Auteur/autrice : Michel Costadau

  • Maillon

    Maillon

    C’est sûr que l’atmosphère politique a bien changé depuis un an. Elle s’est même copieusement obscurcie puisque la nouvelle posture du pouvoir c’est de ne pas faire de politique et de dire que la politique c’est dépassé. Des élus qui ne font pas de politique on aura tout vu, c’est comme des banquiers qui ne font pas d’argent. Comme s’il pouvait y avoir une vision plus moderne des choses. Mais, non, il n’y a pas de vision moderne ni postmoderne des choses, il y a les choses c’est-à-dire la réalité et c’est tout.

    Depuis un an il n’y a donc plus d’opinions, de choix de société, de priorités, ni de bien public, il y a seulement une liste de choses à faire. Comme une liste de courses et c’est en parcourant les rayons du super que représente pour eux notre société, que nos gouvernants découvrent de temps en temps que ce qui est dans les gondoles est aussi sur leur liste. Bingo.

    Vous allez me dire mais c’est pas nouveau ça, c’est la technocratie. Eh non c’est pas nouveau, c’est juste un peu plus chaque fois. Et cette fois le saut  a été conséquent. Mais ça veut surtout dire que, définitivement, nous ne sommes plus gouverné par Paris mais par Bruxelles et Francfort. C’est-à-dire par des gens au seul contact du business et de la finance. Et comme vous le savez Bruxelles est vraiment un modèle dans le genre business first.

    On peut dire qu’avant, c’est-à-dire il y a longtemps les partis politiques, c’est-à-dire Paris, avaient des programmes, des valeurs, en liaison avec une vision de la société, ses défauts, ses inégalités et aussi ses demandes et ses besoins. Maintenant Bruxelles a une seule feuille de route : l’économie. Et le programme consiste en trois lettres : PIB. Je vous ai déjà parlé de cette religion et il ne faut pas cesser d’en parler, car c’est vraiment le mal du siècle.

    Ce que je veux dire c’est que tout cela ne change pas la réalité. Et je pense qu’une posture de négation de la réalité n’est pas tenable et qu’il faut une soupape ou un maillon faible comme vous préférez. Et donc je ne sais pas si c’est un scoop, un pronostic, une vision  ou un vœu mais je ressens clairement que Macron ne finira pas son mandat. Voilà c’est tout, bises et bonne soirée A+

    Ah oui, vous voulez les arguments, la preuve, la démonstration.

    Mais, vous savez, tout cela est assez ténu et on marche un peu à l’intuition dans ce domaine.

    Néanmoins en fait c’est simple, parce qu’en voulant être le seul à avoir raison il est en train de se mettre tout le monde à dos. Pour le moment, ses amis le soutiennent encore parce qu’ils tirent profit de la financiarisation de la société, mais comme tous les électrons libres, on finit par les éliminer. Et il ne peut pas faire autrement que d’assumer, c’est la stratégie classique de la fuite en avant. Commencer à réfléchir ou se remettre en cause, c’est la preuve qu’on a des doutes et c’est dans ces doutes que les opposants s’engouffrent. Alors aucun doute, droit dans ses bottes, comme Jupé en 14 dont il a pris allègrement la place, il avance en niant la réalité. Et quand la religion du PIB rencontre le mur de la réalité ça coince. Notre société est bloquée et il va falloir qu’un maillon saute.

    Michel Costadau

  • Gaz

    Gaz

    D’habitude c’est moi qui vous explique les trucs, mais là je vous demande votre avis : en quoi est-il mieux de larguer, sur des populations, des bombes ou des gaz ? Excusez-moi, je ne vois pas bien clair sur ce sujet. Les deux ont pour objet de tuer et de détruire. Vous allez me dire que les gaz ça ne tue que des gens alors que les bombes ça détruit aussi des bâtiments et ça fait des réfugiés. Bon et alors, c’est ça votre réponse ? Je ne vois pas ce que ça change. Une bombe est une bombe, une cible est une cible, une victime est une victime, je n’arrive pas à sortir de là. C’est vrai que le gaz c’est pas très propre, mais les bombes c’est pas vert non plus.

    En plus, larguer de bombes ou des missiles pour punir ceux qui ont lancé des gaz, ça vous fait pas un peu drôle ? Ca fait truand marseillais en plein règlement de comptes, non ? A quoi ça rime de punir quand la sanction est plus dommageable que la faute. Et puis qui décide ce qui est une faute ? Un tribunal, une instance internationale, un aréopage de sages âgés ? Les médias ? Personne ?

    En plus je me demande si dévaster sans rien défendre, gagner ni conquérir, à quoi ça rime. A montrer ses muscles comme à la foire. A bruler des munitions pour satisfaire le PIB. Ou bien à entrainer la soldatesque mais dans quel but ? Serait-ce nous qui sommes visés ?

    Ca fait beaucoup de questions mais, par contre, ce que je comprend bien c’est que nous faisons la guerre par procuration. Il est complètement faux de dire que les Français se battent ici ou là. Aucun Français ne se bat, car honnêtement les Français ne sont plus concernés que par des sondages et il n’y a aucune mobilisation de la population, je ne dis même pas les armes à la main, mais au moins dans des comportements de participation.

    Clairement, nos combattants sont seulement des gens payés pour ça, comme les mercenaires de la Renaissance. Et aux ordres de qui sont-ils ces vaillants guerriers ? Certainement pas à nos ordres, même pas à celui de notre représentation ex-démocratique alors ….. ben oui ils sont aux ordres de la finance qui nous gouverne. Là ça me fait vraiment mal que la finance joue au train électrique sur notre pauvre planète. Bien sûr nous n’avons aucun moyen de les en empêcher mais je crois que ça on pourrait, on devrait le changer. Comment ? Encore une question.

    Ce qui me gêne aussi c’est que, ailleurs, c’est vrai qu’il y a des gens qui se battent pour eux, il y a des populations mobilisées, il y a des guerres de libération, d’indépendance. Mais tout est recouvert par la finance du manteau du terrorisme. Tous ceux qui luttent contre la finance sont traités comme des terroristes. Les grévistes sont qualifiés de saboteurs, les zadistes de rebelles, les manifestants de casseurs, les opposants de traîtres et les pauvres de repris de justice. C’est à se taper la tête contre les murs, et le mur de la finance est dur alors on se fait mal.

    Nous sommes en pleine guerre et personne ne sait comment l’arrêter. Moi j’ai une petite idée, vous la connaissez, mais elle est encore peu partagée.

    Michel Costadau

  • Raciste1

    Raciste1

    -Attends là qu’est-ce que tu viens de dire ?
    -Je viens de dire que tous les hommes sont frères,
    -Gloups, je croyais avoir mal entendu,
    -Oui tous les hommes sont frères,
    -Euh tu blagues hein, même les Arabes ?
    -Oui les Arabes sont nos frères,
    -J’y crois pas, même les Chinois, ça c‘est pas possible,
    -Si, les Chinois sont nos frères,
    -Oh putaing, pas les noirs quand même, n’importe quoi ?
    -Si, les noirs sont nos frères et même, pas de bol pour toi, nous descendons tous des noirs,
    -Là tu me fais marcher, nous tu veux dire, on a des ancêtres noirs,
    -Oui, c’est la migration des hommes vers le nord et un peu de génétique qui leur a donné la peau blanche,
    -Ah mais alors les Tartares c’est pas nos frères quand même ?
    -Bien sûr que si les Tartares sont nos frères, là c’est plutôt la migration vers l’est et un peu de génétique qui a fait la différence,
    -Alors, comme ça, on est tous frères,
    -Cousins si tu préfères,
    -Oui c’est mieux, mais à quoi ça sert qu’on soit tous frères,
    -C’est pour dire qu’il n’y a pas plusieurs races, il n’y en a qu’une, c’est la race humaine : homo sapiens sapiens,
    -Mais pourtant il y a bien du racisme quand même,
    -Ah ça oui, le racisme c’est toutes les dérives pour permettre que certains se croient supérieurs aux autres, les ethnies, les peuples, les tribus et même le sang,
    -Ah mais on n’est pas tous égaux quand même, y en a des plus rapides et des plus intelligents, non ?
    -Oui bien sûr, mais le racisme c’est quand certains basent leur supériorité sur une particularité physique, mentale ou génétique, par exemple être blanc ou peul,
    -Etre blanc c’est pas un défaut quand même,
    -Non, c’est un profil génétique et il y a beaucoup de profils génétiques dans l’espèce humaine et donc beaucoup de différences,
    -Tu veux dire que la différence est source de racisme,
    -Oui parce qu’on parle de race de chevaux, de chiens ou de blé obtenus par croisement et sélection, alors certains ont voulu voir des races chez les hommes, par exemple avec la noblesse ou le droit du sang,
    -Alors il n’y a pas plusieurs races d’hommes,
    -Non il y a une seule race d’homme mais les blancs sont racistes, entre autres parce que pendant longtemps ils ont entretenu l’idée qu’ils étaient les plus civilisés sur terre. Remarque que les Aborigènes faisaient exactement pareil,
    -Les quoi ?
    -Laisse tomber,
    -Tu veux dire que le racisme c’est moderne ?
    -Non, peut-être pas, mais le racisme actuel est surtout lié aux à la prise de pouvoir des religions,
    -Alors là je t’arrête, parce que être tous frères c’est pas un peu catho ça ?
    -Oui c’est le discours des cathos, mais en vrai les religions soutiennent qu’il n’y a qu’une seule vraie religion, la leur. C’est le moteur du racisme,
    -Tu veux dire que les guerres de religion c’est du racisme,
    -Exactement, car quand on veut justifier une guerre ou une colonisation, il faut trouver un mobile, par exemple les convertir à la vraie religion,
    -Mais il n’y a pas de religion supérieure aux autres,
    -Bien sûr que non et il n’y a pas d’hommes supérieurs aux autres mais le principe  de supériorité a pour objectif la domination. Et c’est aussi le remède suprême à la médiocrité,
    -Alors, si j’ai bien compris, les racistes sont des minables, mais c’est quand même nos frères ?
    -Ben oui.

    Michel Costadau

  • Modèle

    Modèle

    Ce coup-là Hulot tu dis vraiment n’importe quoi. Eh oui, « on a sauvé la zone humide et il faut savoir arrêter des combats qui n’apportent rien de plus » . C’est dramatique comme position, car toi je ne sais pas trop ce que tu as gagné, à part ton maintien au gouvernement, mais nous, nous n’avons rien gagné, rien. En fait de combat ça ne fait que commencer. Parce que le fait que l’Etat reconnaisse enfin la nocivité d’un projet, n’est vraiment qu’un début pour la récupération de terres et de zones humides afin de les distraire d’une agriculture destructrice. Parce que je ne sais pas si tu as remarqué, mais les insectes, les oiseaux, les abeilles ça fait partie de la nature et c’est l’agriculture qui les supprime par l’utilisation de produits, connus pour être dangereux, mais que toi tu es loin d’avoir interdits ou même règlementés. Pour que ce soit clair, je sais que tu t’en doutes, mais je préfère le préciser : tu es nuisible, comme les autres et nous ne t’accordons aucune confiance. Et même, tu vois, on est plutôt inquiets sur un truc : c’est cette histoire que l’agriculture doit nourrir la planète et que la seule capable de le faire c’est l’agriculture productiviste. Je ne sais pas d’où sort cette faribole mais elle est complètement fausse et dangereuse pour deux raisons.
    D’une part personne n’a jamais demandé aux agriculteurs de quelque pays que ce soit de nourrir la planète, jamais. Que les agriculteurs de chaque pays arrivent à nourrir leurs familles et leur pays, oui ça ça peut se comprendre et c’est une bonne chose. Mais hélas, tu le sais très bien, ce n’est même pas le cas. Et d’un.
    D’autre part le modèle agricole dominant fait plus de dégâts que de bienfaits et s’est mis sur voie de garage. Non seulement il détruit le sol, mais il détruit aussi l’eau, les arbres et tout ce qui vit dans la végétation. Et de deux.
    Eh oui, il ne faut que 80 ans de culture industrielle pour détruire la vie de la terre et devenir du coup entièrement dépendant de l’industrie chimique. Et c’est le cas chez nous. Car si un agriculteur est dangereux c’est parce qu’il est complètement aux mains des industriels qui, eux, sont au service de la finance. Les industriels ont réduit le métier d’agriculteur à savoir uniquement quand et comment appliquer tel produit, que ce soit pour les cultures comme pour l’élevage.
    A tel point que maintenant il faut se protéger des agriculteurs en leur interdisant certains produits, certaines pratiques, certaines semences, car ils en sont incapables par eux-mêmes étant comme on l’a dit aux mains de l’industrie.
    Alors tu vois le modèle productiviste, ton modèle, est, non seulement incapable de faire que chaque pays puisse se nourrir lui-même mais en plus détruit ce qui fait que l’on peut vivre de la terre sur terre : la végétation, l’air, le sol et la faune utile aux plantes. La limite est dépassée et il est plus que temps de mettre en œuvre de nouveaux modèles respectueux des équilibres naturels. Et justement à NDDL c’est ce genre de question qu’ils se posent. Et là Hulot on ne t’entend pas beaucoup les soutenir. Alors à mon avis Hulot tu devrais prendre des vacances pour y voir un peu plus clair.
    Michel Costadau
  • Diversité

    Diversité

    Est-ce qu’on peut dire qu’il y a, au moins, un signe qui marque l’évolution du monde dans lequel nous vivons. Quelque chose qui se produit dans toutes les sociétés humaines qui peuplent la planète. Une tendance de fond caractéristique qui marquerait notre époque et nos pays. Eh bien oui il y a une ligne conductrice, elle n’est pas évidente, pourtant elle représente bel et bien une continuité. Et c’est celle de la disparition de l’individu en tant qu’acteur social et économique. Attention ce n’est pas la disparition de l’individu dont je parle, au contraire, c’est la modification de son rôle dans la société. Pour parler clair c’est même la disparition de la notion de rôle moteur de l’individu qui est en train de se produire. Cette tendance lourde n’est pas très ancienne, elle n’a que quelques centaines d’années.
    On explique.
    C’est cette affaire de tomates qui m’a mis sur la voie. Vous savez ces tomates hydroponiques qui fournissent une grande partie du marché. Sur un exemple local, à Bessières, nous avons d’un côté une centaine de maraîchers et de l’autre une entreprise industrielle qui emploie une trentaine de personnes. Les deux ont des capacités de production équivalentes, mais il n’y a de la place que pour l’un des deux, c’est-à-dire que c’était l’entreprise ou les maraîchers. Et comme l’indique la tendance, avant c’était les maraîchers, aujourd’hui c’est l’entreprise. Et il y a des conséquences.
    En fait ce n’est pas la diminution du nombre d’emplois qui pose problème, c’est la diversité humaine que représente une centaine de  maraîchers par rapport à une entreprise, qui est la question. Diversité, voilà le mot.
    Je n’invente rien en disant que la biodiversité est d’actualité mais s’adresse exclusivement à la nature. Pour ce qui concerne l’homme, personne ne se pose la question et pourtant il y a matière. Clairement, les salariés offrent une richesse comportementale bien faible par rapport à des individus indépendants. En effet, les salariés sont dans une seule logique, celle de l’entreprise, alors que les individus indépendants représentent autant de logiques que d’individus.
    C’est l’émergence et la multiplication des entreprises qui est en cause. Plus précisément ce n’est pas qu’il y ait de plus en plus d’entreprises qui pose problème, c’est le fait qu’elles occupent une part toujours croissante de la population. C’est mondial et ce n’est pas fini.
    Dans un fonctionnement individuel, chaque personne est le nœud d’un réseau relationnel très dense. Par exemple, le paysan, l’artisan, le commerçant ou le petit fabricant ont des relations avec des clients, des fournisseurs, des administrations, mais aussi avec des experts et encore avec d’autres personnes de la même profession. Et ils résolvent les problèmes qu’ils rencontrent, chacun à leur manière. Et ils ont une grande créativité de projets. C’est ça la diversité.
    Ce qui n’est en aucune manière le cas du salarié, qui, même s’il  n’est pas mono-tâche, ce qui est catastrophique, connaît en tout et pout tout le petit bout de travail qui lui est affecté, et ses problèmes sont généralement résolus par d’autres. Par principe, son réseau est très limité et en général strictement lié à la même entreprise. C’est pour ça que je parle de réduction de diversité.
    Dit technocratiquement, ça donne : la perte de diversité socio-économique c’est le remplacement d’individus fonctionnant comme centres de décision dans un large maillage avec d’autres personnes, par des individus soumis à une structure économique qui agit comme seul centre de décision.
    Alors est-ce que cela va continuer. Ben c’est probable, parce qu’il semble que le salariat soit, quand même encore, la source de l’enrichissement des actionnaires et des financiers.
    Michel Costadau
  • Secteur

    Secteur

    Est-ce qu’un vote doit toujours concerner tous les électeurs ? Disons, plus précisément, est-ce que tout ceux qui ont le droit de vote peuvent voter tout ? Spontanément vous allez me répondre ben oui, quand t’es inscrit t’as le droit de voter. Mais on est ici pour réfléchir alors réfléchissons. Attention je ne parle pas du refus de vote, je parle du contraire de l’interdiction de vote, c’est-à-dire de la pertinence du vote pour certains électeurs. Par exemple, quelle est la place des hommes dans un vote sur le droit à l’avortement. Hein ? Eh oui, il est clair qu’ils ne sont pas concernés. Je veux dire : quels droits peuvent ils acquérir ou refuser avec ce vote. Strictement aucun ou alors celui de décider à la place des femmes ce qui est bon ou pas pour elles. C’est d’ailleurs une attitude assez générale qu’ont les hommes de répondre à la place des femmes et je me demande s’il ne faudrait pas changer un peu ces mauvaises habitudes patriarcales, entérinées par la loi en plus. Ouille ! Pour la suite on va dire qu’un vote où certains électeurs n’ont pas le droit de voter, par exemple quand seules les femmes votent, s’appelle un vote sectorisé.
    Et très actuellement, outre l’Irlande, il me semble que ce type de vote pourrait concerner aussi la Hongrie, la Pologne et quelques autres. Et je ne parle pas de la purification ethnique dans les Balkans.
    En fait il y a déjà eu des cas récent de vote sectorisé, c’est-à-dire où le vote n’a pas concerné tout le monde. Par exemple le « référendum » sur NDDL où seule la Loire Atlantique a voté, alors que le projet est national. C’est clairement un vote sectorisé ? En effet pourquoi la Loire Atlantique et pas la France entière ou la région Pays-de-Loire, ou même la seule ville de Nantes qui est la plus concernée par les avions. Pourquoi ? Eh bien ça s’appelle un choix politique. En l’occurrence c’était vraiment un mauvais choix.
    Revenons au vote sectorisé pour voir comment on pourrait l’utiliser…s’il existait. Vous le savez, le monde actuel est aux mains de la finance et les riches font ce qu’ils veulent sans tenir compte le moins du monde ni des lois ni des pauvres. Et donc on pourrait imaginer que les riches n’aient plus le droit de voter puisque déjà riches. Alors seuls les pauvres voteraient et, toujours en imagination, on pourrait penser qu’ils votent pour ceux qui les sortiraient de la misère. Ce qui fait qu’à la fin plus personne ne voterait, mais ce serait une bonne fin parce que tout le monde serait riche.
    Bof à vrai dire je ne sais pas si c’est une bonne chose que tout le monde soit riche. Et en fait ça n’a aucune chance d’arriver. Pourquoi ? Eh bien parce que les riches ont envie de rester riches et ils savent très bien qu’ils ne sont riches que parce qu’il y a des pauvres. On peut dire que les riches entretiennent les pauvres, comme les fourmis entretiennent des pucerons, parce qu’ils en ont besoin.  Par contre, l’idée n’est quand même pas si farfelue, parce que je ne pense pas que les riches tiennent plus que ça au droit de vote. Ils ont déjà les médias, les candidats, l’argent et prônent cette notion catastrophique que voter c’est donner son avis. Ca fait longtemps que les élections sont pour eux un problème résolu et sous contrôle.
    Michel Costadau
  • La République et la Couronne

    La République et la Couronne

    Quand je lis dans les romans policiers anglais que les constables sont au service de la Couronne, ça me hérisse au plus haut point car il n’y a aucun honneur à servir les têtes couronnées tout au contraire. Mais en y réfléchissant je me suis rendu compte que, chez nous, nous avions remplacé la Couronne par la République. Aïe. Et ça m’a fait tilt. Est-ce que c’est mieux ? En plus notre République est représentée par une blonde avec un bonnet phrygien ou une matrone au sein nu ou un profil grec, enfin quelque chose qui ne s’appuie pas sur le meilleur du féminin.
    Bon la Couronne. Mettre ses qualités, son énergie et ses revenus au service de cette bande de profiteurs et d’écorcheurs du peuple que sont les rois, les reines et leurs semblables c’est indéfendable. Car sous la couronne il y a directement des personnes physiques, de vrais parasites autoproclamés. On peut faire ce que l’on veut dans la vie, mais perdre toute respectabilité en s’inclinant obséquieusement devant des puissants inutiles et méprisants c’est trop, beaucoup trop. Même petit, même faible on peut, on doit avoir sa dignité et le minimum de quant à soi qui permet de prétendre au titre de personne humaine et non de caniche.
    Alors la République. Bien sûr l’avantage de la République c’est que c’est un symbole et donc être à son service c’est servir des idées, des valeurs, c’est servir le bien public. Celà en théorie ou dans le passé, parce que pratiquement la République on ne sait quand même plus très bien ce que c’est ni qui c’est. C’est un peu le revers de la médaille. Hélas pour le QUI, on a une petite idée. Eh oui les ors de la République résidences, véhicules, avions, châteaux, tapis rouges et domestiques ne sont pas à la disposition de la population mais seulement …. des politiques.  Et ceux-là sont ils des travailleurs, des gens simples et de bon contact, élevant une famille dans les valeurs de la droiture, de la probité et du sens des autres ? Non, vous le savez bien, ce serait plutôt le contraire et alors c’est sûr qu’il y a un problème. Parce que du coup cette idée du bien commun, du bien pour tous n’a plus de sens. Puisque ce serait plutôt le bien pour soi.
    Alors, alors, alors comme toujours la réalité ne peut être évitée et il faut se rendre à l’évidence, la Couronne a son public. Elle distrait, elle fait rire ou pleurer une partie de la population. Mais aussi elle fait rêver. C’est là le secret, elle représente une compensation aux misères de la vie pour des gens eux-même malmenés. Bien sûr c’est ridicule et complètement négatif, c’est ringard mais c’est comme ça.
    Et donc, maintenant est ce que la République fait rêver ? Gloups. La République ne fait pas du tout rêver, elle a plutôt une image de guerre, de pauvreté, de naïveté échevelée et même d’injustice, car la balance qu’elle tient souvent à la main est lourdement plombée.
    Autant la Couronne est un modèle qui pourrait faire envie, autant la République est une chimère à laquelle personne ne souhaite ressembler. Elle ne sert qu’aux discours et encore de moins en moins.
    Que peut on conclure ? Bien sûr pas question de revenir à la Couronne, on a déjà donné. Maintenant comment rétablir ce souci du bien public dans notre caste d’égoïstes ? Comment redonner du sens au bien commun, au bien pour tous ? Comment, certainement pas en votant pour eux en tous cas.
    Michel Costadau
  • Euro 20

    Euro 20

    Allez, fini les rêveries ; on revient dans le dur, c’est-à-dire la politique, pour faire un petit balayage des 20 pays de la zone euro. C’est pas reluisant du tout. Je vois quand même six démocraties : Allemagne, Belgique, Grèce, Irlande, Italie, Portugal, mais trois pays voyous : Chypre, Luxembourg, Malte, un Etat religieux : Vatican, quatre Etats fascisants : Espagne, France, Lettonie, Lituanie et six pays populistes : Autriche, Estonie, Finlande, Pays-Bas, Slovaquie, Slovénie.
    Je suis sûr que vous êtes d’accord avec moi, mais je vais quand même vous donner quelques éléments.
    Quand je parle de démocraties je veux dire des pays où le parlement a le pouvoir, ou tout au moins compte beaucoup. Les bons exemples en ce moment sont évidemment Allemagne, Italie et Portugal. Parce que, ce que les médias nous décrivent comme blocages et impuissance sont seulement les nécessaires discussions entre représentants des diverses sensibilités de la population. Eh oui la population est partagée. Elle à le droit d’être représentée dans sa diversité et tous les mécanismes pour masquer cette réalité sont du domaine du fascisme. Cqfd. Certains ont des préventions à l’égard de la Grèce au prétexte qu’elle pactiserait trop avec le système. Ce n’est vraiment pas sérieux car tous les pays d’Europe non seulement pactisent, mais ont tous ce que j’appelle la religion du PIB. On y reviendra.
    Pour les Etats voyous, y a pas photo. Soit pour le blanchiment, soit pour les mafias, soit pour la corruption, ou pour les trois mon général, ce sont de tristes Etats dont personne n’est fier, mais dont tout le monde se sert.
    L’Etat religieux est une honte, sans commentaire.
    Les Etats fascisants dont nous faisons partie sont ceux qui ne jouent plus le jeu démocratique et sont aux mains de castes qui exercent un pouvoir presque sans contrôle. On peut aussi les caractériser par le fait que toute la classe politique et donc tous les partis sont très à droite, même ceux de gauche je veux dire. L’Espagne, en plus, montre une grande collusion entre l’exécutif et le judiciaire, indiquant bien ainsi qu’elle n’a pas digéré le fascisme franquiste et, à preuve, nous joue une pièce minable avec la Catalogne.
    Les Etats populistes sont des pays encore un peu démocratiques mais où les sentiments xénophobes de la population sont exacerbés et utilisés au lieu d’être discutés et contrebalancés. Dans ce cas ce n’est pas l’opinion qui gouverne, c’est la rumeur. En plus ils sont assez petits, avec des atouts touristiques exceptionnels, mais une histoire récente  très tourmentée.
    Au total, bien maigre bilan et en plus comme je l’ai dit tous ces 20 pays de la zone euro sont à fond dans le système. Et quand je parle de religion du PIB, c’est pour dire que toute l’action politique n’a qu’un seul but :  favoriser le développement de la finance. D’ailleurs il n’existe plus en Europe de partis en rupture avec le capitalisme, il n’y a que les habillages de la collaboration. Notons aussi que tous les dirigeants de tous ces pays ont une propension à savoir ce qui est bon pour la population, sans jamais tenir compte des mouvements, manifestations, pétitions, propositions, associations de ladite population. C’est de la science infuse ou …. du mépris.
    Maintenant si nous restons 5 minutes en France, nous pouvons constater que toutes les prétendues réformes gouvernementales ne sont que des leviers pour développer le business. Privatisations, dérégulation, allègement de la protection sociale, sabordage de l’école, utilisation de la pollution  et de normes comme arguments pour renouveler les véhicules, les installations industrielles ou agricoles. Tout est bon pour alimenter l’ogre dévorant de la croissance du PIB, qui aurait c’est vrai beaucoup de mal à progresser sans le soutien sans faille de nos classes politiques. C’est ça l’Euro.
     Michel Costadau
  • Questionnement

    Questionnement

    Je suis certain, même si vous ne le dites pas, que vous vous posez des questions, que vous avez des interrogations qui traînent comme ça dans vos têtes. Et vous avez raison. Je vais juste contribuer en vous donnant quelques unes des questions que je me pose moi aussi, auxquelles  je n’ai pas la réponse et qui n’en ont d’ailleurs peut-être pas. C’est du vrac. Y a pas d’ordre.
    Q1 : depuis l’origine de l’humanité, combien est-il né d’êtres humains et combien sont morts. Ce nombre de morts est-il supérieur ou inférieur à la population actuelle. En gros, est-ce que nous avons une parenté de plusieurs milliards ou dizaines de milliards de prédécesseurs qui sont déjà passés sur terre ou au contraire sommes nous le gros de la troupe ?
    Q2 : homme et femme sont les versions sexuées de l’espèce humaine, rien de compliqué. La question c’est : est-ce que la connaissance et la maîtrise actuelle des moyens de procréation  n’auraient pas tendance à faire que se profile une évolution distincte homme et femme, qui deviendraient alors deux espèces et non plus la même. Les femmes ne produisant plus alors que des femmes. La question se pose aussi de savoir si les mécanismes de reproduction sexués sont une bonne évolution de la vie ou une voie de garage ?
    Q3 : l’univers semble avoir deux extrémités qui ne sont pas de même nature, d’une part une origine il y a longtemps par une espèce de naissance explosive, et d’autre part un gigantesque volume actuel dont on ne connaît pas très bien la limite. Du côté de l’origine, la question pourrait être : y a-t-il un avant ce point de départ. Pour ça j’ai un semblant de réponse qui est qu’il n’y rien avant parce que le temps qui nous sépare de cette origine est, en fait infini, c’est-à-dire qu’on peut s’en rapprocher autant qu’on veut mais on n’y est pas encore, comme si le temps s’allongeait plus on s’en rapprochait. C’est une image bien sûr, mais en gros l’origine en question est très très très loin. Et puis c’est du passé et même si la compréhension de l’avant aide à comprendre l’après, ça ne changera pas la situation actuelle. Par contre, pour l’autre extrémité c’est plus embêtant et se pose la question de l’au-delà, pas le religieux mais le spatial. Les théoriciens nous disent que l’univers construit son propre espace pour dire que l’univers occupe toujours tout l’espace existant. Mais quand même la limite en question est liée au temps, c’est-à-dire  que l’âge et la distance sont une seule grandeur. Je ne suis pas tout à fait convaincu et je me demande quand même s’il n’y  a pas une frontière.
    Q4 : même isolés, les humains ont eu une évolution similaire. Par exemple le langage et l’écriture sont nés à plusieurs endroits en même temps et ont donc donné des langues et des écritures différentes. De même la phase médiévale avec seigneurs de la guerre, châteaux forts et servage a eu lieu un peu partout. Et ces diverses émergences se sont fécondées les unes les autres. Or maintenant nous n’avons plus qu’une seule civilisation écrasante et dominante sur terre, certes avec des survivances archaïques à pas mal d’endroits, mais qui sautent beaucoup d’étapes d’évolution que nous nous avons connues. Alors je me demande si cette unicité, cette réduction,  ne comporte pas une tendance à le stérilisation par manque de diversité.
    Q5 : il y a une situation paradoxale avec le vivant, parce que d’une part la durée de vie de chaque individu est assez courte, mais par le mécanisme de la reproduction notre espèce a une sorte de continuation qui pourrait durer longtemps. Comme une tendance à l’éternité. Par contre, notre planète et même l’univers, eux, ne sont pas vivants, il sont uniques avec un destin qu’on ne connaît pas trop mais qui ne comprend aucun mécanisme de reproduction. La question c’est pourquoi cherche-t-on de la vie, c’est-à-dire d’autres vies, dans l’univers. Euh pas moi, mais il y en a qui s’intéressent à ça. Alors ils cherchent de l’eau ou des protéines. Ma question c’est, chercher une vie assez semblable à la nôtre me paraît enfantin, parce que ce n’est pas les protéines qui nous caractérisent mais la notion d’éternité, ou plutôt de temps long, que je viens d’évoquer. Est-ce qu’il y a d’autres choses qui se reproduisent elles-mêmes dans l’univers, ça c’est une question.
    Bon tout ça en va pas vous empêcher de dormir. A suivre.
    Michel Costadau
  • Service Public

    Service Public

    Ouaouh le scoop des scoops, je l’ai. Je peux pas résister. Je vous le livre. Les cheminots ont proposé d’abandonner leur statut si, en échange, le gouvernement rétablissait le service public dans le transport ferroviaire. Wouf.
    Là en l’occurrence c’est mon copain des chemins de fer qui m’a donné l’info. Le vote a eu lieu hier soir en assemblée intersyndicale à Saint-Pierre-des-Corps, avec 577 délégués des huit syndicats de cheminots.
    Pour surprenante qu’elle soit, cette proposition ne manque pas d’une certaine habileté. D’abord cette mesure est généreuse. Et le service public est vraiment une chose à laquelle tout le monde est sensible. Or en ces temps de repli sur soi et de manipulation de la population, une telle  bouffée d’air est la bienvenue. Je suis sûr, et eux aussi, qu’elle sera appréciée par l’opinion.
    Ensuite, le service public, vous savez c’est exactement comme la Poste. Toutes les gares doivent avoir une desserte par train ou par route mais dans la continuité et la régularité. Ça veut dire aussi ne plus supprimer de gares bien sûr, car le rail peut jouer un grand rôle dans le transport du quotidien. Là où c’est assez bien joué c’est que ça n’implique pas du tout un quelconque monopole de la SNCF ou de Transdev. Au contraire tout le monde est utile dans le service public et en plus il y a du travail, du vrai.
    En ce qui concerne l’abandon du statut, la mesure est elle aussi intéressante car presque tous y gagneront une légère augmentation de salaire. Le seul point, apparemment avantageux, qu’ils abandonnent, c’est la progression liée à l’ancienneté. Ah ! l’ancienneté.
    Vous le savez la vision capitaliste des salaires c’est de démarrer au smic à 20 ans et de finir … au smic à 60 ans. Seulement, cette vision a un gros défaut c’est qu’elle est clairement démotivante. Alors le système a cherché à donner un peu d’attrait au parcours en inventant la notion de plan de carrière, d’échelons, de primes, d’indices, de bonus et même Sarko a essayé une motivation à gagner plus. En fait le mécanisme de l’avancement à l’ancienneté  est assez général et a le mérite d’empêcher ceux aux dents longues de marcher sur la tête des autres. Ce n’est pas la panacée mais ça intervient dans presque toutes les entreprises et aussi dans la fonction publique.
    Bien sûr le système prône tant qu’il peut l’avancement au mérite. Mais on ne sait plus très bien ce que ça veut dire parce que entre le mérite et le piston il y a une relation que l’on pourrait qualifier de mécanique. C’est vrai qu’aujourd’hui l’avancement se fait principalement en changeant de boîte, mais surtout il se fait de moins en moins, car au final c’est bel et bien l’esprit capitaliste qui a gagné avec la notion de salarié variable d’ajustement, c’est dire le salarié jetable. Surtout le moins qualifié, ce qui est devenu la production principale de l’Éducation ex nationale. Vous savez il y a une logique dans tout ça, et je ne me lasse pas de vous l’expliquer. Et c’est exactement ce qui arrive aux cheminots et leur réaction est vraiment bien.
    Maintenant il faut que vous sachiez que ça fait deux ans pile que je vous envoie un billet chaque semaine. Deux ans ça se fête. Et en ces temps où les news ne sont pas toujours vraies je vous devais bien ça pour cet anniversaire.

     Michel Costadau