Catégorie : International

  • Individus

    Individus

    Comme prévu, le brexit ne change finalement pas grand-chose pour les citoyens, sauf quelques frais de plus, ni même pour les entreprises, en tous cas pour le moment. Par contre une nouvelle situation est créée et c’est elle qui va dérouler ses conséquences dans les mois qui viennent. Bien sûr il y a pas mal d’inconnu sur ce que peut devenir le RU mais en attendant, que tout le monde se réjouisse fait seulement partie de la règle du jeu, de la façade, mais ne peut cacher la position complètement asymétrique des protagonistes. Le RU a obtenu son indépendance mais l’Europe a subi un départ et les US et la Chine ont un cheval de Troie sur le vieux continent.

    A court terme le RU s’attend, quand même, à des jours difficiles pendant quelques années alors que l’UE n’annonce aucune répercussion pour ses ressortissants, ce qui est un peu surprenant.

    Mais au fait pour quoi le RU a-t-il quitté l’UE ?

    Je suppose que vous avez votre idée là-dessus que j’aimerais bien connaître d’ailleurs. Car outre le petit côté amour-propre des anglais, on ne voit pas très clairement quel vent a pu les pousser à prendre ce chemin. Et pourtant ils y sont.

    Bon, pour moi la principale raison est la prise en compte que ce ne sont plus ni l’Europe, cela depuis longtemps, ni les US, plus récemment, qui font avancer le monde, mais l’Asie. L’Asie a rattrapé les occidentaux sur leur terrain de prédilection : la technologie.

    N’oublions surtout pas que c’est la technologie qui a permis la colonisation par son avantage sur les techniques traditionnelles, qui alimente encore complètement la société de consommation et qui permet aux chantres du capitalisme de prôner la fuite en avant pour résoudre tous les problèmes.

    Vous le savez, on ne compte plus les produits qui viennent de Corée, de Chine, du Japon, du Vietnam et demain d’Indonésie de Malaisie et des Philippines. Les investisseurs asiatiques sont présents partout et un accord assez souple vient même d’être signé entre l’UE et la Chine.

    Alors que faire contre ce raz de marée. C’est exactement la question que s’est posé le RU.

    Et la réponse est : surtout ne pas rester dans le carcan administratif  communautaire mais gagner un maximum de flexibilité, de réactivité, d’inventivité.

    Oh il ne s’agit pas de reprendre la Chine sur le terrain technologique, c’est déjà perdu, mais de s’inspirer de l’esprit asiatique, dans lequel ce n’est pas la réussite individuelle qui compte mais la réussite collective. C’est vrai que pour cela le RU a quelques atouts, avec la honte de la royauté vécue comme une gifle collective donnée au reste du monde.

    Concrètement toutes les normes qu’a inventées l’UE pour essayer de labéliser ses produits, se retournent maintenant brutalement contre elle, comme autant d’obstacles à la créativité et l’on vient de découvrir que l’estampille CE n’avait aucune valeur puisqu’auto-décernée.

    C’est la proximité avec l’Asie que va chercher le RU, pas seulement  pour l’économie mais aussi pour le modèle social. L’idée étant que c’est comme vivent les Chinois que va vivre le monde et non comme vit l’Europe, tas de vieux croulants incapables de faire face au moindre virus. La fixation de l’UE sur l’encensement de l’individu a un aspect sympathique pour les droits, mais un coté mortel pour les sociétés. D’une certaine manière le RU travaille pour nous en explorant un renversement de mentalité dans les rapports individu/société.

    Mais vous le savez déjà la générosité des Anglais est assez limitée. Et la note sera sûrement salée.

    Michel Costadau

  • Les 3 Méthodes

    Les 3 Méthodes

    Il serait, quand même, utile de tirer quelques enseignements de l’épisode viral que nous vivons.

    D’abord décrivons l’évènement : il apparaît soudain un nouveau virus du type HN, très contagieux, sans vaccin connu et létal pour une partie indéterminée de la population. Sa contagiosité fait qu’il envahit la planète en peu de mois, quelles que soient les mesures de protection prises, très inégalement d’ailleurs. La granularité, pour le comptage des décès épidémiques et la mise en œuvre des mesures préventives et curatives, est le pays, ce sont donc les États qui réagissent.

    Regardons alors quelles sont les stratégies possibles des États, il y en a trois : l’éradication, l’explosion et la prolongation. Nous allons évaluer chacune de ces trois possibilités en termes d’avantage/inconvénient.

    Commencons par la description de ces 3 méthodes.

    L’éradication consiste à empêcher, et il faut agir très vite, le virus de se propager. La technique est basée sur la détection des cas, suivie du cloisonnement et de l’isolement de façon à ce que les cas ne soient plus en contact avec le reste de la population. Le virus ne pouvant se multiplier diminue et s’éteint assez rapidement. C’est la technique qui a été utilisée en Chine, en Corée, au Vietnam, dans quelques pays d’Asie et partiellement en Allemagne. Cette technique demande une énorme capacité de détection et de grands moyens d’isolement.

    L’explosion est à peu près le contraire. Il s’agit de laisser le virus se développer au maximum dans la population en prenant des mesures préventives et curatives de masse. Le virus atteint donc assez rapidement toute la population et déclenche la maladie chez les personnes sensibles, puis suit une loi de décroissance pour arriver au stade endémique. Cette technique demande une bonne maîtrise des moyens de protection de la population contre la prolifération virale et une grande réactivité dans les soins à apporter aux malades. C’est partiellement la technique qui a été utilisée au Brésil, aux USA, en Suède et dans beaucoup de pays africains. C’est aussi ce qu’aurait voulu faire le RU.

    La prolongation n’est pas vraiment une stratégie, mais la méthode par défaut quand un État n’a pas la volonté ou les moyens de mettre en œuvre une des deux autres. Il s’agit alors de seulement ralentir la progression du virus par des mesures sociétales pour étaler la contagion sur des mois voire des années. Les techniques utilisées sont le confinement, la fermeture de beaucoup de lieux, de commerces et d’activités, ainsi que la restriction des déplacements professionnels. Cette méthode demande peu de moyens techniques et sanitaires et est donc facile à mettre en œuvre, mais dure tant que l’ensemble de la population n’a pas été contaminé ou vacciné. Ce qui prend beaucoup de temps. C’est celle qui a été utilisée par la France et par une bonne partie des pays européens avec diverses ampleurs, ainsi que par des pays sud-américains.

    Nous pouvons maintenant évaluer les avantages et inconvénients de chaque stratégie.

    La première, l’éradication, a l’avantage insurpassable de réduire drastiquement le nombre de victimes et de permettre d’attendre plus sereinement un vaccin. Par contre, elle demande une bonne anticipation et préparation ainsi qu’une grande réactivité étatique en particulier pour pratiquer des tests en grande quantité, de l’ordre de plusieurs centaines de milliers par semaines. Mais elle a l’inconvénient d’être une prise de risque énorme par le pouvoir en place qui doit être extrêmement coercitif pendant quelques jours à quelques mois sur une partie de la population, sans pourtant être sûr de réussir. Ce risque et l’incapacité de beaucoup d’États à  mettre en œuvre le volume de tests, a conduit à n’appliquer cette stratégie que dans peu de pays, bien qu’elle aurait dû s’imposer comme une nécessité dans tous les grands pays.

    La seconde, l’explosion, a l’inconvénient de faire beaucoup de victimes assez rapidement avec un effet psychologique désastreux au moment du sommet de l’épidémie, mais l’avantage de permettre à la population non touchée de continuer à mener un genre de vie avec un minimum de contraintes. Elle a aussi l’avantage, une fois le pic passé, de voir une décroissance encourageante des cas et un retour à la normale assez rapide. Le passage du pic demande, évidemment, une bonne confiance entre le pouvoir et la population afin d’éviter les mouvements de panique. Elle est plus appropriée pour les petits pays, voire pour les régions.

    La troisième, la prolongation, n’a que des inconvénients puisque d’une part c’est celle qui procure le maximum de victimes en vagues successives qui peuvent ne jamais s’arrêter et d’autre part elle fait subir à la population de lourdes privations de libertés ainsi que des perturbations sociologiques difficilement mesurables. En outre elle a tendance à faire entrer le vaccin dans sa stratégie bien avant qu’il soit d’une efficacité cernée. C’est donc le régime de la triple peine : maximum de victimes, maximum de contraintes sociétales, maximum de prise de risque par rapport au vaccin. J’ajouterai que, dans le cas de la France, l’introduction d’autorisation de circuler a fait basculer le pays dans une atmosphère ubuesque, qui n’a rien apporté de positif.

    A la lumière de cette évaluation, il est facile de comprendre que notre pays n’a pas la capacité technique ni l’organisation pour pratiquer la première méthode, qui est celle qui minimise les victimes, ni le courage d’appliquer la deuxième beaucoup trop risquée politiquement.

    Je vous laisse deviner la suite.

    Michel Costadau

  • Time

    Time

    Admettons pour commencer, ce qui n’est pas trop difficile, que l’homme fait partie du règne animal, je veux dire par rapport au végétal ou au minéral. Maintenant regardons à quoi s’occupent les uns et les autres. Le genre de vie des petites bêtes est assez difficile à observer, contentons-nous donc de celles qui nous ressemblent un peu : pattes, nageoires ou ailes, têtes avec bouche, oreilles, nez, yeux et oublions pour le moment la queue. Bref que font-elles de leurs journées ?

    Sans conteste un bonne partie de leur temps est consacré à la recherche et à la consommation de nourriture : la leur, celle de leurs petits, celle de leurs partenaires ou de quelques invités non prévus. Pour certains c’est chaque jour marché et utilisation sans stockage, pour d’autres c’est plus irrégulier avec un gros repas par semaine, voire par mois.

    Une petite partie, saisonnière ou même inexistante, de leur planning, est occupée par la construction de la tanière, maison, nid, toiles, creux. Pas trop prenant au final, parfois même réutilisable. Un temps extrêmement court est consacré à l’accouplement, occasion d’ailleurs de chants, de danses, de parades collectives ou individuelles. Et le reste du temps eh bien ils ne font rien c’est-à-dire dormir, somnoler, discuter, rêvasser, regarder, se promener, probablement rêver, voire réfléchir. Certes il y a des périodes de disette, de transhumance ou de migration, mais en moyenne ils ont du temps.

    Alors comment ça se présente chez nous. Globalement le temps passé à la recherche et à la consommation de nourriture est assez limité, en tous cas pour la collecte. Un peu plus pour la consommation. Celui de la construction d’habitation est nul, sauf une fois dans la vie pour la première maison des jeunes avec assez de courage pour se réserver les finitions qui, du coup, ne sont jamais finies. Celui de l’accouplement est très faible et très irrégulier sauf rares exceptions avec peu de festivités préliminaires, très rarement collectives.

    Et pourtant le temps pour dormir, somnoler, rêvasser, rêver et surtout réfléchir, manque cruellement ou tout au moins est très contraint. Quel est le schmilblick ?

    Bon tout vient d’un paradoxe énorme : les gens ne travaillent pas pour eux. Les animaux ne font que ça, pas nous. A quelques rares exceptions près, les hommes conçoivent, étudient, fabriquent des choses pour les autres, d’autres qu’ils ne connaissent même pas. Ils s’occupent très peu de chercher leur propre nourriture, même pour leurs petits. Ils se contentent d’attendre qu’on leur donne de l’argent pour leur travail. Et après c’est un peu la pagaille, allant de la misère au gâchis.

    Personne ne se préoccupant de sa nourriture, de son logement, de ses petits, de leur éducation et de la construction de son territoire, la porte est ouverte aux bandits, profiteurs, margoulins, beaux parleurs qui surfent sur nos besoins. En fait ce n’est pas notre argent que nous donnons quand nous achetons de la nourriture ou un moyen de locomotion, c’est notre travail, c’est-à-dire notre temps. Et le fait de vendre son temps n’est pas du tout neutre. Le temps c’est la seule richesse partagée équitablement entre tous les individus. Et cette denrée qu’est ce que nous en faisons : nous la dépensons sans compter à travailler pour les autres en échange de quelques pièces de monnaie. L’idée que du coup il y en a qui travaillent pour nous n’a jamais marché et n’a même aucun sens.

    Je ne dis pas que tout le monde doit devenir paysan-artisan-conteur, mais quand même à force de travailler en aveugle il serait temps de se demander si l’on ne pourrait pas travailler un peu plus pour nos propres demandes, pour nos propres besoins. Le travail est une notion récente dans l’aventure humaine.

    Et ça ne durera peut-être pas très longtemps.

    Michel Costadau

  • L’Etat

    L’Etat

    Je viens d’entendre parler d’une nouvelle initiative de l’État pour transférer vers les citoyens les délits environnementaux. J’espère exagérer un peu car il n’est, pas encore, défini précisément de délit. Nous devons donc plutôt parler de tendance. Alors quelle est la tendance ?

    Il y a d’abord un aspect concernant l’utilisation de tous types de produits.

    Jusqu’à maintenant, l’État était, plus ou moins, garant que tous les produits vendus au consommateur étaient « autorisés » c’est-à-dire conformes aux lois en vigueur et sans danger. En particulier sans danger pour la vie humaine et dans une certaine mesure pour la vie tout court et pour la nature. A condition bien entendu d’en respecter l’usage. L’État ne veut pas être accusé d’avoir autorisé la vente de couteaux au prétexte que certains s’en servent pour en tuer d’autres. Évidemment cette notion de bon usage des produits suppose que l’utilisateur non seulement en connaisse le fonctionnement mais aussi connaisse ses dangers potentiels. Et là il y a un sérieux problème car le business a tendance à cacher de plus en plus la nocivité de ses produits et l’État est de moins en moins diligent pour en interdire l’usage.

    Il y a aussi un aspect lié au fonctionnement de divers sites de production permanents ou périodiques. Disons que, avant, l’État était garant qu’une usine ne polluait pas trop ou tout au moins sans danger pour le personnel et autres voisinages. Bien sûr c’était une position théorique puisque dans la pratique l’État autorisait à peu près n’importe quoi. Mais enfin il était possible, non sans mal, de se retourner contre les pouvoirs publics. De même l’État se faisait fort d’édicter des normes que devaient respecter les entreprises et tous types d’engins en circulation rejetant des tas de choses dans l’air, dans l’eau ou dans la terre.

    Bien bien, tout cela est donc en train de changer en inversant la responsabilité. L’Etat ne voulant plus protéger les citoyens dit que c’est aux citoyens de se protéger eux mêmes. Ah bon mais je croyais que l’État c’était un peu nous avec nos impôts, nos services publics, nos fonctionnaires, le tout contrôlé par nos représentants. Est-ce que ça veut dire que l’on ne peut plus compter sur l’État ?

    Ben oui et même pire que ça : si tu habites près d’une usine émettant des substances dangereuses c’est à toi de mettre des filtres dans ta clim et dans ton circuit d’eau. Dans le cas où tu n’en mettrais pas et que toi ou quelqu’un des tiens se plaindraient, voire seraient victimes de maladies, tu serais accusé de t’être exposé en connaissance de cause à un danger. Un peu comme un suicide. Il en est de même de n’importe quel produit que tu achètes. S’il s’avère dangereux, tu n’aurais pas dû l’acheter et tu risques d’être accusé, par exemple, de pollution ou d’empoisonnement si c’est le cas. Ça craint vraiment.

    Alors voila c’est ça la tendance. Elle vient évidemment d’assez loin : Seveso, hépatite, amiante, AZF, Tchernobyl, CO². Ceux qui parlent encore d’État providence n’ont pas compris que l’État, étant aux mains du business est devenu notre geôlier, notre ennemi avec sa justice, son armée et ses polices.

    D’ailleurs dans l’épisode récent du virus, personne n’a eu l’idée d’accuser l’État de ne pas avoir protégé nos frontières, empêché notre pays d’être envahi et d’avoir, ainsi, d’entrée de jeu perdu la guerre. Mais que fait l’armée ? Clairement personne n’attend plus rien de l’État.

    Que des ennuis.

    Michel Costadau

  • Tapis

    Tapis

    LE BÉOTIEN ET LE PHILOSOPHE

    -Tiens, bonjour, dites-moi c’est bien vous qui m’avez parlé de laïcité l’autre jour ?

    -Oui c’était sur une question de maillot de bain,

    -Ah vous faites dans la mode ?

    -Euh non, c’était à propos de religion,

    -De ….. ah oui je me souviens, le sujet est encore sur le tapis ?

    -Le tapis de prière vous voulez dire, parce qu’on ne parle que de ça,

    -Bon alors c’est quoi le souci,

    -Ben si les religions c’est bon, pourquoi ne pas les subventionner et si c’est mauvais pourquoi les autoriser?

    -Ah, vous savez il n’y a pas de bonnes religions et encore moins de meilleure. Elles ont seulement pour objet l’asservissement et surtout l’acceptation de l’asservissement,

    -Ah bon mais alors pourquoi ce n’est pas interdit ?

    -Parce que chaque religion a son église et son réseau si vous voulez. Ces églises et ces sectes sont riches et donc puissantes et on ne peut pas les combattre de front, mais seulement par des idées,

    -Ben justement les hommes se posent des questions sur le sens de la vie ou l’origine du monde,

    -Mais bien sûr et c’est exactement pour cela que ces mêmes hommes ont inventé la philosophie,

    -Alors la philosophie c’est comme une religion,

    -Non, la religion n’apporter que des réponses sans aucun fondement. Elle se caractérise par l’utilisation exclusive de croyances,

    -Et la philosophie alors ?

    -La philosophie pose surtout beaucoup de questions et utilise le raisonnement, la logique et l’expérience pour progresser dans la connaissance. C’est elle qui a remis en cause les croyances, et c’est pour ça qu’elle est enseignée,

    -Mais les sectes enseignent la religion dès la maternelle, alors que la philosophie a pratiquement disparu de l’école,

    -Oui tous les pouvoirs jugent que ce qui fait réfléchir les gens est dangereux pour eux et donc l’évitent plutôt que de l’encourager,

    -La laïcité affichée par l’État est donc une simple hypocrisie,

    -Tout à fait clairement, l’État et les religions travaillent la main dans la main, mêmes objectifs mêmes méthodes,

    -Mais alors pourquoi c’est haro sur les imams et pas sur les curés ?

    -Ça c’est purement politique de la part du pouvoir pour essayer de récupérer les votes Le Pen, ça n’a aucun rapport avec la religion,

    -Pourtant c’est l’État qui a inventé la laïcité,

    -Non, en fait ce sont les philosophes qui ont inventé la laïcité, mais les cathos l’ont récupérée pour obtenir la liberté de culte. Seulement, cinquante ans plus tard ils n’avaient pas prévu qu’en amenant de la main-d’œuvre à bas prix de pays étrangers, cette main-d’œuvre amènerait aussi sa religion,

    -Pourtant l’État n’arrête pas de dire qu’il ne s’occupe pas de religion,

    -C’est l’inverse qu’il faut considérer,

    -Là je suis un peu perdu, l’inverse de quoi,

    -Ben la séparation des Églises et de l’État, ça veut dire la séparation de l’État et des Églises,

    -…………………………………je crois que je suis d’accord,

    -Ça veut dire que si l’État ne se mêle pas de religion alors les religions n’ont pas à donner de consignes de vote,

    -Mince vous pensez aux US, c’est vrai que là-bas tout est mélangé,

    -Je pense surtout à nous, car c’est la même chose qu’aux US mais caché, c’est-à-dire avec le mensonge en plus.

    Michel Costadau

  • Tests

    Tests

    C’est rare, très rare que je vous félicite. J’aurais plutôt tendance à vous houspiller pour votre mollesse et votre lenteur. Mais là bravo, oui je vous dis bravo : vous avez détourné le re-confinement, vous avez réagi, vous vous êtes adaptés. Certes toujours pas de resto, de ciné ou de concert, mais vous avez dompté les autorisations, les fermetures, les rencontres et les distractions et c’est bien. Moi j’ai quand même toujours le même ras le bol sévère. Ça déborde. Ça coince, Ça couine.

    Pourquoi ? Ben, clairement, il devient de plus en plus difficile de simplement penser, de réfléchir, tant l’agitation désordonnée et stérile du gouvernement nous met dans la confusion. Vous allez me dire que j’ai bonne mine à faire des réflexions alors que je dis que c’est pas possible. Bon on verra ça plus tard.

    Donc maintenant ils veulent gérer avec les tests et non avec les décès, bof, mais c’est eux qui ont la clé des tests : leur nombre, la durée de leur analyse, leur fiabilité. Quand ils veulent faire croire que ça se propage on augmente le nombre de tests. Quand ils veulent faire croire que ça baisse, on diminue le nombre de tests. C’est simple.

    Vous voulez un exemple : en ce moment le mot d’ordre est de dire que ça baisse. Alors quand il y a un cas déclaré dans une classe…..ben on ne teste pas la classe, ni l’école, ni les parents, oui il pourrait y avoir d’autres cas et ça pourrait faire croire que ça augmente….non on attend, oui on attend et si quelques uns de plus doivent mourir parce qu’on n’a rien fait et bien c’est pas grave puisqu’on ne pilote pas par les décès. C’est comme ça.

    Vous vous souvenez peut-être du billet « Décisions » du mois de septembre où il était indiqué qu’il n’y a pas que quelques décideurs dans le monde mais que tout le monde est amené à prendre de grandes décisions pour mener sa propre vie. C’est d’ailleurs une composante de base de la vie en société, que les individus agissent, réagissent en fonction des évènements. La vitalité d’une société se mesure à la réactivité de ses membres. Encore faut-il faire un tout petit peu confiance aux gens pour leur laisser les moyens de savoir, de penser et ensuite d’agir.

    Oui mais, maintenant, comment faire pour aligner trois idées sur le meilleur comportement à adopter quand déferle quotidiennement un flot d’informations impossibles à vérifier, à relier ou même à comprendre. L’avalanche médiatique nous oblige à ne vivre que dans l’immédiateté et dans l’incompréhension. Nous ne vivons plus la réalité, nous sommes seulement assourdis par le nuage de bruit que le pouvoir pose sur elle. Cela est voulu délibérément, c’est même une méthode de management. Noyer les gens sous des nouvelles est le quotidien qui nous est imposé.

    Tant que nous n’avons aucune initiative à prendre ça va à peu près, mais comment prendre les bonnes décisions quand il nous est interdit de décider.

    Néanmoins la question demeure de savoir si le pouvoir connait la réalité, notre réalité, s’il nous fait confiance pour trouver les bonnes pratiques et s’il comprend que la société c’est nous, ce n’est pas lui.

    Michel Costadau

  • Vote

    Vote

    Comme annoncé dans le billet « Raison » du 19 septembre 2020, Trump a été largement battu. Certes beaucoup se réjouissent, en France, de voir cet illuminé éliminé, mais qu’y a t il réellement de bon là-dedans et pour qui ?

    Il y a au moins une chose qui est désastreuse pour tout le monde c’est l’ambiance de tromperies en grand qui entoure ce scrutin. Or le vote est le point d’orgue de tous les pays qui se réclament de la démocratie, surtout ceux qui le sont le moins. Alors je me demande si les US sont encore le fer de lance de la liberté des peuples dont ils se parent pour dominer le monde. Réponse : non bien sûr.

    Car il y a des évidences qui s’imposent : les US sont le siège des pires ségrégations que connaît un pays : envers les noirs, envers les hispano, envers les prisonniers, envers les femmes, envers les idées politiques. La grand-messe médiatique à laquelle nous venons d’assister est d’abord une consécration du bipartisme qui est le complet détournement de la démocratie. C’est la solution qu’a trouvée la finance pour que rien ne change jamais.

    Mais est-ce que, justement, le nouvel élu va changer quelque chose à cela : surement pas. Il y aura probablement des mesures homéopathiques pour complaire aux mouvements communautaristes, mais aucun vrai changement, comme la liberté d’inscription sur les listes électorales. Oh je ne dis pas que les Américains ont mal voté, non c’est le vote lui-même qui est biaisé. Là-bas comme ailleurs.

    Par contre sur le plan international, là oui il peut y avoir quelques évolutions dans les rapports des US avec le reste du monde.

    Renonçant maintenant et momentanément à s’enfermer dans leur tour d’ivoire, les US vont probablement participer à nouveau à diverses instances internationales, économiques comme l’OMC ou culturelles comme l’UNESCO. Peu d’évolution à attendre dans les rapports avec l’Asie, sauf peut-être un nouveau rapprochement avec le Japon. Les rapports avec la Chine vont rester difficiles mais l’échec de Trump dans ce domaine va certainement amener le nouvel élu à plus de dialogue et à plus ….. d’échanges.

    Je ne suis pas surpris que les médias européens et donc français se réjouissent de cette élection, mais ils sont à coté de la plaque. Disons plutôt que les choses ne vont pas évoluer favorablement pour nous, sauf pour les British. Oui les US vont à nouveau s’intéresser à l’Europe. Pendant quelques années ils nous ont laissés tranquilles mais ça pourrait bien changer. L’Europe a montré, durant les 4 dernières années , toutes ses fissures qui se sont révélées au grand jour avec le virus. Fini le dollar faible, fini les discussions avec les GAFAM, fini les accords bilatéraux, fini les retraits américains de l’Europe de l’Est..

    Pour autant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain car, aux US, il règne indubitablement un esprit de liberté au niveau individuel beaucoup plus grand que dans les pays européens, par exemple. Mais il y a aussi une confiscation de la vie politique qui empêche les citoyens de s’exprimer. Car vous le savez il y a peu de votants aux US, à peine plus de 50 % et cela depuis longtemps. Certes pour la présente élection un taux de 60 % a été dépassé, mais ça reste maigre.

    Dommage, à part la Grande-Bretagne, que personne n’ait profité de l’épisode Trump.

    Ca ne reviendra pas souvent.

     

    Michel Costadau

  • Chiffres

    Chiffres

    Virus1.xlsx

    Il est bien connu que l’on fait dire ce que l’on veut aux chiffres ok, mais tout aussi indiscutablement, nous avons le droit de savoir de quoi il retourne. J’ai donc cherché à calculer combien de victimes avait été évitées par les mesures prises en France contre le virus et à quel prix. C’est un point d’étape avant la nouvelle phase de dépenses qui commence.

    Pour les victimes évitées la méthode la plus simple consiste à comparer la mortalité entre les pays qui n’ont pour ainsi dire rien fait, par exemple le Brésil, et le nôtre. Pour cela nous avons le tableau çi-joint. En effet si nous avions eu le taux de décès du Brésil nous aurions eu, à ce jour, 50 000 victimes au lieur de 35 000, soit 15 000 victimes évitées. C’est donc le chiffre que nous cherchions, mais pour tenir compte des incertitudes nous retiendrons pour le calcul le nombre supérieur soit 20 000 victimes évitées à ce jour.

    Maintenant regardons combien ont coutés ces 20 000 victimes évitées.

    Il y a d’abord la baisse du PIB. C’est la conséquence immédiate des décidions de mars. La baisse d’activité provoquée par les mesures gouvernementales a eu une influence directe sur les ressources du pays car c’est autant d’argent en moins pour payer les salaires, faire des investissements et alimenter les caisses de l’Etat. C’est cette baisse qui a engendré du chômage, la disparition d’entreprises et la rétention des achats de la population.

    Il y a aussi les dépenses supplémentaires de la sécu. Le mouvement de panique gouvernemental du début d’année a lancé les dépenses dans deux directions. D’une part une suppression de toutes les limites de dépenses pour tous les secteurs de la santé. D’autre part une mise à disposition préventive de pans entiers du secteur hospitalier public et privé pour faire face à d’éventuels besoins.

    Ensuite il y a le plan de relance français. Cette ligne budgétaire exceptionnelle a pour but d’injecter de l’argent dans l’économie afin de passer la période de baisse d’activité en attendant un éventuel redémarrage.

    Enfin il convient de considérer la participation française au plan de relance européen. C’est la même chose mais avec une action dirigée vers le volet bancaire.

    Il y a peut être et même surement d’autres coûts que l’on pourrait prendre en compte, mais il faut éviter les duplications, par exemple l’augmentation du chômage et le déficit des caisses et autres est, pour moi, contenue dans la baisse du PIB.

    Passons alors maintenant au chiffrage proprement dit. Voyons d’abord, en gros, les données de bases et ensuite chiffrons.

    PIB 2019 = 2 500 mds€,

    Budget Sécu 2020 = 500 mds€, dont environ la moitié pour la santé.

    Budget Etat français 2020 = 500 mds€

    Budget Europe 2020 = 150 mds€

    La baisse du PIB pour 2020 fait l’objet de beaucoup d’évaluation. Nous retiendrons 10%, à minima, ce qui nous conduit à prendre en compte 250 mds€.

    La sécu était quasiment à l‘équilibre en 2019. Le déficit admis par les pouvoirs publics, directement imputable au gouvernement, est de 45 mds€ pour 2020 et environ 30 mds€ pour 2021, ce qui nous conduit à prendre en compte 75 mds€.

    Le plan de relance France est annoncé depuis longtemps pour 100 mds€ et c’est donc ce chiffre que nous prendrons.

    De même le plan de relance Europe est de 750 mds€. Nous pouvons estimer la contribution de la France à presque 10% de ce montant ce qui nous conduit à prendre en compte 75 mds€.

    En faisant la somme nous trouvons 500 mds€. Et en divisant ce chiffre par 20 000 nous voyons apparaitre un coût de 25 M€ par victimes évitées.  Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est beaucoup beaucoup. Je vous précise que P. Artus avec un calcul différent et une estimation optimiste, dont on ne connait pas le mode de calcul, de 20 000 victimes évitées par mois arrive quand même au chiffre de 6 M€ par victime évitées. Ce qui veut dire que le coût total de 500 mds€ est le même que pour moi. En conclusion nous avons déjà brulé un an du budget national et c’est loin d’être fini.

    Tout ceci est il bien raisonnable ?

    Michel Costadau

  • Santé

    Santé

    L’économiste, assez peu connu, Robert Boyer fait remarquer que le domaine de la Santé Publique est le seul dans lequel le progrès technique ne fait pas diminuer les coûts mais au contraire les augmente. C’est assez contradictoire puisque c’est la base même du capitalisme qui est concernée. En effet, dit il même si le coût unitaire d’un soin diminue, le coût global augment car il faut donner ce soin innovant à de plus en plus de personnes. Et comme il y a toujours de nouvelles maladies à combattre c’est donc une erreur fondamentale de vouloir faire baisser le coût de la santé. Et j’ajoute : en supprimant des lits par exemple.

    Alors faut pas pleurer comme dirait Lydie, mais quand même vous avez la monnaie de votre pièce avec les mesures moyenâgeuses prises par le clown que vous avez élu. Cependant ça n’est pas lui le sujet.

    Non le sujet c’est la santé. Vous allez me dire que justement ben oui on ne parle que de ça. Et je vais vous dire ben non, ce dont nous abreuvent les médias c’est de maladies, pas de santé.

    En fait notre société découvre de plus en plus de maladies et met au point de plus en plus de remèdes pour y faire face. Ça s’appelle le complexe médico-pharmaceutique. L’activité de recherche est d’ailleurs 100 % orientée dans ce but. Ce qui veut dire que 0 % est tournée vers la santé, votre santé, notre santé.

    Alors voila, le problème est le suivant : il y a une totale disproportion entre les mesures prises pour dépister et soigner des maladies et celles prises pour maintenir les gens en bonne santé.

    Maintenir la population en bonne santé ça veut dire éviter qu’elle tombe malade dirait Lapalisse. Et c’est exactement le contraire de ce qui se passe.

    Clairement on peut dire que tout est fait pour que nous devenions et restions malades. La nourriture à base de plats cuisinés, le travail trop sédentaire ou parcellaire, trop stressé, sans satisfactions, le bruit constant et l’entassement dans des immeubles qui réduisent l’espace vital de chacun, la vie publique consistant à absorber, consommer, digérer les mêmes produits, les mêmes plaisirs, les mêmes chansons. Halte au feu.

    Bon, bon d’accord mais alors la bonne santé comment on fait cela ? Il n’y a pas trente six solutions, il n’y en a qu’une et elle nous vient des animaux. Ça s’appelle le biotope. Parce qu’on parle du biotope des castors ou des tortues de mer mais on parle rarement du biotope de l’homme.  Y a-t-il seulement quelqu’un qui ait fait cette étude-là.

    Il me semble que pour les animaux, en tous cas, un bon biotope est synonyme de bonne santé. Bien sûr il peut y avoir des équilibres croisés. Je veux dire par exemple que sans prédateur, une espèce peut se reproduire à l’infini et détruire son propre biotope. Mais cette reproduction à l’infini montre bien qu’ils ne sont pas malades. Ne me faites pas dire que le virus est le prédateur que l’espèce humaine homme attendait pour être régulée. Non je ne le dis pas et je ne le pense pas. Les guerres non plus ne sont pas la solution, même si ça l’a été dans un lointain passé. Non la solution c’est le biotope.

    Et celui de l’homme est à définir, car il me semble que de moins en moins de personnes vivent dans des conditions humaines, c’est-à-dire dans notre biotope.

    Michel Costadau

  • Raison

    Raison

    Incompréhensible, imprévisible, contradictoire, sanglante, incohérente, c’est ainsi qu’est perçue la politique US depuis quatre années. Et c’est comme ça qu’elle est, car c’est une tactique dûment élaborée et non le seul fait du prince. C’est même très efficace puisque l’imprévisibilité et le jeu avec les contradictions mettent adversaires ou partenaires dans le vent. Cette attitude empêche tous les autres pays de préparer des accords, des mesures, des propositions. Elle donne aux US toujours un coup d’avance puisque personne ne peut les prévoir. Et donc il en résulte que  les US font presque ce qu’ils veulent, où ils veulent, quand ils veulent.

    Notons que c’est exactement le contraire chez nous. La stratégie US fait apparaître crûment la complète paralysie de notre pays et de toute l’Europe et éclaire du même coup la volonté britannique de reprendre sa liberté, de se libérer des dix étages de contraintes et de contrôles que chaque pays et l’Europe ont mis en place.

    Si encore la tutelle européenne était démocratique, c’est-à-dire populaire, ça aurait un peu de sens. Mais il s’agit, bien au contraire d’une mainmise maffieuse des financiers sur nos institutions qui prive les politiques de toutes différentiations : il n’y a pas d’écologistes, de socialistes, de droite ou de gauche, d’extrême ou de centre, il y a seulement : tous au service du capital. Les politiques jouent sur le décor pas dans la pièce.

    Revenons aux US, je n’aime pas beaucoup commenter l’actualité parce que je préfère que l’actualité alimente ma réflexion et me permette d’améliorer, corriger, enrichir mes descriptions, analyses et jugements sur notre monde. Mais là, il y a un déclic qui s’est fait avec le comportement du président US. Certes ce n’est pas un scoop mais il est clair qu’il ne sera pas réélu. La question est : comment Trump a-t-il fait pour tomber dans les sondages ?

    Non ce n’est pas la gestion du virus qui a péché. Non ce n’est pas le pétrole ou le gaz qui ont ratés. Les Américains ont plutôt apprécié l’esprit d’indépendance et de liberté de Trump. Non, ce qui n’a pas marché, c’est qu’il a perdu la guerre contre la Chine. Guerre politique et économique, mais guerre.

    Dès le début Trump a focalisé son action sur les méfaits chinois. Il a même entrepris une opération de rapatriement de production qui, en fait, a surtout concerné le Mexique, parce que la Chine n’est plus tout à fait l’atelier du monde. Certes les chinois ont encore un peu de retard dans l’aéronautique ou les composants électroniques, mais ils sous-traitent eux même une grande partie de leur production. Et surtout ils ont un sens de la collectivité imbattable. Les US ne sont que la juxtaposition de millions de personnes sans rien partager ensemble à part la division en communautés antagonistes.

    Le comportement de Trump consistant à taper sur tout ce qui bouge a démobilisé l’opinion américaine. De vouloir faire de la Chine un bouc émissaire a profité à l’Asie qui tire plus que jamais la technologie mondiale. À vouloir faire l’« America great again », il a seulement obtenu l’ « América lonesome country ».

    Dans le commerce international règne le même esprit que dans les familles, c’est-à-dire un ensemble d’attirances et de répulsions sur un fond de coups bas et de coopérations. Au final personne ne peut avoir raison.

    Et Trump a eu tort de croire qu’il avait raison.

    Michel Costadau