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  • Référentiel

    Référentiel

    Je ne dis pas qu’il faut r systématiquement parler de ses sentiments ou de ses problèmes,  mais seulement admettre que ce que l’on ressent ou vit peut résonner pour d’autres personnes, au moins dans les domaines  professionnels, politiques ou sociétaux.

    Cependant il ne suffit pas de dire pour que ça serve, encore faut-il être entendu et surtout compris. Ce qui n’est pas du tout évident. D’ailleurs plein de gens sont déçus des efforts qu’ils font devant le vide que leurs propos rencontrent.

    En fait les citoyens ne s’intéressent pas aux autres et à leurs problèmes, mais seulement aux aspects intimes, scabreux ou douloureux de leurs semblables. C’est pour cela que la presse reste dans  le fait divers. Il a coupé la tête de son chien, là tout le monde regarde, même si ça se passe en Corée. Alors que : il explique pourquoi il ne fait pas confiance à l‘armée ne trouve pratiquement aucun lecteurs.

    Bon, on est un peu dans France Dimanche alors on va essayer de remonter, parce que quand je dis que je partage avec certains un sentiment de mal être du au monde actuel, beaucoup d’autres au contraire  s’y sentent parfaitement à l’aise.

    Er ce n’est pas très marrant, parce que cette adéquation n’est pas du tout l’apanage des milliardaires, elle est aussi celle de beaucoup de gens qui croient en ce monde.

    Même si ce sont des banalités je suis, par exemple, extrêmement surpris  par l’usage important que beaucoup de personnes font de l’IA. Pour eux c’est une aide, une amélioration, en d’autres termes un progrès. Ce qui pour moi est un gâchis énergétique et destructeur d’emplois, est vécu par d’autres comme une facilité dont il ne faut pas se priver et pour laquelle il faut remercier le système.

    L’engrenage de la facilité est à nouveau à l’œuvre.

    Autre banalité, la place qu’occupe l’argent dans les échanges et les propos. Et ce ne sont pas  ceux qui en manquent qui en parlent le plus, mais plutôt ceux qui en ont. D’abord pour déplorer que tout est cher, hors de prix, à des niveaux indus alors que ce sont les rémunérations qu’ils perçoivent qui sont indues, parce que bien trop élevées pour les services qu’ils rendent. Ceux là tiennent des propos indécents dont ils ne se rendent pas compte, encouragés  qu’ils sont par l’ambiance « money » dans laquelle nous baignons.

    Du coup je suis bien obligé d’admettre que le club de ceux qui pensent un peu comme moi est assez limité et rejoint le petit cercle des résistants qui n’ont ni la télé ni les plateformes.

    Mais comment est ce que quelqu’un entre en résistance ou pas ?

    En fait ce qui détermine le plus ce que sont les gens c’est leur référentiel, c’est-à-dire l’état d’esprit qui a entouré le début de leur existence et pour la plus part dans lequel ils vivent encore.

    Pour vous donner un exemple, mai 68 n’a pas été important à cause de la réforme des universités, de l’augmentation des salaires ou des barricades mais parce que cela a été un changement de référentiel  pour toute une génération. Ecroulement des valeurs traditionnelles religion, famille, patrie, travail.  Pour religion sans  remplacement, pour patrie par une conscience mondialisée et pour famille et travail par choix de vie et activités collectives. Mais ce choc, qui couvait depuis longtemps, a été sans lendemain. La  société ne s’en est jamais remis et d’autres  valeurs se sont  développées, l’argent, le mépris des autres et les choix individuels. Cependant, aujourd’hui, je ne crois qu’il y ait grand monde qui soit pressé d’aller faire la guerre, quelque soit la raison et quel que soit le pays. Disons qu’il y a des militaires pour ça qui, en plus, n’ont  pas droit à une grande considération.

    Et donc ceux qui sont baignés dans  ce nouveau référentiel ont naturellement tendance à le reproduire.

    Il y a bien sûr plusieurs référentiels au sein d’une société. Cela s’apparente à la notion de milieu. En général les gens restent dans le même milieu mais il est possible d’en changer. Cela a été le cas pour nous qui issus d’un référentiel provincial, religieux, conformiste et sans avenir, avons crée des communautés, faits des petits boulots et coupés les ponts avec les religions.

    Alors  contrairement à ce que tout le monde dit ou écrit, Trump ne s’est pas fourvoyé en Iran et n’est pas du tout coincé par les effets de la guerre qu’il a déclaré. Trump a été baigné comme des milliers d’américains dans le nouveau référentiel argent et égoïsme, et le plus difficile pour lui c’est de faire des priorités dans ses envies.

    Il a eu envie de faire la guerre à l’Iran, alors il l’a faite. Certes il a été poussé voire manipulé par Israel dont on ne méfiera jamais assez, mais quand même c’était une de ses envies. Et dans son référentiel on ne risque rien parce qu’il est le plus fort, le plus riche, tous les autres sont des fourmis. De l’Iran il s’en sortira très bien, jusqu’à ce qu’il ait une autre envie pressante. Genre Cuba ou le Canada. Dans son référentiel tous les problèmes se règlent avec de l’argent, il n’y a que le montant qui change. Trump a la main et fait ce qu’il veut sans ……

    Michel Costadau

  • Partage

    Partage

    C’est l’état d’esprit de beaucoup de personnes qui ne se sentent pas bien dans le monde actuel. Pour certains ça se traduit par une rébellion qui en général se retourne contre eux, mais qui peut donner une aura appréciée. Pour d’autres par une prostration qui les réduit au silence. Pour d’autres encore  par un militantisme conscient, collectif, solidaire, assez inefficace mais qui permet d’avoir une vie de groupe. Pour d’autres enfin par une réflexion et une analyse qui, même si elle n’a pas pour vertu de changer ce qui ne va pas dans le monde, permet de le comprendre afin de s’en protéger et de projeter un possible futur.

    C’est un peu l’attitude que je partage avec pas mal s’amis connus ou inconnus, y compris le copain qui a bien réussi son départ.

    Notons qu’un début de  réflexion est souvent l’antichambre du militantisme car il pose la question de quoi faire. En effet le constat d’impuissance, qui se répand de plus en plus et l’abstentionnisme électoral en est l’illustration, est un poison psychologique puissant qui fait de nous les prisonniers d’un monde qui ne nous convient pas. Et généralement l’impuissance conduit à l’inaction.

    Or l’inaction n’est pas du tout dans le registre humain et même plus largement dans ce qui est vivant,  bien au contraire. L’homme passe son temps à bouger,  que ce soit pour se nourrir directement comme dans le passé ou pour gagner de quoi se nourrir comme aujourd’hui.

    Mais, clairement, l’esprit est aussi une composante fondamentale de l’homme, et faire marcher son esprit c’est tout simplement réfléchir. Penser et organiser sa pensée est donc une autre manière d’agir. D’ailleurs les maitres du monde actuel font tout ce qu’ils peuvent pour empêcher que nous nous mettions à penser, à réfléchir, à comprendre. C’est leur hantise principale car quelqu’un qui commence à savoir est un résistant en herbe. Alors tous les moyens leurs sont bons.

    Disparition sciemment organisée de l’éducation, de l’accès à la connaissance, de l’accès à l’information. Monopolisation de l’espace médiatique par du commérage, des faits divers sans le moindre intérêt, des reportages vendeurs de rêves et d’évasion.

    Et aussi surabondance de la violence avec images, témoignages, commentaires, pleurs et complaisance pour baigner le quotidien de chacun dans un polar noir et défaitiste. Mélange constant entre pub et fausses nouvelles, brisant les limites de la réalité que l’on peut voir de sa fenêtre pour créer un extérieur hostile et malveillant.

    Et encore distillation du besoin d’être protégé, induisant l’acceptation de la surveillance, du contrôle, du fichage.

    Tout cela est clairement organisé soit disant indépendamment des forces politiques censées nous représenter, mais en fait avec  leurs acceptations, leurs accords et même leurs encouragements.

    C’est pour cela que partager cet état d’esprit avec d’autres est très important. Car hélas, la plus part des gens ont l’habitude de cacher leur réalité, de l’enjoliver, en gros de se fermer les yeux.  La guerre est un phénomène extérieur et lointain, les inondations c’est la faute de ceux qui ont construit là, les accidents c’est pas de bol et celui qui gagne au loto c’est du bol.

    Je  me demande s’il ne serait pas plus judicieux, quand  les gens se voient, non pas de dire ça va ? oui ca va, mais plutôt de parler des problèmes rencontrés soi même, la famille, les proches, les collègues. En fait  ce n’est pas normal  d’aller toujours bien, de n’avoir jamais de soucis, de croire que les autres vont bien, de ne pas avoir d’inquiétudes au boulot., ni de soucis avec les enfants.

    Et pourtant  d’un seul coup on découvre qu’un tel divorce, qu’un autre est licencié, qu’un autre se prive de distractions pour pouvoir payer son loyer et qu’un autre est très mal à l’aise avec les émigrés.

    C’est vrai que les hommes et les femmes sont endurants, préférant se taire que se répandre en jérémiades. Bien sûr on en connait beaucoup qui sont toujours à se plaindre, à récriminer. Ils sont lassants. Cependant, accumuler sans rien dire les états d’âme, les reproches, les situations mal vécues ou les propos désapprouvés conduit à une explosion qui surprend et se trouve presque décrédibilisée par sa violence inattendue. Et donc accumuler sans réagir est certes une grande force morale mais crée une pression interne croissante qui peut jaillir comme une éruption volcanique avec une dévastation liée à son caractère imprévu.

    Je ne dis pas qu’il faut parler systématiquement de ses sentiments ou de ses problèmes,  mais seulement admettre que ce que l’on ressent ou vit peut concerner d’autres personnes, au moins dans …….

    Michel Costadau

  • Alimentation

    Alimentation

    Est ce que l’on peut imaginer des poulaillers collectifs en ville, aux pieds des immeubles ou au contraire sur les toits terrasses. Evidemment cela risque de susciter une levée de bouclier pour les odeurs, les poussières, le bruit. La gestion aussi peut s’avérer difficile, qui s’occupe d’alimenter, de ramasser les œufs, d’enlever la gallinace. Voire aussi qui paye quoi.

    Et puis il ne faudrait pas que ça devienne une obligation de manger des œufs, ce qui serait un  peu abusif.

    Une solution pourrait être de créer un emploi pour ça, peut être même partagé avec d’autres immeubles ou au contraire avec plusieurs postes si l’immeuble est grand.

    A vrai dire cela pourrait surtout concerner les nouvelles constructions avec introduction du poulailler dans le cahier des charges des architectes, parce que dans les bâtiments existants rien n’est prévu pour cela.

    De même le problème des grippes aviaires devrait être traité. Il y a peut-être la solution de la vaccination, mais il semble quand même que la propagation de ce genre d’épidémie soit beaucoup liée à l’industrialisation et au transport  de certains professionnels. Ce qui ne serait pas le cas pour les poulaillers d’immeubles, au moins au début.

    Ceci dit encore faut il que les gens mangent des œufs de poules. Je ne connais pas de régime alimentaire qui exclut les œufs mais ça existe peut-être.

    L’élevage de poules date probablement de l’arrivée de l’agriculture dans notre histoire puisqu’il faut du grain toute l’année pour les nourrir.

    Avant les œufs étaient surement consommés mais provenait de la visite des nids de volatiles sauvages. Et avant, avant, avant eh bien nos prédécesseurs mangeaient un peu de tout mais cru et froid.

    Contrairement à ce que j’ai envisagé dans le billet précédent « Un poulailler », la connaissance des champignons vénéneux pourrait d’ailleurs dater de l’époque préhistorique et non des famines historiques. Néanmoins, l’alimentation est un sujet fertile et général.

    J’aime beaucoup ce dicton turc qui dit « On creuse sa tombe avec ses dents ». On peut l’interpréter de plusieurs manières. Et officiellement cela veut dire qu’une mauvaise alimentation conduit à des ennuis de santé. Bof. Mais, comme  les carences  alimentaires conduisent à des ennuis de santé, cette interprétation ne veut pas dire grand-chose.

    Moi je le comprends  comme : manger nous maintien en vie et nous donne donc la possibilité de vieillir et donc de mourir. Ou si vous préférez il y a un paradoxe parce que manger conduit quand même à la mort. Et ça devient même philosophique, dans le sens ou vivre c’est apprendre à mourir, car il n’y a aucune échappatoire.

    La subtilité du dicton tient aussi  dans creuser avec les dents. C’est synonyme de lenteur, ce qui est compatible avec la longueur de la vie.

    Dans le film Les trois enterrements de Melquiades Estrada, Mike creuse la tombe avec ses mains et c‘est long et pénible.  Alors imaginez avec les dents, c’est quasiment impossible ou en tous cas ça évoque vraiment un temps infini. Bien sûr la vie n’est justement pas infinie mais c’est long quand même. Et au bout il y a la tombe. Même si ce n’est pas d’un très haut niveau cela évoque aussi le Ti bouffe ti bouffe pas ti crève quand même. Et symboliquement la grève de la faim est un acte fort de lutte, parce qu’il raccourcit la durée de la vie.

    Vous allez me dire que je fais une fixation sur la tombe et la mort. Ce n’est pas ça mais quand même cette semaine j’ai été enterré un copain de quelques années de moins que moi, mais qui a réussi un départ exemplaire. Il allait bien et puis un jour une de ses amies a trouvé qu’il n’avait pas l’esprit très clair. Le lendemain ça allait très bien, il a été chez une de ses sœurs et le soir elle n’a pas voulu qu’il reparte en voiture  et elle lui a demandé d’aller voit in médecin. Le surlendemain il a dit qu’il y allait mais il est revenu sans y avoir été et le soir il est décédé.

    On ne peu pas faire  mieux. Parce que trainer un handicap pendant des années soutenu par une médecine commerciale, beaucoup de personnes voudraient éviter cela. Et donc une fin rapide est le top de la fin de vie. En plus ce copain avait réussi une vie tranquille.

    Dans une fratrie de 7 il s’est, je pense, laisse porter par le groupe, protégé par ses frères et sœurs plus âgés. Puis il a été dans d’autres groupes, toujours très fort en amitié, mais aussi avec une certaine insouciance. Evidemment adepte de l’herbe et de la fumette, régulière, sans excès mais sans interruptions.  Un métier dans la menuiserie, des relations féminines, un enfant, beaucoup de copains, toujours le sourire aux lèvres. A ma connaissance pas d’histoires compliquée ou de boulets que l’on traine toute sa vie. Mais je me méfie parce que les gens sont quand même secrets, peut-être Denis moins que les autres, mais rien n’est sûr.  Et donc un départ réussi après une vie réussie elle aussi.

    Ce que je partageais avec lui, c’était la conviction que le monde ne fonctionnait pas du tout comme il fallait. L’humanité ne tourne pas rond et pourtant nous n’y pouvons pas grand-chose. C’est l’état d’esprit de ………

    Michel Costadau

  • Un poulailler

    Un poulailler

    Et au bas des murs deux rangées d’étagères recouvertes de paille avec des séparations verticales pour permettre aux poules de pondre et de couver.

    Quand je suis arrivé il n’y avait plus de poules, mais une bonne couche de gallinace que j’ai pu mettre au jardin, c’est à dire à l’endroit où il me semblait qu’il y avait eu un potager et que j’ai toujours actuellement.

    A noter que dans les poulaillers les murs étaient de ce bleu pale que j’appelle charron, que d’autres appelle bleu pastel et que l’on trouve aussi bien sur les charrettes à bœufs que sur les volets. Mais je suis hérissé par l’utilisation qui est faire de ce mot pastel, comme du mot cocagne. Le nouveau cinéma de Lavaur s’appelle Ciné Pastel, alors qu’il est entièrement rouge Térréal. Cette référence au passé pour mythifier un supposé âge d’or est une vraie mystification puisque cette culture n’a enrichi que les Toulousains, comme le rappelle la dénomination Toulza de pas mal de villages. Et l’appellation pays de cocagne, comme une espèce d’eldorado où l’argent coulait à flot est franchement indécente. Et je ne parle pas des gaulois.

    Ceci dit l’intérêt d’un poulailler me semble établi, bien que je n’ai pas de retours de ceux qui en ont, sauf mon voisin qui a des œufs certes mais aussi le renard et la route quand les poules s’échappent et ça arrive.

    Evidemment rien de plus simple que d’acheter des œufs avec le salaire que vous donne le système en échange d’un travail même sans le moindre intérêt. Le salariat forme un couple imbriqué avec la consommation. Comme disait le Ford qui a crée les voitures Ford, quand je paye mes ouvriers c’est pour qu’ils achètent des voitures.  Quand je dis rien de plus simple encore faut-il qu’il y ait des œufs. C’est le gros problème de la société de consommation : l’approvisionnement. Le système est toujours prêt à faire la guerre pour ça.

    Et beaucoup de gens ont pris le pli. Dès qu’il y a la moindre menace ils se ruent sur les provisions sans comprendre que c’est justement leur mauvaise habitude de vouloir des rayons pleins qui crée le phénomène de manque et non pas l’absence de tel ou tel produit. Et qu’on ne me dise pas que c’est un reflexe datant de la guerre, car il ne reste pas tellement de gens qui ont connu les rationnements.

    Moi plutôt que la peur de manquer, mon souci c’est de me passer de cette société de consommation.

    Je me pose souvent la question de comment on pourrait atteindre une certaine autonomie alimentaire. Evidemment ça ne concerne que la campagne, c’est beaucoup plus compliqué pour la ville.

    L’histoire du monde rural est extrêmement instructrice à cet égard. Certaines fermes avaient une grande autonomie. Les marchés hebdomadaires servant de lieu d’échange, une paire de pigeon contre une chemise, en passant par une monnaie en général.

    Pour l’autoconsommation en fait il y a deux aspects la production et la conservation. L’énergie peut en grande partie provenir du bois pour le chauffage et la cuisson et l’eau de puits et de citernes. Pour ce qui se conserve il y a d’abord le blé, les fruits secs comme les noix, certains légumes comme les pommes de terre ou les courges. Oh tout ça ne se conserve pas très longtemps, mais le souci c’est de faire la jointure annuelle. Les grandes famines ont lieu à la fin de l’hiver quand les provisions s’épuisent et les nouvelles productions ne sont pas encore là. C’est probablement dans ces occasions que des gens ont essayés de manger des choses inhabituelles, écorces, plantes, champignons avec des désagréments digestifs dont certains mortels. C’est peut-être de là que vient la découverte des champignons vénéneux.

    Par contre il est sûr que nous avons perdu beaucoup de savoirs et d’expérience  dans ces domaines et qu’il nous faudrait les redécouvrir, y compris pour la faune, c’est-à-dire les animaux dits sauvages qui peuvent fournir une partie des besoins.

    En introduisant le concept de nécessité Il est du coup beaucoup plus facile de comprendre la notion de braconnage qui trop facilement qualifié de vol était souvent une opération survie.

    D’ailleurs cette notion de nécessité existe encore dans le droit et les avocates des écureuils de l’A69 s’en sont servis souvent avec succès. Ceci dit il est clair que de nos jours, en France, le braconnage ne relève presque plus de la nécessité, mais certaines pratiques de chasses pour alimenter les boucheries charcuterie des villes  relèvent du même principe.

    Pour en revenir à lune certaine autonomie, le poulailler s’impose comme une évidence, au moins sur le papier. Des œufs presque toute l’année, du poulet à condition de mettre un coq, une alimentation à base de grains assez faciles à stocker et un fertilisant utile au potager. Les constructions et le parcours peuvent être modestes. Mais il convient d’avoir un lieu fermé et sûr au moins pour la nuit.

    Je me souviens de ma grand mère appelant la basse cour  « pouleu pouleu pouleu »  pour leur jeter les épluchures et les côtes de melons. D’ailleurs cette partie de l’habitation s’appelait la cour des poules. Et le soit elle rentrait les poules et nous on allait se coucher.

    Est ce que l’on peut imaginer des poulaillers….

    Michel Costadau

  • Une porte

    Une porte

    C’est vrai je viens de construire une porte. En fait j’ai fais de la récupération. Je suis parti d’une vielle porte à deux pentures assez courtes, branlante et pointée avec des clous aux bouts rabattus mais qui faisait à peu près la dimension. J’ai rajouté une latte de plancher pour faire la largeur et je l’ai renforcée avec de la volige vissée cette fois et en croisant.  Puis j’ai trouvé deux pentures plus longes sur une autre porte que j’avais démontée quand nous avons refait la maison.

    D’ailleurs j’ai toutes les portes et les volets que j’avais  trouvés en arrivant. A vrai dire je n’en fais rien, mais j’ai cette manie de garder plutôt que de jeter. Notre dernière fille nous dit presque crument « vous ne savez pas jeter ». Vlan ! J’ignorais que cela s’apprenait de jeter, mais en tous cas c’est sûr que je ne sais pas faire. Par contre j’ai un principe c’est qu’à la première réutilisation possible qui se profile j’y vais  sans chercher à savoir si une prochaine occasion serait meilleure.

    Une fois les pentures fixées au bon écartement, c’est à dire celui des gonds, avec des boulons et des rondelles pour pouvoir serrer, j’ai récupéré aussi un vieux pot de peinture blanche murs et plafonds encore utilisable en re-mélangeant avec de l’eau et j’ai passé trois couches de chaque coté.

    Coup de chance j’ai pu peindre dehors puisque c’était juste après le déluge que nous avons eu cet hiver.

    L’emplacement de cette  porte est l’accès à une ancienne porchère dans le bas  d’un bâtiment indépendant de la maison mais probablement plus ancien qu’elle. Je présente donc la porte pour pouvoir l’enfiler dans les gonds. Seulement j’avais oublié que pour pouvoir mettre la porte dans ses gonds il faut la soulever de la hauteur du pivot des gonds et en faisant cela je tape dans la descente d’eau de la gouttière du toit. Cette descente est à cet endroit là en légère pente presque horizontale, passant juste au dessus du gond du haut, pour aller se jeter dans un abreuvoir placé le long du bâtiment. De plus l’espace entre la gouttière et le mur est insuffisant pour y glisser la porte au dessus du gond. Qui plus est les boulons de fixation de la penture du haut buttaient dans l’encadrement de la porte. Nécessaire réfléchir vite et bien.

    En dévissant la gouttière pour lui donner du mou avec le mur et en faisant au burin un peu de place pour les boulons de la penture j’ai réussi à mettre la porte dans ses gonds.

    Ouf. J’ai revissé la gouttière et fait  tourner la porte sur elle-même.

    Tout allait bien sauf que en regardant plus précisément j’ai vu qu’il y avait un petit espace de 3mm  qui faisait que le gond du haut ne portait pas, mais seulement celui du bas.

    Qu’à cela ne tienne, je cherche un morceau de tuyau acier qui avait du servir à amener l’eau dans la maison et j’en coupe une rondelle d’à peu près  3mm d’épaisseur avec la meuleuse.

    Seulement pour pouvoir glisser cette rondelle dans le gond il me faut enlever la porte, c’est-à-dire la soulever ce que justement je ne pouvais plus faire puisque j’avais remis la descente en place. Bien embêté. Je me voyais déjà en train de re-démonter la gouttière. Fallait trouver une solution car si non je ne pourrais plus jamais enlever la porte sans démonter la gouttière à chaque fois.

    J’ai donc ouvert la porte à 90° pour la mettre perpendiculaire au mur. A ce moment là seul l’angle en haut de la porte sous la gouttière était bloquant. J’ai donc pris une scie pour enlever le petit triangle isocèle qui gênait. A part que je suis quand même tombé sur un clou, ça s’est bien passé. J’ai mis la rondelle et maintenant elle porte sur les deux gonds et je peux l’enlever quand je veux.

    La porte est bien fermée, par un arrêt de volet récupéré lui aussi, mais derrière la porte il n’y a plus de porchère et plus de cochon, car c’est en train de devenir une cuisine d’été que j’essaye de finir. En fait il y avait la porchère suivie de deux poulaillers ayant chacun leurs portes et des murs de séparation.

    Dans les poulaillers il y avait des espaliers, c’est à dire des montants penchés à 45°  reliés par des rondins plus ou moins réguliers afin que les poules puissent se percher pour dormir. Et sur les murs ……………………

    Michel Costadau

  • Municipales

    Municipales

    Nous avons, au total, environ 1 élu par km². C’est-à-dire un peu plus de 550 000 élus. Sur ce nombre les conseils municipaux représentent presque 90% des élus de notre pays.

    Les autres sont députés sénateurs, départements ou régions. Mais, en fait ce sont bien ces 10% là  qui décident tout pour le pays, les municipalités se chargeant de gérer les populations, comme elles peuvent.

    C’est donc de cette élection que nous allons parler.

    1 élu pour chaque km², ça ne parait pas exorbitant, et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les villes ne sont pas surreprésentées. Ce sont plutôt les campagnes qui le sont, puisque la moitié des communes font moins de 500 habitants et 90% moins de 3 500. Il y a même des commues avec zéro  habitants !!!

    C’est la France rurale comme on l’appelle parce que campagne ça fait un peu bouseux. Avec le paradoxe qu’il n’y a plus de bouseux et pour trouver les derniers qui résistent, il faut aller au fin fond de l’Ariège.

    Cependant pour participer correctement il convient de bien comprendre ce que c’est qu’un élu municipal.

    Les élus sont des gens payés pour dépenser l’argent des autres.

    La phrase et un peu choc mais correspond exactement à la réalité.

    Attention, tous les élus communaux ne sont pas payés, car presque tous n’ont aucun pouvoir. Seuls moins de 20%  touchent des indemnités, le restant servant seulement à participer. Mais tous dépensent l’argent des autres.

    Clairement ce n’est pas leur argent qu’ils dépensent, c’est le votre. Quand un élu dit qu’il a un projet qui lui tient à cœur, par exemple un groupe scolaire ou un stade, ça veut dire que vous allez payer un stade ou un groupe scolaire.

    Vous allez me dire que vous l’avez élu pour ça, puisque c’était dans le programme. Et vous allez ajouter que vous, personnellement, préféreriez une école à une caserne. Mais rassurez-vous les écoles et les casernes sont faites quand il faut et où il faut. Vous avez les deux pour le prix d’un.

    Tout ça pour dire que ceux qui veulent gérer les mairies comme des entreprises sont à coté de la plaque. C’est très différent.

    Bien sûr les municipalités ont des revenus qui proviennent en général de l’Etat ou de revenus fonciers, mais aussi de leurs ressources propres. Au grand jamais, contrairement aux entreprise, il ne s’agit de l’argent des élus c’est même pratiquement illégal.

    En fait le seul problème pour les candidats c’est le programme. Les programmes sont à peu près tous les mêmes de Dunkerque à Toulon puisque ce qu’il y a à faire s’impose à toutes les communes : écoles, voirie, sécurité etc. Très difficile de se démarquer.

    Alors ce qui compte c’est de dépenser. Une commune qui n’est pas très endettée est une commune mal gérée. Ce serait une erreur de croire que gérer les finances communales en bon père de famille est apprécié. Bien au contraire, c’est un travers dans lequel sont tombés beaucoup de candidats, bien intentionnés au demeurant, de promettre des comptes équilibrés, de ne pas vouloir plus que ce que l’on peut. Ceux là n’ont pas été élus parce que les électeurs demandent que l’on construise, que l’on édifie, que l’on bâtisse, en gros que l’on se projette dans l’avenir. Il est clair que les électeurs aiment aussi dépenser l’argent des autres, un peu comme si une subvention ne venait pas de leurs contributions. !!

    Alors faites des projets, même un monument commémoratif, qui par principe ne sert strictement à rien, aura la faveur des électeurs.

    Bien sûr n’allez pas proposer une station de ski dans les landes, ça n‘est pas porteur.

    Par contre essayez de penser aussi aux jeunes. Ce n’est pas facile parce que les conseils sont remplis de retraités. Je ne dis pas que les villages sont aux mains des retraités, mais on n’en est pas loin. Les villes moins car il y a des professionnels de la politique qui rodent.

    Seulement, attention, vous ne pouvez pas être candidat seul et il faut pratiquement faire des listes complètes, à deux près.

    Cette possibilité a été supprimée récemment  pour les petites communes. C’est évidemment un nouveau recul démocratique, puisque, les listes incomplètes ou les candidatures isolées permettaient une expression citoyenne plus large et plus riche. Par contre l’introduction de la parité homme femme est très correcte démocratiquement.

    Ce qui n’a pas été le cas pour la réforme des cantonales qui a certes amené la parité aux conseils départementaux mais au prix de l’agrandissement des cantons par regroupement deux par deux. Ceci a donc conduit à des cantons avec deux fois plus d’habitants.

    Or l’augmentation de la  taille des  institutions dilue la représentativité des élus et le vote des citoyens. Ils nous ont déjà fait le coup avec les régions, comme ils nous l’avaient fait pour l’Europe. Et maintenant, dans le même esprit, ils développent les Communautés de communes, qui sont de simples regroupements mais avec des compétences de plus en plus étendues, ca qui est, non seulement, un nouveau recul  démocratique, mais aussi un nouvel étage qu’il faut alimenter financièrement. Avec la encore des élus payés pour dépenser l‘argent des autres et même en grande quantité.

    Bon restons positifs.

    Pour les municipales n’hésitez pas à participer, à vous investir voire être candidat. C’est sans danger, on découvre beaucoup de gens et c’est enrichissant.

    Michel Costadau

  • Téléphone

    Téléphone

    C’est l’histoire du type qui a essayé de créer son identité numérique. Moi je croyais que mon identité numérique c’était mon mobile puisque pour valider une opération commerciale, bancaire ou administrative, on m’envoie un code sur le mobile pour identification. Ben c’est pas ça.

    J’ai donc essayé. A vrai dire, j’avais une démarche à faire pour la SCEA et je suis rentré dans formalités/entreprisses. On vous demande alors si vous avez quelque chose à déclarer. Ben oui justement c’est pour ça que je me suis connecté. On vous informe alors qu’il faut passer par le Guichet Unique et que c’est facile. Déjà quand ils disent facile ça veut dire que plein de gens se sont cassé le nez et que donc c’est difficile. Faut être vigilant.

    On vous explique, alors,  qu’il faut prendre beaucoup de précautions, genre lire tout un tas de recommandations, avant de passer à la phase déclarer qui est celle pour laquelle vous vous êtes connectés.

    Après trois codes de vérification sur mob, sur mail puis sur mob, on vous propose deux méthodes. L’une qui inclut gratuitement la signature électronique qui vous sera nécessaire et l’autre pas et, évidemment, on vous recommande la première sans vous dire à quoi sert l’autre.

    Vous choisissez donc la première et là deux nouveaux choix se présentent. Avec France Identité ou avec La Poste. J’ai choisi La Poste. La Poste vous demande alors de vous munir de votre passeport, de votre mobile et de votre CB pour des achats éventuels !

    La scène suivante consiste à photographier le passeport, puis la photo de vous  qui est dans le passeport, puis votre propre tête. La procédure est la même avec une carte d’identité, à condition qu’elle soit au nouveau format CB avec puce.

    Vous  êtes prêt  C’est parti. Il faut alors  appuyer successivement sur chaque question qui apparait sur fond bleu, avec le pouce puisque vous tenez le phone dans la main, d’où quelques erreurs d’aiguillages.

    Maintenant il faut prendre le passeport dans la main gauche et tenir le mobile de l’autre afin de mettre le passeport dans le cadre qui apparait sur l’écran.

    Veuillez inclinez le passeport vers vous  Mettez le dans la lumière et ne bougez plus. C’est presque fini.

    Bon maintenant  Mettez la photo de votre passeport dans le cadre. A cet instant il te faut donc ne viser que la photo de la page que tu viens de prendre en entier.

    Vous êtes prêt, encore un instant, C’est presque fini, clac, c’est bon.

    Maintenant Mettez votre visage dans l’ovale qui apparait sur l’écran, Rapprochez vous un peu, c’est presque fini,  clac, c’est bon.

    Mais c’est pas fini. Tournez vous vers la gauche, il y a d’ailleurs une flèche vers la gauche qui apparait sur l’écran. Le problème c’est qu’en tournant la tête tu ne vois plus l’écran.  Alors tu tords les yeux et un peu la tête pour essayer de voir si tu es dans l’ovale.

    Et puis tu entends clac et s’affiche Vous pouvez quitter l’application. Votre identité numérique vous sera fournie dans moins de trois heures.

    Un quart d’heure après, un mail te dit que la procédure a échoué et qu’il faut recommencer. J’ai recommencé deux fois.

    Après j’ai essayé France Identité. Il apparait que les mairies sont en mesure de certifier votre identité numérique. Banco. J’ai téléphoné à la mairie qui m’a dit qu’elle ne voyait absolument pas de quoi il s’agissait, mais que pour certifier une signature il pouvait le faire.

    Je me suis donc replié sur moi-même pour reprendre mes esprits et tenir une conférence au sommet de mon incompréhension. J’ai commencé par procéder à une analyse froide de la situation. Il m’est alors apparu que je ne savais pas à quoi pouvait servir cette fameuse identité numérique.

    J’ai donc demandé à GG et WK qu’ils me le dise.

    C’est alors qu’un précipice s’est ouvert devant moi car nous n’avons pas une identité numérique mais des identités.

    EXTRAITS

    Il existe quatre processus de figuration de l’identité numérique :

    1. L’identité civile qui renvoie aux « propriétés génériques et statutaires » fixes de l’individu dans sa vie réelle (nom propre, sexe, âge, localisation, photographies personnelles, etc.).
    2. L’identité agissante qui caractérise ce que fait la personne dans l’univers numérique, ce qu’elle est à travers ses « œuvres » (réseaux professionnels, passions, goûts, etc.).
    3. L’identité narrative qui caractérise le récit personnel fait virtuellement, mais se basant sur le « vrai » moi (journal intime, surnom, pseudo, etc.).
    4. L’identité virtuelle qui caractérise les « projections de soi [qui] prennent des formes ludiques, imaginatives ou fantasmatiques [et] qui n’entretiennent que des correspondances improbables avec l’identité réelle des personnes » (avatar, personnage, jeux en ligne, etc.).

     

    Et trois composantes de l’identité numérique :

    1. L’identité déclarative qui se réfère aux données saisies par l’utilisateur comme son nom, sa date de naissance, ou autres informations personnelles directement renseignées par l’individu.
    2. L’identité agissante qui est indirectement renseignée par les activités de l’utilisateur sur la toile.
    3. L’identité calculée qui résulte d’une analyse de l’identité agissante par le système, comme le nombre de « likes», le nombre de communautés virtuelles dans lesquelles l’individu évolue, ou encore ses fréquentations sur les réseaux sociaux.

     

    Pour sortir du cauchemar j’ai juste pris un miroir et je mes suis demandé qui c’est que je voyais la dedans. J’ai eu beau remuer le miroir dans tous les sens je ne voyais que moi. Ca m’a rassuré.

    Et je n’ai toujours pas d’identité numérique. Bof

    Michel Costadau

  • AigreEurope

    AigreEurope

    Encore un billet aigre avec quelques accents presque complotistes, mais je vous le promets le prochain sera plus détendu.

    Juste au moment où je décide de faire un billet sur l’Europe, voila qu’un artiche du Monde des Livres m’ouvre une porte inattendue. Dans cet article un journaliste défend le nouveau livre d’un historien qui dit en gros que l’UE est un Etat mais pas comme les autres, un Etat qui s’ignore encore, c’est-à-dire qui est en train de devenir un vrai  Etat, comme il en existe presque 200 à l’ONU, voire même un Etat supérieur.

    Je ne vais pas discuter de savoir si l’UE est un Etat ou pas. Il est clair que ce n’est pas le cas. Ce serait plutôt une construction purement économique pour favoriser les entreprises européennes. Qui dit entreprises dit actionnaires, qui dit actionnaires dit milliardaires. Chercher l’intrus.

    En l’occurrence ce n’est pas l’économie qui m’intéresse mais la politique. La question est donc : est-ce que l’UE est une actrice politique au même titre que les US ? Si je pose la question c’est parce que certains d’entre-vous  pensent que l’UE est une force de paix entre les peuples, une force œuvrant pour renforcer les droits de l’homme partout dans le monde, une force agissant pour le maintien de la biodiversité et le respect de l’environnement.

    Hélas il n’en est rien. C’est même le contraire. Et pour commencer l’UE est en guerre avec la Russie et d’une manière rampante  avec les US.

    Depuis sa création l’UE est un marché commun, on dit maintenant unique, c’est-à-dire que tout tourne autour du commerce. C’est pour ça qu’il y a, dans l’UE, quelques Etats voyous  afin de permettre aux affaires de se faire. Malte et Chypre sont de ceux-la. Les directives européennes, sous couvert de tout électrique et d’énergies alternatives sont très permissives avec l’environnement et la biodiversité. Bon on va pas en faire un plat, mais exit la protection de la biodiversité et de l’environnement puisqu’il y a des trous dans le filet. A Bruxelles en face du bâtiment de la commission il y a celui des lobbies qui a deux fois plus de monde. Les affaires sont les affaires, faut que tout le monde vive.

    Mais alors les droits de l’homme quand même. Oui les droits de l’homme sont la clé qui permet à l’UE de se mêler des affaires des autres avec un excellent prétexte. C’est cela qui lui a permis d’agresser l’Ukraine jusqu’ à la réaction russe.

    Euuuuh oui c’est pas facile à admettre car pour beaucoup de gens et les médias occidentaux, l’agresseur c’est la Russie.

    Un peu comme l’attaque terroriste palestinienne du 7 octobre.  Heureusement il est maintenant admis qu’Israël n’a jamais accepté les palestiniens et les a pourchassés depuis des années et qu’Israël est l’agresseur patenté. L’action du 7 octobre n’étant qu’une réponse à la violence par la violence à cette agression qui est en train de tourner au génocide.

    Halte me direz-vous on s’éloigne de l’Ukraine. Pas tant que ça, parce que les révolutions orange, les groupes fascistes dans les rues, les élections corrompues et  l’incendie du siège des syndicats de Maiden, c’est au nom des droits de l’homme que l’UE a impulsé et financé cela.

    Vous le savez le principe est simple, il consiste à trouver dans le pays cible des citoyens sensibles aux valeurs européennes, commerce, presse, concurrence, économie de marché, créations d’entreprises etc, et de mettre les médias et les politiques en route pour s’offusquer qu’ils n’aient pas le droit de s’exprimer. Ensuite manifestations, soutien médiatique de la ligne OTAN-Europe, création de petits partis politiques pro-européens, dénonciation de la répression et ça y est l’engrenage est lancé. Y a qu’à dérouler.

    Et pourtant depuis toujours  la Russie a dit pas d’Europe et surtout pas d’OTAN pour l’Ukraine. Vous allez me dire, mais de quel droit la Russie lui interdit l’OTAN. Simplement parce que l’OTAN est un traité qui définit la Russie comme l’ennemi et pointe ses armes sur elle. Vous le savez mais vous l’oubliez souvent.

    Et donc les actions orange ont continuées jusqu’à la réaction violente de Moscou le 24 février 2022.

    En fait la guerre n’aurait pas du durer, car c’est ce jour là qu’il aurait fallu commencer à négocier. Je me souviens même que Le Monde s’est fendu d’un article qui expliquait clairement la position russe depuis le soviétisme, la Crimée, Kroutchev etc. Mais non l’UE a choisi la guerre et ses horreurs, pour aller où ?

    Quoiqu’il arrive les Ukrainiens n’auront rien gagné dans cette affaire, car comme je l’ai bien expliqué dans le billet Democratia : vous n’avez pas le pouvoir de changer votre voisin. Et l’Ukraine, même appuyée par l’Europe ne l’a pas.

    Alors exit les droits de l’homme, l’UE ne les respecte que quand ça l’arrange, parce que sinon pas de Mercosur ni de commerce.

    Bon  il reste la paix. L’UE promeut la paix dans le monde. Oui, c’est vrai, mais il y a peu de pays qui disent le contraire. Alors certes, l’UE organise beaucoup de pourparlers de paix quand il y a un conflit quelque part. Quelques fois ça sert, mais en fait le vrai faiseur de guerres ou de paix ce sont le US.  Et l’UE ne s’et jamais opposé aux dictats US. On vient encore de le voir avec les droits de douane, le Groenland, le Venezuela et les dérèglements climatiques.

    Est-ce que l’Europe va essayer de changer de paradigme en affrontant le rouleau compresseur US ?

    J’ai comme un doute. Et vous ?

    Michel Costadau

  • AigreIA

    AigreIA

    J’ai surement la naïveté d’un premier communiant, mais je n’arrive pas à avoir peur de l’IA. Certes je vois que ça fleurit un peu partout, qu’il y a beaucoup d’utilisateurs et chaque fois que j’ouvre un fichier il y a un encart qui demande « besoin d’aide ? ». Non merci A+

    Pourtant il y en a qui se posent de sérieuses questions, comme ces analystes de la météo avec leurs modèles hyper sophistiqués qui utilisent la puissance d’Eviden et qui avouent que l’IA fait d’aussi bonnes prévisions qu’eux. Et pourtant les outils IA n’ont pas que je sache des capteurs un peu partout. Et c’est même pas sûr qu’ils sachent la différence entre un cumulus et un stratus.

    J’imagine que les développeurs IA ont rentrés toutes les données anémométriques, pluviométriques  et autres de toutes les villes du monde depuis 100 ans avec le temps –weather- qu’il faisait. Puis ils ont fait des corrélations entre ces données à la fois dans le temps –time- et dans l’espace. Peut-être ont-ils lancé un mécanisme d’apprentissage en partant des données d‘une semaine pour trouver le jour suivant, puis fait glisser la semaine jusqu’à aujourd’hui.  Et ils proposent une prévision la plus proche statistiquement de ce qui s’est déjà passé.

    J’imagine mais en fait je n’en sais rien. Alors, que ceux qui pourraient m’éclairer la dessus, sans se moquer, n’hésitent pas à le faire. Merci d’avance.

    Mais je ne vois pas dans tout ça ce qui pourrait m’inquiéter. Je note même que, si mon hypothèse est correcte, l’IA ne peut faire des prévisions que parce qu’il y a tous les relevés météos qui ont été soigneusement collectionnés pendant des années. Et qui sont disponibles. Toutes ces données permettent aussi, je le suppose, de faire des prévisions à plus long terme, ce qui peut paraitre impressionnant, mais n’est qu’une extrapolation de relevés.

    Bien entendu les consommations des centres de données en électricité, métaux rares, main d’œuvre exploitée et pillage d’informations sont révoltants et dangereux mais c’est la même histoire qui se répète. Chaque fois qu’il y a un nouveau concept en mesure d’entrainer une croissance de la consommation, les pouvoirs publics ferment au maximum les yeux jusqu’a ce qui ce soit suffisamment développé pour ne plus pouvoir revenir en arrière. Automobile, télévision, téléphone, réseaux, trottinettes, IA, voitures et taxis sans chauffeurs et bientôt taxis volants tout a été fait pour que cela puisse se développer malgré les morts, la pollution, l’endoctrinement, les vrais mensonges et la facilité. !!! -Allo ! oui deux pizza et des sushis ! -dans un quart d’heure ! -c’est très bien ! -voila ma carte, c’est au deuxième ! -au revoir !!!.

    Pour moi l’IA n’est pas big brother, pour la simple raison que big brother existe déjà. Eh oui il est aujourd’hui impossible d’échapper au logiciel du capitalisme qui est la consommation. Vous pouvez couper les pubs, ne pas avoir la télé, ni de réseaux sociaux, ni écouter les informations, le logiciel est quand même à l’œuvre pour détruire la planète et fabriquer des produits de plus en plus inutiles….que vous finissez par acheter. Et si vous me dites que vous arrivez à avoir une carte de crédit qui ne laisse aucune trace, à éviter les spam  et autres requêtes insidieuses, eh bien je ne vous crois pas. En plus il n’y a pas d’ailleurs, car les milliardaires ont déjà acheté toutes les iles désertes, alors il vous reste la plage d’Argeles ou le lac de Bethmale.

    Clairement, il me semble qu’un des principaux débouchés de l’IA c’est l’aide au choix, l’aide à tout en fait, le parfait outil du petit feignant. Ca va devenir de l’hyper consommation éclairée nuit et jour par nos chères centrales nucléaires. Il ne faut peut être pas le dire comme ça mais l’atome me fait plus peur que l’IA.

    Il est clair que l’ensemble du savoir de l’humanité représente une richesse, un patrimoine collectif inestimable. Alors que l’IA se jette dedans comme un cochon dans une remorque de pastèques pour tout manger, piétiner, piller, pirater et  gâcher à tel point  qu’on ne reconnaisse plus le vrai du faux, c’est, certes, une honte mais seulement une honte de plus.

    Bien sûr ils utilisent le mécanisme de personnalisation qui fait que vous avez l’impression que c’est une personne qui vous répond. C’est assez classique mais pas trop dangereux. C’est comme pour le GPS, où une charmante voix vous indique -première sortie et ensuite votre destination se trouve sur la droite- vous amenant à dire quand vous vous trompez qu’elle va  vous rétablir, alors que vous devriez dire il car ce n’est pas une femme qui vous parle mais un logiciel.

    Alors est ce qu’avec l’IA nous sommes seulement dans le domaine de la tromperie. Non, pour moi, l’IA est d’abord un outil de consommation, consommation des centres de données pour les construire et les utiliser et consommation des acheteurs, c’est à dire nous. C’est aussi un outil d’augmentation  de la productivité c’est-à-dire de robotisation avec son cortège de pertes d’emplois  et d’augmentation des profits encore et toujours.

    Il y a quand même deux trucs qui me font sourire d’avance. D’abord la bataille des IA. Portés par leurs sponsors, les logiciels vont se battre entre eux pour rester en tête avec peut-être la  génération d’auto-pub comme au temps de Palmolive. Ensuite la propagation de l’erreur. Ces logiciels ayant une frontière floue entre le vrai et le presque vrai, la contamination de leurs propres données deviendra difficile à repérer et encore plus difficile  pour essayer de s’en débarrasser.

    Alors l’argent toujours l’argent on en sort pas. Fini le temps où les entreprises se contentaient d’un résultat de 7% du chiffre d’affaire.  SpaceX fait un bénéfice égal à la moitié de son chiffre d’affaire. C’est ce que cherche l’IA. Avec ça on peut aller faire son marché sans soucis.

    Bonne courses.

    Michel Costadau

  • AigreAgri

    AigreAgri

    Je ne sais pas trop si les manifs agricoles sont vraiment terminées mais ce qui est sûr c’est qu’elles ont été d’une extrême confusion.

    Néanmoins il y a tout d’abord deux choses à regretter. Primo l’écho pas si défavorable que ça dans l’opinion et deuxio la permissivité totale des forces de l’ordre, c’est-à-dire du gouvernement, vis-à-vis des exactions des manifestants sauf pour la Confédération Paysanne.

    Car vous le savez, en tous cas pour une bonne partie d’entre vous, il y a trois organisations syndicales agricoles. D’une part la FNSEA/JA ou Fédé, ensuite la Coordination Rurale ou CR et enfin la Confédération Paysanne ou Conf. Ces trois organisations défendent des lignes extrêmement différentes.

    La première est sur une  position d’agrobusiness axée sur l’exportation, les firmes agro-alimentaires et la mécanisation,  la deuxième très marginale jusqu’à ces dernières années est sur une ligne de grosses exploitations tournées vers l’abolition de toutes entraves dans les fermes, l’augmentation des marges agricoles et le développement du salariat. La troisième, issue de petits paysans et d’ouvriers agricoles défend les valeurs travail, collectif et proximité.

    Dans un premier temps seule la Conf, puis la Conf et la CR avec leurs militants et leurs tracteurs ont manifesté sur le refus de l’abatage total pour endiguer la DNC et contre le Mercosur. La Fédé était donc absente ce qui s’explique par le fait que c’est elle qui a préconisé l’abattage total pour préserver ses filières d’exportation et qu’elle n’a rien contre le Mercosur.

    Ensuite la CR est montée en pression mettant la Conf en porte à faux idéologiquement, ce qui l’a obligé à se démarquer et à faire quelques actions seule.

    Enfin, tardivement, la Fédé est arrivé avec ses propres tracteurs et un  projet de loi qui reprend ses demandes et seulement les siennes.

    Et donc au final c’est le gouvernement qui a gagné avec la Fédé. La CR s’est faite une bonne publicité pour ses idées fascistes et la Conf a progressé en notoriété mais ses militants ont  pris des coups.

    Et l’agriculture dans tout ça. Et bien c’est la grande perdante. N’ayons pas peur des mots, la Fédé et la CR sont les fossoyeurs de l’agriculture. Leur objectif est de transformer les agriculteurs en salariés des firmes, des mal nommées coopératives et des industriels amont et aval. Salariés ça veut dire acheter les intrants et livrer entièrement sa production. Entre les deux il y a un travail d’exécution qui peut être fait de plus en plus par des robots. C’est le principe du salariat mais avec une absence totale de maitrise des coûts et des prix, ce qui amène la disparition d’un grand nombre de fermes et un mécanisme constant d’agrandissement des exploitations.

    L’exemple des œufs est assez illustrant. On importe trop d’œufs et il convient de relocaliser la production pour éviter les trous d’airs liés à des grains de sable dans la logistique. Pour cela deux méthodes sont possibles.

    La première consiste à développer la production chez un grand nombre d’agriculteurs qui valorisent ainsi directement leur produits végétaux, trouvent un complément de revenu et permettent une distribution locale.

    La seconde consiste à favoriser l’implantation d’énormes unités de productions en baissant au maximum toutes les normes de contrôle sanitaire et de pollution, en légalisant des conditions de vie déplorables pour les animaux, en concentrant  l’approvisionnement et l’écoulement dans les firmes multinationales  et en dégradant  la qualité des produits .

    Comme vous le savez c’est la deuxième méthode qui est choisie et c’est cela que j’appelle la mort de l’agriculture.

    Alors oui il y a encore des paysans qui font leur foin, qui rentrent les bêtes le soir, qui connaissent chaque parcelle en leur faisant produire ce qui est adapté prés, céréales, légumineuses et qui mettent du fumier. Pas partout mais il y en a encore, même dans le Tarn. Mais ces gens là ne sont pas aux commandes des chambres d’agriculture, ni des coopératives, ni des safer, ni des firmes agroalimentaires, ni des cabinets ministériels. Souvent ils ne sont même pas représentés. Alors ils s’éteignent doucement, laissant la place au business et aux machines.

    Bien sûr il y a encore des marchés, des AMAP, des colis, des foires et des concours, mais ce n’est pas cette image là que donnent les manifestations agricoles. En clair sortir les tracteurs ne profite qu’à la Fédé et à la CR.

    C’est pour cela qu’il est déplorable de soutenir ce monde agricole là qui est très polluant, accapareur d’eau et de terres, se moquant complètement de la biodiversité, de l’environnement et la qualité de ce qu’il produit , n’hésitant pas à transformer en carburant des champs entiers de mais ou de colza.

    Oui c’est cela le monde agricole qui met un vieux moustachu avec son béret  sur la réclame de son fromage ou de son saucisson industriel.

    Evidemment certains diront qu’il y a des producteurs locaux qu’il faut soutenir et encourager, des fermes bio respectueuses de l’environnement et que la Conf défend vraiment les paysans. Oui c’est vrai mais c’est quand même plus bobo que populaire. C’est de la consommation pas de la politique.

    En ce qui concerne le laisser faire des pouvoirs publics vis-à-vis de la Fédé et de la CR, malgré quelques accrochages avec cette dernière, c’est la confirmation que ces syndicats et leurs adhérents sont au service du gouvernement pour faire passer tous les projets de destruction de la nature.

    Bon appétit.

    Michel Costadau