Catégorie : Agriculture

  • Agri 25

    Agri 25

    OU EN ETIONS NOUS ? Les précédents billets ciblaient les concepts que le système et la société de consommation mettent en œuvre pour asservir les populations comme : « ayez confiance dans le progrès pour résoudre tous les problèmes », « il faut défendre le monde libre », « les salariés aiment leur patron ». Nous évoquions aussi la consommation basée sur la facilité. REPRENNONS.

     

    Ensuite le genre de vie sédentaire et la suppression du moindre effort avec une société presse bouton sont autant d’entonnoirs dans lesquels chacun est amenée à glisser jusqu’à l’obtention d’une existence virtuelle. Plus ou moins complètement. Et ce n’est bon ni pour l’organisme ni pour le mental. Je l’ai déjà dit aucune incitation n’est faite pour aider les gens à penser, à comprendre, à se défendre, à être eux même, c’est-à-dire à exister au sein de la foultitude anonymisante. Au contraire tout concours à convaincre chacun qu’il doit seulement écouter les oracles de ceux qui savent.

    Le concept affreux de majorité silencieuse n’est que l’illustration de l’ignorance et de la soumission de la population.

    Convaincre les gens qu’ils ne savent rien est assez facile.

    Déjà il est évident de constater l’immense spécialisation technique dans le business. Cette spécialisation a des effets de cloisonnement et seuls ceux qui ont le pouvoir de rassembler les morceaux peuvent décider à bon escient c’est à dire au mieux de leurs intérêts. Or c’est l’apanage de la finance d’avoir, par cette puissance d’accès, le pouvoir de collationner toutes les informations utiles à la prise de décision. Des décisions, à leur profit, dans le mépris total des conséquences pour la planète que peuvent avoir leurs choix.

    Personne n’a l’idée de faire faire, pour lui seul, une recherche pour trouver d’où vient vraiment l’huile qu’il veut acheter, ni de commander un sondage d’opinion pour savoir comment vont voter les habitants de sa ville. Je ne saurais même pas quelle question poser.

    Eh bien les détenteurs du pouvoir en font trois par jours sur tous les sujets qui les intéressent. Avec ces informations ils font des campagnes de communication pour modeler l’opinion.

    Par exemple, la Zéro Artificialisation Nette de la loi Climat et Résilience. Ils accusent cette loi de desservir le zones rurales puisqu’il va devenir plus difficile d’y construire, plutôt que d’essayer d’appliquer la loi qui encourage à construire la ville sur la ville et non à la campagne.

    Par exemple s’agissant de l’eau, ils maintiennent le débat entre arroser les champs, qui sont censés nourrir la population, ou l’arrosage de jardins par les particuliers, qui sont bien sûr accuser de gâcher de l’eau. D’où des mesures de restrictions à faire peser directement sur les gens mais sans jamais parler de la notion de l’eau comme bien commun avec une charte sur son utilisation et surtout sur sa conservation en bon état dans le sol.

    Je voudrais taper une fois encore dans ce concept des paysans qui sont là pour nourrir la planète. Personne n’a jamais demandé aux agriculteurs de donner à manger au monde entier. Chaque pays a, d’abord,  une agriculture de subsistance et selon les produits se trouve en excès ou en déficit de production par rapport à la consommation locale.

    Alors oui on peut demander à chaque pays de nourrir sa propre population. Ce serait utile er raisonnable, mais depuis de longues années, c’est la mondialisation qui est à l’œuvre, et beaucoup de pays autrefois autosuffisants sont maintenant dépendants de  l’aide extérieure.

    Partout c’est la loi du marché qui joue et la France importe et exporte des tas de produits d’une manière complètement indépendante  de ce qui pourrait être produit localement. Alors les agriculteurs nourriciers satisfaisant les besoins de la population c’est du mensonge destine à abuser les consommateurs.  Même dans notre pays le nombre de personne qui dépend d’une aide, en nature ou financière, pour avoir de quoi manger est énorme. La part de la nourriture dans le salaire est d’ailleurs une variable  d’ajustement et il n’y a que quelques % de la population qui ne sacrifient jamais la nourriture sur l’autel des revenus.

    Michel Costadau

  • Agri 24 Crise agricole

    Agri 24 Crise agricole

    Bien étrange crise que celle des agriculteurs. Plutôt crise de l’agriculture d’ailleurs.  En fait c’est l’arroseur arrosé, le pompier incendiaire ou le pyromane secouriste cette affaire.

    Voila des gens qui développent  depuis 40 ans un modèle d’agriculture suicidaire et qui viennent se plaindre que l’argent n’est plus au rendez-vous. Le syndicat majoritaire et les gouvernements  successifs  ont travaillés la main dans la main pour torpiller le secteur agricole : -prix exorbitant du foncier, subventions à l’hectare et non à l’exploitant,  exportations forcenées à bas prix pour affaiblir les pays en « développement »,  production d’électricité ou de carburants en bousillant de la biomasse, course à la taille pour toucher plus de subvention accompagné de matériels de plus en plus gros pour des économies d’échelle  et de gain de main d’œuvre, rôle détourné des safer qui plutôt que de viser la protection de la ressource agricole n’ont en tête que les plus values provenant  du désossage des petites exploitations pour alimenter l’agrandissement tout en faisant la culbute sur le bâti.

    Ces gens là voudraient que je les aime eh bien non  je ne les aime pas. L’attitude bienveillante de la population est un leurre qui vient d’une part de l’origine rurale d’encore d’une partie des gens de la ville et d’autre part de la fabrique d’images de marque à partir de mots détournés comme « territoire », « authentique », « label », sans parler de « durable » ou « d’équitable »  qui ne sont que des trompe l’œil.

    Parce que vous savez ce qu’elle en fait des territoires la FNSEA = -de l’artificialisation, des autoroutes, des centres commerciaux, des méthaniseurs. Il est quand même fort de café que des entrepreneurs qui achètent des milliers  d’hectares de récolte sur pieds pour produire des carburants détaxés touchent des subventions agricoles comme s’ils produisaient du grain ou des légumes. Quand je vais à la pompe je n’ai pas le sentiment d’être sous un silo à blé mais plutôt au bout d’un pipe-line qui vient d’une raffinerie.

    Ils ont mis le vers dans le fruit  et maintenant ils appellent au secours pour qu’on les aide.

    Moi je veux bien les aider mais surement pas s’ils veulent continuer à raser les habitations et les écoles avec leurs produits toxiques, à abattre des haies et des fossés pour faire passer leurs machines,  à construire des usines à poulets, à cochons, à dindons dans lesquelles l’animal n’est plus considéré comme un être vivant.

    Nous humains avons besoin de toutes les formes du vivant pour exister. Respecter les animaux c’est respecter la vie. Et respecter les animaux ce n’et pas passer ses champs au gaz lacrimogène pour faire fuir tout ce qui bouge

    Alors évidemment vu que le loup est dans la bergerie ce n’est pas lui qui va alerter les paysans en leur disant de ne plus faire confiance au syndicat et au ministère.

    Nous ne pouvons pas compter sur eux pour cela, nous sommes obligés de compter sur nous même, sur un ou deux syndicats agricoles plus conscients, sur les syndicats ouvriers et sur la population.

    Car oui leur modèle est en ruine.

    Alors il leur faut trouver des boucs émissaires. D’où le grand mouvement de détricotage  des lois de protection de l’environnement établies péniblement depuis 20 ans.

    Voila la cause du malaise agricole : nous protégeons trop la nature et la biodiversité, il faut laisser les produits homologués faire leur œuvre létale. Je l’ai déjà dit les agriculteurs chimiques n’aiment pas les bactéries, les insectes, les champignons et les herbes qui ont l’audace de pousser dans leur champs. Passez moi tout ça au karcher, dieu reconnaitra les siens.

    Ensuite réclamer un revenu décent est plutôt une revendication salariale que celle d’entrepreneurs avides de liberté d’entreprendre.

    C’est là qu’intervient la PAC qui est une redistribution d’argent mutualisé par les pays européens.

    Alors les agriculteurs sont ils des salariés de la PAC. La réponse est bien sûr non mais l’image reste présente.

    Enfin le carcan administratif.  Pas besoin se faire beaucoup de recherches pour comprendre que l’administration ne donne pas de subventions les yeux fermés. D’ailleurs beaucoup de citoyens expérimentent avec rage les parcours de combattant qu’impose une aide pour le logement ou une personne dépendante.

    Tout le monde aimerait bien savoir comment cela va finir. Hélas je ne vois pas ce qu’il pourrait sortir de bon de cette crise. Déjà deux victimes de trop, dont un certain ministre est clairement responsable.

    En fait j’ai bien peur que ce soit, seulement, la planète qui prenne un nouveau coup derrière les oreilles.

    Michel Costadau

  • Agri 23

    Agri 23

    Alors pour prendre et puis garder le pouvoir, ils ont inventés d’autres concepts qu’ils déclinent dans tous leurs organes de communication. Par exemple « être contre le progrès » ou « c’est le progrès qui nous fait avancer ». Voilà de bons slogans, qui leur permettent de dire que ceux qui sont contre les data-centers, contre les OGM ou contre les autoroutes sont contre le progrès.

    Sous la notion de progrès il y a une énorme manipulation basée sur le mélange entre découverte et amélioration.

    Quand Colomb a « découvert » les Antilles, il a certes amené une connaissance géographique de plus, mais il n’a rien amélioré du tout. Cela n’a pas été l’occasion du moindre progrès. Au contraire cela a conduit à la destruction de plusieurs civilisations et fait des millions de victimes.

    Par contre quand Pasteur a « découvert » les vaccins, cela a permis une amélioration pour des millions de personnes.

    Eh oui tout ce qu’ils qualifient de découverte amène rarement des améliorations. En particulier dans le domaine des armes, de la chimie organique, de la pétrochimie, de l’alimentation, de la construction, du transport. Les découvertes sont de simples innovations uniquement destinées à augmenter le profit des actionnaires.  Et ces innovations ont en général un impact négatif sur le climat, la biodiversité et la santé humaine.

    Mais justement la santé ferme la boucle de cette ronde diabolique en  « soignant » les méfaits du système tout en  générant des profits monstrueux avec des « découvertes » extraordinaires. Les labos pharmaceutiques sont le nouvel or noir des financiers.

    En effet existe  t il un meilleur créneau pout le business que de chercher à guérir les maladies que crée le genre de vie imposé par la société de consommation sans s’occuper le moins du monde d’en diminuer les causes. Car c’est l’argent du pétrole et de sa pollution, des gaz à effet de serre, des armes, de la vie sédentaire, des produits phytosanitaires et de la voiture qui s’engouffrent dans le médical.

    Le système a toujours inventé des concepts pour asservir les populations. Souvenez-vous des appels au  patriotisme et au réveil de la nation. Là ils y ont été un peu fort en édictant que tout citoyen doit défendre la patrie et être prêt à mourir pour elle. Ce qui a conduit à des dizaines de millions de victimes. D’ailleurs cette notion se décline, encore de nos jours, avec les slogans « la France tu l’aimes ou tu la quittes ». C’est ce registre qui permet aux riches de mettre tout un pays à leur service pour défendre leurs biens au prix de la vie des citoyens. Et l’Ukraine ne fait pas exception.

    Comme ce texte part un peu dans tous les sens, je rappelle que nous sommes toujours dans la rubrique : fuite en avant des décideurs.

    Le principe de cette fuite est simple : tous les problèmes actuels trouverons leur solution dans le futur avec la recherche, l’industrie  et la communication. Il n’y a donc pas lieu de s’affoler et de chercher des solutions aux désordres actuels, mais de faire confiance en l’ingéniosité humaine.  C’est ainsi que le système ne cherche aucunement à résoudre le moindre problème et continue à en créer de nouveaux qui seront soi-disant résolu dans peu de temps.

    Mais hélas la réalité contredit complètement cette croyance dans la capacité du système à résoudre ses problèmes. Sans même parler des guerres ou de la malnutrition, le genre de vie qu’impose le système est dévastateur. D’abord le principe même du salariat n’est que la continuation de l’esclavage sous une autre forme. C’est vrai que l’on peut changer de maître, en changeant d’employeur, mais la subordination totale demeure avec son corollaire : ne pas penser.

    Et ceci ne concerne pas que les ouvriers, employés, ou autres exécutants. Même les sphères directoriales et les hauts fonctionnaires ne sont que des exécutants de la ligne définie par la finance et les actionaires .

    Vous pouvez avoir l’illusion que les chercheurs sont des gens libres qui font, vraiment, ce qui leur passe par la tête. Erreur eux aussi sont des exécutants des ordres. Une preuve par exemple : toutes les recherches ont au moins une application militaire. Le seul ferment de la recherche est la guerre, qu’elle soit avec de l’argent ou avec des armes.

    Michel Costadau

  • Agri 22

    Agri 22

    Peut être n’est il pas inutile de rappeler que nous suivons un plan et poursuivons un but. Nous avons abordé  l’empire américain, l’exacerbation de la guerre et la disparition de la démocratie. Il nous reste à voir l’asymptote du genre humain, la fuite en avant des décideurs et la limite des ressources naturelles. Tout cela pour tenter de répondre  à la question : est-il urgent d’essayer de prendre le pouvoir pour changer la trajectoire de l’humanité ou est ce un vain projet ?

    Continuons donc avec le nombre d’habitants sur terre. La récente, quelques milliers d’années, croissance de l’espèce humaine a quelque chose d’affolant et a conduit à des prises de conscience assez tardives.

    Clairement, la société industrielle a vu et voit encore dans chaque nouvel individu un futur consommateur. Heureusement la population humaine se comporte, naturellement, comme toutes les espèces animales qui finissent par freiner elles mêmes leur croissance pour trouver un équilibre durable.  Et donc notre croissance est pratiquement terminée avec un maximum, peut être déjà atteint, ou alors dans peu de temps, suivi d’une décroissance plus ou moins rapide selon les prévisions.

    Bien sûr la disparition de l’homme n’est pas à l’ordre du jour, loin de là, mais le syndrome de la baisse  est présent avec un rationnel  assez délicat puisqu’il est plus lié à la baisse du désir de reproduction, majoritaire dans les pays à haut niveau de vie, qu’à un manque d’une ou plusieurs denrées nécessaires à l’alimentation ou au fonctionnement de l’espèce.

    Si la diminution de l’espèce est heureux pour la nature, qui en a un peu marre de la dévastation faites par les hommes, ça pose un sérieux problème pour le business qui est basé sur le nombre. L’industrie automobile est un bon exemple. Après avoir essayé de fourguer 2 ou 3 voitures par famille ils ont, maintenant, choisi la marge plutôt que le nombre avec les véhicules électriques, véritable aubaine pour continuer le tout voiture et vendre cher. Mais Tesla vient de taper dans la fourmilière en voulant baisser t de 30% le prix de ses voitures, preuve que le nombre garde ses vertus.

    Bien sûr l’immigration vient atténuer ce recul chez nous mais d’une part il est quand même globalement à l’œuvre et d’autre part le modèle capitaliste ne peut subsister qu’avec ce qu’ils appellent la croissance. Cette croissance a jusqu’à présent été entretenue par le pillage des ressources naturelles, la croissance démographique aidée par l’immigration et l’éclatement des structures traditionnelles de la population  amenant la perte d’autonomie de chaque individu. Cette perte a permis de développer une immense activité dite de service.

    En fait nous, pays dans le ressort du business avancé, recevons le même traitement que les indiens des US, le western en moins, mais la com en plus. Nous sommes divisés, parqués dans les réserves que sont les villes et les cités, abreuvés de marchandises frelatées, nouvel alcool de la colonisation intérieure, inondés de messages où se confondent inextricablement la publicité et l’information sans que l’on puisse s’y retrouver. Il nous est interdit de parler nos langues, autant celles de nos contrées que celle de nos corps. Car nos corps appartiennent à la science et notre connaissance de nous même est désavouée et diluée dans des pages internet que beaucoup compulsent avec terreur et avidité.

    Certes les fusils sont dangereux mai la com c’est presque pire, parce que ça tue en laissant les personnes encore vivantes, en les trompant complètement. Pour illustrer ça, découvrez qu’ils ont inventés des concepts comme « le monde libre ». Il faut défendre le monde libre. La guerre sert à défendre le monde libre. C’est doublement hallucinant d’abord parce que le prototype du monde libre c’est les US. Et comme pays ségrégationniste, raciste, inégalitaire, et où la démocratie est confisquée par deux partis à la même pensée, on ne fait pas mieux. Eux qui ne jurent que par la bible contestent la Théocratie  Iranienne et abreuvent Israël de moyens illimités. Chercher l’erreur. Et ensuite défendre le monde libre c’est la justification de la guerre. La société de consommation ne peut se passer de ce que l’on appelle pudiquement la conquête de nouveaux marchés et qui n’est qu’une guerre classique pour prendre du pouvoir.

    Michel Costadau

  • Agri 21

    Agri 21

    Avec application la caste construit et entretient le corps des politiques. C’est-à-dire ceux qui nous gouvernent et que nous élisons avec le sentiment d’exercer notre droit de vote garanti par la constitution. En fait les politiques sont la parole de la caste. Un excellent exemple nous est donné avec le quotidien  Le Monde. Ce journal est l’organe de communication du gouvernement. Tout y est expliqué et mis à la portée de tous les lecteurs. Les difficultés du gouvernement sont justifiées par de mauvaises interprétations de ses véritables intentions, les objectifs souvent mal compris sont bien détaillés et argumentés sans vergogne, les errements sont qualifiés de réflexions, les contradictions deviennent différents pôles d’actions poursuivis en même temps.

    Il s’avère que la télé, malgré son immense pouvoir, ne suffit pas à faire passer complètement les idées de la caste, il y faut la presse écrite et les réseaux d’information. En fait d’idées la caste n’en a qu’une : le développement de l’activité économique et du commerce. Par contre pour cela, ils ont l’esprit en délire. Ils mettent en œuvre des batteries de mesures, incitations, règlements, plans divers et variés  pour faire du pib, toujours plus de pib. C’est leur mantra et des armées de technocrates, dument sélectionnés, ne font que ça, à longueur de gouvernements, de rencontres internationales, de Gxx, de COPxx. Ils ont très vite retournées à leur profit les inquiétudes sur la pollution, le CO² et le climat, en créant un maximum de nouveaux produits et de nouvelles techniques.

    C’est donc logiquement ceux qui s’opposent au tout pib qui reçoivent les ires des politiques. Car les politiques sont exclusivement là pour faire régner l’ordre financier. Et donc ceux, beaucoup de jeunes, qui s’opposent au béton, au goudron, aux phtalates et autres poisons commercialisés,  sont surveillées, menacés, convoqués devant la justice et traités de vocables indignes. Ils sont montrés du doigt pour essayer d’armer la vindicte populaire mais la population ne s’y laisse pas prendreµ. Elle sait que ses véritables ennemis sont le pouvoir politico-financier et non les courageux qui dénoncent illégalités et collusions.

    Il y a quelque chose d’hallucinant à constater que la justice administrative se bat régulièrement  non pas contre les fraudeurs mais contre les préfets, c’est-à-dire contre le bras local du gouvernement. Pourquoi parce que les préfets autorisent des projets illégaux. Illégaux c’est-à-dire qui méprisent la loi. Et ils savent ce qu’ils font. Si ça passe, tant mieux, si non ils attaquent quand même les décisions de justices qui les déboutent en espérant que les plaignants n’aient plus d’argent et se lassent.

    C’est le coté pervers de la séparation des pouvoirs. Les politiques se disent que tant que la justice ne leur a pas donné tort ils ont raison, quelque soit la loi. Il y a bien entendu des millions de gens qui fraudent dans le pays, depuis le non respect des limitations de vitesse jusqu’aux combines des riches qui arrivent à éviter les impôts. Mais là, avec les préfets, il s’agit de fraude institutionnelle. C’est le gouvernement contre la population et c’est rarement la population qui gagne.

    Nous ne sommes donc plus en démocratie mais dans une prison dont les murs sont l’argent. Nous pouvons faire ce que nous voulons avec l’argent mais il n’est plus possible, de vivre sans argent. Et les manières pour avoir de l’argent sont extrêmement codifiées : il y a le business, le travail et le vol. C’est pour cela que les loteries et les paris ont tant de succès parce que les gens peuvent ainsi se procurer de l’argent non codifié. Bien sûr les loteries ne servent qu’à enrichir ceux qui les organisent, mais ça ne fait rien il y a de temps en temps un heureux élu.

    Alors même si tout le monde n’en est pas encore entièrement convaincu, nous avons montré que la démocratie a disparue de la surface de la terre. En conséquence, vouloir prendre le pouvoir pour la rétablir ne relève pas d’un combat politique classique mais d’une lutte, voire d’une guerre, contre la caste financière. Avec quelles armes, avec quelles chances et pendant combien de temps. Perso je suis assez sceptique. Il ne faut pas en conclure qu’il en faut rien faire, mais simplement en tenir compte. Notre arme principale contre la caste et son système c’est notre pensée, notre résistance aux informations, notre imagination et notre solidarité. Ca compte mais contre le GI c’est un peu léger.

    Michel Costadau

  • Agri 20

    Agri 20

    La question se pose aussi de l’accident, disons une explosion chimique ou nucléaire lors d’une manipulation ou d’un exercice. Cela aurait l’avantage de faire des dégâts chez le propre possesseur de ces armes, néanmoins cela parait très peu probable, ce qui veut dire possible. Il ne faut donc pas l’écarter. De même que le piratage c’est à dire le vol ou un détournement à des fins de rackettage  ou de rançonnage d’une de ces armes. Là c’est beaucoup plus simple puisque toutes ces armes sont déjà aux mains de gens assez irresponsables et ça ne changerait pas grand-chose que ce soit le grand banditisme qui en possède ou qui les dérobe. Parce que ça reviendrait à rançonner un pays ou une population ce qui est déjà le cas.

    Troisième volet : la disparition de la démocratie. Dans les propos précédents nous avons déjà frôlé ce sujet avec la stratégie US et la possession des armes.

    Je rappelle que nous poursuivons toujours la question de savoir s’il est urgent de réformer le système actuel ou si, compte tenu des dangers qui menacent la planète, ces efforts d’amélioration n’aboutiraient pas avant que les autres menaces qui pèsent sur nous ne se réalisent. La disparition de la démocratie se traite sur deux plans, d’abord établir de quoi il s’agit. Ensuite comprendre pourquoi cette disparition est un facteur de décomposition de notre monde. Courage on s’accroche.

    Il s’agit tout simplement du remplacement de ce que l’on a appelé au début le pouvoir du peuple, par le pouvoir d’une caste non constituée par des appartenances ethniques ou sociétales mais par la seule possession de l’argent. Il faut précise qu’il s’agit, vraiment d’argent, pas de richesse non monnayable, mais d’argent type compte courant. Bien sût cet argent peut être immobilisé ou investi mais en restant ce que l’on appelle liquide, c’est à dire réalisable, directement ou indirectement, immédiatement.

    Pour régner cette caste utilise les moyens de la démocratie qui sont constitués essentiellement de deux concepts : un homme une voix et le principe de majorité. Mais adossé à l’argent ces deux éléments suffisent pour que partout dans le monde ils accèdent aux rênes des pays et s’y maintiennent. C’est cela que nous avons l’habitude d’appeler le système. Je ne vous détaille pas les vices de la notion de majorité, vous les connaissez par cœur et nous en pâtisson tous.

    Regardons plutôt les réalités induites par ce mode de fonctionnement. Par exemple il est impossible de devenir riche et donc d’entrer dans la caste sans être d’abord coopté par la caste. C’est la règle de base du système, L’argent n’a qu’une seule source : le business. Pas de business pas d’argent, pas d’argent pas de caste. Paradoxalement les riches historiques, aristocrates, propriétaires terriens ou, détenteurs de main d’œuvre ont eu beaucoup, de mal à entrer dans la caste et la plupart n’en font pas partie. Les seuls qui ont de l’argent et échappent un peu à la caste sont les maffias qui sont elles aussi des castes mais avec d’autres règles, c’est à dire leur propre système. Bref comme vous le voyez nous sommes très loin de la démocratie telle qu’inscrite dans les esprits et proclamée dans les institutions.

    Nous trouvons aussi la possession des médias par l’argent. C’est une étape indispensable de la maitrise d’un pays. Sans la détention des médias par la finance, l’opinion peut avoir des réactions de défense qui ne plaisent pas à la caste. La stratégie des possesseurs des médias n’est pas tellement la fausse information, bien que ça puisse servir, mais plutôt la focalisation sur la forme et non sur le fond. L’exemple de la nième réforme des retraites est symptomatique. L’important c’est le nombre de manifestant, en hausse en baise, le nombre d’amendements, les écarts de langage. Les médias véhiculent les arguments des uns et des autres et en faisant cela ils clament qu’ils font de l’information, alors qu’ils ne font qu’alimenter un débat stérile, puisque ne portant pas sur  le fond. Avec pour résultat que plus personne ne comprend ni la raison, ni l’objet, ni l’intérêt des lois.

    C’est là tout l’art des médias, faire que l’information n’aide pas la population  à comprendre mais permette seulement à la caste de s’exprimer.

    Michel Costadau

  • Agri 19

    Agri 19

    Et cette nouvelle conquête US de l’ouest spatial est une catastrophe de plus car elle s’accompagne d’une occupation commerciale de l’atmosphère terrestre avec l’explosion de la communication qui est le nouvel eldorado du business. Une fois de plus nous retrouvons l’ingrédient de la gratuité. L’espace est aujourd’hui libre d’accès et de propriété et chacun y fait ce qu’il veut. C’est une continuation de la colonisation. Pourtant les conquêtes guerrières européennes de colonisation des siècles derniers ont été plutôt ratées, malgré des dégâts considérables. Elles n’ont laissé que des Etats corrompus déchirés par des conflits ethniques, sans argent et sans avenir.

    Du coup les US, qui sont issus de la colonisation et un pur produit de l’immigration, sont restés des colonisateurs, mais n’ont pas utilisé les mêmes méthodes.

    Ils se sont servis essentiellement du capitalisme et de la démocratie pour tendre leur toile. Bien appuyés quand même par d’énormes forces armées.

    Du capitalisme, en imposant le pouvoir de l’argent, qui est maintenant à l’œuvre partout et fait que tout est à vendre et que le monde est un immense réservoir de salariés. C’est eux qui ont l’argent et ne veulent évidement pas que ça change.

    Et de la démocratie, en en faisant une raison d’intervention partout dans le monde. La libération démocratique  dont parlent les Américains est seulement la soumission à l‘argent et donc aux riches et donc à eux. Bien évidement les US ne sont pas plus démocratiques, au sens du droit des peuples, que l’Afghanistan et peut être même moins. Nous y reviendrons.

    Regardons maintenant le deuxième item : la guerre. La guerre est un concept moderne, c’est à dire récent parce que fortement lié à l’avènement des empires. Avec, de nos jours, quelques particularités notables. D’abord la généralisation de l’armement. Il y en a partout. Même les pays dits pauvres ont des armes en pagaille. Même les citoyens dans des pays en paix ont des armes offensives. Il y a beaucoup d’armes, il y a trop d’armes. Ensuite certaines armes ont atteint des niveaux de destruction, non plus au niveau d’un champ de bataille, mais au niveau de la planète entière. Les grandes villes et leurs millions de personnes peuvent disparaitre en un clic. Est ce que cela peut arriver me demandez vous. La seule chose qui est sûre c’est que les armes chimiques et nucléaires ont déjà été utilisées. Les armes bactériologiques pas encore semble t il. Par contre les armes classiques sont utilisées d’une manière intensive et continuent de se répandre.

    Un moment j’ai envisagé, à propos de l’Ukraine, que la troisièmes guerre mondiale était commencée. Finalement il semble que non, malgré les accents belliqueux de la GB et hélas de notre pays. Mais le souci n’est pas là, il est que cette conflagration mondiale peut se produire. Plutôt avec comme origine l’Asie et l’Est, peut être avec une denrée qui deviendrait rare mais aussi parce que quelques pays du monde pourraient tomber en de mauvaises mains. Or ces mauvaises mains ont déjà été à l’œuvre de notre Carolus Magnus à leur Führer en passant par notre Corse.

    De plus la logique élémentaire permet de dire que quand quelque chose est possible, elle finit par arriver. Et donc ces stocks d’armes, ben disons ils sont là.

    Alors d’un coté ce n’est pas rassurant et d’un autre ça n’oblige pas à essayer de réformer, rapidement, le monde actuel avec cette épée de Damoclès suspendue au dessus de nos têtes. Quand à savoir s’il y a un moyen, d’éviter cette WW3 ou les grandes guerres en général il suffit de voir les résolutions des organismes faits pour ça, UN, EC, NATO pour avoir une trouille monumentale, car ils font exactement le lit du conflit à venir. N’allez pas croire que ce sont seulement les marchands d’armes qui encouragent les conflits, non ce sont nos hommes politiques, pétris de paix, mais qui par leur obnubilation du pib sont de véritables fauteurs de guerre.  Cependant comme pour le point précédent de la disparition de l’empire US, il est difficile de dire quand se produira la prochaine déflagration mondiale. Espérons que ce soit dans longtemps mais je dirais plutôt qu’il s’agit de quelques dizaines d’années car le mythe de la croissance a quelque chose de morbide par son impossibilité et offre la guerre comme seule porte de sortie.

    Et donc est-ce-que nos deux premières considérations sont liées. En fait oui car pour maintenir son empire basé sur l’argent et dominer tous les continents les US ont besoin d’armes et de violence. Or, comme indiqué, le niveau de létalité atteint par les armes amènera des destructions mondiales.

    Michel Costadau

  • Agri 18

    Agri 18

    Et pourtant les pouvoirs publics ont de l’argent et d’immenses moyens. La crise sanitaire ne l’a que trop prouvé. Le coût social de la détresse humaine est énorme, pas uniquement en termes économiques mais surtout en manque de contribution au fonctionnement de la société et à son évolution, par une partie de la population. C’est vrai qu’en général, ce n’est pas à ceux là, les démunis, que l’on demande leur avis et encore moins que l’on en tient compte. Au contraire il y a une captation de l’information par les réseaux dirigeants. Je l’ai déjà dit mais quand Bolloré a mal aux cheveux il appelle Macron, et tout rentre dans l’ordre.

    Bien sûr nous aussi nous fonctionnons avec nos réseaux, c’est notre richesse et la levure de notre fermentation. Mais, en termes de pouvoir  ça n’a aucune commune mesure avec celui du club fermé des dirigeants.  Car même si l’on peut gagner sur quelques projets, comme les bassines ou la LACT, le moteur de l’économie reste quand même la croissance du pib.

    Et les gouvernants prennent toutes les mesures pour faciliter ce type de développement. Le flot des projets sans respect pour le climat ou la biodiversité est immense et continu. Ceux qui croient, même si d’une manière générale il ne faut pas croire, que les diagnostics sur les logements  ont pour but le bien être des occupants et les économies d’énergie passent largement à coté de la réalité. Non tous ces diagnostics ne servent qu’à créer de l’activité, à justifier le nucléaire et à consommer un peu plus de ressources de notre planète, en eau, en bois, en sable, en ciment ou en terres rares.

    A l’heure des voitures électriques, le moteur de nos sociétés lui n’a pas changé et reste la consommation, c’est à dire la destruction et la prédation.

    Vous allez me dire que nous nous sommes un peu éloignés de l’agriculture, c’est vrai, mais tout se tient. Alors restons un peu sur la vision globale du monde et posons nous la question de l’urgence de changer de moteur.

    La réponse parait être oui quand on voit la crise climatique, le pillage des ressources naturelles, et la financiarisation. Mais en fait elle peut être non car les empires d’une manière générale, c’est à dire le monde actuel dans notre cas, ne se réforment jamais, elles meurent. En plus à quelques exceptions près elles s’éteignent toute seule sans concours extérieur.  Alors y a t il des signes de glissement de nos sociétés vers une disparition. Oui, clairement, il y a en et même plusieurs presque sur un pied d’égalité.

    L’empire américain,

    L’exacerbation de la guerre,

    La disparition de la démocratie,

    L’asymptote du genre humain,

    La fuite en avant des décideurs,

    La limite des ressources naturelles.

    Reprenons cela plus en détail et dans l’ordre.

    L’empire américain est le premier empire mondial de notre histoire, Avant les empires étaient très locaux et sur un seul continent, avec éventuellement quelques possessions sur d’autres. L’empire US pas plus que les autres ne sera éternel et disparaitra. Cependant son extension mondiale fait que sa disparition va toucher tout le monde. Alors peux-t-on dire qu’il n’y a pas d’urgence à changer de moteur et qu’il suffit de contempler sa chute. Pourquoi pas, cependant il est difficile d’apprécier le temps que cela va prendre.

    Car l’empire US est parfaitement conscient du mur qui se dresse devant lui. Le rapport Meadows, énonçant que  les ressources limitées de la terre ne pourraient pas suffire à l’humanité même sans croissance de la population, date de 1972. La solution de se tourner vers les astres s’est alors faite jour et la lune et mars sont devenus les premières cibles.

    Cela, pas du tout dans un esprit de recherche ou de découverte mais de continuation du pillage. Il faut dire que le miracle de la gratuité des ressources du continent américain en terres, en pétrole, en eau ou en minerai a forgé l’esprit conquérant des US. Après avoir bousillé la terre, ces gens là voient dans le système solaire et dans l’univers des ressources inépuisables dont la commercialisation pourrait enrichir quelques générations de milliardaires.

    La conquête de l’espace est leur nouvelle conquête de l’ouest, de sinistre mémoire.

    Michel Costadau

  • Agri 17

    Agri 17

    Ce n’est pas de solidarité individuelle qui, avant, s’appelait charité dont je parle. Celle là regarde chacun personnellement et répond plus à des sentiments qu’à des objectifs. Je parle de solidarité collective, celle qui se lit dans les lois, dans les institutions, dans le fonctionnement de la société. Une société c’est simplement la manière qu’a de se comporter un groupe d’humains. Des comportements différents correspondent à de sociétés différentes. Ceci, à grands traits, parce que nos pays sont trop grands et se prêteraient mieux à plusieurs sociétés. Ce qui est pour ainsi dire le cas dans la réalité. Mais ça n’empêche pas les gouvernants de parler de « la » société.

    Et pour le moment dans notre société, grande par la taille et non par la réussite, c’est le chacun pour soi qui tient la corde. Les mesures institutionnelles d’aide sont clairement associées à une notion d’échec. La société aide ceux qui ont raté, qui n’ont pas réussi à intégrer le groupe. Ce n’est pas la faute de la société c’est celle de tous ces individus qui trainent lamentablement  leur misère. Et s’ils sont des millions ça ne change rien. Ils sont assimilés à un tiers monde intérieur. D’ailleurs la notion même d’aide est à sens unique, du plus vers le moins, créant ainsi une hiérarchie entre ceux qui aident et ceux qui ont besoin d’être aidé.

    Et ceux qui aident, en fait, ils n’aident rien du tout, ils profitent purement et simplement. Et donc ils croient aider mais, en l’occurrence, ils s’achètent une bonne conscience et la religion n’est pas loin. Paradoxalement, cette aide confite est cependant très utile car elle fournit des forces aux associations qui, justement, remplacent l’aide institutionnelle absente. Les repas, vêtements, les appareils offerts par les associations comblent, parcimonieusement, le vide sidéral que crée l’absence de ressources d’une grande partie de la population.

    Ah pour faire des gestes politiques dérisoires, fortement communiqués, nos gouvernants sont là, mais ces chèques de 100€ ne masquent pas leur échec.

    Parce que dans une société où la seule manière d’avoir des ressources est le travail, essentiellement salarié, il est de la responsabilité et du devoir de cette société de fournir du travail à tout le monde. Mais la réalité est cruelle ; il n’y pas de travail pour tout le monde et même il ne faut pas qu’il y en ait. Concrètement il y a même de moins en moins de travail.

    Cependant, pour le moment, l’idée d’une réforme des institutions pour y inscrire la solidarité n’est pas dans l’opinion. Le repli sur soi est à l’œuvre. Pourtant le hiatus est gigantesque entre les mots énonçant les droits de chaque individu et l’absence complète de moyens d’y parvenir. Heureusement, beaucoup de personnes sont dans des circuits sous-jacents plus ou moins larges d’entre-aide, bien loin de la loi. Famille, corporation, club, mafia règlent non seulement des questions de besoins matériels mais aussi les problèmes existentiels de non intégration dans la société. Ceci est notre principal moyen de défense et doit être préservé.

    En y réfléchissant, la constitution n’a qu’un effet d’annonce. « Tous les hommes et les femmes  … droits égaux ». Ca nous fait une belle jambe ce droit inaliénable et universel. A ce moment là je pense aux licenciés de Total, aux travailleurs non déclarés, aux femmes violées, aux expulsés pour Utilité Publique, oui ça leur fait une belle jambe de découvrir qu’ils sont égaux. Et plus encore,  moi l’égal en droit du directeur de la Safer, moi l’égal en droit du préfet. Le préfet ne répond à aucune demande même écrite et m’empêche d’accéder aux documents administratifs dont j’ai besoin. Je n’appelle pas ça égalité, j’appelle ça pot de fer contre pot de terre. Et c’est toujours le même qui gagne.

    L’égalité, fondement de la constitution est un gros leurre. Nous n’avons aucune chance. Pour moi droit ne rime ni avec égalité ni avec liberté mais avec avocat. En plus c’est une rime riche parce qu’il y a comme une odeur de picaillon qui flotte. Et là, il devient évident  que quand on parle d’argent on ne parle plus d’égalité mais de pouvoir.  Alors il ne nous reste que la rue, la com et quelques juges intègres non pas pour obtenir la moindre égalité mais simplement pour ne pas couler complètement.

    Michel Costadau

  • Agri 16

    Agri 16

    C’est tout le dilemme de notre époque. Qu’est ce que nous devons changer ? Sans surprises presque tout le monde parle de mesures, d’actions, de cibles ce qui laisse libre court au complexe politico-financier  pour continuer sa mascarade délétère qui consiste à ne rien changer. Il me semble plutôt qu’il faut parler en termes de mentalité et d’opinion.

    Par exemple une idée sur laquelle l’opinion pourrait évoluer c’est que nous devons d’abord regarder nos propres fonctionnements de pays riche et découvrir que riche  = prédateur. Ce n’est pas, encore, une notion partagée par l’opinion parce que le matraquage ne cherche pas à nous responsabiliser mais au contraire à charger les anciennes colonies de tous les maux à commencer par l’absence de démocratie jusqu’à la corruption endémique en passant par une flemme congénitale. Car l’esclavage n’a jamais encouragé les gens à se dépasser mais plutôt à se protéger.

    Oui d’un part tous les pays, dits pudiquement, en développement, sont des anciennes colonies et d’autre part tous ces pays sont peuplés d’incorrigibles feignants qui cherchent à mordre la main secourable que nous leur tendons. C’est ça le matraquage. Il y en a qui croient, encore, qu’ils ne sont pas civilisés, mais proches de la sauvagerie.

    En plus il y a un amalgame, sciemment entretenu, entre islam et sous développement. Pourtant la dernière institution d’éducation des peuples autochtones canadiens, c’est-à-dire la dénaturation complète de jeunes indiens a fermé il y a moins de cinquante ans. Il y a beaucoup de gens encore vivants qui les ont côtoyées. La question de savoir si ces blancs-blancs ont accepté, voire même encouragé ces institutions est plus compliquée.

    En tous cas, pour rattraper le wagon du début, aujourd’hui il y a encore pas mal de gens qui n’ont pas le sentiment d’être des prédateurs.

    Disons que, en plus, je trouve prédateur bien gentil, parce qu’en vrai c’est plutôt prédateurs sanguinaires et tortionnaires qu’il faudrait dire. Mais il faut pratiquer une progression pédagogique pour obtenir les évolutions de mentalité. Eviter les trop grands sauts qui ont un effet contraire puisqu’ils bloquent le glissement de mentalité en permettant aux personnes un retour en arrière au nom de l’excès. Bien sûr cette méthode douce a quelque chose de frustrant pour celui qui veut exprimer son point de vue progressiste.

    Souvent c’est l’envie de hurler qui me prend devant l’incurie de nos représentants. J’ai le sentiment, faux en fait, que personne ne se rend compte de la collusion entre les politiques et le business, de l’incohérence des propos tenus par le pouvoir, affirmant prendre la mesure de la crise climatique ou de la crise sanitaire et faisant tout le contraire dans leurs actes qui n’ont qu’un seul but : continuer à faire croitre le pib.

    Quand je dis que mon sentiment est faux c’est que les gens ne sont pas complètement dupes, plus ou moins certes, mais pas complètement. Ils se rendent quand même compte, disons par exemple de la collusion ou des écarts paroles-actes. Mais, hélas, ils s’y sont habitués et ils ont pris une position fataliste. L’impuissance est ce qui domine aujourd’hui dans la population. Et même la résignation. La résignation c’est le contraire de la révolte, mais ça permet de fonctionner sans faire de vagues en regardant d’un air dubitatif les courageux qui se battent.

    Nous sommes devenus un peuple d’impotents civiquement. Le vote ne sert plus à rien, la police est omniprésente, non pas pour attraper les violeurs et les voleurs mais pour empêcher les gens de manifester, le travail  n’a plus qu’un maigre intérêt social et encore moins financier, mieux vaut les aides. Même la fraude, sport national s’il en est, a perdu de sa superbe et bientôt les gens vont faire la queue pour aller en prison où l’on est au moins nourri, logé, blanchi et on a la télé. Et d’ailleurs ils vont construire de nouvelles prisons. Que demander de plus ?

    Vous, je sais pas, mais moi un peu plus de solidarité ne me dérangerait pas. D’accord ce n’est pas porteur la solidarité parce que pour la plupart solidarité égale assistance. Et assistance ça encourage la paresse et le laisser aller. Mais ce n’est pas ça du tout, la solidarité c’est d’abord l’exemple par le haut, c’est le contraire du ruissellement qui est l’arrosage des esclaves.

    D’ailleurs l’exemple qui marche est toujours par le haut. Contrairement au discours du matraquage il n’y a eu, bien sûr, aucune solidarité avec l’Ukraine, seulement une autre manière de continuer la guerre. Néanmoins, les mesures annoncées pour les Ukrainiens si elles avaient été appliquées à tous les immigrés et à tous les français auraient pu être un exemple de la solidarité dont je parle.

    Michel Costadau