Catégorie : Election présidentielle 2017

  • L’affaire Macron

    L’affaire Macron

    Je crois qu’au début j’étais comme vous, complètement paumé. Mais d’où sort donc ce loustic que tous les médias encensent à qui mieux mieux. On ne peut plus ouvrir le moindre journal sans tomber sur sa photo, sur ce qu’il a dit, où il a été, ce qu’il a fait ou pas fait. Ce n’est plus la coqueluche de la télé c’est du bourrage, une espèce de pub permanente comme dans le métro.

    Et en plus j’étais très mal à l’aise parce que c’est le blackout sur ce qu’il pense, sur ce qu’il dit, sur le contenu de ses discours, à croire qu’il ne dit rien ou qu’il ne faut pas savoir ce qu’il dit. Il paraît qu’il dit je vous aime, je vous ai compris ou alors de gros bobards comme le crime contre l’humanité du colonialisme, sûrement qu’il voulait dire que le  capitalisme était un crime contre l’humanité mais peut-être qu’il s’est mal exprimé.

    De plus son look, aussi, me rend mal à l’aise. Enfantin, yeux vagues, angélique, le sourire de Carpeaux, exactement l’anti-image des grimaces de Trump et pourtant.

    Donc voilà, paumé et mal à l’aise. Mais quand même je réfléchissais, je regardais, je cherchais.

    Or il se trouve que je lis Le Monde, bien qu’avec dégoût de temps en temps. Il se trouve aussi que c’est Orange mon fournisseur d’accès. Et enfin il se trouve que je regarde Sputnik.

    Pour mémoire, Le Monde est un quotidien généraliste assez porté vers Israël, Orange c’est France Télécom, et Sputnik c’est l’agence de presse du Kremlin.

    Bien, qu’est-il sorti de tout ça ? Ce qui en est sorti je vous le donne en mille c’est Orange Bank.

    Tilt !

    Macron, ancien banquier de Rothschild & Cie, ministre de l’Economie pendant quatre mois pour faire une loi sur les banques et les professions libérales. Macron candidat des banques.

    Fallait oser, mais ils l’ont fait. L’homme sandwich des banques c’est lui. C’est le candidat des affaires, de la finance et tout s’explique.

    Tiens justement, c‘est la finance qui détient les médias. Alors les médias matraquent et en rajoutent. Macron candidat des médias.

    Tiens, le PS c’est le bon plan pour lui, non pas qu’il ait la moindre idée socialiste, mais c’est l’accaparement du centre qui l’intéresse, car comme tout extrême droitier qui se respecte il veut qu’on le croie au centre. Sauf que le centre c’est nulle part ça n’existe pas, c’est une illusion. Macron candidat du centre.

    Tiens aussi, l’engouement de pas mal de députés PS, la moitié je dirais, ben c’est une assurance-vie pour leur réélection. Ces députés-là n’en sont pas à un grand écart près. Comme ça sent le roussi du coté PS/LR ils se rangent derrière l’homme de la situation. Et ce sauveur eh bien il n’est évidemment ni de droite ni de gauche ni d’ailleurs. Il est celui qui va permettre leur réélection et ça vaut tous les sacrifices. Macron candidat des députés.

    Candidat de la finance, des banques, des médias et des députés ok, Sputnik j’ajoute et du Medef. Ca se tient. C’est vrai que personne ne parle du Medef en ce moment, ils se font tout petits mais puisqu’ils ont leur candidat, pas besoin de se montrer. Macron candidat du Medef.

    Comment cela va-t-il tourner ? Bien sûr je ne suis pas le seul à avoir démasqué cette candidature, beaucoup vont le faire et beaucoup vont s’en éloigner. Ce qui veut dire que Macron n’a aucune chance d’être élu. Alors que cherche-t-il ? La réponse est simple : il veut, ou plutôt ils veulent, un nouveau parti et avec des députés. Parce que il y a beaucoup de nouveaux partis mais ils n’ont aucun député. Alors est-ce la fin de l’hégémonie PS/LR ou une nouvelle hégémonie newPS/newLR ? On le saura bientôt.

     

    Michel Costadau

  • Sauveur

    Sauveur

    Le temps est à la présidentielle et c’est vrai qu’il ne fait pas très chaud. Eh oui, le spectacle est de bien mauvaise qualité mais on a quand même l’occasion de sourire voire de rire. Et pourtant il n’y a pas de quoi. Ou, si vous préférez, je suis sidéré par l’absence d’idées de tous nos candidats. Notre pays est dans une profonde morosité, c’est le moins qu’on puisse dire. On ressasse les attentats, le chômage, la grippe aviaire, les immigrés, la pollution, la dépendance et le manque de neige. Bof. La désolation je vous dis. Les touristes ont déserté Paris, les entreprises désertent le pays sauf quand l’Etat leur passe une commande de complaisance, et les idées désertent les discussions même au comptoir.

    Là où je trouve que c’est grave de chez grave, c’est qu’il n’y a plus de débat d’idées. Bien sûr il y a des débats, mais je ne vois pas trop quelles grandes questions sont en jeu. Vous allez me dire que je suis mal placé car je n’en ai entendu aucun. Bon. Je pense quand même au rapport individus/sociétés, à la généralisation de l’éducation, à pourquoi les guerres, à la place de l’humanité sur la terre ou autres débats urgents. Non ça tourne en rond, ça fait des déclarations, des entourloupes et ça se chamaille.

    Ah oui je vois des doigts qui se lèvent : – hep monsieur mettre un flic dans chaque classe à l’école, c’est pas une idée ça ? Ben non, c’est pas une idée, c’est un slogan électoral, – hep monsieur mettre en place le revenu universel, c’est pas une idée ça ? Ben non, c’est ce que demande le Medef depuis 50 ans. Ca s’appelle le chômage généralisé ou amélioré si vous voulez. – hep monsieur, aider encore plus les entreprises pour qu’elles embauchent c’est pas une idée ça ? Ben non, les entreprises n’embauchent pas pour créer des emplois mais uniquement pour gagner de l’argent avec le travail. Aider les entreprises consiste donc à mettre directement de l’argent dans la poche des actionnaires. Tout ça c’est ce qu’on appelle de fausses bonnes idées et en ce moment on n’a que ça.

    Heureusement, ou malheureusement plutôt, il y a quand même des trucs assez marrants dans les slogans des candidats, comme augmenter le nombre de places en prison. D’abord faut être doux dingue pour dire : avec moi il y aura plus de monde en prison, c’est un aveu d’échec  catastrophique, vu que le but de la politique n’est sûrement pas de mettre plus de gens en prison. Mais il y a un mais, car ça pourrait vouloir dire non pas augmenter le nombre de prisonnier mais faire qu’ils aient chacun une cellule pour remédier à la promiscuité honteuse dans nos établissements pénitentiaires, c’est peut-être ça le nombre de places. Excusez-moi, je rêvais. Ca ressemble surtout à une sentence populiste de plus, comme si les braves gens préféreraient voir plus de monde en prison.

    Visiblement ça ne vole pas haut. Les primaires, qui rappelons-le sont faites essentiellement pour éliminer tous les candidats hors PSLR, se transforment en congrès de ces partis. On assiste à des débats de motions en fait. Mais il y a erreur.

    L’erreur c’est que ce ne sont pas des congrès du tout et les candidats sont, du coup, des gens qui ne peuvent faire que des promesses en l’air, puisqu’ils n’ont aucun parti pour les soutenir. Tout au plus un courant, une poignée de copains. La machine s’est grippée et tourne à l’envers parce que tout le monde espère que les législatives donneront une majorité au président. Mais ça ne marche plus.

    Le bon tempo aurait été de faire d’abord le congrès PS pour désigner le candidat PS, le congrès PC idem, le congrès écolo idem, puis de faire une primaire entre eux. De l’autre côté, c’est pareil : d’abord le congrès LR pour désigner le candidat LR, le congrès modem si ça existe encore idem, le congrès radical, et ensuite de faire une primaire entre eux. Auquel cas les candidats seraient au moins forts de leur parti pour assumer leur politique. Tandis que là, nous avons des candidats déconnectés, isolés, marchandant leur programme et leur look. Visiblement les partis ont clairement désavoué leurs propres chefs de file. Eliminé Sarkozy chef de LR, éliminés Hollande et Valls chef et sous chef du PS, éliminée Duflot chef des écolos. Oui le temps est à la grosse déprime. Et dans ces cas là, le peuple a une forte propension à  se jeter dans les bras de l’homme providentiel, du sauveur, pour sortir du marasme. D’ailleurs, peut-être que cette fois c’est une femme.

    Michel Costadau

  • Quadrature du cercle

    Quadrature du cercle

    La quadrature du cercle, vous le savez, consiste à construire un carré ayant le même périmètre qu’un cercle de rayon 1. Vous allez me dire que la réponse est simple : c’est un carré de côté égal à π/2. Là où ça se corse c’est pour tracer ce côté, car  π/2 c’est bien gentil mais ça fait combien ? Exactement, je veux dire.

    Si je vous dis ça c’est parce qu’en ce moment d’élection, c’est clairement la situation dans laquelle nous sommes. Pour changer les règles électorales, nous avons besoin des élus dont le pouvoir vient des règles actuelles. Je m’explique : tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut remettre de la démocratie dans le pays : scrutin proportionnel, à un tour, non cumul des mandats, bulletins blancs valant suffrage exprimés et beaucoup d’autres modifications comme le domaine réservé du président. Seulement ces modifications ne peuvent être faites que par des élus qui, une fois élus, trouvent tout un tas de raisons de ne pas les faire. Vous avez pu constater que ni Hollande ni Renzi n’ont réussi à modifier la Constitution.

    D’où, pour 2017, un nombre croissant de candidats ou de groupes qui ont pour seul programme de faire ces fameux changements. Nous avons M. Vote Blanc, M. Nouvelle Donne, M. la France Insoumise, M. m6r, M. le Temps des Lilas, M. Ecologie, M. le Parti des Abstentionnistes. Je n’invente rien tous ces candidats existent ou le groupe correspondant.

    Bon, sans être un briseur de rêves il me semble qu’il y a quelques obstacles sur leur parcours. D’abord il leur faut être élus, c’est évidemment utopique mais quand même supposons, ensuite il leur faut une majorité d’élus aux assemblées, ce qui est encore plus hypothétique, mais continuons quand même, enfin il leur faut faire correctement le boulot c’est-à-dire en ne faisant pas tout pour que ça rate, ce à quoi s’emploient continuellement et avec succès les « décideurs » de notre pays. Ce qui revient à dire qu’il leur faut être plus forts que la finance. Alors là je dis ça fait beaucoup. Beaucoup trop, ce n’est plus de l’utopie c’est du mensonge, de l’escroquerie.

    C’est pour ça que je propose de procéder différemment. D’abord il faut convenir que ces réformes peuvent être faites par n’importe quels élus, du moment qu’ils sont assez nombreux. Ce n’est pas l’étiquette qui compte, c’est le passage à l’acte. Il faut convenir aussi que les élus ne vont pas faire ces modifications sans y être encouragés, poussés, et même contraints. Et pour trouver la bonne contrainte il suffit de réfléchir que, si le pouvoir des élus vient des modes de scrutin, ce ne sont pas les institutions qui votent pour eux, c’est chacun de nous. Là est la faille dans l’armure de nos seigneurs politiques : ils ont besoin de nos votes. La seule façon de les amener à faire les réformes électorales que nous attendons, c’est de ne plus voter pour eux jusqu’à ce qu’ils les fassent.

    Quant à nos valeureux candidats réformistes, je leur demande de ne pas prendre la population pour des demeurés, et donc de se retirer gentiment en essayant de comprendre qu’il y a une différence entre campagne électorale et campagne publicitaire. Notre seul levier c’est le vote, puisque c’est par ce moyen que les politiques obtiennent légalement le droit de nous exploiter. Nous ne croyons plus en leurs plans, en leurs promesses, en leurs discours. Nous leur disons simplement faites d’abord des réformes de retour à la démocratie et après, après, alors on revotera, peut-être.

    Michel Costadau

  • Chances

    Chances

    Là maintenant j’aimerais bien connaître le programme de LR. Si c’est la réunion de toutes les propositions des candidats à la primaire, c’est complètement contradictoire avec des mesures et leur contraire. Si par contre c’est seulement les points communs, alors c’est l’ensemble vide. Bref, ce parti n’a pas de programme, hum, hum, alors peut-être les résultats.

    Exit, semble-t-il, le deuxième tour Juppé-Le Pen. Juppé c’est De Gaulle, Fillon c’est Pétain. Aïe, aïe aïe je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle, mais la qualification de Fillon augmenterait considérablement les chances de Le Pen. On dirait que tous les politiques ont à cœur de faciliter son élection comme un acte manqué. J’explique ça par le fait que Le Pen est tellement bien installée dans le paysage qu’elle n’a pas besoin de donner des arguments ou un programme, elle a l’adhésion d’une bonne partie de la population et ça vaut tous les discours. Tandis que les autres, tous les autres, essayent soit de lui prendre des idées, soit de se différencier d’elle. Mais ce faisant ils contribuent à sa notoriété, car ils en font la référence et ils lui donnent un rôle de pivot autour duquel tout le monde tourne.

    En fait, ils ne comprennent pas comment faire pour convaincre les citoyens de voter pour eux, alors ils essaient de copier ou de critiquer celle qui rassemble des voix presque sans rien dire. Mais si les politiques ne comprennent pas comment faire pour avoir des voix, c’est parce que c’est eux le problème. Ils pourraient avoir les meilleurs arguments possibles, ils resteraient quand même sur la touche parce que ce n’est pas de leurs programmes que les électeurs ne veulent pas mais d’eux- mêmes en tant que personnes. Notre classe politique est un cimetière, un défilé de vieux beaux, pas étonnant qu’elle ne fasse pas envie.

    Revenons à Fillon et imaginons, donc, un second tour Fillon-Le Pen. Qui va être élu ? That is the question. Déjà je ne comprends pas pourquoi Juppé reste en lice. C’est un déni de vote. Celui qui est premier a gagné,  point à le ligne. Je suppose que c’est dans l’idée de rassembler un maximum de voix de droite pour le premier tour. Mais c’est une erreur.

    En effet, dans l’hypothèse Juppé, Le Pen se trouve dans la position de porter les couleurs de l’extrême-droite et Juppé le flambeau républicain. Avec l’hypothèse Fillon, c’est lui qui va porter les couleurs de la droite conservatrice et Le Pen le drapeau populaire.  Et ça va changer pas mal de choses, parce que clairement le volet social de Le Pen est beaucoup plus attractif que la suppression de fonctionnaires  ou le retour aux 40 heures. Et peut être faut-il envisager que beaucoup d’électeurs qui croyaient en Juppé, et ont voté deux fois pour lui, préféreront voter Le Pen que Fillon. Ou ne pas voter.

    N’oublions pas non plus que Fillon c’est le Premier ministre de Sarkozy pendant tout son mandat. C’est le binôme de Sarkozy. Et pour moi il a été éliminé en même temps que lui. Et pour expliquer son score à la primaire, en fait ce n’est pas très compliqué en se reliant à cet acte manqué que j’évoque au début. Tout simplement, la droite souhaite l’élection de Le Pen, en espérant, voire en étant sûre, d’avoir un parlement de droite. Et cette alternance-là j’ai le sentiment que Le Pen n’est pas forcément contre.

    Michel Costadau

  • Primaire de droite

    Primaire de droite

    Alors voilà que les gens de gauche veulent voter à la primaire de droite. A vrai dire, pas les gens mais des gens, ça veut dire pas tous quand même.  C’est vrai que sur une liste électorale on ne voit pas qui est de droite ou pas, et donc tout le monde a tout à fait la possibilité de voter.

    Ce qui m’embête déjà un peu c’est d’aller voter à une primaire, bah disons que ça permet de désigner au moins une fois son candidat, ensuite ce qui m’embête beaucoup c’est d’aller voter pour un candidat de droite, bah disons que tout le monde l’a fait pour Chirac/Le Pen, et enfin ce qui me révolte c’est qu’évidemment les gens de droite pourront faire pareil à la primaire de gauche, mais alors c’est les gens de droite qui vont choisir le candidat de gauche.

    Oups trois fois oups, que dire de ça, à part que tout le monde est déboussolé et que définitivement droite et gauche ça ne veut plus rien dire.

    Comme j’ai déjà commencé à l’expliquer, c’est très exactement le vote lui-même qui est en question, le but du vote, la finalité du vote, l’importance du vote, l’utilité du vote. Je crois que ça demande une remise à plat majeure. A commencer, non limitativement, par les déviations actuelles du vote c’est-à-dire le cumul des mandats, le vote majoritaire, le renouvellement infini des mêmes, le scrutin présidentiel et j’en passe. Qu’avons-nous le sentiment de faire en votant ? Accomplir un devoir, faire des choix pour notre société, empêcher/favoriser des idées de prendre le pouvoir, se venger des difficultés de l’existence, faire triompher ses convictions. Ou tout simplement faire comme la moyenne des gens, parce que c’est difficile de faire autrement. Quand on ne sait plus pourquoi on fait quelque chose il est urgent d’arrêter, de faire une pose, de reprendre son souffle pour essayer d’y voir un peu plus clair. Je suis certain que le vote peut être un acte signifiant, mais pour le moment ce n’est pas le cas. 

    En fait, contrairement au discours ambiant, nous ne souffrons pas d’un manque de lois pour ci ou pour ça, mais du pantouflage de nos élus qui ne veulent sous aucun prétexte céder la place. Nos lois ne sont ni bonnes ni mauvaises, mais elles sont occultées par des politiques qui ont «occupé» la République. Nous sommes en état de siège, parce que les politiques ont pris le pouvoir et nous ont pris en otages. Pour nous libérer, ils nous obligent à payer la rançon et la rançon c’est le vote. Le bulletin de vote est le péage que nous devons payer pour continuer à être soi-disant libres, alors que c’est exactement le contraire, puisque par le fait de voter nous demeurons enchaînés. Enchaînés car endoctrinés, contrôlés, dominés par un agglomérat politico-financier qui nous maintient sous son joug pour continuer à faire leur business dans un terrain de jeu que nous nous appelons la terre, mais qu’eux appellent le monde des affaires.  

    Michel Costadau

     

  • Classe politique_1

    Classe politique_1

    D’abord il faut que je dise un mot sur Mélenchon. Plusieurs personnes me font remarquer qu’il se propose, s’il était élu, de faire les réformes que pas mal d’entre vous souhaitent, et dont je parle dans mes billets. Ce que je pense de ça : c’est qu’en fait il ne dit pas ce qu’il va faire mais ce que vous voulez entendre. Vous voulez le scrutin proportionnel, Mélenchon le dit ; vous voulez supprimer le cumul, Mélenchon le dit ; vous voulez revenir à un régime parlementaire, Mélenchon le dit. C’est de l’empathie politique, mais ça n’a rien à voir avec la conquête du pouvoir par les urnes ni avec la réforme des institutions.

    Evidemment, si vous voulez renvoyer les Rom en Roumanie, ou supprimer les allocations familiales pour les musulmans, il vous faudra trouver un autre candidat. Et coup de bol, je veux dire pour vous, il y en a.

    Revenons à Mélenchon, pour se poser la simple question : combien de personnes ont envie qu’il formule les propositions que nous voulons entendre ? La réponse est claire, 11% le dernier coup, aujourd’hui à peu près pareil et ça ne va pas beaucoup plus loin. Il faut se rendre à l’évidence : nous sommes loin d’être majoritaires, nous sommes une petite  minorité, nous sommes peu nombreux. Certes ça représente 3 ou 4 millions de personnes au moment de ce vote, mais ça ne compte pas. D’ailleurs, aux législatives suivant ses 11 %, Mélenchon n’a eu aucun député.

    La question qui se pose alors c’est : mais pourquoi se présente et même représente-t-il car Mélenchon sait qu’il ne va pas être élu.

    La réponse s’appelle la classe politique. C’est ça la classe politique. C’est ceux qui jouent à la démocratie en profitant des institutions, c’est ceux qui n’ont pas d’autres objectifs que de se faire connaître à la présidentielle pour se faire un nom, une aura, une cour et vendre leur réseau. Poutou, Montebourg, Fillon savent bien qu’ils ne vont pas être élus. La majorité des candidats savent qu’ils ne seront pas élus. Comment s’appelle une élection à laquelle on ne se présente pas pour être élu ?. Comment ? Eh bien ça s’appelle une mascarade. C’est un théâtre, une représentation dont nous sommes le public. Mélenchon ne cherche pas du tout à révolutionner ni réformer ni améliorer notre pays. Il cherche seulement, comme les autres, à avoir du pouvoir ou une partie de pouvoir. Je prends Mélenchon comme exemple, parce que ça titille plusieurs d’entre vous, mais, bien sûr, ça vous paraîtra encore plus évident avec Bayrou, Le Pen ou Sarkozy.

    La classe politique, c’est l’ensemble de ces quelques individus et de leurs réseaux très imbriqués de relations qui « tiennent » la vie politique de notre pays. L’élection présidentielle est pour eux le moment clé ou on acquiert une parcelle du pouvoir. C’est eux les responsables du bipartisme et de l’élimination des petits partis. C’est eux qui n’acceptent de gouverner qu’avec une majorité et éliminent toutes les autres sensibilités. C’est eux qui ont torpillé la dernière République pour avoir un pouvoir sans partage.

    C’est eux qu’on voit à la télé.

    Et eux ils ne veulent pas que ça change, ils veulent continuer cette villégiature que nous leur payons. Ceux qui comptent sur eux pour changer les institutions, se font complètement avoir, car la classe politique est le principal obstacle au changement.

    Michel Costadau

  • Vote blanc

    Vote blanc

    Je reviens un peu sur le vote blanc. Pour le moment, et on ne sait pas jusqu’à quand, le vote blanc n’est pas compté dans les suffrages exprimés. Bien qu’il ne change en rien le résultat du scrutin, c’est quand même un vote. Pour donner une image, le vote blanc a le même impact qu’une pétition. Alors que le non-vote est clairement une grève du vote. La différence entre pétition et grève est assez simple. Tant que le dialogue est possible, une pétition a toute son utilité pour faire avancer la discussion. Mais quand l’interlocuteur devient sourd et qu’il ignore totalement les demandes qui lui sont faites, alors il faut passer à la grève, c’est-à-dire à la rupture du faux rapport qui s’est installé.

    Les politiques ont, depuis 50 ans, institué un faux rapport avec la population, en bafouant toutes les demandes des électeurs, pour les réduire  au seul rôle de leur permettre l’accès au pouvoir par le vote. Pour dénoncer ce faux rapport qui permet aux politiques de faire seulement des promesses, je ne crois pas qu’une pétition soit suffisante.

    Bien sûr, si le vote blanc était un suffrage exprimé, ça aurait une autre portée puisque ça voudrait dire que les électeurs ne veulent aucun des candidats en lice.

    Mais encore faudrait-il obtenir que le vote blanc ait une efficacité pratique, avec, par exemple un seuil maximum de blancs pour que l’élection soit valide. Ainsi, si le vote blanc est le score le plus important, personne n’est élu. Il faut alors recommencer l’élection, avec de nouveaux candidats si possible. Bon il y a encore du chemin pour en arriver là.

    J’insiste, mais d’une certaine manière le vote blanc est une attitude polie et masquée d’exprimer son opinion. Polie parce que ça ne gêne personne et masquée parce qu’évidemment personne ne peut savoir qui a voté blanc. Le non-vote est beaucoup plus courageux, puisqu’il est facile d’avoir la liste des abstentions. C’est aussi plus clair, puisque ça indique non seulement qu’aucun candidat ne vaut le coup, mais aussi que le système électoral lui-même ne vaut rien.

    Vous allez me dire qu’il y a toujours eu pas mal de gens qui n’ont jamais voté et qui se fichent complètement des élections. On leur a même donné un archétype genre pêcheur à la ligne. Ils se sont trouvés affublés du qualificatif de mauvais citoyens qui ne font pas leur devoir électoral. Oups. Vous vous doutez bien que le devoir électoral est quelque chose qui me hérisse, exactement comme le devoir conjugal, car c’est macho, moralisateur et faux. En fait, cette dévalorisation des abstentionnistes est, tout simplement, un des moyens que le système entretient pour garder son volant d’électeurs. Car, sans électeurs, le système tombe par terre et c’est exactement ce que je souhaite.

    Vous savez sûrement qu’il y a toute une variété de systèmes électoraux, mais clairement le système français est bâti sur le concept du scrutin majoritaire à deux tours. Le but du système français, qui est du coup son principal travers, est l’élimination de tous les « petits candidats » en faveur des deux partis qui se partagent tranquillement le pouvoir. C’est brutal à la présidentielle, avec, quels que soient leurs scores au premier tour, la qualification des deux premiers. C’est plus pervers dans d’autres élections, avec la fixation d’un seuil permettant  l’accès au second tour. Ce seuil, actuellement de 12 % des suffrages exprimés, est une machine infernale pour permettre aux deux « grands partis » de continuer leur razzia.

    Je ne pense pas que le vote blanc oblige les politiques à faire la moindre réforme pour améliorer cela. Je crois plutôt qu’il faut assécher la source de leur pouvoir, qui est ce petit bulletin que nous glissons dans l’urne.

     

    Michel Costadau

  • Pourquoi il ne faut pas voter

    Pourquoi il ne faut pas voter

    Je m’aperçois que je ne vous ai pas encore vraiment expliqué les raisons qui me conduisent à préconiser l’abstention au premier tour de la présidentielle de 2017. Voilà.

    La situation de départ est un constat de blocage de notre démocratie :

    • Il n’y a plus qu’une seule élection qui décide de tout, c’est la présidentielle.
    • Le président n’est responsable devant aucune assemblée de représentants des électeurs.
    • Le parlement ne représente pas la population. Le mécanisme du scrutin majoritaire à deux tours fait que les petits partis n’ont aucun élu et même les électeurs FN n’ont pratiquement, aucun député. Le parlement est donc monopolisé par deux partis et leurs affidés qui nous représentent bien mal.
    • C’est encore pire pour le sénat qui, par le mécanisme des grands électeurs, donne une surprime aux deux mêmes partis. Quand aux assemblées territoriales elles n’ont aucun pouvoir.

    Ce constat s’accompagne d’une attitude irresponsable des politiques. Plutôt que de chercher à corriger le système, ils en profitent au maximum :

    • Le cumul des mandats atteints de proportions insupportables. Ce cumul permet à une petite poignée de mandarins de contrôler la vie politique du pays.
    • Le renouvellement indéfini des mandats fait que les élus s’installent dans des fonctions comme des souverains inamovibles et trainent autour d’eux une cour de profiteurs et de séides.
    • Les élus sont absents et ne participent pas aux débats. Ils ne viennent que pour quelques shows pendant lesquels ils se comportent comme des gamins.

    Cependant, en face de ces dénis, la population veut encore croire à la démocratie et développe plusieurs réactions :

    • La plus courante est la résignation, c’est-à-dire que, considérant que le vote est leur seul moyen d’expression, les électeurs se résignent à oublier leurs idées au premier tour comme au second tour de la présidentielle, pour faire du vote utile ou du vote contestataire. Par contre, ils votent de moins en moins dans les autres élections.
    • Une autre attitude est de croire en des candidats dits non-système. Ca fait le succès dans la population des candidatures Le Pen, mais aussi des candidats comme Mélenchon, Bayrou ou …..Arlette.
    • Bien que non comptabilisé dans les suffrages exprimés, le vote blanc rencontre un certain succès car les électeurs ont quand même le sentiment d’avoir voté. L’abstention, au premier tour, progresse aussi continuellement et a franchi la barre des 50 % aux régionales et aux européennes.

    Mon analyse est que le retour à la démocratie est pris dans  le cercle vicieux institutions/élus. On a besoin des élus pour changer les institutions, mais ceux-ci n’ont aucune envie de changer le système. Et donc rien ne change. Pour sortir de ce piège, la population doit agir sur l’un des deux termes.

    Modifier directement  les institutions demande une phase révolutionnaire violente qui n’est pas souhaitable. Il faut donc agir sur les élus. La stratégie que je propose est de ne plus faire confiance aux élus qui nous promettent toujours des changements qui n’arrivent jamais, mais d’inverser le rapport de force en arrêtant de voter dès le premier tour, puisque par ce vote nous faisons que les blocages continuent. Dès qu’au moins une des réformes indispensables sera institutionnalisée : scrutin proportionnel, ou vrai non cumul des mandats, ou non rééligibilité, ou président responsable devant le parlement, alors nous recommencerons à voter.

    C’est donc au premier tour de la présidentielle de 2017 que je préconise de ne pas aller voter. L’objectif, ambitieux comme il se doit, est de faire qu’il y ait moins de votants que d’abstentionnistes. Bien sûr, comme il s’agit d’une proposition, cela se discute.

    Michel Costadau

  • Asservissement des femmes

    Asservissement des femmes

    Mais quelle vilaine mouche a piqué Valls pour parler d’asservissement des femmes à propos de ces maillots de bains 1930. Je comprends bien qu’il ne pouvait pas parler de laïcité comme l’ont fait tout un tas de demeurés avant lui, parce que personne ne voit très clairement le rapport entre un maillot de bain et la laïcité, mais de là à parler d’asservissement c’est encore plus difficile à comprendre.

    Alors je suppose qu’il veut parler du corps des femmes. Ce corps des femmes serait alors transformé en objet et serait soumis à la volonté des hommes, des mâles je veux dire.

    Parce que pour ce qui est de la place des femmes dans la société actuelle, on peut dire que c’est extrêmement respectueux et sans aucun asservissement. On ne voit jamais de femmes peu habillées comme publicité et encore moins de femmes nues même au cinéma. Les concours de miss beautés n’ont strictement aucun succès. Les films pornographiques n’existent pas, heureusement. Il ne circule aucune blague sur les blondes et les brunes. Aucune femme n’est l’objet de viol, de violence ou de mépris. Toutes les femmes ont le même salaire que les hommes et quand une femme occupe un poste important, tout le monde considère que c’est plutôt une chance. Les assemblées institutionnelles sont composées d’un nombre égal de femmes et d’hommes, voire même supérieur. Incontestablement, notre société est franchement bâtie sur une haute considération des femmes.

    Alors, je suppose encore, que pour Valls il est important de défendre notre modèle de haute considération pour les femmes, de façon à montrer au monde que si chez d’autres les femmes sont méprisées, chez nous au contraire elles sont très prisées. Extrêmement prisées. A tel point que l’emblème de notre République est une femme, ce qui veut bien dire que toutes les femmes sont respectées, honorées, encensées, choyées et  même plus encore.

    Cependant, en théorie, Valls, même s’il a peu de moyens intellectuels, est responsable des écarts, des dysfonctionnements, des poches de ségrégation qui pourraient subsister dans notre société, en particulier à l’égard des femmes. Je dis bien subsister car après 200 ans de démocratie, notre société est maintenant presque parfaite. 200 ans de démocratie nous ont permis d’accéder à la société achevée, en tous cas en termes de place de la femme. 200 ans ça peut paraitre long, mais incontestablement c’est le temps nécessaire pour que les femmes obtiennent la place qui leur revient.

    C’est-à-dire la première, je veux dire celle de la première page des magazines, celle qui permet qu’on leur interdise l’accès aux plages, c’est-à-dire au domaine public et demain Valls ne voudra même plus les voir du tout ou alors voilées avec la robe bleue de la vierge marie ou la mantille des veuves andalouses. Valls tais-toi, tu nous fais honte.

    Michel Costadau

  • Peste ou cholera

    Peste ou cholera

    C’est vrai qu’en ce moment les occasions de promouvoir le non-vote nous tombent dans les bras sans qu’on n’ait rien demandé. Je veux parler du casting de rêve des élections US.

    Rappelons d’abord le principe des primaires. Ce premier tour a pour but d’éliminer les petits candidats et de faire croire à un débat démocratique entre deux tendances opposées. Cependant, comme je l’ai déjà démontré, ces deux tendances n’en sont, en fait, qu’une seule ; car, comme vous avez le pu constater, que s’est il passé de différent sous Bush et sous Obama, sous Reagan et sous Clinton1 : rien. Les US dominent la planète en faisant la guerre à tout le monde et en imposant leurs lois de commerce international, tout le commerce rien que le commerce. Tout au plus peut-on dire que les républicains sont plus religieux et nationalistes et que les démocrates sont plus business et lobbies mais au résultat les US sont religieux, nationalistes, business et lobbies. Ce pseudo-bipartisme est donc purement et simplement un hold-up de la démocratie. La machine électorale américaine est une immense organisation qui écrase toute velléité d’expression autre que ce qui se décide à Washington. Pas besoin d’en rajouter pour dire que c’est maintenant aussi comme ça chez nous et on en reparlera.

    Bien sûr, pour alimenter le débat, les deux candidats font semblant d’avoir des convictions, des convictions différentes de l’autre évidemment. Mais, hélas, toutes leurs opinions sont creuses et ne concernent que le passé. Halte aux migrants, halte aux chinois, libre entreprise, défense de l’avortement, défense de l’emploi, libre entreprise. Comme vous le voyez, le maitre-mot c’est libre entreprise, qui n’est qu’une autre manière de dire guerre économique. Et dans cette guerre il n’y a pas d’idées mais de sordides combats et des tonnes de victimes. D’ailleurs s’ils se mettaient à avoir des idées ce serait catastrophique, car dans la tête ils n’ont que des slogans publicitaires. Aucun d’eux ne parle d’humain, d’éducation, de solidarité ou de justice. Les prisons US sont pleines et la maffia blanche règne en maître.

    Alors s’ils n’ont pas d’idées qu’est ce que valent les candidats : Trump c’est un peu le Le Pen de chez nous. D’ailleurs si la primaire de la droite comportait Le Pen, c’est elle qui serait désignée. Quand à Clinton2 c’est un peu le Hollande de chez nous. D’ailleurs, s’il participait à des primaire à gauche chez nous, rien ne dit qu’il serait désigné. Bref d’un côté la peste et de l’autre le choléra.

    La peste parce que c’est vrai que Trump est puant de haine, de mépris et d’incitation des citoyens à la violence, ce qui va faire beaucoup de morts inutiles. Il faut vraiment être demeuré pour s’intéresser à lui. Quand à la pauvre Clinton2, elle n’en peut plus de promesses rassies, de discours mielleux qui ne cachent rien de son arrivisme et de sa dépendance de la finance. Elle a depuis longtemps prouvé qu’elle avait attrapé le virus du mensonge et du copinage. Elle, c’est le choléra.

    Cela dit, je le répète : quel que soit le malheureux élu, car hélas les gens voteront, ça ne fera pas une grosse différence. Si Trump est élu, on aura de nouveaux accords de commerce internationaux et les prisons continueront à se remplir, Si Clinton2 est élue on aura encore plus de copinage avec Israël et les prisons continueront à se remplir.

    Alors si vraiment vous continuez à penser qu’il faut voter, il ne vous reste que le vote blanc ce qui n’est pas particulièrement courageux. Mais il y a d’autres solutions, vous le savez.

    Michel Costadau