Auteur/autrice : Michel Costadau

  • Renault

    Renault

    Aujourd’hui on regarde le ratage de l’affaire Renault. Oui, l’affaire Renault. Les politiques ont montré, une fois de plus, qu’ils étaient lamentables. Ça a commencé par la confusion entre Ghosn et Renault. Le gouvernement s’est focalisé sur Ghosn alors que c’est Renault qui était attaqué.

    Que s’est-il passé ?

    Voila que d’un coup, sans prévenir, Nissan lance une offensive contre Ghosn, le mettant dans l’incapacité de diriger ses 2 entreprises et l’Alliance. Le but de Nissan, en lançant ces accusations, était et est toujours de modifier le rapport de force entre Nissan et Renault. Seulement l’Etat français avait un compte à régler avec Ghosn. Souvenez-vous l’histoire des droit de vote double et l’achat en catastrophe par l’Etat d’actions Renault pour plus de 50M€. Ghosn voulait diminuer le pouvoir de l’Etat au conseil d’administration, ce qui aurait été un bonne chose, mais ça n’a pas marché.

    Du coup, quand Nissan a fait emprisonner Ghosn, nos politiques sont tombés dans le piège et ont chargé Carlos au lieu de le défendre, c’est-à-dire défendre Renault.

    Bien sûr en termes de com c’était du pain béni populiste de vilipender ce patron emblématique. Et les médias ont évidemment emboîté le pas. Mais hélas c’est vraiment n’importe quoi de faire croire qu’il y a des dirigeants honnêtes, altruistes et généreux qui touchent 3 smic. Non, non et non, ces gens-là ne font ça que pour l’argent et d’ailleurs ils rapportent gros aux actionnaires. Ghosn apporte chaque année 1Mrd€ à Paris. Il n’y a donc pas d’affaire Ghosn mais bien une affaire Renault. Et l’affaire Renault est sérieuse.

    Continuons l’explication. A cause de l’emprisonnement de Ghosn, les politiques ont été chercher un vieux dirigeant sur la fin pour être sûr de son obéissance. Et ce dirigeant, conseillé par les politiques je suppose, a plutôt joué la carte Nissan, alors que c’est l’ennemi, l’ennemi associé et partenaire certes, mais c’est souvent comme ça dans le business. On appelle ça une opération de rééquilibrage. Il est clair que Nissan préfèrerait ne pas avoir d’administrateurs Renault à son conseil. C’est comme si l’Etat français avait un droit de regard sur une société japonaise. Du coup l’initiative de Nissan a mis Renault dans une position affaiblie, ce qui était le but recherché.

    C’est à ce moment-là que les Agnelli ont proposé une fusion de Renault avec FCA qui aurait modifié, plutôt dans le bon sens pour Renault, le rapport de force entre Renault et Nissan. Le management de Renault, qui, en fait n’a pas son mot à dire, était d’ailleurs assez pour cette opération, qui aurait permis d’affronter les énormes besoins d’investissement de l’automobile dans les 5 ans qui viennent.

    Seulement nos ridicules politiques n’ont vu qu’une seule chose : la disparition de leur rôle d’actionnaire de référence au profit des Italiens. Ils ont donc louvoyé, ni oui ni non. La suite vous la connaissez, FCA a retiré son offre. Renault ne sait plus trop ou aller et Nissan est du coup en bonne position pour négocier le rééquilibrage ou la séparation, ce qui serait catastrophique pour Renault.

    Maintenant quelques  remarques :

    – l’Etat actionnaire ça n’a aucun sens, soit une entreprise est publique, soit elle est privée. Pareil pour les services. Alors regardez bien EDF ça va partir en live,

    – on ne peut pas mettre un bandit à la tête d’une entreprise et ensuite lui reprocher d’être un bandit. Ça ne tient pas debout, et bien sûr au lieu de défendre l’entreprise on accuse le bandit,

    – pour l’entreprise Renault, je ne suis pas un spécialiste, mais je la verrais bien rentrer dans le giron de WW. Ghosn a fait un coup magique avec Nissan et avec lui l’Alliance marchait et les Japonais l’ont apprécié. Mais les Japonais ont plutôt des associations entre eux et les Européens aussi. C’est culturel. Y a que l’Etat qui n’est pas à sa place dans ce puzzle.

    Michel Costadau

  • Langage

    Langage

    Vous le savez sûrement, le double langage est la règle de base de la classe politique. Par double langage j’entends dire quelque chose et faire le contraire. Soyons plus précis. En fait il y a deux niveaux de fonctionnement. D’une part le niveau médiatique et d’autre part le niveau opérationnel. Le niveau médiatique concerne l’essence, la source même du pouvoir gouvernemental. On peut dire que maintenant le pouvoir est entièrement médiatique puisque ni les diverses assemblées, ni les anciennes oppositions : syndicats, partis minoritaires, corporations, associations ne sont prises en compte.

    Seuls règnent les médias et les sondages. Les médias définissent le politiquement correct. Le pouvoir tient les médias, le pouvoir est les médias.

    Du coup vous comprenez pourquoi les GAFAM, les fake news et les hackers sont sur la sellette. Ils détiennent une partie non politique des médias.

    Alors au niveau médiatique ce qui compte c’est : -d’une part occuper l’espace par une suite ininterrompue d’annonces, de discours, de voyages, de rencontres, de conférences, d’évènements, de déclarations. C’est là que les médias sont indispensables en buvant, en copiant voire en suscitant cette agitation et -d’autre part aller toujours dans le sens du poil, ce qui consiste à dire seulement ce que les gens veulent entendre. Or, comme on vient de le dire, les gens sont sous la seule influence des médias et le discours devient un superbe exercice d’hypocrisie : lutter contre la précarité, l’immigration, le terrorisme, la drogue. Ou encore promouvoir l’emploi, la recherche, le sport, la place de la France et aussi réformer l’Etat, fluidifier les démarches, donner à chacun sa chance. Sans oublier protéger la population, limiter les excès du capitalisme, construire une Europe forte etc, etc. Vous noterez que tout cela ne recouvre aucun objectif précis et, surtout, que rien là dedans ne concerne ni ne gêne les riches et les puissants.

    Par contre il y a un autre niveau : celui de la conduite de l’Etat et de ses agents. Ce volet opérationnel se livre à une activité tout entière tournée vers le PIB et la sacro-sainte croissance mais en aucune manière à la satisfaction des engagements, des promesses, des discours diffusés plus haut. Or la croissance du PIB, par sa fuite en avant, est le rempart des puissants et de l’argent. C’est leur élixir. C’est à ce niveau-là que sont données et exécutées les mesures pour toujours arroser copieusement les copains, on dit aussi capitaines d’industrie, pour rédiger les circulaires de disparition de services et des fonctionnaires correspondants. Comprenez bien que ce n’est pas l’assemblée élue qui gouverne, c’est la brochette de sherpas du système qui forme le gouvernement. Et là tous les coups sont permis : signature d’accords commerciaux opaques et anti-français, réduction du nombre d’agents sans modifier les missions ce qui se traduit par une effritement de la qualité du service, et peu à peu par la disparition du service lui-même, à l’école, à la justice, à la santé. Je ne veux pas tomber dans le passéisme mais souvenez-vous qu’avant il y avait un dispensaire dans chaque quartier qui permettait à toutes les familles de consulter en cas de soucis ou tout simplement régulièrement. Cette notion d’hôpital de proximité a été balayée par les besoins des usines privées qui débitent de la prestation médicale de qualité souvent très moyenne.

    C’est ça le double langage : promesses creuses d’un coté et PIB de l’autre.

    Salut les gars. Courage.

    Michel Costadau

  • Les vaches

    Les vaches

    Je suis céréalier mais je vois aussi des vaches. Des bêtes de 800 kg au poil ras, café au lait. Et à ma grande surprise elles se mettent à faire des sauts sur place des quatre pattes, une fois en l’air jolie ruade et petit pliage des jambes avant. On croirait une figure de Saumur tellement c’est bien fait. En plus elles tortillent un peu en l’air, ce qui ne doit pas être dans le canon mais manifeste une belle exubérance. Tout simplement elles sont contentes de retrouver un nouveau paillage et un peu d’espace pour s’ébattre.

    Ma surprise vient de ce que 10 secondes avant je les considérais comme des bovins, c’est-à-dire des bêtes lentes, lourdes, ruminantes, seulement destinées à devenir du pot-au-feu ou au mieux du rôti.

    Cet assaut d’expression libre et de danse m’a donc interrogé et m’amène à me poser des questions sur le déclic de ma réaction.

    Le premier truc que j’ai senti c’est la jeunesse. Comment des vaches proches de l’abattoir pouvaient-elles avoir ces sautillements primesautiers sans être jeunes c’est-à-dire inconscientes du monde qui les entoure. J’avais oublié que les vaches ça commence aussi par être jeune. Mais qu’est-ce que font les vaches de leur jeunesse, à vrai dire je n’en sais rien. Il y a le veau et puis après la vache. En fait si, ça me revient : entre les eux il y a la génisse. Seulement je n’ai pas un très bon souvenir du foie de génisse qui, comme chacun sait, est le foie des vaches de réforme. D’ailleurs une grande partie de la viande dite bovine vient de vaches de réforme. Bien sûr il y a des exceptions, c’est fait pour ça.

    Le second truc c’est la force, parce que propulser presque une tonne à 1m de haut demande une belle énergie, en plus avec une certaine légèreté et agilité comme si c’était facile. Alors il y a le pis mais aussi le muscle. Des muscles partout qui se tendent et se relâchent à volonté, et la volonté de sauter y est presque comme un challenge. Je suis sûr qu’elles cherchent à aller le plus haut possible pour la compet, pour le prestige mais aussi pour le fun. Parce que c’est clair ça leur fait plaisir de sauter, de bondir, de gesticuler. Et elles sont même pas essoufflées.

    Ensuite j’ai ressenti un aspect collectif, non pas qu’elles jouent une composition mais elles sont ensemble et se regardent gambader avec une espèce d’émulation. Elles ne sautent pas en même temps mais plutôt à tour de rôle, ce qui ne les empêche pas en passant de donner un bon coup de tête à la voisine, gentiment. Presque elles paraissent contentes de ne pas être seules. Il y a certainement des affinités plus précise entre elles mais c’est assez difficile à observer. Un saut, un coup de tête, une petite accélération c’est ça le ballet qu’elles jouent.

    Alors je me suis redemandé à quoi servent les vaches. La réponse vient de l’agronomie : on a pas encore trouvé de meilleur moyen pour entretenir les prairies. Voilà les vaches c’est pas de la viande sur pieds, c’est l’aboutissement de la boucle du végétal.

    Rigolez pas ça aurait pu être nous.

    Michel Costadau

  • Girouettes

    Girouettes

    Voila encore un truc à dégonfler proprement : c’est la capacité des élus à appliquer un programme politique. Il n’y a que deux solutions.

    Soit les élus ont des convictions, des idées fortes auxquelles ils adhèrent et qu’ils défendent. Ces idées sont portées par un parti, leur parti, et c’est pour cela qu’ils sont élus.

    Soit il y a des étiquettes, des écuries, des casaques et les candidats choisissent celle qui leur donne le plus de chance d’être élu. Auquel cas ils changent de casquettes, c’est-à-dire de partis, au gré des circonstances et non seulement ils n’ont aucune conviction mais en plus ils se fichent éperdument de leurs engagements. Et c’est exactement ce que nous observons et même depuis longtemps. Si nous restons sur la période en cours, tout le monde a compris que LRM avait débauché la moitié des élus du PS et un tiers des élus de LR pour faire une soi-disant nouvelle majorité. Et tout le monde peut voir que LRM veut recommencer pour les municipales. Certes les municipales n’ont strictement aucune importance, en fait toutes les équipes municipales font exactement les mêmes choses, mais ça ne fait que renforcer ma démonstration.

    Or donc il est bon de rappeler que ce qui compte en politique ce sont les programmes et non les hommes. Je veux dire que les hommes ne sont que les porteurs plus ou moins brillants et efficaces du contenu du programme de leur mouvement ou de leur parti. Par principe les programmes ont été élaborés collectivement et représentent les aspirations grandes ou petites d’une partie de la population. C’est pour ça qu’il y a des partis, c’est pour ça qu’il y a des programmes.

    Hélas en pratique les programmes, aujourd’hui, ne sont plus qu’un assemblage de mesures, sans grande cohérence, censées attirer quelques électeurs. Néanmoins avec un programme on peut faire une politique. Ça reste vrai.

    Du coup, toujours en théorie, les élus devraient être les soldats d’un programme et devraient déployer leur énergie à le mettre en œuvre. Non ne riez pas, moi aussi je sais, bien évidemment, que nous sommes loin de cette vision idyllique. Parce que ça fait longtemps que élus se moquent des programmes comme de leurs premières chaussettes et que la politique n’est qu’une affaire de com et de pub.

    Pourtant les dérives de personnalisation sont, au moins depuis Napoléon Bonaparte, jugées définitivement néfastes et la primauté du programme s’est imposée comme le plus solide rempart de la démocratie. Chaque fois que des citoyens se sont réunis pour réfléchir à l’avenir de notre pays ils ont élaborés des programmes. Le XXe siècle a connu la réussite de beaucoup de ces phases constructives. Mais cette règle de base ne plaît pas aux puissants qui redoutent par-dessus tout d’avoir des comptes à rendre à qui que ce soit. Alors ils ont remis en selle le pouvoir personnel, le culte du guide qui loin des attentes citoyennes est constamment sous le feu des projecteurs, afin que tout le monde croie qu’il est la source et l’embouchure du fleuve qui irrigue le pays.

    On a déjà donné, on a déjà payé, alors s’il vous plaît dites-nous ce que vous voulez faire et faites-le ; et ne dites plus seulement qui vous aller mettre.

    Après peut-être on votera pour vous.

    Michel Costadau

  • Revenus

    Revenus

    Quelquefois les choses simples demandent beaucoup d’explications. Il en est ainsi pour les différences de salaires et d’une manière générales de revenus. Tout le monde pense que ce n’est qu’une question de chiffres. Celui qui gagne 2 000 gagne deux fois plus que celui qui gagne 1 000. Ça paraît simple mais ça ne l’est pas du tout. Disons clairement, pour mettre de l’ambiance, que celui qui gagne 10 000 est, tout simplement, au-dessus des lois.

    On explique.

    D’abord il y a des seuils. Le premier est à 1500. C’est la première marche pour ne pas être dans la misère et ce sont les aides compensatoires qui permettent de vivre. Le seuil suivant est à 3000. En dessous ce n’est pas facile et il y a encore des aides, mais ça permet de mener une vie moyenne. Le seuil suivant est à 5000. Là on entre dans la possibilité d’aller dans les magasins pour dépenser. Entre 5000 et 10000 il y a une zone où l’on commence à ne pas trop savoir quoi faire de l’argent.

    Voilà pour les seuils, mais il y a aussi, et c’est le plus important, le coût relatif.

    Le principe en est simple : le prix d’un produit n’est pas lié aux revenus de l’acheteur. Ce qui revient à dire que plus on gagne et moins les choses paraissent chères et la vie parait plus tranquille. Pour les petites sommes, comme un tube de sauce tomate, ça paraît non significatif, mais pour les plus gros achats ça devient hallucinant. C’est un question de pourcentage. Un vélo à 300 c’est 10 % pour celui qui gagne 3000 et 1 % pour celui qui gagne 30 000. Il s’agit bien sûr du même vélo mais 1 % c’est comme une virgule, c’est inexistant. On peut se tromper, ça n’aucune importance. On peut même recommencer presque autant de fois que l’on veut. Par contre 10 % c’est beaucoup dans le sens où ça entre en conflit avec d’autres besoins qu’il faut aussi satisfaire. Et bien sûr il est impossible de recommencer.

    Pour dire les choses encore plus crûment : la vie courante, nourriture, logement, loisirs et éducation sont une promenade pour les gros salaires et un combat permanent pour les petits revenus. Et je ne vous parle pas des loyers ou de l’acquisition de résidences. Là ça devient ségrégationniste. Avec 2 000 il paraît difficile d’avoir un loyer de 3 000. Et en plus vous ne seriez pas bien accueilli avec votre Dacia. Je blague.

    Alors quand je dis qu’à partir de 10 000 on est au-dessus des lois, c’est très simple. Un PV à 45 ou même à 100 ça ne compte pas. Le retrait de permis est en général celui du chauffeur et même si c’est votre permis, au pire il faut louer un chauffeur pendant quelques mois. Ce qui est important à comprendre c’est qu’à partir d’un certain niveau de revenus on a l’esprit libre, on a le droit de faire des bêtises, de se moquer des pauvres clampins qui essayent de garder la tête hors de l’eau, et même de leur marcher dessus.

    Voilà maintenant c’est plus simple, ce n’est pas qu’une question de chiffre. Et donc 3 000 ce n’est pas trois fois mille c’est six fois, et 10 000 ce n’est pas dix fois mille, c’est l’infini.

    Michel Costadau

  • Il était une fois l’autoroute

    Il était une fois l’autoroute

    Y a pas à dire c’était un beau projet, beaucoup trop onéreux certes, mais qui permettait de donner une nouvelle notoriété à Castres et, en secret, de prendre une petite revanche par rapport à Albi. C’est vrai qu’Albi était, déjà, reliée à Toulouse par une autoroute quasiment gratuite et en tous cas gratuite dans le Tarn. Certes cette autoroute n’était, en fait, que l’aménagement de la nationale mais on disait l’autoroute. Alors évidemment pour aller de Castres à Albi par autoroute il aurait fallu faire 120 km  au lieu des 40 km qui séparent les 2 villes mais quand on aime on ne compte pas

    C’était, donc, un beau un grand projet et il y en a sûrement encore certains qui se disent que finalement ça n’aurait peut-être pas été aussi catastrophique que ça, et que peut-être Castres ne serait pas, automatiquement, devenu une des cités dortoir du grand Toulouse, ou une zone industrielle de la grande banlieue toulousaine.

    Bien sûr tout le monde savait que pour des raisons économiques, ce projet n’était pas réalisable. D’ailleurs mettre un concessionnaire au début ça paraissait, même, une bonne idée. C’était une manière de dire que ça devait être rentable, puisqu’une société privée s’en occupait et le privé, comme chacun sait, c’est rentable par principe car il faut bien nourrir les actionnaires, sinon ils vont mettre leur argent ailleurs. Seulement après il a bien fallu parler de la subvention d’équilibre et de la caution solidaire des pouvoirs publics pour garantir au privé que ça serait rentable. C’est là que tout le monde a vu ce que ça coûterait aux collectivités et à l’Etat et ce pendant euh…. pendant longtemps. A vrai dire il y avait un cas favorable pour les calculs, c’était celui d’un accroissement inespéré, énorme, rapide et continu du trafic, pour atteindre des fréquentations comparables à celles du périphérique de Toulouse et à ses embouteillages. Au XXe siècle ç’aurait été, encore, possible mais au XXIe ça relevait du même obscurantisme que ceux qui au Moyen Age croyaient encore à la pierre philosophale, alors bien sûr personne n’a été dupe. C’est-à-dire que d’une part le trafic prévisible était assez faible et que d’autre part la progression du trafic n’était pas quelque chose de très crédible avec tous ces Grenelle de l’environnement  et ce grandissant souci de durabilité dont parlaient les technocrates, et finalement ça faisait une addition tellement salée que même les plus optimistes faisaient semblant de se tromper sur les chiffres.

    En plus, sur le plan économique il y avait deux autres aspects assez embêtants, c’était d’une part que le Tarn devrait financer une autoroute à moitié en Haute-Garonne et d’autre part l’expérience cruelle du désistement de l’Etat dans l’aménagement de l’ancienne mine dite  La Découverte.

    Pour la Haute-Garonne le problème était simple : ils étaient contre le projet et donc s’interdisaient d’y mettre le moindre denier. L’hypocrisie était que dans l’esprit de tout le monde, Toulouse était le principal bénéficiaire du projet mais espérait que les Tarnais seraient assez « braves » pour le payer en entier.  Il était même question de racheter des routes à la Haute-Garonne pour pouvoir assurer la continuité du projet. Ce qui faisait que non seulement ça ne coûtait rien à la Haute-Garonne, mais en plus ça lui rapportait. Un comble.

    Pour la Découverte, l’expérience était cuisante et surtout onéreuse parce que sous couvert de décentralisation et d’autonomie locale l’Etat avait bel et bien abandonné ce projet avant d’avoir donné tout ce qu’il avait promis, et comme ce n’était pas des privés qui avaient le projet mais des collectivités publiques, tintin pour se faire payer, alors ça coûtait et je crois bien que ça coûte encore. Cet état de fait avait sérieusement émoussé la confiance des dites collectivités dans les projets réputés rentables à une certaine échéance, échéance qui correspondait au désengagement de l’Etat. Peut-être aurait-il fallu mettre une clause de rendez-vous pour vérifier que la rentabilité était effectivement arrivée, mais ce n’est pas ce genre de clause qui arrête l’Etat quand il ne veut plus payer.

    C’était aussi un projet qui était réputé donner du travail aux Castrais. A vrai dire on ne savait pas trop de quelle manière et du travail il y en avait déjà à Castres avec l’agro-alimentaire, les carrières et évidemment les laboratoires Fabre.

    La première idée était que, par exemple, les laboratoires Fabre construisent des unités à Toulouse, et que les Castrais pourraient utiliser l’autoroute pour aller travailler à Toulouse. Super oui mais si les investisseurs avait l’idée de construire à Castres où à Soual, alors il n’était plus nécessaire d’aller à Toulouse pour travailler et tout le monde y gagnait et surtout les Castrais.

    Alors il y avait eu une deuxième idée, c’est que non seulement les laboratoires Fabre mais aussi d’autres entreprises construisent des usine ou des bureaux à Castres et donc que les Castrais aient vraiment du travail et en plus à côté de chez eux. Seulement les Castrais ne sont pas fous et ils ont vite vu qu’avec une autoroute ce ne serait pas eux qui auraient du travail en plus mais les Toulousains et toute la banlieue est de Toulouse. Donc OK pour les bureaux mais sans l’autoroute.

    Il y avait quand même une troisième idée, c’était le site d’enfouissement des déchets toxiques. C’était un besoin énorme de la métropole toulousaine et l’autoroute aurait permis de sécuriser ces transports dangereux avec bien sûr une prime pour le concessionnaire. C’est vrai qu’à un moment Castres avait pu être considéré comme un cul-de-sac dans le sens ou, en venant de Toulouse, après Castres il y avait Mazamet et après Mazamet plus rien ou plutôt si, après Mazamet il y avait la montagne et ce n’était pas synonyme de civilisation donc c’était bon pour les déchets. Alors là les Castrais ont bien réagi, ils ont dit qu’ils étaient peut-être un cul-de-sac mais que ce n’était pas une raison pour que les autres les considèrent comme des demeurés et viennent faire leurs besoins chez eux, et donc cette idée n’était pas bonne mais alors pas du tout bonne.

    Là où le projet  mettait tout le monde mal à l’aise c’était par rapport à l’agriculture. L’agriculture c’était la vocation de tous les territoires traversés, car entre Castres et Toulouse il y avait le Lauragais, le nord du Lauragais certes mais le Lauragais quand même. Dans toutes les communes concernées les élus n’arrêtaient pas de proclamer leur vocation agricole pour ne pas dire leur dévotion agricole. Préserver les exploitations, ne pas morceler les parcelles, encourager les installations, fournir les imprimés des primes et subventions et de temps en temps convaincre les populations de la non-toxicité des produits employés. Bref hors l’agricole rien d’intéressant.

    Et donc ce tracé avec son couloir de 1000 ha pour les voies et les à ctés, la division de centaines de parcelles, la coupure de centaines de chemins et, comme un poison à diffusion lente, cette urbanisation galopante le long de la voie en commençant par les accès, ça faisait désordre, donc les élus ne pouvaient pas être pour, mais comme déjà ils ne pouvaient pas être contre et bien c’était une inflation de langue de bois comme on n’en avait jamais vu et pourtant on avait vraiment l’habitude dans le coin. Alors ça donnait du genre « de toute façon c’est déjà décidé en haut et on a plus rien à dire » ou « tout ce qu’ils veulent c’est qu’on se mette d’un côté ou de l’autre pour nous faire porter le chapeau » ou encore « mettre tout le monde d’accord sur un truc comme ça ce n’est pas possible » et aussi « ça fait 20 ans qu’on en parle alors tu sais on en pense plus rien ». Cette samba ne pouvait rien donner de très bon et c’est pour ça que l’Equipement avait carte blanche pour porter le projet, de façon à ce que les élus ne donnent pas l’impression d’être les auteurs du projet mais seulement des spectateurs qui du coup cherchaient seulement à aider leurs populations.

    Dans le registre agricole, il y avait quand même un aspect positif que le syndicat agricole avait tout de suite repéré, c’était la circulation des moissonneuses et autres gros engins. En effet, à partir du moment où on parlait d’autoroute à péage, ça voulait dire que subsistait partout, en double de l’autoroute,  une route nationale qui du coup aurait été peut-être moins encombrée et donc plus facile de circulation. Bien sûr il aurait fallu pour cela que le trafic local soit faible par rapport au trafic total ou, pour le dire différemment, que les gens qui avaient l’habitude de prendre la nationale prennent celle de prendre l’autoroute. Et là aussi l’argument a fait long feu parce que pour prendre l’autoroute en local  il faut avoir une entrée près de chez soi et une sortie près de là où on va. Et là, à moins de mettre des bretelles tous les 5 km y avait un gros gros problème.

    Il y avait aussi cette délicatesse de langage qui s’appelait  « deux fois deux voies ». Certains utilisaient ce vocable pour indiquer qu’il ne s’agissait pas d’une autoroute, encore moins à péage mais bien d’un aménagement de la route comme le prévoyait le plan d’aménagement du territoire, alors que d’autres utilisaient le même terme pour désigner le projet d’autoroute qui effectivement comportait deux fois deux voies, sans prononcer le mot parce qu’au final la vitesse n’était déjà plus très populaire. L’ambiguïté se doublait d’une contradiction économique insoluble. En effet si on disait deux fois deux voies en pensant autoroute alors on se voyait opposer la position inconfortable des pouvoirs publics obligés de payer une deuxième fois les travaux puisque le projet était concédé au privé, et si on disait deux fois 2 voies en pensant route on se faisait opposer que le plan ne prévoyait que certaine zones en deux fois deux voies mais pas le tracé entier. A cela s’ajoutait la hantise de devoir utiliser le terme d’autoroute en site propre, parce qu’alors on aurait eu peur de se faire opposer que ça aurait fait quatre fois deux voies au moins par endroit. Les Tarnais ne sont pas des Auvergnats mais quand même quatre voies dans un sens et quatre voies dans l’autre pour aller à Toulouse c’était dur à avaler et on se serait cru dans un feuilleton américain à la télé mais justement  ce qu’ils ont de bien ces feuilletons c’est qu’ils sont là-bas et pas ici.

    Voila un peu l’histoire et finalement, comme vous le savez, il s’est passé ce que tout le monde souhaitait sans oser le dire et même en disant que c’était ce que tout le monde redoutait le plus, c’est-à-dire l’abandon du projet autoroute au profit d’un aménagement des nationales en particulier pour améliorer la sécurité, parce que souvenez-vous le tout voiture on en parlait déjà de moins en moins et les usines ça se ferme mais les autoroutes il faut toujours payer.

    Michel Costadau

  • L’homme, la mouche et la bactérie

    L’homme, la mouche et la bactérie

    L’homme est un animal lent mais redoutable. Son avantage tient à la triple alliance : œil, cerveau, main. Ce triplet vient à bout de presque toutes les difficultés. Presque, parce que l’homme a un point faible c’est sa corpulence. Non seulement il est lourd, visible et relativement peu mobile, mais surtout il consomme une énergie catastrophique. Le prélèvement de cette énergie dans la nature mobilise une grande partie de son activité et provoque en plus un accroissement de la taille moyenne de l’espèce induisant ainsi une sorte de cercle vicieux. Autour de 1m de taille, l’homme avait beaucoup d’atouts et un besoin d’énergie soutenable. Aujourd’hui à presque 2m ça pose un gros problème.

    Parce que le vivant a essayé d’autres solutions. Par exemple la mouche. Là on est dans le léger, apte à marcher sur toutes les surfaces, dans toutes les positions. Du coup une taille et une masse dans un excellent rapport avec des besoins énergétiques faibles. L’avantage de la mouche provient aussi d’une triple alliance : mobilité, fécondation, reproduction. L’accouplement est ultra-rapide et la gestation si courte que la mouche est capable de peupler un coin favorable à toute vitesse, exploitant ainsi à fond toute opportunité qui se présente. Mais la mouche a aussi un point faible c’est qu’elle n’a aucune défense. Elle est donc une proie facile, au moins pour ceux qui sont plus rapides et qui aiment les mouches.

    Et il y a du vivant encore plus léger. Par exemple la bactérie. Là on est dans le mini et même l’invisible pour l’homme et la mouche. C’est entre le végétal et l’animal et on ne sait pas trop si ça mange, mais en tous cas ça ne manque pas de nourriture car ça prend tout. Son avantage est unique mais un peu spécial car la bactérie ne meurt pratiquement pas. Elles supporte aussi bien la congélation que la stérilisation. En termes de besoins énergétiques on est dans des doses infimes. En fait c’est un parasite qui a besoin d’autres organismes pour vivre, mais cette stratégie est quasiment imbattable, parce qu’en retour elle se rend indispensable. Du coup son point faible c’est qu’elle est dépendante.

    Alors bon est-ce que la question c’est : Qui va gagner ?  Non, justement, pas du tout, il n’est pas question de se battre.

    Certes oui la vie est un combat dans le sens où rien n’est facile et vivre demande des efforts. C’est le lot du vivant. Mais si la vie est un combat ce n’est pas la guerre. Je ne sais qui a inventé cette idée idiote du combat pour la vie, de la compétition et de la guerre. Des feignants surement, car c’est une solution de facilité et une voie de garage. La guerre c’est prendre par la force ce que d’autres ont fait. Certes c’est plus facile que de se baisser pour remuer la terre, mais c’est aussi complètement stérile.

    Parce que dans le triplet magique, il y a un terme que l’homme utilise peu c’est le cerveau, c’est-à-dire penser. Penser c’est mettre son esprit sur une colline et regarder pour chercher à comprendre. Regarder les hommes vivre, pas la télé bien sûr. Et le spectacle est saisissant et permet de découvrir combien l’homme ne pense pas encore à lui. Pourtant les avantages de l’homme sont d’ores et déjà imbattables. S’il perd c’est que lui-même aura organisé sa perte. En fait l’homme est son principal ennemi, ce qui n’est le cas ni des mouches ni des bactéries. L’idée c’est que la vie n’a pas qu’une seule forme et que tout ça forme un ensemble.

    Et ce n’est pas si difficile que ça à percevoir. Il suffit de regarder. Vous pouvez toujours essayer, ça ne coûte rien.

    Michel Costadau

  • L’Appel des Appels

    L’Appel des Appels

    Depuis que Macron est malade y a de la détente dans l’atmosphère. C’est pas la fête mais on commence à y penser. C’est le moment de lancer l’Appel des Appels sur les élections européennes.

    Nous, réunis en assemblée plénière, demandons à tous les électeurs de réfléchir avant de voter. Pour cela nous donnons à la population les pistes suivantes issues des trois jours de réflexion que nous avons menée ensemble.

    Première piste : il est beaucoup question de créer ou de renforcer des offices supranationaux dans divers domaines : banque européenne, armée européenne, justice européenne. Cependant comme les citoyens n’ont déjà plus aucun contrôle de leurs propres institutions nationales : Banque de France, Armée française, Justice française, créer des institutions encore plus loin des citoyens serait un nouveau recul démocratique. Et aux mains de qui seraient-elles ?

    Deuxième piste : le travail des élus du parlement européen consiste à entériner sans modifications les directives de la commission composée uniquement de technocrates non élus. Vous n’élisez donc pas vos représentants mais vous choisissez les employés de la commission.

    Troisième piste : les partis en présence n’ont aucun programme, en particulier par rapport à l’immigration. Leur attitude sur l’immigration n’est qu’hypocrisie. D’un côté un discours contre les immigrés jugés responsables de tous les maux, à tel point qu’aucun élu n’ose manifester ne serait-ce que du respect pour ces personnes. De l’autre côté l’accueil de centaines de milliers de travailleurs exploités à fond pour faire tourner à faible coût nos usines, nos services et notre agriculture. C’est aussi plus de 5 000 morts par an par refus d’assistance. Tant qu’ils n’ont pas de programme crédible humainement, voter consiste à tuer.

    Quatrième piste : les fondements uniquement économiques de l’Europe conduisent à l’extinction du vivant. Sous prétexte de protéger la pêche ou l’élevage ou la forêt, l’Europe est un énorme prédateur qui détruit les biotopes et milieux naturels et contribue  massivement aux gaz à effet de serre. Les aides à l’agriculture chimique sont un versement direct de poisons dans la nature. Jusqu’à quand voterez-vous pour vos fossoyeurs ?

    Cinquième piste : L’europe détruit des milliers d’emplois dans le but de sauvegarder la rétribution des actionnaires. Comme un chômeur coûte beaucoup moins cher qu’un ouvrier ou un employé en activité, c’est vrai qu’il n’y a pas de travail pour les Européens. Le chômage à 10 % ne concerne que les demandeurs d’emplois. Il faudrait y rajouter tous ceux qui ont choisi de ne pas travailler, ou travaillent au noir, ou sont maintenus artificiellement hors chômage : RSA, auto-entrepreneur. La population ne refuse pas de travailler, elle veut seulement qu’il soit possible d’avoir des activités qui correspondent à ses aptitudes et non pas un boulot en attente de robotisation. C’est pourquoi il semble difficile de demander du travail et en même temps de voter pour ceux qui le suppriment.

    Sixième piste : en plus de l’énorme gâchis des denrées alimentaires, l’Europe laisse en vente des produits dangereux pour la santé. Elle a inventé des normes dans le but de rendre commercialisables des denrées, sucrées, salées, grasses, ou imprégnées de composants dangereux. Par exemple, soit les salades sont mangeables soit elles sont interdites à la vente, alors pourquoi y a-t-il marqué : à laver abondamment avant de consommer. Idem le vin contient des sulfites ou des nitrites : est-ce bon ou mauvais pour la santé ?

    Septième piste : l’Europe a fait des privatisations son principal moteur. Mais force est de constater que ces privatisations se font au détriment des services publics. Je n’ai pas lu que les candidats pour faire rouler des trains privés veuillent desservir toutes les petites gares D’ailleurs la notion de service public européen n’existe pas, alors que ce serait la preuve d’une vraie volonté de servir les populations. Voter c’est encourager la suppression des services publics.

    Huitième piste : A quoi rime la privatisation d’Edf. Le privé va-t-il inventer une nouvelle électricité. Dans l’industrie la privatisation se traduit en général par une offre de nouveaux produits. Dans le domaine d’Edf que veut-on nous faire croire ? Je ne connais pas d’autre électricité que l’électricité. Il ne s’agit donc que d’appâter des capitaux en manque de rendement, en bradant tous les investissements faits avec notre argent. Voter c’est donc choisir les capitaux au détriment des citoyens.

    Voilà, le jour du vote restez chez vous à vous occuper de vos affaires ça sera plus utile.

    Michel Costadau

  • Mondialisation

    Mondialisation

    Bon j’explique ou j’explique pas, comme dit Platon Makowski dans le film de Lounguine « Un nouveau Russe ». Allez j’explique.

    L’énorme vague de la mondialisation, partie d’Europe il y a un peu plus d’une centaine d’années, a maintenant fait le tour du monde et revient s’étaler sur nos villes et nos campagnes. L’écume de cette vague d’uniformisation provoque, chez nous, un effet inattendu de particularisme.

    Par uniformisation j’entends la transformation de tous les individus en salariés, ne produisant plus rien pour eux et étant obligé de tout acheter avec l’argent qu’ils reçoivent pour leur travail. Le vecteur de cet échange étant le couple produit manufacturé ou immatériel///argent réel ou virtuel.

    Par particularisme j’entends le besoin croissant de différenciation que ressentent beaucoup de gens pour émerger de la couche de glu des comportements économiques. C’est un vrai combat pour vivre ou plutôt revivre, puisque l’uniformisation a tendance à gommer toutes les caractéristiques personnelles et à nier les pensées individuelles ou collectives. Cette réaction tend à redonner, à recréer de l’identité.

    Et c’est ainsi que le nationalisme US, le brexit britannique, l’autonomie catalane et le populisme hongrois ou italien ont une seule et même source : la mondialisation. A force d’avoir voulu ramener chaque individu et chaque collectivité à un standard unique, la population se rebiffe et veut de l’autonomie, de l’identité, du particularisme.

    Pour alimenter votre réflexion, essayez d’expliquer pourquoi les tribus indiennes du Brésil vous paraissent arriérées. En fait, elles se débrouillent très bien depuis très longtemps. Il n’y a aucune raison à ce jugement, à part la mondialisation.

    En fait, la mondialisation a été possible à cause des différents stades de fonctionnement des sociétés humaines. C’est ce choc culturel sous-tendu par des armes, qui a permis la vague. Ça a commencé par l’exode rural, les guerres, la colonisation, les guerres, le libéralisme, les guerres et maintenant la finance et les guerres.

    L’exode rural continue mais il s’est mondialisé et ça s’appelle maintenant l’immigration. La colonisation continue mais elle s’est mondialisée et ça s’appelle maintenant l’aide au développement, le libéralisme continue et ça s’appelle le niveau de vie ou le pouvoir d’achat. Les guerres, quant à elles, continuent et y a pas besoin de photos.

    On peut donc dire avec certitude que ceux qui vantent les mouvements de globalisation, de regroupement, voire de concentration sont complètement à contre-courant. Et en France nous sommes complètement égarés. Tous nos politiques sont à fond dans la construction européenne, dans les supra budgets, dans les multinationales. C’est exactement le contraire de ce que demande la population. Il ne s’agit plus de faire le Monde ou l’Europe mais de redonner à chaque individu ses attributs, ses spécificités, ses différences et ses valeurs. Rien d’étonnant donc à ce que les chantres du libéralisme soient sur un courant d’intégration européenne. Ceux-là défendent la mondialisation comme outil de domination, de colonisation, d’exploitation.

    Nos politiques n’ont rien compris et surtout ne veulent rien comprendre. Et nous on trinque.

    Michel Costadau

  • Insoumis

    Insoumis

    Il y a des phrases qui ont le don de me hérisser et me font bondir au quart de tour. Par exemple :

     » Ne vous y trompez pas, Macron espère que vous n’irez pas voter, .. il serait même prêt à vous donner de l’argent pour que vous restiez chez vous. » Chaque voix LFI est une force supplémentaire pour arrêter les délires libéraux de ce président et ses députés godillots.

    C’est du mensonge délibéré. Non seulement il n’y a rien de vrai la dedans, mais en plus c’est anti-éducatif au possible. Faire croire au lecteur qu’aux européenne voter LFI peut arrêter les délires libéraux du gouvernement, c’est vraiment prendre les gens pour des demeurés.

    Le gag c’est que exactement au même moment je me dis que ces élections sont un bonne occasion pour les courants dits d’opposition, GJ, RN, LFI, DLF, Générations, de …. ne pas voter.

    En effet non seulement, le parlement issu de ce scrutin n’a aucun pouvoir, mais en plus un arrangement entre partis transforme la proportionnelle de chaque pays en la mainmise, à Strasbourg, d’une majorité conservatrice sur l’UE. Et il y a aussi cette affaire britannique qui revient à élire des doubles députés, c’est-à-dire à moitié faux.

    Nous avons donc une excellente raison de ne pas cautionner ces errements technocratiques, puisque nos bulletins ne servent à rien. Cette élection n’ayant strictement aucun enjeu, c’est donc le moment de montrer l’utilité du non-vote. Car si une petite dizaine de partis français, plutôt que de critiquer l’europe appelaient à boycotter ce simulacre de démocratie, je crois que ça aurait un peu de poids.

    Et voilà que la dessus, LFI appelle non seulement à voter pour lui, mais à voter tout court. Alors, là, j’ai le sentiment qu’ils sont en train de se tromper de route.

    En toutes choses il faut une certaine logique. Que LFI se veuille un parti de gouvernement c’est leur droit. Mais la seule chance qu’ils ont d’y arriver c’est de s’allier au RN, un peu comme en Italie. Par contre le RN est aussi un parti de gouvernement mais lui a quand même beaucoup plus de chance d’y arriver, en particulier en s’alliant avec LR, comme en Europe centrale.

    LFI se veut aussi un parti d’opposition. Or depuis que nous ne sommes plus en démocratie l’opposition ne sert à rien, c’est comme si elle n’existait pas. Il serait temps de s’en rendre compte, plutôt que de faire croire au gens que l’opposition contribue à la vie politique.

    En plus c’est aussi un parti légèrement élitiste, dans le sens où ils défendent une ligne plutôt intellectuelle avec des propositions qui se veulent intelligentes. Seulement, j’ai le sentiment qu’ils mélangent sérieusement ces trois caractéristiques et que ça brouille complètement le message qu’ils veulent faire passer. D’où le malaise.

    Eh oui qu’est ce qu’il leur a pris de cautionner cette comédie sur la reconstruction du toit d’une cathédrale, ou de se lancer dans une course aux votes. J’ai bien peur que ce soit une position uniquement électoraliste, comme si les électeurs allaient revenir parce qu’on tombe dans le panneau du politiquement correct. Ou alors dans le but de ne pas fâcher ceux qui ne votent pas pour eux mais pourraient y venir. C’est vrai qu’il y a eu des votes inattendus ces dernières années, en Grèce, en Italie, au RU, en Espagne, et hier en Ukraine mais ça toujours été pour des partis en rupture avec le système, mêmes si une fois installés ils trahissent.

    De la même manière LFI s’accroche désespérément aux GJ, comme si c’était leurs petits soldats courageux devant les grenades. Mais je n’ai pas l’impression qu’ils soient payés de retour.

    Du coup je ne comprends pas bien cette attitude. Je veux bien des insoumis mais pas des valets.

    Michel Costadau