Auteur/autrice : Michel Costadau

  • AigreAgri

    AigreAgri

    Je ne sais pas trop si les manifs agricoles sont vraiment terminées mais ce qui est sûr c’est qu’elles ont été d’une extrême confusion.

    Néanmoins il y a tout d’abord deux choses à regretter. Primo l’écho pas si défavorable que ça dans l’opinion et deuxio la permissivité totale des forces de l’ordre, c’est-à-dire du gouvernement, vis-à-vis des exactions des manifestants sauf pour la Confédération Paysanne.

    Car vous le savez, en tous cas pour une bonne partie d’entre vous, il y a trois organisations syndicales agricoles. D’une part la FNSEA/JA ou Fédé, ensuite la Coordination Rurale ou CR et enfin la Confédération Paysanne ou Conf. Ces trois organisations défendent des lignes extrêmement différentes.

    La première est sur une  position d’agrobusiness axée sur l’exportation, les firmes agro-alimentaires et la mécanisation,  la deuxième très marginale jusqu’à ces dernières années est sur une ligne de grosses exploitations tournées vers l’abolition de toutes entraves dans les fermes, l’augmentation des marges agricoles et le développement du salariat. La troisième, issue de petits paysans et d’ouvriers agricoles défend les valeurs travail, collectif et proximité.

    Dans un premier temps seule la Conf, puis la Conf et la CR avec leurs militants et leurs tracteurs ont manifesté sur le refus de l’abatage total pour endiguer la DNC et contre le Mercosur. La Fédé était donc absente ce qui s’explique par le fait que c’est elle qui a préconisé l’abattage total pour préserver ses filières d’exportation et qu’elle n’a rien contre le Mercosur.

    Ensuite la CR est montée en pression mettant la Conf en porte à faux idéologiquement, ce qui l’a obligé à se démarquer et à faire quelques actions seule.

    Enfin, tardivement, la Fédé est arrivé avec ses propres tracteurs et un  projet de loi qui reprend ses demandes et seulement les siennes.

    Et donc au final c’est le gouvernement qui a gagné avec la Fédé. La CR s’est faite une bonne publicité pour ses idées fascistes et la Conf a progressé en notoriété mais ses militants ont  pris des coups.

    Et l’agriculture dans tout ça. Et bien c’est la grande perdante. N’ayons pas peur des mots, la Fédé et la CR sont les fossoyeurs de l’agriculture. Leur objectif est de transformer les agriculteurs en salariés des firmes, des mal nommées coopératives et des industriels amont et aval. Salariés ça veut dire acheter les intrants et livrer entièrement sa production. Entre les deux il y a un travail d’exécution qui peut être fait de plus en plus par des robots. C’est le principe du salariat mais avec une absence totale de maitrise des coûts et des prix, ce qui amène la disparition d’un grand nombre de fermes et un mécanisme constant d’agrandissement des exploitations.

    L’exemple des œufs est assez illustrant. On importe trop d’œufs et il convient de relocaliser la production pour éviter les trous d’airs liés à des grains de sable dans la logistique. Pour cela deux méthodes sont possibles.

    La première consiste à développer la production chez un grand nombre d’agriculteurs qui valorisent ainsi directement leur produits végétaux, trouvent un complément de revenu et permettent une distribution locale.

    La seconde consiste à favoriser l’implantation d’énormes unités de productions en baissant au maximum toutes les normes de contrôle sanitaire et de pollution, en légalisant des conditions de vie déplorables pour les animaux, en concentrant  l’approvisionnement et l’écoulement dans les firmes multinationales  et en dégradant  la qualité des produits .

    Comme vous le savez c’est la deuxième méthode qui est choisie et c’est cela que j’appelle la mort de l’agriculture.

    Alors oui il y a encore des paysans qui font leur foin, qui rentrent les bêtes le soir, qui connaissent chaque parcelle en leur faisant produire ce qui est adapté prés, céréales, légumineuses et qui mettent du fumier. Pas partout mais il y en a encore, même dans le Tarn. Mais ces gens là ne sont pas aux commandes des chambres d’agriculture, ni des coopératives, ni des safer, ni des firmes agroalimentaires, ni des cabinets ministériels. Souvent ils ne sont même pas représentés. Alors ils s’éteignent doucement, laissant la place au business et aux machines.

    Bien sûr il y a encore des marchés, des AMAP, des colis, des foires et des concours, mais ce n’est pas cette image là que donnent les manifestations agricoles. En clair sortir les tracteurs ne profite qu’à la Fédé et à la CR.

    C’est pour cela qu’il est déplorable de soutenir ce monde agricole là qui est très polluant, accapareur d’eau et de terres, se moquant complètement de la biodiversité, de l’environnement et la qualité de ce qu’il produit , n’hésitant pas à transformer en carburant des champs entiers de mais ou de colza.

    Oui c’est cela le monde agricole qui met un vieux moustachu avec son béret  sur la réclame de son fromage ou de son saucisson industriel.

    Evidemment certains diront qu’il y a des producteurs locaux qu’il faut soutenir et encourager, des fermes bio respectueuses de l’environnement et que la Conf défend vraiment les paysans. Oui c’est vrai mais c’est quand même plus bobo que populaire. C’est de la consommation pas de la politique.

    En ce qui concerne le laisser faire des pouvoirs publics vis-à-vis de la Fédé et de la CR, malgré quelques accrochages avec cette dernière, c’est la confirmation que ces syndicats et leurs adhérents sont au service du gouvernement pour faire passer tous les projets de destruction de la nature.

    Bon appétit.

    Michel Costadau

  • Democratia

    Democratia

    Je vous préviens tout de suite, ce billet est un peu fouinasseur et pas très enlevé. Bon.

    C’est mon couplet sur la démocratie qui a soulevé le plus de questions. Sur le reste tout le monde est à peu près d’accord ce qui est quand même rassurant.

    Ce qui semble susciter un certain désarroi avec mon affirmation que la démocratie n’existe pas, c’est : mais quoi à la place ?

    Tout d’abord, je ne vois pas pourquoi il y aurait quelque chose à proposer puisque c’est un simple constat. Et en plus que ce serait à moi de le faire. Voyons quand même.

    En fait il y a beaucoup de questions soulevées sachant que ce n’est surement pas la Grèce qui a inventé la démocratie puisqu’elle avait un régime particulièrement inégalitaire.

    Pour mieux comprendre la position on peut tirer parti d’un exemple. Supposons que vous soyez amené à vous  méfiez fortement de votre voisin, quelqu’en soit la raison. Constat immédiat : il est clair que vous ne pouvez pas changer votre voisin.  Vous n’avez pas le pouvoir de le changer, Il est là aussi longtemps qu’il veut bien y être et vous aussi.

    Alors la réaction la plus simple, c’est de prendre en compte votre méfiance pour modifier votre comportement à son égard.

    C’est pareil pour la démocratie. Je constate que la société dans laquelle je vis fonctionne sur d’autres modes que le partage du pouvoir avec la population. Je le constate et j’en tiens compte. En ce qui me concerne, je développe même une attitude de non vote puisque je n’ai absolument pas le pouvoir de changer les forces à l’œuvre.

    Et si l’on reste sur l’exemple du voisin, vous pouvez aussi envisager de déménager. Pourquoi pas, mais c’est vous qui supportez seul le prix des problèmes que pose votre voisin alors que lui continue tranquillement. Et bien sûr il faut imaginer que vous trouviez un endroit où il n’y a pas le même genre de voisin.

    En ce qui concerne la démocratie, je ne vois pas trop de pays moins démocratiques ou avec un régime bien différent du notre.

    C’est évidement une question centrale que vous posez. Pour vous y a t il des pays où règnent une démocratie supérieure à la notre et inversement y a t il des pays que vous considérez comme non démocratiques.

    Sur le premier point vous pouvez me dire qu’il y a des pays plus petit ou proportionnellement les individus sont mieux représentés. Mais là vous abondez dans mon sens qui est que nos pays sont beaucoup trop grands pour une possible participation populaire.

    Pour le second point  j’espère que vous n’allez pas me sortir la Russie, la Chine ou l’Iran. Où alors il faudrait me démonter que les violences faite, en France, aux manifestants sont des bavures sans conséquences. C’est vrai que les grandes répressions dans le sang sont, chez nous, dans le passé mais pas si loin quand même. De nos jours c’est plutôt la négation des causes environnementales et de biodiversités qui sont à l’œuvre avec, honteusement, l’aide des agriculteurs. Alors évitons de donner des leçons et de nous croire dans un « bon » régime. Les USA sont là pour nous le rappeller.

    Bref de toute façon vous êtes un peu contraints de rester en France surtout pour des raisons de moyens. Comme d’habitude l’installation à l’étranger est une affaire de riches.

    Cependant, le constat de non démocratie et la défiance vis-à-vis des politiques a un petit coté de résignation contre lequel certains veulent lutter. Il reste d’ailleurs le vieux fond du sentiment historique de conquêtes populaires dans l’évolution des institutions, sécurité sociale, vote des femmes, retraites ou parité électorale. Mais ce ne sont que les miettes que les milliardaires nous laissent à condition qu’ils puissent continuer à s’enrichir et dominer le monde.

    Car le monde évolue dans un seul sens : l’accaparement par un petit nombre de toutes les richesses. Et je ne suis même pas certain que, proportionnellement ce nombre augmente. Il y a mille ans, nombreux étaient déjà les détenteurs ou profiteurs de pouvoir. Les  ordres religieux ne nous ont pas laissé de très bons souvenirs. Pour 10 000  ou 100 000 ans j’ai assez peu d’infos et je ne sais pas trop quoi dire.

    Et donc certains ne voulant pas rester simples spectateurs les bras croisés se mettent en tête de prendre le pouvoir par les urnes afin que les choses changent. Hélas l’expérience nous apprend que rien ne change et que tout le monde est rattrapé par le système. Car comme déjà dit dans le précédent billet : on ne peut rien contre l’argent.

    Alors y a-t-il d’autres régimes possibles que nos pseudos démocraties ? La réponse est simple et claire : je n’en sais strictement rien.

    Michel Costadau

  • Voeux 2026

    Voeux 2026

    Bon, c’est le moment de présenter ses vœux pour la nouvelle année mais je suis un peu sonné par son démarrage assez sanglant. Déjà l’année dernière n’a pas été terrible avec inondations, incendies, guerres et gaza. Gaza l’horreur et la honte.

    Et cette nouvelle année a l’air de vouloir en rajouter. Incendies du réveillon, manifs agricole pré-fascistes, Venezuela et Groenland. Vénézuela, enlèvement d’un chef d’Etat dans son pays par l’armée d’un pays qui se dit démocratique, mais semble plutôt aux mains d’une maffia sans foi ni lois.

     

    Et l’Europe, naine politique, se retrouve être en conflit avec la Russie et avec les USA. Faut le faire. Les autres puissances sont en conflits soit avec l’un soit avec l’autre ? Et l’Angleterre s’en sort bien en n’étant plus dans l’Europe.

    Alors va-t-il y a avoir la guerre ? Drôle de question puisque le monde est déjà en feu un peu partout.

    Alors disons, va-t-il y avoir une guerre supplémentaire, Europe USA ?

    Ma réponse est non. Enfin pas une guerre classique comme en 40. Donc pas la peine de s’entrainer à courir, à ramper ou à tirer, ce n’est pas à l’ordre du jour. Mais nous serons quand même envahis.

    Pour expliquer cela il nous faut parler des USA et du chef de la maffia américaine. Dans ce qui suit maffia américaine et Trump désignent exactemment la même chose.

    Les USA sont le premier empire mondial. Avant, les empires étaient continentaux ou multi continentaux mais pas mondiaux. J’ai déjà expliqué cela dans des billets précédents. En conséquence l’impérialisme américain est le plus grand danger pour la planète.  Et au lieu de se retrouver au coté de la Russie pour résister à la main mise américaine, nous nous trouvons en conflit avec les deux. Re-bravo.

    Maintenant qu’en est-il de cette maffia américaine. Elle a un slogan que tout le monde connait Maga. Mais ce slogan ne veut pas dire qu’ils cherchent à rendre les américains plus grands, plus heureux et plus riches. Non ce slogan ne concerne que les milliardaires. Maga  ça veut dire rendre plus riches les milliardaires et même en avoir de nouveaux.

    Trump se moque complètement du sort des américains. Il a établit une fois pour toute que le monde est dirigé par les milliardaires. Que ce sont eux qui font fonctionner la machine économique, qui prennent les orientations, on dit aussi investissements, pour encourager la consommation et l’accumulation des richesses.  D’ailleurs Trump ne fonctionne qu’avec des interlocuteurs individuels pas avec des collectifs. Il ne discute pas avec la Russie mais avec Poutine, il ne discute pas avec le Vénezuela mais avec Maduro. L’Ukraine c’est Zelenski et non un gouvernement ou des parlementaires. Et l’on découvre la trace d’un Pahlévi dans la contestation iranienne. Devinez qui agite ce shah ?

    Ensuite la maffia américaine a, clairement, une stratégie coloniale mais pas avec occupation du sol par des colons dans les territoires déjà peuplés. L’horreur de la conquête de l’ouest, s’est fait sur des territoires occupés par des autochtones mais avec une densité de population faible afin de laisser la place aux colonisateurs.

    Dans les zones plus denses ou dites développées, ce rôle d’occupation et donc de stratégie coloniale est dévolu au dollar. Le monde découvre avec stupeur que l’on ne peut rien contre l’argent. Au Venezuela Trump demande aux milliardaires d’acheter les puits. Il coupe les vivres aux organisations des Nations Unies. Il joue avec les droits de douane. Que des jeux d’argents. Et c’est logiquement des dollars que Trump propose pour le Groenland.

    Petite devinette combien vaut le Groenland. Bon, vous fatiguez pas, plein de calculs ont été faits. Quoiqu’il arrive les US ont la capacité de se payer le Groenland. Ce n’est donc pas une question de moyens.

    En plus l’acquisition du Groenland est déjà faite. Ca marche de la manière suivante. Le Danemark et les US vont établir un plan soutenable, basé sur une coopération encadrée, pour les zones arctiques. Ce plan va permettre aux US de faire ce qu’ils veulent où ils veulent quand ils veulent.  J’ai utilisé les mots soutenable, coopération et encadré car ils caractérisent l’enrobage habituel que font les politiques, c’est-à-dire les pions des milliardaires, pour nous enfumer et cacher leurs véritables actions.

    Idem pour le Vénézuela, Certes les majors pétrolières se font un peu tirer l’oreille pour investir mais ça viendra. Il faut dire que ce sont les US qui, à la fois, empêchent les exportations de pétrole par le blocus et demandent aux compagnies d’extraire du pétrole pour l’exporter. Ils ont toutes les cartes pour que ça se passe comme ils le veulent.

    Pour l’Iran, ils vont, peut être, nous refaire le coup des révolutions oranges qui ont toutes permis la mainmise américaine. J’ai déjà développé dans d’autres billets que la démocratie est utilisé par les US  comme moyen de mettre la main sur les pays. Vous le savez maintenant la démocratie n’existe pas, c’est seulement un artifice pour permettre aux populations de consommer avec plaisir et frénésie.

    Alors bon il faut s’arrêter mais je suis loin d’avoir fini. Et au fait bonne année. Enfin ?

    Michel Costadau

  • essai

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  • Fin A69

    Fin A69

    Oui nous avons arrêté l’A69. Et l’A680 aussi. C’est inimaginable, impensable, insensé mais la réalité est bien là : le chantier est désert, les engins et les ouvriers sont partis, il n’y a plus de bruit plus de valses des camions sur les routes. Rien. Il ne reste qu’une immense plaie ouverte, zigzagant  sur notre territoire.

    Et maintenant ?

    Eliminons d’abord une éventuelle responsabilité pesant sur nos épaules et nous faisant une sorte d’obligation de réparer  les dégâts. Non ce n’est pas nous qui avons lancé ce chantier absurde, année après année, passant d’aménagements avec l’argent public jusqu’ à cette funeste mise en concession qui trouve aujourd’hui son dénouement. Les responsables sont les élus tarnais et eux seuls.

    Nous ne sommes pas responsables mais nous avons quand même à prendre en compte la fracture que les élus ont crée dans la population pour satisfaire les seuls intérêts financiers des riches et des possédants.

    Alors que faire ?

    Nous avons misé depuis le début misé sur le volet juridique pour gagner et ça a marché. Certes la décision du Tribunal administratif est une bombe dont les ressorts se trouvent en partie dans la remise en cause par le corps de magistrats de la politique gouvernementale du fait accompli. C’est l’occasion de rappeler que la République repose sur la séparation des pouvoirs  et que la justice n’est pas une simple chambre d’enregistrement des arrêtés ministériels.

    La décision est là, l’autoroute est arrêtée. Nous n’obtiendrons jamais plus que cette interdiction, même s’il nous reste à nous assurer que cet arrêt est définitif.

    Il me semble donc que maintenant nous avons, surtout, à prendre en compte le désarroi de la population pour éviter les ségrégations souhaitées par les élus et les médias à leur service. Il faut recommencer à parler, à échanger à voir ensemble l’avenir de notre territoire. Facile à dire me direz-vous, oui mais comment renouer ces liens distendus.

    Je crois qu’une piste pourrait être de faire ensemble un état des lieux. En semble c’est-à-dire avec la population. En effet Atosca et les préfets nous laissent une situation où l’autoroute n’est ni fait ni à faire, c’est le moins que l’on puisse dire. Plein de chemins sont coupés, de nombreuses personnes ont des tas de terres au bout de leur jardin sans parler de ceux qui ont perdus leur maison pour rien et ressentent une blessure inguérissable. Et la 126, qui est toujours une nationale, n’est pas un parcours tranquille pour relier Toulouse à Castres.

    Nous pourrions commencer par essayer de rencontrer les mairies, mais aussi les gens directement de quelques villages, voire même de Castres. Un peu style cahier de doléance à recueillir avec les habitants dont certains font des gymkanas pour sortir de chez eux ou aller travailler leurs champs.

    Bien sûr il appartiendra ensuite aux pouvoirs publics de résoudre les problèmes, c’est-à-dire de faire, le plus rapidement possible, les travaux correspondants, mais au moins nous saurions ce que l’on peut et doit améliorer.

    Le blocage du chantier risque en effet de durer plusieurs années et personne ne souhaite pérenniser des situations trop inconfortables.

    Nous sommes convaincus que le territoire tire un immense profit de la suppression de l’autoroute, plutôt que d’avoir été sacrifié au profit des métropoles. Alors disons le, faisons le savoir et renouons les liens avec la population.

    Nous c’est quand même, plein de collectifs, d’associations et d’individus. Nous sommes nombreux et les gens le savent.

    Car oui c’est nous qu’on a arrêté l’A69.

    Michel Costadau

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  • Voeux 2025

    Voeux 2025

    Je voulais, bien naturellement, pour vous souhaiter une bonne année 2025, énumérer les projets ou les évènements en cours que nous aimerions voir s’arrêter. Seulement la liste est devenue rapidement tellement longue que j’ai du abandonner cette idée pour ne pas tomber dans les litanies pieuses ou électorales.

    Ensuite j’ai envisagé de parler de l’élection de Trump en la rapprochant du recul français sur la protection de l’environnement et la biodiversité. Protection basée sur la prise de conscience récente de l’appartenance de l’homme au vivant et conduisant au besoin d’une période de transition. Mais cette notion de transition est en train d’être balayée et chargée de tous les maux.

     

    Et alors quelque chose m’a sauté aux yeux c’est que certaines personnes, dont la mouvance Trump et beaucoup d’influenceurs de chez nous, ne considèrent pas l’homme comme un simple mammifère parmi d’autres, mais comme une espèce complètement à part, capable de virtualiser, de façonner  et de dominer l’univers.

    Ceux là parlent de la conquête de la lune et de mars, de la résolution de tous les problèmes par les progrès techniques et de la reproduction comme d’une action purement génétique permettant d’éliminer les maladies et d’avoir des individus indemnes dans tous les sens du terme.

    Ce ne sont pas, à proprement parler des climato-sceptiques, puisqu’ils veulent surtout corriger la nature et la faire à leur idée et à leur service.

    Il y a une tendance de démiurge la dedans c’est-à-dire d’hommes qui se prennent pour des dieux, mais ils ont le pouvoir, le savoir, la richesse et la volonté de mettre tout cela en œuvre sans que nous ayons notre mot à dire.  Il n’est pas difficile de constater que ce qui se passe dans les laboratoires, dans les data-center ou dans les expérimentations les plus diverses échappe complètement à 99% de l’humanité, moi y compris.

    Qui a le savoir a le pouvoir. Et ils ont le savoir. Alors ils font.

     

    Pourtant tout le monde sait que pendant longtemps l’homme a fait partie de la nature pour se nourrir, s’abriter, se vêtir. Ses cultes et ses croyances tournaient autour des astres, de la puissance des éléments volcans, raz de marée, tremblement de terre, grêles, incendies et autres déchainements.

    Cela a duré jusqu’à récemment quand a eu lieu le basculement vers l’homme destructeur de la nature, c’est-à-dire de la planète sur laquelle il vit.

    Cela a donné lieu à l’émergence de deux courants antinomiques.

    D’une part un courant de protection de la nature, comme milieu indispensable à la vie, et donc de ce que l’on appelle l’environnement, la biodiversité et le vivant.  Ce courant attache une grande importance au lien harmonieux entre le corps et l’esprit. C’est la vie dans la nature avec une nourriture de l’esprit par les arts, la culture et le partage.

    D’autre part un courant d’asservissement et de modelage de la nature, courant qui n’a pas vraiment de nom allant des scientistes aux transhumanistes en passant par les libertariens. Dans ce courant, il y a une dissociation forte entre le corps et l’esprit avec un modèle d’homme vivant uniquement d’images et de connections sans besoin de se déplacer. La vie depuis son fauteuil, que ce soit pour visiter les pyramides, pour jouer avec un partenaire virtuel ou pour commandes une pizza.

     

    Hélas il est bien difficile de parler avec ces gens là, d’abord parce qu’ils sont peu accessibles, mais surtout parce qu’ils ne sont pas du tout sur le terrain de la logique et du raisonnement, mais dans celui de la fuite en avant pour résoudre tous les problèmes. Résolutions qui consistent en grande partie à construire un monde entièrement artificiel.

    Les différences entre les deux courants sont assez illustratives.

    Pour l’alimentation les premiers cherchent des produits issus de la terre alors que les seconds ne jurent que par la chimie.

    Idem pour la reproduction, sexuée pour les uns et à base d’éprouvettes pour les autres.

    Idem pour les rapports sociaux basés sur la solidarité pour les uns et l’individualisme pour les autres.

     

    Le problème c’est que je ne sais trop qui a raison à moins que ce soit un mélange des deux, mais c’est assez mal parti pour ça.

    Bon je n’oublie pas que je dois quand même vous souhaiter une bonne et heureuse année.

    Alors bonne année 2025.

    Michel Costadau

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  • Départ d’Elisabeth Costadau

    Départ d’Elisabeth Costadau

    Témoignage de Bernard Costadau :

    Que de monde, tout çà pour toi, l’émotion te monterai au visage et tu serais déjà en train de rougir, il y a ceux ici dans cette assemblée, et tous ceux qui se joignent à cette cérémonie par leurs pensées ou leurs prières.

    Tout çà pour toi, une petite femme, la plus petite de la fratrie, plus petite que papa, que tes enfants ou tes petits enfants ,toujours discrète, jamais sur le devant de la scène mais au combien présente.

    Ton regard aux yeux bleus gris, ta petite bouche qui produisait un ineffaçable sourire en toutes circonstances et une attention pour tous ceux qui t’entouraient par un petit signe amical, une parole, un mot de réconfort ou une caresse sur la main.

    Hormis la famille jamais de grandes effusions, tout dans la modération mais toujours ces petites marques d’amitié, de soutien ou de compassion.

    Une vie difficile pourtant  ne t’avait pas épargnée, la perte de ton papa en 1942, l’éclatement de la famille qui s’en est suivi avec tes frères envoyés en pension en Suisse ainsi que les rudesses de la guerre au quotidien. Des études à Saint Cernin où ton histoire te ramènera en 1968 pour faire la connaissance de papa.

    Jeune adulte, Soulbarède trop petit pour que tous aient une place, tu choisis sous la houlette de tante Beth de faire des études d’infirmière, ce sera Saint loup au diaconat, l’école y fut dure, tu y as appris à tes dépends que les repas sont une perte de temps, quand à ton premier petit déjeuner la mère supérieure sonna le début puis la fin du repas  et que ton bol de porridge était loin d’être terminé. Le début d’une vie au pas de charge, l’hôpital à Montreux où tu fis la connaissance de ta meilleure amie qui deviendra ta belle-sœur, Monique, ma marraine trop tôt partie. Vinrent trois ans d’infirmière à Londres histoire de parler une langue de plus et de s’ouvrir au monde puis retour à Bergerac ; papa et votre mariage en 1970, nous en 1974 et une nouvelle vie qui commençait. Travail était le leitmotiv, première levée à 06h00 et dernière couchée jusqu’à ton accident de 2021 et couchée pour lire au moins deux heures chaque soir histoire d’apprendre sur  tout, cette éternel besoin de connaître et de se concentrer sur les fondements de la vie.

    Pémontier c’est aussi, ta maman, notre grand-mère  devenue invalide et qui prenait beaucoup de ton temps  mais aux pâtisseries divines même si le baba au rhum comme les forêts noires nous faisaient pétiller le regard, elle n’oubliait jamais, à ton grand désarroi d’arroser copieusement ces desserts. Pémontier c’est aussi notre grand-père paternel dont tu auras pris soin jusqu’au bout, lui aussi écorché par la vie avec la perte de notre grand-mère bien trop tôt partie.

    Pémontier c’est beaucoup de rires, de réunions de famille pour toutes les occasions et l’accomplissement de tes talents de cuisinière, rester à table te semblant une perte de temps, la cuisine te donnait le travail qui t’aurait manqué pour le plus grand satisfecit des papilles de tes convives.

    Pémontier c’est aussi de grosses peines pour toi,  pour nous, les  premières fois où nous t’avons vu pleurer autant avec tes neveux et nièces fauchés en toute innocence, dans la fleur de l’âge, sur la route par des conducteurs inconscients, la disparition de Monique, ton double indissociable de la vie, tes frères Pierre puis Frédéric  mais aussi papa toutes ces peines qui t’ont tellement blessées et que tu gardais pour toi.

    Mais Pémontier est aussi le lieu privilégié de tes petits enfants, Aloïs, Xander et Pierre, après une maman formidable une grand-mère de tous les instants aux petits soins pour eux. Que de rire et de bonheur en ces occasions merveilleuses qui resteront gravées dans leurs mémoires à tout jamais.

    Puis vint la retraite, bon jusqu’à ton accident de 2021 tu n’y auras pas gouté, le jardin, les fleurs, les conserves, une maison toujours rutilante, la porte toujours ouverte aux amis et à nous, tes longues marches, papa que la vie avait usé et dont tu t’es occupée jusqu’au bout chaque instant.

    Ces années nous ont un peu inquiétés, avec le temps l’équilibre devenant précaire nous vint la judicieuse idée de t’offrir, l’air de rien, pour ne pas t’offusquer, à un anniversaire des bâtons de marche. Erreur absolue ! Tu en fus comblée et nous horrifiés, leur destination première de te donner de l’assurance fut biaisai par ce que tu découvris la possibilité de marcher plus vite, beaucoup plus vite et plus longtemps !

    2021, un excès de zèle dans le jardin, l’idée de monter sur une pierre pour couper quelques ronces et la chute, le coma, les fractures le traumatisme crânien. La providence et les bienfaits des services postaux ont mis sur ta route le facteur peu de temps après qui fit toutes les démarches pour que tu sois secourue et prise en charge rapidement.

    L’hôpital,  un début d’espoir. Espoir vite assombri par un cadre de santé qui t’avait destiné à l’unité de soins longue durée sans rééducation, heureusement, tu nous as donné un bon sens de l’observation et c’est Napoléon qui sauva la mise. Petite statuette sur son bureau austère de l’empereur au pont d’Arcole  avec la devise en lettres d’or « devoir et soumission »  soumission au mercantilisme de santé lui adressai-je sarcastiquement, piqué à vif, le soir même tu avais une place à Lanmarie, 4 mois de combat acharné pour recouvrer la mobilité, la parole et peu à peu la mémoire, enfin, Beaumont, la maison de retraite où ta maman avait séjourné aussi en fin de vie, funeste destination.

    Néanmoins tu auras pu y réapprendre à marcher en déambulateur, tu y retrouveras une partie de ta mémoire et tu viendras à Pémontier pour toutes les grandes occasions savourer les bonheurs de la famille et des amis.

    Quelques inquiétudes lors de ton séjour, des hauts des bas jusqu’à ce printemps où ton corps a commencé à t’abandonner, usé, des forces qui s’évanouissaient petit à petit.

    Samedi tu me reconnaissais encore, des soins étaient programmés pour cette semaine mais dimanche Luc te trouvas éteinte, sans forces, lundi matin tu nous quittais, apaisée, une infirmière à tes côtés, la boucle était finie après, avoir tenu tant de mains et aidé, aimé, soutenu tant de gens par ces petits gestes discrets, ces attentions permanentes aux autres.

    Maman,  ta vie aura était bien remplie, tu auras marqué tellement  de monde et ’aujourd’hui  ils t’accompagner pour rejoindre papa, te rendre grâce et comme tu le disais si bien : «  ne réussissent que ceux qui osent et qui croient ».

     

    Témoignage d’Aloïs Costadau : 

    Mamie.

    Je tenais tout d’abord à remercier cette assemblée d’être venue partager ici ou en pensée et prières ce dernier moment pour rendre hommage à cette personne si chère à nos yeux qu’est ma grand-mère.

    J’ai mis beaucoup de temps à poser par écrit les souvenirs que j’ai de toi, non pas parce

    qu’ils manquent, mais parce qu’il y en a tellement. J’ai tant de bonnes choses à dire de toi et

    pour toi, alors, il me faut résumer l’essentiel de ce que tu représentais pour nous. Chaque fois

    que je parlais de toi avec quelqu’un te connaissant, il y avait toujours en commun cette

    image d’une personne d’une grande bonté, bienveillante et attentionnée.

    Lorsque je pense à toi, je m’imagine toujours ce visage au sourire radieux, ce regard plein de joie et ces accolades chaleureuses que tu nous réservais lorsqu’on venait te voir à Pémontier.

    Je sais bien ce que tu penses à m’entendre te dire tous ces compliments, je me souviens bien de tes

    réactions lorsque je t’en faisais. Tu me disais en souriant « Mais qu’est-ce qu’il me dit celui-

    là ? » ou encore « Tu crois que tu vas m’avoir avec ces mots doux ? » avant d’en rire tous les

    deux.

    Alors je me dis t’ai-je donc placé sur un piédestal ? Est-ce que j’en fais trop ? Et puis

    je me rappelle que ta bienveillance n’a d’égal que ton humilité.

    Aujourd’hui je constate que non, je n’en faisais pas trop.

    Il me suffit de regarder devant moi pour comprendre que je n’étais pas le seul à voir la personne formidable que tu étais.

    Toutes ces personnes, toutes ces vies que tu as marquées en bien par ta simple présence, ton métier de sage-femme, par ta voix et tes mots, tous ces gens-là aujourd’hui ils te le redonnent.

    Tu as été une personne forte, digne et élégante, une étoile dans ma vie et un rayon de soleil

    dans beaucoup d’autres. Tu m’as appris tant de choses, à lire l’heure sur une montre, à faire

    sauter des crêpes dans une casserole sinon à faire des crêpes tout court, à entretenir des

    roses aussi belles que celle qui s’en occupait  A regarder les poissons dans la Conne, à

    observer les ragondins, à choisir le bon poulet le dimanche au marché, à ne pas pleurer

    quand tu me mettais un pansement.

    En plus de toutes ces petites choses et des milliers d’autres à citer, tu as été un modèle pour nous une source d’inspiration. Je ne demande qu’à me rapprocher de ce que tu étais, à reproduire tes comportements vertueux et à être aussi bon que toi.

    Quelque part c’est aussi ça la vie éternelle, ce sont tous ces sourires et ces bons

    moments passés avec toi, tout cet amour que nous allons transmettre aux autres.

    C’est à travers cela que tu continues de vivre avec nous.

    Comme l’a dit Xander, avec beaucoup de justesse :  « ne pleurons pas parce que c’est fini,

    soyons heureux parce que c’est arrivé ».

    Nous avons eu la chance de te connaître, et pour cela je te dis, nous te disons, merci. Merci d’avoir été cette personne merveilleuse dans nos vies.

    Nous te souhaitons que le meilleur, tu le mérites tellement.

    Repose en paix Mamie.

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  • Le Pédé

    Le Pédé

    La dernière semaine de juillet j’étais à Ax les Thermes pour des vacances en famille. Oh pas toute, disons la moitié. Par chance nous sommes tombés sur une semaine de spectacles de rues qui se déroulaient dans plusieurs endroits de la ville avec de nombreux moments de répétitions et d’affichages ce qui ajoutait de l’animation à l’animation.

    L’un de ces spectacles ayant commencé devant la mairie, c’est-à-dire près de notre lieu d’hébergement, je devins spectateur cherchant une murette pour m’assoir à l’ombre. J’étais un peu loin et je cru au début que c’était un homosexuel  qui racontait ses aventures.

    En fait il racontait l’histoire et les combats des hommes qui aiment les hommes. Ceux là étaient désignés sous le nom de pédales, étaient fichés et passibles de prison. Son histoire croisait un peu celle du MLF, avec plusieurs  interventions de sa copine  mais restait centrée sur les hommes.

    Grand moment de théâtre quand  pour parler du sida il se retrouvait avec les mains ensanglantées et entrait dans la foule des spectateurs assis par terre en leur tendant clairement la main. Et les gens serraient cette main après un petit moment d’hésitation mais avec une forte émotion de partage de son récit car tous souffraient pour lui.

    Et aussi fortes secousses de joie dans la foule quand fut voté en 82 la dépénalisation de l’homosexualité, loi héritée de Vichy.

    Petits coups de griffes sur le PC et les défilés gays avec à chaque fois une vague de connivence traversant les spectateurs qui suivaient les déambulations de l’acteur de places en places  jusqu’à ce qu’il demande de s’assoir à nouveau. Pendant ce temps lui montait dans une camionnette judicieusement et volontairement  coincée au milieu des participants pour klaxonner et descendre en criant « Mais vous n’avez rien de mieux à faire que d’empêcher les gens de travailler. Vous réclamez je sais pas quoi pour les  hommes qui veulent des enfants entre eux. Vous croyez que c’est en emmerdant les gens que vous obtiendrez quelque chose. Ben non les gens ils vous disent dégagez, laissez moi travailler et vous aussi mettez vous au travail plutôt que de bloquer la circulation ». Et voila que l’acteur que tous le monde adulait l’instant d’avant se fait siffler et huer. Et lui : « Vous avez mis un peu de temps à réagir, il faut le faire immédiatement devant ce type de comportement ».

    Bref je ne vais pas vous raconter le spectacle, vous aurez peut-être la chance de le voir. Et il y a même qui le trouveront nul.

    En tous cas le soir à notre repas que nous prenons tous ensemble, la discussion est tombée là-dessus. Et comme vous le savez les échanges en famille sont les plus virulents qui existent bien plus que dans n’importe quel groupe fut il militant, car chacun connait tout des autres et chacun a son bagage de préférences, de récriminations ou de mécontentements rentrés.

    J’avais lancé la discussion en disant que le sens du spectacle de l’après midi c’était de dire que le « privé c’est politique ». Dans le sens où la sphère privée peut être le lieu de comportements déviés qui ne sortent jamais et sur lesquels chacun garde un silence pesant. Le pédé expliquait bien que le combat pour la différence est loin d’être gagné ou plutôt que c’est une bagarre perpétuelle et que le cœur de cette lute n’était pas dans la gay pride mais dans les secrets de la vie privée.

    Comme dans la famille nous n’avons pas d’homosexuels déclarés, les échanges ont vite portés sur l’évolution du statut des femmes. Les filles et belles filles mettant en avant les droits acquis et la vague metoo qui faisait justement sortir certains comportements privés de leur ombre grise. Les garçons reconnaissant cela mais expliquant aussi que la vie des hommes n’avait jamais été aussi facile et même devenait beaucoup plus tranquille avec les femmes.

    Comme ça ronronnait un peu j’ai jeté que c’était des réflexions de privilégiés et de profiteurs et profiteuses car les acquis dont ils parlaient reposaient sur le concept d’externalisation. Le monde dit développé qui est seulement le monde riche a rejeté les maltraitances en tous genres dans le reste de la planète.

    Celui qui prend en photo avec son téléphone le plat qu’il va manger au restaurant, juste pour l’envoyer à son copain feint d’ignorer qu’il est en train de profiter du travail d’enfants et de familles dans laquelle les violences faites aux femmes sont constantes.

    L’externalisation est même maintenant ouvertement revendiquée par des pays ultra riches pour délocaliser leurs prisons ou leurs expulsions d’immigrés. Alors si les délocalisations industrielles datent de bien longtemps, l’externalisation des guerres, la négation des droits de l’homme et des femmes et l’exploitation des populations hors du monde riche montent maintenant au grand jour.

    Déjà il y a déjà ces horribles safaris et ce tourisme climatique pour voir s’écrouler les glaciers de l’antarctique. Et bientôt il y aura bientôt un socio-tourisme pour voir le travail des enfants dans les mines de terres rares ou les viols de femmes dans les bus de Bombay. Et pourquoi pas une visite guidée des hôpitaux de Gaza détruits par Israël pays à la guerre civile permanente avec le soutien inconditionnel des pays riches.

    Du coup la discussion s’est un peu calmée et même si c’est triste à dire ça ne nous a pas coupé l’appétit. Finalement les homosexuels en France ne sont peut-être pas si malheureux que ça.

    Michel Costadau

  • Pour ou contre l’autoroute

    Pour ou contre l’autoroute

    Compte tenu du retrait de Julien le candidat NFP, le choix qui reste aux électeurs de notre circonscription pour le 7 juillet est carrément cornélien pour ceux qui ont voté pour lui au premier tour. En fait ils ont 4 possibilités pour s’exprimer : soit voter Carayon, soit voter Terlier, soit voter blanc ou nul, soit ne pas voter.

    Voici donc, d’entrée, comment je ressens ces 4 possibilités.

    Votez Carayon c’est marquer volontairement un but contre son camp

    Voter Terlier c’est ajouter la défaite au déshonneur

    Voter blanc ou nul c’est trancher par le haut ce nœud gordien

    Ne pas voter c’est continuer à lutter contre le pouvoir.

    Regardons, maintenant quels sont les arguments correspondants.

    • Pour le premier cas c’est assez simple. Carayon représente ce qu’il y a de plus lamentable sur l’échiquier politique. Les dynasties, les trahisons, l’opportunisme et la négation de l’Etat de droit. Quelqu’un dont le programme se résume à Bardella premier ministre ne saurait avoir le moindre attrait. Il est donc probable qu’aucun ou pour être plus réaliste seule une infime minorité des électeurs NFP pourrait voter Carayon.
    • Le deuxième cas est évidemment le cœur du problème. D’abord nous avons le mot d’ordre NFP d’empêcher la peste brune d’avoir la majorité à la chambre en votant NFP. Ce qui marche très bien dans le cas de Karen Erodi, mais qui dans notre cas pousserait des électeurs à voter Terlier pour éviter l’élection de Carayon.

    Seulement Terlier c’est le député sortant, macroniste s’il en est, chantre en titre de l’autoroute Castres Toulouse, allié objectif du Groupe Pierre Fabre, président dictatorial de la commission d’enquête parlementaire sur le financement de l’A69 et cela malgré sa très faible légitimité car arrivé en seconde position derrière Julien au premier tout de 2022. Cette personne est donc l’ennemi juré des électeurs NFP et des opposants à l’autoroute.

    Du coup la défaite de Terlier serait une claire victoire pour ces opposants. Ce serait une victoire politique basée sur l’opinion de la population ce qui ouvrirait peut être les portes de la justice.

    Il me semble que nous avons là une occasion unique de porter un coup aux promoteurs de l’autoroute, il n’y a qu’a voir la fébrilité de Delga.

    A l’inverse voter pour lui serait une volte face ahurissante qui ferait rougir de honte celui qui oserait l’envisager. D’ailleurs ceux qui évoquent cette possibilité parlent de se boucher le nez, de tordre ses convictions, aux grands maux les grands remèdes et autre phrases de circonstance.

    Bon, même s’ils sont parfaitement trompeurs regardons quand même les chiffres. En gros il faudrait que plus de la moitié des électeurs de Julien votent Terlier pour qu’il ait une chance de passer devant Carayon. Or il est certain que les électeurs de Julien n’ont pas tous la même motivation c’est à dire n’ont pas voté Julien pour une seule et même raison, en particulier parce que certains ont été motivés par une sauvegarde des services publics et d’autres par le fameux moratoire.

    Du coup il est clair que beaucoup des électeurs de Julien souhaitent ardemment la défaite de Terlier.

    Aussi serait-il contradictoire de vouloir à la fois la défaite et la victoire du député sortant. Evidemment ne pas voter Terlier c’est être accusé de laisser l’élection à Carayon, comme cela a été le cas pour Macron 1 et Macron 2. Mais qu’ont obtenu ceux qui ont voté pour Macron : rien.

    Pourquoi les choses auraient elles changé soudainement le 7 juillet ?

    Comment, alors que Macron a fait le lit du RN par sa politique antipopulaire et de ségrégation financière depuis qu’il est au pouvoir, est-il possible de penser qu’il serait un barrage à la fascisation de la république.

    De plus il faut comprendre que les électeurs de Julien ne lui appartiennent pas, pas plus qu’à quiconque aurait voté pour lui. Il n’est donc pas approprié de donner des consignes de vote. Un nouveau choix se propose dimanche et les électeurs vont choisir en leur fort intérieur parmi les 4 cas évoqués plus haut. Que ceux qui veulent faire connaitre leur opinion le fasse c’est très bien et c’est mon cas, mais sans opprobre et jugements négatifs. Certes de nouveaux combats nous attendent et nous les affronterons.

    Qui plus est il n’est pas du tout de notre intérêt de diviser les électeurs de Julien. Ils représentent notre trésor de guerre pour les années à venir et accuser ceux qui voteraient blanc de mettre un signe égal entre Terlier et Carayon ou ceux qui ne voteraient pas Terlier de faire le jeu du RN ouvrent une inutile fissure dans notre propre camp.

    • Pour finir le vote blanc/nul ou l’abstention  sont donc des choix tout à fait honorables et il serait malsain de les taxer de quoique ce soit.

    Michel Costadau

  • Roue Libre

    Roue Libre

    Suite à la manifestation du 8 juin, il y a un début de libération de la parole et je me permets de mettre par écrit mon ressenti personnel et à chaud sur notre combat contre l’A69.

    En gros j’ai le sentiment que nous faisons fausse route en nous abusant de mots,

    Ceux qui disent que notre mouvement est populaire ou que l’opinion est avec nous nous mentent car ceux qui se sont mobilisés  le 8 juin sont essentiellement des militants déjà convaincus et non la population en particulier celle du parcours prévus pour l’infrastructure.

    Ceux qui disent que notre mouvement est pacifiste et non violent nous mentent car jeter des cocktails sur des fourgons de CRS, tirer avec des arbalètes sur des hélicoptères, refouler des journalistes ou bruler des récoltes sont tout simplement des agressions.

    Ceux qui disent qu’ils reviendront autant de fois qu’il le faut pour manifester leur détermination et obtenir l’arrêt du projet nous mentent car la logique des affrontements ne sert que la cause du pouvoir et chaque explosion de grenade pousse la population dans les bras de la droite et donc des pros.

     

    Par contre ceux qui disent que notre combat est sur le terrain politique, au sens de l’opinion et non des partis, nous mettent sur la voie d’obtenir quelque chose, voire même de gagner.

    Seulement ce combat politique  repose sur une logique à trois temps : opinion/élus/justice. C’est-à-dire que pour gagner devant la justice il faut que la classe politique commence à tenir compte de l’opinion de la population.

    Or pour le moment nous avons perdu nos liens avec la population. Seuls les mouvements « sans bitume » ont encore des contacts, et organiser des réunions publiques devient de plus en plus délicat.

    Fut un temps il était question de « comités locaux », de campagnes d’affichages, de tables rondes, de rencontre avec des intellectuels et même avec des élus. Tout cela est tombé à l’eau et il semble que la violence soit le seul moyen d’expression qui nous reste ou auquel nous sommes acculés.

     

    Alors il est clair que les réactions que j’ai pu voir par rapport au comportement des certains masqués pendant et après la manifestation peuvent être  le déclencheur d’une réflexion sur notre stratégie.

    Au cours de discussions et un peu comme une excuse j’ai entendu affirmer que maintenant le mouvement contre l’A69 nous dépassait, nous échappait et que nous n’en avions plus le contrôle. Alors que le combat contre cette autoroute soit connu nationalement et même internationalement c’est une très bonne chose, mais il me parait difficile de se battre pour des personnes qui ne nous soutiennent pas. Certes nous nous battons pour nous, c’est l’adn de LVEL, mais aussi contre le saccage d’un territoire. Or si la population de ce territoire ne nous soutient pas nous devenons des illuminés qu’il ne faut plus écouter.

    C’est ce qui est en train d’arriver. Car, à l’exception du cortège paysan, Roue Libre a plus ressemblé à une thérapie à grande échelle pour excités qu’à une démonstration de force pour la cause environnementale,

    Bien sûr il est encore possible de stopper ce projet mais, après le 8 juin, un point d’étape me parait nécessaire. Continuer, comme si de rien n’était vers un acte4 à l’automne me parait suicidaire. C’est pour cela que j’écris ces trois mots et aussi pour encourager ceux qui souhaitent  s’exprimer à le faire,

    C’est exactement le moment.

    Michel Costadau