Catégorie : Election présidentielle 2017

  • Intérêt bien compris

    Intérêt bien compris

    On vient de parler de bien commun et d’intérêt général. Mais dans la rubrique intérêt il y a aussi un candidat intéressant, c’est ce qu’on appelle d’une manière assez soft le conflit d’intérêts. C’est tout simplement quand quelqu’un fait une chose, donne une recommandation ou émet une opinion qui pourrait lui avoir été suggérée par ceux à qui elle profite, à commencer par lui-même. L’exemple classique est évidemment le médecin qui prescrit le médicament du labo dont il reçoit des « cadeaux ». Cette affaire de collusion est vraiment importante car elle va nous permettre de remonter jusqu’aux racines du pouvoir.

    Premier étage : les entreprises ou les institutions cherchent à s’attacher un certain nombre de prescripteurs, pas forcément des cadres, qui par leur position vont inciter à passer des commandes. L’incitation peut être des émoluments, des rétrocessions ou des avantages en nature. Cet étage-là est général et fait partie du combat entre entreprises ou de la collusion entre institutions. C’est répréhensible en cas d’abus, mais jamais puni.

    Deuxième étage : les entreprises ou les institutions cherchent à orienter des décisions administratives ou politiques en fonction de leurs intérêts. Ca s’appelle le lobbying et les entreprises y consacrent des moyens énormes. Pour vous donner une idée, à Bruxelles, en face de l’immeuble de la commission européenne, il y a un autre immeuble entièrement occupé par les équipes de lobbying des entreprises. Ils reçoivent des exemplaires de tous les projets de textes européens, afin de les analyser et de les amender dans le sens qui leur va bien. Leurs remarques sont toujours prises en compte et ils font même des propositions pour des règlements et directives sur des sujets qui les embêtent un peu. C’est ainsi que le glyphosate, les perturbateurs endocriniens ou le diesel restent des produits en service et encore pour longtemps. C’est évidemment une entorse énorme à la démocratie, or non seulement ce n’est pas réprimé mais c’est encouragé, car souvent les lobbies sont les seuls à connaître un sujet. Le lobbying des institutions existe bien sûr mais il est entièrement l’affaire des politiques. Et en politique, comme vous le savez, il n’y a pas de pots de vin, il n’y a que des « soutiens ».

    Troisième étage : le scientifique qui module des données parce qu’il est « payé » par une entreprise, ou le fonds financier qui fait profiter ses amis de quelques informations spéculatives, ou le consultant d’un fonds financier qui est un ancien fonctionnaire du ministère. Ca c’est le conflit d’intérêts proprement dit, ou le délit d’initié, qui sont plus ou moins réprimés ; mais les sanctions éventuelles sont seulement financières et donc ne gênent personne.

    Cependant ce n’est pas le dernier étage.

    Quatrième étage : les écuries des politiques. Les décideurs politiques sont très peu nombreux en France, tout au plus quelques centaines et personne n’a d’influence sur eux sauf leur réseau. Il faut bien comprendre que Hollande ou Valls reçoivent des tas de gens auxquels ils tiennent des discours lénifiants mais ils ont aussi un téléphone mobile sur lequel seul le réseau peut appeler jour et nuit. Ils ont aussi des tas de conseillers en rapport constant avec le réseau. Cela vaut aussi, bien sûr, pour Larcher ou Fabius.

    Et le réseau ne se prive pas d’appeler pour un oui pour un non. C’est Bolloré qui lui dit qu’il doit installer des bornes électriques dans toute la France, c’est Brégier qui lui dit qu’il faudrait faire un saut en Chine ou c’est Petit-Colin qui lui dit où implanter l’usine de maintenance des moteurs d’avion. Et c’est xxx, je ne connais pas tout le monde, qui lui dit qu’il faut envoyer l’armée au Tchad. Là sont les racines du pouvoir qui a réussi à éliminer totalement la représentation populaire des circuits de décision. Là est le ressort de la dictature financière qui nous gouverne. Là est la soi-disant vie politique qui n’est que le reflet des conflits entre écuries. Car effectivement il est difficile de satisfaire tout le monde à la fois, alors c’est plutôt chacun son tour, et les « grandes » décisions de l’exécutif ne sont, en fait, que des arbitrages entre « amis ». Alors quand vous votez regardez un peu l’écurie que vous voulez mettre au pouvoir. Et c’est à vous dégoûter de voter.

    Michel Costadau

  • Macron

    Macron

    La saga de la présidentielle en est à l’épisode : Macron provoque Hollande avec : -création d’un mouvement, -petites phrases « il sait bien ce qu’il me doit », « je reste loyal à Hollande » et les médias ajoutent les éléments nécessaires pour créer le soit disant suspense –ambition présidentielle, -sera-t-il candidat ? Alors vous savez ce qu’il y a dessous tout ça ? Comment vous ne savez pas ? Pourtant c’est simple comme tout : si Hollande ne se représentait pas alors ce serait la porte ouverte pour d’autres candidats et certains ont déjà posé leurs pions. Voilà toute l’affaire. Seulement il y a un hic, c’est que Hollande n’a pas du tout l’intention de ne pas se représenter. Sans parler de tous les clubs financiers qui ont le plus grand intérêt à ce qu’il continue, il y a surtout le marasme que pourrait créer sa non-candidature. S’il ne représente pas, ça va être la foire d’empoigne. Macron a jeté des jalons mais Valls est en pleine action et Le Foll ou autres arrivistes vont se précipiter. Quand je dis que ça serait la grosse pagaille c’est que le cas ou un candidat PS/LR ne se représente pas n’est pas prévu par l’appareil politique. En effet soit il y a un dauphin, en général au bout du deuxième mandat, ce qui n’est pas le cas, soit c’est à coup sur une stratégie perdante puisque l’autre candidat PS/LR a beau jeu de rassembler les décombres du sortant qui s’il ne se représente pas eh bien c’est à cause de l’échec de son mandat. Imparable.

    Comme vous le savez sûrement qui dit candidat dit groupe financier associé. Chaque candidat a une écurie qui cherche à ce que son jockey l’emporte. A vrai dire s’il ne l’emporte pas ce n’est pas bien grave parce que les écuries sont très perméables. Hollande a toujours une solide écurie, Sarkozy n’a pas perdu la sienne et Macron est en train de construire son groupe. On comprend d’ailleurs aisément que les autres candidats qui n’ont pas d’écurie n’ont donc aucune chance et cela tout simplement parce que ce sont les écuries qui possèdent les médias, les télés, les journaux, les radios, les sites.

    Clairement l’élection présidentielle française est vraiment la plus grande invention antidémocratique de la caste politique. En effet il y a le grand écart entre le premier tour et le deuxième. Le premier est en théorie celui où les gens donnent leur opinion ce qui devrait donc se traduire par une assemblée nationale représentant ces opinions. Seulement le deuxième tour annule tout ça et c’est comme si on repartait de zéro mais pas avec les mêmes règles ce qui  permet à l’un des candidats, c’est à dire au PS/LR de rafler toute la mise. On se retrouve donc avec un président au pouvoir discrétionnaire assis sur une assemblée croupion. Honnêtement moi je n’appelle pas ça la démocratie. Et vous ?

    Michel Costadau

  • Pourquoi les sondages d’opinion ne veulent rien dire

    Pourquoi les sondages d’opinion ne veulent rien dire

    Ah ! que des sondages on en a, des sondages d’opinion je veux dire. Et vraiment les sujets ne manquent pas. 67 % contre le projet xxx, 54 % pour l’installation yyy, 62 % contre le renvoi zzz. La question que je me pose c’est : mais est-ce que ces sondages reflètent l’opinion de la population ou pas. Parce que s’ils reflètent l’avis des gens, c’est une certaine forme de démocratie directe. Mais s’ils ne reflètent pas les convictions des sondés, alors c’est de la manipulation pure et dure.

    La réponse est simple : les sondages ne reflètent pas du tout l’opinion de la population et ça se démontre.

    Pour commencer, on va se poser une question : mais qui décide de demander un sondage. Bonne question, mais ce n’est pas la plus pertinente. En effet l’important est qui va publier les résultats, sur papier, à la radio ou à la télé. En gros, qui va faire état de et/ou utiliser ce sondage.

    Peut être une jonction se fait-elle alors dans votre esprit entre –il y en a qui demandent des sondages, –il y en a qui font des sondages et –il y en a qui publient des sondages. Evidemment, toute la partie organisation du sondage est assez discrète, puisqu’il s’agit seulement d’élaborer un questionnaire, de trouver des sondés, de les interroger, puis de mettre en forme les résultats. La partie visible n’arrive qu’après, par la publication du résultat. A vrai dire, ce n’est pas le mot publication qui convient, c’est plutôt médiatisation. En clair, faire un sondage ne sert à rien si l’on ne dispose pas du vecteur de la diffusion des résultats. Or il n’échappe à personne que l’ensemble des médias, télé, journaux, radios, internet appartiennent tous à la caste politique/finance. Il n’y a en France aucun média de masse ou régional qui soit indépendant de la politique/finance. Cette mainmise a pour but de donner une information sélectionnée, manipulée, orientée, soit  exactement le contraire d’une information objective. Et donc, ce que les Français ont dans l’esprit c’est l’information pipée que leur déversent les médias. Alors, quand on leur demande  leur avis, les sondés répondent par rapport au contenu partial qui leur a été assené à longueur de JT, de discours politiques, d’éditoriaux et autres petites phrases. Et donc, en répondant aux questions, ils ne donnent en aucun cas leur avis ou leur opinion, mais seulement la restitution de ce qui leur a été déversé par les médias. On peut même dire que les sondages servent surtout aux politiques à vérifier que leur message est bien passé.

    Et voilà. Donc les sondages ne veulent strictement rien dire, ce sont de simples outils de communication des politiques. Je ne peux pas me priver du plaisir d’illustrer mon propos par la dernière « info » : création par Macron d’un parti ou un truc comme ça. S’il n’y avait pas les médias dites-moi qui serait au courant : eh bien cinq personnes, comme vous quand, avec quelques copains, vous  créez une association. En plus, le prochain sondage sur le pour ou contre ce parti de Macron ne va pas tarder.

    Alors bien sûr il y a des médias soi-disant indépendants genre Médiapart ou rue89, mais hélas ils ne servent que d’alibi car ils sont classés « opposition systématique », voire même « mauvais esprit ». De même que les petits candidats à la présidentielle servent, honteusement, d’alibi aux politiques.

    Pour terminer sur l’ampleur des dégâts, une autre illustration. Prenez tout le battage sur les paradis fiscaux. L’information objective serait que tous les riches sont des faussaires et des voleurs, car il n’est pas possible de devenir riche en respectant les lois et une fois qu’on est riche on cherche à le rester. Mais, bien au contraire, les médias nous montrent du doigt quelques brebis galeuses, ce qui est une excellent manière de dédouaner les autres c’est-à-dire 99,99 % des possédants et autres organisations internationales.

    Michel Costadau

  • NDDL

    NDDL

    Alors nous voila avec un référendum sur NDDL. Le seul mot que j’entends partout c’est piège, double piège. Piège pour les opposants si une majorité pour l’aéroport apparaît, piège pour le pouvoir si une majorité contre le projet se dégage ou si le résultat est attaquable légalement. Bon on fait quoi avec ça ? Ben surtout on garde l’esprit clair et on analyse. Première analyse l’opposition au projet ne risque strictement rien dans cette affaire. L’opposition au projet n’est pas du tout basée sur une quelconque décision locale mais seulement sur des raisons politiques, économiques et environnementales de non-opportunité. Quel que soit le résultat du scrutin, l’opposition restera opposée avec les mêmes arguments et les mêmes combattants. Y a des âmes bien intentionnées qui disent oui, mais si le projet obtient une majorité, alors il sera plus facile d’expulser les opposants. Ah bon et pourquoi s’il vous plait ? Les opposants n’ont jamais eu d’autre légitimité que leurs convictions, et le pouvoir a déjà tous les arrêtés, décrets, décisions pour intervenir. Quel que soit le résultat de ce scrutin, l’opposition ne sera en aucun cas affaiblie, puisque aucune de ses motivations n’aura été concernée. Au contraire, c’est une épreuve de plus qui aura été dépassée. Et, en plus, il y aura une bonne partie de la population qui aura dit non. Bon mais alors pourquoi le pouvoir organise-t-il ce scrutin, si ce n’est  pour affaiblir l’opposition. Bonne question. Là il faut faire une petite réflexion de plus et comprendre la phrase clé = le pouvoir ne fait que de la politique. En effet le pouvoir n’est ni pour ni contre ce projet, comme tous les projets d’ailleurs. Le pouvoir fait des projets uniquement pour garder le pouvoir, c’est sa seule règle de conduite, sa seule morale, sa seule règle du jeu. Si un projet se fait, il se l’approprie et les lobbies passent à la caisse. S’il ne se fait pas, on passe au suivant. Si un projet s’avère désastreux à terme, on s’en fout c’est pour les autres.

    Bon ok on a une réflexion de plus, comment on l’applique. Ben il suffit de continuer la réflexion. Si le scrutin n’est pas dirigé contre les opposants au projet, contre qui alors ? En fait contre personne, c’est juste pour créer un évènement qui va permettre au pouvoir de s’exprimer. Ben mince alors. Ce scrutin a pour seul but de permettre aux soutiens de Hollande de mobiliser la population moins d’un an avant 2017.

    Mais alors que va-t-il se passer ? Ben le scénario retenu par le pouvoir est le suivant : le scrutin sera organisé sur une base suffisamment fragile pour être attaquable, c’est indispensable. Le résultat sera oui mais serré ; en effet, une trop grande majorité ridiculiserait le bienfait du scrutin et une victoire des non serait pénible. Et ensuite ? Ben ensuite quel que soit le résultat du scrutin, il ne se passera strictement rien de plus sur le terrain avant 2017. En effet, ni une occupation par la force de la zone, ni la promesse de commencer le transfert rapidement, n’apporterons la moindre voix supplémentaire à Hollande, surtout avec de nouvelles actions en justice. Au contraire.

    Alors tout ça pour quoi ? Ben on vous l’a dit, tour de chauffe de 2017, c’est tout. Pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, la campagne des présidentielle a commencé il y a quatre ans. Circulez y a rien à voir. Par contre, ce qui devient clair c’est que nous avons un pouvoir aux abois, qui navigue à très très très court terme et crée beaucoup d’embûches pour l’avenir. La politique, vous savez, c’est triste.

    Michel Costadau

  • Jean-Luc

    Jean-Luc

    Salut,

    Sacré Jean-Luc, tu n’en rates pas une on dirait. Alors voila que maintenant tu t’es autopropulsé candidat en 2017. Je comprends ton plaisir à évoquer cette campagne, avec des salles à remplir, des discours à faire applaudir, des petites phrases à lancer et des plateaux télés surement plus copieux que ceux des restau-u. Je comprends un peu, mais je n’approuve pas, mais alors pas du tout. Qui t’a demandé de te présenter ?  Eh oui tu as raison, toi et toi seul. Bien sûr il y a des gens qui voteront pour toi, parce que si tu n’étais pas là ils ne sauraient pas qui choisir et peut-être ne se déplaceraient-ils même pas. Seulement, même si tu refaisais ton résultat de 2012, qu’est-ce que ça changerait. Tu sais combien valent tes 11 % sur l’échiquier politique = exactement 0, score que tu aurais pu faire sans te présenter. Parce que, est-ce qu’on t’a demandé ton avis sur la déchéance de nationalité, sur le droit du travail, sur les logements sociaux, sur la fusion des Régions, sur la jungle de Calais, sur la réforme scolaire, sur les bombardements syriens, sur la privatisation des aéroports ou sur l’avenir du nucléaire ? Réponse non, et heureusement parce que si on t’avait demandé ton avis ça s’appellerait de la trahison. Non, Jean-Luc, tes 11 % ne valent rien, à part pour ta gloriole personnelle. Au contraire, tu as piégé des gens dans un système électoral qui ne fonctionne plus, qui ne sert qu’à légitimer le pouvoir de la finance. Que dit le pouvoir : vous avez vu ce sont des élections libres, plein de gens peuvent se présenter et le peuple décide, c’est ça la démocratie. Oui, mais en 50 ans de fonctionnement avez-vous vu un seul président qui ne soit pas PS/LR. Parce que c’est ça leur règle du jeu : il y a la caste politique, qui joue à majorité/opposition, monopolise le pouvoir et tient la population en haleine avec des réformes qui vont toujours dans le même sens, c’est-à-dire la libéralisation. Alors, pour masquer cette domination il faut jouer à la démocratie. Il faut trouver des petits candidats dont la présence fait croire qu’il y a un choix. Eh oui Jean- Luc tu ne sers que de faire-valoir, d’alibi, de caution au système PS/LR. Tu vas me dire : mais pourquoi ne pas envisager d’être au second tour. Certes ce n’est pas complètement impossible, surtout quand on en est encore loin, mais rappelle-toi, Le Pen a déjà été au second tour et après il a eu un député, un seul. Et puis pour gagner le second tour il faut proposer le même programme que les autres. Parce que si tu dis qu’il faut doubler le smic, ou aligner le salaire des femmes sur celui des hommes, alors ce n’est pas 11 % que tu auras, mais 3 %. N’as-tu pas encore compris Jean-Luc que le système fonctionne en vase clos, que Tsipras est le même que les autres, que Iglésias est le même que les autres, que ce ne sont pas ces gens-là qui gouvernent, c’est la finance, c’est le G8. Tu es, je le sais, un homme politique c’est-à-dire quelqu’un capable de convaincre, mais maintenant c’est toi que tu dois convaincre de cesser cette mascarade. Continue à dénoncer, là tu as raison, et renonce à cette candidature injurieuse pour ceux qui constatent que notre démocratie est dans l’ornière et qu’il faut arrêter de faire semblant. Si pour toi la démocratie c’est faire que l’opposition n’ait aucun pouvoir, on ne va pas être d’accord parce que moi j’appelle ça la dictature.

    Avec mes meilleures salutations.

    Michel Costadau