Catégorie : Démocratie

  • Municipales

    Municipales

    Nous avons, au total, environ 1 élu par km². C’est-à-dire un peu plus de 550 000 élus. Sur ce nombre les conseils municipaux représentent presque 90% des élus de notre pays.

    Les autres sont députés sénateurs, départements ou régions. Mais, en fait ce sont bien ces 10% là  qui décident tout pour le pays, les municipalités se chargeant de gérer les populations, comme elles peuvent.

    C’est donc de cette élection que nous allons parler.

    1 élu pour chaque km², ça ne parait pas exorbitant, et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les villes ne sont pas surreprésentées. Ce sont plutôt les campagnes qui le sont, puisque la moitié des communes font moins de 500 habitants et 90% moins de 3 500. Il y a même des commues avec zéro  habitants !!!

    C’est la France rurale comme on l’appelle parce que campagne ça fait un peu bouseux. Avec le paradoxe qu’il n’y a plus de bouseux et pour trouver les derniers qui résistent, il faut aller au fin fond de l’Ariège.

    Cependant pour participer correctement il convient de bien comprendre ce que c’est qu’un élu municipal.

    Les élus sont des gens payés pour dépenser l’argent des autres.

    La phrase et un peu choc mais correspond exactement à la réalité.

    Attention, tous les élus communaux ne sont pas payés, car presque tous n’ont aucun pouvoir. Seuls moins de 20%  touchent des indemnités, le restant servant seulement à participer. Mais tous dépensent l’argent des autres.

    Clairement ce n’est pas leur argent qu’ils dépensent, c’est le votre. Quand un élu dit qu’il a un projet qui lui tient à cœur, par exemple un groupe scolaire ou un stade, ça veut dire que vous allez payer un stade ou un groupe scolaire.

    Vous allez me dire que vous l’avez élu pour ça, puisque c’était dans le programme. Et vous allez ajouter que vous, personnellement, préféreriez une école à une caserne. Mais rassurez-vous les écoles et les casernes sont faites quand il faut et où il faut. Vous avez les deux pour le prix d’un.

    Tout ça pour dire que ceux qui veulent gérer les mairies comme des entreprises sont à coté de la plaque. C’est très différent.

    Bien sûr les municipalités ont des revenus qui proviennent en général de l’Etat ou de revenus fonciers, mais aussi de leurs ressources propres. Au grand jamais, contrairement aux entreprise, il ne s’agit de l’argent des élus c’est même pratiquement illégal.

    En fait le seul problème pour les candidats c’est le programme. Les programmes sont à peu près tous les mêmes de Dunkerque à Toulon puisque ce qu’il y a à faire s’impose à toutes les communes : écoles, voirie, sécurité etc. Très difficile de se démarquer.

    Alors ce qui compte c’est de dépenser. Une commune qui n’est pas très endettée est une commune mal gérée. Ce serait une erreur de croire que gérer les finances communales en bon père de famille est apprécié. Bien au contraire, c’est un travers dans lequel sont tombés beaucoup de candidats, bien intentionnés au demeurant, de promettre des comptes équilibrés, de ne pas vouloir plus que ce que l’on peut. Ceux là n’ont pas été élus parce que les électeurs demandent que l’on construise, que l’on édifie, que l’on bâtisse, en gros que l’on se projette dans l’avenir. Il est clair que les électeurs aiment aussi dépenser l’argent des autres, un peu comme si une subvention ne venait pas de leurs contributions. !!

    Alors faites des projets, même un monument commémoratif, qui par principe ne sert strictement à rien, aura la faveur des électeurs.

    Bien sûr n’allez pas proposer une station de ski dans les landes, ça n‘est pas porteur.

    Par contre essayez de penser aussi aux jeunes. Ce n’est pas facile parce que les conseils sont remplis de retraités. Je ne dis pas que les villages sont aux mains des retraités, mais on n’en est pas loin. Les villes moins car il y a des professionnels de la politique qui rodent.

    Seulement, attention, vous ne pouvez pas être candidat seul et il faut pratiquement faire des listes complètes, à deux près.

    Cette possibilité a été supprimée récemment  pour les petites communes. C’est évidemment un nouveau recul démocratique, puisque, les listes incomplètes ou les candidatures isolées permettaient une expression citoyenne plus large et plus riche. Par contre l’introduction de la parité homme femme est très correcte démocratiquement.

    Ce qui n’a pas été le cas pour la réforme des cantonales qui a certes amené la parité aux conseils départementaux mais au prix de l’agrandissement des cantons par regroupement deux par deux. Ceci a donc conduit à des cantons avec deux fois plus d’habitants.

    Or l’augmentation de la  taille des  institutions dilue la représentativité des élus et le vote des citoyens. Ils nous ont déjà fait le coup avec les régions, comme ils nous l’avaient fait pour l’Europe. Et maintenant, dans le même esprit, ils développent les Communautés de communes, qui sont de simples regroupements mais avec des compétences de plus en plus étendues, ca qui est, non seulement, un nouveau recul  démocratique, mais aussi un nouvel étage qu’il faut alimenter financièrement. Avec la encore des élus payés pour dépenser l‘argent des autres et même en grande quantité.

    Bon restons positifs.

    Pour les municipales n’hésitez pas à participer, à vous investir voire être candidat. C’est sans danger, on découvre beaucoup de gens et c’est enrichissant.

    Michel Costadau

  • Democratia

    Democratia

    Je vous préviens tout de suite, ce billet est un peu fouinasseur et pas très enlevé. Bon.

    C’est mon couplet sur la démocratie qui a soulevé le plus de questions. Sur le reste tout le monde est à peu près d’accord ce qui est quand même rassurant.

    Ce qui semble susciter un certain désarroi avec mon affirmation que la démocratie n’existe pas, c’est : mais quoi à la place ?

    Tout d’abord, je ne vois pas pourquoi il y aurait quelque chose à proposer puisque c’est un simple constat. Et en plus que ce serait à moi de le faire. Voyons quand même.

    En fait il y a beaucoup de questions soulevées sachant que ce n’est surement pas la Grèce qui a inventé la démocratie puisqu’elle avait un régime particulièrement inégalitaire.

    Pour mieux comprendre la position on peut tirer parti d’un exemple. Supposons que vous soyez amené à vous  méfiez fortement de votre voisin, quelqu’en soit la raison. Constat immédiat : il est clair que vous ne pouvez pas changer votre voisin.  Vous n’avez pas le pouvoir de le changer, Il est là aussi longtemps qu’il veut bien y être et vous aussi.

    Alors la réaction la plus simple, c’est de prendre en compte votre méfiance pour modifier votre comportement à son égard.

    C’est pareil pour la démocratie. Je constate que la société dans laquelle je vis fonctionne sur d’autres modes que le partage du pouvoir avec la population. Je le constate et j’en tiens compte. En ce qui me concerne, je développe même une attitude de non vote puisque je n’ai absolument pas le pouvoir de changer les forces à l’œuvre.

    Et si l’on reste sur l’exemple du voisin, vous pouvez aussi envisager de déménager. Pourquoi pas, mais c’est vous qui supportez seul le prix des problèmes que pose votre voisin alors que lui continue tranquillement. Et bien sûr il faut imaginer que vous trouviez un endroit où il n’y a pas le même genre de voisin.

    En ce qui concerne la démocratie, je ne vois pas trop de pays moins démocratiques ou avec un régime bien différent du notre.

    C’est évidement une question centrale que vous posez. Pour vous y a t il des pays où règnent une démocratie supérieure à la notre et inversement y a t il des pays que vous considérez comme non démocratiques.

    Sur le premier point vous pouvez me dire qu’il y a des pays plus petit ou proportionnellement les individus sont mieux représentés. Mais là vous abondez dans mon sens qui est que nos pays sont beaucoup trop grands pour une possible participation populaire.

    Pour le second point  j’espère que vous n’allez pas me sortir la Russie, la Chine ou l’Iran. Où alors il faudrait me démonter que les violences faite, en France, aux manifestants sont des bavures sans conséquences. C’est vrai que les grandes répressions dans le sang sont, chez nous, dans le passé mais pas si loin quand même. De nos jours c’est plutôt la négation des causes environnementales et de biodiversités qui sont à l’œuvre avec, honteusement, l’aide des agriculteurs. Alors évitons de donner des leçons et de nous croire dans un « bon » régime. Les USA sont là pour nous le rappeller.

    Bref de toute façon vous êtes un peu contraints de rester en France surtout pour des raisons de moyens. Comme d’habitude l’installation à l’étranger est une affaire de riches.

    Cependant, le constat de non démocratie et la défiance vis-à-vis des politiques a un petit coté de résignation contre lequel certains veulent lutter. Il reste d’ailleurs le vieux fond du sentiment historique de conquêtes populaires dans l’évolution des institutions, sécurité sociale, vote des femmes, retraites ou parité électorale. Mais ce ne sont que les miettes que les milliardaires nous laissent à condition qu’ils puissent continuer à s’enrichir et dominer le monde.

    Car le monde évolue dans un seul sens : l’accaparement par un petit nombre de toutes les richesses. Et je ne suis même pas certain que, proportionnellement ce nombre augmente. Il y a mille ans, nombreux étaient déjà les détenteurs ou profiteurs de pouvoir. Les  ordres religieux ne nous ont pas laissé de très bons souvenirs. Pour 10 000  ou 100 000 ans j’ai assez peu d’infos et je ne sais pas trop quoi dire.

    Et donc certains ne voulant pas rester simples spectateurs les bras croisés se mettent en tête de prendre le pouvoir par les urnes afin que les choses changent. Hélas l’expérience nous apprend que rien ne change et que tout le monde est rattrapé par le système. Car comme déjà dit dans le précédent billet : on ne peut rien contre l’argent.

    Alors y a-t-il d’autres régimes possibles que nos pseudos démocraties ? La réponse est simple et claire : je n’en sais strictement rien.

    Michel Costadau

  • Voeux 2026

    Voeux 2026

    Bon, c’est le moment de présenter ses vœux pour la nouvelle année mais je suis un peu sonné par son démarrage assez sanglant. Déjà l’année dernière n’a pas été terrible avec inondations, incendies, guerres et gaza. Gaza l’horreur et la honte.

    Et cette nouvelle année a l’air de vouloir en rajouter. Incendies du réveillon, manifs agricole pré-fascistes, Venezuela et Groenland. Vénézuela, enlèvement d’un chef d’Etat dans son pays par l’armée d’un pays qui se dit démocratique, mais semble plutôt aux mains d’une maffia sans foi ni lois.

     

    Et l’Europe, naine politique, se retrouve être en conflit avec la Russie et avec les USA. Faut le faire. Les autres puissances sont en conflits soit avec l’un soit avec l’autre ? Et l’Angleterre s’en sort bien en n’étant plus dans l’Europe.

    Alors va-t-il y a avoir la guerre ? Drôle de question puisque le monde est déjà en feu un peu partout.

    Alors disons, va-t-il y avoir une guerre supplémentaire, Europe USA ?

    Ma réponse est non. Enfin pas une guerre classique comme en 40. Donc pas la peine de s’entrainer à courir, à ramper ou à tirer, ce n’est pas à l’ordre du jour. Mais nous serons quand même envahis.

    Pour expliquer cela il nous faut parler des USA et du chef de la maffia américaine. Dans ce qui suit maffia américaine et Trump désignent exactemment la même chose.

    Les USA sont le premier empire mondial. Avant, les empires étaient continentaux ou multi continentaux mais pas mondiaux. J’ai déjà expliqué cela dans des billets précédents. En conséquence l’impérialisme américain est le plus grand danger pour la planète.  Et au lieu de se retrouver au coté de la Russie pour résister à la main mise américaine, nous nous trouvons en conflit avec les deux. Re-bravo.

    Maintenant qu’en est-il de cette maffia américaine. Elle a un slogan que tout le monde connait Maga. Mais ce slogan ne veut pas dire qu’ils cherchent à rendre les américains plus grands, plus heureux et plus riches. Non ce slogan ne concerne que les milliardaires. Maga  ça veut dire rendre plus riches les milliardaires et même en avoir de nouveaux.

    Trump se moque complètement du sort des américains. Il a établit une fois pour toute que le monde est dirigé par les milliardaires. Que ce sont eux qui font fonctionner la machine économique, qui prennent les orientations, on dit aussi investissements, pour encourager la consommation et l’accumulation des richesses.  D’ailleurs Trump ne fonctionne qu’avec des interlocuteurs individuels pas avec des collectifs. Il ne discute pas avec la Russie mais avec Poutine, il ne discute pas avec le Vénezuela mais avec Maduro. L’Ukraine c’est Zelenski et non un gouvernement ou des parlementaires. Et l’on découvre la trace d’un Pahlévi dans la contestation iranienne. Devinez qui agite ce shah ?

    Ensuite la maffia américaine a, clairement, une stratégie coloniale mais pas avec occupation du sol par des colons dans les territoires déjà peuplés. L’horreur de la conquête de l’ouest, s’est fait sur des territoires occupés par des autochtones mais avec une densité de population faible afin de laisser la place aux colonisateurs.

    Dans les zones plus denses ou dites développées, ce rôle d’occupation et donc de stratégie coloniale est dévolu au dollar. Le monde découvre avec stupeur que l’on ne peut rien contre l’argent. Au Venezuela Trump demande aux milliardaires d’acheter les puits. Il coupe les vivres aux organisations des Nations Unies. Il joue avec les droits de douane. Que des jeux d’argents. Et c’est logiquement des dollars que Trump propose pour le Groenland.

    Petite devinette combien vaut le Groenland. Bon, vous fatiguez pas, plein de calculs ont été faits. Quoiqu’il arrive les US ont la capacité de se payer le Groenland. Ce n’est donc pas une question de moyens.

    En plus l’acquisition du Groenland est déjà faite. Ca marche de la manière suivante. Le Danemark et les US vont établir un plan soutenable, basé sur une coopération encadrée, pour les zones arctiques. Ce plan va permettre aux US de faire ce qu’ils veulent où ils veulent quand ils veulent.  J’ai utilisé les mots soutenable, coopération et encadré car ils caractérisent l’enrobage habituel que font les politiques, c’est-à-dire les pions des milliardaires, pour nous enfumer et cacher leurs véritables actions.

    Idem pour le Vénézuela, Certes les majors pétrolières se font un peu tirer l’oreille pour investir mais ça viendra. Il faut dire que ce sont les US qui, à la fois, empêchent les exportations de pétrole par le blocus et demandent aux compagnies d’extraire du pétrole pour l’exporter. Ils ont toutes les cartes pour que ça se passe comme ils le veulent.

    Pour l’Iran, ils vont, peut être, nous refaire le coup des révolutions oranges qui ont toutes permis la mainmise américaine. J’ai déjà développé dans d’autres billets que la démocratie est utilisé par les US  comme moyen de mettre la main sur les pays. Vous le savez maintenant la démocratie n’existe pas, c’est seulement un artifice pour permettre aux populations de consommer avec plaisir et frénésie.

    Alors bon il faut s’arrêter mais je suis loin d’avoir fini. Et au fait bonne année. Enfin ?

    Michel Costadau

  • Diplomatie

    Diplomatie

    Vraiment je me demande ce que peuvent bien se dire les dirigeants politiques et qui ne doit pas être connu des citoyens. Ca fait deux fois coup sur coup que nous avons des divulgations de messages censés rester ignorés des populations. Une fois par l’Australie sur la vente cafouilleuse de sous-marins et une fois par Moscou sur le conflit pourri du Donbass.

    Dans les deux cas ces divulgations relevaient les écarts entre les paroles du dirigeant français et les échanges diplomatiques sur le sujet.

    En fait nous avons deux et même trois problèmes.

    D’abord la question de fond : existe-t-il un seul sujet dont les Français ne doivent pas être au courant ?

    Ensuite la crédibilité : si les dirigeants disent blanc et écrivent noir que faut-il croire ?

    Enfin la réalité : n’y a-t-il vraiment personne, à part le président, qui soit au courant de ces échanges secrets ?

    Procédons. De quoi peuvent se parler nos dirigeants ? Hum.

    En théorie démocratique, ils ne doivent parler que du bien-être de leurs populations, des besoins de coopération, de l’aide qu’ils peuvent s’apporter mutuellement, des nouveautés techniques ou des moyens d’éviter la guerre. Ça c’est la théorie.

    Dans la pratique, je subodore qu’ils ne parlent que finance ou plus précisément qu’ils font état de ce que la finance leur demande d’obtenir et qui demande un endormissement des populations pour pouvoir être mis en place. Mais même dans ces conditions, que pourraient-ils bien devoir nous cacher. Tout devrait être sur la table. Et si des choses doivent être tenues secrètes, ça relève plutôt de l’arnaque commerciale que d’une honnête diplomatie.

    Maintenant question crédibilité : nous avons un excellent exercice avec ce qu’il est convenu d’appeler la crise migratoire européenne.  Concrètement il n’y a que la frontière nord qui tienne encore un peu. Le reste présente plein de grandes brèches : la Méditerranée, l’Europe orientale et maintenant la Manche. Et qu’est ce que l’on entend dans les chancelleries : en gros tout est de la faute des passeurs. On finirait par croire que c’est eux qui ont inventé les migrants, et que si l’on supprimait les passeurs, il n’y aurait plus de migrants. Hélas, clairement ce sont les contraintes des États qui ont créé les passeurs. S’il n’y avait pas des milliers de victimes on se contenterait de tourner les diplomates en ridicule, mais force est de constater qu’ils jouent avec les vies humaines d’une manière éhontée. Et personne ne croit plus ce qu’ils disent.

    Enfin la réalité : tous ces messages secrets passent, comme le secret bancaire, entre beaucoup de mains et par des tuyaux ou des ondes dont la porosité est établie chaque jour. Je n’ose vous parler des conjoints des dirigeants dont la participation depuis la conception jusqu’à la réalisation est indispensable. Je vois bien au petit-déjeuner cet échange : alors qu’est ce tu as répondu à Boris ? -La prochaine fois on fera marcher le secret défense et ça restera entre nous. -Bonne idée, les gens n’ont pas à savoir tout ça. Voila.

    Finalement, que la diplomatie politique ait beaucoup de choses à cacher est difficilement compréhensible. La valise diplomatique, les téléphones rouges, les textos cryptés, le rappel des ambassadeurs et tout ce langage ni tu ni vous reflètent des pratiques d’un autre âge pour ne pas dire du Moyen Âge, mais à cette époque-là les gens étaient crédules.

    Michel Costadau

  • Deux Questions

    Deux Questions

    Suite au billet « Cliquet », un fidèle lecteur m’a posé deux bonnes questions demandant donc de bonnes réponses, si possible.

    • Diminution, réduction progressive de nos libertés

    Ce n’est pas faux, mais soyons précis : dans ta vie quotidienne actuelle, quelles sont les choses que tu aimerais faire et qui te sont interdites ? Cite-moi un exemple précis de manque de liberté. Un exemple précis d’une chose qu’on te contraint à faire contre ton gré.

     

    Souviens-toi du billet « https://non-vote2017.fr/barcelona/ » où il y avait une obligation de fournir un test pour revenir en France. Test impossible à obtenir raisonnablement en Espagne.  Ceux qui ont respecté cette exigence ont passé tout leur we de vacance à faire la queue dans une clinique à 50 km de Barcelone. Nous n’avons pas respecté cette obligation et aurions dû, pour cela, payer une amende pour rentrer chez nous. Heureusement nous avons eu le bol de ne pas être contrôlés. Tout cela représente des pertes de liberté, sous forme de temps et de soucis inutiles.

    Concrètement, comme tu dis, j’ai annulé plusieurs voyages en novembre, décembre et janvier pour voir de la famille et des cousines âgées à cause de la fermeture des restaurants et de pas mal d’hôtels. Car manger un sandwich dans une chambre avec comme seul vis-à-vis la télé et l’interdiction de sortir, je n’appelle pas ça la liberté.

    Ce n’est pas la peine que je te rappelle que les gens ne vont plus au cinéma, ni au théâtre, ni au concert, ni aux jeux olympiques, ni au foot, et bientôt plus au boulot. On leur demande seulement de rester chez eux en travaillant si possible. Moi j’appelle ça une prison. On est en prison chez soi voilà où nous en sommes. Et le fait qu’il y ait peu de révoltes ne change pas la situation mais montre simplement l’état de soumission dans lequel est la population.

     

    • Les vaccinés n’ont pas à imposer le vaccin, par le passe sanitaire, à ceux qui n’en veulent pas : liberté ! liberté !

    Je crois comprendre que le passe sanitaire (en vigueur dans d’autres pays) veut empêcher les non-vaccinés de se regrouper au risque de propager le virus et de saturer les hôpitaux, en plus de ne pas contribuer à l’immunité de groupe. Les anti-vaccin devraient donc s’engager, s’ils contractent le Covid par leur faute, à ne pas se faire soigner.

    Je trouve ta question un peu compliquée et contenant des propositions contradictoires.

    Je fais donc une réponse en plusieurs volets.

    Aspect financier :

    Pour commencer, accepte de voir que ceux qui ne veulent pas se faire vacciner ont cotisé et cotisent encore comme les autres. Ce serait donc plutôt à ceux qui ont reçu des vaccins de remercier ceux qui n’en veulent pas de payer pour eux. C’est pareil pour ceux qui ont été malades et soignés.

    Aspect politique :

    La ligne sanitaire du gouvernement vient de changer. Avant elle était basée sur le chiffre des contaminations, avec pour objectif de contrôler les hospitalisations. Pour cela c’est le choix « https://non-vote2017.fr/les-3-methodes/  » de la prolongation de l’épidémie qui a été fait afin d’éviter la saturation du système hospitalier. Aucune mesure de jugulation du virus n’a été mise en place mais un léger ralentissement, avec comme accompagnement des décisions extrêmement contraignantes pour la population et l’irruption de divers variants. Dans les faits, il n’y a eu aucune saturation des hôpitaux et beaucoup de lits réquisitionnés dans le privé, moyennant finance,  sont restés vides et le sont encore.

    Cependant il y a quand même eu 110 000 décès. Pendant un an et demi nous avons donc vécu « avec »  le virus. Plutôt mal.

    Brusquement, une nouvelle ligne vient d’être décidée. Il s’agit maintenant de l’éradication du virus, stratégie nommée Zéro Covid, avec la vaccination de l’ensemble de la population. Cette orientation a une connotation électorale évidente mais n’a aucune base scientifique à part peut être un régime de vaccination générale perpétuel.

    Cette volonté d’éradication est louable mais n’a plus de sens avec plusieurs centaines de milliers de cas en cours, vaccinés ou non vaccinés. Pour rappel, le 4 août, avec 100 cas à Wuhan, la ville va tester et isoler si besoin les 11 millions d’habitants de l’agglo.  Clairement, à court terme, l’éradication ne peut pas être basée sur la vaccination qui est une politique à long terme demandant l’adhésion de la population. L’éradication est basée sur les tests, pas sur les vaccins. De plus chez nous cette nouvelle donne s’accompagne de règles contraignantes pour « obliger » la vaccination : tests payants, licenciements, ségrégation des non-vaccinés. On reste dans la répression après les autorisations de déplacements et leurs amendes. C’est de mal en pis.

    Aspect sanitaire :

    En ce moment, l’heure est à la mise au point de traitements du virus et Pasteur est bien avancé sur le sujet. La disponibilité d’un tel traitement permettrait de rendre à la vaccination son aspect volontaire et ciblé sur les personnes à risque, ce qui n’aurait jamais du changer. L’heure n’est plus à la vaccination aveugle en tous cas avec les ARNm. Ce que sachant, les labos concernés multiplient les démarches pour une troisième puis une nième dose.

    Dans les statistiques « https://www.statista.com/statistics/1104709/coronavirus-deaths-worldwide-per-million-inhabitants/» il n’y a pas de quatrième vague et les décès continuent de reculer. Le compteur ne tourne presque plus. Nous avons en ce moment environ 20 victimes du virus par jour sur les presque 2 000 toutes causes confondues soit 1% des décès quotidiens, ce qui veut dire qu’il y a d’autres causes beaucoup plus mortelles que le virus. Je m’appuie pour cela sur les statistiques allemandes. Elles sont plus accessibles que l’INSEE.

    L’augmentation du nombre de cas détecté vient plutôt de la menace du pass lui-même, puisque les gens se font tester de plus en plus. Par contre que des gens vaccinés avec un ARNm soient positifs au PCR et sanctionnés, par exemple pour voyager, ne va pas dans le bon sens et doit nous interroger.

    Aspect sociétal :

    La communication du gouvernement est extrêmement maladroite. Plutôt que de tranquilliser les gens vaccinés en leur rappelant qu’ils ne risquent plus rien, le gouvernement essaie de les utiliser pour faire pression sur les autres. Cela crée un nouveau malaise dans la population avec un sentiment de fichage généralisé. C’est l’aspect QR code qui est en question car l’attestation de déplacement, inadmissible néanmoins, n’était qu’un papier, il n’y avait pas de fichier associé tandis que derrière le QR code il y a les fichiers nationaux de la sécurité sociale d’où la notion de fichage.

    Quant à savoir quand et comment on attrape le virus, le débat reste entier. Si quelqu’un le savait on aurait utilisé ce savoir pour empêcher la population de l’avoir et évité les 110 000 décès. Le virus est visiblement présent partout et semble se jouer de tous les obstacles. Il semble quand même établi que la mauvaise santé des gens  est un facteur aggravant. Quand à se faire soigner, n’oublie pas que plus de 90 % des gens qui ont eu le virus ne se sont pas fait soigner, voire ne s’en sont même pas aperçu.

    Michel Costadau

  • Cliquet

    Cliquet

    Cette fois c’est l’appel à la résistance d’un homme politique imaginaire qui s’imprime dans ma tête.

    Oui ça gronde de partout, j’entends bien ce son unique du désarroi et de la lassitude. Comment a t on pu arriver à ce que nous soyons tous fichés et menacés de sanctions disproportionnées juste pour sortir de chez soi. Comment des gens qui sont vaccinés et donc ne risquent strictement plus rien en viennent ils à vouloir l’imposer à tous. Que les vaccinés laissent les autres tranquilles c’est tout ce qu’on leur demande. La notion de majorité s’est transformée en volonté d’ignorer que les autres existent, c’est la négation de la liberté.

    En fait personne n’est content car au dessus  de nous règne un monstre d’ignorance et d’agressivité, un système froid et brutal qui fait ce qu’il lui plait. Ne croyez pas que cela vienne d’un homme, d’un groupe ou d’une cabale, non cela vient de nous, des petites abdications successives de démocratie que nous avons acceptées au long des années avec l’excuse que chacune n’était pas trop grave. Et aujourd’hui c’est le moment où l’on y peut plus rien.

    Pour comprendre ce qui nous arrive, j’attire votre attention  sur la lenteur et la logique avec laquelle se mettent en place les conditions de basculement d’une situation. Les cataclysmes arrivent seulement quand les conditions sont réunies. Et ça peut prendre du temps.

    Il en est de même pour l’évolution des nos sociétés. L’important en ce moment ce n’est pas un virus c’est l’état catastrophique de nos libertés. Cela n’est que l’achèvement d’un lent processus commencé il a longtemps et qui d’ailleurs continue. Il faut comprendre qu’il n’y a pas de changements brusques dont on ne sait pas d’où ils viendraient, non il y a seulement le cliquet des petits changements imposés et avalés.

    Les guerres mondiales, faites cyniquement au nom de la liberté, ont été un épisode sanglant de la compétition économique entre pays et leurs entreprises, et le cliquet a franchi un cran dans la privation de liberté : partage du monde, espionnage, chasse aux syndicats, chasse aux rouges, expansion US, militarisation. La guerre d’Algérie, de libération en théorie, trouve son origine dans la colonisation et le cliquet a fait un tour de plus dans la privation de liberté : racisme anti arabe, bidonville, contrôle au facies, guerres de religions.

    Les multinationales et leurs incroyables séquelles environnementales sont le fruit de la concentration capitalistique et sont maintenant au dessus des lois : vente d’êtres humains, pillage de ressources, mépris des conventions internationales, appropriation de la santé, appropriation de l’espace, détournement de la richesse.

    Les géants du web et leur monopolisation de la parole et de l’image sont le résultat de la consommation effrénée voulue par le commerce et le cliquet a fait quelques pas de plus : publicité partout, communication mensongère, exploitation des données personnelles, confiscation de la réalité, le « vu » a remplacé le « vrai », consommation effrénée d’électricité pour le numérique, consommation croissante de pétrole pour les livraisons et le transport.

    On en est là parce que depuis longtemps nos représentants trahissent quotidiennement les citoyens et cautionnent toutes les restrictions de liberté. C’est ainsi, avec leurs reculades et leurs démissions que le monde est passé, petit à petit, sous le joug de la dictature financière.

    En France nous constatons un fichage généralisé de la population. Maintenant les données sanitaires s’ajoutent aux données bancaires, téléphoniques, administratives, judiciaires,  professionnelles, éducatives. Et il y en a encore qui disent que nous vivons en liberté.

    Notre pays s’éloigne depuis longtemps et de plus en plus de la confiance entre les électeurs et leurs élus. Les sondages sont devenus le mode de gouvernement, les promesses ne sont que des effets d’annonce, en aucun cas des engagements, les accros à la démocratie dans les domaines de l’environnement, du social ou des armées ont franchis des limites irréversibles. Dans nos sociétés les gens ne sont plus que des télé-citoyens : téléspectateurs, télétravailleurs, télé-consommateurs, plus de publics aux JO mais des écrans, des rediffusions avec des bandes sonores préenregistrées en laboratoire pour encourager les « athlètes ».

    Avec le virus nous sommes en présence d’une opération de communication fabriquée pour tenir la population dans un climat de peur. Ce climat qui est porté par toute la classe politique a pour but de museler la parole de la population. Les élus ne nous représentent pas et il est interdit de descendre dans la rue. La nasse s’est refermée.

    Jamais il n’est évoqué de lien entre la politique libérale et les victimes du virus. La communication a été maintenue sur du quantitatif, le nombre de lit, de masques, de tests, de cas mais jamais sur la mauvaise santé de la population, gavée de médicaments et d’opérations, toujours en attente d’une analyse médicale, d’un examen ou d’une intervention. La population respire un air pollué, mange des produits frelatés, s’isole comme elle peut du bruit des machines, des engins et cherche désespérément un travail où elle compte un peu. Le fameux allongement de la durés de vie s’est fait avec une acceptation de la mauvaise santé d’un grand nombre, de la dépendance médicamenteuse. Plus aucun élu ne défend les gens contre le système. Et pourtant les démonstrations de la nocivité de l’économie et de l’incurie des élus sont disponibles et accessibles. Mais les politiques sont dans le cercle vicieux de l’agitation et de la gesticulation pour empêcher les gens de penser, de parler, de réfléchir.

    En ce moment le cliquet fait un grand bon en avant. Résistance.

    Michel Costadau

  • L’Etat

    L’Etat

    J’ai récemment trouvé une nouvelle pièce du puzzle sur le fonctionnement de nos sociétés. Il s’agit du rôle et de la place de l’État. Jusqu’à maintenant j’avais la vision d’une entité au-dessus de nous chargée de distribuer et de répartir les ressources de la nation, de dispenser l’éducation, de rendre la justice, de nous maintenir en bonne santé, d’entretenir une armée pour nous défendre et deux ou trois autres bricoles.

    Je ressentais cet État comme une partie de nous mêmes, en opposition aux anciennes pratiques dictatoriales royales ou impériales qui semblaient se l’être approprié. Il était même question de plusieurs types d’État, de l’État providence des social-démocraties à l’État minimaliste US.

    L’État providence ayant la réputation de ne laisser personne sur le bord de la route et de dispenser des aides … à ceux qui en ont besoin. En particulier le besoin de travail c’est-à-dire de salaire avec une emphase déterminée pour la protection de l’emploi.

    L’État minimaliste misant plutôt sur la capacité entrepreneuriale de la population pour créer de la richesse. Ce modèle n’étant pas tant que ça minimaliste sur les aides mais plutôt maximaliste sur la liberté d’entreprendre avec une grande souplesse dans l’embauche-débauche.

    Il me paraissait évident que tous les pays aient un État et beaucoup de révolutions et de luttes avaient pour objet de s’en emparer ou de le défendre. En tous cas la pensée générale était que l’État était un régulateur des inégalités en ponctionnant un peu plus les riches, en aidant un peu les pauvres et qu’en gros il voulait notre bien. Cerise sur le gâteau, c’est lui qui portait les valeurs de la République, en particulier l’égalité.

    Pour des raisons difficiles à comprendre l’État providence avait des senteurs de gauche et le minimaliste des relents de droite. Certes le médaillon a un peu jauni depuis quelque années tant la répartition de l’argent public favorise toujours les mêmes, la continuelle démolition de l’éducation nationale semble une priorité, la justice n’a plus grand-chose d’équitable, la santé est une machine à faire de l’argent et l’armée ne sert plus qu’à défendre les multinationales. Oui, bien que tous ces travers soient connus, je n’avais pas encore percuté que l’État n’est plus qu’un instrument aux mains du capitalisme. Dur dur.

    C’est peut être cette notion de budget qui m’a aveuglé pendant longtemps. Tout cet argent collecté dans nos poches me donnait l’impression que c’était notre argent et que c’est nous, via nos députés, qui le répartissions au mieux. C’est un peu étrange que je n’ai pas compris plus tôt que je n’avais aucun pouvoir sur cette répartition, et qu’il est clair que l’État loin d’être au service de chaque individu est le principal garant de notre exploitation.

    Le capitalisme a vite été attiré par l’argent collecté par le pouvoir, en se disant que s’il pouvait s’en emparer il pourrait l’utiliser au mieux de ses intérêts. Je l’ai déjà dit, mais cet argent a la particularité de ne rien coûter à ceux qui le dépensent. Ça a pris quelques années, via la sanctuarisation des hauts fonctionnaires, le contrôle de l’accès aux administrations et quelques formations ad-hoc, mais la finance a mis la main sur tous les étages de l’État et l’utilise maintenant à son plus grand profit. Certes cela n’a été possible que grâce à la mise au rencart de la représentation nationale et c’est pour cela qu’a été inventée la Cinquième république. Là est la blessure fondamentale de notre société. L’absence de parlement a laissé tous les pouvoirs à l’administration organisée en ministères à contours variables, mais œuvrant tous pour protéger l’argent tout en étant à l’abri des lois puisque ce sont eux qui les font.

    Du coup il est plus facile de comprendre pourquoi un changement de gouvernement ne se traduit par aucun changement de politique, puisque ça ne change pas L’État, c’est-à-dire l’administration, elle-même au service de la finance.

    Il est du même coup plus facile de comprendre pourquoi il ne sert à rien de vouloir prendre le pouvoir par les urnes, puisque ce ne sont pas les élus qui décident mais ceux qui les payent.

    Michel Costadau

  • Prolongation

    Prolongation

    Comme d’habitude, le pouvoir a pris des mesures qui vont dans le sens contraire de l’objectif qu’il leur assigne officiellement. En réduisant le nombre de lieux, c’est-à-dire l’espace où les gens peuvent se trouver, il a, comme l’an dernier, concentré la population. Exemple typique samedi au marché de Lavaur où il y avait seulement l’alimentaire, queue devant les stands, allées pleines, file d’attente aux caisses. Pour propager le virus la concentration est la meilleure méthode même dehors, car il y a les courants d’air qui sèment à tout vent.

    Il est clair que nos gouvernants n’ont aucunement l’intention de débarrasser la population de cette épidémie. Bien au contraire, ils la prolongent autant qu’ils peuvent. J’ai même entendu dire qu’il y avait une piste pour faire durer le virus encore un an afin de n’avoir le contre coup économique qu’après les présidentielles.

    Il est tout aussi clair que la classe dominante a peur d’une éventuelle fin de toutes les interdictions en cours. Du coup, au lieu de lutter contre le virus, elle achète les Français pour qu’ils restent tranquilles. Comprenez que ce n’est pas leur argent qu’ils dépensent, c’est le nôtre, alors ils y vont gaiement. Ca ne leur coûte rien, ça leur rapporte, et ils remplissent les poches de leurs copains en commençant par les élus qui sont des gens sans la moindre moralité. Mais comment s’étonner quand on recrute dans le monde du business, appelé hypocritement société civile, de voir nos dirigeants se moquer des lois, organiser entre eux ce qu’ils interdisent aux autres et se contredire allègrement en utilisant la formule magique : j’assume.

    Maintenant regardons par curiosité, avec notre mauvais esprit habituel, ce qu’il conviendrait de faire pour qu’une épidémie dure.

    Premièrement, ne prendre aucune mesure particulière pour les personnes positives. Vous êtes  négatif, c’est bien, vous pouvez rentrer chez vous. Vous êtes positif, c’est bien, vous pouvez rentrer chez vous. Voila la base de la prolongation afin de laisser en circulation le virus, lentement mais sûrement.

    Deuxièmement, mettre un maximum d’obstacles à la vaccination : pénurie d’approvisionnement, doute sur l’innocuité des vaccins, accès impossible à un rdv par les moyens préconisés, saucissonnage de la population, rejet de la faute sur l’Europe.

    Troisièmement, ne pas avoir de politique de dépistage avec des tests puisque de toute façon on ne s’en sert pas, même pour les cas contacts. Il convient d’assigner aux tests un simple rôle de confort moral à la demande et d’être toujours en retard dans les mesures à prendre.

    Quatrièmement, ne développer aucune médecine préventive qui permettrait de protéger les gens en attendant un vaccin dont cependant les effets bénéfiques éventuels à long terme sont bien sûr inconnus.

    Cinquièmement, faire courir un tas de bruits afin que personne ne sache plus quoi penser : la vitamine D protège du virus, il y a des catégories à très haut risque, le tabac empêche d’attraper le virus, certains groupe sanguins sont immunisés, c’est pire dans les autres pays.

    Enfin utiliser une déferlante de chiffres et d’annonces complètement invérifiables pour les contaminations, les rentrées à l’hôpital, les décès, la présence en soins intensifs, le taux d’incidence ???, de contagiosités ou de contrevenants.

    Il me semble que dans notre cher Hexagone nous ne sommes pas loin de ce tableau, n’est-ce pas ?

    Alors est-ce que nous sommes entrés dans une nouvelle société avec masques, contrôle des déplacements et vaccination plusieurs fois par an ? Je dirais que oui et aussi que c’est à nous d’empêcher que ça dure trop longtemps.

    Michel Costadau

  • Sivens visite

    Sivens visite

    Hello, ce matin j’ai apporté diverses denrées sur la ZAD de Sivens et les impressions fortes ne manquent pas.

    D’abord merci pour ce que vous avez donné (il y avait plus de personnes dans le mail initial mais toutes n’ont pas répondu) ça servira et même rapidement.

    Ensuite la boue (bottes super indispensables), les flaques et une impression de campement rom après expulsion par les GI. Image : un grand costaud torse nu creusant à la binette l’évacuation d’une flaque, et des flaques il y en a.

    Ensuite une absence apparente de la moindre organisation.

    Je retourne à la voiture et je prends la farine pour la donner à cette boulangère.

    Enfin des jeunes encore des jeunes et pas que des parlant français.

    A la métairie, on décharge les couvertures et les vêtements car il y a un endroit pour ça et je tombe sur (comme je ne sais pas son nom je dirais Djam) Djam qui me dit qu’il faut en garder pour le fort et aussi la martinique mais on donne quand même les lapins et un bouteille qui s’avère  de l’huile d’olive, ainsi que potiron, lentilles, pois chiches et ail.

    Djam me dit que justement il veut aller au fort et qu’il va avec moi. Toujours la boue et ça glisse mais ça passe. En passant il m’indique un petit campement isolé en me disant : lui on l’aime pas, il est tout seul, il nous vole (de la ferraille apparemment) alors on lui donne rien. Plus loin 8 ou 9 zadistes sont debout en rond et il me dit que c’est une discussion. On arrive au bout de là où on peut rouler et Djam appelle des gens pour décharger les patates, les fruits au sirop (dommage que ça soit pas de l’eau de vie), les piles  et les reste de nourriture. Y en a un seul qui vient avec un accent genre Suède et on met tout sur une table assez garnie d’ailleurs. En passant Djam avait vu qu’il y avait un saucisson et aussitôt celui-ci disparaît dans sa poche. J’en ai marre de bouffer leurs légumes à la fin explique-t-il.

    Dehors dans une cagette des sacs plastiques, c’est de la merde me dit-il (je ne sais pas si c’est à vocation belliqueuse ou écologique).

    On s’engage dans la boue pour porter la pelle et le râteau dans le fort avec le pack de bière qui a été super apprécié (la kro ça fait pisser, la lager c’est mieux). Je m’attarde un peu sur les lieux pour voir laver des choux fleurs à un tuyau. J’ai demandé si c’était un captage de source, réponse oui.

    Djam était prêt à repartir (je me demande pourquoi il voulait aller au fort). On essuie le plus gros de la boue et on repart. Djam parle sans arrêt, il ramasse des champignons, il a une tente propre mais je ne vois pas laquelle, il se demande si les gendarmes ne sont pas planqués dans une maison abandonnée qu’on voit au-dessus. On repasse à la métairie et je demande s’ils veulent une cuisinière (en fonte). Bien sûr pas de problèmes on va la mettre dans la cheminée. Je laisse Djam et je repars vers l’entrés de la ZAD. En passant quelqu’un me demande si je vais à Gaillac. Je dis oui et il embarque. C’est Fred qui est boulanger photographe, dont les affaires ont brûlé en septembre.  Il a des messages sur son mobile. Il me dit que sa copine ne veut pas qu’il aille à Albi cet aprèm et qu’elle est maline parce qu’elle ne lui dit pas qu’elle a peur qu’il y aille mais qu’elle a envie de le voir. Pour Fred, la ZAD c’est le rassemblement de toutes les personnes qui ne veulent pas de la vie sur mesure que leur propose le système et qui acceptent les gens comme ils sont végétariens ou voleurs. Fred dit qu’il va falloir qu’il retrouve un boulot car il n’a plus rien et pas de compte en banque. Pour lui la ZAD c’est aussi la dissociation de l’argent et du boulot. En repartant, on s’arrête chez Pierre pour lui donner de la bière (ce n’est pas un zadiste mais il est très accueillant). Il était en train d’être interviewé par je ne sais  quel magazine et il s’y prêtait de bonne grâce.

    Maintenant quelques réflexions : Le fort, vous n’allez pas me croire mais c’est modèle château fort avec douves profondes et pont-levis (en palettes pour le moment). Bien sûr ça ne résisterait pas trois secondes à une attaque de GI, donc le sens est ailleurs. Alors il y les fleurs et les bougies pour Rémi (ni pardon, ni oubli), il y a une vie de tribu (c’est quand même les filles qui lavent la salade) et un grand sentiment d’être hors de ce système pourri.

    L’organisation n’est pas du tout absente en fait, chaque lieu a un nom, que je n’ai pas retenu, mais c’est nommé. Les échanges sur le partage des besoins sont quotidiens et les échanges aussi me semble-t-il. Beaucoup de discussions en cours comme abattre la deuxième butte de terre sur la route, y a des pour et des contre.

    La précarité est paradoxale avec une grand différence intérieur extérieur. Autant l’extérieur est un peu décharge, autant l’intérieur semble relativement confortable, tissus couvertures, tables basses.

    J’ai senti ma présence comme transparente, c’est dire ni hostilité ni indifférence mais une énorme immédiateté, tu restes on parle, tu t’en vas au revoir.

    En y allant je me disais que peut-être je proposerais d’y retourner entre Noël et jour de l’an. En repartant je me demandais si je ne devrais pas y retourner la semaine prochaine.

    Bref il se passe vraiment quelque chose du côté de l’esprit dans cette ZAD (et à NDDL aussi je suppose). La seule limite, mais elle est énorme, c’est que ce sont des jeunes et qu’à cet âge-là tout paraît possible. Je crois quand même qu’il faut que nous fassions tout ce que nous pouvons pour que ça dure au moins quelques années. Après on verra.

    Bises A+

    Michel Costadau

    Mail envoyé le 19 novembre 2014

  • Sivens justice et gendarmerie

    Sivens justice et gendarmerie

    A la lecture de l’article du Monde « Sivens la gendarmerie dédouane ses hommes » je suis sidéré par la nouvelle erreur politique que représente cette prise de position. De quoi s’agit-il ?

    Le 25 octobre dans la nuit, un gendarme tue un manifestant par le tir d’une grenade offensive. C’est une bavure, c’est à dire un acte dont le résultat est en contradiction avec l’objectif. Apparemment là pour maintenir l’ordre ce sont les gendarmes eux-mêmes qui créent le désordre. D’ailleurs la bavure est tellement gigantesque que tout s’est arrêté depuis.

    Quand on fait une telle bavure la seule attitude humainement et politiquement admissible est de faire profil bas. C’est à dire chercher à comprendre, voire expliquer comment cette lamentable erreur a pu se produire. Dans ces conditions on aurait compris qu’on parle de responsabilités partagées, de soutien moral du tireur, de fatigue.

    Mais non voilà qu’une enquête parallèle à la justice (eux disent enquête interne) tente d’expliquer que le tir a été fait dans le respect des conditions techniques dans lesquelles un tel tir doit être effectué. On ne rêve pas, c’est dans l’article. La conclusion s’impose, ce gendarme meurtrier doit recevoir des félicitations. Il a reçu des ordres, il a très bien tiré, il n’a pas visé Rémi, il a visé ailleurs. Il n’est donc pas responsable car c’est le destin qui a appuyé sur la gâchette.

    Si les politiques voulaient donner une nouvelle preuve qu’ils se moquent de la justice, ils ne pouvaient pas mieux trouver.

    D’abord ils se jouent des lois sur l’eau, ensuite ils ignorent les rapports des naturalistes, ensuite encore ils ignorent les enquêtes d’utilité publique, ensuite toujours ils cherchent à discréditer les opposants aux travaux et maintenant ils dédouanent leurs gendarmes.

    Cherchez l’erreur. C’est facile,  ils ignorent la justice. Au propre et au figuré.

    Maintenant trente secondes pour rappeler que notre démocratie repose sur un tabouret a trois pieds. Le législatif fait la loi, l’exécutif la met en œuvre et le judiciaire dit si elle a été bien appliquée. Seulement pour l’exécutif le judiciaire c’est embêtant, ça pose des questions, ça demande des justifications, ça n’aime pas les ententes entre petits copains et en plus c’est lent. Alors l’exécutif cherche et réussit la plus part du temps à éliminer le judiciaire.

    Seulement sans le judiciaire notre société n’est plus une démocratie et je ne sais pas comment ça s’appelle ; mais en tous cas on y est.

    Michel Costadau

    Article du monde  Publié le 03 décembre 2014 à05h16 – Mis à jour le 19 août 2019 à 14h07

    Billet écrit le 22 mars 2015