Catégorie : Démocratie

  • Phozat3

    Phozat3

    Mais les herbes résistantes c’était la contestation de son don. Enfin pas tout à fait puisque seules certaines herbes lui résistaient, toutes les autres se desséchant comme d’habitude. Mais Guy se demandait comment les herbes pouvaient faire une différence quand il marchait dessus. N’ayant pas la réponse, il se tourna vers ses parents qui lui expliquèrent que c’était tout simplement grâce à des opérations génétiques que certaines plantes devenaient résistantes. Ils évitaient de dire manipulations, ça faisait plus clean.

    A Guy ça ne lui plaisait pas beaucoup tout ça, ni la résistance ni la manipulation, d’autant plus que voilà pas qu’un jardinier avait porté plainte contre ses parents pour mise en danger de la vie d’autrui, ce qui en décodé veut dire tentative d’assassinat. Et que c’était lui l’assassin présumé.

    Bien sûr ses parents avaient largement les moyens de prendre les meilleurs défenseurs et au début ils ne se firent pas trop de souci. En effet les avocats naviguaient entre l’efficacité du traitement et son innocuité pour l’homme. C’est vrai que très nombreux étaient les utilisateurs de Guy, y compris dans le domaine public, cours d’écoles, rues, parkings, bords de route, jardins publics. A cela s’ajoutaient tous les particuliers  qui trouvaient plus facile le pulvérisateur que la binette. Avec en plus des doses assez peu contrôlées, « je vais en mettre un peu plus en cas ». Cependant aucune maladie ou décès ne pouvait encore être attribué à Guy.

    Et donc, en référé, le plaignant fut débouté, mais avec un avertissement sur l’éventuelle nocivité du produit. Car si le danger n’était pas prouvé, l’innocuité non plus. Alors le jardinier attendit le jugement.

    Tout cela avait largement ému l’opinion, en particulier le fait qu’il commençait à se savoir que les parents Phozat avaient délibérément menti et truqué certaines études. Le public découvrait que les analyses prétendument scientifiques étaient directement commandées et payées par les parents de Guy avec un biais constant pour éviter toute notion de nocivité. Du coup de nouvelles études furent lancées et une certaine suspicion commença à se faire jour.

    Le procès en appel débuta mal pour le jardinier, car les avocats des parents essayèrent de persuader les juges qu’il était très difficile de comprendre les rapports des experts, et que pour cela ils devraient peut être suivre quelques années de formation sur les techniques génétiques pour  se faire une opinion. Cette stratégie fut une erreur car les juges leur indiquèrent froidement que ce n’était pas à eux d’être des experts mais que par contre ils avaient une grande expérience pour juger si des personnes disaient vrai ou si elles essayaient de cacher quelque chose.

    Du coup, beaucoup de nouvelles études furent lancées. Dont une expliqua carrément que Guy était un cancérigène probable. Lui, qui rendait service à la moitié du monde, cancérigène, il n’en croyait pas ses oreilles.

    Et le procès durait. Pendant ce temps, les pouvoirs publics commencèrent à interdire l’emploi de Guy dans les lieux publics. Paradoxalement, cette mesure qui aurait pu créer un peu d’activité de désherbage manuel pour les jeunes ne fit que transformer trottoirs, allées et bandes centrales en zones abandonnées, comme il y en avait déjà beaucoup.

    Alors arriva le coup de tonnerre du verdict. Non seulement Les Phozat étaient reconnus coupables mais de forts dommages et intérêts leurs étaient appliqués.

    Bien sûr les parents se pourvurent immédiatement en appel mais le rejet du don de Guy devenait mondial sauf en France ou l’absence de démocratie permettait aux Phozat de manipuler les parlementaires.

    Pas pour longtemps espérons-le.

    Michel Costadau

  • L’Usine

    L’Usine

    Quand je dis que le monde est devenu une unique et vaste usine de production de denrées, achetées par ceux qui y travaillent avec l’argent que leur donnent les propriétaires de l’usine, je ne fais que décrire la triste réalité. Rien que du connu. Les US produisent, la Chine, le Bengladesh, la France et la Suisse produisent. Et les Canadiens, les Indiens, les Australiens et les Chiliens consomment. Le monde entier produit et le monde entier consomme. Et cette situation a un moteur, un carburant, une religion et c’est le PIB. Tout le monde roule au PIB, vénère le PIB, adore le PIB. Les voitures, les médicaments, les armes, les distractions, le pétrole, les vacances, l’alimentation, les monnaies ne sont que les instruments du PIB. Aujourd’hui aucune vie n’est possible sans le PIB. C’est un gros problème.

    Parce que le PIB a ses gènes.

    Le premier c’est l’augmentation obligatoire ou la fuite en avant. Plus de production pour plus de produits, plus de clients pour plus de consommation, plus de recherche et de découvertes pour plus de nouveaux produits, plus d’internet pour écouler plus de produits, plus de pub pour acheter plus de produits, et plus d’argent pour ….. plus d’argent. Le but unique, le seul souci de la classe politique c’est d’augmenter le PIB, par tous les moyens. Celui dont le PIB baisse est mis au piquet. Et il n’y a qu’une seule chose qui n’augmente pas c’est la qualité. Là c’est plutôt le contraire.

    Le deuxième, c’est l’accumulation des déchets ou la pollution généralisée. Le PIB n’a pas les moyens de retraiter ou réparer tous les dégâts qu’il fait, ça ne serait pas rentable. Il laisse donc cette tâche aux Etats qui eux tentent par tous les moyens de transférer les responsabilités des propriétaires sur chacun de nous. Au résultat, la planète est un véritable dépotoir avec un grand nombre de zones, en bas comme en haut, où plus aucune activité humaine n’est possible. C’est aussi pourquoi le réchauffement, la qualité de l’air, de la mer et aussi les droits de l’homme ou de la nature sont immolés sur l’autel de la consommation et de la production. Ça ne vous a jamais étonné que les pouvoirs publics donnent sans compter aux entreprises qui s’installent dans leur région, vous n’avez pas trouvé bizarre qu’aucun compte ne soit jamais fait des sommes dépensées dans ce sens, sommes que nous payons les yeux fermés. Moi si, et j’ai compris que l’Etat est marqué au fer rouge par le PIB. Pas marqué au bien commun, non, marqué au PIB.

    Et le troisième gène, le plus terrible, c’est la destruction de la vie. Après les massacres de la conquête de l’Ouest, des colonisations européenne, japonaise et autres, des guerres mondiales et locales, le modèle imposé à chacun « produire/consommer » empêche le monde entier de vivre. A chaque individu on dit ce qu’il doit faire, ce qu’il doit produire, ce qu’il doit chercher, comment il doit le faire, à quelle cadence. On lui dit aussi ce qu’il doit acheter, ce qu’il doit consommer, ce qu’il doit remplacer. Dans les écoles, on apprend à devenir les rouages de l’usine, on forme des travailleurs, pas des êtres pensants. Plus aucun individu ne se pose de questions pour trouver les formes, les moyens, les choix de sa propre vie. Il y a seulement le nivellement de : quel est ton travail ? ce qui veut dire qui est ton propriétaire ? et qu’est ce que t’as acheté ? ce qui veut dire à quel propriétaire as-tu donné ton argent ?

    Et c’est pourquoi ceux qui ont voté Trump, Modi ou Macron, et sont les vrais fanas du « produire/consommer »,  n’ont fait que ratifier le choix du business pour les nouveaux chantres du PIB.

    Et le prochain dictateur sera celui qui permettra aux usines de produire encore plus de biens et de services, aux citoyens de consommer encore plus.

    C’est la loi du PIB. C’est le fonctionnement de l’usine.

    Michel Costadau

  • Rose+Bleu=Violet

    Rose+Bleu=Violet

    Faut-il élever les filles comme les garçons ? Je veux dire avec la même éducation. En fait c’est exactement ce qui se passe en ce moment. Il y a même une tendance pour faire que ce soit de plus en plus pareil, comme s’il n’y avait aucune différence entre eux. C’est vrai qu’il n’y pas encore si longtemps il y avait deux éducations, la rose et la bleue. Et ce n’était pas une question d’enseignement, mais bien d’éducation.

    En simplifiant, l’idée était d’inculquer à chacun des deux sexes ce qui lui serait utile dans sa propre vie. Ce qui l’aiderait à trouver un équilibre et, pourquoi pas, des satisfactions dans son existence.

    Il faut dire qu’à cette époque l’objectif de la vie n’était pas la seule recherche du plaisir, comme c’est le cas aujourd’hui chez nous, mais seulement d’essayer de vivre. Le fait d’être vivant était en soi une victoire sur l’ennemi universel qu’est la mort et sur son majordome le malheur.

    Pour les garçons, l’essence était de se faire respecter, de créer un peu d’espace autour d’eux comme une espèce de survivance des joutes de la chevalerie moyenâgeuse. Espace théorique pour y loger sa famille et ses proches. En fait, il fallait exister, c’est-à-dire surnager dans le marécage des diverses forces présentes dans la société. Et pour cela un grand nombre de moyens étaient utilisables, depuis la force physique jusqu’aux cercles de relations en passant par les aptitudes intellectuelles, manuelles ou musicales. L’insensibilité était la vertu de base, dans le but de ne pas être affecté par les vacheries de l’existence. Tous ceux qui partaient à la guerre juraient de ne jamais reculer et du coup mouraient et nombreux et pour rien. Bien sûr il y avait exactement comme aujourd’hui des castes et c’est plutôt à l’intérieur de chacune d’elles que se déroulait l’existence et ses combats. Rester à son niveau, voire monter c’est-à-dire surtout ne pas descendre était aussi difficile pour un aristocrate fortuné, que pour un métayer sans le sou.

    Pour les filles, le fil rouge était l’obéissance et la soumission. La soumission aux hommes et aux femmes bien sûr, mais aussi et surtout aux écueils de la vie. Le but était d’éviter le sentiment d’impuissance que donne la prise de conscience d’une faille ou d’une injustice conjuguée avec l’absence de s d’intervention. Cette impuissance était et est toujours génératrice d’insatisfaction et d’angoisse qui perturbent sa propre existence et celle des autres. On demandait donc aux filles d’obéir sans se poser de questions. C’était le bonheur façon militaire si vous voulez, avec ses limites bien sûr. Cette obéissance présentait cependant un aspect contradictoire, puisqu’une fois mères, on demandait aux épouses de l’autorité sur les enfants, chose qu’elles n’avaient jamais appris. Mais on sait que chaque individu n’est pas seulement le produit d’une éducation mais amène avec lui son propre contour et un peu d’hérédité.

    Aujourd’hui nous avons une éducation violette pour tout le monde. On apprend aux garçons à devenir sensibles et aux filles à dire non. Soit. Je ne trouve pas que ça fasse des gens plus heureux pour autant. Moi je suis plutôt pour la différence, pour la culture de la différence. Le but de l’éducation ne peut pas être l’uniformité, c’est le modèle des nuls. Je crois que chaque individu et chaque âge a sa pépite mais qu’aujourd’hui on la cache plutôt que de la faire briller.

    Mais alors, car on n’a pas oublié la question du début, faut il changer quelque chose ? La réponse est claire : tant que nous ne serons pas revenus en démocratie, il ne faut surtout rien demander à ceux qui sont en place. Ce serait pire.

    Michel Costadau

  • Glypho-2

    Glypho-2

    Encore le glypho et encore Hulot. J’ai lu attentivement le communiqué de presse des deux ministres et après analyse c’est consternant.

    Regardons les mesures annoncées, il y en a 5 :

    1 – Création ou mise à jour d’une base de données sur les solutions  pour se passer du glypho. Ca mange pas de pain, ça fait travailler les informaticiens, et les fournisseurs sont contents,

    2 – Trouver de nouvelles alternatives pour les usages où il resterait des impasses. Là il y a une contradiction dans la phrase, parce que s’il y a des impasses c’est justement parce qu’il n’y a pas d’alternatives sinon il n’y aurait pas d’impasse. Alors, quant au fait d’en trouver de nouvelles, euh on dit pas bien ni quand ni comment,

    3 –  Mobilisation générale des chambre, des lycées agricoles et des coopératives pour promouvoir les alternatives au glypho. La trompette ça fait du bruit mais ça ne gagne pas une bataille. On comprend du coup qu’il y a seulement incitation mais aucune obligation, c’est très soft,

    4 – Suivi et publication des quantités vendues et utilisées de produits contenant du glypho. Là il y a  clairement une entourloupe car il n’y a aucun moyen de contrôler l’utilisation, ni de corréler vente et utilisation. Je rappelle pour les naïfs que rien n’oblige un agriculteur à acheter ses produits en France, ni à les mettre dans une seule armoire,

    5 – Contacts avec les autres pays volontaires, en marge des réunions européennes. Encore quelques réunions et frais de déplacements pour nos technocrates et quelques clips pour nos politiques.

    Et évidemment création  d’un groupe de travail pour suivre ces formidables décisions.

    Bling, il n’y a donc aucune mesure concrète sur la suppression du glypho, seulement un effet d’annonce comme d’habitude.

    Alors j’ai encore relu le communiqué pour voir où était la faille.

    Au début, les ministres commencent par rappeler qu’il existe un plan global de diminution des phytos qui demande un réduction de 25 % en 2020 et de 50 % en 2025. Outre que l’on ne sait pas de quel chiffres de consommation, actuellement en hausse, l’on part, ni avec quel critère on mesure la réduction, ces chiffres semblent envisager une réduction de 25 % en cinq ans, de 2020 à 2025, ce qui n’est guerre ambitieux, sachant que le glypho n’est pas, loin de là, le seul produit dangereux.

    Pourtant le titre du communiqué semble clair : il s’agit de la sortie définitive du glypho. Et d’un seul coup je découvre qu’à vrai dire il ne s’agit pas vraiment d’en sortir mais seulement de s’engager dans la sortie. La nuance est importante car ça veut dire qu’on parle d’un chemin et non d’un but. Voila la faille, les ministres ne disent pas courageusement : voici comment on sort du glypho, mais seulement : nous vous proposons un chemin à parcourir. Ce chemin est balisé sur trois ans. Après on verra si on trouve une suite.

    C’est comme s’ils s’offraient une promenade. Bonne ballade Hulot.

    Michel Costadau

  • Compatible

    Compatible

    Tout le monde voudrait bien que Google soit moins hégémonique … mais tout le monde s’en sert. Tout le monde sait bien que les moteurs de recherche et les réseaux sociaux utilisent les données privées à des fins commerciales ou politiques… mais tout le monde s’en sert. Et pourtant il n’y a pas, là-dedans, une schizophrénie cherchant à se faire mal volontairement. Pas du tout.

    Non il y a le poids, la pression, la puissance, les moyens gigantesques et la volonté d’écrasement monopolistique de structures entièrement tournées vers l’argent. Faire de l’argent avec l’argent, c’est la martingale du fou.

    Si je vous dis ça c’est parce qu’il y a d’autres personnes pleines de bonne volonté qui essayent de contrer la toute puissance de ces sociétés et de faire des logiciels libres, des bases de données libres.

    Le but est d’offrir les mêmes services que les grands, pour pouvoir  s’en passer. Pour cela, ils développent donc des moteurs ou de réseaux alternatifs, qui ne prélèvent aucune donnée privée, qui ne sont protégés par aucune licence et qui ne vendent aucune donnée. Et même quand ils utilisent Google, ils brouillent les pistes pour qu’on ne puisse pas accéder à l’utilisateur et donc ne recueillir aucune information à des fins commerciales.

    L’idée est excellente mais, rêvons un peu, si le succès était au rendez-vous, il y aurait le risque de devenir calife à la place du calife. Et ces gens-là en sont conscients, parce que faire une alternative à gGogle, partagée par presque tous les internautes, ça revient à conquérir le pouvoir que l’on voulait lui retirer. C’est presque cornélien ce truc et ça me rappelle quelque chose.

    Alors l’idée qui leur est venue est de faire local, c’est-à-dire de créer autant de petits moteurs ou de petits réseaux qui se répartissent le travail, voire  se connectent entre eux. Cette notion de répartition pour contrer la centralité est très à la mode de nos jours, que ce soit pour les ventes paysannes par rapport aux centrales d’achat, pour les monnaies alternatives par rapport à la spéculation, pour le stockage personnel par rapport au cloud ou même pour les produits éthiques par rapport à l’exploitation humaine.

    Seulement voila, ça ne marche pas. Je veux dire que si l’ennemi c’est Google, ses méthodes et ses affiliés, eh bien ça ne le gêne pas le moins du monde. A vouloir rester petit, même s’il y a beaucoup de petits…. on reste dans des niches que justement Google aurait du mal à investir. En fait c’est complémentaire, on va dire que c’est compatible. C’est Google compatible, comme les OGM de Bayer.

    En réalité,  la seule manière de développer cette approche par répartition pour qu’elle concurrence vraiment les sociétés commerciales, serait de changer les mentalités pour que tout le monde cherche à se passer des hégémoniques. Seul le changement de mentalité peut permettre de modifier les comportements marchands.

    Alors ça me rappelle le dilemme du dernier billet sur la prise du pouvoir pour changer le pouvoir. On comprend bien du coup que tous les discours des partis ont pour seul but la prise du pouvoir et n’ont aucune chance de changer quoi que ce soit, puisque : soit ils deviennent seulement calife à la place du calife et rien ne change, soit ils ne cherchent pas à prendre le pouvoir et alors ils sont « pouvoir compatible » et ne servent que de faire-valoir.

    Ce n’est plus cornélien, c’est élémentaire.

    Et c’est pourquoi il me semble que ma méthode de la privation de pouvoir est prometteuse.

    Michel Costadau

  • Assass

    Assass

    J’ose pas parler de Gaza, ni des US, j’ose pas parler de NNDL, ni de la SNCF, ni d’Air France, j’ose pas parler de l’Iran, ni de la Corée, j’ose pas parler de la Syrie, ni de la Turquie, ni du Yémen, j’ose pas parler de l’Afghanistan, ni de la Birmanie, ni du Mali, ni de l’Indonésie, ni du Guatemala. J’ose pas.

    J’ose pas parler parce que j’ai honte, j’ai honte et je suis effaré, j’ai honte et je suis impuissant. J’ai honte et j’ai mal, oh pas physiquement, mais pour tous ces assassinats à ciel ouvert, toutes ces tueries.

    J’ai mal pour tous ces mensonges répétés à longueur d’images, de radios et de journaux. J’ai mal de l’avarice et de l’hypocrisie des nantis sur leurs avantages, leur pré-carré, leurs distractions, leurs possessions et leurs privilèges. J’ai mal du cynisme hallucinant et de la perversité de nos élus, élus soi-disant démocratiquement, en France, aux US, en Israël et ailleurs. Nos élus il y a là un possessif qui coince. Ils ne sont pas à nous, ça c’est sûr.

    Qui peut encore croire que ces élus défendent la population. Personne, personne sauf ceux à qui ça profite, sauf ceux qui sont du bon coté de la hache quand elle tombe sur les têtes des jeunes, des femmes, des enfants et des vieux aussi c’est vrai. Non le monde n’est pas partageur, n’est pas secourable, n’est pas humain.

    Notre monde, là aussi le possessif est de trop, ce n’est pas notre monde c’est leur monde. Leur monde à ces ignobles rapaces, profiteurs, actionnaires qui riment avec tortionnaires. Oui ça rime et ça va mal.

    Aujourd’hui il y a comme une exacerbation des conflits, une montée des pressions. La dinguerie -tm- du monde s’accélère et ça devient inquiétant. Pas besoin d’avoir été à l’école pour voir que le conflit syrien est au centre d’une lutte Est-Ouest. US contre Russie. Monde contre monde.

    Au centre c’est Israël contre Iran, avec entre les deux Syrie et Irak. Irak les US y sont déjà, Syrie encore à l’abri de la Russie, mais où US et Europe frappent tranquillement. Y a pas que ça : Turquie du coté Iran, Egypte du coté Israël,  Lybie déjà détruite, Tunisie, Algérie sous contrôle français, le reste ne compte pas. Inde plutôt US, Moyen-Orient plutôt Russie. La Syrie est donc seulement un champ de bataille. Les cartes sont battues et les assassins sont en place.

    Alors ça pourrait bien dégénérer. Parce que c’est exactement les uns contre les autres. Et c’est le fonctionnement des dominants. Leur fonctionnement c’est la guerre, pas entre eux, entre nous.

    Alors on pourrait parler d’autres choses, je rigole, ah oui des mariages enrubannés, du festival des canettes, de la trois milliardième réformette de l’apprentissage des languettes.

    Oui et d’ailleurs c’est de ça dont ils parlent dans leur monde à eux, celui où il est possible de tuer sans être puni, celui où l’argent peut tout, c’est-à-dire assassiner, encore assassiner pour dire : voyez j’ai raison.

    Michel Costadau

  • Maillon

    Maillon

    C’est sûr que l’atmosphère politique a bien changé depuis un an. Elle s’est même copieusement obscurcie puisque la nouvelle posture du pouvoir c’est de ne pas faire de politique et de dire que la politique c’est dépassé. Des élus qui ne font pas de politique on aura tout vu, c’est comme des banquiers qui ne font pas d’argent. Comme s’il pouvait y avoir une vision plus moderne des choses. Mais, non, il n’y a pas de vision moderne ni postmoderne des choses, il y a les choses c’est-à-dire la réalité et c’est tout.

    Depuis un an il n’y a donc plus d’opinions, de choix de société, de priorités, ni de bien public, il y a seulement une liste de choses à faire. Comme une liste de courses et c’est en parcourant les rayons du super que représente pour eux notre société, que nos gouvernants découvrent de temps en temps que ce qui est dans les gondoles est aussi sur leur liste. Bingo.

    Vous allez me dire mais c’est pas nouveau ça, c’est la technocratie. Eh non c’est pas nouveau, c’est juste un peu plus chaque fois. Et cette fois le saut  a été conséquent. Mais ça veut surtout dire que, définitivement, nous ne sommes plus gouverné par Paris mais par Bruxelles et Francfort. C’est-à-dire par des gens au seul contact du business et de la finance. Et comme vous le savez Bruxelles est vraiment un modèle dans le genre business first.

    On peut dire qu’avant, c’est-à-dire il y a longtemps les partis politiques, c’est-à-dire Paris, avaient des programmes, des valeurs, en liaison avec une vision de la société, ses défauts, ses inégalités et aussi ses demandes et ses besoins. Maintenant Bruxelles a une seule feuille de route : l’économie. Et le programme consiste en trois lettres : PIB. Je vous ai déjà parlé de cette religion et il ne faut pas cesser d’en parler, car c’est vraiment le mal du siècle.

    Ce que je veux dire c’est que tout cela ne change pas la réalité. Et je pense qu’une posture de négation de la réalité n’est pas tenable et qu’il faut une soupape ou un maillon faible comme vous préférez. Et donc je ne sais pas si c’est un scoop, un pronostic, une vision  ou un vœu mais je ressens clairement que Macron ne finira pas son mandat. Voilà c’est tout, bises et bonne soirée A+

    Ah oui, vous voulez les arguments, la preuve, la démonstration.

    Mais, vous savez, tout cela est assez ténu et on marche un peu à l’intuition dans ce domaine.

    Néanmoins en fait c’est simple, parce qu’en voulant être le seul à avoir raison il est en train de se mettre tout le monde à dos. Pour le moment, ses amis le soutiennent encore parce qu’ils tirent profit de la financiarisation de la société, mais comme tous les électrons libres, on finit par les éliminer. Et il ne peut pas faire autrement que d’assumer, c’est la stratégie classique de la fuite en avant. Commencer à réfléchir ou se remettre en cause, c’est la preuve qu’on a des doutes et c’est dans ces doutes que les opposants s’engouffrent. Alors aucun doute, droit dans ses bottes, comme Jupé en 14 dont il a pris allègrement la place, il avance en niant la réalité. Et quand la religion du PIB rencontre le mur de la réalité ça coince. Notre société est bloquée et il va falloir qu’un maillon saute.

    Michel Costadau

  • Raciste1

    Raciste1

    -Attends là qu’est-ce que tu viens de dire ?
    -Je viens de dire que tous les hommes sont frères,
    -Gloups, je croyais avoir mal entendu,
    -Oui tous les hommes sont frères,
    -Euh tu blagues hein, même les Arabes ?
    -Oui les Arabes sont nos frères,
    -J’y crois pas, même les Chinois, ça c‘est pas possible,
    -Si, les Chinois sont nos frères,
    -Oh putaing, pas les noirs quand même, n’importe quoi ?
    -Si, les noirs sont nos frères et même, pas de bol pour toi, nous descendons tous des noirs,
    -Là tu me fais marcher, nous tu veux dire, on a des ancêtres noirs,
    -Oui, c’est la migration des hommes vers le nord et un peu de génétique qui leur a donné la peau blanche,
    -Ah mais alors les Tartares c’est pas nos frères quand même ?
    -Bien sûr que si les Tartares sont nos frères, là c’est plutôt la migration vers l’est et un peu de génétique qui a fait la différence,
    -Alors, comme ça, on est tous frères,
    -Cousins si tu préfères,
    -Oui c’est mieux, mais à quoi ça sert qu’on soit tous frères,
    -C’est pour dire qu’il n’y a pas plusieurs races, il n’y en a qu’une, c’est la race humaine : homo sapiens sapiens,
    -Mais pourtant il y a bien du racisme quand même,
    -Ah ça oui, le racisme c’est toutes les dérives pour permettre que certains se croient supérieurs aux autres, les ethnies, les peuples, les tribus et même le sang,
    -Ah mais on n’est pas tous égaux quand même, y en a des plus rapides et des plus intelligents, non ?
    -Oui bien sûr, mais le racisme c’est quand certains basent leur supériorité sur une particularité physique, mentale ou génétique, par exemple être blanc ou peul,
    -Etre blanc c’est pas un défaut quand même,
    -Non, c’est un profil génétique et il y a beaucoup de profils génétiques dans l’espèce humaine et donc beaucoup de différences,
    -Tu veux dire que la différence est source de racisme,
    -Oui parce qu’on parle de race de chevaux, de chiens ou de blé obtenus par croisement et sélection, alors certains ont voulu voir des races chez les hommes, par exemple avec la noblesse ou le droit du sang,
    -Alors il n’y a pas plusieurs races d’hommes,
    -Non il y a une seule race d’homme mais les blancs sont racistes, entre autres parce que pendant longtemps ils ont entretenu l’idée qu’ils étaient les plus civilisés sur terre. Remarque que les Aborigènes faisaient exactement pareil,
    -Les quoi ?
    -Laisse tomber,
    -Tu veux dire que le racisme c’est moderne ?
    -Non, peut-être pas, mais le racisme actuel est surtout lié aux à la prise de pouvoir des religions,
    -Alors là je t’arrête, parce que être tous frères c’est pas un peu catho ça ?
    -Oui c’est le discours des cathos, mais en vrai les religions soutiennent qu’il n’y a qu’une seule vraie religion, la leur. C’est le moteur du racisme,
    -Tu veux dire que les guerres de religion c’est du racisme,
    -Exactement, car quand on veut justifier une guerre ou une colonisation, il faut trouver un mobile, par exemple les convertir à la vraie religion,
    -Mais il n’y a pas de religion supérieure aux autres,
    -Bien sûr que non et il n’y a pas d’hommes supérieurs aux autres mais le principe  de supériorité a pour objectif la domination. Et c’est aussi le remède suprême à la médiocrité,
    -Alors, si j’ai bien compris, les racistes sont des minables, mais c’est quand même nos frères ?
    -Ben oui.

    Michel Costadau

  • Secteur

    Secteur

    Est-ce qu’un vote doit toujours concerner tous les électeurs ? Disons, plus précisément, est-ce que tout ceux qui ont le droit de vote peuvent voter tout ? Spontanément vous allez me répondre ben oui, quand t’es inscrit t’as le droit de voter. Mais on est ici pour réfléchir alors réfléchissons. Attention je ne parle pas du refus de vote, je parle du contraire de l’interdiction de vote, c’est-à-dire de la pertinence du vote pour certains électeurs. Par exemple, quelle est la place des hommes dans un vote sur le droit à l’avortement. Hein ? Eh oui, il est clair qu’ils ne sont pas concernés. Je veux dire : quels droits peuvent ils acquérir ou refuser avec ce vote. Strictement aucun ou alors celui de décider à la place des femmes ce qui est bon ou pas pour elles. C’est d’ailleurs une attitude assez générale qu’ont les hommes de répondre à la place des femmes et je me demande s’il ne faudrait pas changer un peu ces mauvaises habitudes patriarcales, entérinées par la loi en plus. Ouille ! Pour la suite on va dire qu’un vote où certains électeurs n’ont pas le droit de voter, par exemple quand seules les femmes votent, s’appelle un vote sectorisé.
    Et très actuellement, outre l’Irlande, il me semble que ce type de vote pourrait concerner aussi la Hongrie, la Pologne et quelques autres. Et je ne parle pas de la purification ethnique dans les Balkans.
    En fait il y a déjà eu des cas récent de vote sectorisé, c’est-à-dire où le vote n’a pas concerné tout le monde. Par exemple le « référendum » sur NDDL où seule la Loire Atlantique a voté, alors que le projet est national. C’est clairement un vote sectorisé ? En effet pourquoi la Loire Atlantique et pas la France entière ou la région Pays-de-Loire, ou même la seule ville de Nantes qui est la plus concernée par les avions. Pourquoi ? Eh bien ça s’appelle un choix politique. En l’occurrence c’était vraiment un mauvais choix.
    Revenons au vote sectorisé pour voir comment on pourrait l’utiliser…s’il existait. Vous le savez, le monde actuel est aux mains de la finance et les riches font ce qu’ils veulent sans tenir compte le moins du monde ni des lois ni des pauvres. Et donc on pourrait imaginer que les riches n’aient plus le droit de voter puisque déjà riches. Alors seuls les pauvres voteraient et, toujours en imagination, on pourrait penser qu’ils votent pour ceux qui les sortiraient de la misère. Ce qui fait qu’à la fin plus personne ne voterait, mais ce serait une bonne fin parce que tout le monde serait riche.
    Bof à vrai dire je ne sais pas si c’est une bonne chose que tout le monde soit riche. Et en fait ça n’a aucune chance d’arriver. Pourquoi ? Eh bien parce que les riches ont envie de rester riches et ils savent très bien qu’ils ne sont riches que parce qu’il y a des pauvres. On peut dire que les riches entretiennent les pauvres, comme les fourmis entretiennent des pucerons, parce qu’ils en ont besoin.  Par contre, l’idée n’est quand même pas si farfelue, parce que je ne pense pas que les riches tiennent plus que ça au droit de vote. Ils ont déjà les médias, les candidats, l’argent et prônent cette notion catastrophique que voter c’est donner son avis. Ca fait longtemps que les élections sont pour eux un problème résolu et sous contrôle.
    Michel Costadau
  • La République et la Couronne

    La République et la Couronne

    Quand je lis dans les romans policiers anglais que les constables sont au service de la Couronne, ça me hérisse au plus haut point car il n’y a aucun honneur à servir les têtes couronnées tout au contraire. Mais en y réfléchissant je me suis rendu compte que, chez nous, nous avions remplacé la Couronne par la République. Aïe. Et ça m’a fait tilt. Est-ce que c’est mieux ? En plus notre République est représentée par une blonde avec un bonnet phrygien ou une matrone au sein nu ou un profil grec, enfin quelque chose qui ne s’appuie pas sur le meilleur du féminin.
    Bon la Couronne. Mettre ses qualités, son énergie et ses revenus au service de cette bande de profiteurs et d’écorcheurs du peuple que sont les rois, les reines et leurs semblables c’est indéfendable. Car sous la couronne il y a directement des personnes physiques, de vrais parasites autoproclamés. On peut faire ce que l’on veut dans la vie, mais perdre toute respectabilité en s’inclinant obséquieusement devant des puissants inutiles et méprisants c’est trop, beaucoup trop. Même petit, même faible on peut, on doit avoir sa dignité et le minimum de quant à soi qui permet de prétendre au titre de personne humaine et non de caniche.
    Alors la République. Bien sûr l’avantage de la République c’est que c’est un symbole et donc être à son service c’est servir des idées, des valeurs, c’est servir le bien public. Celà en théorie ou dans le passé, parce que pratiquement la République on ne sait quand même plus très bien ce que c’est ni qui c’est. C’est un peu le revers de la médaille. Hélas pour le QUI, on a une petite idée. Eh oui les ors de la République résidences, véhicules, avions, châteaux, tapis rouges et domestiques ne sont pas à la disposition de la population mais seulement …. des politiques.  Et ceux-là sont ils des travailleurs, des gens simples et de bon contact, élevant une famille dans les valeurs de la droiture, de la probité et du sens des autres ? Non, vous le savez bien, ce serait plutôt le contraire et alors c’est sûr qu’il y a un problème. Parce que du coup cette idée du bien commun, du bien pour tous n’a plus de sens. Puisque ce serait plutôt le bien pour soi.
    Alors, alors, alors comme toujours la réalité ne peut être évitée et il faut se rendre à l’évidence, la Couronne a son public. Elle distrait, elle fait rire ou pleurer une partie de la population. Mais aussi elle fait rêver. C’est là le secret, elle représente une compensation aux misères de la vie pour des gens eux-même malmenés. Bien sûr c’est ridicule et complètement négatif, c’est ringard mais c’est comme ça.
    Et donc, maintenant est ce que la République fait rêver ? Gloups. La République ne fait pas du tout rêver, elle a plutôt une image de guerre, de pauvreté, de naïveté échevelée et même d’injustice, car la balance qu’elle tient souvent à la main est lourdement plombée.
    Autant la Couronne est un modèle qui pourrait faire envie, autant la République est une chimère à laquelle personne ne souhaite ressembler. Elle ne sert qu’aux discours et encore de moins en moins.
    Que peut on conclure ? Bien sûr pas question de revenir à la Couronne, on a déjà donné. Maintenant comment rétablir ce souci du bien public dans notre caste d’égoïstes ? Comment redonner du sens au bien commun, au bien pour tous ? Comment, certainement pas en votant pour eux en tous cas.
    Michel Costadau