Auteur/autrice : Michel Costadau

  • Dur dur

    Dur dur

    Pour me brosser les dents je prends tout simplement la brosse dans la main droite et le tube de dentifrice dans la main gauche. Puis il faut ouvrir le tube, soit en dévissant le bouchon avec deux doigts de la main droite sans lâcher la brosse, soit en posant d’abord la brosse au bord du lavabo et en ouvrant le bouchon avec la main droite libre. Une fois le tube débouché, il faut alors poser le bouchon sur le bord du lavabo en évitant qu’il ne tombe au fond ce qui, surtout si on a encore la brosse dans la main, va demander bon moment pour aller le rechercher s’il n’y a pas la bonde. Il convient alors de reprendre la brosse si vous l’aviez posée. Il est bien sûr envisageable de déboucher le tube avant de prendre la brosse, mais ce n’est pas naturel.

    Me permettez-vous de faire ici une digression pour indiquer que la pâte à l’intérieur du tube de dentifrice doit être poussée du bas vers le haut et non pressée par le milieu comme beaucoup le font. En effet, dans ce cas-là il se crée des bouchons d’air dans le tube qui, une fois près de la sortie, propulsent la languette de pâte que l’on veut mettre sur la brosse, dans une direction inattendue dont la plus favorable est de choir dans le lavabo ; auquel cas on peut encore la récupérer, sauf si vous venez de vous raser et avez jeté les poils coupés et/ou la mousse à raser dans le lavabo où ils restent tant que l’on n’a pas fait couler le robinet, et rendent de ce fait inutilisable la pâte qui a chu dedans.

    Maintenant je peux enduire la brosse d’une petite languette de dentifrice en évitant qu’elle ne glisse de la brosse car, en fait, elle est juste posée sur les poils. Ensuite, avant de se brosser il est préférable de remettre le bouchon sur le tube soit avec la brosse dans la main et la languette de dentifrice en équilibre sur les poils, soit avec les deux mains libres en posant la brosse selon l’option choisie. En effet, remettre le bouchon après le brossage conduit souvent à enduire celui-ci avec la mousse de pâte qui n’a pas manqué de se déposer le long du manche et du coup sur la main, au cours de l’opération de brossage. Il est alors possible de reposer le tube avant de se brosser ou de le garder dans la main gauche pendant le brossage.

    Mais, car il y a un mais, je voudrais maintenant, toujours si vous le permettez, préciser qu’il existe des tubes de dentifrice avec des bouchons munis d’un clapet qui permet, avec la même main qui tient le tube, d’ouvrir le bouchon avec le pouce et donc sans avoir besoin d’utiliser la main qui tient la brosse. Il est alors possible de déposer du dentifrice sur la brosse sans la moindre manipulation ou changement de mains. Et aussi de le refermer de la même manière. Il est clair que ce mode de fonctionnement est beaucoup plus efficace : on garde le tube dans la main gauche et la brosse dans la main droite sans discontinuité, aucun risque de faire tomber la languette de dentifrice ou le bouchon dans le lavabo. Comment se fait-il que cette innovation ne soit pas généralisée ? Dans quel monde vivons-nous ? Franchement, je me le demande.

    La semaine prochaine je peux parler du nettoyage de la brosse à dents, si vous le voulez.

    Michel Costadau

  • Verrou

    Verrou

    Comment faire sauter le verrou qui bloque nos institutions ? Ce verrou, je vous le rappelle, est la concomitance, dans l’ordre, d’une présidentielle et d’une législative. Et cette séquence fait passer notre régime de parlementaire à présidentiel. Les régimes présidentiels n’ont jamais été démocratiques et ont toujours conduit à des révoltes sanglantes.

    Alors comment faire sauter ce verrou ?

    En fait il n’y a que cinq possibilités :

    1. Modification spontanée de la constitution par le parlement actuel,
    2. Election d’un président dont le programme comporte prioritairement cette mesure,
    3. Election d’un parlement avec une majorité conséquente voulant cette mesure,
    4. Victoire d’un référendum demandant la révision de la constitution,
    5. Révolte populaire renversant le pouvoir en place.

    Voyons voir ça.

    Le 1 est complètement illusoire puisque les députés n’ont obtenu leur élection qu’en soutenant le président. Ce ne sont donc que les larbins du président et il n’ont aucun intérêt à mordre la main qui les a faits. A l’extrême, en cas de dérives dictatoriales, ces députés préféreront la destitution au changement constitutionnel.

    Le 2 n’a strictement aucune chance de se réaliser, car le pouvoir présidentiel tient justement à cette concomitance. Certes il y a des candidats, en fait un seul, prônant cette réforme mais il n’a ni les médias ni la finance et n’est donc pas en mesure d’être élu. Ceux qui croient que s’ils avaient voté pour lui, Mélenchon aurait été au second tour, n’ont pas compris que la situation était de qualifier Le Pen et Macron. Si Mélenchon était remonté dans les sondages alors Le Pen et Macron auraient aussi été remontés.

    Le 3 est assez utopique car il demanderait qu’en un mois, entre la présidentielle et la législative, les candidats députés changent leur fusil d’épaule ou qu’une fronde contre le nouvel élu se mette en place. On peut rêver mais ça n’arrive pas en politique.

    Avec le 4 on entre dans la catégorie des mouvements populaires voulant conquérir le pouvoir. Les référendums sont dans la constitution, il n’y a pas de problème. Seulement c’est le pouvoir qui pose la question, pas le peuple. On peut alors envisager une pétition recueillant des millions de signatures. Ca s’est déjà produit et ça n’a rien changé, car rappelons-le c’est le pouvoir qui a le pouvoir et lui seul.

    Le 5 est une solution qui a déjà été utilisée avec succès. Cependant elle a deux inconvénients. D’une part c’est sanglant et ça pourrait le devenir encore plus que dans le passé avec l’arsenal actuel de nos forces de répression. Les GJ ont déjà plusieurs centaine de victimes, mais ce n’est rien à côté de ce qu’il faudrait envisager pour la prise du pouvoir. Qui plus est, les GJ n’ont aucune demande de réforme constitutionnelle et c’est étrange. D’autre part, conquérir le pouvoir ça finit par mettre d’autres à la place des ceux que l’on a chassés. Et là, clairement, l’évolution de mentalité permettant d’avoir un population consciente de son rôle et voulant l’exercer n’est pas encore faite. Et donc, en cas de prise de pouvoir sanglante, on aurait les mêmes remplaçant les mêmes, les ENA remplaçants le ENA. En tous cas aujourd’hui. Enfin la réforme par la force amène un engrenage de coup d’États encore plus meurtriers.

    Beurk, alors il n’y a pas de solution. Et pourquoi ne parles tu pas du non-vote ?

    En fait la phase de prise de conscience populaire n’est pas encore finie, loin de là. Le non-vote fait partie de ce chemin vers les nouvelles mentalités. Seule une population éduquée et consciente pourra construire un nouveau régime. L’inverse ne marche pas.

    C’est pourquoi le non-vote est le marqueur essentiel de l’étape à franchir.

    Michel Costadau

  • Retour à la démocratie

    Retour à la démocratie

    Comme promis je vais faire des propositions pour le retour à la démocratie. Il y a deux aspects à considérer : les nouvelles institutions et la nouvelle classe politique. En fait, le second aspect pourrait n’être qu’une des conséquences du premier. En effet, avec les nouvelles institutions, les élus n’étant plus des privilégiés, seuls des altruistes dévoués auront envie d’exercer ces fonctions. Le renouvellement de la classe politique est donc garanti. Au moins dans un premier temps.

    Pour commencer je vais essayer d’énoncer les principes à prendre en compte pour construire les nouvelles institutions.

    -Toutes les opinions politiques doivent participer ensemble à la conduite du pays, la notion de majorité est donc bannie et remplacée par la proportionnalité,

    -Les élus ne sont pas de supercitoyens au dessus des lois mais des délégués chargés d’identifier les besoins et d’améliorer la situation de la population. Primes, immunités, avantages sont donc supprimés. Etre élu n’est pas un métier,

    -Les opinions politiques ne sont pas en nombre infini. Les idées correspondantes, par exemple : est-ce que la santé est un service public, sont portées par des collectifs, anciennement appelés partis. Les collectifs doivent donc être généralistes et en petit nombre, disons par exemple cinq. Les collectifs se caractérisent et se différencient par leurs programmes,

    -L’allongement de la durée d’exercice d’une fonction de représentation permet aux forces économiques, religieuses ou maffieuses d’établir des liens d’influence avec les élus. Les fonctions électives sont donc limitées à quelques années et non renouvelables,

    -Plus il y a d’étages dans les institutions, plus elles mettent de la distance entre électeurs et élus, le principe de deux étages doit être privilégié,

    -Moins il y a d’élus, plus ils sont loin de la population, un député pour 100 000 électeurs n’a pas de sens, les élus doivent donc être plus nombreux car il y a beaucoup de travail, ou alors il faut réduire la taille du pays,

    -Pour les fonctions exécutives, les responsabilités sont portées par plusieurs personnes. Le principe d’un président ou d’un ministre disparaissent. Ce ne sont pas les individus qui ont des programmes, ce sont les collectifs. La collégialité est de rigueur, comme c’est déjà le cas pour la Justice.

    Sur ces bases, pour essayer de construire des institutions, je m’inspire de deux sources. La première est l’associations 1901 et la seconde la société par actions.

    Les associations sont en général des modèles de démocratie avec un CA et/ou un bureau responsable devant une AG souveraine. L’AG c’est la population, c’est-à-dire l’ensemble des électeurs. Dans un premier temps, nous avons à construire l’assemblée des représentants, les députés si vous voulez. Maintenant comment élire les députés. Cette élection se fait, non pas sur des individus ni sur des listes, mais uniquement sur les collectifs nationaux. Il n’y a aucune candidature individuelle mais seulement des délégués d’un collectif. Les collectifs ont donc des candidats locaux : dix par département par exemple. L’élection se fait à la stricte proportionnalité recueillie par les candidats des collectifs. C’est la seule manière pour  que chaque vote compte et donc que les gens votent. Maintenant nous avons une assemblée nationale composée de députés de chaque collectif. L’assemblée représente donc, en plus petit, la population. Cette assemblée est l’institution la plus importante du pays, c’est elle qui dirige et rend directement compte à la population.

    Maintenant il nous faut faire un gouvernement de l’assemblée et donc de la population.

    Ce gouvernement a pour but de faire fonctionner l’Etat et de mettre en œuvre les décisions du parlement. C’est l’exécutif. Alors comment désigner l’exécutif. Là nous allons changer de modèle et pendre celui des sociétés par actions. Certes ces sociétés sont aux antipodes de la démocratie, mais elles savent tenir compte du poids des actionnaires. En l’occurrence les actionnaires c’est notre assemblée nationale nouvellement élue. Les membres du gouvernement sont uniquement pris dans les élus de cette assemblée. Ensuite ils sont très peu nombreux, c’est-à-dire exactement un ou deux par collectif. Chaque collectif a le même nombre de membres au gouvernement, qui prend toutes les décisions nécessaires, sous le regard de l’assemblée et de la population.

    Voila donc mes premières propositions.

    Michel Costadau

  • La stratégie du non-vote

    La stratégie du non-vote

    Là c’est le non-vote que je veux expliquer. Et pour être simple, on peut pas faire plus simple : le jour de l’élection tu vas où tu veux mais pas au bureau de vote. Et alors ? Ben alors c’est après que ça commence. Car ce sont seulement les votants qui font les élus. Si pas de votants pas d’élus.

    Cela dit je me doute qu’il y aura toujours quelques votants.

    Je dois préciser, ou le rappeler, que le non-vote ne concerne que les élections nationales. Il n’y aucun problème à voter dans les élections locales puisque les élus en question n’ont strictement aucun pouvoir ni législatif, ni judiciaire. Par exemple, dans chaque département il y a un préfet et un conseil départemental. Devinez qui a le pouvoir.

    Bon d’accord mais, au fait, pourquoi ne faut-il plus voter ? Pourquoi, parce que depuis plus de cinquante ans il s’est installé une classe politique au service de la finance qui a confisqué le pouvoir. Toutes les demandes de réformes et de changements sont balayées sous les prétextes les plus fantaisistes. Environnement, sécurité, investisseurs, fibre nationale…..Ils ont une seule ligne de conduite : continuer comme ça entre eux.

    D’ailleurs une belle illustration de leur soumission à la finance nous est donnée en ce moment par le Royaume-Uni avec la confusion totale entretenue sur le Brexit.  Et pourtant la situation est sans équivoque : la population a demandé la sortie du marché commun et une indépendance accrue et le business ne veut pas de sortie. Alors que font les politiques : ils louvoient, ils zigzaguent, ils réfléchissent. En gros ils cherchent à satisfaire le business au détriment de la population. Et c’est pas beau.

    De même en France, prétexter l’environnement pour mettre des taxes sur le gas-oil alors que ce sont les pétroliers qui ont demandés un rééquilibrage au profit de l’essence parce qu’ils ne savent plus quoi en faire, vous croyez que c’est être au service de la population ça.

    C’est pourquoi il faut réveiller les politiques, leur mettre le nez dans leur trahison.

    L’objectif est de créer un choc en montrant que les non-votants sont plus nombreux que les votants, ce qui veut dire que le corps électoral rejette tous les candidats qui du coup n’ont plus la moindre légitimité. Cette secousse de la classe politique permet d’inverser la polarité de la vie publique, à savoir que c’est la population qui a le pouvoir et non le pouvoir qui a la population.

    Dans un premier temps, la victoire du non-vote n’empêchera pas qu’il y ait des élus, mais la seule mission qu’ils auront sera de faire les changements indispensables pour le retour à la démocratie. Et dans le prochain billet je ferai des propositions sur le retour à la démocratie.

    Les gueux ont créé le choc pour les routes, le non-vote veut créer le choc pour les politiques.

    Car, spontanément, les politiques ne feront rien pour nous rendre le pouvoir.

    Par exemple pour le vote blanc, je ne l’ai pas dit dans le dernier billet, mais le vote blanc pour être pris en compte dans les exprimés eh bien c’est aux politiques de faire cette modification des règles. C’est comme si on leur demandait de se suicider. J’ai comme l’impression qu’ils ne vont pas le faire. En fait j’en suis sûr car sinon ils l’auraient déjà fait, Cqfd

    Vous allez me dire : mais il faut bien des élus.

    Oui d’accord mais sûrement pas ceux que nous avons, parce qu’ils ne nous représentent pas mais sont seulement des gérants du système financier. Moi je ne veux plus de gérants je veux des représentants, des délégués, des défenseurs.

    Et je ne fais aucune confiance à la classe politique actuelle pour prendre cette orientation. Ce n’est pas dans leurs gènes.

    Michel Costadau

  • Fondamentaux

    Fondamentaux

    Retour aux fondamentaux, c’est-à-dire le vote. Normalement, personne ne devrait voter aux prochaines élections. Ceux qui ont voté Philippe Macron parce qu’ils se sont fait complètement avoir, ceux qui ont voté pour d’autres candidats parce que ça n’a servi strictement à rien et ceux qui n’ont pas voté du tout n’ont aucune raison de commencer à le faire. Car Philippe Macron continue sa marche vers la droite de Le Pen et l’opposition n’a ni droits ni statuts au parlement. En pratique, il ne resterait que quelques souliers pointus accros aux inégalités et quelques chenus accros aux élections. Bien sûr mon propos est un peu optimiste, mais je note, quand même, que le vote blanc reprend du poil de la bête. Et c’est une bonne nouvelle. Je veux dire on est sur la bonne voie.

    Le vote blanc c’est une manière de voter sans voter. C’est un début de non-vote qui ne demande qu’à mûrir. Cependant, même en supposant qu’il soit pris en compte dans les suffrages exprimés, sa seule vertu serait de faire baisser le pourcentage de voix obtenu par les divers candidats. Ce n’est pas neutre, certes, mais aujourd’hui beaucoup de gens ont déjà pris conscience de l’escroquerie majoritaire. Alors, que les uns et les autres soient élus avec un faux 50 % ou un vrai 15 % ça ne changera pas grand-chose. Parce qu’ils seront quand même élus. Clairement, pour la présidentielle, ça pourrait faire mauvais effet.

    Et puis d’un seul coup je me dis qu’il y en a sûrement qui ont encore l’impression que la classe politique pourrait se mettre à tenir compte des électeurs. Qu’elle pourrait se réformer elle-même, ce qui est un peu contradictoire. Mais au moins qu’elle pourrait demander l’avis des gens. De plus je suis sûr qu’il y en a même qui pensent qu’il pourrait y avoir non seulement des candidats meilleurs que les autres, mais « the candidat », celui qui résoudrait tous les problèmes.

    Halte-là, ça fait combien de temps qu’on nous la joue cette horrible musique du sauveur. Vous n’avez pas déjà assez donné, il vous en faut encore plus ? Je vous l’ai déjà dit et répété, la classe politique n’a besoin des électeurs que pour être élue, ensuite sa seule occupation consiste à gérer les crises que génère l’absence de démocratie. Et ça les amuse. En ce moment, ils s’amusent avec les GJ, ils leur tapent dessus expérimentant de nouvelles stratégies antimanifestation et de nouvelles armes. Ça leur permet de parader, de faire des discours, de rencontrer des gens, de se montrer à la télé et surtout de glisser dans des tas de projets de lois les réformettes qui leur tiennent à cœur, sur la justice, sur le commerce, sur les banques, sur le pétrole. Il n’y a pas de meilleure couverture que les GJ pour abriter leurs affaires. Oui ils s’amusent.

    Et nous, on ronge notre frein car les médias sont obligés de parler de l’isolement du pouvoir, d’une France à deux vitesses, de la roue libre des décisions gouvernementales. Et ces mêmes médias voudraient nous faire croire que les gouvernants pourrait relier le fil avec la population, comme s’il y avait toujours eu une fibre sentimentale entre le pouvoir et le peuple. Alors que les gens ont toujours enduré stoïquement le pouvoir, l’écrasement du pouvoir, ce pouvoir qui leur a fait faire deux guerres mondiales, des tas de guerres de décolonisation, qui écrase l’Afrique, qui pactise avec Israël, qui vend des armes, des centrales, du maïs trafiqué et du CO² comme des chaussettes.

    Mais personne ne parle des élections ni à venir, ni passées. Le système se reconduit lui-même sans la moindre adhésion populaire, tout simplement parce que les gens votent.

    Michel Costadau

  • Ennui

    Ennui

    Depuis les millions d’années de l’homme, un comportement a toujours été présent et s’est répandu de plus en plus : l’ennui. Oui c’est probablement le sentiment le plus ancien et le plus partagé de l’humanité. La question est donc : savez-vous vous ennuyer ? ou plutôt : apprenez à vous ennuyer car c’est ce qui nous attend.

    Ceux qui pensent que c’est là un débat futile font la preuve qu’ils n’ont pas encore très bien compris ce qu’ils faisaient sur terre, car l’ennui non maîtrisé conduit à la déprime, à la dépression. C’est même le syndrome caractéristique des pays dits riches.

    L’ennui ne consiste pas à ne rien faire, non l’ennui c’est le sentiment de ne rien avoir à faire. Comme une espèce d’inutilité. Et c’est justement ce ressenti que chaque personne doit surveiller. Parce que le contraire qui est de toujours trouver quelque chose à faire est une addiction du genre activisme, fuite en avant, négation de son existence, de son soi si vous préférez.

    Pour commencer à répondre à la question, je vais vous présenter l’ennui souverain, je veux dire le plus noble, le mieux fait, le plus abouti. Oh c’est simple il s’agit de s’assoir sur une chaise devant la fenêtre et de regarder dehors. Je veux dire à la campagne, en hiver, quand il pleut vers 3 h de l’après-midi. Bien sûr dehors il ne se passe rien. Enfin apparemment, parce qu’en fait il se passe plein de choses. D’abord, extérieurement, la nature n’est jamais tout à fait déserte ni immobile. Oiseaux, branches qui bougent, écureuil, finissent par se faire voir. Ensuite et surtout intérieurement, dans la tête les idées se mettent en route et une certaine réflexion se déroule sur les sujets les plus inattendus. D’ailleurs le tournis des idées peut même se traduire par des mouvements sur la figure, sourire, hochement, clignement, preuve de ce remue-méninge.

    Cependant, cette forme de maîtrise de l’ennui est assez difficile à pratiquer, car l’on se trouve toujours de bonnes raisons pour faire quelque chose. Et en plus c’est souvent vrai, car réellement le nombre de choses à faire est énorme, mais il convient de ne pas se faire déborder par cette avalanche souvent fallacieuse, voire inventée.

    A titre d’exemple, une autre manière de gérer l’ennui c’est le cinéma, la distraction si vous préférez. Aller au cinéma c’est une manière de conjurer l’ennui et même parfois collectivement, ce qui semble donner un label à cette opération. De même les heures devant la télé participent largement de la conjuration de l’ennui.

    Car l’ennui fait peur. La raison profonde de la phobie de l’ennui, c’est-à-dire de l’activisme actuel c’est la peur de se retrouver seul avec soi-même, devant soi, tout seul. Certes se retrouver devant une assiette vide alors que ses enfants ont faim n’incite pas à se donner une bonne image de soi, mais impose plutôt de trouver des solutions. C’est pour dire que l’ennui est une affaire de nantis aux estomacs pleins, ce qui est pas mal le cas dans notre pays.

    Nous, c’est plutôt le vide de nos existences que nous trouvons dans notre assiette. Certains se tournent alors vers le verre. En le remplissant il nous semble avoir un peu moins peur. Et c’est vrai. En fait l’ennui est bien un des acteurs majeurs de nos existences et il faut savoir le gérer. Si vous êtes dans la mouise essayez, bien sûr, de vous en sortir mais si vous n’y êtes pas, n’ayez pas peur de ne rien faire : c’est excellent pour l’esprit et vous ferez moins de dégâts.

    Michel Costadau

  • Les Gueux

    Les Gueux

    Billet un peu décousu comme ce début d’année.

    Les positions sont claires, c’est gouvernement contre Gueux Joyeux. Les gueux sont maintenant inscrits et même ancrés dans le paysage peut-être pour longtemps. Ils ont été un révélateur inattendu des dysfonctionnements de nos médias : blocage d’info sur les motivations et la composition sociale du mouvement, mise en avant des dommages pour les commerçants et de l’effet sur le PIB au lieu de la prise en compte du mécontentement, mise en scène des casseurs et grande ignorance du soutien massif de la population.

    Les gueux ce n’est pas un mouvement, c’est une révolte. Ils parlent de revendications mais ce qui les intéresse vraiment c’est le pouvoir. Pas prendre le pouvoir, mais le faire tomber.

    Alors ils commencent à avoir un discours. Et en fait de discours, je suis frappé par son formatage :

    -rage au ventre, fierté partagée, respecter notre diversité, pas se diviser par rapport à l’adversité,

    -système écrasant, système actuel, système huilé, riches, grandes sociétés,

    -notre parole, écouter notre parole, ne pas détruire le lien entre les gens,

    -revendications populaires, égalitaires, sociales, écologiques.

    Je me demande si ça ne ressemble pas à du Fidel Castro. C’est un discours antipolitique, antipoliticiens, antipartis, empathique et consensuel.

    C’est un discours complètement antisystème.

    C’est même tellement ciselé, sans rien qui dépasse, que je me pose des questions. Oh pas sur l’existence d’un complot s’il vous plaît, qu’il soit politique ou religieux, non plutôt sur la survenance enfin d’un état d’esprit antisystème. C’est bien sûr ce à quoi je m’emploie depuis longtemps, mais je reste confidentiel et je n’y suis pratiquement pour rien.

    Or vous savez comme moi qu’en France il n’y a pas de parti ou d’organisation politique antisystème. Nous avons même depuis un an un parti entièrement fabriqué par le système. Des mouvements antisystème y en a dans presque tous les pays européens, mais pas chez nous. Nous n’avons que des partis politiques classiques basés sur des idéologies et c’est pour ça qu’on parle de droite et de gauche, le centre n’étant qu’une vaste poubelle. Bref, d’où vient le souffle qui anime cette soudaine effervescence qui occupe la rue.

    En fait je ne crois pas à une espèce de science infuse du peuple qui trouverait les mots appropriés partout et en même temps. Donc je me pose des questions.

    Dans l’esprit de tout le monde, ce sont les GJ qui mènent la danse. Oui ils ont déjà beaucoup obtenu, oui ils ne sont pas récupérés par les politiques, oui c’est une révolte populaire soutenue par l’opinion. Et d’ailleurs tout le monde se demande : vont-ils continuer ?

    Bon d’accord mais ont-ils vraiment la main, c’est-à-dire, est ce que le rapport de force avec le gouvernement est en leur faveur ?

    Réponse : euh non, ni la main, ni la force.

    Ah bon, mais quelle est la situation alors ? Ben la situation est que le gouvernement n’a strictement rien changé de sa politique de financiarisation de la société. Quelques taxes reportées, des primes et de maigres augmentations pour maintenir le PIB. Rien sur la fortune, rien sur les services publics, rien sur l’environnement, la totale allégeance aux force de l’ordre. La routine quoi.

    Pour moi, la seule question est : est-ce que cette révolte va pouvoir engendrer une organisation antisystème qui s’installe dans le paysage politique ? Je n’y crois pas, mais on peut se tromper.

    Michel Costadau

  • Etat de l’homme

    Etat de l’homme

    Quelle est la situation du monde ? Globalement je veux dire, pas pour savoir si May restera en poste ou quand Macron s’en ira. Non, seulement pour regarder l’état de la civilisation humaine. L’état de l’homme sur terre si vous voulez. Pour cela, autant que possible, on va raisonner par continents. Et voir, aussi, quel est l’apport de chaque continent à la construction de l’humanité. Je vois 6 continents à l’intérieur desquels la problématique est un peu la même et trois zones à part au devenir incertain.

    Pour commencer il y a l’Europe qui, pour moi, va de Brest à Moscou. L’Europe est comme un gros bouddha assis sur sa richesse et son passé, mais le bouddha est triste et morose car il voit bien qu’il n’a plus aucune force et se meurt d’ennui. L’Europe a cherché à pousser le plus loin possible la notion de démocratie basée sur le seul individu. L’Europe est le champion du monde de l’individualité et de la prise en compte du respect des autres. C’est louable mais c’est un échec, ça ne marche pas. Il y a incompatibilité entre la sphère individuelle et les institutions de la démocratie. La présence de structures intermédiaires fortes comme la famille, la tribu ou la maffia entre l’individu et la délégation de pouvoir, s’avère incontournable. L’Europe est donc devenue un faible contributeur.

    Après il y a l’Asie qui va de Moscou à Vladivostok. L’Asie c’est la civilisation de l’espace libre, du cheval, des troupeaux, des montagnes et des déserts et du coup de la liberté. Oh pas la liberté des passe-droit comme en occident, non la liberté des sens et de l’esprit. Sa contribution est immense dans la constitution intellectuelle des êtres humains. C’est aussi le contrepoids de la ville. Bien sûr l’Asie est pauvre et ignorée, mais elle continue à compter.

    Ensuite il y a l’Inde et Chine qui comprend tout le sud de l’Asie sauf l’Australie. L’Inde et Chine c’est le modèle de la longue civilisation ancrée dans la terre, dans les paysans, dans les récoltes, les pêcheurs et le dur travail. Sa contribution est l’intégration dans la philosophie de ce contact avec la terre. C’est la révélation de plusieurs strates dans la composition de l’homme, comme si chaque personne était composée de plusieurs individus. Cette vision est reconnue mais du bout des lèvres, et pourtant elle contribue de plus en plus. Cependant l’Inde et Chine sont  encore très pauvres, mais ça pourrait changer.

    Aussi il y a l’Amérique qui comprend USA, Canada et Japon. L’Amérique a inventé le monde de la violence, de la conquête sans foi ni loi. L’Amérique est très riche. C’est l’exaspération de l’individualisme avec aucun respect pour les autres, voire même basé sur l’écrasement des autres. C’est donc le modèle de la fuite en avant, de la violence gratuite et du mépris. Ce modèle, qui est celui qui nous est imposé actuellement est catastrophique. Il est condamné mais va faire encore beaucoup de dégâts.

    Encore il y a la Sud Amérique qui comprend toute l’Amérique du centre au sud. C’est  la quintessence du métissage. C’est l’enrichissement maximum des croisements mondiaux de populations. C’est, aussi, le monde de la magie, du surnaturel et par conséquent de la religion. C’est hélas une zone de non-éducation pour maintenir la population dans l’ignorance et l’asservissement, afin qu’elle reste pauvre. Cependant par sa résistance lente c’est peut être le ferment d’une contribution future majeure dépassant les croyances. C’est le continent du mélange et de la résistance.

    Enfin il y a  l’Afrique. L’Afrique est la première à avoir fait exploser la contradiction entre individu et société. Le concept de liberté a disparu au profit de celui de relation, de réseau relationnel. L’organisation de la société devient alors moins centralisée, plus faible. La jouissance est plus présente et donc le goût de vivre. C’est extrêmement porteur d’avenir. L’Afrique n’est pas riche mais ce n’est pas une notion pertinente pour elle.

    Comme zones incertaines il y a le Pôle Nord qui a beaucoup d’habitants mais au devenir très délicat, le Pôle Sud presque complètement désert et qui devrait, si possible, le rester, et l’Australie, qui a le même syndrome que l’Europe mais qui risque aussi de retourner à la sauvagerie.

    Voilà, voilà rien de bien folichon là-dedans. Partout la violence, le pillage, l’asservissement. Peut- être l’année prochaine ce sera mieux… ou pas.

    Michel Costadau

  • La France injuste

    La France injuste

    La prise de conscience, c’est comme une cristallisation. Tous les éléments sont là en ordre dispersé et d’un seul coup ça prend. Et tout le monde dit « bon dieu mais c’est bien sûr ». On appelle ça abusivement un changement, mais, en fait, les changements c’est ce qui a eu lieu avant et dont personne ne se rendait vraiment compte.

    Parce que tous les changements ne se font pas à la même vitesse et certains sont si lents qu’on a du mal à les percevoir. De manière évidente, c’est le cas pour le climat où l’on parle surtout de moyenne car la variation journalière est microscopique, à supposer qu’il y en ait une. Bien sûr certains changements sont plus faciles à observer, comme le prix du fuel ou une nouvelle naissance.

    Et hélas les changements les plus doux sont les plus pernicieux.

    Alors c’est comme ça, lentement, tout doucement, que la France est devenue injuste. Injuste et inégalitaire. Le mécanisme de base est le suivant : les gouvernants prennent une mesure apparemment destinée à  tout le monde, mais qui s’avère petit à petit ne profiter qu’à une partie de la population et c’est un peu trop souvent la même. Voyons ça.

    Le tgv est une belle invention pour se déplacer vite sans polluer directement. Et c’est rentable. Le problème c’est que leurs rames occupent maintenant beaucoup de quais dans les gares de départ, au détriment des trains dits de banlieue qui, du coup, sont moins nombreux, moins fiables. Et c’est donc de plus en plus la galère… sauf pour ceux qui ne prennent que les rapides. C’est tgv contre banlieue.

    Dans le même registre il y a, aussi, la suppression de certains arrêts ou même de la ligne. Pas rentable. Mais là l’injustice s’accélère. Pas de train veut dire voiture, frais, embouteillage. Je ne vous parle pas du bus de remplacement du train qui arrive plein et ne peut prendre personne. Et là dessus arrive la taxe gas-oil qui tombe sur ceux qui n’ont pas le choix. Parce que, même si c’est payant, les métros, RER, tram des villes ne connaissent pas la taxe gas-oil. Et cerise sur le gâteau, ces décisions sont prises par des fonctionnaires qui habitent en ville et vont à pied au … je n’ose pas dire boulot, disons au ministère.

    De même, le baccalauréat pour tous paraît une bonne nouvelle. Seulement le manque de moyens humains et matériels, décidé sciemment par les politiques, a obligé l’État a baisser énormément le niveau de façon à permettre à toute la tranche d’âge d’obtenir le fameux sésame. Est alors réapparu, à supposer qu’il ait jamais disparu, le poids des classes sociales. A tel point qu’aujourd’hui la majorité de la tranche d’âge sort sans la moindre qualification. Et les classes aisées raflent toutes les formations et tout le travail.

    Et beaucoup plus grave encore, il y a une prise de conscience qui n’a pas encore eu lieu mais qui s’annonce, c’est la notion de député. Il y a longtemps, les députés étaient élus pour leur convictions, leur courage, leur pugnacité. Ils étaient connus des électeurs pour leur combativité et la force de leurs idées. Cela a bien changé, car voila qu’au dernières législatives beaucoup d’électeurs ont voté pour des gens qu’ils ne connaissaient même pas. On est donc passé des députés porteurs d’idées aux députés larbins de gourous. Et ces valets ont des privilèges qui choquent ceux qu’ils sont censés représenter. Or les députés sont la seule pratique qui nous relie encore un peu aux lambeaux de la démocratie.

    Clairement, la prise de conscience actuelle c’est que la France est de plus en plus injuste. En général ça demande une révolution.

    Michel Costadau

  • Décroissance

    Décroissance

    Au milieu de tous les slogans, y a un truc qui me trotte dans la tête, c’est cette idée de décroissance. Ca fait un peu ralentissement, rapetissement. Je ne vois pas du tout ce que c’est, à part une invention de plus des technocrates. Par contre ce que je sais c’est que l’augmentation du PIB correspond à une augmentation de la pollution et à un appauvrissement de la population. Alors si la décroissance c’est seulement la baisse du PIB, ceux-là, comme toujours, n’ont rien compris.

    La hausse ou la baisse du PIB est uniquement le résultat d’une politique et non pas une action en soi.

    Je suppose que la feuille de route de Hulot c’était de lancer des actions vertueuses de façon à augmenter le PIB. Ce qu’ils appellent la transition énergétique n’est, en fait, qu’une manière, prétendument astucieuse, d’augmenter le PIB. On connaît le résultat. Parce que croire que l’on peut augmenter le PIB, ce que les technocrates appellent la croissance, tout en baissant la pollution climatique et la casse sociale relève de la plus grande et malhonnête tromperie. Tout au moins dans nos modèles actuels.

    En gros, il faut trouver des actions à mener et vérifier si elles font ou pas baisser le PIB. Ca n’a aucun rapport avec la décroissance. Vous voulez des exemples. On y va.

    Pourquoi faut-il qu’il y ait toute l’année de tous les fruits et légumes dans tous les étalages. Ca représente des milliers de kilomètres parcourus par des milliers de camions, de bateaux, d’avions… pour rien. Ceux  qui vous disent que c’est la loi du marché sont des menteurs et des pollueurs. Je pense qu’entre manger seulement des patates toute l’année et la gabegie actuelle, il y a des progrès à faire.

    Il y a sûrement aussi quelque chose à creuser quant à  la durée de vie des produits. Il est clair que les produits actuels, même chers, sont faits pour être jetés rapidement, non à cause de l’usure mais pour en acheter d’autres. Aucun effort n’est fait pour qu’ils soient réparables, les produits actuels sont uniquement jetables. Alors, augmenter, par exemple, la durée d’utilisation des véhicules ou la durée d’utilisation de l’électronique, en particulier les téléphones, c’est d’une part faire des économies et d’autre part limiter et la pollution et les déchets. Je l’ai déjà dit, pour les autos en particulier, les nouveautés de 2020, 2021, 2022 sont déjà programmées. On pourrait peut-être essayer de faire des groupements en lots pour ne pas avoir des voitures jetables tous les deux ans uniquement pour le PIB.

    D’une manière plus générale, la consommation, sur laquelle est basée notre modèle économique, est surtout quantitative. C’est le nombre qui fait le chiffre. Et on a même cette notion de prix bas censé entrainer l’acte d’achat au détriment du vrai besoin. Payer prétendument moins cher, proportionnellement, un lot de 20, qu’un lot de 5 n’a aucune justification, c’est juste une manipulation.

    Il me semble que l’on pourrait essayer une consommation plus qualitative. A chiffre égal, une augmentation de la qualité doit permettre de satisfaire le besoin, diminuer les maladies et les déchets.

    Il y a fort à parier que les technocrates ont lancé l’idée de décroissance pour en faire un épouvantail dissuasif pour ceux qui voudraient changer le système. La peur de manquer est inhérente à l’homme, et il déploie son savoir-faire pour s’assurer un peu d’avenir. Or c’est justement cet avenir que les forcenés du PIB handicapent et condamnent.

    Et donc la décroissance c’est du baratin, comme le reste.

    Michel Costadau