Auteur/autrice : Michel Costadau

  • Va t’en

    Va t’en

    A force de jouer avec la com, c’est elle qui t’a eu. Juste au moment de faire ton discours pour tirer à toi la couverture jaune, voilà que les flammes rouges de la cathédrale t’ont coupé la parole. Eh oui, à tant crier au loup, il est venu et tu n’as pas vu venir le coup. Tu as complètement paniqué en te disant : mais y a personne qui va m’écouter. Moment de vérité. Alors tu es allé voir l’accident, tu n’as pas aidé, tu n’as servi à rien, tu n’as fait que regarder, comme tout le monde. Eh oui la com c’est ça. Il faut dire que c’est un drôle de coup, car c’est plus qu’un toit qui a brûlé, c’est un symbole, le symbole de la domination, du pouvoir religieux, du pouvoir féodal.

    Et la seule chose qui te vient à l’esprit c’est que tu veux reconstruire. Mais comment peux-tu dire ça, toi qui ne sais que démolir, démolir les services publics, démolir les retraites, démolir l’École, démolir la protection sociale, démolir edf, nous démolir.

    La com vient de te planter et toi tu ne cherches qu’à recommencer. A refaire un coup de pub avec un incendie. Tu te vois déjà en train d’inaugurer un monument restauré et vanter la solidarité nationale qui a permis …… Est-ce que tu te rends compte combien tu es creux et vide à ne voir que la pub comme moyen de gouvernement. Tu veux lutter contre les fausses nouvelles mais toi tu ne fais que ça. Personne ne sait comment sera réparée la cathédrale, sauf toi. Micro et caméra c’est tout. Et sur ce coup-là tu as choisi la facilité pour dire, non pas ce que nous pensons, ça tu n’en sais pas le premier mot, mais pour vendre le politiquement correct qui consiste à ne rien dire tout en tenant le micro pendant une heure. Tu ne réfléchis pas et pourtant tu devrais. Parce que reconstruire identiquement  le symbole de la monarchie et de l’exploitation, ah que voila un beau programme.

    Tu as des milliers de personnes dans les rues tous les samedis qui veulent que l’on change leur situation, pas pour revenir en arrière, pas pour remonter au moyen âge ou à la royauté mais bien au contraire pour aller de l’avant, changer l’esprit de la société, secouer les veilles pierres et construire de l’humain. De l’humain et du respect. Mais toi, comme d’habitude, tu n’as pas réfléchi alors tu es tombé dans le panneau du glorieux passé, de l’histoire, des légendes. Parce que c’est une histoire atroce que raconte ce monument. C’est vraiment un mauvais symbole. Celui de tout ce sang versé dans les sillons du servage, de l’esclavage et de la guerre.

    Et, en plus, tu vas encore utiliser notre argent pour le plaisir d’un troupeau perverti de chanoines endimanchés. Déjà tous tes copains s’y mettent car eux tiennent au pouvoir que tu leur laisses, de faire ce qu’ils veulent. Seulement tous ces dons, ces élans de générosité, eh bien c’est que de la déduction fiscale. C’est autant d’impôt qu’ils ne paieront pas. Alors si c’est pas eux et comme c’est pas toi, qui va payer les impôts, eh oui c’est nous, les éternels dindons de la farce. Eh bien moi je dis non.

    Et maintenant ton discours ne vaut plus rien, effacé, gommé, recouvert par la pub. Ton discours n’est que celui de l’ancien monde que tu défends. En fait ça ne doit pas être bien important ce que tu veux dire puisque tu as préféré aller au spectacle plutôt que débiter tes âneries devant des écrans vides.

    Alors va-t’en. Tu as déjà assez fait de dégâts comme ça. Va-t’en et ne claque pas la porte en partant, les courants d’air ça attise les flammes.

    Michel Costadau

  • Tour

    Tour

    RIC en toutes matières. Ce slogan des GJ collé sur les panneaux routiers est un super révélateur sur ce mouvement et sur notre société.

    Sur ce mouvement car RIC est le cri des sans grades n’ayant jamais droit à la parole. Celle de ceux qui n’ont rien à perdre parce que quand on est au bas de l’échelle on ne pas descendre plus. En fait ce n’est pas une demande de référendum, c’est une demande d’exister.

    Sur notre société, parce qu’il ne devrait pas y avoir de référendums. La notion de référendum est née de la dichotomie entre la population et sa représentation. Quant une société a des élus en réelle représentation des électeurs et en communication avec eux, il n’y a aucun besoin de consulter la population toutes les 5 minutes, par sondage, référendums ou débats.

    On explique.

    Il m’apparait de plus en plus clairement que le mouvement GJ est un mouvement de type révolutionnaire. Il ne s’agit pas de bourgeois ou des classes aisées mais plutôt du bas de l’échelle. Il ne semble pas guidés par des intellectuels ou des éduqués. C’est le genre révolte spontanée, c’est à dire inspirée directement par des conditions de vie jugées insupportables. Certes nous ne sommes pas au Tchad et les conditions désastreuses dont je parle ne sont pas du même registre que dans les pays déshérités et dévastés par la colonisation. Chez nous les conditions révoltantes s’appellent manque de moyens financiers, déclassement social, ballotage continuel dans le travail, à l’école, dans le logement, absence totale de perspectives pour s’en sortir, fragilité éducative, idéologique et répression continuelle parce qu’il est plus facile de taper sur les faibles que sur les puissants.

    Et d’un seul coup ils prennent conscience de leur nombre, c’est-à-dire découvrent qu’ils ne sont pas des cas isolés mais bien une partie significative de la société.

    Autre marqueur important, la phobie des délégués, des dirigeants, des représentants. C’est typiquement révolutionnaire. Parce que vouloir être écouté ne passe pas par des négociations entre mandataires, mais par la suppression immédiate des barrières installées par le pouvoir. Les réseaux sociaux ont remplacés les barricades.

    Quant au référendum, vous savez ce que j’en pense ça a la forme, le gout et l’odeur de la démocratie mais c’est de la com. Ca a toujours été utilisé par ceux au pouvoir soit pour un plébiscite : Afrique, De Gaulle, Merkel, Poutine, soit pour trouver une porte de sortie honorable : De Gaulle, Cameron, Renzi, soit pour bluffer la population : De Gaulle, Mitterand, Chirac et indirectement Sarkozy. Le référendum est la mesure de la distance entre la population et sa représentation. Et cette distance est grande comme nous le montrent les anglais en ce moment. Moins les élus sont représentatifs et plus ils utilisent les bouées référendaires. Jusqu’à une certaine limite puisque depuis le referendum raté de Chirac et son contournement par Sarkozy plus aucun referendum n’a été organisé chez nous. Par contre, tellement il y a d’écarts entre les élus et les électeurs que touts les élections deviennent des référendums, cqfd.

    Il faut aussi ajouter que notre histoire récente n’est que celle de la trahison de la représentation. Aussi bien celle des mouvements de rue que celle des élus. Les délégués ont toujours cherchés à faire marcher le système et non à représenter les sentiments, les demandes, ou la colère de la population.

    Une révolution moderne c’est quand le système se réforme tout seul sous la pression des révoltés. Mais depuis un moment seules les révoltes des riches ont été entendues.

    Moi je dis chacun son tour.

    Michel Costadau

  • Concepts

    Concepts

    Je ne sais pas qui croit à l’éternité, en tous cas moi j’ai du mal. Il me semble que l’éternité, on ne saura vraiment si ça existe qu’à la fin, quand justement il n’y en aura pas, ce qui complique pas mal le jugement. Evidemment on peut aussi envisager de faire semblant d’y croire, manière, mais là intervient alors la notion de croyance, et ça complique plutôt les choses. On peut cependant faire le pari que l’éternité a une réalité et inventer le concept. Clairement, l’éternité est un concept trompeur. Certes il a quelques vertus mathématiques pour donner une issue à une suite de calculs fastidieux, mais ça n’a aucune utilité pratique. Et le problème c’est que, si ça n’existe pas, on est bien embêté pour dire quand est-ce qu’est la fin, puisqu’il doit y en avoir une. Mais ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est qu’il y en a qui abusent des concepts.

    Parce que dans un contexte plus proche que l’éternité, il y a le concept d’égalité. Alors là on atteint des sommets. Franchement s’il y a quelque chose sur terre qui est perçu par tout le monde comme évident c’est la différence, l’inégalité, voire l’injustice. Et pourtant l’égalité tourne à fond dans toutes les bouches des politiques : à travail égal salaire égal, égalité homme-femme, égalité des chances, égalité devant la loi, tous égaux, stop aux inégalités. Hélas, avec la moitié de la population au smic et 200 000 sans abris, tandis que les autres ne savent plus comment dépenser leur argent, on est, très, très loin de l’égalité. Vous le savez, je ne suis pas du tout pour l’égalité, qui est un fourre-tout catholico-bourgeois et qui ne veut rien dire. Je suis plutôt pour la différence, c’est-à-dire l’inégalité, puisque c’est la réalité, mais sans l’injustice ou l’exploitation du faible par le fort, du pauvre par le riche. La société n’est pas là pour supprimer les inégalités, mais pour éviter que les inégalités créent de l’exploitation. Et ce n’est pas franchement le cas.

    Si nous continuons notre casse bouteille, il y a aussi la liberté, joli concept s’il en est et qui ne veut pas dire grand-chose non plus. C’est probablement le moteur de la plupart des conflits passés, présents et à venir. Avec cette notion on se mord la queue. La liberté c’est-à-dire la possibilité de faire à peu près ce que l’on veut, n’a de sens qu’en dehors d’une société. Or c’est justement les sociétés, qui ayant aliéné presque tous leurs ressortissants, ont crée le concept de liberté. Qui n’est du coup que le nom de la cage qui retient chacun prisonnier. Un individu libre n’a de sens qu’avec ses seules contraintes biologiques, sans contraintes sociales, religieuses ou politiques. C’est dans ce sens que beaucoup d’animaux sont plus libres que nous. Tout le monde sait que dans nos sociétés, l’on ne peut pas faire ce que l’on veut au nom du sacro-saint principe de la protection des biens des riches, mais certains ont l’idée que l’on peut au moins penser ce que l’on veut. Encore hélas, cela est une bien cruelle illusion, puisque la seule chose que nous avons devant les yeux, dans les oreilles et sous le nez, n’est que le placard publicitaire de nos dirigeants. Il est donc devenu très difficile de penser, et du coup agir selon ses idées n’a plus beaucoup de sens. La liberté de penser n’est qu’un leurre.

    Oui, je sais, je n’ai pas parlé de la fraternité, ni de La Marseillaise d’ailleurs, mais j’ose pas ça me fait trop mal.

    Michel Costadau

  • Saumure

    Saumure

    Donald tu ne peux pas donner ce que tu n’as pas. Tu as plein de choses, tu es très riche, mais le Golan ne n’appartient pas, ni à toi, ni à ton pays. En plus il ne faut pas parler de ce qu’on ne connaît pas, ça se voit tout de suite. Tu n’as rien compris à la Syrie et tu t’en vas en laissant un champ de ruines. En fait tu es trop accro à Israël. Ce pays a déjà fait plus de victimes que tous les pogroms européens du siècle dernier, mais toi tu t’obstines. Tu dois bien y avoir quelques intérêts, mais il faudrait qu’un jour tu nous les dise parce que ça ne saute pas aux yeux et, en attendant, les morts s’ajoutent aux morts, en tas.

    Seulement Donald, tu as un mur dans la tête, pas au figuré, en vrai. Et c’est préhistorique, c’est pas moderne. Les Chinois en ont édifié des kilomètres pour protéger leurs biens, les Romains aussi c’était il y a pas mal de temps, puis les murs se sont rejoints pour faire des châteaux-forts créant ainsi un extérieur et un intérieur, un enfermement. Ensuite, les intellectuels ont inventé les murs idéologiques censés remplacer les murs de pierres et les remparts par des slogans assénés à la population. Mais les tenants du mur préhistorique ont bien résisté et sont encore nombreux, les tenants des châteaux-forts, bastions et autres forteresses aussi, et les servants des remparts idéologiques travaillent encore à plein régime.

    Alors nous, la génération d’après-guerre, nous avons développé le combat contre les barrières quelles qu’elles soient, forgeant ainsi le concept de l’Homme, y compris les noirs, les femmes et les indiens, membres d’une unique humanité. Cette émergence est encore balbutiante car nos armes ne sont que l’éducation, la compréhension et l’adhésion.

    Du coup aujourd’hui, pour peu qu’il ne soit pas enfermé, chacun a dans l’esprit toutes les composantes de cette évolution, la partie préhistorique avec les hauts murs, la partie médiévale avec les forteresses et leurs faubourgs, la partie idéologique avec ses préjugés et la désinformation, et enfin la partie ouverte avec la prise de conscience de l’humanité.

    Rien n’est encore gagné car la protection de leurs biens, par des moyens de plus en plus sophistiqués, préoccupe encore beaucoup les riches, si ce n’est pas de plus en plus.

    Et toi Donald tu es le chantre de la partie la plus archaïque de ces concepts : le mur. Ta seule idée c’est enfermer, pas seulement avec le mur mexicain, mais avec tous les repoussoirs que tu voudrais édifier devant les avancées des briseurs de barrière : entre inférieurs et supérieurs, entre hommes et femmes, entre nations pauvres et pays riches, entre hommes et hommes. Tout cela est en train de voler en éclat Donald, mais toi tu as seulement une truelle d’une main et le ciment que tu as volé aux Américains de l’autre. Alors tu ne sais faire que ça : du mur. Vous voulez de l’égalité : du mur, vous voulez le respect des noirs : du mur, vous voulez le respect des femmes : du mur, vous voulez le respect des indiens : du mur, vous voulez une protection sociale : du mur, vous voulez vous exprimer : du mur, vous ne voulez plus de guerre : du mur.

    Alors forcément c’est obscur dans ta tête Donald. Tu es enfermé dans ton téléphone et personne ne peut te joindre à cause du mur que tu as dressé devant tes yeux.

    Michel Costadau

  • Cause

    Cause

    Quand on fait quelque chose, il y a en général une raison. Bien sûr on peut avoir certains comportements sans raison, plutôt par réflexe ou par habitude, sans y penser. Mais il s’agit en général d’actions ou d’attitudes répétitives, quotidiennes ou régulières. Et donc la plupart de nos actions significatives ont une justification, un rationnel. Mais ce lien de causalité est, en fait, non seulement invisible mais en plus fugitif. La réalité efface les causes, seule l’action elle-même et son résultat laissent des traces. Et c’est un gros problème, parce que l’observation, même attentive, d’une situation ou de l’état d’une personne permet rarement d’identifier le cheminement des causes, l’origine de cette situation. On constate, on peut même prendre des photos, mais quant à savoir le pourquoi, il y a  quelquefois pas mal de difficultés. D’autant plus qu’il peut y avoir un enchaînement, une cascade de causalités.

    Le cas le plus simple c’est quand la personne se souvient du pourquoi et est en mesure de le dire. Ça simplifie beaucoup de choses. Mais c’est rarement le cas, parce que le temps dilue rapidement les souvenirs. C’est pour cela que, en théorie, la justice juge la cause et non le résultat. Car, concrètement, la cause est la seule et vraie origine de l’acte. Et la recherche de la cause est un métier à part entière. Ainsi, avoir volé pour s’enrichir ou pour nourrir son enfant n’est pas traité de la même manière. On peut être innocenté après un meurtre ou, au contraire, condamné rien que pour avoir prononcé des paroles. Une fois trouvée ou identifiée, la cause éclaire la situation d’une manière imparable. Pour rester dans le registre de la justice c’est pour cela que l’obtention des aveux a si grande presse chez nous. Parce que d’un seul coup tout devient limpide c’est-à-dire compréhensible ou presque.

    Hélas, cela c’est la théorie et trop souvent la justice ne veut considérer que le résultat de l’acte, c’est-à-dire seulement l’effet de la cause et non la cause elle-même. Un exemple est donné par les incendies de Californie. Souvent ces feux partent des lignes électriques qui, soit touchent des arbres, soit sont tombées dans les broussailles. Même si c’est l’étincelle entre les câbles qui lance le feu, cela n’est possible que parce que la végétation n’est plus entretenue, ni les sous-bois, ni les chemins. Mais la justice américaine ne veut voir que les câbles. On comprend bien que cette attitude n’est pas de nature à diminuer les incendies, puisque leur cause n’est pas combattue. Et même si ça arrive ça vient trop tard.

    Clairement, combattre quelque chose c’est combattre ce qui lui a donné naissance, sa cause. En fait, nous sommes tous concernés par cette affaire de causalité. Bien sûr dans le domaine professionnel, mais aussi dans la sphère personnelle. Chaque fois que quelqu’un vient vous demander quelque chose, il est important de se poser la question : mais quelle est sa vraie motivation ?

    Vous le savez j’applique régulièrement cette règle et, en particulier, dans le domaine politique c’est indispensable. Or, vous le savez, les politiques ne combattent jamais les causes et donc ne combattent jamais rien puisqu’ils se contentent d’effacer ce qui les gêne. Et c’est pour cela que rien ne change. Il faut alors se poser la question : comment les politiques en sont arrivés là ? C’est quoi la cause de tout cela ? Moi j’ai la réponse.

    Michel Costadau

  • Mafia

    Mafia

    Il est toujours beaucoup plus facile de voir les défauts chez les autres que chez soi. Et aussi plus facile d’en parler. Et c’est le cas de l’Algérie. Nous sommes au spectacle et tout le monde est d’accord pour dire que ce pays est aux mains d’une clique opaque qui tient les rênes du pouvoir en plaçant ses affidés aux postes clés. Evidemment si je dis que c’est un gouvernement mafieux, là vous m’arrêterez en me disant qu’il y a quand même des élections et que les élections c’est le label de la démocratie. Aïe, aïe, aïe. Et bien moi je confirme, oui c’est exactement ça un régime mafieux. D’ailleurs pour ceux qui en doutent, il y a aussi des élections chez cosa nostra. Certes il n’y a souvent qu’un seul candidat, pour cause d’empêchements divers et variés mais il y a bien un élu choisi démocratiquement par ses pairs.

    Parce que non, non et non ce ne sont pas les élections qui font la démocratie, loin de là. Des élections il y en a en Afrique, en Egypte, en Afghanistan, en Ukraine presque partout à vrai dire. Ça fait longtemps que le fonctionnement des élections a été contourné par les avides du pouvoir. Ça fait longtemps qu’ils ont compris que faire adouber par la population le candidat de son choix était possible via un ensemble de manœuvres bien rodées : d’abord posséder les médias, ensuite acheter les donneurs d’ordres, puis créer un repoussoir, enfin focaliser le sentiment des électeurs sur la solution, c’est-à-dire le candidat choisi. Après ça, arrive le règne qui permet de se renflouer et en plus de s’amuser. J’ajoute encore que ce ne sont pas les constitutions, les institutions ni les Cours suprêmes, Conseils d’état ou constitutionnel qui font la démocratie. Ça aussi il y en partout et ça ne prouve strictement rien.

    Vous savez comme moi que ce qui fait la démocratie c’est quand la population a des représentants qui réalisent ses aspirations. Mais ce n’est pas le cas en Algérie, là tout le monde est d’accord. Et si je dis que ce n’est pas non plus le cas chez nous là il y en a qui tiquent encore. Pourtant ça fait combien de temps que les électeurs sont manipulés, désinformés, baladés et volés. Allez n’allons pas chercher trop loin ça fait deux générations pour l’Algérie comme pour nous.

    Et la volte-face actuelle de la clique au pouvoir fait ressortir clairement que chaque fois que les Algériens ont voté ils ont donné un crédit démocratique à une dictature.

    En fait je suis extrêmement surpris que la réclamation se soit focalisée sur l’abandon de la candidature du tyran en titre. Clairement, aucune aucune alternative n’existe et le retrait d’une candidature ne change strictement rien. Si une situation devait être favorable à la pratique du non-vote, l’Algérie serait en ce moment le cas idéal. Le non-vote indiquant alors que c’est un système qui est rejeté et pas seulement une personne. Soyons clair, avec la bénédiction de Paris, le pouvoir Algérien va passer la main a un clone qui va faire les promesses qui vont bien. Mais un nouveau nom ne changera rien au système algérien actuel. Et c’est pareil chez nous.

    Michel Costadau

  • Guy Phozat relancé

    Guy Phozat relancé

    Déjà un peu affecté par le premier procès et son verdict à 200 M$, les Phozat voient alors arriver d’autres procès pour empoisonnement et cette fois au niveau national et non plus régional. En fait plusieurs centaines de plaintes à des degrés divers d’instruction judiciaire, mais toutes visant la dangerosité voire la mortalité du produit mystérieux pour lequel Guy avait un don.

    A cela s’ajoutait la campagne d’analyse d’urines qui avait tendance à montrer que le poison était maintenant présent partout et du coup chez tout le monde, en ville comme à la campagne. Ces analyses avaient une fâcheuse tendance à remettre en cause les formidables vertus du traitement par Guy des champs et des jardins. En effet les parents de Guy, Mont Santo et la mère Bayer vantaient la volatilité de l’effet. Sitôt Guy passé, disaient-ils, plus aucune trace d’un éventuel produit, tout était évaporé, recombiné, en gros disparu. Et voila que maintenant il fallait expliquer qu’il y en avait partout et que ça se fixait au moins dans les urines. Euh difficile à justifier.

    Autant dire que le moral était assez bas. Certes ils étaient encore largement soutenus par la classe politique qui, corrompue par les lobbies, refusait toujours de légiférer sur le sujet, mais ayant néanmoins un peu le sentiment qu’une nasse commençait à se refermer.

    Heureusement pour eux, dans le même temps, les parents Phozat et tous leurs amis du business cherchaient à retourner la situation à leur avantage. Et le miracle se produisit : la fédération des exploitants, qui était le syndicat des utilisateurs des vertus désherbantes de Guy fut chargée par les politiques de mettre un terme à son utilisation. Oui exactement, le gang des pollueurs fut chargé de mettre fin à la pollution. D’un  seul coup la situation s’inversait. C’est comme si on demandait à l’Église de lutter contre la pédophilie, ou aux compagnies pétrolières de combattre le réchauffement. C’était une victoire inespérée qui laissait augurer de longs jours d’utilisation de Guy avec les rendement financiers correspondants. En fait, cette incroyable capitulation des politiques avait été préparée depuis plus d’un an avec ce que le syndicat et le gouvernement avaient appelé contrat de solution. Ce vocable ne voulait évidemment rien dire mais c’était le genre de mots fétiches de la technocratie. La mesure avait été proposée aux Etats Généraux de l’Alimentation, vaste fumisterie destinée à leurrer les consommateurs sur les méfaits de l’agriculture chimique. Et dans cette kermesse, avaient été vantés les mérites de la cogestion entre le syndicat et les pouvoirs publics. Evidemment s’il s’était agi de faire pression ensemble sur les négociants et les groupements agricoles, ça aurait eu du sens mais là il s’agissait d’une capitulation en rase campagne des politiques. Il faut dire que la fédération des pollueurs avait pris l’engament de supprimer l’utilisation de Guy….sauf exceptions. Le problème était que les exceptions couvraient à peu près tous les cas d’utilisation pour la viticulture, l’arboriculture, les cultures céréalières et l’élevage. Seul le maraîchage non industriel semblait devoir se passer de Guy. On était donc passé de la suppression de l’utilisation de Guy a des notions de pourcentages, par exemple 30 % de moins en dix ans. Autant dire la continuation pure et simple de l’empoisonnement.

    Cette situation catastrophique résultait classiquement de la puissance des lobbies et de la corruption des politiques, et commençait à monter l’opinion contre les agriculteurs-pollueurs. La rue allait-elle suppléer aux manquements des gouvernements ? La question reste posée.

    Michel Costadau

  • Presque rien

    Presque rien

    Ah mais alors quel suspense ! Je veux parler de cette date fatidique du 28 mars 2019 à 11h59. Oui c’est l’ heure ou les Britanniques doivent quitter le navire. Et que va-t-il se passer ce jour-là ? Vous voulez le savoir : eh bien rien, voila il ne va rien se passer. Et le lendemain ? le lendemain eh bien rien non plus. Mais quand même dans les semaines qui suivent il va bien se passer quelque chose ? Eh bien non, rien, toujours rien.

    Ah me direz vous, mais c’est parce que c’est reporté. Oui c’est presque sûr la date va être repoussée de 2 mois et puis peut-être encore de 2 ans. Bon mais alors au plus tard dans 2 ans à force de la force ce sera le brexit ? Eh bien non rien, rien, rien.

    Ah bon mais alors tout ça pour ça.

    Oui tout ça pour rien. On explique.

    Si vous vous souvenez, les motivations des Britanniques il y a deux ans tournaient autour de quelques points de souveraineté : immigration, justice européenne, régulation économique. Et ce scrutin a été marqué, comme partout ailleurs, par une forte poussée populiste. Et dans le sentiment populiste il y a une seule dimension : c’est la dimension america first qui se traduit par des penchants nationalistes, xénophobes, antisystème et de repli sur soi.

    Evidemment ces sentiments n’ont aucun rapport avec le marché commun qui est seulement une histoire de gros sous des financiers. On voit d’ailleurs là toute la perversité du vote dit démocratique : les électeurs ne répondent jamais à la question posée mais manifestent seulement leur humeur du moment. Et donc le résultat ne veut rien dire. En général.

    Seulement voilà, le résultat du scrutin qui nous occupe voulait dire en bon français : d’accord pour sortir de l’Union européenne et du Marché commun. Et ce dernier point, les financiers et une bonne partie de la population ne le souhaitaient pas et le souhaitent encore moins.

    Ah je vois que ça commence à s’éclaircir. Ce que demandaient les électeurs avec leur vote populiste n’est pas du tout incompatible avec le maintien des financiers dans les délices du marché commun. Pas du tout. Nous voila donc avec une situation cornélienne, qu’on pourrait presque qualifier de shakespearienne : comment sortir de l’Union européenne tout en restant dans le Marché commun. Cette contradiction mobilise tous les fins esprits de la planète depuis deux ans et ils sont en train de trouver les solutions. Et même ils les ont trouvées. Certes ces solutions ont été, momentanément, rejetées par les députés britanniques, mais avec quelques retouches c’est celles qui seront adoptées. Et ces solutions ont justement la particularité de ne rien changer.

    Attention je ne veux pas dire que rien ne va changer. Non, mais ce n’est pas ce que vous croyez qui va changer. Pas de modifications de frontières, pas de modification de salaires, pas de modification de scolarités, pas de modifications de droits, pas de modifications de prix. Non la seule chose qui va changer c’est que les Britanniques ne seront plus sous la tutelle de Bruxelles, tandis que les financiers continueront de s’abreuver aux 300 millions de consommateurs européens. Ça s’appelle le beurre et l’argent du beurre. Je me demande s’il n’y a pas des Anglais dans le coup.

    Michel Costadau

  • Départ de Hubert Costadau

    Départ de Hubert Costadau

    Au revoir Hubert.

    Hubert !

    Mon frère, notre Ami !

    « Vivre sans amis, c’est mourir sans témoins »…

    Les très nombreux témoins, ici rassemblés, illustrent s’il en est besoin le réseau d’amis que tu as constitué au cours de ta vie.

    « La mort n’est qu’un passage…Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin » a dit Charles Péguy, reprenant ainsi la Parole de Saint Augustin.

    Mais la vie, ta vie fut un formidable parcours…

    Comment résumer plus de 8 décennies de celui-ci ?

    Samedi 14 Juillet 1934 : ta naissance à Bordeaux-Caudéran (Av. du Jeu de Paume) dans la demeure familiale ROUANET, après notre sœur Françoise, également arrivée à Caudéran quelques années plus tôt : en Octobre 1929 (2 « très grands crus » diraient les Vignerons !!!)

    Très belle et confortable enfance, dans l’insouciance de l’époque, vécue en partie à Marouatte, avec l’affection de Bon Papa, Bonne Maman et Mary Anne Pick, l’Anglaise (Nanane), brutalement interrompue par les interminables années de guerre et privations diverses.

    Pensionnaire, dés l’âge de 7 ans, à l’Institution Saint Joseph de Périgueux avec la découverte du scoutisme, jusqu’au départ de Marouatte pour Labarde et le « Chatenet » à Bordas où ton attirance pour la campagne n’était plus « négociable »…

    1956 : Arrivée à Pémontier et tout de suite « ton attachement » pour St.Cernin de Labarde et sa région… (où tu retrouves l’abbé CADALEM, connu à Saint Joseph…)

    Des années de labeur, avec les moyens de l’époque…

    Février 1965 : brutal départ de Maman, prématurément usée par la vie…

    Ton acharnement à la terre et l’élevage te permettront cependant de découvrir et connaître le vrai bonheur, avec Elisabeth et l’arrivée des jumeaux Bernard et Luc, puis les joies de Grand-Parents avec Aloïs, Xanders et Pierre.

    Certes, les précédentes années n’avaient pas été toujours faciles, mais tu as résisté, en bon SCOUT, persévérant, courageux et fidèle en amitié.

    Dures épreuves que furent les disparitions successives d’amis de cœur : Pierre LEBOURG, en Algérie, de retour de DIEN BIEN PHU, Jean DIGNAC, ton fidèle ami de Saint Joseph, Pierre de FRETTES, Yves LABROUSSE, Jean GENESTE, Pierrot NOUAILLE… j’en oublie sûrement, mais toi, je le sais, tu ne les as jamais oubliés…

    Homme de parole que tu as toujours été : « La parole, c’est la parole » (HITZA HITZ, en Basque), devise choisie et gravée sur le makilah offert par notre beau-frère René : modèle de droiture, s’il en fut !

    Comment oublier la chasse et… les PALOMBES … Merveilleux entractes partagés avec tes amis chasseurs ?…

    Je n’ai pas eu le temps, ou plutôt, je n’ai pas pris le temps, de te remettre le fruit de mes recherches sur nos racines familiales, reconstitué après notre passage à ESPELUCHE, près de MONTELIMAR dans la Drôme, l’été dernier : je le regrette vivement !

    Ah, tu aurais bien ri et compris pourquoi tu aimais tant la campagne et la vraie nature, à la lecture de l’Avis (toujours) placardé à la Mairie d’ESPELUCHE et, signé (il y a près de 2 siècles) par notre aïeul Gabriel COSTADAU, plusieurs fois Maire de la commune, pour l’affectation de primes accordées « à ceux qui feraient le plus de ventes de moutons, cochons, chevaux et mulets aux Foires organisées de Février, Septembre et Novembre… »

    Certes, ces derniers mois et semaines furent difficiles à vivre, malgré le constant soutien d’Elisabeth et les soins qui te furent prodigués, tout comme elle l’avait fait, avec beaucoup d’attention, pour Papa.

    De Suisse et d’Australie, où réside une partie de la famille de celle-ci des encouragements te parvenaient…

    Leur éloignement ne leur a pas permis d’être là aujourd’hui, tout comme Françoise, notre sœur très affaiblie par l’âge (89 ½), mais ils sont tous présents par la pensée !

    Aujourd’hui, proches et fidèles à ton épouse Elisabeth et tes enfants, ainsi qu’à tes petits enfants, nous nous inclinons devant leur chagrin et t’assurons de notre loyal et affectueux soutien.

    Humbles locataires et de « passage », nous aussi sur cette terre, nous te disons « au revoir » Hubert, notre Ami, mon Frère…

    Bruno COSTADAU.

    St. CERNIN de LABARDE, le 1° Mars 2019

  • De la ségrégation scolaire

    De la ségrégation scolaire

    Je ne parle pas de ségrégation à l’américaine ou à l’israélienne, non mais tout simplement d’un truc qui se passe chez nous. Tout le monde est à peu près d’accord pour dire que les inégalités existent en France et même se creusent, mais personne ne sait trop dire le pourquoi du comment. On voit le résultat mais on a du mal à décrire le mécanisme. Et justement la ségrégation scolaire est un de ces outils sournois et pervers qui marche très très bien.

    Bien sûr, à l’école comme dans beaucoup de domaines, il y a la ségrégation par l’argent qui concerne l’enseignement dit privé. Cette injustice ne saute pas aux yeux car les frais de fonctionnement sont souvent couverts par l’Etat et il existe des aides pour les moins riches censées compenser leur manque de moyens. Mais déjà cette notion d’aider ceux qui, par leurs bulletins scolaires, le méritent, est particulièrement hypocrite. Néanmoins je n’ai rien contre l’enseignement confessionnel ou privé mais pas avec l’argent public, là je ne suis pas du tout d’accord. Ceux qui veulent islamiser, évangéliser, scientifiser ou élitiser leurs enfants peuvent le faire mais avec leurs propres et seuls moyens. Néanmoins il n’y a aucune justification à encourager ces comportements.

    Mais là n’est pas le plus grave. Le fondement de la ségrégation scolaire c’est la disparition de la causalité. Maintenant à l’école les connaissances sont présentées mais ne sont ni démontrées, ni justifiées, ni expliquées. Elles sont, point. Les élèves doivent apprendre mais ne pas comprendre. Il n’est pas enseigné comment ces connaissances existent, pourquoi elles sont vraies, quelles sont les relations entre elles, voire quel est leurs parcours. Les livres d’école ont presque disparu, il ne reste que les heures de cours. Oh il subsiste bien quelques ouvrages mais ils couvrent par exemple de la sixième à la troisième. Et dedans il n’y a aucune logique allant de la définition à la démonstration. Tout est tautologique. Une métropole est une métropole et par exemple Lyon est une métropole. Un triangle rectangle a un angle droit. Et l’examen c’est : est-ce que Toulouse est une métropole ou est-ce que ABC est rectangle. Voilà tout le contenu des connaissances enseignées à l’école. L’école fait de l’info, comme la télé, pas de l’éducation.

    C’est alors que les enfants rencontrent deux situations :

    soit personne chez eux n’est capable de donner les explications qui permettent de comprendre et pas seulement de savoir, ou alors les explications sont religieuses, sectaires ou tout simplement fausses et c’est le cas le plus fréquent,

    soit au contraire leur milieu comble les lacunes délibérées de l’éducation nationale en fournissant jour après jour les bonnes et nécessaires explications et c’est l’inégalité.

    C’est comme ça que se crée la ségrégation. Ce qui n’est pas enseigné à l’école n’existe que pour les privilégiés. Toute baisse du niveau de l’enseignement engendre une augmentation de l’inégalité. Et les parents sont dupes car ils ont le sentiment que réussir à l’école est bien en soi. Mais réussir avec une baisse du niveau d’enseignement a exactement l’effet contraire : la réussite devient le chemin du creusement de l’écart, la source de la pauvreté intellectuelle. La pauvreté intellectuelle n’est pas du tout culturelle. Presque tous les enfants ont une culture correcte, dans leur culture bien sûr. Non, la pauvreté intellectuelle c’est la création d’un état de soumission à la connaissance, c’est-à-dire à ceux qui connaissent. Les pauvres ne savent pas, ils subissent, point.

    Alors clairement pour réduire les inégalités, il faut relever le niveau de l’enseignement. Et ce n’est pas difficile puisque qu’on l’a déjà fait. Eduquer, c’est-à-dire apprendre, est pour moi une priorité beaucoup plus importante que le réchauffement ou le nucléaire. C’est LA priorité, car les malversations du pouvoirs s’appuient sur l’ignorance de la population.

    Michel Costadau