Auteur/autrice : Michel Costadau

  • Tapette

    Tapette

    Bon voila, la nuit on dort, c’est le principe, mais pas d’une traite. Il y a donc des moments d’éveil consacrés soit à la lecture, soir à un petit grignotage destiné à réenclencher le sommeil. Et donc lors d’une de ces périodes de lecture, j’aperçois un mille-pattes au plafond au dessus de notre lit. Edith n’aime pas tellement ces bestioles qui cependant se trouvent plus généralement sur le sol qu’au plafond. D’où ma double surprise.

    Et une grosse réflexion. Ne rien faire pourrait conduire à ce que ce rampant se retrouve dans nos draps avec quelques piqûres à la clé, car ces spécimens sont réputés assez venimeux. Mais faire quelque chose ça consiste en quoi : lui demander de déguerpir, le réveiller pour qu’il se rue sur nous ?

    Néanmoins, sans le moindre atermoiement je décide de passer à l’attaque. Je me saisis donc de la tapette qui ne quitte pas le petit coin d’étagère où je range les livres que je lis, n’ayant ainsi qu’à poser le livre qui m’est tombé sur le nez deux ou trois fois et du même geste éteindre la lumière pour regagner l’endormissement souhaité.

    Muni de mon arme je me mets donc debout sur le lit, doucement pour ne pas la réveiller, et je cherche à me mettre dans la position la plus favorable pour pouvoir en un coup écraser l’envahisseur au plafond. Le geste n’est pas simple, il s’apparente assez au revers des pongistes et de ceux qui jouent sur la table.

    Une fois dans bonne position, je frappe, schlamg. Le coup a été assez efficace et un résidu tombe assez bruyamment sur l’oreiller juste à côté de la tête d’Edith qui heureusement dort encore. Alerte générale mais en douceur car ce n’est pas le moment de flancher et d’un geste du bout de la tapette je projette le résidu sur le plancher afin de débarrasser le lit de cet encombrant dont je ne suis pas encore certain du décès. D’ailleurs je le cherche par terre, dans la ruelle comme dirait Molière, mais je ne le trouve pas. Je n’insiste pas énormément, l’instant n’étant pas propice au déplacement de meuble, d’autant plus que le lit ayant une roulette bloquée est assez délicat à remuer. Ca me rappelle d’ailleurs qu’Edith m’a demandé où était la roulette de rechange, mais évidemment je ne me souviens absolument pas où elle peut être.

    Néanmoins je me recouche et reprends le livre que j’avais posé avant de partir à la chasse. Et je remets la tapette à sa place, prête à de nouveaux services. Car il n’y a pas que les scolopendres dans notre vie nocturne mais aussi les moustiques et les mouches. Les moustiques sont rares, d’autant plus qu’ils n’attaquent qu’Edith ce qui fait que pour moi c’est comme s’il n’y en avait pas. Mais la mouche est plus embêtante. Je dis bien la mouche, car il n’y en a qu’une à la fois et la supprimer résoudrait donc le problème. Seulement il y a de la perversité chez cet animal, car elle se met toujours dans des endroits impossibles, par exemple sur le nez. Dans ces conditions utiliser la tapette est difficile car outre que l’on ne voit rien, il y a une certaine retenue dans la frappe qui laisse toutes ses chances à l’insecte. Heureusement il lui arrive de se poser sur le mur où il est plus facile avec un geste bien calculé de l’écraser.

    Bien sûr le reste du temps on dort.

    Michel Costadau

  • Coup d’Etat

    Coup d’Etat

    C’est le mercredi 11 mars 2020 un peu avant midi qu’a eu lieu, à Paris, le coup d’Etat. Un coup d’Etat c’est la récupération par une clique de l’appareil sans passer par les urnes. Ce jour-là mercredi 11 mars 2020, l’Hôtel Matignon a été remplacé par la place Beauvau. L’exécutif a donné tous les pouvoirs aux flics. Ce jour-là, la technocratie a choisi de se débarrasser de l’avis de la population, de l’avis des représentants des électeurs, de l’avis des corps intermédiaires.

    C’est un coup d’État tout à fait feutré, doux, sans effusion de sang, sans occupation du parlement, sans conquête des studios de la télévision et de la radio par des mercenaires.

    Mais depuis ce triste jour les manifestations, les rassemblements, les cortèges ainsi que les intentions de manifester sont interdits et réprimés. De même les fêtes, les distractions, les concerts, les conférences sont contrôlés. Les maisons de retraite sont devenues des prisons. L’abord des écoles est filtré. Les comptoirs, les zincs, les stades, les arrière-salles sont surveillés.

    Mais me direz-vous toutes ces mesures sont liées à un virus que l’Etat cherche à combattre. Ah bon, parlons-en un peu de ce combat.

    C’est grave docteur ? Alors imaginons que tous les moyens aient été mis en œuvre. Ça voudrait dire que depuis un an tous les organismes de recherche sont sur le pont pour trouver des solutions. Ça voudrait dire que tous les ordinateurs les plus puissants du monde tournent à fond pour combattre le virus. Ça voudrait dire que toutes les ressources de l’IA sont déployées. Déjà à la veille du virus l’IA était sur la sellette parce que devant dépasser l’homme et qu’il fallait faire attention. D’ailleurs Alphabet a battu les meilleurs spécialistes mondiaux à divers jeux de réflexion et le virus ne devrait être qu’un jeu d’enfant pout lui. Un avenir doré d’homme augmenté par des puces et des super-aides se profilait aussi et la vie allait devenir rien que du presse-bouton par la pensée. Elon voulait envoyer des colons sur mars dans quelques années. Des fichiers gigantesques s’échangeaient pour être traités dans des machines bientôt quantiques décuplant les puissances de calcul. Xi construisait un hôpital en une semaine. Ça aurait pu être ça.

    Mais est-ce que vraiment tout a été mis en œuvre ? Dites-le moi je ne vois pas bien.

    Eh bien non, tout ça c’est du vent, de la camelote, de la blufferie, de la pantalonnade et rien n’a été mis en oeuvre. Rien n’a été fait. Rien n’est fait.

    Cela fait donc un an que le monde entier fait face à ce soi-disant virus venu de Chine et non seulement nous en sommes au même point, mais il semble plutôt que nous ayons régressé.

    Régressé parce que comment en un an n’a-t-il pas été possible de mettre au point au moins une détection du virus rapide et efficace de façon à ce que l’on ne suspecte pas tout le monde et que l’on ne nous prenne pas en otage. Pourquoi n’avons-nous toujours aucun progrès.

    Régressé parce que tout ce que l’on nous répète depuis le début c’est que le virus s’attaque aux personnes âgées. Non le virus s’attaque à tout le monde mais les personnes âgées sont plus vulnérables justement à cause de leur âge. D’ailleurs, d’une manière générale, il meurt beaucoup plus de vieux que de jeunes. Je peux même vous tracer la courbe.

    Régressé parce que pris au piège de leurs propres mensonges, les politiques ont préféré faire un vrai coup d’Etat pour basculer dans la répression et la peur plutôt que de faire confiance aux institutions et à la population. Et ça continue.

    Ceux-là doivent partir.

    Michel Costadau

  • Débat

    Débat

    Le billet, à priori non politique, met en scène un débat entre deux personnes. Nous prendrons la place d’une des personnes qui a justement des griefs contre l’autre et qui aimerait bien le lui faire savoir. Nous ignorons complètement les motivations, arguments, éléments dont dispose l’autre personne. Nous sommes d’un seul côté. Il faut aussi savoir qu’il y a un public imaginaire qui assiste au débat et se fait son opinion.

    La question est : notre personne a-t-elle intérêt à sortir tous ses griefs avec les preuves qui vont avec en une seule fois, puis demander à l’autre de répliquer et de se défendre. Ou au contraire est-il préférable de sortir les arguments un par un en demandant à chaque fois à l’autre de répondre.

    Bon voilà. À priori chaque méthode a ses avantages.

    Celle de mettre le paquet en dévoilant d’un coup tous les méfaits supposés de l’autre permet de plomber le débat pendant un moment et de se mettre à l’abri des premières réponses de l’autre qui ne peuvent être que partielles. Cela permet aussi de désarçonner l’autre qui ne sait pas par quel bout commencer et perd du temps.

    Celle de distiller les accusations une par une donne une lenteur et une continuité au débat, qui permet de penser qu’il y a toujours une nouvelle pierre qui va sortir et qu’il sera difficile de la réfuter. Cela a aussi l’avantage de pouvoir répliquer au fur et à mesure à des remarques faites par l’autre.

    Évidemment chaque méthode a aussi ses inconvénients.

    Pour la première, après notre exposé nous déroulons un boulevard à notre adversaire qui a la parole jusqu’à plus soif. Il peut à loisir démolir nos arguments ou donner l’impression qu’il les démolit les uns après les autres. Ayant déjà eu longuement la parole nous ne pouvons pas trop répondre et ça pourrait se finir mal pour nous.

    Pour la seconde, il faudrait que chaque argument exposé successivement soit très fort afin que l’autre ait du mal à les contrer. Si ce n’est pas le cas nous allons donner l’impression que nous n’avons pas de bonnes raisons car chaque fois que nous sortons un grief il est réfuté dévié ou contourné. C’est un peu comme la légende des Horaces et des Coriaces où les adversaires nombreux au début sont isolés et éliminés un par un.

    En fait aucune des deux méthodes n’est satisfaisante en soi. Nous allons donc envisager une combinaison des deux, c’est-à-dire ni tout jeter dans la bataille en une seule fois, ni égrener les griefs un par un.

    Comme évoqué plus haut, il est aussi très important de tenir compte de la force des arguments. L’idée est alors de choisir l’argument le plus pertinent, le plus fort et d’organiser les autres pour le renforcer comme des contreforts.

    Du coup ça se corse car il faut trouver ce fameux argument béton, unique mais puissant, qui va nous permettre de structurer notre intervention. Hum, disons d’abord, que si après sérieuse investigation cet argument n’existe pas, mieux vaut alors faire profil bas puisque nous nous sommes convaincus nous-mêmes de la faiblesse de nos griefs.

    Si, au contraire, il existe, alors nous devons très bien organiser sa mise en scène. Un peu comme une courbe de Gauss. Quelques reproches en entrée, où nous pouvons laisser des miettes à l’opposant pour lui faire croire que ça ne sera pas si difficile que ça, puis rapide montée en puissance du discours vers l’assommoir qui doit laisser l’adversaire sans voix. Une fois ce petit moment de jouissance passé, décroissance en disant que nous n’avons pas tout utilisé, que l’on pourrait rajouter ci ou ça mais que l’essentiel est fait.

    Seulement bien sûr tout débat est risqué et ça ne se passe pas toujours comme prévu. C’est pour cela que les politiques ont inventé le discours et surtout le discours télévisé. Là c’est zéro risque.

    Michel Costadau

  • Raison

    Raison

    Incompréhensible, imprévisible, contradictoire, sanglante, incohérente, c’est ainsi qu’est perçue la politique US depuis quatre années. Et c’est comme ça qu’elle est, car c’est une tactique dûment élaborée et non le seul fait du prince. C’est même très efficace puisque l’imprévisibilité et le jeu avec les contradictions mettent adversaires ou partenaires dans le vent. Cette attitude empêche tous les autres pays de préparer des accords, des mesures, des propositions. Elle donne aux US toujours un coup d’avance puisque personne ne peut les prévoir. Et donc il en résulte que  les US font presque ce qu’ils veulent, où ils veulent, quand ils veulent.

    Notons que c’est exactement le contraire chez nous. La stratégie US fait apparaître crûment la complète paralysie de notre pays et de toute l’Europe et éclaire du même coup la volonté britannique de reprendre sa liberté, de se libérer des dix étages de contraintes et de contrôles que chaque pays et l’Europe ont mis en place.

    Si encore la tutelle européenne était démocratique, c’est-à-dire populaire, ça aurait un peu de sens. Mais il s’agit, bien au contraire d’une mainmise maffieuse des financiers sur nos institutions qui prive les politiques de toutes différentiations : il n’y a pas d’écologistes, de socialistes, de droite ou de gauche, d’extrême ou de centre, il y a seulement : tous au service du capital. Les politiques jouent sur le décor pas dans la pièce.

    Revenons aux US, je n’aime pas beaucoup commenter l’actualité parce que je préfère que l’actualité alimente ma réflexion et me permette d’améliorer, corriger, enrichir mes descriptions, analyses et jugements sur notre monde. Mais là, il y a un déclic qui s’est fait avec le comportement du président US. Certes ce n’est pas un scoop mais il est clair qu’il ne sera pas réélu. La question est : comment Trump a-t-il fait pour tomber dans les sondages ?

    Non ce n’est pas la gestion du virus qui a péché. Non ce n’est pas le pétrole ou le gaz qui ont ratés. Les Américains ont plutôt apprécié l’esprit d’indépendance et de liberté de Trump. Non, ce qui n’a pas marché, c’est qu’il a perdu la guerre contre la Chine. Guerre politique et économique, mais guerre.

    Dès le début Trump a focalisé son action sur les méfaits chinois. Il a même entrepris une opération de rapatriement de production qui, en fait, a surtout concerné le Mexique, parce que la Chine n’est plus tout à fait l’atelier du monde. Certes les chinois ont encore un peu de retard dans l’aéronautique ou les composants électroniques, mais ils sous-traitent eux même une grande partie de leur production. Et surtout ils ont un sens de la collectivité imbattable. Les US ne sont que la juxtaposition de millions de personnes sans rien partager ensemble à part la division en communautés antagonistes.

    Le comportement de Trump consistant à taper sur tout ce qui bouge a démobilisé l’opinion américaine. De vouloir faire de la Chine un bouc émissaire a profité à l’Asie qui tire plus que jamais la technologie mondiale. À vouloir faire l’« America great again », il a seulement obtenu l’ « América lonesome country ».

    Dans le commerce international règne le même esprit que dans les familles, c’est-à-dire un ensemble d’attirances et de répulsions sur un fond de coups bas et de coopérations. Au final personne ne peut avoir raison.

    Et Trump a eu tort de croire qu’il avait raison.

    Michel Costadau

  • Décisions

    Décisions

    Supposons qu’il y ait des décisions à prendre, comment faites-vous ? De qui prenez-vous l’avis ? De l’intérêt de qui tenez-vous compte ? Quels sont vos critères de choix ?

    Le processus de la prise de décision est un classique de la formation des dirigeants. On entend par là ceux qui sont appelés à prendre des décisions.

    Mais en fait la prise de décision commence par la gestion de sa propre personne, de son individualité, ça continue avec le couple, la famille, ça se poursuite avec les activités professionnelles, les associations, les fermes, les lotissements, les villages, les quartiers, les entreprises et ça continue. C’est tout le temps. En cela nous sommes tous des dirigeants et des décideurs. Mais on ne nous a pas donné beaucoup de formation.

    Et donc, vous vous en doutez, la question est : comment sont prises les décisions dites politiques ?

    C’est-à-dire celles que prennent nos élus qui sont, en théorie, censés s’occuper de nous. Vous me lisez depuis suffisamment longtemps pour connaitre la réponse : quel que soit le niveau, le premier critère de la décision est toujours de se faire élire ou réélire, surtout réélire.

    Bien sûr selon le niveau viennent ensuite d’autres critères qui tournent tous autour de la soumission

    aux détenteurs de pouvoirs qu’ils soient internationaux, nationaux, locaux et qu’ils soient financiers, moraux ou politiques. Ces détenteurs sont donc directement les donneurs d’ordres des élus. C’est pour cela que le système marche en boucle fermée avec toujours les mêmes aux manettes et toujours les mêmes avec le pouvoir.

    Maintenant en quoi est-ce gênant que les politiques ne pensent qu’à leur élection ? Voyons ça.

    La grande découverte c’est, donc, que nous les citoyens électeurs ne sommes pas leurs donneurs d’ordres. Ceux qui leurs disent ce qu’il faut faire sont ceux qui ont l’argent et le pouvoir. Oui c’est une étrange découverte de comprendre que ce ne sont pas les politiques qui ont le pouvoir, au contraire ce sont ceux qui ont le pouvoir qui donnent leur feuille de route aux politiques. Et donc pour les élus nous ne comptons pour rien. En fait nous ne servons qu’à les élire et réélire. Là oui ils ont besoin de nous. Mais ils n’ont besoin de nous que pour ça.

    Alors avec le soutien inconditionnel des médias ils nous tiennent continuellement des discours sur des tas de choses qu’ils pourraient faire pour nous, mais qu’ils ne font jamais évidemment.

    C’est pour cela que les médias sont si importants pour eux. Les médias sont l’agence de communication des gouvernants. Les médias sont donc clairement les complices de toutes les exactions qu’ils commettent.

    Cependant, vous le savez aussi, il y plusieurs courants chez ceux qui ont le pouvoir et l’argent. Certains sont plutôt partisans d’une sorte d’équilibre dans le monde, plus propice aux affaire selon eux, alors que d’autres vivent des opportunités que provoquent les crises et sont donc pour les déséquilibres permanents et une fuite en avant. Clairement ce sont ceux-là qui sont à la manœuvre actuellement avec le brexit, le virus, la 5G, l’immigration, les incendies et les guerres savamment entretenues.

    Alors quand les politiques « prennent » une décision, essayez de trouver d’où vient l’ordre.

    Michel Costadau

  • Menace

    Menace

    Quand une antilope se fait manger par une panthère, le troupeau ne décide pas d’attaquer toutes les panthères du coin. Quand un ver de terre se fait manger par une taupe, la population des vers de terre ne décrète pas la guerre totale contre les taupes. Et quand une sardine passe dans la bouche d’un marsouin, toutes les sardines n’ordonnent pas la lutte contre les marsouins pour toutes les générations.

    Je ne sais pas quel est l’imbécile qui a inventé la vengeance, mais il a fait un mortel cadeau à l’espèce humaine. La haine, l’envie, la colère sont des sentiments, mais la vengeance est un acte délibéré, un assassinat gratuit. Oui la guerre existe au sens du combat entre espèces ou même à l’intérieur d’une espèce. Mais la vengeance n’existe pas dans la nature. C’est propre à l’homme ou plutôt à certains hommes qui n’ont pas compris la différence entre individu et population.

    Le prélèvement par un carnassier de quelques rongeurs ne remet pas en cause les rongeurs. Bien au contraire puisque c’est en quelque sorte leur garde-manger. C’est comme ça que ça marche avec des équilibres à mouvements lents.

    Et c’est comme ça que ça a marché pour nous pendant des millénaires, et puis il y a eu une déviance. Et cette déviance vient, symboliquement, de la déification de certains hommes, en rupture avec l’appartenance à leur espèce, mortelle comme elles le sont toutes.

    C’est là l’enclenchement de la vengeance. Les tumulus, les pyramides, les mausolées sont là pour nous rappeler le moment ou certains se sont séparés de l’espèce. N’en faisant plus partie ils en sont devenus les ennemis. Et l’homme est devenu un gros perturbateur parce que s’élever au-dessus des hommes, c’est se croire au dessus de la nature.

    Mais c’est la nature qui existe, pas les dieux.

    Que l’homme élève des animaux afin de les manger n’est pas antinaturel en soi. Les fourmis et d’autres surement en font autant. Non là ou l’homme déraille complètement, c’est de chercher à mettre l’individu au-dessus de la population. En fait seulement certains individus puisque la plus grande partie de l’humanité est élevée par d’autres pour les servir, avec la même utilité que les porcs et les poulets.

    Bien sûr, certains peuvent nier que l’espèce humaine existe et dire qu’il n’y a que des individus extrêmement différents les uns des autres et que chaque humain est un trésor génétique unique et irremplaçable.

    Seulement voilà, ce n’est pas vrai.

    Le vivant ne fonctionne que par espèce, pas par individus. Je l’ai déjà dit « un » homme ça n’existe pas, ça n’a ni sens ni valeur. Pas plus qu’un bulot ou qu’un moustique. Par contre « les » hommes, l’espèce humaine, oui ça veut dire quelque chose, ça compte, ça a de la valeur.

    Et aujourd’hui nous faisons les travaux pratiques et ça coince sérieusement. Car ceux qui dirigent le monde, n’ont à la bouche que la protection des individus, le respect de la vie, la mise en œuvre médiatisée de tous les moyens possibles pour sauver une vie.

    Alors que ce sont ceux-là même qui ont détruit des populations par les guerres et qui continuent, qui massacrent la nature, qui développent des armes atomiques, chimiques capables de détruire complètement l’espèce humaine. Oui ce sont eux qui menacent notre espèce et qui emprisonnent les gens pendant des mois dans des carcans de mesures pour un virus qui lui ne représente aucun danger pour l’espèce.

    Michel Costadau

  • Avance

    Avance

    Mon père n’avait jamais vu la mer

    Ma mère n’avait jamais vu mon père

    Et c’est comme ça qu’ils se sont connus

    Au bord de la mer

     

    Dans les charmes agiles de ma mère

    Mon père a perdu ses repères

    Et n’a plus su quoi faire

    Des larmes amères de ma mère

     

    Attention changement de rythme

    Finies les rimes en ère

    Ca allait pour commencer

    Mais maintenant on parle vrai

     

    Je suis tombé je suis debout

    Est-ce l’orage est ce l’ouragan

    Quand même je tiens

    Cette laisse qui n’a pas de bout

     

    Bien forts bien droits ils sont

    Moi qui ne suis que d’herbe

    Que le courant caresse

    Comment me redresser

     

    Cesse de te tourmenter

    Bonimenteur du dimanche

    Tu es en train de naviguer

    Et vois comme tu avances

     

    Comment savoir où aller

    Ca commence à me lasser

    Cette idée d’avancer

    Sans but et sans armure

     

    Rien n’est moins sûr que l’incertain

    Et c’est pourtant ma chimère

    Mon eau-de-vie mon beau quatrain

    Dans lequel je patauge fièrement

     

    Même en montant sur la colline

    Je ne vois pas de piste

    Seulement un halo de lune

    Que fige son sourire d’artiste

     

    Mais d’avancer n’a plus de sens

    Quand il n’y a pas de chemin

    Peut-être fais-je un grand rond

    Sans pour autant voir ma trace

     

    Rien ne m’arrête

    Pourtant rien ne me pousse

    Ce n’est que ma marche

    Qui fait de l’esbroufe

     

    Faut-il crier faut-il pleurer

    Pour attirer sur moi une pensée

    Un regard une accolade

    C’est pourtant ça dont j’ai besoin

     

    Encore une fois cesse de te lamenter

    Marcheur de l’inconnu

    T’as déjà bien de la chance

    De ne pas vivre couché

     

    Promis juré je dis plus rien

    Je continue mon destin

    Qui doit être d’exister

    Sans rien savoir de l’existence

     

    Secoué balloté ébloui

    Je suis en travers du sillon

    Est-ce qu’en inclinant ma trace

    Je comprendrais ce qui se passe

     

    Non, non  surement pas

    A quoi sert d’incliner

    Ce qui est déjà penché

    Bien sur le sens ah oui le sens

     

    Le seul sens que je connaisse

    C’est celui d’avancer

    Car le sens des choses lui m’est caché

    Et je ne vois pas autre chose

     

    De quoi te mêles-tu ignorant

    Ne sais-tu pas qu’ils ont raison

    Ces fabulateurs de la vraie vie

    Qui oublient de te mettre en prison

     

    Mais non ils n’ont pas raison

    Mais moi non plus d’ailleurs

    Sauf qu’eux sont les plus forts

    Et que moi eh bien je n’ai que moi

     

    On finira par le savoir

    Que t’es seul et triste

    Et que t’en as marre

    De pleurer tous les jours

     

    Quel vent quelle ombre ou j’erre

    Tout, tout autour me désespère

    Mais comme un sanglier j’avance

    Dans le hallier de mon insouciance

     

     Michel Costadau

  • Plaidoyer pour l’homme

    Plaidoyer pour l’homme

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    Comme c’est souvent le cas, on parle on parle, et on n’arrive pas à dire l’essentiel. On tourne autour du sujet sans finalement l’aborder. Parce que notre véritable sujet c’est l’homme et son drôle de destin. Alors ce coup-là on y va et on n’a pas peur.

    Sauf que si, justement, on a peur parce que quand on se demande qu’est-ce que l’homme, qu’est-ce que la vie, et ce que l’on fait sur terre, petite planète qui fonce dans le vide perdue au milieu des étoiles, ben on n’est pas très rassuré, parce que, en vrai de vrai, des réponses à ça on n’en a pas.

    Cette absence de réponse immédiate génère chez la plus part des gens une espèce de vide dont d’autres abusent sans limites en jouant avec la peur ancestrale. En fait, seule l’acquisition et la maîtrise d’un certain nombre de connaissances permet de se défaire un peu de cette emprise. Et donc la tâche la plus importante que nous avons à faire, peut être même la seule, c’est de l’éducation et de l’enseignement pour répandre et partager les connaissances actuelles que tout homme devrait avoir sur le monde dans lequel il vit. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cela concerne beaucoup, beaucoup de gens. L’objet de ce texte est donc de présenter quelques éléments du bagage que devrait avoir acquis et maîtrisé chaque humain. Une première partie propose quelques exemples des savoirs que l’on pourrait dire de base, et une seconde partie montre que l’humanité n’en est qu’à ses débuts. Ce texte a aussi un caractère d’introduction méthodologique, c’est-à-dire, puisqu’il s’agit de partager des connaissances, que la composante pédagogique a une énorme importance.

    On peut commencer par un point assez simple : l’origine de l’homme. L’homme n’existe pas depuis très longtemps et la question de qui ou quoi a créé l’homme préoccupe presque tout le monde. Or la réponse est toute simple : c’est l’homme qui a créé l’homme. En effet, un être vivant du genre petit quadrupède, peut-être avec une queue, a évolué, a grandi, a subi diverses mutations, s’est mis debout, s’est mis à se promener et a, petit à petit, envahi la terre. Tout cela dans une grande continuité. D’autres l’ont fait avant lui et après lui, il n’y a là rien d’exceptionnel. Ce qui est original, c’est que l’homme a développé une pensée sur ce qui l’entourait et sur lui-même et qu’il a inventé ce qu’il était et il l’a appelé homme. Il n’y a probablement pas d’autres êtres vivants dans ce cas. Cela dit on a traité seulement un aspect de la question des origines, parce que ce n’est pas l’homme qui a créé la vie, puisqu’elle existait bien avant lui. Il faut donc regarder d’où vient la vie d’avant l’homme.

    Alors d’où vient la vie ? La caractéristique de la vie c’est la multiplication presque à l’identique et la durée limitée. Les montagnes ou les atomes ne se reproduisent pas même s’ils vivent très longtemps. Par contre, tout un tas d’organismes se reproduisent et se multiplient, même s’il peut y avoir des cas douteux. Les méthodes utilisées sont extrêmement variées, depuis la simple division jusqu’à la fécondation de millions d’œufs, en passant par la pollinisation. Y a-t-il vraiment là un grand mystère ? Non pas du tout. C’est de la chimie. Le fait que les mécanismes les plus simples aient pu être observés donne le sentiment que, pour ces organismes élémentaires, les conditions se sont trouvées réunies pour qu’une multiplication ou une division se mette en place, créant ainsi le processus de la reproduction. Là où ça devient un peu plus compliqué, c’est l’explication de l’agrégation, simplement ou selon des codes et un peu de hasard, de petits bouts de vie en des organismes plus grands, plus complexes, avec des morceaux de vie très différenciés. On peut dire qu’il y a encore du boulot, mais les éléments se mettent en place et notre savoir est suffisant pour quelques énoncés. On peut donc tenir pour  correcte l’assertion que la vie s’est développée sur la terre quand la matière a rencontré des circonstances favorables et donc sans aucune autre intervention que les règles de la chimie, que ça a commencé par des organismes extrêmement simples et que ça a pris du temps. Pour conforter cela on voit que, maintenant, l’on cherche des traces de vie dans d’autres planètes uniquement avec des analyses physiques et chimiques.

    Il nous faut quand même éviter un écueil, c’est la notion de dessein. C’est comme si la matière d’avant la vie avait en germe le projet de créer la vie. Rien ne permet d’accepter une telle assertion qui est clairement la projection de comportements humains sur la matière, comme si pour que quelque chose arrive il fallait que ce quelque chose ait eu le projet d’arriver. Le meilleur contre-exemple se trouve dans l’homme lui-même, pour lequel on peut être certain que personne n’a jamais décidé de naître. Il y a là au contraire une partie de hasard qui, à partir du moment où on constate son rôle, doit aussi être appliqué à l’origine de la vie.

    Voilà, nous avons bien progressé en introduisant que l’homme descend de la vie, que la vie descend de la matière, mais alors la matière elle d’où vient-elle ? Nous en sommes à parler de la matière originelle, puisque la matière existait avant la vie. Les représentations qui nous sont proposées aujourd’hui ont comme caractéristique la notion de point origine de tout avec une explosion lançant la matière dans tous les sens. Il faut bien comprendre que ce ne sont là que des images et que l’on sait assez peu de choses de la matière originelle. Pour apprivoiser un peu cela, prenons l’exemple de la température minimale infranchissable dite zéro absolu et qui ne semble pas très basse puisque à peine quelques centaines de degrés en dessous de notre zéro qui correspond au gel. Intuitivement, on se demande pourquoi n’y a-t-il rien en dessous de ce zéro absolu, et la réponse c’est que cette température est infiniment froide et que l’image du zéro est trompeuse, parce que en fait il est impossible de l’atteindre puisqu’il faudrait une énergie infinie pour cela. La notion de l’infini, ce qui ne veut pas dire qu’il existe, est d’une grande richesse puisque vous pouvez vous en approcher aussi près que vous voulez, vous en êtes encore … infiniment loin. Nous pouvons nous inspirer d’une autre limite qu’est la vitesse de la lumière. Il faut comprendre que c’est en fait une vitesse infinie puisque pour un petit caillou il faudrait une énergie infinie pour arriver à cette vitesse. Cela nous permet d’envisager que le point origine évoqué plus haut est peut-être infiniment loin et que la matière a peut-être toujours existé. Certes ce n’est pas un concept facile à acquérir surtout parce que nous avons d’abord le réflexe du vivant qui, lui, a individuellement une fin. Mais la matière dont est fait l’individu ne disparaît pas avec lui, elle demeure.

    A vrai dire nous devons aussi déjouer un autre piège : c’est le sens de la vie. C’est comme si, une fois lancé, le parcours de chaque individu devait suivre des règles préétablies afin d’atteindre un but, un objectif dans le présent ou dans le futur, but qui, lui seul, donnerait un sens au parcours. Il doit être clair qu’en fait de sens, la vie n’a pas de sens ni pendant ni après. Il n’y a, bien sûr, pas d’avenir après la mort. Car c’est aussi une des caractéristiques des êtres vivants qu’il y a une fin. Ce qui était vivant à un moment perd sa qualité et retourne au cycle de la matière. Evidemment on aurait envie que ça ne soit pas comme ça, mais en fait nous avons de sérieuses indications. La plus pertinente c’est que ce concept de sens et de destinée n’a jamais été appliqué qu’à l’homme. Honnêtement, il n’y a aucune raison, si l’homme doit donner un sens à sa vie, que le chien lui ne le doive pas, ou le bacille de Kock. Mais curieusement personne n’a demandé à un chien de donner un sens à sa vie. La seconde indication c’est l’expérience de ceux qui ont déjà vécu. Le nombre de vies humaines ou animales qui se sont déjà déroulées est très conséquent. Or jamais aucun retour d’expérience n’a été fait. Les morts sont morts même si on peut observer pas mal de traces et on est sûr qu’ils n’existent plus, sauf bien sûr le souvenir que l’on peut en avoir ou retrouver. Mais le souvenir n’est pas la vie. Nous pouvons donc prendre en compte les assertions suivantes, à savoir que l’origine de la vie c’est la simple réunion de conditions particulières favorables comme le hasard peut en fournir, que la vie de chaque individu n’a aucun sens ni aucune destinée et que, après la mort, il n’y a strictement rien.

    A ce stade, nous ne pouvons laisser de côté un concept qui a marqué et marque encore notre histoire, c’est celui des divinités. J’entends par là que l’homme a, au cours du temps, conceptualisé quelque chose de différent de lui, d’extérieur à lui, auquel il a donné une force incontrôlable et l’ubiquité, c’est-à-dire une présence partout à la fois et une durée éternelle. Il est certain que cette invention a pour origine la crainte que l’homme a ressenti devant l’hostilité et la dureté de son environnement terrestre, voire de ses congénères. C’est bien une invention, parce que l’on peut suivre l’évolution de cette conceptualisation et elle va dans une seule direction. Au début l’homme a mis des divinités partout, dans l’arbre, dans la montagne, la rivière, le moineau, le soleil et dans la mer. Petit à petit, une réduction du nombre de divinités est apparue, correspondant à une meilleure maitrise de son environnement, pour arriver à une cosmogonie plus simple, permettant le culte de quelques divinités privilégiées. Notons qu’au fur et à mesure que le nombre de divinités diminuait, leur pouvoir augmentait et le nombre des intermédiaires aussi. Beaucoup plus tard, une grande évolution s’est produite, correspondant à un plus grand développement des moyens humains comme l’agriculture ou l’écriture, et c’est l’avènement du concept d’une unique divinité. Là encore, cette unicité permettait un culte plus facile mais, aussi, une concentration de pouvoirs dans les mains des intermédiaires, entre la divinité qui, du coup a été appelée le dieu, et la population que l’on a désigné sous le nom de croyants. Le malheur a voulu que, malgré tout, plusieurs dieux se trouvent en présence car chaque groupe humain avait le sien. Pour des raisons qu’il est difficile d’expliquer sans une manipulation explicite des croyants par des intermédiaires, une certaine intolérance s’est développée et le dieu est devenu un instrument de domination. D’où des conflits entre croyants qui ont amené des guerres fratricides dont nous ne sommes pas encore sortis. Il faut vraiment insister sur le fait que ces dieux uniques là ont été utilisés par beaucoup d’hommes seulement pour asseoir leur soif de pouvoir, et que la population des croyants a été entretenue, et l’est encore, dans une ignorance et une précarité rendant plus facile le travail de conversion des intermédiaires. Le rôle de ces intermédiaires et des institutions qu’ils ont créées dans notre histoire a été une énorme catastrophe et, comme on l’a dit, ça continue. Il faut noter, quand même, que dans beaucoup de groupes humains, ce n’est pas l’intolérance qui s’est développée mais au contraire un certain respect des autres croyances. Mais ces groupes humains là n’ont, du coup, pas été envahissants et se sont trouvés dominés. Heureusement, l’évolution continue et il apparaît qu’aujourd’hui se fait jour la fin de ces concepts, dans la mesure où l’homme, mais pas encore tous les hommes, a acquis une certaine connaissance qui lui permet de se passer de l’assistance des divinités. Ce qui ne veut pas dire que l’homme n’a plus peur de son environnement ou de ses concitoyens, mais que de nouveaux outils rationnels et méthodologiques ont transféré l’inconnu dans des domaines plus techniques et matériels où les croyances ont peu de place, bien que la tendance demeure. Cependant, le travail à faire est énorme car on ne peut passer sous silence la persistance et l’entretien par nos sociétés d’un grand nombre de croyances, y compris techniques. Des croyances il en faut, mais pas de celles qui abaissent l’homme ou ne font que jouer avec sa crédulité.

    Ayant contourné quelques obstacles, nous pouvons maintenant établir une nouvelle assertion qui est que l’homme n’a reçu aucune consigne pour dominer le monde et qu’il est, seulement, un être vivant parmi les autres. Nous devons donc nous demander s’il a bien compris ce qu’il fait sur terre et surtout comment il le fait. D’une certaine manière, c’est une question récente dans le sens où l’on peut admettre qu’il n’était pas indispensable de se la poser avant. En effet, avant, l’homme ne connaissait pas les autres hommes, ni sa planète, ni son univers. Depuis quelques années, une étape a été franchie de ce point de vue là, c’est-à-dire que tous les hommes de la terre ont été répertoriés, que la terre aussi a été entièrement cartographiée et que l’univers, même s’il recèle encore bien des mystères, permet de connaître notre environnement immédiat et de comprendre que le prochain soleil est quand même assez loin. La réunion de ces constatations permet donc de se dire que les hommes sont une espèce vivante assez dynamique, qu’ils habitent une planète tempérée et assez sympathique, et que si nous devions avoir des voisins dans l’univers, nous ne sommes pas près de les rencontrer, car même à supposer qu’ils soient dans notre proximité, le voyage durerait plusieurs dizaines de milliers d’années, sans parler du retour. Bien sûr pour se téléphoner ça prendrait moins de temps, mais il faudrait quand même compter plus de dix ans pour entendre la réponse à sa première question.

    En fait, l’homme est donc en train de prendre conscience de l’humanité, de son humanité. Clairement on peut affirmer que l’on en est qu’au début. Même si ce mot a été et est utilisé depuis des années, la notion d’humanité est vraiment nouvelle, et si vous vous souvenez bien, le choc de la découverte des amérindiens a débuté par un déni de la nature humaine des premiers autochtones. On parle encore beaucoup de races, de civilisés, de primitifs, tout cela faisant obstacle à l’avènement de l’humanité qui est tout simplement le nom de l’espèce humaine. Prendre conscience de l’humanité, c’est prendre conscience de son appartenance à l’espèce et de sa propre individualité. C’est-à-dire que les hommes sont semblables, ce qui doit inspirer du respect et de l’attachement, mais aussi que ce n’est pas un individu qui fait l’espèce et donc d’une certaine manière l’individu compte peu, les groupes ou l’espèce entière étant plus significatifs. Attention cela ne doit pas être mal compris car ça ne veut pas dire que l’on peut sacrifier sans problème un ou plusieurs individus, comme c’est le cas encore aujourd’hui, non ça veut dire que l’individu est social, qu’il ne peut pas exister sans les autres mais aussi qu’il est remplaçable, qu’il n’est qu’un parmi les autres. Ca veut dire aussi qu’aucune organisation ne peut reposer sur l’individualisme. Hélas sous l’effet du type de société que nous connaissons actuellement, l’organisation de l’espèce humaine a été atomisée, c’est à dire éclatée en groupes de plus en plus petit, de façon à arriver à un microcosme afin que chaque individu devienne un consommateur. La notion de famille monoparentale, contre-sens intrinsèque, représente l’aboutissement de cette logique. Les populations ont subi une énorme pression depuis des centaines d’années pour dissoudre les peuples, les groupes, les tribus et les familles. C’est une très mauvaise direction. Bien sûr il y a eu des réactions et des résistances, comme les communautés, les mafias, les associations, les sociétés secrètes, mais le retour à des groupes humains fonctionnels n’est pas trop facile. On est dans la situation d’avoir à tout reconstruire à partir de l’éclatement dans lequel nous sommes, au moins en occident. Cependant, le préalable indispensable est un grand travail d’éducation et de prise de conscience de ce que signifie l’appartenance de l’homme à son espèce. Il me semble que c’est commencé, mais le reste à faire est énorme.

    Dans ce qui suit, nous allons présenter quelques illustrations de cette prise de conscience. Premier exemple, la multiplication. Sans se tromper, on peut dire que la reproduction effrénée est une des caractéristiques du vivant, comme si pour compenser la brièveté de chaque vie il fallait en multiplier le nombre. Cependant on doit se poser la question de savoir si la multiplication des individus doit conduire à une augmentation illimitée de la population ou à un renouvellement nécessaire au maintien. L’exemple des autres formes de vie semble conduire à un mixte, à savoir que, quand les conditions sont favorables, la population augmente, jusqu’à ce que cette augmentation ou une détérioration des conditions favorables amène une régression voire une disparition, même si avant cela des mécanismes d’adaptation performants voient le jour. Pour l’espèce humaine, on a pu constater aussi qu’il en a été de même, et la situation actuelle de finitude de l’espace disponible conduirait, plutôt, à une asymptote de l’humanité. Cependant on voit aussi que si d’un côté les conditions sont réunies pour l’augmentation de l’humanité jusqu’à l’asymptote, d’un autre côté les éléments pouvant entrainer une régression ou une disparition complète sont présents. Dans ces conditions nous sommes peut-être au début d’une grande phase d’adaptation dans laquelle est en jeu le métabolisme de l’espèce. Par exemple, la phase d’augmentation de taille et de corpulence de l’homme pourrait marquer le pas et s’orienter vers une économie, se traduisant peut-être par une réduction de taille mais avec une plus grande adaptabilité aux conditions que nous vivons et allons vivre. Bien sûr l’exemple de la taille ne doit pas être pris comme le critère de notre évolution, mais comme une illustration de la manière dont l’homme peut montrer qu’il a compris comment vivre sur terre, puisque pour le moment nous n’avons pas d’autres endroits pour le faire.

    Deuxième exemple, le rapport entre l’individu et le collectif. Il ne faut pas nier qu’il y a là une grande contradiction, c’est-à-dire qu’à la fois un homme ne veut rien dire, puisqu’il serait mort le lendemain mais en même temps le nécessaire collectif, quel qu’il soit, pose le problème du conflit des individualités. Cependant l’exemple du vivant et aussi le peu que l’on sait de notre histoire, indiquent que seule la survie du collectif compte, une fois de plus non pas par élimination des individus gênants mais par un mécanisme de reconnaissance, d’acceptation et de soumission. Le problème de la soumission ne doit pas être pris à la légère car son refus est la manifestation de l’individualisme nécessaire pour éviter qu’un seul ou quelques uns s’emparent du collectif, bien que seule l’acceptation par chacun de sa place et non de toute la place permette le fonctionnement du collectif. Il est vrai que beaucoup de gens n’ont pas encore bien assimilé cela, en particulier ceux qui ont eu ou ont encore la démarche de croire que la société c’est eux, ou d’accumuler de la richesse personnelle croyant peut être se prémunir contre les vicissitudes de l’existence voire son inéluctable issue. Seule la richesse collective est profitable à l’homme, mais il est vrai que les inégalités de condition que présente l’humanité, incite certains à vouloir agir pour eux seuls. Cette prise de conscience de la nécessité du partage et de l’entraide va prendre encore beaucoup de temps, car je ne suis pas sûr que le mouvement soit lancé.

    Pour conclure, on peut déjà énoncer des conséquences assez importantes de nos premières assertions et dire que l’homme est indissociable de la vie, des autres formes de vie et de tous les êtres vivants. L’homme ne peut pas se penser sans tous les autres êtres vivants, animaux, végétaux, bactéries et autres organismes. On peut donc, sans se tromper, dire qu’en ce moment l’homme fait fausse route en traitant une grande partie des êtres vivants comme des objets, voire en les maltraitant. Cependant il faut encore préciser que certains pourraient penser que la disparition des animaux n’est pas catastrophique et envisager que l’homme reste le seul être vivant sur la terre. Cette perspective n’est pas sérieuse, car l’homme est lui-même composé d’êtres vivants et cette imbrication ne peut se résoudre sauf à faire des robots. Il est vrai que c’est peut-être, là encore, le projet de quelques uns, de créer eux-mêmes un homme nouveau en dotant des machines ou la matière de la pensée. Il y a cependant un obstacle à cela, qui est que l’homme ne peut pas penser un homme plus homme que lui. Le plus que l’homme peut penser c’est ce qu’il est lui-même, l’idée qu’il se fait de lui même. Je ne parle pas ici de logiciel, ou de puissance de calcul qui peuvent jouer un grand rôle, non je parle de la conscience et de la connaissance que l’homme a de lui même. L’homme a inventé l’homme, il lui faut maintenant inventer l’humanité. Inventer l’humanité, c’est construire le domaine de vie de l’espèce humaine. Presque tous les animaux ont déjà réussi cela. Pour l’homme, c’est encore très loin tant les conditions de vie de la plupart des individus sont innommables. Inventer l’humanité, c’est  mettre en pratique le concept que l’homme est indissociable des autres formes de vie et qu’il en va de sa survie de protéger la vie sous toutes ses formes. Et ce n’est vraiment pas ce qu’il fait pour le moment.

    Michel Costadau

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    Pour ce second plaidoyer on va surtout insister sur ce que j’appelle l’avènement de l’humanité en analysant les blocages que cette évolution rencontre. En effet les aspects fondamentaux de la prise de conscience que les hommes appartiennent tous à la même espèce sont, pour le moment, non intégré dans le comportement des individus et le fonctionnement des sociétés. Parce qu’en fait ce sont tous les hommes, sans exceptions, et pas seulement certains qui composent l’espèce. Tous. Mais au contraire, ce qui est le plus mis en avant c’est la différence et non pas l’identité. Alors qu’il n’y a aucune différence entre deux individus. Ce qui est différent c’est le genre de vie et non pas l’essence de chaque personne. Et sur terre il n’y a pas des sociétés plus avancées que les autres, il n’y a pas des hommes plus évolués que les autres, il n’y a pas des entités vivant mieux que les autres. Il n’y a pas des peuples, des nations, des pays. Non il y a un seul groupe et chaque individu en fait partie et c’est l’humanité. On, je dis on mais on sait très bien qui c’est, a même inventé cette aberration de la loi de la jungle, comme si tout homme devait être un ennemi. La jungle qui est en vogue ici est un fantasme de l’esprit et uniquement à usage de l’espèce humaine. Les autres êtres vivants se débrouillent très bien sans cette pseudo loi. Chaque espèce animale ou végétale a son milieu, son biotope. Dans le coté animal du vivant ne règne pas la loi de la jungle mais au contraire les règles de l’espèce. Alors vous allez me dire que les lions mangent des gazelles et que la folle avoine envahit le blé. Certes mais c’est ça un biotope. D’une part les lions ne se mangent pas entre eux et d’autres part les lions ne dominent pas les gazelles, ni ne les parquent dans des réserves, ni ne les exploitent pour leur propre usage. En fait, les gazelles ont une place dans la vie des lions et les lions ont une place dans la vie des gazelles. Un des concepts fondamentaux de l’avènement de l’humanité, c’est que l’espèce est unique, que les individus sont nombreux et identiques et que chaque individu a une place. La prise de conscience par l’homme de l’humanité c’est de faire, trouver, accepter que chacun  ait une place, sa place. Ca n’a aucun rapport avec l’égalité qui est une invention des commerçants. Au contraire chaque individu ayant des aptitudes et chaque société ayant des besoins, chacun doit avoir une place qui lui soit propre. En fait c’est assez spontanément que chaque homme arrive à trouver sa place, c’est une démarche naturelle. Le problème c’est quand on ne veut pas qu’il ait de place. Que ce soit dans la famille, dans la société dans le boulot, dans le couple, dans la ville, le refus d’une  place à certains est le plus grand obstacle au développement de l’humanité. Quand un enfant est mal accepté dans sa famille, quand certains sont ostracisés dans la société, quand des collègues dézinguent un salarié, quand le conjoint ou l’ami est en trop dans le couple ou quand des personnes sont parqués dans un coin de la ville, à chaque fois les hommes trinquent et l’humanité recule. En plus cette non-place peut déclencher des réactions qui amplifient le mécanisme et créent comme une surenchère pernicieuse. D’une part ceux qui ont des grosses voitures, de grosse maisons, un gros tombeau manifestent ainsi qu’ils n’ont pas de place et essayent par ce moyen de faire comme s’ils avaient une place parce que quand on a sa place on a pas besoin de forcer la dose. D’autre part, ceux qui acceptent de ne pas avoir de place font indirectement le jeu des  exploiteurs qui n’ont pas envie que l’humanité avance.

     

    Dans l’espèce humaine comme dans toutes les espèces, les individus se doivent respect et solidarité.

    Ca veut dire qu’il est interdit de tuer, que l’acte de tuer ne peut être justifié, autorisé, encouragé par qui que ce soit. Ca veut dire qu’il est interdit d’abattre quelqu’individu que ce soit, qu’il soit promeneur, armé, chanteur, assassin, chasseur, terroriste ou ministre. Interdit c’est interdit, il n’y a pas de petite porte pour justifié la moindre exécution. Tous sont des meurtres, injustes et injustifiables.

    On a dit qu’on y reviendrait, on y revient. Au départ il y a deux domaines de réflexion dans ce sujet : les connaissances, c’est-à-dire qu’est ce que l’homme a appris sur le monde et sur lui, et l’émergence de l’humanité comme composante de la vie, c’est-à-dire la déclinaison de son humanité dans son mode de fonctionnement. Ce deuxième aspect se décompose lui-même en en un grand nombre de points.

    Arguments intéressants : -y en a mare de culpabiliser pour l’occident, il a plus avancé que les autres qui en sont restés à des idées fanatiques, – sortir de l’euro ne peut pas se faire à un seul pays,

     

    Attention la phrase qui suit est un peu compliquée. Il y a quelque chose de flippant dans l’auto-entretien des courants de pensées déviées au sein des regroupements géographiques de populations couvertes par la diffusion  ciblée de médias. Je m’explique : il y a, par exemple, quelques personnes qui pensent qu’il faut interdire les écoles aux noirs. Disons au départ qu’ils ne sont que trois. Dans leur quartier ou leur village ils vont au café et là ils disent ce qu’ils pensent pour que d’autres les entendent. Ceux qui ne sont pas d’accord ne disent rien parce qu’il faut vraiment être demeurés pour dire cela. Par contre y en a un qui se trouve d’accord avec ça et qui le dit. De fil en aiguille les quelques du début se sentent plus nombreux et trouvent quelqu’un pour écrire ça dans un PQR, genre La Dépêche. A la lecture plein de personnes se disent : là quand même ils exagèrent, mais d’autres ont le sentiment de vivre enfin un instant de bonheur et du coup le disent à quelques copains ou relations. Un jour en se retrouvant sur un parking, quelques uns de ces anti-noirs se mettent à discuter, en se disant mais pourquoi on ne fait rien. Moi je n’ai pas peur d’eux, il faut agir, t’as raison, y en a marre, si on ne dit rien ça va continuer, y a qu’a leur interdire d’entrer, ca c’est sûr, ils prennent nos places, on a le droit avec nous, demain on y va, prend ta matraque ça peut servir, t’en fais pas je l’ai toujours sur moi, bon alors demain 9h, oui, oui , oui.

    Le lendemain, confusion devant l’école, des personnes font une action, des noirs empêchés d’accéder à l’école, les gens ne savent pas ce qui se passe. Alors arrive l’article du PQR local : des citoyens indignés font entendre leur voix, ils demandent une réforme pour ne pas être exclus alors que d’autres ont tous les droits, cette action n’a duré que quelques heures et l’ordre est revenu en fin de matinée. En bout de ligne une demi-phrase pour dire que certains ont trouvés ça malsain. Devant ce succès les même se disent il faut recommencer. Alors arrive la télé locale avec interviews et images, on ne comprend rien, on ne nous écoute pas, mais que fait le pouvoir, et une demi-phrase pour dire qu’une personne a dit qu’il faudrait réagir à ces propos haineux. Ensuite, au café, sur le parking, devant l’entrée de la boite tous les héros de ces actions se congratulent, se félicitent et entretiennent l’idée de recommencer. Pourtant ils ne sont toujours que douze. Alors arrivent les politiques. Oui aux uns et aussi oui aux autres comme ça y a pas de jaloux. Du coup le journal en parle encore. Et le journal, la télé, les chasseurs, les politiques continuent à dire qu’il y a problème, mais on ne sait pas si le problème c’est qu’il y ait des noirs à l’école ou au contraire qu’il, y ait une action pour les empêcher d’y aller. Et les anti-noirs qui ne sont toujours que douze, se frottent les mains se tapent sur les cuisses avec tous leurs copains de café, de boulot, de parking, de chasses et le niveau des propos atteint des sommets de haine et de vulgarité. On se gargarise, on se pavane, on ne se tient plus.

    Alors arrive l’incident, au cours d’une nouvelle action un passant est blessé par deux anti-noirs. Plainte est déposée contre deux anti-noirs. Une action en justice est en cours. Comme d’habitude la justice est lente mais à la fin il n’y a pas de jugement car il y a non lieu c’est-à-dire que tout le monde est blanchi car seul un malheureux concours de circonstances peut être retenu. Ca veut dire qu’un permis de tuer vient d’être délivré. C’est comme ça que ça marche. Cette histoire m’inspire plusieurs remarques. D’abord l’effet de bandes, c’est-à-dire que certains regroupements permettent des décollages de pensées haineuses auto-entretenues. Décollage et même vol de croisière parce que c’est fait pour durer. Le principe est que de se mettre en situation de non contestation interne, ce qui permet tous les dérapages puisqu’ils ne sont pas bornés ou bordés  par des  remarques de non consentement. Bien au contraire cette pseudo unanimité développe chez chaque participants un sentiment d’exaltation qui concours et au bien être individuel et à la continuation de la pratique hégémonique. A développer.

    Ensuite une demande de justice préventive. Dans le cas de violence d’un ou de plusieurs individus sur un ou plusieurs autres, il semble que l’intention ou la préméditation soient essentiels pour envisager une condamnation. En fait, tout ça est pipé puisque de nos jours il est clair qu’il faut qu’une agression ait été commise pour que la justice puisse s’enclencher. En conséquence les instigateurs de troubles potentiels ne peuvent être atteint qu’au travers du pauvre imbécile qui traduite en acte concret les propos des commanditaires implicites. Si, au contraire, la justice, à supposer qu’elle soit indépendante bien sur, s’intéressait aux conséquences explicites des agissements des détenteurs de pouvoirs, on éviterait  bien des situations catastrophiques. Par exemple, l’envoi par quelques énergumènes irresponsables de bombardiers sur la Syrie, pays qui ne nous a jamais rien fait, devrait ainsi être jugée « à conséquences graves » et donc condamné ou tout au moins empêché.

     

    Pour inventer l’humanité faut vraiment se remuer. J’ai des idées mais il en faudrait beaucoup d’autres

    Dans tout ce qui précède quand je dis l’homme, je parle bien sur des hommes et des femmes. Toujours dans le champ de comment l’homme développe son humanité, nous ne pouvons échapper à la question du sexe. Le sujet n’est pas facile, car d’un coté il est certains que les hommes sont très différents des femmes et d’un autre coté, ils sont indissociablement uni dans la multiplication de l’espèce. Les hommes et les femmes composent à part entière l’humanité, mais est ce qu’on peut dire à part égale. Surement pas car dans l’espèce humaine ils n’ont pas le même rôle et il est donc illusoire de parler d’égalité. L’égalité homme femme c’est comme l’égalité des chances dans le système scolaire qui est d’une hypocrisie difficilement supportable. La question posée c’est comment prendre en compte qu’il y a beaucoup plus de différence entre un homme et une femme qu’entre un congolais et un chinois. Je suis assez surpris que depuis longtemps semble t il l’organisation de l’espèce humaine soit centrée sur le mâle. Ce n’est largement pas le cas dans la vie animale. Il faut donc envisager une évolution, comme le fut la découverte de l’héliocentrisme, qui consisterait à déplacer des hommes vers les femmes le centre de l’organisation de l’espèce humaine, les hommes n’étant au final pas si utile que ça où tout au moins pas en si grand nombre. Il y a d’ailleurs de l’agitation dans ce domaine avec divers mode de fécondation, ainsi qu’avec des manipulations pas toujours très claires. Cependant toute cette agitation a une certaine propension à se passer des hommes, bien que le patrimoine génétique soit assez bien réparti entre hommes et femmes. On y reviendra.

    Michel Costadau

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    Pour moi, comme pour vous je suppose, l’humanité va clairement dans le mur, c’est-à-dire dans une fuite en avant dévastatrice. Il est donc indispensable de corriger le tir mais comment ? Eh oui comment revenir à la démocratie ou plutôt inventer la démocratie car la liberté est battue en brèche partout dans le monde. Je ne crois pas qu’il s’agisse de faire des réformes, des révolutions ou n’importe quelle prise de pouvoir. En fait c’est une toute nouvelle approche à laquelle je pense.

    • En premier lieu la nouvelle approche concerne la taille des structures de fonctionnement de la démocratie. En clair les pays sont beaucoup trop gros, trop grands. Cette dimension n’est en aucune façon une conquête de la population ou une avancée de la démocratie. D’ailleurs le concept de démocratie a été établi dans de petites cités et concernait quelques milliers de personnes. L’accroissement de la taille des pays ne résulte que de l’appropriation de nouveaux territoires par la classe dominante. Cette taille est, aujourd’hui, le socle du pouvoir discrétionnaire des politiques qui ont du fait du nombre la possibilité de ne rendre de comptes à personne. On y reviendra.
    • En deuxième lieu dans cette nouvelle approche l’homme doit totalement reconsidérer son positionnement par rapport à tous les autres êtres vivants. Aujourd’hui le système a tendance à considérer que l’homme est la seule espèce vivant sur cette planète. Alors que bien au contraire l’homme n’est qu’une des formes de vie parmi des milliers d’autres. La classe dominante semble avoir déclaré la guerre à toutes les autres espèces et cette folie est, d’une part la base du pillage de la planète, mais surtout ne prend pas en compte l’osmose nécessaire entre les espèces, qu’elles soient de notre taille, plus grandes ou microscopiques. On y reviendra.
    • Un troisième aspect de la nouvelle approche se situe dans le domaine des différences hommes femmes. C’est une évidence que les hommes et les femmes ont à la fois des particularités notables mais aussi beaucoup de points communs mais ce n’est pas une raison pour justifier un fonctionnement exclusivement masculin comme c’est le cas aujourd’hui. L’égalité est la chose la plus bête du monde et dans la société il y a beaucoup de cases pour les hommes mais une seule pour les femmes. Cette phobie est évidemment entretenue par les hommes et elle est nécessaire aux politiques pour continuer à dominer les populations. On y reviendra aussi.
    • Le quatrième aspect parmi les éléments de cette nouvelle approche est le plus urgent et concerne l’éducation ou la connaissance si vous préférez. L’humanité est gravement inculte et cela de plus en plus. C’est le problème majeur de notre époque. La plupart des humains, en France aussi bien sûr, sont loin de profiter des connaissances minimums pour se débrouiller dans la vie. Ces connaissances sont l’apanage de quelques uns seulement. Sur tous les continents hommes et femmes sont maintenus, volontairement, dans la plus grande ignorance. Et cela concerne tous les domaines : techniques, sociologiques, psychologiques ou culturels. Cette carence est le terrain de prédilection des profiteurs en tous genre surtout politiques et religieux. On y reviendra.

    Essayons de développer chacun de ces quatre points.

    TAILLE DES STRUCTURES

    Clairement la démocratie n’est pas compatible avec la quantité. Pour donner une image un élu pour 60 millions de citoyens voire un pour 300 millions n’a aucun rapport avec le contrôle par la population de son système politique. Par contre c’est plutôt représentatif de la royauté ou d’autres formes de tyrannie qui ont eue leur heure de gloire, il y a longtemps pour nous, mais hélas encore actuellement pour certains. En fait il y a un énorme quiproquo depuis le début. La cité grecque souvent considérée comme le prototype de la démocratie reposait sur une société de castes qui faisait qu’un petit nombre de citoyens contrôlait l’ensemble de la cité. Certes entre les citoyens dits libres régnait un certain partage du pouvoir, mais même là un petit sous nombre tirait toutes les ficelles. L’ambigüité a été complète quand il s’est agit, il y a un peu plus de deux cents ans, de remplacer la royauté car le modèle athénien a été monté au pinacle bien que totalement inadapté à cause de son fonctionnement basé sur le petit nombre. Soyons clair la démocratie, à supposer que l’on sache ce que c’est, est absolument illusoire avec 60 millions d’habitants, pas plus qu’avec 6 millions ou  même 600 mille. La notion de délégation, excellente au demeurant, ne marche qu’avec un représentant pour une centaine de personnes, ce qui fait qu’une assemblée locale à taille humaine  d’une centaine de personne concerne au maximum 10 mille citoyens. La taille de la démocratie est donc d’environ 10 000 personnes. Ce n’est bien sur pas une démonstration mais une simple réflexion. Dans ces conditions en France nous devrions avoir environ 6 000 pays démocratiques ayant chacun leurs assemblées, leurs lois, leur justice, et leur éducation.

    Ce qui gène le plus dans la taille des structures c’est l’éloignement des élus des citoyens. Les élus doivent par essence prendre des avis et rendre des comptes. Rendre des comptes c’est un échange d’informations et d’opinions entre la population et ses représentants. Est-ce que vous accepteriez un délégué de parents d’élève pour 100 000 enfants. Comment voulez vous qu’un député rende des comptes à 100 000 personnes. Ca n’a pas de sens. Or des élus qui ne rendent pas de comptes ça n’a aucun rapport avec la démocratie. En plus la notion de délégué de délégué est catastrophique car elle coupe définitivement le lien entre élus et population. Bâties sur ce principe, les communautés de communes, les agglomérations ou les chambres hautes sont la porte ouverte à la mainmise de la classe politique sur les institutions. De même que les sociétés industrielles ou les coopératives ont réussies par le principe des conseils d’administration à se débarrasser des petits sociétaires ou actionnaires, de même les politiques se sont débarrassés de leurs électeurs. Aujourd’hui nous avons des élus qui fonctionnent en circuit fermé, c’est-à-dire entre eux et avec le petit nombre de décideurs qui compose leur réseau. Vous savez il ne faut pas chercher plus loin les dysfonctionnements  de notre système politique. Et ce n’est pas en votant pour un parti ou pour un autre que ça va changer puisque le système est vicié à la base. Bien sur pour mettre en musique cette déconstruction de nos institutions il faut utiliser les moyens de réseaux, qui ont toujours existés, mais qui sont maintenant assez connus.

    LE VIVANT

    Chacun peut constater qu’il y a beaucoup de vie et d’êtres vivants sur terre. Et ils sont tous nés en même temps, c’est à dire lorsque la vie est apparue, parce qu’il n’y a qu’une seule vie. Contrairement au mode de pensée dominant  nous sommes bien loin d’être les seuls êtres vivants. D’une certaine manière tous les êtres vivants sont notre famille. Il y a bien sur ceux qui nous ressemblent, comme beaucoup d’animaux mais aussi ceux qui sont très différents comme les bactéries ou les végétaux. Sommes-nous une espèce vivante supérieure. Je dirai plutôt que, dans certains domaines nous sommes un peu en avance et dans d’autres en retard. Par exemple nous sommes en avance pour le langage articulé. Celui-ci est apparu tardivement, c’est à dire  après de longues années d’évolution de l’homme. Que d’autres espèces puissent un jour acquérir le langage me parait logique même si c’est difficilement prévisible. A l’inverse le pilotage de vol d’une hirondelle a quelque chose de stupéfiant par rapport à nos propres possibilités. De même d’autres espèces ont pu acquérir des capacités, par exemple collectives, que nous, hommes, n’avons pas encore. En particulier le concept de population. Clairement les êtres vivants fonctionnent en termes de population et c’est grâce à cela qu’ils assurent leur pérennité. J’ai le sentiment que l’homme a lui aussi déjà fonctionné en termes de population, mais que depuis ce que l’on appelle la civilisation, un intrus s’est glissé dans notre paysage c’est-à-dire l’individu. Aujourd’hui nous en sommes à la primauté de l’individu sur la population, voire même de l’organe sur l’individu, c’est probablement une étape paroxysmique qui pourrait nous enterrer si nous ne réagissons pas. Pour moi le vivant fait un tout qui doit se développer ensemble. Sur certains aspects cette approche est déjà pratiquée. Par exemple quand on cherche s’il y a du vivant sur d’autres planètes, on ne cherche pas s’il y a des hommes, mais n’importe quelle combinaison de molécules qui indiquerait un organisme. Cependant d’une manière générale la synergie de l’homme avec le vivant est encore balbutiante. En fait beaucoup de personnes butent sur les mécanismes d’évolution du vivant. Comment passer d’une bactérie à des hommes ou à des arbres sans magie. Essayons d’expliquer un peu. Si nous considérons l’ensemble conducteur/voiture comme un organisme, il est facile de voir que ce que l’on appelle l’évolution a très bien fonctionné avec par exemple la place des rétroviseurs ou du volant et demain la voiture  plus autonome qui n’est qu’un nouveau stade de l’évolution de l’organisme conducteur/voiture. Le vivant c’est comme ça que ca évolue. Une fois de plus ce n’est pas une démonstration mais une illustration. Par ailleurs beaucoup de gens sont préoccupés par l’accroissement du nombre de personnes sur terre. Ca me semble un faux problème puisque le vivant nous apprend qu’il y a presque toujours une auto régulation, même si ça prend un peu de temps. Ceci dit il y a là une question à surveiller.

    Pour respecter la vie le souci n’est pas tant d’éviter d’écraser des fourmis en marchant, que de trouver notre place dans l’imbrication du vivant. L’homme a découvert il y a une centaine d’année que le vivant c’est de la chimie. Seulement au lieu de s’interroger sur sa place dans la chaîne des organismes, il a foncé dans une guerre totale au vivant. Je ne parle pas des guerres mondiales mais de la guerre chimique contre tout ce qui est vivant. Il y a une exacerbation de la défense de l’homme en tant qu’organisme, comme s’il était possible de protéger la vie humaine en bombardant ou empoisonnant les autres êtres vivants y compris les cellules. Je ne dis pas qu’il ne faut pas se soigner, pas du tout, mais il faut surtout éviter de se rendre malade. Il faut intégrer que le principe même du vivant c’est la durée de vie limitée. Prolonger la durée de vie humaine n’est pas un progrès si ça s’accompagne de la destruction de toutes autres formes de vie sur terre. En fait nous ne savons pas grand chose de la vie, ni de son évolution. La reprise ne main de ce sujet est donc urgente, car ceux auxquels nous donnons du pouvoir aujourd’hui, financiers et politiciens sont clairement nos fossoyeurs. Ils ont d’ailleurs mis en avant un leurre qui est le réchauffement climatique afin de donner du grain à moudre aux écolos et continuer pendant ce temps leur destruction du vivant.

    HOMMES/FEMMES

    Sujet délicat s’il en est mais en tous cas vraiment d’actualité en ce moment. Honnêtement aujourd’hui les femmes ne sont pas considérées et sont classées comme un sous espèce des hommes. L’humanité est trempé dans le masculin de A à Z. Fort heureusement cette andro-tyrannie ne règne pas dans toutes les espèces vivantes. On pourrait, d’ailleurs, presque dire que pour le moment l’essai de mécanisme de reproduction par individus sexués n’est pas très concluant. La question est bel et bien de savoir pourquoi le seul rôle dévolu aux femmes est la reproduction. Il me semble qu’on loupe quelque chose si l’on considère les femmes seulement comme des génitrices. Certes la reproduction est la clé du vivant puisque son coté éphémère le menace constamment de disparition. Mais de là à diviser les rôles à ce point il y a de quoi s’interroger. On manque cruellement d’information sur le rôle des femmes chez nos ancêtres, je veux dire sur la manière dont les femmes vivaient le fait d’être femme. Il semble que nous venions de la même pratique que les primates, un homme pour un groupe de femmes, celui-ci se contentant de garder un territoire ou un homme pourvoyeur pour une ou plusieurs femmes, comme c’est le cas aujourd’hui. Peut être plusieurs hommes pour plusieurs groupes de femmes, sachant qu’il me semble que l’homme a toujours été grégaire. L’évolution menant à un homme pour une femme est donc très récente, comme en témoigne les traces archaïques de polygamie que l’on constate encore. De toute façon j’ai le sentiment que depuis quelques milliers d’années, seuls les hommes ont pensé les femmes. Le dernier avatar récent dit de la libération de la femme est consternant. Cette notion d’égalité est franchement pathétique. Je l’ai déjà dit, ce qui compte dans une société c’est que chaque individu ait une place, sa place. Seulement depuis un moment personne n’a plus de place dans nos sociétés. Alors faire aux femmes une place égale à celle des hommes relève de la duperie et du mensonge. J’ai bien vu, pour l’avoir vécu, que les débuts de la révolte féminine cherchaient à inventer un monde pour les femmes, étant clairement établi que le monde disponible ne faisait de la place qu’aux hommes. Hélas cette direction a bien vite été abandonnée. Je crois qu’il reste à rouvrir cette piste. De toute façon la place des hommes dans le monde actuel ne peut pas durer. Peut être nôtre civilisation va disparaitre, mais si nous survivons, ce ne sera surement pas à cause des hommes. Il sera nécessaire de mettre en œuvre les nouvelles approches évoquées plus haut et en particulier un monde pour les femmes. Les femmes ne sont pas plus faibles, plus douces, plus sensibles, plus fragiles que les hommes, non plus que moins conceptuelles ou moins courageuses. Ca ce n’est qu’un décalque, que du masculino-centrisme. Non les femmes sont différentes, j’allais dire infiniment différentes. Bien sur il ne s’agit pas d’une autre espèce, hommes et femmes nous sommes l’espèce humaine. Mais d’autres être vivants ont aussi des mâles et des femelles et je crois que l’on ferait bien de s’en inspirer pour notre propre évolution.

    La destruction des rapports hommes femmes a été encouragée par l’acculturation que nous constatons aujourd’hui et ce mal être rejaillit immédiatement sur l’éducation ou plutôt l’élevage des enfants. Aucun parent ne sait comment élever ses enfants et d’ailleurs ils n’ont aucune possibilité d’apprendre cela. L’atomisation de la société crée par le soi disant « progrès » transforme chaque individu y compris les enfants en consommateurs et a tendance à supprimer toute possibilité de coopération entre générations. Il laisse seul et isolé chaque individu face au système économique. De plus ce savoir là d’éducation ne s’acquiert, partiellement qui plus est, que par l’expérience. Et encore à condition d’être en mesure de le faire sur une certaine durée  et dans des conditions de confort matériel et moral suffisantes. Ce qui n’est absolument le cas dans nos sociétés dites évoluées.

    EDUCATION

    Il n’est bien sûr pas question de faire de chaque humain un savant ou de croire que tout le monde doit apprendre le contenu des encyclopédies. Pas du tout il s’agit tout simplement de doter chaque individu d’un bagage permettant une capacité de jugement correcte. Pour cela en fait il faut apprendre mais surtout désapprendre. Désapprendre l’histoire factice des manuels scolaires, désapprendre les croyances religieuses, désapprendre les leçons de morale toutes faites, désapprendre la soumission, désapprendre l’endoctrinement. Pour dire ça d’une manière plus drôle : ne pas prendre les brèves de comptoir pour un programme. Par exemple lutter contre l’obscurantisme religieux passe par l’information et la formation de la population. Les religions sont le symptôme de l’ignorance des gens. Elles ne se combattent pas par la philosophie ou la simple dénonciation des croyances mais par un énorme effort d’éducation et d’enseignement des connaissances les plus simples.

    Le but de la capacité de jugement c’est, surtout, d’éviter de tomber dans les pièges tendus par les autres ou par son environnement et c’est aussi l’aptitude à garder un certain contrôle de son existence dans ses rapports avec la société.

    L’humanité existe et se reproduit depuis de longues années et est passée de petites cellules humaines à des regroupements gigantesques de population. Jusqu’à il y a quelques milliers d’années l’éducation était au centre du fonctionnement de petites structures. Depuis, ce fonctionnement naturel s’est perdu, à tel point qu’il a fallu inventer pour les enfants, il y a quelques centaines d’années, l’école.

    Prioritairement l’éducation doit beaucoup mieux cerner les mécanismes d’apprentissage. Par exemple celui de la « forêt », c’est-à-dire que la connaissance ne s’acquiert que par empilement successifs de savoirs partiels. Pour découvrir toutes les essences d’une forêt le mécanisme est d’apprendre à reconnaitre un arbre, puis celui-ci étant bien connu de passer à un deuxième. En effet devant une forêt personne ne peut apprendre tous les arbres à la fois. Il faut de la méthode surtout pour les enfants. Ceci est bien connu des éducateurs mais pas du tout mis en œuvre. Rien n’est plus grotesque que de programmer les apprentissages par tranche d’âge, ou par grosse masse d’enfants.

    De même on ne doit pas noter les connaissances comme c’est le cas actuellement mais seulement les activités. En effet les connaissances doivent être acquises par tous et donc ne peuvent faire l’objet d’une quelconque discrimination. Et pour ces acquisitions ce n’est pas le temps qui compte mais le résultat. En exagérant, s’il faut un an à un enfant pour apprendre la lettre A ce n’est pas grave. D’ailleurs, je ne me fais aucun souci l’aptitude de tous les enfants à maitriser les connaissances car, une fois adulte, tous ont retenus et savent cœur  des prières ou des chansons paillardes, alors qu’ils ne savent pas ce que c’est que la démocratie, ni comment on fait du pain. Et nous non plus d’ailleurs.

    Par contre dans  les activités on peut constater des différences entre les enfants et chez les adultes aussi bien sûr. Des différences de gout, de vitesse ou de méthode. Ces différences peuvent être mises en valeur car il y a toujours un domaine ou chaque enfant est meilleur. Il faut découvrir les dons de chacun et dans un groupe il n’y a que des premiers, mais pas dans la même activité.

    Sur le plan de la forme, les classes avec un maitre par classe ou par matière sont complètement dépassées. C’est une structure héritée des traitements de masses qui doit être remplacée par des formes beaucoup plus individualisées. Il me semble qu’un maître pour trois enfants doit permettre de progresser rapidement dans les enseignements. Les classes d’âge sont assez naturelles, mais comme il faut tenir compte des différences de tempo pour les acquisitions, on va vite avoir pour un même enseignement des âges extrêmement différents, ce qui va, du même coup permettre de multiplier les échanges avec d’autres âges, ainsi qu’avec des adultes.

    Par ailleurs vu la place de l’économie dans nos sociétés, il apparait que la charge des connaissances nécessaires pour y travailler doit rester aux entreprises. Le but de la société n’est pas de fournir aux entreprises des individus incultes et donc bon marché, mais uniquement de former des citoyens responsables et cultivés. C’est la priorité des priorités d’une société, tous les moyens doivent lui être consacrés. Bien évidemment ce que j’appelle cultivé n’a aucun rapport avec Mozart ou Duras mais seulement avec l’aptitude à réfléchir avant de donner son avis ou la capacité à faire la différence entre l’envie et le besoin. La liste des connaissances à acquérir n’est pas longue mais c’est elle qui donne à chacun un bagage.

    Concrètement l’éducation doit être le cœur du fonctionnement des sociétés humaines. Il ne s’agit pas de lui consacrer seulement  un budget parmi d’autres mais d’en faire le sujet le plus important auquel doit être consacrés tous les efforts.

    CONCLUSION

    Si l’on veut que quelque chose change c’est à l’éducation de tous les hommes que nous devons consacrer tous nos moyens. Pour cela le « mieux public » auquel nous aspirons ne viendra donc pas de notre classe politique qui nous épuise depuis de longues années. Non c’est à nous d’inverser le rapport de force. Notre seul levier c’est le vote puisque c’est par ce moyen qu’ils obtiennent légalement le droit de nous exploiter. Nous ne croyons plus en leurs plans, en leurs promesses, en leurs discours. Nous leur disons simplement faites d’abord des réformes institutionnelles de retour à la démocratie et après, après alors on revotera, peut être.

    Michel Costadau

  • Guérilla

    Guérilla

    Quand je disais lentement mais sûrement je voulais dire aussi avec une technique de guérilla urbaine. D’abord le domaine public comme base arrière, puis les lieux fermés qui accueillent du public, puis des zones et des avenues, puis quelques rues, puis rues après rues et villes après villes le pouvoir limite les libertés dans la cité. Et demain pourquoi pas les lieux privés, ouverts ou fermés. Aujourd’hui les masques, mais pourquoi pas l’interdiction de fumer, l’interdiction de s’embrasser ou de tenir des enfants par la main. C’est ça l’œil de big brother au-dessus de vos têtes.

    Restons calmes. Pour moi, dans la rue il y a, soit les gestes Casino et la fameuse distanciation sociale, soit les masques, mais pas les deux. Ou alors c’est qu’une des mesures ne sert à rien. Inutile. Et c’est le masque. Inutile au plan sanitaire je veux dire, parce que si vous connaissez l’étude qui a démontré l’utilité des masques dans la rue je suis preneur. Je ne rigole pas c’est loin d’être drôle. C’est une mesure basée sur une idée enfantine, l’idée que quand les gens se croisent ils peuvent chopper le virus. Evidemment il faudrait faire des essais avec des populations sans masques et des populations avec masques.

    Houla c’est chaud, rien que l’évocation d’officialiser l’étude avantages-inconvénients d’une population de gens sans masques pour les besoins d’une enquête fait se dresser les poils des politiques, car on pourrait dire d’eux qu’ils ont joué avec le feu. Les politiques jouent à un seul jeu : la surenchère sécuritaire. Et uniquement dans le but d’être réélus, hélas. Du coup cette étude essentielle n’existe pas et vous le savez aussi bien que moi. Nous avons dons uniquement des mesures basées sur des impressions et non sur des faits. Alors inefficace au plan sanitaire certes mais pas au plan policier.

    Clairement il y a deux aspects insupportables dans l’obligation de porter des masques en extérieur.

    Le premier c’est que vous êtes surveillés par tous moyens, caméras, vigiles, forces de l’ordre et que du coup vous pouvez êtes photographié, suivi, contrôlé. Avec demande d’identité, amende voire incarcération et ADN. C’est vraiment le contrôle au faciès. La question n’est pas de savoir si vous êtes porteur et pourriez donc représenter un éventuel danger pour la propagation du virus, la question est uniquement le respect de la loi, la santé est devenue une infraction. Il est interdit de ne pas être malade ou au moins candidat.

    Et il n’y a aucune raison pour que ça change avec un éventuel vaccin puisque tout le monde ne sera pas vacciné, loin de là. Ou alors il faudra porter un badge sur la poitrine : vacciné le xxx à yyy par zzz. Ca sent pas bon. Cela dit je n’empêche pas les gens qui se sentent malades, fiévreux ou mal à l’aise de mettre un masque, mais il serait peut-être aussi sage qu’ils restent chez eux.

    Le second c’est que c’est la porte ouverte à la délation. Si vous n’avez pas de masque, n’importe qui peut vous demander des comptes et dire qu’il se sent en danger. Une fois de plus, la question n’est pas de savoir si vous êtes porteur ou pas mais seulement d’obéir aux ordres d’en haut. C’est la méthode utilisée par tous les régimes fascistes ou dictatoriaux. On transforme toute la population en auxiliaires de police. Chacun surveille chacun. Et le regard des autres oblige tout le monde à se comporter comme il faut, comme il est demandé. Et même d’en rajouter. Tout le monde a la trouille de ne pas être comme les autres, obéissant, conforme et est encouragée à dénoncer les hors-la-loi.

    Seulement les hors-la-loi c’est nous tous les défenseurs des libertés, de la liberté.

    Mais nous sommes seuls ou presque.

    Michel Costadau

  • Ras le bol

    Ras le bol

    Ras le bol de chez ras le bol. L’étau se resserre, lentement mais surement. Plus de bals, de concerts, de musique, de brocantes, pas de rassemblements, de manifestations, de rencontres. Tout ça pour rien. La volonté politique de retreindre les libertés dans l’espace public est à l’œuvre. La stratégie du pouvoir est clairement d’assimiler la liberté, c’est-à-dire ce que nous avons soi disant acquis avec la démocratie, à la propagation du virus. Et ils ont plein de raisons convergentes pour cela. Surtout bien sûr l’envahissement médiatique. Cet envahissement leur permet de complètement occulter la réalité pour monopoliser la parole, leur parole, seulement celle des dirigeants.

    Si vous aviez encore un doute sur le rôle fondamental des médias pour soutenir les politiques je suis sûr qu’il a disparu. Quand même quelque incendies et explosions, n’ayant aucun rapport avec le virus ont réussis à se glisser dans le paysage. Explosions beaucoup plus dévastatrices que le virus et qui permettent au pouvoir en campagne électorale de se faire de la pub sur le malheur des autres, honteux. Mais on revient bien vite aux délices des mesures, annonces, enquêtes, prises de positions, petites phrases, faits divers le tout dans un contexte internationalisé, ce qui permet de maintenir le couvercle de la peur sur la population.

    Réfléchissez un peu et demandez-vous en quoi la découverte de trois cas en Colombie peut nous concerner. En aucun cas évidemment. C’est le même syndrome que le meurtre d’un drogué en Californie ou d’un accident de train en Chine. Nous ne sommes absolument pas concernés mais ça permet de maintenir la pression. Avez-vous noté à quel point la communication gouvernementale, entretient un flou complet sur tout ce qui touche le virus. C’est de la grande manipulation.

    En continuant le raisonnement, on comprend que trois cas en Finlande, en Allemagne et même en Mayenne ne nous concernent en aucune manière. Personne n’a jamais pu établit un lien de causalité entre des cas à Montpellier et des cas à Toulouse. Et pour cause, il n’y en a pas. L’inverse est particulièrement probant. Au contact de porteurs estampillés et malades peu de personnes ont attrapés le virus. Quelques dizaines certes mais très peu.

    Néanmoins les médias n’arrêtent pas de parler de la circulation du virus, ce qui ne veut rien dire, pour faire croire qu’un cas en Alsace peut entrainer un cas à Perpignan. C’est de l’intox pure et dure. L’ambiguïté est d’assimiler la fréquentation d’un lieu par les gens à la transmission du virus en oubliant complètement que pour qu’il y ait transmission il faut, d’abord, qu’il y ait au moins une personne qui l’ait.

    Et c’est exactement ce que personne ne peut démontrer ni ne sait parce que il est clair que depuis des mois nous n’en avons pas rencontrés. Ni nous ni tous les gens que je connais, ni tous les habitants de la commune, du canton, du département et peut être de la région.

    Comme il est impossible d’établir ce lien, nous avons du coup trente millions de gens sains mais peureux et obéissants qui portent des masques pour se parler, alors qu’il y a quelque part vingt porteurs, peu contagieux, dont on ne sait absolument pas où ils sont.

    Et pendant ce temps là se votent des lois liberticides, auxquelles plus personne en s’intéresse.

    Réveillez-vous et dites ça suffit, parce que moi j’en ai ras le bol de puis longtemps.

    Michel Costadau