire à l’abri des lois et une fois de plus l’exemple venant d’en haut, la disparition de la justice s’est opérée.

     

    Alors est-ce que la Justice a encore du pouvoir dans notre pays ? C’est-à-dire la possibilité d’exercer son rôle de contrôle de l’application des lois. En théorie elle a le pouvoir de la loi, mais malheureusement la loi est loin d’être la même pour tous. Plus précisément il y a une seule loi mais ses effets sont extrêmement différents selon les personnes. Par exemple, une peine de 100 € n’a pas du tout le même effet sur une personne qui gagne 700 €/mois et sur celle qui en gagne 7000. On peut, clairement, dire que dans le second cas, la personne est au-dessus de la loi en question et qu’elle est en mesure de n’en tenir aucun compte. C’est d’ailleurs un des principaux objectifs des riches et des puissants que de pouvoir être au-dessus de la loi. On touche là un dysfonctionnement de l’institution judicaire, à savoir que le pouvoir de la Justice est complètement oblitéré par le fait que la loi n’est pas la même pour tous. Et pourquoi la loi n’est pas la même pour tous, tout simplement parce que le législatif dit la loi mais aussi la peine encourue pour son non-respect (ça on pourrait le changer en laissant le choix de la peine aux juges), ce qui donne une faible marge de manœuvre à la Justice pour exercer son rôle. On pourrait, bien sûr, multiplier les exemples, mais on peut établir facilement qu’en France, la loi n’est pas appliquée ou tout au moins qu’elle ne fait peur qu’aux plus faibles, ce qui est exactement le contraire du but recherché. Car des lois il y en a de toutes espèces puisqu’elles portent sur tous les aspects de notre vie quotidienne, mais d’une manière générale on décrit nos sociétés comme des Etats de droit, ce qui est censé vouloir dire que les citoyens sont protégés par des lois. En particulier les plus faibles, parce que les riches se débrouillent tout seuls (Tapie, Berlusconi, Strauss Kahn, Bongo….). Les autres pays sont censés être des Etats de non-droit dans les quels les citoyens sont « victimes » du fait du prince. Finalement, la réalité c’est que les citoyens ne sont plus du tout protégés par les lois, mais au contraire attaqués par elles. Les lois sont devenues la principale manière d’exploiter les populations (et de permettre aux riches de rester riches (ce qui explique pour quoi il se sont emparés de la classe politique et des médias) D’ailleurs les programmes électoraux ne contiennent que des propositions de lois, preuve indiscutable que «l’esprit » a disparu de nos sociétés (l’esprit c’est par exemple solidarité, respect, liberté, courage, probité, partage…..). C’est donc une dérive complète de la Justice que nous pouvons constater, à savoir que, depuis un moment, la Justice ne sert plus qu’à protéger les riches et leur richesse. Cette dérive remplit les prisons avec des pauvres alors que les riches restent dehors. Dans les faits, je ne crois pas que les riches se fassent, par exemple, plus voler que les pauvres mais le fait est que les pauvres qui volent se retrouvent en prison et que les riches qui volent restent dehors. Vous allez me dire que c’est normal puisque les pauvres ont moins et donc veulent ce qu’ils n’ont pas et que les riches ont bien assez sans avoir besoin de voler. Stop, là il vous faut atterrir mes bons amis. En effet, il est impossible de devenir riche sans pratiquer le vol, souvent l’assassinat et d’une manière générale tout ce que les lois répriment. Il n’y a pas de pire bêtise que de vouloir s’enrichir en restant dans les limites de la légalité. C’est la meilleure manière de faire une voie royale aux escrocs et profiteurs de tout genre qui eux vont s’enrichir tandis que vous resterez pauvre. Ne me parlez pas du bon fond de la nature humaine c’est une chimère comme nous l’a si bien expliqué J.J. Rousseau il y a quelque temps. Et si maintenant vous voulez une preuve imparable, il suffit de regarder ce qu’on appelle l’histoire de France, qui n’est malheureusement que le récit des luttes de pouvoir entre les riches et non l’histoire du peuple français. Mais si vous y trouvez le moindre respect des lois ou la moindre honnêteté, ne serait-ce que dans les intentions, envoyez-moi un mail tout de suite, je suis preneur (encore et toujours). Donc, clairement, les riches ont volé et volent encore mais ce ne sont pas eux qui sont en prison (il y a bien sûr des règlements de compte entre eux). C’est tout à fait injuste et ça peut même susciter un sentiment de révolte mais, encore une fois, c’est vous qui irez en prison, et c’est comme ça.

    De même il est facile d’établir que la loi n’est largement pas respectée et même injuste avec, par exemple, le fait que plus la faute est grave plus les peines sont légères (on est moins puni pour avoir blanchi des milliards que pour l’agression d’une supérette pour 50 €). On peut même dire plus clairement que la loi n’est pas faite pour être respectée mais seulement pour permettre à ceux qui ne souhaitent pas la respecter de savoir à quoi il faut faire face. Ca c’est un peu fort me direz- vous parce que alors à quoi ça sert de faire des lois qui ne doivent ou ne peuvent pas être respectées. Pour comprendre pourquoi les lois ne sont pas faites pour être respectées, mais seulement pour aider les contrevenants à les contourner, c’est assez simple. En effet d’abord 90 % des lois sont inutiles. Par exemple toutes les lois sur les logements privés ou sociaux, les droit des bailleurs et celui des locataires, le montant des loyers et des charges etc. n’ont aucune espèce d’utilité et l’on se retrouve donc avec un parc de logements vides, des loyers prohibitifs, de l’exploitation (300 €/mois pour 2 m²), des expulsions pour diverses raisons sans que la notion constitutionnelle (l’esprit) de droit au logement puisse être considérée comme existante. Autre exemple, les lois sur la dépendance, montant des retraites, maison de retraite, aide à la personne, soins à domicile, euthanasie, etc. toutes ces lois ne servent strictement à rien pour le respect de la vie et de la dignité humaine mais seulement à faire du business. On pourrait aussi parler de l’accès à la connaissance, l’éducation, la formation, la laïcité qui n’ont qu’un seul but, faire que ceux qui ont le pouvoir le gardent. Toutes ces lois inutiles ne servent qu’aux usagers (propriétaires, locataires, hôpitaux, familles, communautés….) à savoir comment les détourner et faire leurs affaires. Sur les 10 % des lois restantes la majorité sont inapplicables car conjoncturelles. Ce sont des lois momentanées en fait et ce qui était interdit hier devient un jour permis ou le contraire. Et en effet, vous pouvez constater que notre pays court après les lois. Chaque événement dans la société crée une folie de « on va légiférer, renforcer, pénaliser… « . On a déjà précisé dans un autre texte que tout cela n’est que de la médiatisation pour occuper l’espace et faire croire que la société fait quelque chose. On rajoute maintenant que ça sert, aussi, à créer des lois inapplicables (et donc sans danger pour les contrevenants et autres magouilleurs). Passeports biométriques, détecteurs de fumée, travail au noir, appellation d’origine, limitation de vitesse, contrefaçons, trafics en tous genres, j’en passe et des meilleures pour expliquer que tout ça ne sert strictement à rien à part à vous abuser (parce que vous croyez qu’il y a des lois) et à m’amuser (parce qu’on respire, quand même, un parfum de liberté quand on voit des gens qui ne respectent pas la loi). Enfin les quelques % restants sont l’affaire des avocats. J’adore les notions d’abus de majorité, de témoins assistés ou de droit de vote double. Les avocats se régalent et nous on regarde passer les trains. Les US (où le droit de tuer les noirs est constitutionnel) sont très en avance sur nous dans ce domaine et si vous vous asseyez sur un banc public, à côté par exemple d’une vielle dame, faites gaffe de ne pas vous retrouver devant le juge pour tentative de racket. Ca vous fait rire mais c’est pas vraiment drôle. Voilà pourquoi j’ai annoncé que nos sociétés étaient basées sur l’injustice et on vient de l’établir.

    Donc les lois ne nous protègent pas mais au fait pourquoi a-t-on des lois. Ben c’est assez facile. Les sociétés humaines se sont trouvées confrontées au problème du non-respect de certaines règles par certaines personnes ou entités. Quand une entité (individu, groupe ou population) ne respecte pas les règles et bouscule vos modes de fonctionnement (invasion des Huns par exemple), il n’y a que trois solutions : soit vous vous laissez faire (au risque de disparaître), soit vous faites la guerre (c’est, heureusement, le cas général), soit vous faites adopter (ou essayer de faire) par toutes les entités des règles de bonne conduite (c’est le concept de lois, qui sert de base à la notion de sociétés dites civilisées (qui du coup ont le droit de faire la guerre légalement !!!)). Les deux premières attitudes se passent de commentaires et vont perdurer sans mal. La troisième solution  pose beaucoup de problèmes, mais nous nous intéressons seulement à l’aspect Justice du contenu des règles. Et plus précisément aux sanctions éventuelles que la société peut appliquer.

    Ne rien faire n’est pas possible car la nuisance continuera (et justement le sentiment d’injustice naîtra) ; éliminer physiquement l’entité qui ne respecte pas les règles (mort, perpétuité, lourdes peines…) induit la disparition du contrat social puisque toutes les entités chercheront à se prémunir de cette élimination possible (accumulation de richesse, maffia, milices, règlement de comptes, corruption… ) et donc l’élimination physique du contrevenant entraîne la disparition de la société (c’est ce qui nous est arrivé). Dernière possibilité : appliquer aux trublions une peine de compensation de la nuisance, pour en quelque sorte effacer le préjudice et permettre à toutes les parties de reprendre une vie normale avec respect des règles (c’est la base de l’éducation). La Justice a,  probablement, été pensée à l’origine pour faciliter le parcours de chacun malgré les chutes possibles. C’est une question fondamentale de savoir si, après un délit, il existe une possibilité de peine permettant de laver le délit. Aujourd’hui la réponse est, clairement, non, et le casier judiciaire, la notion de récidive et de fichage d’une personne en sont la preuve. Il n’en a pas toujours été ainsi, mais aujourd’hui nous sommes tombés bien bas à cause de cette impossibilité de laver le crime.

    Pour moi, on a le droit de commettre une bêtise mais on devrait attendre de la peine qu’elle lave complètement du délit commis. Quel est l’intérêt d’effacer le délit, ben c’est de permettre de considérer que c’était une erreur de parcours, d’effectuer la peine correspondant au prix de l’erreur et de repartir comme si on n’avait rien fait. Vous allez me dire que je rêve, que certains ont un penchant pour le vice et que la société doit être impitoyable avec eux. Oh là où là, vous regardez trop la télé (et on vous a déjà dit que c’est pas du tout bon) parce que à quoi sert d’aller en prison si c’est pour que la faute que l’on a commise et pour laquelle on a payé (on a dit prison) subsiste à la sortie. A ce moment-là autant enlever des points sur un certificat de citoyenneté. Quand on récupère le certificat de citoyenneté (par exemple au bout d’un an) plus personne ne se souvient qu’à un moment on a manqué de points. J’ajoute, mais il faudrait un texte spécial pour traiter ce sujet, que ce qu’on a tendance à considérer comme un défaut incorrigible de certaines personnes (pédophilie, viol….) ne peut (et ne doit) pas être résolu seulement par la société, mais doit impliquer le tissu social, le milieu et le cadre de vie (à condition que la société ne l’ait pas détruit). Néanmoins j’insiste énormément sur cette notion de peine réparatrice, car c’est pour moi le fondement du droit de la société à punir. Si la peine n’efface pas la faute, alors c’est punir pour punir et ça n’a rien à voir avec la démocratie Je ne crois pas que c’était l’esprit des pionniers de la République. Parce que punir pour punir, non seulement ne sert à rien sauf à détruire la société, mais en plus c’est le propre de la tyrannie, pas de la démocratie. Le débat sur la peine de mort pose exactement cette question, car elle n’efface pas le crime et donc elle encourage à se mettre au-dessus des lois.

     

    Et le cafetier de Lavaur que devient-il dans tout ça. Ca vaut le coup d’en parler parce que c’est vraiment un procès emblématique. Emblématique parce que le discours ambiant est imbibé de haine. « d’abord la 22 mais après le 16 » « avec moi ça aurait pas traîné, deux balles point à la ligne » « moi je t’aurais renvoyé tout ça chez eux directo » « personne ne fait rien » . Discours de haine ne dépassant, généralement pas le stade des mots pour la plus part des gens, sauf exception  dont fait hélas partie ce pauvre cafetier. Discours de haine, relayé, entretenu par les médias et, il ne faut pas avoir peur de le dire, partie intégrante du langage de toute la classe politique. Emblématique parce que ce procès a failli ne pas avoir lieu. Le ministère a essayé par tous les moyens d’éviter qu’il y ait procès (honteux). Imaginez donc tous les procès qui n’ont pas eu lieu parce que subtilisés dès le départ par le ministère pour protéger toujours les mêmes. Emblématique, parce qu’au procès le ministère a demandé la relaxe (scandaleux). Emblématique parce qu’au cours du procès il est apparu que l’accusé était dans la catégorie des pauvres (misère intellectuelle plus que matérielle dans ce cas) et comme je vous le dis ce sont ceux-là qui vont en prison (cherchez l’erreur). Et enfin, cerise sur le gâteau, l’association de défense de la victime s’est « réjouie » de la condamnation, bien qu’il n’y ait rien à fêter, car pour une fois la loi s’est appliquée (nauséeux).

    Michel Costadau

  • Médias Lecture du journal

    Médias Lecture du journal

    Je vous avais promis, pour illustrer les mensonges des médias, de faire une lecture commentée et éducative d’un quotidien pendant une semaine. En fait ça se simplifie puisque Le Monde du vendredi 22 mai 2015 me fournit suffisamment de matière pour lui dédier un texte. Voici donc mes impressions brutes quand j’ai lu ce journal.

    En une « La cité syrienne de Palmyre aux mains de l’Etat islamique« , sur toute la page 2 « L’Etat islamique s’empare de Palmyre » et sur toute la page 18 « Il faut sauver Palmyre« . Sauver de quoi ? Là on est présence d’un syndrome classique de l’impérialisme occidental. Le patrimoine mondial appartient à l’occident, c’est notre propriété, culturelle certes, mais propriété quand même. C’est un reste de la colonisation. Donc quand on y touche on nous touche, on nous attaque et donc on se défend. Pas vous ni moi, mais la classe possédante et ses médias. Oui parce que Palmyre leur appartient. Vous, vous croyez que ça appartient aux Syriens, et bien non ça appartient à l’occident. On a même mis une étiquette de patrimoine mondial dessus, comme sur les oreilles du bétail. Pas touche c’est à nous.

    Par contre quand en France on démolit un site archéologique, ou une zone humide pour faire une autoroute ou un barrage, y a rien à dire, c’est le business alors c’est accepté, légalisé et béni. Quand au Brésil on rase la forêt amazonienne pour faire pousser du soja ou du maïs, y a rien à dire, c’est le business alors c’est accepté, légalisé et béni. Quand on donne des autorisations de forage, en Arctique, en baie de Somme ou en mer Noire pour extraire du pétrole ou du gaz pour nos petites cuisinières, y a rien à dire, c’est le business alors c’est accepté, légalisé et béni. Bon je crois que vous avez compris. Dans cette affaire il est important que les médias soient au service de l’argent pour délivrer le mensonge qui va bien. Le mensonge c’est de faire croire aux citoyens que l’EI menace quelque chose qui nous appartient, alors que c’est l’occident qui menace la planète avec sa fuite en avant. Le mensonge c’est de justifier notre présence militaire par la protection de « notre » patrimoine. Le mensonge c’est de faire croire qu’il est normal que les touristes aux dollars et aux euros puissent se balader dans les sites syriens pour enrichir leur souvenirs de vacances et leur collection de photos, là c’est Huguette devant le temple de zébulon en 2013, pendant que derrière la montagne, nos avions bombardent un camp de réfugiés.

    Toujours en première page « Mali : un commando français élimine deux chefs djihadistes« . Là on explique clairement, que l’exécution de suspects sans la moindre forme juridique, fait partie des pratiques françaises qu’il faut louanger et encourager. Il est bien expliqué que ce n’est pas un acte de guerre, avec une bataille, non c’est une exécution comme les drones américains ou israéliens qui « opèrent » les cibles de leur choix. C’est de l’assassinat, mais de l’assassinat idéologiquement justifié, comme si l’Etat avait des droits que n’ont pas ses citoyens et comme si ça devait calmer la haine à notre égard des populations sahéliennes. Je ne comprend pas que l’on autorise notre pays à mener des actions terroristes, avec le soi-disant mobile de justement lutter contre le terrorisme. C’est la porte ouverte à toutes les dérives, parce que qui définit les cibles, qui décide qu’un tel, dans sa montagne, est coupable et doit être exécuté ? Pourquoi pas vous ? Des dérives il y en a déjà beaucoup trop et elles ne servent que ceux qui nous possèdent et nous dirigent. Alors les médias sont là pour cacher le méfait et le transformer en fait de gloire que l’on va chanter dans les écoles. Car pour cacher un acte terroriste on le labélise, de justice, d’ordre, de protection et de la sacro-sainte défense des valeurs. Oui mais ces valeurs-là ce sont le dollar et l’euro, pas la fraternité.

    En page 6 « Le «rêve fou» des gays irlandais à l’heure du vote, L’Eglise catholique, en perte d’influence, fait discrètement campagne contre le mariage homosexuel« . Trop beau pour être vrai que l’on parle des agissement discrets de l’Eglise. Car et ce n’est pas son moindre défaut, l’Eglise agit. L’Eglise c’est un lobby, un puissant lobby qui pèse sur notre vie de la manière la plus réactionnaire qui soit. L’Eglise agit toujours dans le sens des puissants, des riches, des libéraux mais sous la couverture de la morale. On ne voit pas au premier abord ce qui les gêne dans le mariage homosexuel, eh bien c’est tout simplement que par principe il ne peut pas être religieux, car eux, comme les musulmans ils vendent le mariage religieux comme la seule manière d’autoriser  le viol. Seulement entre deux hommes ou deux femmes il est difficile de parler de viol.

    En page 6 aussi « Les provocations de Viktor Orban gênent les conservateurs européens, Le premier ministre hongrois, membre du Parti populaire européen, a de nouveau vanté les vertus de la peine de mort, depuis Strasbourg« . Bon un petit couplet sur la peine de mort, ça rassure les lecteurs. Le détournement d’information vient de la mention de l’appartenance d’Orban au groupe conservateur du parlement européen, qui ne doit en aucun cas être assimilé aux partis fascistes qui eux truffent leur discours de recours à tout un tas de punitions pour racoler le bon peuple. Vous savez, la différence entre les conservateurs et les fascistes elle est plus mince que du papier à cigarettes, mais comme ils chassent le même électorat, ils font croire qu’il y a une différence. Donc les fascistes vantent la peine de mort et les conservateurs disent ah non nous on est pour couler les bateaux des migrants mais ça ne s’appelle pas la peine de mort. Comment ça s’appelle d’ailleurs ?

    En page 8 « L’Europe veut bannir les «minerais de sang», Le parlement souhaite interdire l’importation de métaux issus de zones de conflit« . Mais que voilà une bonne idée pour faire du mano pulite, ça veut dire, mains propres grâce simplement aux médias. J’espère qu’il est clair pour vous que le pillage industriel de la planète, non seulement se moque des conflits mais même souvent les provoque de façon à justifier un protection militaire des sites. Alors voilà que l’Europe a des états d’âme, je n’irai pas jusqu’à dire qu’il doit y avoir des élections bientôt ou une conférence sur le réchauffement, mais ça ne m’étonnerait pas. Alors comment, sans changer quoi que ce soit aux affaires en cours, peut-on se donner un petit coup de propre. Eh bien tout simplement les médias sont là pour faire passer le message que l’Europe a des valeurs et envisage etc. etc. Ca ne coûte rien, ça ne sera suivi d’aucun effet, tout le monde est d’accord c’est donc un mensonge propre. Moi, vous voyez, j’en ai marre de ces effets de manche des politiciens à la noix qui nous prennent pour des imbéciles et se permettent de manipuler l’opinion sans que personne ne dise rien.

    En page 9 « Regain climatosceptique à l’Académie des sciences, A l’approche de la conférence climat, certains académiciens contestent l’origine humaine du réchauffement. » Ca se passe en France et, comme le titre précédent, c’est une médiatisation qui ne coûte rien, mais là elle révèle en plus toute l’incurie du monde scientifique. Au cas ou vous en douteriez, je vous rappelle que le monde scientifique est à la solde des puissants et du business et les scientifiques eux-mêmes ne sont que des pions au service des entreprises. Leur notoriété, vous le savez, vient de la publication d’articles dans des revues ad hoc, articles que personne ne lit, validés par une équipe éditoriale taillée sur mesure. Comme personne ne les lit, il est facile de faire des articles creux, sans la moindre base scientifique et truffés de bêtises. C’est le cas dans cet article qui cite des revues chinoises qui probablement n’existent même pas ou en tous cas font paraître n’importe quoi, sachant évidemment que la Chine est à 100 % contre le réchauffement climatique. En fait ça veut dire qu’elle s’en moque complètement dans la pratique, mais qu’elle est très active sur le sujet pour que personne ne doute qu’elle fait tous les efforts qu’il faut et même plus.

    En page 10 « Espionnage : les curieux achats des douanes, «Le Monde» a retrouvé la trace de l’acquisition d’IMSI-catcher, des dispositifs d’écoute illégaux. » Qu’un ministère, c’est l’Etat en fait, achète ouvertement des produit dont il interdit l’usage par des lois,  il n’y a là pas de quoi me surprendre. C’est tout à fait normal, à partir du moment où  l’on sait que ces gens-là font ce qu’ils veulent. Non le point à noter c’est que le journal se fait un petit coup de pub en disant qu’il a enquêté et qu’il a trouvé. Evidemment l’information est choisie, complètement anodine, car on voit mal Le Monde enquêter sur le colonialisme israélien ou les fraudes à l’emploi des entreprises. C’est comme ça que le bon public a le sentiment que les journalistes veillent et que ce qui sort dans la presse est la révélation de ce que certains voulaient cacher. Tout le reste est donc par principe propre.

    En page 14 « A Béziers, le combat idéologique passe par le journal municipal, Robert Ménard, élu avec le soutien du FN, veut «tenir la population locale au courant, sans les filtres de la presse subventionnée». » Ca c’est vraiment intéressant car on n’est que dans des contradictions. D’un coté Ménard qui dit dans un journal financé par la mairie qu’il veut donner des informations qu’on ne trouve pas dans les journaux subventionnés, sous-entendu par ses ennemis. Ca me fait penser à ce patron qui essayait de justifier le salaires des pdg en disant qu’ils travaillent 70 h par semaine. Moi j’en conclus directement que l’ouvrier qui travaille 35 h par semaines devrait donc toucher la moitié du salaire du patron. Imparable. Ce qui fait l’intérêt de Ménard c’est que dans la cour de l’école c’est lui qui a le poil à gratter. Alors tout le monde tousse. A trop vouloir se justifier, on amène la suspicion. Mais, et ce n’est pas un gag, Le Monde n’a pas à se justifier sur l’entreprise de désinformation qu’il pratique. Et pour une fois il a raison car personne ne le croirait.

    Michel Costadau

  • Médias

    Médias

    J’adore les recettes de cuisine. Outre le langage décalé qu’elles utilisent, elles représentent l’aboutissement de tels efforts et de tant de hasard qu’elles méritent un immense respect. Mais ce n’est pas de cette cuisine-là que je veux vous parler, mais de la tambouille que font les médias avec l’information pour former un écran déformant entre nous et la réalité. Pendant toute l’étude nous essayerons quand même de garder bien ouvertes nos papilles gustatives pour que le fumet du discours finisse par nous monter à la tête.

    Pour cerner l’ampleur de la tâche qui nous attend, posons-nous quelques questions simplissimes : est-ce que les médias sont objectifs ? réponse : non jamais ; est-ce que les médias diffusent des mensonges ? réponse : non rarement, et encore : est-ce que les médias cherchent à donner une information au plus près de la réalité ? réponse : surtout pas, les médias ne cherchent qu’à utiliser les évènements pour faire passer leur propre message. En fait le média crée l’info, car en soi, aucun événement ne crée la moindre info, il faut d’abord qu’on en parle. Il faut bien comprendre cela : quand vous regardez un journal télévisé, vous avez le sentiment que vous allez être informé des événements qui sont survenus (depuis la veille !), et qu’on va vous donner les informations que tout citoyen est en droit de connaître, eh bien ça n’a aucun rapport avec ça. Quand vous le regardez, vous subissez les informations que sa rédaction  a créées (inventé) pour ses spectateurs. Pour ceux qui auraient un doute, on a pu facilement mettre le doigt dessus récemment avec la création de l’info de la mort d’un chef d’entreprise. En effet, il n’était pas mort, mais il n’avait pas besoin de l’être réellement pour pouvoir faire une info. On a parlé d’erreurs dans la chaine de décision, de malencontreux concours de circonstance, eh bien non pas du tout, c’est simplement que pour une fois la distance entre la réalité et l’info délibérément inventée par les médias était trop grande et que ça n’est pas passé. La notion importante est celle de distance. Les médias font profession d’utiliser la réalité pour la mettre au service de leur ligne de pensée. Certes la distance n’est pas toujours aussi grande que dans l’exemple précédent, mais l’important est de se substituer à la réalité, d’une part parce que pour le média (i.e. son propriétaire), la population n’a pas à connaître la réalité et d’autre part parce que dans cette opération de transfert il est possible de glisser le message souhaité. Quand je dis que la population n’a pas à connaître la réalité, pensez par exemple aux différences de salaires entre employés, ou entre hommes et femmes, ou à la rémunération des patrons ou des actionnaires, pensez aussi aux prétendues  statistiques sur le chômage, aux agressions, au niveau de vie, au pouvoir d’achat, aux vacances ou à notre action militaire au Mali. Oui tout cela est masqué, trafiqué, transformé dans le but principal de faire que les gens ne sachent pas vraiment ce qui se passe, mais seulement ce qu’on leur indique d’en penser.

    Voilà, le plus important est dit : les médias déforment sciemment la réalité afin de faire en quelque sorte la propagande de leurs idées, ce qui d’ailleurs leur permet d’avoir un public. En effet,  c’est avec cette ligne « éditoriale » que leur public s’y retrouve et reste fidèle au média.

    Ouf, pour nous détendre un peu, je vous propose  une première recette de cuisine, cuisine élémentaire certes, car, comme on l’a dit, il faut garder les papilles en alerte. C’est le rognon confit. Voila, vous prenez un rognon de veau et surtout vous le laissez exactement comme il est, sans rien enlever ni rajouter à part un peu de poivre si vous voulez. Ensuite vous l’enveloppez dans une feuille de papier d’alu comme pour une patate à mettre sous la braise. Puis vous prenez une cassolette dans laquelle vous mettez le rognon et un peu d’eau juste pour le couvrir. Ensuite vous faites bouillir l’eau pendant vingt minute, (tant qu’il y a de l’eau il n’y a aucun risque qu’il soit trop cuit). Ensuite vous le sortez de l’eau et vous ouvrez l’alu immédiatement (c’est le moment le plus important) et, sans trop vous brûler les doigts, vous mettez le rognon cuit dans une assiette que vous rangez aussitôt au frigo. Voila c’est fini ; le lendemain, ou quelques heures après, vous pouvez couper le rognon en rondelles pour le manger par exemple à l’apéritif ou à table. On reprend. Cependant, dans le flot ininterrompu de nouvelles que déversent les médias, ce qui nous intéresse c’est ce que j’appelle l’info, sachant que le résultat de la descente de Squaw valley n’est pas une info. Aujourd’hui l’info est sociétale c’est-à dire- concerne (et donc déforme) tout les aspects de notre vie publique et privée. On ne va pas entrer dans un débat sur la réalité pour savoir si, par exemple, une photo « est » la réalité (bien sur que non). Moi ce que je cherche c’est de pouvoir approcher le plus possible du fait, du déroulement, de la parole ou de l’acte qui a été ou va être fait. Attention, on n’est pas dans le contexte de la justice qui a exactement le même problème, mais doit désigner un coupable. Non, mon propos ne concerne que notre propre opinion, c’est à dire simplement y voir (clair) et donc pouvoir agir en conséquence. Mais, avec cette dérive sociétale, presque tous les sujets sont devenus propices à la propagande des médias. Chaque fait divers (un déraillement de train de même que la tuerie de Charlie sont des faits divers) est l’occasion pour les médias de donner leur éclairage. Exemple sur l’excellent site http://fr.sputniknews.com/, un matin je lis « Marine Le Pen virtuelle présidente de la France ». Bloum !, je me dis, tiens, j’ai du louper un épisode. Mais non, tout simplement ce site présentait sa propre lecture d’un sondage qui donnait Marine en tête au premier tour de la présidentielle. L’information n’était pas fausse, mais faisait tout simplement abstraction du second tour (qui n’a pas encore eu lieu, pas plus que le premier d’ailleurs). Encore un exemple : sur Le Monde papier, je lis « La Savoie interdit les camions les plus polluants« . Tiens c’est bien ça. Seulement, pas de bol, ce n’est pas une information (car on a aucune idée de comment ça va être mis en œuvre : quantité, durée, dispositif et donc de ce que ça veut dire réellement) c’est, donc, juste de la pure propagande.

    Pour se préparer à ce qu’on va lire, voir ou entendre, une première approche consiste à caractériser chaque média (ceux que l’on fréquente le plus régulièrement en tous cas) en fonction du type de message qu’il a l’habitude de faire passer. Ainsi, le Figaro est plutôt dans une posture de défense du bastion européen : propriété, argent, religion, la « civilisation » en général, le Monde, lui est tout entier tourné vers la défense de l’argent et la promotion de l’Etat voyou d’Israël, Libé a plutôt pour objectif de faire rire les bobos en particulier par des jeux de mots (qui sont un peu lassants à force), et La Dépêche (du midi), est plutôt dans une position fascisante (c’est-à-dire éloge de la délation, oblitération des faits et promotion de l’insignifiant). Je viens de citer quelques grands médias, mais hélas la sauce est la même pour les journaux militants, syndicaux ou sociétaux. Vous ne trouverez pas plus « la » réalité dans l’Humanité, dans La Raison, ou dans Ecolomag. Dans ce contexte, se forger son propre jugement peut paraître une tache insurmontable. Mais dans la pratique ce n’est pas du tout le cas, car les gens ont généralement un jugement « a priori » et ne voient dans le média que l’occasion de conforter leur opinion et leurs sentiments. Et donc logiquement chacun ira vers le média qui est le plus proche de sa propre opinion. La boucle est bouclée, puisque les gens ne critiquent alors que les médias qui ne reflètent pas leur opinion, sans se rendre compte que du coup ils passent à coté de l’essentiel qui est de savoir ce qui s’est vraiment passé. Par une logique imparable les médias profitent totalement de cette tendance, d’une part en abondant dans le sens des lecteurs (ou spectateurs ou auditeurs) mais aussi en inondant le pauvre auditeur d’un flot de pseudo-informations qui lui donnent (au lecteur) le sentiment d’être informé.

    Par exemple, l’assassinat de Nemtsov est immédiatement imputé par beaucoup de médias à Poutine alors même qu’aucune indication n’est disponible (pas de revendication, pas de munitions particulières, pas d’annonces antérieures…). Du coup la Russie se retrouve dans la position d’accusée et c’est à elle de se défendre. Heureusement, la Russie n’est pas très sensible aux accusations a priori qu’on lui fait tous les jours. Vous me direz qu’il s’agit là d’un événement sans importance et qu’on peut en penser ce que l’on veut. Certes, mais c’est pour dire que le mécanisme est assez général. Pour continuer, moi aussi, j’ai cette espèce de jugement à priori sur les évènements du monde. Et cet a priori consiste à me méfier, c’est à dire à remettre totalement en cause la transcription que rapportent les médias. Spontanément, à partir du moment où elles donnent un éclairage je ne les crois pas, voire je cherche à voir si ce n’est pas le contraire (sachant que le contraire n’est pas du tout la forme la plus pernicieuse). Exemple, il y a en ce moment une pluie d’information sur une évolution vers une plus grande transparence des banques (comptes anonymes, transferts invisibles, prête-noms….). Et tous les médias de donner le sentiment aux populations qu’un progrès est en cours dans ce domaine. Que croire ? Pour ce qui me concerne, mon opinion est que c’est sûrement vrai que Genève va donner plus d’information à Paris sur les détenteurs de comptes dans ses établissements, mais qu’il est tout aussi vrai que ceux qui avaient (ont) ces pratiques financières ne sont absolument pas gênés par cette évolution. Il est probable que soit d’autres méthodes sont pratiquées, soit certaines failles continuent à être utilisées par tous ces fraudeurs et autres blanchisseurs. En un mot, ceux auxquels on est censés s’attaquer ont déjà trouvé la parade ou d’autres manières de faire et c’est donc eux qui ont en quelque sorte autorisé les établissements bancaires à lancer cette campagne. Dans le cas que je viens d’exposer, il est donc clair qu’il n’y a aucun progrès et qu’on est même probablement en face d’une nouvelle dégradation de la situation.

    A nouveau, beaucoup vont se dire que j’ai l’esprit mal tourné et que je vois du noir partout. A ceux- là je peux dire que la situation (des comptes bancaires) à laquelle sont censé s’attaquer les politiques, s’est construite sous leurs (nos) yeux, et donc avec la douce bénédiction des médias qui se font maintenant une vertu en dénonçant certaines pratiques qu’ils ont été les premiers à couvrir. Comment les gens peuvent-ils dire que maintenant la situation devient plus propre, alors qu’à aucune moment ils ne se sont inquiété de possibles déviances et qu’ils ont « cru » que tout se passait légalement. Ils « croient » donc maintenant, tout naturellement, que la situation s’est améliorée,  puisqu’on le leur dit.

    Allez, on a bien mérité une deuxième recette élémentaire. Cette fois c’est la salade d’hiver, salade mixte bien entendu. D’abord une endive, coupée en rondelles (plus les rondelles sont fines et plus il y a de salade et réciproquement), ensuite un pamplemousse coupé en petits cubes (sans la peau bien sur), ensuite un avocat coupé aussi en petits cubes, éventuellement on peut y rajouter quelques demi-rondelles de kiwis mais ça n’est pas indispensable. Ensuite, vinaigre balsamique, huile d’olive, et une petite cuillère de moutarde (surtout pas de savora ou autres ketchup… beurk). Mettez au frais et remuez avant de servir.

    Maintenant un mot sur la télé. Sans trop se tromper, on peut dire qu’il y a Arte et les autres (je ne parle pas des milliers de chaînes que l’on peut capter avec tel ou tel satellite, mais seulement des 10 (+ou-) anciennes chaines hertziennes). Arte c’est ok, dans les autres il y a deux catégories, les chaines d’infos et les autres des autres. Paradoxalement les chaines d’info sont les moins dangereuses. Réglons leur sort tout de suite : la notion d’info en continu, y compris avec les bandeaux défilants, tue l’info. Certes il y a les images mais, une fois de plus, paradoxalement, elles sont assez maigres puisque leur proximité souhaitée avec l’événement fait qu’en moyenne il y a peu à montrer. Bien sûr leur nocivité est absolue comme les autres chaînes mais les commentaires sont moins travaillés. Par contre, pour les autres des autres, l’info, quand il y en a, est mieux préparée et le message souhaité a eu le temps d’être élaboré. Elles sont donc, encore plus, à éviter totalement car il n’y a aucune manière de se défendre. Ce que j’appelle se défendre c’est arriver à se mettre en situation de non absorption et donc de réagir, dans sa tête, en temps réel. Hélas c’est quasiment impossible car ça va beaucoup trop vite. 10 images, puis l’interview de la personne qui a plus ou moins vu quelque chose et qui a peur, puis le jugement du studio qui énumère la liste à laquelle cela s’ajoute, et qui dit que certains vont faire quelque chose. Ca y est, c’est trop tard, le mal est fait, et on reste comme deux paillassons sur lequel le commentateur vient de s’essuyer les pieds. Le temps d’enlever la boue et les déchets qu’il nous a laissés, il est parti et le foot a commencé. Vous allez croire que j’exagère, mais je vais vous donner un argument massue vous qui êtes des téléspectateurs avertis et qui ne regardez pas la pub (personne ne la regarde rassurez-vous). Eh bien, alors, dites-moi pourquoi il y a encore de la pub à la télé (sur internet et dans les journaux aussi). Vous n’osez pas le dire, hein, et pourtant vous le savez c’est parce que ça marche et même super bien. D’ailleurs personne ne la regarde et pourtant tout le monde l’a vue. Ah oui, la pub xxxxx avec cette photo, oui c’est assez marrant quand même mais tu sais je l’ai pas regardée, mais bien sûr ! Alors, ne me dites pas que les messages de l’info (tout le monde regarde les infos) ne passent pas, ils passent très très bien. Et c’est là que nous en sommes. Oui on en est maintenant presqu’au problème de l’œuf et de la poule (Alexandre Vialatte). Est-ce parce que j’avais (je parle de moi et de tous ceux qui n’ont pas la télé) déjà mon propre jugement que je ne regarde pas la télé, ou est-ce que je me suis fait, petit à petit, mon propre jugement, ce qui m’a conduit à ne pas (plus) regarder la télé. Vous avez dit l’œuf et la poule, et bien c’est simple comme bonjour, car s’il n’y avait pas de poules il n’y aurait pas d’œufs. Ceci nous aide, donc, à trancher le dilemme. A savoir que si vous n’avez pas de jugement propre ce n’est pas le fait de ne pas regarder la télé qui va vous en donner un (de jugement). Donc il faut d’abord essayer de comprendre comment va le monde (le monde commence exactement avec votre voisin) et ensuite vous vous passerez facilement de la télé.

    Continuons à parler de la propagande des médias, et demandons nous s’ils jouent un rôle politique, comme par exemple vous faire apparaître telle position sociétale ou tel vote comme le plus proche de leurs idées (qui, hélas, pourraient ou devraient être aussi les vôtres). La réponse est cinglante et positive, à savoir que les médias sont la politique. En fait ils n’ont qu’un objectif c’est que vous traduisiez dans les urnes les messages qu’ils vous font passer. D’ailleurs tous les grands médias sont dans les mains des gens du système. Au bout de cette chaîne, il y a donc le vote, c’est à dire mettre dans l’urne le bulletin de « leur » choix.

    Olé olé, bon on a droit à une troisième recette élémentaire. C’est l’omelette pochée. D’abord on prépare une omelette (une omelette c’est toujours trois œufs, j’y peux rien) avec la fourchette et seulement du poivre (beaucoup). On prend une feuille pas trop grande de batavia que l’on coupe en menus menus morceaux. On mélange la salade avec l’omelette. Ensuite dans une casserole un peu large on fait bouillir de l’eau. Quand l’eau bout à gros bouillons, on y laisse descendre l’omelette et on regarde ça, sans baisser le feu pendant au moins trois minutes. Avec une écumoire on retire ce qui flotte de la flotte et on le met dans une passoire pour égoutter. Cinq minutes après, on verse la passoire dans une assiette et on met sur la table, chaud ou froid comme petite entrée.

    Bon c’est pas tout ça, mais je vous avais promis une méthode alors on en est où de la méthode. Le b a ba consiste à se protéger au maximum des images. Pour cela bien sûr, éviter toutes les images qui défilent, contre lesquelles on ne peut rien, et qui vous mettent dans une position d’absorbeur. Donc pas de télé, pas de film ou de vidéos dans les mails ou sur les sites. Les images, on se méfie de toutes, il n’y en a pas d’anodines. Pour les photos dans les journaux ou dans les pages web, c’est un peu moins dangereux mais il faut survoler. Enfin les textes, là on peut lire, ou commencer à lire à peu près n’importe quoi : on est en mesure de réagir et donc pas en situation d’absorption.

    Donc pour atteindre quand même la réalité dans le flot de déformations qui nous entoure, voici quelques recommandations.

    – règle 1 : ne faire aucune confiance à ce que l’on entend, voit ou apprend dans les médias. Remettre en cause radicalement leurs assertions et essayer de trouver quel est l’objectif du message (ça en général c’est assez facile). Si, par exemple, on vous annonce une possible baisse du chômage, dites-vous que le but est, probablement, de préparer la population à l’annonce d’une prochaine hausse. En gros, prenez le plus de recul possible sur l’information. Ca permet de commencer à cerner la distance qui a été créée entre la réalité et vous.

    – règle 2 : là où l’on voudrait connaître un peu plus précisément la réalité, surtout ne pas regarder d’images mais multiplier la lecture de ce qui s’en dit sur journaux, sites, radios, y compris hors de France. Le principe, de cerner la réalité essentiellement par les commentaires (et donc en évitant le direct et bien sûr en appliquant la règle 1) permet une approche assez correcte. Comme cela demande un peu de travail et de temps, cette méthode ne peut s’appliquer qu’aux sujets auxquels on a choisi de s’intéresser.

    – règle 3 : dans le cas d’un gros événement, c’est dans la première seconde ou les premières minutes que l’on peut capter les éléments les plus proches de la réalité. Ensuite, dans les heures qui suivent, les faits se brouillent car les médias ont eu le temps de travailler le message et de créer la distance souhaitée avec la réalité. Bon exemple que celui d’AZF, quand, une heure après l’explosion, le directeur du site déclarait qu’il avait les éléments pour affirmer que Total n’était absolument pas responsable de l’explosion que d’ailleurs il n’expliquait pas. A cet instant-là, vous pouviez avoir la conviction que Total était entièrement responsable de l’explosion.

    – règle 4 : éviter totalement les images, la lecture ou l’écoute des menteurs professionnels. Les menteurs professionnels sont tous les politiques et leurs séides, tous les entrepreneurs, cadres compris, tous les membres des organisations gouvernementales ou non, en fait tous ceux qui font fonctionner « not’ bon maître ». C’est simple à comprendre, ils sont payés pour faire marcher une machine pas pour distiller la vérité ou nous faire toucher la réalité. Vous allez me dire que, du coup, on ne va plus pouvoir rien lire, mais si gros bêtas, il y a les journalistes (en appliquant les règles), certains sites, le marché, le café, le boulot, là vous pouvez ouvrir grands vos yeux et vos oreilles, il y a beaucoup à apprendre.

    – règle 5 : attention à ne pas servir, bêtement, de relais aux médias c’est à dire à colporter les bruits qui courent, ou à transférer des mails racistes, ou à recommander des vidéos douteuses. Dans les manifs Charlie, les réseaux sociaux ont joué un rôle de tamtam, sans reposer sur le moindre partage entre les gens. Je veux bien croire qu’il y ait des cas où l’effet tamtam soit positif mais, hélas je n’en connais aucun. Par contre, il est toujours possible de mettre un frein à cette dérive en disant « ….mais vous êtes sûrs ?…. ». Bon appétit.

    Michel Costadau

  • Gréce

    Gréce

    Savez-vous où se trouve le cœur de l’Europe ? C’est pas vraiment une blague, c’est juste pour dire que l’Europe, ce n’est pas un pays. Mais alors qu’est-ce que c’est ? qu’est-ce que c’est ?

    Ce  texte assez simpliste (oui on fait aussi de l’économie) a, comme d’habitude, pour but d’aider à comprendre le monde dans lequel nous vivons.

    Alors on va parler de l’UE et de tout ce qui va avec et surtout de la Grèce.

    A l’issue de la démonstration, on verra que l’UE est devenu une énorme machine antidémocratique vouée à la protection de l’argent et non des citoyens. On verra aussi que la Grèce est en première ligne de la résistance à cette machine. On verra enfin que l’Europe, en mal d’agrandissement, cherche à se confronter à la Russie et que l’Ukraine est son terrain de jeu. On découvrira aussi que ce qui ne va pas n’a aucun rapport avec des dettes ou des déficits, mais seulement avec la démission honteuse et létale de notre classe politique. On en conclura donc que notre avenir n’est plus entre nos mains (sauf si …………..).

                Au début ça s’appelait le Marché commun et c’était une simple ouverture des  frontières de quelques pays à la libre circulation des produits, et on voyait à peu près ce que c’était. Aujourd’hui ça s’appelle, je crois, l’Union Européenne et plus personne ne saurait dire ce que c’est. Alors comment est on passé de l’un à l’autre.

    Une chose est sûre c’est qu’on y est passé, lentement, sûrement, sans à-coups mais plutôt dans une complète continuité. Et pourtant les épisodes politique locaux (ça veut dire dans chaque pays) n’ont pas manqué avec changements de majorités en veux-tu en voilà. Est-ce que vous voulez me faire dire que ces notions de changements de majorités ne sont que de la poudre au yeux (je me répète mais il paraît que c’est très pédagogique). Eh bien c’est exactement ce que l’on peut penser en regardant ce qui s’est passé. C’est vrai que, comme tout le monde j’ai voté Mitterrand, mais lui ou les autres nous ont exactement emmenés sur le même chemin dit de la construction européenne. Ce qui est marrant, mais surtout très grave, c’est que depuis la création du marché commun jusqu’à aujourd’hui, l’idée qu’il y a (avait) de réels avantages à construire une union n’a jamais été remise en cause, ou tout au moins, il a été constant de marginaliser ceux qui s’interrogeaient sur cette réalité (souverainistes, nationalistes). Mais dans les faits, je ne crois pas que l’on puisse citer une seule amélioration de la vie des Français liée à notre appartenance à cette union. On peut faire le tour si vous voulez, en analysant thème par thème ce qu’il en est. Dans le domaine social, que ce soit le travail (chômage), la protection sociale, l’école ou les retraites, le constat est plutôt accablant et marque réellement un recul constant. Dans le domaine politique, les prétendues réformes sur l’assainissement des partis, la décentralisation (voire la recentralisation on ne sait plus), le respect des minorités ou la laïcité, sont au point plus que mort et même en constante dégradation. Pour ce qui est du rayonnement de la France, c’est aussi la Bérézina et j’ai déjà expliqué que l’impérialisme français, qui est tout simplement la suite du colonialisme mais sous un autre nom, est responsable de beaucoup de troubles intérieurs. En fin de compte, il y a un hiatus énorme entre les idées que l’on continue à nous vendre (Europe sociale, respect de la personne, droit européen…) et la réalité (centre de rétention, dumping social, bases américaines en Europe (dans lesquelles en plus on pratique la torture), TAFTA, PAC……)

    Pourtant, je le répète, tout s’est déroulé sous nos yeux. Mais Bruxelles commence plus à ressembler à un mirador qu’à un gentil chef d’orchestre. Je m’explique. Les institutions européennes sont un modèle d’opacité. En effet la gestion de l’UE est totalement définie et confiée à des non-élus responsables devant…..personne (c’est la farce habituelle de l’élu qui choisit la personne qui désigne celui qui va faire le boulot) (comme vous le savez je n’ai aucune confiance dans les élus, mais c’est plus accessible que des mercenaires). Maintenant l’UE est un super-Etat aux mains de technocrates. C’est vrai qu’avec notre présidence de la République, elle aussi responsable devant personne, on n’a pas à chercher loin pour savoir d’où vient l’erreur. A cela s’ajoute (et on continue d’en créer dans la plus grande discrétion) tout un tas d’autres instances (FESF, Euro groupe, CESE, MSE, FSE, BEI, Europol, OESP…) encore plus irresponsables. Notez bien que le piège est bien fait puisque la définition de ces institutions a, plus ou moins, été votée dans la période légendaire des référendums sur la constitution européenne. Il y a eu, à cette occasion-là, un total déni de démocratie. En France, le texte a, d’abord, été rejeté par référendum (ça c’était une expression presque populaire) mais ensuite  adopté à cause d’un vote du parlement français (cherchez l’erreur). C’est une double honte parce qu’il y a eu complet détournement du choix des électeurs, mais aussi parce que personne n’a rien dit. Et d’ailleurs, pourquoi personne n’a rien dit (moi le premier) c’est parce que les institutions en question sont loin, très loin de nous et qu’on nous a habitués à comprendre que de toute façon ils font ce qu’ils veulent. Les institutions européennes sont même tellement loin qu’elles fonctionnent de manière complètement autonome sans que nous en ayons la moindre connaissance (celui qui peut me dire par qui et quand est définie la feuille de route du président de la Commission européenne est le bienvenu). De même, quand les électeurs ont-ils demandé à la Commission de s’intéresser à l’Ukraine ? ou donné leur accord pour l’adhésion au traité transatlantique ? (beurk). Les fonctionnaires de l’UE traitent seulement avec les lobbies (l’immeuble des lobbies est juste face de celui de la Commission) et ne sont sensibles qu’aux sirènes libérales (qui sont les seules ayant le droit de nager dans les eaux de l’ENA). C’est pourquoi dans ce texte nous aurons tendance à appeler toutes les institutions européennes « not’ bon maître » (y en a que ça va irriter, comme d’habitude, mais le but n’est pas de se faire plaisir mais de se dessiller les yeux).

    Quand je dis que la transformation du marché commun en un mirador s’est faite lentement mais sûrement, il faut ajouter que les médias ont joué un grand rôle (tiens ça fait un moment qu’on ne nous ressort plus les couplets Jean Monet, l’entente de peuples et la paix définitive). Pour vous distraire, une petite blague sur la paix : le célèbre Packard inventeur des supermarchés (non ce n’est celui auquel vous pensez, ni l’autre d’ailleurs) décrivait ses magasins comme des îlots de pertes dans des océans de bénéfices. Moi je dis pareil pour l’Europe, des îlots de paix dans des océans de guerre (Afrique, Asie, Moyen Orient, Sud Est-asiatique…). Je dis ça pour la France hélas, mais quand même le grand prédateur reste les US.

    Donc lentement mais surement, indépendamment des couleurs des différents gouvernements une super gouvernance s’est mise en place. Au début ça paraissait à notre mesure, De Gaulle semblait avoir un pouvoir sur l’adhésion de la GB, mais qu’en est il aujourd’hui du pouvoir de notre pauvre Président. Il faut noter que, médiatiquement, il y a eu un glissement sémantique avec l’invention du mot Europe pour désigner l’UE. On parle alors indistinctement de UE, Europe, Bruxelles, voire tout simplement de l’Union (Au fait vous saviez que l’Union a un siège au Conseil de sécurité de L’ONU ??). Au niveau des mots, l’idée de base de l’entourloupe médiatique est de dématérialiser (en plus c’est à la mode) les complexes montages politiques des quelque 20 pays pour en faire une entité unique qui dès lors s’impose comme une acteur simple, capable de créer dans l’esprit des gens un concept de communauté, d’appartenance, un creuset dans lequel tout le monde se retrouve. Et du coup l’Europe parle, l’Europe agit comme elle était un pays (L’Europe veut améliorer ses rapports avec le Brésil !!!!).

    On sent, et ce n’est pas seulement une impression, que notre pays est soumis à un rouleau compresseur politique et technocratique par rapport auquel le pouvoir élu par nous, loin de nous défendre, n’est qu’un stupide collaborateur.

    Tout le monde en rigole (à tort) mais la technocratie, en particulier paperassière, n’est pas du tout le signe de la complexité de la tâche à laquelle est confronté not’ bon maître, mais seulement une mesure de la distance qui les sépare de notre vie quotidienne. Et cette distance est grande à dessein car, pour not’ bon maître, les idées des électeurs sont à priori mauvaises. Il faut dire que la population a plutôt une tendance spontanée à préférer améliorer son sort qu’à enrichir des actionnaires ou encenser des corrompus (mais elle lit quand même Closer !).

    Bon, nous avons posé le décor, il y a des populations qui sont encapsulées dans des pays et ces pays ont inventé une machine à diriger basée sur des institutions opaques et des agents (technocrates) irresponsables. L’ensemble de cette vingtaine de pays forme ce que l’on peut appeler le bastion européen, au-dessus duquel règne le mirador. Comme le niveau de vie (ça veut dire la capacité à consommer) est plus élevé dans le bastion qu’à l’extérieur, il y a, aussi, ce problème dit de l’immigration (mais on verra ça une autre fois).

    Maintenant posons-nous la question de la liberté de manœuvre (exprimée par ses votes par exemple) de chaque pays à l’intérieur de ce bastion, et, question de fond, que peut vraiment faire un gouvernement nouvellement élu, par rapport au précédent.

    Si c’est rien ça remet totalement en cause la notion de vote démocratique. Je veux dire que si c’est le peuple, comme ça doit être le cas en démocratie, qui décide des orientations et choix de la société, alors il faut que le vote permette aux nouveaux élus de traduire la volonté du peuple en actes. Si au contraire on considère (et c’est exactement ce que l’on veut nous faire croire) que tout nouveau gouvernement est pieds et poings liés par les décisions et orientations précédentes, il y a de l’escroquerie dans l’air à vouloir nous faire croire qu’il fallait en changer (de gouvernement). Réfléchissons concrètement avec des exemples. Que je sache, un traité de paix signé par un gouvernement n’empêche en aucune façon un autre gouvernement (du même pays) de déclarer la guerre aux mêmes ou à d’autres. Certes l’exemple de la guerre est mal choisi parce que il y a vraiment autre chose à faire que ça. Mais enfin, si nous prenons la guerre d’indépendance de l’Algérie, ce n’est pas le même gouvernement qui a déclaré et la guerre et celui qui l’a arrêtée. Si le gouvernement dit au peuple : non je ne peux pas arrêter la guerre car c’est l’Etat qui l’a déclarée et je ne peux rien faire contre les engagement de l’Etat qui valent pour toutes les générations à venir. Vous voyez un peu le désastre.

    J’ai comme l’impression (et vous aussi bien sûr) qu’on est en train de parler de la Grèce. Eh oui, il faudrait savoir si le nouveau gouvernement grec est totalement lié par les engagements pris par le précédent ou s’il peut (et doit) les dénoncer et pratiquer une autre politique.

    La question n’est pas simple, car sur la table de jeu il n’y a pas qu’une seule boule de billard mais plusieurs. En tous cas, l’une des boules s’appelle l’UE et il serait temps de savoir si cette boule est un des rouages des banques ou un rempart pour que les peuples européens (berceau de la démocratie) puissent librement exercer leurs choix.

    L’Europe se targue à longueur de journaux de défendre ses prétendues valeurs démocratiques, glorieusement héritées du Siècle des lumières (lesquelles étaient à 90 % françaises, faut-il le rappeler : les temps ont bien changé). Essayons de voir de plus près de quelles valeurs parle l’UE. On ne va pas revenir sur la liberté d’expression (qui n’est pas plus grande en France qu’au Chili), on a déjà vu ça précédemment. Bon le seul truc que j’ai lu sur le sujet dans des articles de fond c’est que l’Europe défend un modèle avec de la protection sociale mais peu d’emplois, alors que les autres pays n’ont pas de protection sociale (on ne sait pas si, du coup, ils ont plus d’emplois, mais c’est l’idée). Eh oui c’est un peu court parce que, évidemment, personne ne peut dire si un Sénégalais (au Sénégal) est plus libre qu’un Français (en France). Il est quand même entendu que les Ukrainiens et les Grecs sont moins libres que nous (c’est pas de bol, ça tombe sur eux !!)

    Pour rester sur les Grecs (en tout bien tout honneur), il faut d’abord se débarrasser de la pollution médiatique envahissante sur ce sujet. Comme par miracle, toute la presse a pris fait et cause pour not’ bon maître (et donc contre la Grèce), pour qu’ils ne tombent pas dans les pièges tendus par ce pays, soudain rebelle. Cette posture indécente (l’Europe doit éviter de tomber dans le piège grec) en est même ridicule (il a été établi que le ministre des Finances grec ne respecte pas le dress code en vigueur (col de veste remonté par exemple) et que ça a fortement nui aux messages qu’il voulait faire passer (sic)). Et de même l’accord de février est décrit comme une reculade totale de la Grèce qui est passée par là où le voulait Bruxelles et cette reculade fait déjà des ravages à l’intérieur de la coalition au pouvoir, dont la cohésion ne tient plus qu’à un fil etc. etc. Tous ces mensonges répétés sont vraiment inutiles et dangereux. Alors y a-t-il moyen d’y voir un peu plus clair.

    Ben oui c’est assez simple. La Grèce a connu depuis quelques années des problèmes budgétaires importants conduisant à un fort endettement (mais beaucoup moins important que celui du Japon, des US ou d’autres). Seulement cet endettement était d’un pays de la zone euro et les mécanismes de banque centrale qui marchent au Japon ou aux US (parce qu’ils ont leur monnaie)  ne peuvent être utilisés par la Grèce. Donc l’UE n’est pas contente (là on voit clairement que ce ne sont pas les peuples qui se sont exprimés mais bien les financiers (au nom des peuples hi ! hi ! hi !)).

    Not’ bon maître s’amène donc avec ses gros sabots et fait une proposition d’aide assortie d’obligations de réformes (toutes de tendance ultralibérale évidemment (et pourquoi évidemment ?)). Les Grecs refusent (ce sont alors des socialistes qui sont au pouvoir!) et disent on va faire un référendum sur les demandes européennes. Alors L’UE utilise son pouvoir occulte (ça veut dire qu’on ne sait pas comment ils l’ont fait, mais ils l’ont fait) et interdit le référendum (de toutes façons ils n’auraient pas accepté le résultat mais c’est plus souple de le faire avant). Et toc, le gouvernement grec démissionne, élection et là, oh surprise (!) victoire de la droite qui dit qu’il faut absolument accepter les propositions de l’UE. Et voila, le mirador entre en action et attaque la population (baisser le salaire ne peut pas s’appeler un cadeau), pas tout le monde bien sûr, car ils connaissent quelques règles. Par exemple :

    – c’est plus facile de prendre 1 euro à dix pauvres que 10 euros à un riche,

    – il faut toujours taper sur les mêmes (les fonctionnaires par exemple) comme ça il n’y a qu’eux qui sont mécontents,

    – plus un traité (contrat, paragraphe, conditions) est incompréhensible moins les gens posent de questions (on aurait pu s’attendre au contraire mais non c’est comme ça) etc. etc.

    Cependant, cette politique dite d’austérité ne fait pas que des heureux dans la population et c’est donc une autre coalition (Syriza) qui, cette année, prend le pouvoir. On en est donc revenu à l’étape du référendum et on a perdu plusieurs années. C’est maintenant que la notion d’expression de la volonté populaire prend tout son sens, car soit le nouveau gouvernement grec peut dénoncer les accords antérieurs, soit c’est le mirador qui décide mais alors la notion de démocratie n’a plus de sens. Bien sûr ne me faites pas dire que la tâche du gouvernement grec est facile et qu’il n’y a qu’à annuler je ne sais quelle dette. Sûrement pas. Non je ne dis pas que c’est facile mais je dis que le problème n’est pas là. Cela dit, contrairement au matraquage médiatique, le gouvernement grec ne se débrouille pas si mal pour le moment. Il n’a pas une grande marge de manœuvre mais il a passé une première étape sans trop de difficultés et s’est donné 4 mois (6 aurait été mieux bien sur) pour trouver de nouvelles défenses.

    Le problème c’est que tous les pays rampent devant not’ bon maître. La France mère des prétendus droits des peuples devrait s’efforcer de faire respecter la volonté des électeurs grecs. Or c’est exactement le contraire qui se produit. La France (et donc nous to be clear) s’aligne bêtement sur Bruxelles pour réclamer le respect des engagements antérieurs. C’est du suicide politique parce que plus on affaiblit la démocratie plus on fait le lit des tyrans et des mafias.

    Donc entre le discours de not’ bon maître qui dit défendre la démocratie en imposant de s’en tenir aux accords passés et le discours grec acté par un vote populaire contre ces accords, il ne devrait pas y avoir d’hésitation. Soit ce sont les électeurs qui disent ce qu’ils souhaitent, et la démocratie c’est de respecter cela, soit c’est big brother. Y en a qui jouent avec le feu en ce moment. Comme en Ukraine (mais faute de place on verra ça plus tard aussi).

    En conclusion, y a une question que l’on ne s’est pas encore posée : mais au fait pourquoi not’ bon maître agit-il ainsi et que (ou qui) défend-ils réellement ? La réponse n’est certainement pas une histoire de complot international, avec des juifs au milieu, pour contrôler le monde. Cependant il y a des riches qui veulent garder leur richesse, et c’est tout le problème, mais une fois encore pourquoi not’ bon maître agit-il ainsi ? C’est tout simplement un réflexe classique d’avarice. Je m’explique : nos riches le sont parce qu’on peut mesurer leur fortune en € (ou en $…) et cette fortune est soit liquide soit immobilisée. Pour la partie liquide, le seul danger c’est la dévaluation de la valeur (inflation par exemple). Pour la partie immobilisée, le seul danger c’est la récession de l’activité (moins de CA = en général moins de bénéfices). Ce qu’on peut ajouter c’est qu’il y a depuis un moment (30 ans ?) trop d’argent liquide et pas assez d’argent immobilisé (et ce qu’on appelle la crise c’est tout simplement que les riches ont trop d’argent liquide). Donc not’ bon maître a une seule ligne de conduite qui se traduit par deux règles : maintenir l’euro a un niveau de valeur constant, voire croissant et augmenter le PIB par tous les moyens possibles. Ca n’a l’air de rien, mais ces deux règles font des catastrophes. Pourquoi, parce que ce que souhaitent les populations c’est à peu près le contraire à savoir que leur souhait (aux populations) serait plutôt une augmentation des salaires (ce qui en général s’accompagne d’inflation) et une plus grande offre de travail (ce qui en général nécessite d’immobiliser de l’argent).

    Nous avons donc, clairement, deux mouvements contradictoires dans le monde. D’un côté les possédants qui mènent une politique de préservation de la richesse et de l’autre des populations qui souhaitent un peu plus de partage. En théorie, via la démocratie, le combat devrait être équilibré puisque les électeurs peuvent faire entendre leur voix. Mais, hélas, les élus ont bâillonné et trahis les électeurs et sont maintenant au service de la fortune et du coup les riches ont tous les pouvoirs et ils en profitent comme on vient de le voir. Et donc pour répondre à la question du début, eh bien le cœur de l’Europe il est à Washington.

    Michel Costadau

  • Sivens

    Sivens

    Cette fois on va parler de Sivens, projet ni en cours ni arrêté mais (spécialité française) « dans l’impossibilité de se poursuivre », d’abord parce que c’est local, mais surtout parce que c’est emblématique d’une nouvelle donne politique.

    Un filet d’eau qui serpente dans une petite vallée entre des collines basses aux crêtes boisées, c’est le Tescou, aux enjeux infiniment supérieurs à sa taille.

    C’est vrai que Sivens concerne seulement 17 ha, certes de zone humide, mais enfin c’est pas trop grand par rapport aux autres projets d’aménagement dont on parle aussi. NDDL c’est 2000 ha, le LGV c’est 1000 ha, Castres-Toulouse c’est 400 ha, la zone de Saint-Sulpice c’est 200 ha.

    Pour une fois je ne vais pas vous donner le résultat avant la démonstration, mais quand même on peut dire que Sivens c’est le Waterloo de la puissance publique française.

    Cela dit, qu’est-ce que je vais bien pouvoir vous apprendre sur Sivens ; tout a déjà été dit et redit (pour ceux qui s’informent, pas pour ceux qui regardent la télé bien sûr), car cette fois il ne s’agit pas de trouver une solution, mais d’analyser des démarches et leur causalité. On va donc essayer de s’intéresser aux conséquences et enseignements que l’on peut tirer de ce qui se passe dans ce petit coin du Tarn. Tout ce qui suit n’est qu’une opinion pas un jugement.

    Par exemple, le projet de Roybon (Isère) a déjà bénéficié d’un retour de Sivens. En effet, la même plainte en référé sur l’urgence d’arrêter les travaux de déboisement, qui a été rejetée à Sivens, a été acceptée à Roybon et le projet est là aussi suspendu, mais cette fois à cause d’une décision de justice, et non comme à Sivens à cause de la mort d’un militant. Il faut dire que les motifs du rejet à Sivens tenaient plus d’une réplique de Molière que de la justice, puisque les juges ont considéré que de raser la zone humide n’était pas irréversible tant qu’on n’avait pas dessouché tous les arbres et que donc les travaux pouvaient continuer. A Roybon, un mois et un mort plus tard, ils ont décidé au contraire qu’il y avait urgence à suspendre les travaux. Merci Remi.

    En terme de conséquences il y a vraiment un point sur lequel on n’a pas assez insisté, c’est le désaveu cinglant qu’ont subi les instigateurs du projet (CG, CACG, FDSEA, préfecture…..). C’est ça la nouvelle donne.

    Concrètement, le fait que deux experts aient pu en un mois mettre en pièces (je ne m’y attendais pas à ce point-là) ce projet, est la preuve d’une telle incurie (un mélange d’incompétence, de mépris des lois et des citoyens et de confusion d’intérêts) que cela jette la suspicion sur toutes les décisions prises par ce qu’il faut continuer à appeler les autorités. Parce que cette histoire d’experts nommés directement par le ministère, mérite que l’on s’interroge. Le ministère n’envoie pas d’experts sur tous les projets d’aménagement, loin de là. Pour moi, le ministère a analysé que le projet était plombé par des aspects potentiellement illégaux, qu’il y avait une contestation (collectif et occupants) et une crispation (CG et FDSEA). Il a alors eu l’idée (ou on la lui a soufflée) de permettre aux instigateurs (CG) de ne pas perdre la face, en proposant d’aboutir à un compromis (c’est-à-dire un truc ou en théorie chacun fait un pas et donc perd quelque chose). Au début, les opposants ont joué le jeu (pour avoir l’air constructifs, je suppose), mais c’était un piège grossier pour faire quand même le barrage, éventuellement plus petit (mais les promesses n’engagent que ceux à qui elles sont faites). Seulement (je ne dis pas heureusement, car c’est un grand malheur) il y a eu un mort et ça a tiré (momentanément) les opposants de leur fâcheuse posture.

    On continue sur les ressentiments que provoque cette gifle sur les tenants du projet. Voilà des gens habitués à leurs petites magouilles et d’un seul coup, baf, parce qu’un collectif de défenseurs de la nature s’est interposé, les voilà obligés de reconnaître  … plein de choses, mais essentiellement qu’ils défendaient un projet complètement inutile. Je vous rappelle pour mémoire que quand on dit projet, on dit argent et quand l’argent va quelque part, il ne va pas ailleurs, par exemple sur les routes départementales ou les écoles et les collèges !!!

    D’ailleurs ils n’ont pas reconnu du tout leur erreur pour le moment et leur digestion s’avère difficile. Les récents débordements avec milices agricolo-facho-chasseurs, encouragées par une municipalité irresponsable et des élus complices, en sont la preuve. C’est pour ça, aussi, que je dis que Sivens est emblématique d’un profond changement de la donne politique en France.

    Qu’est ce qui change ? Ce qui change c’est que d’un seul coup:

    On découvre que les choix du CG n’ont aucun rapport avec la moindre préoccupation politique puisqu’ils votent tous le même projet inutile, preuve qu’il n’y a pas plus de majorité que d’opposition mais bien qu’ils sont tous d’accord pour contourner les lois (avec un max de subventions quand même, parce que tout le monde croit que les subventions ce n’est pas notre argent, c’est celui….des autres, ben non).

    On découvre que le CG s’habille de légitimité pour décréter que le projet est un choix démocratique. Et de demander en chœur, le « retour » à l’Etat de droit. Hop, là on s’arrête 30 secondes car il y a un gros poisson. Ce n’est pas parce qu’ils sont élus que tout ce qu’ils font a le label démocratique du choix populaire. Quand le Conseil constitutionnel est saisi d’une loi, pourtant votée par le parlement qui est directement l’émanation du peuple, personne ne trouve à redire. On ne dit pas que le Conseil constitutionnel bafoue les choix démocratiques des électeurs. Ce devrait être pareil quand la justice est saisie parce qu’un projet ne respecte pas les lois en vigueur. Seulement nous ne sommes plus en démocratie, parce que les élus ont complètement perverti le sens du vote des citoyens. Aujourd’hui on se fait élire pour décider à la place de citoyens et non pas pour les représenter et défendre leur avis. Décider à la place des électeurs, c’est certes commode, car la population a l’impression qu’il se passe des choses sans qu’elle n’ait rien à faire, mais ça crée deux sphères de fonctionnement qui ne communiquent plus. D’un coté les élus, l’administration et les entreprises qui concoctent entre eux ce qui les arrange, et d’un autre les citoyens qui voient passer au-dessus d’eux, des débats, des promesses et autres discours et qui finissent par ne plus comprendre qu’on se moque d’eux à ce point-là. C’est grave parce que, comme vous le savez, le monde est gouverné par des non-élus (finance….) et que les vrais élus leur font allégeance plutôt que de nous défendre Pour fermer la boucle, n’allez  pas croire que je dote les sondages d’une fonction de contre-pouvoir et encore moins les médias.

    On découvre que dépenser l’argent du contribuable n’a aucun garde-fou (il n’y a pas de commissaires aux comptes dans les CG) et que donc ils font ce qui les arrange. C’est vrai qu’il y a la Cour des comptes et, d’ailleurs elle vient de donner un avertissement aux agences de l’eau, je cite : « En outre, comme ce sont les Chambres d’agriculture qui désignent ceux qui siégeront aux comités de bassin, c’est la FDSEA qui dispose de fait « d’un quasi-monopole de représentation », souligne le rapport ». Mais vous savez ce que fait le CG des avis de la Cour des comptes… oui bon alors c’est bien, on est d’accord,

    On découvre que la CACG constructeur de barrage (canal de la Neste, Fourogue (jugé illégal juste après réalisation !!) a dans ses organes de décision les même personnes que le commanditaire (CG) qui lui même avait déjà demandé à la même CACG de faire le rapport de faisabilité. Donc, depuis l’étude d’opportunité, en passant par la réalisation et l’utilisation, on a en fait la (les) même personne qui décide tranquillement que c’est faisable, combien ça coûte et le commercialise (pas cher) aux irrigants. Cette collusion que l’on découvre va-t-elle avoir pour première conséquence que tout le monde va regarder de plus près les études de faisabilité et les procédures ? (je l’espère).

    On découvre que la FDSEA a un quasi-monopole dans les décisions concernant l’usage de l’eau (démocratie où es-tu ?). Ce syndicat a aussi un modèle productiviste (ça veut dire produire de plus en plus, sans s’occuper d’à qui ou à quoi ça peut bien servir et sans s’occuper des dégâts collatéraux, pollution, environnement, disparition des exploitations..) qui trouve singulièrement ses limites. Vous savez le fameux plan ecophyto (avec financement européen bien sûr) censé réduire l’utilisation des produits phytosanitaires (ça veut dire désherbants, fongicides, pesticides) sur 5 ans, a eu comme résultat une augmentation substantielle de leur utilisation (cherchez l’erreur). Ce même syndicat porte aussi la responsabilité de la disparition des agriculteurs, puisque la course à la taille élimine tous les petits qui sont souvent les plus rentables.

    On découvre enfin que cette notion de votes démocratiques est, en fait, complètement biaisée (j’adore ce mot-là) dans le sens où il ne s’agit en aucun cas d’intérêt général (ou tout au moins pas en priorité) mais seulement de l’intérêt des élus et de leurs « bonnes » relations.

    Allons plus loin et demandons-nous si le CG aurait pu, l’année dernière, demander lui même cette contre-expertise (il aurait pu y avoir au moins un des conseillers qui la demande). Pour fixer les idées en termes de coût, l’expertise c’est de l’ordre de 50 000€/missions et le déploiement des GI, demandé par le CG, de l’ordre de 500 000€/missions.

    Mais la réponse est claire : non le CG n’aurait pas pu demander cette contre-expertise car tous les éléments étaient déjà présents dans de nombreux rapports (c’est d’ailleurs aussi pour ça que les deux experts du ministère ont été très rapides) mais le CG avait délibérément choisi de s’asseoir sur les rapports (je crois que maintenant on commence à comprendre comment ça marche).

    Seulement d’habitude, quand le CG mène ses petits trafics (c’est à dire ignore les rapports dûment commandés selon les lois (parlement français) en vigueur) pour arriver à réaliser malgré tout ses projets, personne ne dit rien ou plutôt ne disait rien.

    Mais il y a un mais, car depuis NDDL la situation a changée.

    En effet à NDDL, à cause de la vigueur de la résistance, les pouvoirs publics n’ont pas pu éviter de dire que, pour une fois, les décisions administratives attendraient la fin du jugement de tous les recours.

    Malgré cette expérience, à Sivens, le CG dans la lignée de la chape de plomb qui pèse sur le Tarn, a cru pouvoir essayer de passer quand même. D’une certaine manière ça peut s’expliquer par le fait qu’ils ont largement sous-estimé la capacité de résistance du Tarn, parce que, comme on l’a dit au début, Sivens c’est tout petit, avec du coup peu de gens concernés, car un barrage ça fait quand même beaucoup moins de bruit qu’un aéroport. Bref ils n’ont pas compris que quelque chose avait changé. La résistance à NDDL a vraiment été un tournant.

    Cependant, dans le Tarn, ça ne se présentait pas du tout bien pour les défenseurs de la zone humide, mais pour dire les choses jusqu’au bout, il se trouve que, pour Sivens, le collectif qui résiste est emmené par un vrai professionnel des luttes environnementales. Ancien salarié d’une ONG qui s’est fait une spécialité de la protection des mammifères marins, c’est un fin connaisseur des textes du Grenelle de l’environnement et autres directives  européennes. Avec lui s’est constitué un collectif, assez réduit, mais motivé et pertinent. Au début ils n’étaient qu’une dizaine (plus quelques agriculteurs de la conf) à empêcher les naturalistes de compter les têtards, dans le but de « sauver » la faune habitant la zone humide à détruire (la transhumance des têtards c’est pas un truc qu’on voit souvent, mais c’est ce que proposent les pouvoirs publics parce que les zones humides, si on détruit 1 ha quelque part on peut la refaire en petits bouts ailleurs afin de permettre aux bétonneurs d’avoir la conscience tranquille)

    Donc à Sivens il paraissait tout à fait jouable d’appliquer la stratégie habituelle de contournement des lois. La CACG demande au CG de faire un barrage (s’ils ne font pas de barrage ils n’ont rien à faire), le président du CG qui voit des élections sénatoriales à l’horizon se dit que le moment est bien choisi, s’assure de l’appui du syndicat agricole majoritaire (c’est comme en Afrique, ça veut dire unique) qui le lui donne volontiers puisque l’agriculture productiviste est sa seule ligne de pensée, ne remet évidemment pas en cause l’étude faite par la CACG (puisqu’on a les a choisis pour ça), et comme il veut vraiment être élu aux sénatoriales prévoit un budget « forces de l’ordre » puisqu’il sait bien que les recours juridiques n’étant pas purgés, il y aura de l’opposition, mais qu’il doit pouvoir passer en force ou tout au moins faire preuve de la virilité politique nécessaire à son élection. Petit projet (17 ha (35 ha de plan d’eau au max), 9 M €), aucun soutien local aux opposants au projet, la commune sur laquelle se trouve le site, la Chambre d’agriculture, la CACG, le syndicat agricole majoritaire et quelques autres, tous sont (c’est ça la chape de plomb du Tarn) pour le projet de barrage.

    Alors le CG du Tarn lance le projet (lancer ça veut dire vote CG, enquête d’utilité publique (dont il n’a été tenu aucun compte bien sûr) et demande au préfet de publier les arrêtés nécessaires). Les arrêtés sont aussitôt l’objet de plaintes pour non-respect des lois sur l’eau et des directives européennes. Mais ces plaintes ne seront jugées que dans deux ou trois ans, la justice étant, comme on le sait, lente dans notre pays. Alors justement cette lenteur est utilisée par les pouvoirs publics pour réaliser les projets avant qu’ils ne deviennent illégaux, de façon à mettre la justice devant le fait accompli. C’est un comportement machiavélique consistant d’un côté à voter des lois (à Paris), et ensuite à les contourner (à Albi) en prenant des décisions (parées de la légitimité du vote d’élus locaux) en contradiction avec la loi, mais avant que la justice ait pu se prononcer sur la légalité de ces décisions.

    Vous voyez pourquoi je dis qu’ils sont machiavéliques. Continuons.

    Puisque nous sommes là pour réfléchir, posons-nous donc la question : mais pourquoi les pouvoirs publics (en l’occurrence CG et préfecture) agissent-ils ainsi ? La réponse est assez simple, mais demande quelques explications. La réponse c’est que le CG ne fonctionne pas du tout en relation avec les électeurs (c’est à dire la population du département) mais seulement avec les lobbies locaux. Pour illustrer l’exemple qui nous intéresse, le CG du Tarn fonctionne uniquement avec la Chambre d’agriculture (tenue par « le » syndicat agricole), la CACG, les grandes entreprises locales (parce que c’est eux qui financent les campagnes électorales) et le préfet bien entendu.

    Donc, quand la CACG dit qu’elle veut faire un barrage, les contacts se nouent directement entre les responsables de ces entités, sans passer par la case consultation des citoyens (c’est la grande déviance démocratique (voir TAFTA) que nous constatons aujourd’hui, à savoir que si des gens sont élus c’est seulement pour qu’ils puissent décider de ce qu’ils veulent sans demander l’avis des électeurs ( puisqu’ils ont déjà été élus) cherchez l’erreur).

    Alors maintenant quelle est la situation catastrophique découlant de ces tristes  comportements :

    – un projet totalement remis en cause en un mois par deux experts,

    – un jeune militant écolo tué par les forces de l’ordre,

    – une vallée dévastée avec des montagnes de terre empilées dans le plus grand désordre,

    – une cinquantaine de jeunes occupants défenseurs chevelus de la zone humide, vivant dans la boue et sous des tentes de fortune, voire dans les arbres,

    – de nombreux excités fascisants quadrillant la zone en quad et en 4/4 pour faire la chasse aux occupants, et molester ceux qui veulent passer (sous l’œil complaisant de la gendarmerie),

    – des élus locaux en campagne électorale (c’est la seule chose qu’ils savent faire), jetant de l’huile sur le feu, manipulateurs des excités et lançant des anathèmes archaïques mais dangereux contre les occupants et ceux qui s’opposent au projet initial,

    – des militants associatifs et syndicaux fournissant leur aide aux occupants mais désorientés par l’attitude désinvolte (c’est le moins que l’on puisse dire) des pouvoirs publics, préfet en tête, se demandant, à quoi peut bien servir la justice aujourd’hui,

    – et je ne vous parle pas des animaux errants qui ne savent plus ou ils en sont.

    Alors, bon sang de bon sang, comment en est-on arrivé là ??  J’insiste.

    Comment, mais à cause de la sombre farce des projets du Conseil général, qui contrairement à ce qu’on pourrait penser, ne concernent pas le moindre besoin, ni le moindre service public mais seulement les influences de certains de ses membres. En effet, voila un prétendu projet de barrage qui un coup sert au soutien d’étiage, un ans plus tard à la dilution des pollutions d’une usine laitière, un an plus tard à réguler le débit (c’est le contraire de l’étiage), un an plus tard aux déficits en eau du département (oui parce que dans le Tarn, on est censé consommer plus d’eau (essentiellement pour l’agriculture)  que ce que l’on produit, alors il faut faire des barrages, logique imparable qui conduirait les Pyrénées qui produisent plus d’eau qu’elles n’en consomment, à détruire les barrages) et qui il y a un an devenait (enfin) destiné à l’arrosage du maïs.

     

    Pour finir, peut-on dire un mot de ce qui va se passer dans les années à venir ? A court terme, le CG  va voter le (nouveau ?) projet de barrage réduit sur le même site, lancer les études (à la CACG, chiche) pour un ou deux ans (car il faut trouver de nouveau des financements). Pendant le même temps, les recours seront jugés et certainement dans le sens de rejeter à nouveau le projet (réduit si vous avez suivi). On repartira alors pour de nouvelles propositions (avec les mêmes experts, chiche) et de nouveaux recours. Concrètement, dans les années qui viennent, aucun barrage ne sera construit à Sivens. Mais alors que vont devenir les tas de terre et les occupants du site. Je ne suis pas devin mais je vois bien qu’il y aura des expulsions (ou des tentatives) mais alors il y aura retour des occupants et même en plus grand nombre (espérons que le prochain hiver ne sera pas trop rude). Quand à la réhabilitation de la zone humide, si l’on avait affaire à des gens intelligents, elle commencerait tout de suite. Non seulement ça coûterait beaucoup moins cher (à nous) mais en plus ça ferait une zone agricole plus conviviale. Mais ce qui est sûr c’est que nous n’avons pas affaire à des gens intelligents.

    Sans contestation possible, le projet du barrage de Sivens est un projet complètement raté.

    Michel Costadau

  • Partis

    Partis

    Le premier point que je voulais aborder c’est l’autre attentat du 7 janvier (pas celui de CH). Eh bien  on attendra un peu, car ça se trouve avoir un rapport avec l’Etat voyou d’Israël et c’est toujours délicat de parler de ça.

    En ce qui concerne la relecture des partis politique français à la lumière des attentats, comme d’habitude je vous donne d’emblée la conclusion à laquelle on va arriver, à savoir, que le PS n’a plus de raison d’être car il fait double emploi avec l’UMP, que la gauche a disparu dans la bataille (et que Syriza ne la sauvera pas) et que seul le FN a un peu d’avenir.

    Ce qui a manqué dans les réactions à l’attentat CH, ce n’est pas la compassion pour les victimes bien sûr, c’est l’analyse politique qu’un parti ou une organisation aurait pu fournir immédiatement de façon à permettre aux Français d’ajuster leur réaction en conséquence. L’important c’est l’immédiateté, parce que c’est la seule preuve que l’on colle à la réalité, et que les événements prennent place dans des analyses en cours et ne sont pas une surprise.

    Car ceux qui ont été surpris par cet attentat sont des gens qui marchent à côté de leurs godasses, ce qui n’aide pas à avancer dans la vie. Les gouvernants n’ont, en théorie bien sûr, pas été surpris parce que les plans Vigipirate (souvenez-vous, les poubelles ou les valises que l’on fait exploser dans les rues ou dans les aéroports) ne datent pas d’aujourd’hui. Par contre, les gouvernants ont été surpris que l’on mette si facilement en évidence leur incurie. Mais à partir du moment où l’on est en guerre, il ne faut pas s’étonner de prendre des coups (dans le cas précis ce n’est pas eux qui les ont pris, mais des lampistes de base).

    Bon aucun parti n’a donc, immédiatement, expliqué le rationnel de cet attentat. Tout le monde a recouvert ça du voile terroriste ce qui ne veut strictement rien dire (quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage et, une fois mort, ça ne sert plus à rien de savoir si c’était vrai). C’est dommage.     Celui qui est passé le plus près c’est le FN qui a semble-t-il parlé de fondamentalistes musulmans. Mais sa voix a été vite couverte par ceux qui voulaient en faire un fait divers, c’est-à-dire un imprévu spectaculaire à exploiter au mieux.

    En fait ils ont mis du temps à réagir, c’est-à-dire qu’ils ont attendu que les meurtriers (on dit toujours présumés, je ne sais pas pourquoi!) soient exécutés pour se manifester. En effet, imaginez qu’on les ait fait  prisonniers, je vous dis pas la panique dans les ministères. Il fallait absolument les exécuter avant que quiconque puisse parler avec eux. Ça s’appelle la raison d’Etat, mais en démocratie ça n’existe pas (enfin normalement).

    Faisons donc notre relecture. Nous nous retrouvons avec le panel suivant :

    PC, PG et une partie des Verts ont eu une extinction de voix car on ne les a pas entendus sauf pour dire qu’ils avaient quelque chose à dire (et qu’on n’a toujours pas entendu). Certes ils ont rebondi avec la réussite électorale de Syriza, mais le PC est plus que jamais un parti accroché à ses élus comme seule preuve de son existence. Il n’a depuis longtemps plus rien à dire et ça il le fait très bien. Il fut un temps ou le PC aurait brandi des pancartes anti-impérialiste pendant les défilés CH. Nostalgiques réveillez-vous, votre avenir est derrière vous.

    Le PG n’existe toujours pas, le PG c’est une seule personne et elle ne sait plus ce qu’elle doit faire. C’est cornélien, je dois quitter le PC mais sans lui je n’existe pas. Mon Dieu aidez moi etc. etc.

    Une partie des Verts, UDI, UMP, PS (j’en oublie peut-être ; ah oui les radicaux qui comme d’habitude ont expliqué que normalement ils existaient mais qu’exceptionnellement, vu la situation, ils se rangeaient avec les autres (pour qu’on ne les voie pas)) ont dit attentat terroriste (ce qui est comme accident de la route ou épisode neigeux), ça ne se reproduira pas, toutes les mesures sont prises, la République nous appartient et nous la garderons.

    En effet la République est à eux et ils en profitent un max. Comment, tout simplement par la mise en place d’une classe politique, dotée d’avantages inégalables : un chef d’entreprise, (même s’il est grassement payé), rend sans cesse des comptes à ses actionnaires et peut être éjecté à tout moment (avec des compensations quand même), un élu non, même s’il n’obtient aucun résultat, s’il triche, s’il ment, s’il avantage ses petits copains et même s’il ne fout rien (ce qui est la meilleure manière de ne pas avoir d’ennuis). Cette classe politique s’appuie sur une cohorte de technocrates moulés à la louche, capables de noyer un poisson dans l’eau, mais en fait uniquement payés par la classe politique (payés par nous en fait, mais le sujet est difficile car quand on dit à un policier que c’est nous qui le payons, c’est presque considéré comme une insulte) pour qu’elle puisse conserver ses prébendes (à vie pour ainsi dire). La situation ne risque sûrement pas d’évoluer, car le système est bien au point (la maîtrise de la désinformation médiatique étant la base de tout) et comme l’a dit un autre bloggeur « en démocratie nous élisons nos maîtres ».

    Seulement l’illusion démocratique que donne le gauche/droite (UMP/PS), un coup toi , un coup moi c’est un peu beaucoup agaçant. Ce sont les mêmes politiciens qui s’appuient sur les mêmes technocrates, et sont achetés (on dit lobby) par les même entreprises. C’est pour ça que je dis que du PS et de l’UMP, il y en a un de trop et pour moi c’est le PS (trop vieux, trop traître, trop hypocrite) .

    En plus, tous ceux qu’on vient de citer ont défilé ensemble, parce que la seule chose qu’ils redoutent c’est qu’on leur pique leur République.

    Je ne parle pas des groupuscules, nouveaux partis, ligues, une partie des Verts, et autres associations qui, tout en fournissant pratiquement tous les militants (et heureusement qu’ils sont là) pour les luttes sur le terrain, ne représentent rien mais alors rien du tout sur l’échiquier politique. Pour eux la situation n’a pas changé.

    Enfin, le FN a défilé de son côté et a bien fait (ce n’est pas un compliment c’est la réalité, au moins il ne s’est pas retrouvé entre le Gabon et Israël). Pour le moment, le FN ne fait pas vraiment partie de la classe politique mais est ce que cela va continuer. Tout le monde (ou presque) sait que le FN est une invention de notre dernier président socialiste, pour piéger la droite avec un repoussoir, à droite lui aussi. Depuis les choses ont bien changé. Nous avons maintenant un parti, un électorat, la direction du parti restant un point faible car, beaucoup trop près de la brève de comptoir, ce qui ne saurait constituer une ligne de valeurs (à part le taux d’alcool). Supposons que ça s’arrange un peu, mais quand la direction du FN déclare que dans certains cas on pourrait justifier la torture, c’est une grosse erreur politique, car, non seulement, il n’y a strictement aucun cas où l’on peut justifier la torture, car détruire quelqu’un pour en sauver un autre c’est se mettre dans une insoutenable contradiction, mais aussi c’était l’occasion rêvée de mettre en œuvre cette bête notion d’égalité qui aujourd’hui ne profite qu’à ceux qui sont plus égaux que nous. Supposons donc que le FN stabilise une ligne politique correcte, la question reste posée de savoir s’ils vont se faire ou pas happer par les délices de la classe politique, ou au contraire rester dans l’aridité de la contestation. Laissons ce point ouvert, ce que je dis est simplement que le FN a peut-être un avenir.

               

    En ce qui concerne l’attitude non impérialiste que l’on pourrait avoir par rapport aux pays que j’ai appelé « moyenâgeux », il ne faut pas prendre ce terme d’une manière péjorative, c’est seulement pour indiquer que ce sont des populations ayant une énorme différence culturelle avec les pays occidentaux.

    D’ailleurs, pour l’anecdote, je me suis longtemps demandé comment l’Espagne avait pu conquérir les empires Incas, Mayas et d’autres avec des effectifs très limités. La réponse est en fait simple. C’est la différence culturelle : dans le cas évoqué, il s’agit de positionnement moral, entre les deux parties. D’un côté, les Indiens ayant de la curiosité envers des étrangers, et en tous cas ne pouvant imaginer qu’ils soient venus pour les détruire (chose non pensée) et de l’autre les Espagnols sans aucune moralité et ne cherchant qu’à s’approprier brutalement le bien d’autrui. On peut dire aussi que c’est une différence de règle du jeu.

    Cette différence de règle du jeu est, effectivement, à la base des conquêtes coloniales de l’Occident.   Si vous lisez A. Kourouma, et je vous encourage vivement à le lire, vous découvrez que, pour résister aux régiments français (avec des soldats noirs quand même), un chef africain fait construire un énorme mur d’enceinte pour protéger la ville, sauf à l’endroit de la colline sacrée dotée par elle même d’un pouvoir bien supérieur au mur. Evidemment les régiments français sont passés par la colline et tout a été dit .

    Alors pour essayer de trouver une autre attitude, il faut tout d’abord tenter de se sortir la tête du constant matraquage médiatique sur les exactions commises par les résistances, en particulier en zones musulmanes. Il n’est question que de massacre, de bourreaux, de tortionnaires avec les images qui vont plus ou moins avec. Comme ce n’est pas facile d’y voir clair, il faut commencer par se créer des points d’appui. C’est-à-dire des situations où on peut faire quelques affirmations en contradiction avec les médias, et ensuite bâtir sur ces points.

    Par exemple, nous avons un Pinochet bis en Egypte (élimination de l’opposition, assassinats, détentions arbitraires, tortures….). Or, l’Egypte n’est pas mise au banc des nations. Pourquoi, par ce qu’elle ne résiste pas à l’impérialisme et ça, ça plait à l’occident. Nous avons aussi un fasciste en Turquie (président turc : le ventre des femmes appartient à l’Etat et leur rôle dans la société est de faire des enfants, point à la ligne, circulez y a rien à voir). Ca n’empêche pas l’Europe de vouloir l’intégrer et, à part son côté un peu musulman, les médias ne tarissent pas d’éloges sur ce régime. Pourquoi, parce qu’il coopère avec l’impérialisme. Ou encore le Maroc qui, pour avoir annexé le Sahara occidental (ex Rio de Oro) et pour y avoir construit un mur de 400 km pour enfermer les Sahraouis, a toute l’aide américaine (et française aussi hélas) possible. Pourquoi, parce que le Maroc laisse l’impérialisme faire ce qu’il veut chez lui (comme partout ailleurs pour le plus grand profit de la  classe dirigeante, bien sûr).

     Il y a donc, bel et bien, deux poids deux mesures dans le traitement des informations en France. Il y a ceux auxquels on passe tout et ceux qui ont faux tout le temps. Et, coïncidence, ceux qui ont tout faux sont justement ceux qui nous empêchent de faire nos petits trafics (à grande échelle quand même). Ceux qui ont juste sont bien entendu ceux qui trafiquent (de gré ou de force) avec nous.

    Donc, à force de déviations médiatiques, ces résistances passent pour un ramassis de tortionnaires sanguinaires dont le seul but est d’imposer leur religion. Car en plus, ils parlent de religion, pas notre  religion, non la leur. Parce que nous, nous avons le droit d’avoir des fondamentalistes rétrogrades qui vendent des clichés sur la famille et les relations extraconjugales, même qu’ils font des manifs, passent à la télé et sont courtisés par les politiques. Oui, nous nous avons le droit parce que c’est notre religion (dans le Midi cévenol et pyrénéen on se souvient encore des bienfaits de la religion) mais attention, c’est la bonne religion pas celle des mécréants (oups).

    Là oui vraiment il faut rester calme parce que c’est vrai que mettre la religion au cœur de la manière de gouverner un Etat (ou une zone que l’on a sous son influence), non seulement ça nous ramène au moyen âge, mais en plus ça donne des armes à ceux qui veulent les combattre. Il y en a qui veulent créer un Etat sunnite (islamique). Pourquoi pas, on a bien déjà un Etat juif, un Etat chiite, un pseudo-Etat bouddhiste et j’en oublie sûrement. Dans cet Etat, ils veulent pratiquer le strict respect d’une religion, ça ne me plait pas beaucoup mais c’est leur droit, strictement leur droit, chez eux s’entend.

    C’est pas chez nous, c’est chez eux et à mon idée chez eux ils font ce qu’ils veulent. Je n’ai pas entendu dire que ces combattants aient fait la moindre remarque sur la majorité à 18 ans, même pour les femmes, chez nous. Parce que sinon là je leur dirais poliment, mêlez-vous de ce qui vous regarde.

    Si maintenant on cherche à justifier, et à médiatiser, un combat contre ces populations et leurs résistants parce que chez eux le statut de la femme est inférieur au nôtre, c’est pousser l’hypocrisie un peu loin. Il n’y a pas que je sache de parlement universel qui élabore des lois applicables à tous les pays (ne me parlez pas de l’ONU ça me fout le moral à zéro). Alors au nom de quoi allons-nous nous mêler de leur morale et de leurs lois !!!!

    Bon me direz-vous, mais alors tous ces gens qui ont du mal à se soigner ou à se nourrir, ne faut-il pas les aider ? Une fois de plus il va falloir rester calme. Sauf rares (très rares) exceptions (tsunamis…) nous sommes directement la cause de ces malheurs. Alors pour que les multinationales (je dis toujours multinationales mais il y a aussi de petits bandits, par exemple dans la police) continuent à piller, on a créé des organismes, on dit aussi fondations, spécialement chargés de leur faire parvenir des vivres, des soins, des médicaments (quand il y en a). D’abord ça donne bonne conscience à ceux qui achètent des chaussures à trois sous fabriquées par des enfants (en plus on leur donne du travail et ils se plaignent). Mais ensuite, et là vous allez me dire que j’exagère, c’est un business et dans le business y a pas de petits profits (des armes pour les bombarder et ensuite des médicaments pour les soigner (j’espère que vous ne croyez pas que tout ça c’est gratuit)) et ensuite, ben ensuite on recommence.

    Eh bien non je n’exagère pas du tout et donc au nom de quoi allons-nous nous mêler de leurs manières de vivre? La réponse vous la connaissez, parce que nos vraies intentions sont purement impérialistes et le matraquage médiatique est indispensable pour les camoufler. Vous savez, une des ficelles les plus classique de la manipulation médiatique, c’est le collage. On associe une série d’images à une autre pour faire croire que c’est du même registre. Par exemple, je viens de voir hier soir en DVD, un film sur la brigade de protection des mineurs. Ce sont les policiers qui enquêtent sur les violences faites aux enfants. Eh bien le film associe la maltraitance et les viols d’enfants par un parent ou un grand-parent au travail des enfants chez le Roms. Je ne suis pas pour le travail des enfants, mais ces enfants (enfin c’est ce que je vois dans le film) ne sont pas maltraités au sens précédent. C’est donc une bête attaque raciste anti-Roms à laquelle bien peu de spectateurs résistent. L’amalgame est fait, les Roms maltraitent leurs enfants et en avant la musique (comme vous l’avez remarqué, moi aussi je pratique ces rapprochements un peu déroutants, non seulement il vous faut apprendre à les voir, mais aussi un texte on peut le relire ou y répondre, les images de la télé sont sans réactions possibles). Comme je l’ai dit ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les médias font un travail constant pour transformer les résistants, par exemple Africains, en délinquants terroristes fous de religion de meurtre et de torture. C’est Apocalypse now, à l’envers.

    Restons sur les attitudes. Ce que je dis c’est que, si c’était possible,  on devrait se retirer militairement de chez eux, les laisser faire leur évolution, et elle pourrait être assez rapide, vu qu’ils peuvent profiter du spectacle de notre expérience (bof). Ce que je dis c’est surtout pour l’Afrique et le Moyen-Orient, parce que quand même il y a des pays, en particulier en Amérique latine et Sud-Est asiatique qui se sont pas trop mal décolonisé (merci Ché Guevara). Ceux-là il suffit de ne pas trop leur mettre de bâtons dans les roues (mais ce n’est pas du tout le cas pour le moment) et de suivre leur parcours.

    Alors si vous me dites que je vois de l’exploitation partout, n’allez pas croire que je force le trait, je suis plutôt en deça de la réalité. Sinon, expliquez-moi donc pourquoi il y a des riches et comment ils font pour le rester. Ah oui, bon dieu mais c’est sûr : le mérite, le travail etc. qui explique que mon voisin a une façade avec trois fenêtres de plus que moi. Hélas je ne vous parle pas de ceux-là et en plus si c’est votre voisin alors c’est qu’il n’est pas riche. Il a peut-être plus d’argent que vous mais ça ne suffit pas pour en faire un riche. D’ailleurs, un de ces jours, il faudra parler de cette caste mondiale qui a trouvé le moyen de mettre la main sur la planète afin d’éviter de ne plus jamais redevenir pauvre (c’est vrai que c’est franchement pas marrant d’être pauvre, et si vous voulez je peux en rajouter).

    Bon, on vient de parler d’attitude et, pour être précis, d’attitudes individuelles ou collectives mais pas de positionnement au niveau des pays. Du coup vous vous demandez, quelle pourrait être l’attitude de la France pour arrêter cet état de guerre avec ses dégâts collatéraux à Paris.

    C’est pas simple et le constat c’est que c’est pas demain la veille du jour ou la France va changer d’attitude (on peut se tromper et j’aimerais beaucoup être démenti par les faits)  :

    -d’abord, il faudrait des forces politiques en France pour demander quelque chose dans ce domaine (la réalité, avec laquelle il ne faut jamais jouer, c’est que mon opinion, même si elle est partagée et elle l’est, est totalement minoritaire, et que donc aucun courant politique ne pousse dans ce sens à part le FN un peu, mais pas pour les mêmes raisons),

    -ensuite la France est dans un tel maillage de soumission, de compromissions et d’accords avec d’autres pays, qu’agir seul n’a aucun sens et surtout aucune chance d’aboutir au moindre résultat (c’est aussi pour ça qu’il vaudrait mieux soutenir la Grèce plutôt que de chercher à l’enfoncer),

    -enfin, pour parler crûment, tant que les US ne bougent pas il ne se passe pas grand chose.

    Alors en attendant qu’est-ce qu’on peut faire ? Essentiellement essayer de se forger une manière de voir et de penser qui nous permette une interprétation correcte des évènements, en gros à se  « démédiatiser ». Pour la méthode complète, on y reviendra un autre jour. Mais on peut essayer quelques recettes. Par exemple arrêter de regarder la télé (je veux bien vous accorder un match de rugby de temps en temps mais vous savez c’est comme arrêter de fumer  ! !). On peut aussi sur certaines questions, par exemple, la torture ou l’adoption, se demander : mais moi qu’est-ce que je pense vraiment, quelle est mon opinion, est-ce que je peux arriver à avoir une conviction. Quelquefois c’est assez facile, quelquefois ça oblige à prendre des informations, à se renseigner, à écouter divers points de vue. Voilà des choses que l’on peut faire aujourd’hui.

    Michel Costadau