Auteur/autrice : Michel Costadau

  • Promenade

    Promenade

    On se promène avec les pieds, c’est sûr, mais surtout avec les yeux. C’est fou ce que l’on peut observer le long des chemins. Après la pluie, on trouve sur les feuilles jonchant le sol des perles d’eau, mystère d’équilibre puisque rien n’entoure cette bulle liquide et mystère de pureté transparente et brillante à la fois. Il y en a des petites presque rondes mais aussi de plus importantes qui se tassent sous leur propre poids mais sans s’étaler.

    Tiens le ruisseau ne charrie plus ses flots terreux, comme dans les inondations, mais une eau presque claire, signe que le ravinement de surface des champs est fini et que c’est la nappe qui l’alimente. L’écoulement du ruisseau paraît presque figé avec ses fortes courbures et ses remous à liseré blanc qui restent toujours au même endroit mais qui paraissent remonter le courant sans bouger.

    L’eau n’est pas froide. C’est vrai qu’il a fait chaud cet automne et il y a même des bourgeons qui ont commencé à gonfler sur la vigne, les rosiers et les pivoines. Heureusement que quelques gelées matinales ont stoppé le processus et que cela ne concernait que quelques bourgeons terminaux. Visiblement tous les autres sont restés bien clos.

    Ici il y a des traces de pattes. Sangliers et chevreuils sont assez faciles à reconnaître mais je confonds un peu celles des chiens et des blaireaux. Suivre des traces me surprend toujours par leur brusque apparition ou disparition. On peut les voir pendant plusieurs mètres et puis d’un seul coup plus rien, comme si l’animal s’était envolé, où alors retourné mais on verrait le piétinement ou les doubles traces d’aller et retour. C’est vrai que les sauts que font les chèvres sont si impressionnants qu’il est facile de comprendre comment perdre leur trace. Celle d’un chat on n’en voit presque jamais, ou alors sur le capot des voitures. C’est fou ce que ces félins aiment la chaleur.

    Je me dis que chien et chat ça commence par che, comme cheval et champs. On dirait que la ferme a forcé sur le che. Il y est aussi dans chèvre et vache et cheminée et chenet. Bon ça n’a peut être aucune logique mais quand même ça en fait pas mal auxquels je pense en suivant mon chemin.

    Souvent il faut enjamber une branche cassée ou même un arbre couché. Les arbres morts tiennent très longtemps debout perdant petit à petit toutes leurs branches en commençant par celles du haut, et puis d’un seul coup de vent ils se cassent en mille morceaux, déjà à moitié rongés par de petits organismes souvent invisibles. A vrai dire, ceux qui ont une grande taille se couchent les uns sur les autres en tombant, rendant le passage difficile sauf pour les animaux qui se faufilent très bien. C’est là encore un paradoxe moderne que la désertification des campagnes a entraîné le développement de la faune sauvage qui du coup fait des dégâts dans les cultures ou dans les élevages, amenant les pouvoirs publics à autoriser la destruction de ces dits nuisibles.

    Comment l’homme va-t-il réoccuper la nature alors qu’il ne fait que s’entasser en ville dans des grottes de béton et de goudron. C’est vrai qu’en ville il y a le travail. Mais le travail c’est exactement le contraire de la promenade, ça fatigue les yeux au lieu de les nourrir.

    Michel Costadau

  • L’Etat

    L’Etat

    Je viens d’entendre parler d’une nouvelle initiative de l’État pour transférer vers les citoyens les délits environnementaux. J’espère exagérer un peu car il n’est, pas encore, défini précisément de délit. Nous devons donc plutôt parler de tendance. Alors quelle est la tendance ?

    Il y a d’abord un aspect concernant l’utilisation de tous types de produits.

    Jusqu’à maintenant, l’État était, plus ou moins, garant que tous les produits vendus au consommateur étaient « autorisés » c’est-à-dire conformes aux lois en vigueur et sans danger. En particulier sans danger pour la vie humaine et dans une certaine mesure pour la vie tout court et pour la nature. A condition bien entendu d’en respecter l’usage. L’État ne veut pas être accusé d’avoir autorisé la vente de couteaux au prétexte que certains s’en servent pour en tuer d’autres. Évidemment cette notion de bon usage des produits suppose que l’utilisateur non seulement en connaisse le fonctionnement mais aussi connaisse ses dangers potentiels. Et là il y a un sérieux problème car le business a tendance à cacher de plus en plus la nocivité de ses produits et l’État est de moins en moins diligent pour en interdire l’usage.

    Il y a aussi un aspect lié au fonctionnement de divers sites de production permanents ou périodiques. Disons que, avant, l’État était garant qu’une usine ne polluait pas trop ou tout au moins sans danger pour le personnel et autres voisinages. Bien sûr c’était une position théorique puisque dans la pratique l’État autorisait à peu près n’importe quoi. Mais enfin il était possible, non sans mal, de se retourner contre les pouvoirs publics. De même l’État se faisait fort d’édicter des normes que devaient respecter les entreprises et tous types d’engins en circulation rejetant des tas de choses dans l’air, dans l’eau ou dans la terre.

    Bien bien, tout cela est donc en train de changer en inversant la responsabilité. L’Etat ne voulant plus protéger les citoyens dit que c’est aux citoyens de se protéger eux mêmes. Ah bon mais je croyais que l’État c’était un peu nous avec nos impôts, nos services publics, nos fonctionnaires, le tout contrôlé par nos représentants. Est-ce que ça veut dire que l’on ne peut plus compter sur l’État ?

    Ben oui et même pire que ça : si tu habites près d’une usine émettant des substances dangereuses c’est à toi de mettre des filtres dans ta clim et dans ton circuit d’eau. Dans le cas où tu n’en mettrais pas et que toi ou quelqu’un des tiens se plaindraient, voire seraient victimes de maladies, tu serais accusé de t’être exposé en connaissance de cause à un danger. Un peu comme un suicide. Il en est de même de n’importe quel produit que tu achètes. S’il s’avère dangereux, tu n’aurais pas dû l’acheter et tu risques d’être accusé, par exemple, de pollution ou d’empoisonnement si c’est le cas. Ça craint vraiment.

    Alors voila c’est ça la tendance. Elle vient évidemment d’assez loin : Seveso, hépatite, amiante, AZF, Tchernobyl, CO². Ceux qui parlent encore d’État providence n’ont pas compris que l’État, étant aux mains du business est devenu notre geôlier, notre ennemi avec sa justice, son armée et ses polices.

    D’ailleurs dans l’épisode récent du virus, personne n’a eu l’idée d’accuser l’État de ne pas avoir protégé nos frontières, empêché notre pays d’être envahi et d’avoir, ainsi, d’entrée de jeu perdu la guerre. Mais que fait l’armée ? Clairement personne n’attend plus rien de l’État.

    Que des ennuis.

    Michel Costadau

  • La Solitude

    La Solitude

    Ouf c’est fini. Les vaccinations ont commencé et le virus s’éloigne de nous comme un petit navire qui quitte lentement le port. Il y aura encore des victimes saisonnières mais psychologiquement nous sommes en train de changer de soucis. D’une certaine manière c’est dommage parce que c’était un sujet facile. A vrai dire les sujets faciles ne manquent pas : la cheville de Biden, les photos des violences policières, les pannes des télésièges, mais la période qui précède m’inspire aussi une réflexion sur la solitude. Surtout celle des personnes âgées.

    Clairement c’est l’isolement qui est l’entrée de ce chemin où l’on finit par se retrouver seul sur une chaise à contempler la table vide.

    Etrangement les jeunes ne peuvent pas ressentir la solitude. Ils peuvent être malheureux, ne pas savoir quoi faire, s’embêter, gueuler contre les parents, les grands ou les copains, mais pour éprouver la solitude il faut avoir créé une distanciation avec soi, il faut pouvoir se parler à soi-même. Et alors quand on n’a que soi pour discuter ou se raconter des histoires, ça s’appelle la solitude.

    Le plus souvent c’est extrêmement passager, quelques heures ou quelques jours, mais quand les circonstances s’en mêlent ça peut devenir répétitif, chronique et beaucoup moins drôle. Car le fait de voir des gens, même plusieurs fois par jour ne permet pas toujours de faire vivre un lien suffisamment fort avec la société des humains. C’est quand on ne ressent de la part des autres que des relations d’assistance, que la solitude arrive et devient pénible.

    C’est vrai la solitude est seulement un sentiment mais c’est le mal-être le plus existentiel de l’homme. En fait notre nature totalement sociale nous rend insupportable de n’exister que pour soi, d’exister seul. Paradoxalement ce ressenti ne conduit pas au suicide ni à la dépression mais à l’étiolement. A la lente dissolution de l’être dans un labyrinthe moral sans repères. Et la fin de vie offre beaucoup d’occasions de cette dilution dans l’absence, dans le vide.

    Du coup il est facile, de se rendre compte que le concept de maison de retraite est foncièrement dévastateur. C’est la destruction systématique de tous les repères. Là, les gens n’ont pas la clé de chez eux. J’ai dit les gens, mais j’aurais voulu dire les habitants. Oui il y a des gens qui habitent en maison de retraite et non seulement ils n’ont pas la clé de chez eux, mais ils ne peuvent ni fermer ni ouvrir aucune porte et surtout pas celle qui conduit dehors, plus précisément conduirait dehors, car outre qu’elle leur est interdite, ils se l’interdisent eux mêmes. En général ils ne connaissent personne, ils n’ont aucune responsabilité et en plus, comble de la déchéance, on est très gentil avec eux.

    Alors il ne s’agit pas d’opposer le « rester chez soi » à « être en maison de retraite », mais de comprendre qu’il n’y a pas d’âge pour être irresponsable, même pas de soi.

    Evidemment la solitude n’est pas une maladie et donc ne se soigne ni avec des remèdes ni avec des tours de magie, mais une piste de solution est là : même en maison de retraite il faut quelqu’un dont s’occuper. Car pour s’occuper d’eux on s’occupe d’eux, mais il n’y a pas de réciproque.

    Et dans la vie sans retours, sans échanges, sans partages personne ne peut continuer à exister.

    Michel Costadau

  • Illusion

    Illusion

    Les croyances ont, hélas, toujours le vent en poupe. Mais le fin du fin aujourd’hui est plutôt le faire croire. L’illusion. Et il y a pour cela tout un tas de techniques assez élaborées inspirées du marketing.

    Par exemple : faire croire que les animaux proposés à la consommation sont indemnes des épidémies, virus, grippes, maladies diverses qui adviennent régulièrement. La méthode est simple : en cas d’épidémie, médiatisation de l’abattage des troupeaux soi-disant contaminés, avec incinération des cadavres. Il convient-là de juxtaposer les images de bennes pleines de bêtes gonflées avec la détresse de l’éleveur qui ne comprend rien. Bien sûr ne pas parler de l’indemnité indécente qui lui est allouée. Le dernier épisode dans toutes les mémoires est celui dit de la vache folle. Un grand nombre de bêtes en excellente santé ont, ainsi, été éliminées juste pour ancrer chez le consommateur l’idée de l’éradication. C’est une sorte d’exécution sanitaire. C’était d’ailleurs déjà une épidémie mettant en cause les barrières entre espèces, en l’occurrence les poissons et les mammifères. Pour les grippes aviaires ou porcines, voire la tuberculose bovine, une illusion supplémentaire s’est développée, à savoir la responsabilisation de la faune sauvage. Cela permet d’étaler médiatiquement des tas de protections à base de barrières, de toitures et d’électrification double sens. Evidemment les élevages en plein air sont momentanément interdits même si le label ne change pas.

    Bel exercice d’illusionnisme, aussi, est le fonctionnement des politiques par rapport au virus. Là il s’agit de faire croire que le gouvernement gère très bien l’épidémie. Clairement si c’étaient des gens qui voulaient notre bien, tous les ministres devraient être à Pékin pour apprendre les méthodes qui ont réussi à limiter les victimes. Au moins pour comprendre, adapter et améliorer. Mais le pouvoir ne veut pas du tout notre bien, il veut seulement être réélu. Alors la technique est, là aussi, simple, il suffit de prendre des mesures, n’importe lesquelles mais des mesures, et plus elles sont pénibles plus l’idée qu’elles sont nécessaires leur est associée. C’est la vieille antienne catho : souffrir pour gagner le paradis, souffrir pour être belle, souffrir pour sauver la patrie. On a déjà beaucoup donné mais apparemment ils en veulent encore. Les personnes âgées souffrent, mais c’est pour notre bien, les restaurateurs, les écoliers, les commerçants, les enfants de la balle, les avionneurs souffrent, mais c’est pour notre bien. Le pouvoir est donc tout le temps en train de prendre, modifier, enlever, ajouter des mesures, car il ne faut surtout pas laisser croire que l’on ne fait rien. A cela il faut ajouter la sauce de l’efficacité des mesures, et ce n’est pas trop difficile puisqu’il suffit de choisir le bon paramètre, quitte à l’inventer. Enfin il faut faire croire que les victimes sont dues au non respect des mesures par la population. Au final c’est notre faute, les mesures sont excellentes mais les gens ne les appliquent pas. C’est une sorte d’auto-bénédiction.

    Dans le même genre, mais plus rigolo, on a : faire croire que votre argent à la banque est bien protégé, et que votre compte en banque est à l’abri des bandits. Bon, déjà il est clair que votre argent n’est pas dans la banque. Votre argent c’est une ligne dans un fichier. L’accès à cette ligne est facile pour le banquier qui le consulte plusieurs fois par jour et pour tous ceux qui manipulent ces fichiers avec ou sans bonnes intentions. Mais pour faire croire que cet accès est protégé, ils ont inventé pour nous des mots de passe abracadabrants. La dernière mode est de devoir le changer régulièrement, ce qui revient à ne pas s’en souvenir et donc à l’écrire quelque part, ce qui est le contraire du but recherché. Il y a aussi, l’interdiction de prendre les deux derniers codes utilisés. Heureusement cela se contourne aisément en changeant instantanément le code deux fois de suite afin de revenir toujours au même ce qui est plus facile et n’est pas détecté par le logiciel de soi-disant protection. J’adore les mots de passe à 12 caractères minimum dont majuscules, minuscules, chiffres, signes de ponctuation, signes spéciaux, chiffres non consécutifs. Il y a aussi ce qu’ils appellent l’authentification forte c’est-à-dire que d’un seul coup ils vous demandent de saisir un code qu’ils viennent de vous envoyer sur le mobile. Le temps de descendre à la salle à manger prendre le téléphone sur la fenêtre, sortir pour essayer d’avoir un peu de réseau, attendre que ça connecte si ça le fait, recevoir le sms, remonter pour saisir dans la petite fenêtre, on voit apparaître transaction impossible time over.

    Et tout ça c’est rien que pour nous embêter. Mais, ça, ils savent très bien le faire.

    Michel Costadau

  • Tapis

    Tapis

    LE BÉOTIEN ET LE PHILOSOPHE

    -Tiens, bonjour, dites-moi c’est bien vous qui m’avez parlé de laïcité l’autre jour ?

    -Oui c’était sur une question de maillot de bain,

    -Ah vous faites dans la mode ?

    -Euh non, c’était à propos de religion,

    -De ….. ah oui je me souviens, le sujet est encore sur le tapis ?

    -Le tapis de prière vous voulez dire, parce qu’on ne parle que de ça,

    -Bon alors c’est quoi le souci,

    -Ben si les religions c’est bon, pourquoi ne pas les subventionner et si c’est mauvais pourquoi les autoriser?

    -Ah, vous savez il n’y a pas de bonnes religions et encore moins de meilleure. Elles ont seulement pour objet l’asservissement et surtout l’acceptation de l’asservissement,

    -Ah bon mais alors pourquoi ce n’est pas interdit ?

    -Parce que chaque religion a son église et son réseau si vous voulez. Ces églises et ces sectes sont riches et donc puissantes et on ne peut pas les combattre de front, mais seulement par des idées,

    -Ben justement les hommes se posent des questions sur le sens de la vie ou l’origine du monde,

    -Mais bien sûr et c’est exactement pour cela que ces mêmes hommes ont inventé la philosophie,

    -Alors la philosophie c’est comme une religion,

    -Non, la religion n’apporter que des réponses sans aucun fondement. Elle se caractérise par l’utilisation exclusive de croyances,

    -Et la philosophie alors ?

    -La philosophie pose surtout beaucoup de questions et utilise le raisonnement, la logique et l’expérience pour progresser dans la connaissance. C’est elle qui a remis en cause les croyances, et c’est pour ça qu’elle est enseignée,

    -Mais les sectes enseignent la religion dès la maternelle, alors que la philosophie a pratiquement disparu de l’école,

    -Oui tous les pouvoirs jugent que ce qui fait réfléchir les gens est dangereux pour eux et donc l’évitent plutôt que de l’encourager,

    -La laïcité affichée par l’État est donc une simple hypocrisie,

    -Tout à fait clairement, l’État et les religions travaillent la main dans la main, mêmes objectifs mêmes méthodes,

    -Mais alors pourquoi c’est haro sur les imams et pas sur les curés ?

    -Ça c’est purement politique de la part du pouvoir pour essayer de récupérer les votes Le Pen, ça n’a aucun rapport avec la religion,

    -Pourtant c’est l’État qui a inventé la laïcité,

    -Non, en fait ce sont les philosophes qui ont inventé la laïcité, mais les cathos l’ont récupérée pour obtenir la liberté de culte. Seulement, cinquante ans plus tard ils n’avaient pas prévu qu’en amenant de la main-d’œuvre à bas prix de pays étrangers, cette main-d’œuvre amènerait aussi sa religion,

    -Pourtant l’État n’arrête pas de dire qu’il ne s’occupe pas de religion,

    -C’est l’inverse qu’il faut considérer,

    -Là je suis un peu perdu, l’inverse de quoi,

    -Ben la séparation des Églises et de l’État, ça veut dire la séparation de l’État et des Églises,

    -…………………………………je crois que je suis d’accord,

    -Ça veut dire que si l’État ne se mêle pas de religion alors les religions n’ont pas à donner de consignes de vote,

    -Mince vous pensez aux US, c’est vrai que là-bas tout est mélangé,

    -Je pense surtout à nous, car c’est la même chose qu’aux US mais caché, c’est-à-dire avec le mensonge en plus.

    Michel Costadau

  • Tests

    Tests

    C’est rare, très rare que je vous félicite. J’aurais plutôt tendance à vous houspiller pour votre mollesse et votre lenteur. Mais là bravo, oui je vous dis bravo : vous avez détourné le re-confinement, vous avez réagi, vous vous êtes adaptés. Certes toujours pas de resto, de ciné ou de concert, mais vous avez dompté les autorisations, les fermetures, les rencontres et les distractions et c’est bien. Moi j’ai quand même toujours le même ras le bol sévère. Ça déborde. Ça coince, Ça couine.

    Pourquoi ? Ben, clairement, il devient de plus en plus difficile de simplement penser, de réfléchir, tant l’agitation désordonnée et stérile du gouvernement nous met dans la confusion. Vous allez me dire que j’ai bonne mine à faire des réflexions alors que je dis que c’est pas possible. Bon on verra ça plus tard.

    Donc maintenant ils veulent gérer avec les tests et non avec les décès, bof, mais c’est eux qui ont la clé des tests : leur nombre, la durée de leur analyse, leur fiabilité. Quand ils veulent faire croire que ça se propage on augmente le nombre de tests. Quand ils veulent faire croire que ça baisse, on diminue le nombre de tests. C’est simple.

    Vous voulez un exemple : en ce moment le mot d’ordre est de dire que ça baisse. Alors quand il y a un cas déclaré dans une classe…..ben on ne teste pas la classe, ni l’école, ni les parents, oui il pourrait y avoir d’autres cas et ça pourrait faire croire que ça augmente….non on attend, oui on attend et si quelques uns de plus doivent mourir parce qu’on n’a rien fait et bien c’est pas grave puisqu’on ne pilote pas par les décès. C’est comme ça.

    Vous vous souvenez peut-être du billet « Décisions » du mois de septembre où il était indiqué qu’il n’y a pas que quelques décideurs dans le monde mais que tout le monde est amené à prendre de grandes décisions pour mener sa propre vie. C’est d’ailleurs une composante de base de la vie en société, que les individus agissent, réagissent en fonction des évènements. La vitalité d’une société se mesure à la réactivité de ses membres. Encore faut-il faire un tout petit peu confiance aux gens pour leur laisser les moyens de savoir, de penser et ensuite d’agir.

    Oui mais, maintenant, comment faire pour aligner trois idées sur le meilleur comportement à adopter quand déferle quotidiennement un flot d’informations impossibles à vérifier, à relier ou même à comprendre. L’avalanche médiatique nous oblige à ne vivre que dans l’immédiateté et dans l’incompréhension. Nous ne vivons plus la réalité, nous sommes seulement assourdis par le nuage de bruit que le pouvoir pose sur elle. Cela est voulu délibérément, c’est même une méthode de management. Noyer les gens sous des nouvelles est le quotidien qui nous est imposé.

    Tant que nous n’avons aucune initiative à prendre ça va à peu près, mais comment prendre les bonnes décisions quand il nous est interdit de décider.

    Néanmoins la question demeure de savoir si le pouvoir connait la réalité, notre réalité, s’il nous fait confiance pour trouver les bonnes pratiques et s’il comprend que la société c’est nous, ce n’est pas lui.

    Michel Costadau

  • Vote

    Vote

    Comme annoncé dans le billet « Raison » du 19 septembre 2020, Trump a été largement battu. Certes beaucoup se réjouissent, en France, de voir cet illuminé éliminé, mais qu’y a t il réellement de bon là-dedans et pour qui ?

    Il y a au moins une chose qui est désastreuse pour tout le monde c’est l’ambiance de tromperies en grand qui entoure ce scrutin. Or le vote est le point d’orgue de tous les pays qui se réclament de la démocratie, surtout ceux qui le sont le moins. Alors je me demande si les US sont encore le fer de lance de la liberté des peuples dont ils se parent pour dominer le monde. Réponse : non bien sûr.

    Car il y a des évidences qui s’imposent : les US sont le siège des pires ségrégations que connaît un pays : envers les noirs, envers les hispano, envers les prisonniers, envers les femmes, envers les idées politiques. La grand-messe médiatique à laquelle nous venons d’assister est d’abord une consécration du bipartisme qui est le complet détournement de la démocratie. C’est la solution qu’a trouvée la finance pour que rien ne change jamais.

    Mais est-ce que, justement, le nouvel élu va changer quelque chose à cela : surement pas. Il y aura probablement des mesures homéopathiques pour complaire aux mouvements communautaristes, mais aucun vrai changement, comme la liberté d’inscription sur les listes électorales. Oh je ne dis pas que les Américains ont mal voté, non c’est le vote lui-même qui est biaisé. Là-bas comme ailleurs.

    Par contre sur le plan international, là oui il peut y avoir quelques évolutions dans les rapports des US avec le reste du monde.

    Renonçant maintenant et momentanément à s’enfermer dans leur tour d’ivoire, les US vont probablement participer à nouveau à diverses instances internationales, économiques comme l’OMC ou culturelles comme l’UNESCO. Peu d’évolution à attendre dans les rapports avec l’Asie, sauf peut-être un nouveau rapprochement avec le Japon. Les rapports avec la Chine vont rester difficiles mais l’échec de Trump dans ce domaine va certainement amener le nouvel élu à plus de dialogue et à plus ….. d’échanges.

    Je ne suis pas surpris que les médias européens et donc français se réjouissent de cette élection, mais ils sont à coté de la plaque. Disons plutôt que les choses ne vont pas évoluer favorablement pour nous, sauf pour les British. Oui les US vont à nouveau s’intéresser à l’Europe. Pendant quelques années ils nous ont laissés tranquilles mais ça pourrait bien changer. L’Europe a montré, durant les 4 dernières années , toutes ses fissures qui se sont révélées au grand jour avec le virus. Fini le dollar faible, fini les discussions avec les GAFAM, fini les accords bilatéraux, fini les retraits américains de l’Europe de l’Est..

    Pour autant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain car, aux US, il règne indubitablement un esprit de liberté au niveau individuel beaucoup plus grand que dans les pays européens, par exemple. Mais il y a aussi une confiscation de la vie politique qui empêche les citoyens de s’exprimer. Car vous le savez il y a peu de votants aux US, à peine plus de 50 % et cela depuis longtemps. Certes pour la présente élection un taux de 60 % a été dépassé, mais ça reste maigre.

    Dommage, à part la Grande-Bretagne, que personne n’ait profité de l’épisode Trump.

    Ca ne reviendra pas souvent.

     

    Michel Costadau

  • Chiffres

    Chiffres

    Virus1.xlsx

    Il est bien connu que l’on fait dire ce que l’on veut aux chiffres ok, mais tout aussi indiscutablement, nous avons le droit de savoir de quoi il retourne. J’ai donc cherché à calculer combien de victimes avait été évitées par les mesures prises en France contre le virus et à quel prix. C’est un point d’étape avant la nouvelle phase de dépenses qui commence.

    Pour les victimes évitées la méthode la plus simple consiste à comparer la mortalité entre les pays qui n’ont pour ainsi dire rien fait, par exemple le Brésil, et le nôtre. Pour cela nous avons le tableau çi-joint. En effet si nous avions eu le taux de décès du Brésil nous aurions eu, à ce jour, 50 000 victimes au lieur de 35 000, soit 15 000 victimes évitées. C’est donc le chiffre que nous cherchions, mais pour tenir compte des incertitudes nous retiendrons pour le calcul le nombre supérieur soit 20 000 victimes évitées à ce jour.

    Maintenant regardons combien ont coutés ces 20 000 victimes évitées.

    Il y a d’abord la baisse du PIB. C’est la conséquence immédiate des décidions de mars. La baisse d’activité provoquée par les mesures gouvernementales a eu une influence directe sur les ressources du pays car c’est autant d’argent en moins pour payer les salaires, faire des investissements et alimenter les caisses de l’Etat. C’est cette baisse qui a engendré du chômage, la disparition d’entreprises et la rétention des achats de la population.

    Il y a aussi les dépenses supplémentaires de la sécu. Le mouvement de panique gouvernemental du début d’année a lancé les dépenses dans deux directions. D’une part une suppression de toutes les limites de dépenses pour tous les secteurs de la santé. D’autre part une mise à disposition préventive de pans entiers du secteur hospitalier public et privé pour faire face à d’éventuels besoins.

    Ensuite il y a le plan de relance français. Cette ligne budgétaire exceptionnelle a pour but d’injecter de l’argent dans l’économie afin de passer la période de baisse d’activité en attendant un éventuel redémarrage.

    Enfin il convient de considérer la participation française au plan de relance européen. C’est la même chose mais avec une action dirigée vers le volet bancaire.

    Il y a peut être et même surement d’autres coûts que l’on pourrait prendre en compte, mais il faut éviter les duplications, par exemple l’augmentation du chômage et le déficit des caisses et autres est, pour moi, contenue dans la baisse du PIB.

    Passons alors maintenant au chiffrage proprement dit. Voyons d’abord, en gros, les données de bases et ensuite chiffrons.

    PIB 2019 = 2 500 mds€,

    Budget Sécu 2020 = 500 mds€, dont environ la moitié pour la santé.

    Budget Etat français 2020 = 500 mds€

    Budget Europe 2020 = 150 mds€

    La baisse du PIB pour 2020 fait l’objet de beaucoup d’évaluation. Nous retiendrons 10%, à minima, ce qui nous conduit à prendre en compte 250 mds€.

    La sécu était quasiment à l‘équilibre en 2019. Le déficit admis par les pouvoirs publics, directement imputable au gouvernement, est de 45 mds€ pour 2020 et environ 30 mds€ pour 2021, ce qui nous conduit à prendre en compte 75 mds€.

    Le plan de relance France est annoncé depuis longtemps pour 100 mds€ et c’est donc ce chiffre que nous prendrons.

    De même le plan de relance Europe est de 750 mds€. Nous pouvons estimer la contribution de la France à presque 10% de ce montant ce qui nous conduit à prendre en compte 75 mds€.

    En faisant la somme nous trouvons 500 mds€. Et en divisant ce chiffre par 20 000 nous voyons apparaitre un coût de 25 M€ par victimes évitées.  Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est beaucoup beaucoup. Je vous précise que P. Artus avec un calcul différent et une estimation optimiste, dont on ne connait pas le mode de calcul, de 20 000 victimes évitées par mois arrive quand même au chiffre de 6 M€ par victime évitées. Ce qui veut dire que le coût total de 500 mds€ est le même que pour moi. En conclusion nous avons déjà brulé un an du budget national et c’est loin d’être fini.

    Tout ceci est il bien raisonnable ?

    Michel Costadau

  • Robot

    Robot

    Aujourd’hui fait divers en automne.

    C’est un papier assez salé que je viens de recevoir : une amende de 1 875€. Je sais que vous ne pleurez pas pour moi, mais surtout ne vous inquiétez pas parce qu’en fait ça m’a fait vraiment plaisir. Je vous explique ça en deux mots.

    Ca a commencé  en 2016. Suite à un radar mal placé à Revel, je reçois une amende de 48€. D’habitude je ne paie pas ce genre de racket, avec diverses méthodes d’évitement, mais là je me décide à payer. Je mets donc un billet de 50€ dans l’enveloppe destinée à la trésorerie des radars et j’envoie le tout à l’adresse indiquée dans la petite fenêtre de l’enveloppe. Pas de nouvelles sauf qu’en 2017 je reçois une amende de 1 875€ pour l’infraction commise à Revel, au motif assez inattendu de «non transmission de l’identité du conducteur par resp. légal de la pers. morale détenant le véhicule». Inattendu parce qu’il n’y a pas de personne morale mais seulement physique, ni de responsable légal mais seulement un propriétaire dans cette histoire. La voiture est à moi et à mon nom ainsi que l’indique la carte grise. Pour ceux qui ont du mal à suivre il s’agit réellement de ma voiture.

    Mon copain de Cambon, écrivain et féru de droit me dit : Michel tu envoies un courrier de réclamation avec la copie de la carte grise et ça va se finir. J’ai donc envoyé deux courriers de réclamation à des adresses qu’il m’avait semblé trouver sur les papiers reçus mais sans les photocopies.

    Le temps passe et je me dis que ça a marché quand, un an plus tard, je reçois la même amende, même motif, même montant. Je réponds alors par un seul courrier de réclamation assez sec.

    C’est alors que se produit un évènement des plus heureux. Un jour que je taillais des arbres dans le verger je vois arriver un homme assez résolu qui me dit « dites, vous n’avez quelque chose sur le feu qui commencerait à chauffer ? ». C’était un huissier, chargé de recouvrer la dite amende. Je lui dis « vous ne pouvez pas mieux tomber, venez avec moi ». L’affaire est simple. Je lui explique donc le truc avec carte grise à l’appui. Il note tout, prend les photocopies et me dit « pas de problème, je vais faire arrêter cette procédure idiote ».

    Une nouvelle année se passe et c’est donc cette année que je reçois le papier évoqué au début. La seule différence avec les précédents c’est que l’infraction n’a plus été commise à Revel en 2016 mais ………..  à la maison en 2019 où il n’y a bien sûr aucun radar.

    Le système informatique est donc en train de se mordre la queue ou, si vous préférez, est tombé dans un cercle vicieux puisqu’il a inventé  une origine fictive à une infraction qui n’a jamais eu lieu.

    En fait ces programmes informatiques jouissent d’une grande liberté. C’est eux qui détectent les lignes à extraire, qui contrôlent les paiements et qui appliquent leurs règles pour les montants et les délais. C’est eux qui impriment l’amende, la mettent dans une enveloppe et l’expédient. Il me semble que personne ne peut mettre son nez là dedans à cause des volumes traités.

    Maintenant j’aimerais bien savoir comment le programme va faire pour s’en sortir. En attendant que le robot réfléchisse, je prépare des chiffres sur le virus.

    Bon on s’amuse comme on peut.

    Michel Costadau

  • Santé

    Santé

    L’économiste, assez peu connu, Robert Boyer fait remarquer que le domaine de la Santé Publique est le seul dans lequel le progrès technique ne fait pas diminuer les coûts mais au contraire les augmente. C’est assez contradictoire puisque c’est la base même du capitalisme qui est concernée. En effet, dit il même si le coût unitaire d’un soin diminue, le coût global augment car il faut donner ce soin innovant à de plus en plus de personnes. Et comme il y a toujours de nouvelles maladies à combattre c’est donc une erreur fondamentale de vouloir faire baisser le coût de la santé. Et j’ajoute : en supprimant des lits par exemple.

    Alors faut pas pleurer comme dirait Lydie, mais quand même vous avez la monnaie de votre pièce avec les mesures moyenâgeuses prises par le clown que vous avez élu. Cependant ça n’est pas lui le sujet.

    Non le sujet c’est la santé. Vous allez me dire que justement ben oui on ne parle que de ça. Et je vais vous dire ben non, ce dont nous abreuvent les médias c’est de maladies, pas de santé.

    En fait notre société découvre de plus en plus de maladies et met au point de plus en plus de remèdes pour y faire face. Ça s’appelle le complexe médico-pharmaceutique. L’activité de recherche est d’ailleurs 100 % orientée dans ce but. Ce qui veut dire que 0 % est tournée vers la santé, votre santé, notre santé.

    Alors voila, le problème est le suivant : il y a une totale disproportion entre les mesures prises pour dépister et soigner des maladies et celles prises pour maintenir les gens en bonne santé.

    Maintenir la population en bonne santé ça veut dire éviter qu’elle tombe malade dirait Lapalisse. Et c’est exactement le contraire de ce qui se passe.

    Clairement on peut dire que tout est fait pour que nous devenions et restions malades. La nourriture à base de plats cuisinés, le travail trop sédentaire ou parcellaire, trop stressé, sans satisfactions, le bruit constant et l’entassement dans des immeubles qui réduisent l’espace vital de chacun, la vie publique consistant à absorber, consommer, digérer les mêmes produits, les mêmes plaisirs, les mêmes chansons. Halte au feu.

    Bon, bon d’accord mais alors la bonne santé comment on fait cela ? Il n’y a pas trente six solutions, il n’y en a qu’une et elle nous vient des animaux. Ça s’appelle le biotope. Parce qu’on parle du biotope des castors ou des tortues de mer mais on parle rarement du biotope de l’homme.  Y a-t-il seulement quelqu’un qui ait fait cette étude-là.

    Il me semble que pour les animaux, en tous cas, un bon biotope est synonyme de bonne santé. Bien sûr il peut y avoir des équilibres croisés. Je veux dire par exemple que sans prédateur, une espèce peut se reproduire à l’infini et détruire son propre biotope. Mais cette reproduction à l’infini montre bien qu’ils ne sont pas malades. Ne me faites pas dire que le virus est le prédateur que l’espèce humaine homme attendait pour être régulée. Non je ne le dis pas et je ne le pense pas. Les guerres non plus ne sont pas la solution, même si ça l’a été dans un lointain passé. Non la solution c’est le biotope.

    Et celui de l’homme est à définir, car il me semble que de moins en moins de personnes vivent dans des conditions humaines, c’est-à-dire dans notre biotope.

    Michel Costadau