Catégorie : International

  • Voeux 2026

    Voeux 2026

    Bon, c’est le moment de présenter ses vœux pour la nouvelle année mais je suis un peu sonné par son démarrage assez sanglant. Déjà l’année dernière n’a pas été terrible avec inondations, incendies, guerres et gaza. Gaza l’horreur et la honte.

    Et cette nouvelle année a l’air de vouloir en rajouter. Incendies du réveillon, manifs agricole pré-fascistes, Venezuela et Groenland. Vénézuela, enlèvement d’un chef d’Etat dans son pays par l’armée d’un pays qui se dit démocratique, mais semble plutôt aux mains d’une maffia sans foi ni lois.

     

    Et l’Europe, naine politique, se retrouve être en conflit avec la Russie et avec les USA. Faut le faire. Les autres puissances sont en conflits soit avec l’un soit avec l’autre ? Et l’Angleterre s’en sort bien en n’étant plus dans l’Europe.

    Alors va-t-il y a avoir la guerre ? Drôle de question puisque le monde est déjà en feu un peu partout.

    Alors disons, va-t-il y avoir une guerre supplémentaire, Europe USA ?

    Ma réponse est non. Enfin pas une guerre classique comme en 40. Donc pas la peine de s’entrainer à courir, à ramper ou à tirer, ce n’est pas à l’ordre du jour. Mais nous serons quand même envahis.

    Pour expliquer cela il nous faut parler des USA et du chef de la maffia américaine. Dans ce qui suit maffia américaine et Trump désignent exactemment la même chose.

    Les USA sont le premier empire mondial. Avant, les empires étaient continentaux ou multi continentaux mais pas mondiaux. J’ai déjà expliqué cela dans des billets précédents. En conséquence l’impérialisme américain est le plus grand danger pour la planète.  Et au lieu de se retrouver au coté de la Russie pour résister à la main mise américaine, nous nous trouvons en conflit avec les deux. Re-bravo.

    Maintenant qu’en est-il de cette maffia américaine. Elle a un slogan que tout le monde connait Maga. Mais ce slogan ne veut pas dire qu’ils cherchent à rendre les américains plus grands, plus heureux et plus riches. Non ce slogan ne concerne que les milliardaires. Maga  ça veut dire rendre plus riches les milliardaires et même en avoir de nouveaux.

    Trump se moque complètement du sort des américains. Il a établit une fois pour toute que le monde est dirigé par les milliardaires. Que ce sont eux qui font fonctionner la machine économique, qui prennent les orientations, on dit aussi investissements, pour encourager la consommation et l’accumulation des richesses.  D’ailleurs Trump ne fonctionne qu’avec des interlocuteurs individuels pas avec des collectifs. Il ne discute pas avec la Russie mais avec Poutine, il ne discute pas avec le Vénezuela mais avec Maduro. L’Ukraine c’est Zelenski et non un gouvernement ou des parlementaires. Et l’on découvre la trace d’un Pahlévi dans la contestation iranienne. Devinez qui agite ce shah ?

    Ensuite la maffia américaine a, clairement, une stratégie coloniale mais pas avec occupation du sol par des colons dans les territoires déjà peuplés. L’horreur de la conquête de l’ouest, s’est fait sur des territoires occupés par des autochtones mais avec une densité de population faible afin de laisser la place aux colonisateurs.

    Dans les zones plus denses ou dites développées, ce rôle d’occupation et donc de stratégie coloniale est dévolu au dollar. Le monde découvre avec stupeur que l’on ne peut rien contre l’argent. Au Venezuela Trump demande aux milliardaires d’acheter les puits. Il coupe les vivres aux organisations des Nations Unies. Il joue avec les droits de douane. Que des jeux d’argents. Et c’est logiquement des dollars que Trump propose pour le Groenland.

    Petite devinette combien vaut le Groenland. Bon, vous fatiguez pas, plein de calculs ont été faits. Quoiqu’il arrive les US ont la capacité de se payer le Groenland. Ce n’est donc pas une question de moyens.

    En plus l’acquisition du Groenland est déjà faite. Ca marche de la manière suivante. Le Danemark et les US vont établir un plan soutenable, basé sur une coopération encadrée, pour les zones arctiques. Ce plan va permettre aux US de faire ce qu’ils veulent où ils veulent quand ils veulent.  J’ai utilisé les mots soutenable, coopération et encadré car ils caractérisent l’enrobage habituel que font les politiques, c’est-à-dire les pions des milliardaires, pour nous enfumer et cacher leurs véritables actions.

    Idem pour le Vénézuela, Certes les majors pétrolières se font un peu tirer l’oreille pour investir mais ça viendra. Il faut dire que ce sont les US qui, à la fois, empêchent les exportations de pétrole par le blocus et demandent aux compagnies d’extraire du pétrole pour l’exporter. Ils ont toutes les cartes pour que ça se passe comme ils le veulent.

    Pour l’Iran, ils vont, peut être, nous refaire le coup des révolutions oranges qui ont toutes permis la mainmise américaine. J’ai déjà développé dans d’autres billets que la démocratie est utilisé par les US  comme moyen de mettre la main sur les pays. Vous le savez maintenant la démocratie n’existe pas, c’est seulement un artifice pour permettre aux populations de consommer avec plaisir et frénésie.

    Alors bon il faut s’arrêter mais je suis loin d’avoir fini. Et au fait bonne année. Enfin ?

    Michel Costadau

  • Le Pédé

    Le Pédé

    La dernière semaine de juillet j’étais à Ax les Thermes pour des vacances en famille. Oh pas toute, disons la moitié. Par chance nous sommes tombés sur une semaine de spectacles de rues qui se déroulaient dans plusieurs endroits de la ville avec de nombreux moments de répétitions et d’affichages ce qui ajoutait de l’animation à l’animation.

    L’un de ces spectacles ayant commencé devant la mairie, c’est-à-dire près de notre lieu d’hébergement, je devins spectateur cherchant une murette pour m’assoir à l’ombre. J’étais un peu loin et je cru au début que c’était un homosexuel  qui racontait ses aventures.

    En fait il racontait l’histoire et les combats des hommes qui aiment les hommes. Ceux là étaient désignés sous le nom de pédales, étaient fichés et passibles de prison. Son histoire croisait un peu celle du MLF, avec plusieurs  interventions de sa copine  mais restait centrée sur les hommes.

    Grand moment de théâtre quand  pour parler du sida il se retrouvait avec les mains ensanglantées et entrait dans la foule des spectateurs assis par terre en leur tendant clairement la main. Et les gens serraient cette main après un petit moment d’hésitation mais avec une forte émotion de partage de son récit car tous souffraient pour lui.

    Et aussi fortes secousses de joie dans la foule quand fut voté en 82 la dépénalisation de l’homosexualité, loi héritée de Vichy.

    Petits coups de griffes sur le PC et les défilés gays avec à chaque fois une vague de connivence traversant les spectateurs qui suivaient les déambulations de l’acteur de places en places  jusqu’à ce qu’il demande de s’assoir à nouveau. Pendant ce temps lui montait dans une camionnette judicieusement et volontairement  coincée au milieu des participants pour klaxonner et descendre en criant « Mais vous n’avez rien de mieux à faire que d’empêcher les gens de travailler. Vous réclamez je sais pas quoi pour les  hommes qui veulent des enfants entre eux. Vous croyez que c’est en emmerdant les gens que vous obtiendrez quelque chose. Ben non les gens ils vous disent dégagez, laissez moi travailler et vous aussi mettez vous au travail plutôt que de bloquer la circulation ». Et voila que l’acteur que tous le monde adulait l’instant d’avant se fait siffler et huer. Et lui : « Vous avez mis un peu de temps à réagir, il faut le faire immédiatement devant ce type de comportement ».

    Bref je ne vais pas vous raconter le spectacle, vous aurez peut-être la chance de le voir. Et il y a même qui le trouveront nul.

    En tous cas le soir à notre repas que nous prenons tous ensemble, la discussion est tombée là-dessus. Et comme vous le savez les échanges en famille sont les plus virulents qui existent bien plus que dans n’importe quel groupe fut il militant, car chacun connait tout des autres et chacun a son bagage de préférences, de récriminations ou de mécontentements rentrés.

    J’avais lancé la discussion en disant que le sens du spectacle de l’après midi c’était de dire que le « privé c’est politique ». Dans le sens où la sphère privée peut être le lieu de comportements déviés qui ne sortent jamais et sur lesquels chacun garde un silence pesant. Le pédé expliquait bien que le combat pour la différence est loin d’être gagné ou plutôt que c’est une bagarre perpétuelle et que le cœur de cette lute n’était pas dans la gay pride mais dans les secrets de la vie privée.

    Comme dans la famille nous n’avons pas d’homosexuels déclarés, les échanges ont vite portés sur l’évolution du statut des femmes. Les filles et belles filles mettant en avant les droits acquis et la vague metoo qui faisait justement sortir certains comportements privés de leur ombre grise. Les garçons reconnaissant cela mais expliquant aussi que la vie des hommes n’avait jamais été aussi facile et même devenait beaucoup plus tranquille avec les femmes.

    Comme ça ronronnait un peu j’ai jeté que c’était des réflexions de privilégiés et de profiteurs et profiteuses car les acquis dont ils parlaient reposaient sur le concept d’externalisation. Le monde dit développé qui est seulement le monde riche a rejeté les maltraitances en tous genres dans le reste de la planète.

    Celui qui prend en photo avec son téléphone le plat qu’il va manger au restaurant, juste pour l’envoyer à son copain feint d’ignorer qu’il est en train de profiter du travail d’enfants et de familles dans laquelle les violences faites aux femmes sont constantes.

    L’externalisation est même maintenant ouvertement revendiquée par des pays ultra riches pour délocaliser leurs prisons ou leurs expulsions d’immigrés. Alors si les délocalisations industrielles datent de bien longtemps, l’externalisation des guerres, la négation des droits de l’homme et des femmes et l’exploitation des populations hors du monde riche montent maintenant au grand jour.

    Déjà il y a déjà ces horribles safaris et ce tourisme climatique pour voir s’écrouler les glaciers de l’antarctique. Et bientôt il y aura bientôt un socio-tourisme pour voir le travail des enfants dans les mines de terres rares ou les viols de femmes dans les bus de Bombay. Et pourquoi pas une visite guidée des hôpitaux de Gaza détruits par Israël pays à la guerre civile permanente avec le soutien inconditionnel des pays riches.

    Du coup la discussion s’est un peu calmée et même si c’est triste à dire ça ne nous a pas coupé l’appétit. Finalement les homosexuels en France ne sont peut-être pas si malheureux que ça.

    Michel Costadau

  • Barcelona

    Barcelona

    L’idée de base était donc de retrouver Fabienne et Sasha pour passer quelques jours avec eux. Du coup Biloud a cherché une ville pas trop loin, pour nous, et directe en avion depuis Copenhague, pour elle. Et c’est tombé sur Barcelone pour le we pascal.

    Comme moyen de transport pour Barcelone, la préférence d’Edith était sans conteste le bus. Premier problème il n’y a plus de bus à part un et un seul flixbus quelques jours par semaine, qui finalement ne nous va pas mal. Aller jeudi 1er avril, retour lundi 5. Deuxième problème avoir un test PCR de moins de trois jours. Rendez-vous pris à l’hôpital de Lavaur le mardi, résultat le mercredi, ça marche. Troisième problème : quelle justification donner. Car une énorme pression d’interdits se posait sur ce voyage nous obligeant à nous demander : qu’est ce qu’on va pouvoir donner comme raison. L’agriculture était une bonne piste tant pour la recherche de matériel agricole que pour l’observation d’essais de semences. Jusqu’à ce que nous découvrions qu’il n’y avait aucune restriction sur les déplacements en Europe. Sans en être tout à fait sûrs bien entendu. Cette notion, scandaleuse, de devoir justifier ses actes et ses déplacements devant des policiers fera l’objet d’autres billets.

    A l’aller pas le moindre contrôle, ni au départ, ni à la frontière, ni d’un côté ni de l’autre, le bus ne ralentissant que pour franchir les péages.

    Et nous voila sur place ou Fabienne avait loué un petit appart sur La Rambla en face du théâtre principal. Je ne vais pas m’étendre sur les joies de Barcelone, juste pour dire que pour ce qui est des corridas et des processions c’est raté, il n’y a plus rien sauf peut être à Girona, à confirmer. Je veux dire même pas à la télé, rien. Par contre la ville est pleine de monde avec beaucoup beaucoup de jeunes et toujours pas mal d’enfants et des femmes un peu voilées en grand nombre. Les couples âgés « classico », c’est dire tailleurs clair et costume trois pièces sont plus rares, mais se déplacent lentement souvent à deux ou trois couples. Et ils n’arrêtent pas de parler et de rire. L’ambiance est franchement détendue avec un deal raisonnable : masques contre restos. Sympa d’aller prendre un café sur une place sous les palmiers et de déjeuner en terrasse au milieu des familles et de quelques touristes aussi. Cela dit, la nourriture catalane reste à base de poulet, de cotes d’âgneaux ou de veau et de frites. Le vin est plus difficile bien que nous ayons trouvé un Emporda assez correct. Les mossos et les guardia sont très présents mais plutôt conciliants que répressifs. Je me suis fait arrêter plusieurs fois avec mon foulard de Dalton sous le nez mais à chaque fois ça s’est bien passé. Et puis la mer et la plage c’est là aussi.

    Néanmoins nous pensions aussi au retour et avons cherché à faire le PCR. Les pharmacies ne le font pas, les labos ne répondent pas, pas plus que les hôpitaux. Après une heure d’efforts nous avons donc dit : pas de tests on verra bien. A titre conservatoire j’ai quand même pris un rdv au CH de Lavaur pour le lendemain de notre retour.

    Nous voilà donc lundi au terminal routier nord de Barcelone pour le départ du bus pour Toulouse. Là le chauffeur nous demande identité et test. N’ayant que les tests périmés de l’aller, il finit par nous dire qu’il nous prend quand même mais que nous aurons une amende en cas de contrôle. Nous sommes placés au troisième rang. Nous passons la frontière, mais au premier péage français barrage militaire et contrôle. Au bout d’un quart d’heure deux gendarmes montent dans le bus par la porte du milieu, l’un plutôt jeune va vers le début du bus et l’autre que nous ne voyons pas vers l’arrière. Un silence pesant s’installe dans le bus. Notre militaire commence à demander sa carte d’identité à la première personne, puis passe à la seconde. Arrive notre tour, nous avions la CI à la main et les tests périmés  sur les genoux. Il prend les cartes, nous rend les cartes et passe aux personnes derrière nous. Au bout de 10 mn on entend un « vous pouvez y aller » venant de l’arrière. Nous avons appris ensuite que le militaire de l’arrière avait contrôlé scrupuleusement les tests. En fait nous étions les seuls du bus à ne pas être en règle.

    Morale : quand on voyage il faut aussi avoir un peu de bol.

    Michel Costadau

  • Placements

    Placements

    Il y a quand même deux ou trois choses qui m’inquiètent en ce moment. Bien sûr la réouverture des restaurants, le plus tôt sera le mieux, mais avec eux je me méfie beaucoup, Et aussi tout cet argent que notre État emprunte pour payer des gens à ne rien faire ou pour arroser la santé. On peut dire que l’argent coule à flots sans que l’on sache vraiment ni d’où il vient, ni s’il faudra le rembourser. Bon, encore ça ce n’est pas trop grave.

    Ce qui me fait gros souci c’est la vitesse à laquelle les dépenses ont été faites sans le moindre contrôle citoyen. Y a trois gugusses qui ont des idées qui leurs passent par la tête et hop envoyez les milliards. Vous allez me dire que c’est pour le bien de la population, ouille, aïe, ouille c’est justement cela qui me fait peur. La bonne cause reste la plus vieille recette des arnaqueurs.

    Protéger la population, c’est exactement le slogan qui a permis de faire des guerres, des armes, des massacres. En plus, dans le cas présent, on nous protège contre nous-mêmes en fait, comme des gamins. Et ça, vous le savez, c’est la porte ouverte à toutes les dérives. Alors donc je redoute ce que pourrait être leur prochaine idée « pour notre bien ».

    Celà dit revenons sur la fontaine à euros dont ils ont ouvert le robinet. Ça fait longtemps que je vous dis qu’il y a trop d’argent dans le monde, trop d’argent dans certaines mains, sur des comptes en banque, trop d’argent en circulation. Le fait qu’il soit mal réparti n’est pas le problème. Mal réparti ça veut dire que certains en ont trop et d’autres pas assez. Pour ceux qui n’en ont pas assez  c’est simple il suffit de leur taper dessus avec l’argent de ceux qui en ont trop pour qu’ils se taisent. Le système est rodé. Voyez justement les restaurateurs.

    Non, le problème est que beaucoup trop de gens ne savent vraiment pas quoi faire de leur argent. Du coup ils angoissent comme des fous et les fous ça fait n’importe quoi. Par exemple, les crypto monnaies, les œuvres d’art, les fondations ou les bons d’État. Oui tout ça n’est que du déstockage du trop plein de monnaie. Ce sont les puits sans fond dans lesquels ils font tomber leurs billets.

    Cependant rien de bien intéressant dans les crypto monnaies sauf qu’il y en a surtout une qui cartonne, preuve s’il en fallait qu’il s’agit bien d’un placement. Quelle chance d’avoir cette envolée du prix, ça permet d’éponger pas mal de surplus.

    Les œuvres d’art sont évidement beaucoup plus porteuses. Il n’y a aucune raison qu’une peinture vaille des millions. Clairement ce sont ceux qui ont trop d’argent qui ont besoin que ça soit cher. C’est autant de casé. Surtout pour des œuvres qui dorment dans un coffre et qu’on ne voit jamais. La photo suffirait bien d’ailleurs. Oui le prix des œuvres d’art n’est absolument pas lié à leur qualité esthétique mais au placement qu’elles représentent. On ne peut pas parler de rareté, bien au contraire, il en faut beaucoup et beaucoup qui se ressemblent. C’est la même chose que dans le monde des livres. On ne donne jamais de distinctions à un auteur qui ne fait qu’un livre.  Sinon tout l’investissement pour le porter au pinacle perd sa rentabilité. Non un auteur primé doit faire beaucoup de livres, quitte à ce qu’on l’aide.

    Les fondations aussi sont bien commodes pour éponger les surplus. Et avec ça on peut devenir influenceur. De même, l’existence de centaines d’ONG n’est dû qu’au fait que l’on peut y caser beaucoup d’argent. Dans le genre, je viens de voir un trop riche qui va payer toutes les amendes des femmes pour le port du nikab en Suisse. C’est un malin celui-là.

    Et puis bien sûr les bons d’État. Les États empruntent sans problèmes car même si ça rapporte peu c’est une bonne manière d’utiliser son trop plein d’argent. Le seul défaut c’est que la BCE rachète pas mal de dettes des États c’est-à-dire rembourse le créancier et devient elle-même le créancier des États. Je dis le défaut parce que, une fois remboursé, celui qui a trop d’argent se retrouve avec encore plus d’argent dont il ne sait pas quoi faire.

    C’est cornélien.

    Michel Costadau

  • Trois chances

    Trois chances

    Comme vous le savez … ou ne le savez pas d’ailleurs, la chance passe trois fois au cours de la vie de chacun de nous. Attention la chance en question ce n’est pas gagner au loto ou éviter qu’une branche vous tombe sur la tête. Ca c’est le hasard, que l’on peut quelquefois encourager à aller dans le bon sens, mais contre lequel on ne peut pas grand-chose quand même.

    Non la chance dont je vous parle c’est quand votre route croise votre souhait le plus fort. Le truc quasi incroyable qui se produit comme par magie bien que vous sachiez que c’est presque impossible. Ce n’est pas un cadeau que vous recevez par la poste avec un petit mot gentil, non c’est plutôt une un arrêt sur image qui doit vous réveiller parce qu’il vous faut le saisir juste au moment où il passe. Et le plus dur c’est de comprendre que c’est justement en train d’arriver et que cette chance il faut la prendre, là, maintenant, tout de suite. Avant il n‘y a rien, après il n’y a rien.

    Seulement pour que ça marche il y a deux conditions minimum :

    d’une part que vous rêviez de quelque chose, que vous ayez une sérieuse envie plus ou moins secrète, genre que l’on ose à peine s’avouer mais qui vous remplit et éclaire votre visage chaque fois que vous y pensez. Pas du tout tombola ou erreur de la banque en votre faveur mais tout simplement une rencontre, un lieu, une lecture, un spectacle, un rêve.

    et d’autre part que vous ayez une grande vigilance, comme un état de veille permanent, d’affût, les yeux grand ouverts, justement pour la saisir au cas où elle passerait.

    La première condition implique d’être déjà un peu avancé dans la vie, d’avoir vu et fait suffisamment de choses pour être en mesure de savoir ce que l’on veut vraiment, pas un coup de pub, non la vraie envie perso. Ca ne concerne donc pas la jeunesse, ni la vieillesse d’ailleurs. La jeunesse trouve tout facile et découvre des bonheurs à chaque instant. La vieillesse ne cherche pas de nouveautés, se nourrissant au contraire du passé et de ses péripéties.

    La deuxième condition explique pourquoi une attention constante est nécessaire, parce que cette chance qui va vous arriver n’est jamais exactement conforme au rêve. Elle peut se présenter avec quelques caractéristiques que vous n’aviez pas imaginées. Ce n’est pas du tout un piège c’est juste que ce que vous offre la vie est organique et non pas le résultat d’un calcul arithmétique.

    Maintenant quand je dis que la chance passe trois fois ça veut dire très clairement que si vous manquez la première elle peut encore passer deux fois. Et si vous manquez la deuxième elle peut quand même arriver mais ça devient limite, bien que vous ne le sachiez pas.

    Il faut bien préciser qu’il ne s’agit pas de trois chances mais de la même chance qui vous est proposée trois fois. Et donc si vous la saisissez la première fois, il ne vous en reste pas deux mais aucune parce que vous n’en avez plus besoin vu que vous l’avez déjà attrapée.

    Maintenant si vous saisissez votre chance ça ne veut pas dire que votre vie va devenir une allée de roses et de violettes, eh non ça veut simplement dire que vous avez obtenu ce que vous vouliez.

    Et l’on finit toujours par arriver là où l’on voulait aller.

    Michel Costadau

  • Droits de l’homme

    Droits de l’homme

    Alors comme ça il y a les pays des droits de l’homme et les autres. Entendre, répété à tout bout de champ, que nous faisons partie des premiers me met extrêmement mal à l’aise. Nous voir exprimer notre supériorité dans ce domaine a quelque chose de malsain. Et encore plus quand est évoqué un bloc de pays exemplaires face à tous les autres.

    Déjà ce qui ne va pas c’est que ce sont les pays riches qui ont le monopole des droits de l’homme. Etrange non ? Il y a quelque chose qui coince comme un empilement de mensonges qui nous empêcheraient de penser autrement. Commençons.

    Et donc, au dire de nos communicants, nous faisons partie du monde libre. Gloups, pays libre mais à parti unique alors. Oui nous sommes un pays à parti unique. Non seulement le pouvoir et le parti unique ont la main sur toutes les institutions et l’opposition n’a voix à aucun chapitres, mais en plus nous nous moquons de ceux qui ont plusieurs partis pour gouverner, bien que ce soit clairement le vrai marqueur de la démocratie. Chez nous le président a son parti et le parti a son président. Ca fait un peu remake des ex-pays de l’Est, non ?

    En fait de mensonges l’époque est aussi à la révélation des mauvais traitements subis par les enfants dans nos sacro-saintes familles. Ca c’est comme un iceberg, la partie émergée est minuscule par rapport à la masse qu’il y a dessous. Et l’on découvre avec effroi que tout le monde savait et donc, soyons réaliste, que tout le monde sait tout ce qu’il y a en dessous mais ne dit rien. Chez nous c’est la version : droits de l’homme … contre les femmes et les enfants. Cette hypocrisie entretenue ne nous permet pas de donner de leçons à qui que ce soit. L’hypocrisie est même insupportable puisque nous commerçons ouvertement avec les pays qui selon notre propre discours sont non démocratiques et bafouent les fameux droits de l’homme. Cherchez l’erreur.

    Bref, en tous cas chez nous, le droit de manifester n’existe plus. Je ne parle pas du régime virus mais de la situation qui est devenue la normale. Les manifestations doivent être autorisées, leurs parcours déposés et approuvés. De plus même autorisées, les cognes et les RG sont toujours là. Pour faire quoi, à part rappeler qu’il n’est pas bien vu de manifester, c’est-à-dire de faire savoir son mécontentement, son opinion. Oui chez nous, pays des droits de l’homme, les opinions sont interdites. Circulez, y a rien à voir. Vous comprenez pourquoi ça me chagrine de voir ces bons apôtres se poser en donneurs de leçons.

    On retrouve, aussi, ce double discours dans les énergies. Le message est de faire croire aux gens que rouler à l’électricité c’est rouler sans polluer. C’est un nouveau mensonge puisque l’électricité, très majoritairement nucléaire, repose sur un réchauffement des nappes et des fleuves, sur le traitement,  le transport, le stockage de matières beaucoup plus dangereuses pour l’homme que le pétrole, et une présence militaire permanente en Afrique pour sécuriser l’approvisionnement. Appeler cela propre est vraiment honteux. Rouler à l’électricité c’est rouler avec des militaires sous le capot et un compteur radioactif dans le coffre. Et pour ce qui concerne l’hydrogène, ce n’est plus du mensonge c’est de l’arnaque. Alors quand le clown parle d’aider l’Afrique, pas la peine d’envoyer des vaccins, il faudrait surtout retirer notre armée.

    D’ailleurs la liberté est chez nous un mensonge de plus. Disons que notre modèle c’est la liberté par l’argent. Et il faut beaucoup d’argent pour commencer à faire ce que l’on souhaite. Pas d’argent = pas de liberté. C’est le cas général. Alors il y a des cases dans lesquelles on doit rentrer. La case à 600 € est évidemment tellement étriquée que personne ne peut y tenir. Celle à 1 200 n’est guère mieux sauf si l’on est seul et sans envies. Et si tu ne rentres pas dans une case, tu es séparatiste et finis en tôle. Finalement, seul naître dans un milieu favorable permet de s’en sortir c’est-à-dire de reproduire le modèle dominant. Vous croyez vraiment qu’il est question de liberté là dedans ?

    Clairement notre pays bafoue continuellement les droits de l’homme et pourtant le pouvoir veut nous faire croire que ce sont les autres qui ne les respectent pas.

    Ouvrez l’œil les gars, y a des menteurs dans le secteur.

    Michel Costadau

  • Prix

    Prix

    Je me suis posé une drôle de question sur la notion de prix : est-ce que toutes les choses valent le prix qu’on les paie. Oh pas du tout pour faire un numéro de plus d’une revue de défense des consommateurs, qui d’ailleurs défendent surtout la consommation. Non juste pour essayer de comprendre le mécanisme que joue le prix dans notre vie. Par exemple : est-ce que quand vous avez payé un kilo de sucre moins cher, vous avez fait des économies ? Certes la réponse n’est pas facile, parce que beaucoup de facteurs rentrent en jeu.

    Mais en y réfléchissant, j’ai découvert que la place du prix dans nos existences est ahurissante.

    Prix au mètre, moitié prix, canon, au kilo, à l’unité, de gros, d’ami, départ usine, ferme, avant remise, cassé, valses des prix, sans garantie, avant impôt, hors de prix, au litre, indécent, exorbitant, de départ, service compris, pas de prix, départ Rouen, premier prix, d’appel. Y en a que pour lui.

    En plus pour la valeur absolue des prix, il n’y a pas vraiment de rationnel. Pour moi il n’y a strictement aucune raison que le pain vaille 1€ ou 10€ le kilo ou que la vie humaine vaille moins de 50€ au Brésil.

    Mais relativement on peut se poser des questions.

    Les économistes essaieront d’expliquer que la valeur, la rareté, l’offre font le prix. A vrai dire, ils peuvent dire ce qu’ils veulent, ça n’a aucune importance et surtout aucun rapport avec des connaissances ou des démonstrations scientifiques. L’économie est une activité humaine comme les sentiments et n’a donc rien d’une science.

    Bien sûr certains calculs de prix reposent sur des méthodes et des paramètres et donnent lieu à des tas de logiciels. La rédaction d’un devis est d’ailleurs la pierre angulaire des artisans et des entreprises.

    Et à la fin qu’est-ce qu’on a : un prix. Que l’on peut du coup comparer à d’autres prix souvent sans comprendre pourquoi ils peuvent être différents puisque en définitive il s’agit du même produit ou de la même réalisation.

    Pour corser le tout, il y a beaucoup de choses gratuites qui ont un prix, par exemple l’eau, le pétrole ou le miel. Dans ces cas-là ça devrait être presque donné à l’utilisateur. Ce n’est hélas pas le cas et bien au contraire ce sont les producteurs et les compagnies qui font la loi. Aujourd’hui quand nous regardons quelque chose, nous nous intéressons d’abord à son prix.

    Les restos sont hélas fermés, mais la première chose affichée c’est le prix du menu. Le prix est le premier marqueur de nos réflexions. Depuis 50 ans les usines à consommation nous roulent dans la farine avec une soi-disant bataille des prix. Mais la réalité est sans appel : ce qui est moins cher est de moins bonne qualité. Le prix est un très mauvais paramètre de décision. Mais il est facile à afficher et garde un caractère attractif.

    Mon idée n’est pas de demander à tout le monde d’oublier les prix, même les riches et peut-être surtout les riches se font avoir. L’idée c’est, par exemple, de dire qu’il y en a marre de la baisse continue de la qualité pour continuer à entretenir un discours paternaliste sur le pouvoir d’achat.

    L’idée aussi c’est de dire que le prix que nous payons pour le virus est insupportable. Mais le pouvoir a trouvé là une martingale qui gèle toute contestation et ça n’a pas de prix.

    Michel Costadau

  • Le complot

    Le complot

    La mode du complot a le vent en poupe, c’est le moins que l’on puisse dire. À preuve, tous les Français sont traités de complotistes sous prétexte qu’ils n’écoutent pas la bonne parole venue d’en haut. Mais attention il y a des subtilités dans les notions.

    Quelqu’un qui pense que sa banque a fait exprès de lui consentir, à lui et à quelques personnes de sa famille, un prêt pour pouvoir le mettre à découvert afin de percevoir des agios élevés est plutôt dans le registre de la théorie du complot. Mais si cette même personne pense que les banques vendent de l’argent à des gens qui n’ont pas forcément les moyens de l’acheter c’est-à-dire de le rembourser, alors elle est plutôt dans le registre de la contestation du système financier.

    Il s’agit bien sûr de la même chose et ce n’est pas la manière dont on le dit qui fait la différence, mais le rôle que l’on s’attribue, la manière dont on se perçoit au sein de la société. La différence vient de l’idée que l’on est un objet ou un sujet.

    Cela dit, il est incontestable que les dirigeants, qu’ils soient économiques, politiques ou religieux, donnent souvent à penser qu’ils n’arrêtent pas de monter des complots les uns contre les autres. Ce qu’ils  sont capable d’imaginer pour se nuire et nuire à la population est assez inimaginable. Et donc quand des citoyens prêtent à d’autres personnes des projets machiavéliques ou évoquent des forces occultes pour expliquer des évènements, ils ne font qu’imiter les donneurs d’ordre. D’où le syndrome. Mais alors comment ne pas tomber dedans.

    Il y a, pour schématiser, deux situations possibles :

    – La personne se sent complètement impuissante devant les cahots de la vie, comme en bas d’une pyramide échafaudée au-dessus d’elle et dont le poids l’écrase. Elle se ressent comme un jouet de la société n’ayant aucune aptitude à faire quoi que ce soit, presque comme inutile. Elle est alors encline à trouver des mécanismes de fuite, des fissures pour pouvoir respirer. L’édification de ces lignes de fuite utilise alors tous les matériaux imaginable ou pas. Surtout ce qui est inimaginable, car cette échappée a pour but de donner un rationnel à son impuissance. Là est le mécanisme de la construction des croyances. De plus ce mécanisme se trouve renforcé quand ce sentiment est partagé avec d’autres personnes ressentant la même sujétion. C’est à ce moment-la que toutes les portes sont ouvertes pour se croire entouré de complots. Trump battu : complot des démocrates. Virus fabriqué en laboratoire : complot chinois. Le départ de sa femme : complot de la belle famille. Les gilets jaunes : complot de Le Pen.

    – La personne est complètement impuissante devant le chaos de la vie, mais comprend qu’il y a un fonctionnement global qui ne la vise pas elle particulièrement, mais tout le monde.  Elle sait qu’elle fait partie d’un édifice social mais peut se penser indépendamment de la société et se voir comme si elle était un observateur extérieur. Elle peut du coup voir aussi le monde qui l’entoure et même porter des jugements sur ce qu’elle voit. Ce regard extérieur que l’on peut porter sur soi est le sésame et la clé de la vie en société, car les choses que l’on ne fait pas ne sont pas liées à de l’interdiction ou de la punition, mais au rejet de l’image de soi se voyant faire ça. Cela permet le refus du passage à l’acte : tuer, violer, torturer et croire sans savoir.

    Tiens au fait est-ce que vous savez qu’il y a une immense armée sur la face cachée de la lune, prête à nous attaquer. En plus elle est commandée par un ancien pharaon  qui n’a jamais perdu de bataille.

    Michel Costadau

  • La cheminée

    La cheminée

    Pour faire un bon feu il faut trois bouts de bois, tout le monde sait cela. En fait c’est surtout vrai dans la steppe ou la pampa, c’est-à-dire en pleine nature. Parce que pour un bon feu dans la cheminée à la maison, deux bouts de bois suffisent largement. Deux ou trois on ne va pas se battre, mais dans la cheminée il y a, en général, un côté occupé par le mur auquel elle est adossée. La géométrie du foyer est donc affectée et crée un axe parallèle à ce mur. Dans ce cas-là deux bûches posées l’une contre l’autre sur les chenets entretiennent une bonne flambée.

    Par contre là où le trois s’impose quelles que soient les conditions, c’est pour le démarrage ou l’allumage si vous préférez. La technique habituelle consiste à construite un mini tipi ou une mini yourte avec des bouts de bois assez fins et secs pour prendre feu facilement et une petite source de flamme en dessous. Seulement pour faire tenir deux bouts de bois l’un contre l’autre c’est pas fastoche, alors que trois branchettes tiennent facilement en pyramide chacune s’appuyant sur les deux autres. D’ailleurs le début de la construction  du tipi c’est trois perches ligotées ensemble en haut et que l’on pose en triangle comme base, toutes les autres venant d’appuyer dessus pour former un cercle circonscrit au triangle. C’est comme ça que les tipis sont ronds.

    Le trois est nécessaire aussi pour le feu de plein air. Certes il est possible de mettre des pierres pour tenir lieu de chenets, mais outre que l’on n’en dispose pas toujours, le plus efficace est d’utiliser trois branches comme pour l’allumage, afin de maintenir une circulation d’air à la base du feu. Car le secret du feu c’est l’air.

    Le feu consomme une quantité incroyable d’air et bien sûr une quantité incroyable de bois. Je ne vous parle pas des incendies de forêts mais des tas de branches que l’on peut faire disparaître en quelques heures. Certes le frêne, même vert, brûle facilement mais une fois que le feu est bien démarré tous les arbres, y compris de chêne se consument tout en crépitant bruyamment signe que l’eau qu’ils contiennent se vaporise. Alors, bien sûr il y a les souches, ça c’est plus difficile à brûler en vert car la masse offre une résistance à la chaleur et il n’y a pas grand-chose à enflammer. Clairement l’entretien du feu dans la cheminée c’est un peu comme pour les centrales nucléaires, il faut lancer la réaction et ensuite la contrôler pour obtenir une lente combustion produisant une douce chaleur. Ceux qui disent que toute la chaleur part dans le conduit de cheminée sont simplement en train de constater un trop fort tirage. De même une cheminée qui fume, sous-entendu dans la pièce, montre seulement qu’elle ne tire pas assez.

    Certes le tirage n’est pas facile à ajuster car il y a des facteurs simples, comme la hauteur de la cheminée au dessus du toit, plus c’est haut plus ça tire, et des facteurs plus compliqués comme le volume de l’âtre par rapport au volume de la pièce qui est un concurrent direct du tirage de la cheminée. Et qui n’a pas vu dans les chaumières une bande de tissus ornés souvent de quelques pompons, tendue entre les deux montants de la cheminée dont la vocation, outre de moins se cogner la tête, est en principe d’éviter que la fumée ne rentre dans la pièce.

    Preuve une fois de plus qu’il n’y a pas de fumée sans feu et réciproquement.

    Michel Costadau

  • Migration

    Migration

    Le règlement de Dublin sur le droit d’asile européen est l’exemple même de l’effet contre-productif d’une initiative politique, c’est-à-dire d’une mesure prise dans un but donné et dont le résultat a l’effet inverse du but recherché. En l’occurrence le but était que chaque émigré ait un dossier et un seul en Europe. Il a donc été convenu que c’est le pays dans lequel ils arrivaient qui établissait leur dossier. Mais sans obligation de la part de ce pays de les accepter et sans tenir compte du pays cible du demandeur. Le résultat a été que le nombre de clandestin a explosé, les émigrés cherchant à se faire enregistrer dans le pays cible, en général le RU et l’Allemagne et non dans celui d’arrivée, en général l’Italie ou la Grèce.

    Tout ça pour dire que, partis il y a très longtemps des montagnes du centre de l’Afrique, les petits groupes d’hommes lancés à la conquête de la planète en ont maintenant  largement fait le tour et sont logés dans 196 États.

    La migration libre a été le mode de fonctionnement des hommes pendant quelques millions d’années. Ce type de migration de peuplement s’est bien ralenti avec l’avènement des empires il y a presque 10 000 ans mais s’est continué doucement jusqu’à il n’y a pas très longtemps, avec la colonisation et l’envahissement de tous les continents.

    Et pourtant il y a toujours des migrants me direz-vous. Oui, mais comme tous les endroits de la terre sont maintenant occupés, les migrations actuelles sont exclusivement économiques, politiques ou climatiques.

    Il subsiste cependant encore des survivances de cette longue conquête et de l’installation de groupes humains ou tribus sur un territoire ou pays. Et même certains États sont encore aux mains d’une seule tribu qui n’a pas encore compris que la terre appartient à tous les hommes et pas seulement aux conquérants.

    La notion de régions attribuées, par on ne sait quel ordre divin, à un groupe humain n’existe pas. C’est une pure invention d’envahisseurs qui n’hésitent pas à déloger les primo-occupants, quitte à se faire déloger eux-mêmes par de nouveaux arrivants et ainsi de suite.

    La conquête de territoires vides qui était vraie il y a très longtemps, quand il y avait bien peu d’hommes sur terre n’est plus possible et n’a plus de sens. C’est pour cela que certains s’intéressent à la Lune ou à Mars, mais pas avec de bons sentiments, hélas.

    Il est quand même étrange qu’après des milliers d’années de vie entre eux, les hommes, n’aient pas fait émerger un modus vivendi basé sur la notion de bien commun, de respect et de partage. Aujourd‘hui, et peut-être encore plus qu’hier, les hommes ne se respectent  pas entre eux. Ils ne se sentent aucune fraternité avec leurs semblables. En tous cas ça ne transparaît pas dans leurs comportements.

    Il faut dire qu’il n’y a pas grand monde qui essaie de mettre en musique ces notions élémentaires. Personne n’œuvre dans le sens de la cohabitation et de l’entente, mais plutôt de la domination et de l’extermination. Il faut dire que c’est beaucoup plus facile : la guerre est la solution des faibles et des courtes vues. Les philosophes pourraient, devraient être là pour enseigner l’égalité de tous et donner à l’humanité son mode de fonctionnement. Mais ils ont disparu. Et du coup c’est nous qui risquons de disparaître.

    Michel Costadau