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  • Référé suspension A69

    Le 19 juin 2023 notre avocate a déposé un recours en annulation contre  l’arrêté d’autorisation environnementale  du 1er mars 2023  pour les travaux de l’A69 Castres Verfeil. Ensuite le 7 juillet 2023 notre avocate a déposé un référé suspension demandant la suspension immédiate du même arrêté d’autorisation environnementale du 1er mars 2023 et dont l’audience est prévue le 26 juillet 2023.

    Clairement il y a de bonnes chances pour que nous gagnions ce référé suspension. En effet dans l’esprit des juges il d’agit d’une affaire simple et solide dans laquelle toutes les étapes ont été franchies réglementairement : consultations, débat public, Déclaration d’Utilité Publique, choix des concessionnaires, enquête publique environnementale, arrêtés préfectoraux autorisant le début des travaux.

    Il nous faut donc saper cette tranquille assurance des juges en faisant ressortir les éléments discordants et problématiques de ce projet. Et il y en a beaucoup.

    Cependant un référé suspension demande une approche différente de celle pour le jugement du recours sur le fond, car dans un référé la justice a l’obligation de se prononcer rapidement.

    Il y a donc comme première obligation de démontrer qu’il y a vraiment urgence et que l’on ne mobilise pas le tribunal pour un objet qui peut attendre.

    En second lieu il faut que le tribunal ait quelque chose à suspendre, d’où la seconde obligation qui est d’établir clairement qu’il y a des travaux en cours et que c’est ceux là qu’il faut arrêter.

    Enfin il faut démontrer qu’il n’est pas possible de laisser les travaux se dérouler jusqu’au jugement sur le fond et qu’il est nécessaire de les arrêter immédiatement.

     

    VRAIMENT URGENCE

    La commission d’enquête environnementale a émis un avis favorable avec une sérieuse réserve portant sur le prix du péage.

    Cette réserve n’a été levée ni par le préfet ni par le concessionnaire.

    Le préfet a balayé cette réserve en disant qu’elle était hors sujet. Or le péage et son prix font partie intégrante du dossier soumis au public. Le public et la commission se sont donc prononcés à juste titre sur le prix du péage. Le préfet a donc commis une grossière erreur.

    Le tribunal, constatant que le préfet n’a pas levé la réserve, doit donc  faire passer l’avis de la  commission d’enquête publique de favorable à défavorable.

    Or l’avis défavorable d’une enquête publique donne directement un caractère d’urgence au référé suspension.

    Le concessionnaire non plus n’a pas levé la réserve car elle porte sur une réduction substantielle du prix du péage pour tous les utilisateurs et tous les véhicules. Dans sa réponse  celui-ci n’a proposé des réductions que pour les véhicules électriques et pour certains abonnés.

    L’avis de la commission est donc bien défavorable, l’urgence est confirmée et les juges ont à se prononcer.

    Revenons sur l’erreur du préfet et demandons-nous pourquoi il l’a commise ?

    Tout simplement pour pouvoir  promulguer le plus rapidement possible l’arrêté d’autorisation environnementale permettant le début des travaux.

    En effet le préfet est pressé car sa seule stratégie est celle de la course de vitesse afin de mettre le tribunal devant des travaux tellement avancés qu’il lui soit difficile de les arrêter.

    Clairement ce n’est pas le cas aujourd’hui, puisque les travaux n’ont  débuté que le 1er mars 23, c’est-à-dire il y a 6 mois et devraient durer au moins 36 mois.

    Certes la mission confiée au préfet au moment de sa nomination a été de faire réaliser l’autoroute coute que coute. Il a donc fait de l’interventionnisme pour éviter d’avoir à lever la réserve au terme de longues négociations avec le concessionnaire.

    Cependant cette stratégie de la course de vitesse ne manquera pas d’interroger les juges qui n’apprécieront pas de voir le préfet s’assoir sur le droit pour aller plus vite.

     

    TRAVAUX EN COURS

    Il est facile de constater que les travaux ont démarrés, en particulier pour le pont sur l’Agout. Le concessionnaire a aussi attaqué divers chantiers pour des bases de travail  temporaires ou des bassins de rétention. Le concessionnaire ne nous ayant pas fourni le planning général de l’A69, il est difficile de mesurer l’avancement réel.

    Néanmoins notre estimation donne les indications suivantes.

    Avancement en délais environ 15%, réalisations  autour de  5% et engagements financiers entre 5% et 10%.

    Nous disposons de nombreuse photos et d’article de presse faisant état des travaux. Le tribunal est donc bien informé que des travaux ont démarrés et sait donc ce qu’il peut arrêter.

     

    ARRETS DES TRAVAUX

    Pour amener le tribunal à suspendre l’arrêté et donc les travaux nous faisons notre travail de sape en attaquant la légalité de l’arrêté d’autorisation environnementale.

    En effet le dossier du concessionnaire présente tellement de lacunes que les juges auront un sérieux doute sur la légalité de l’autorisation.

    D’une part l’étude d’impact ne porte que sur l’autoroute comme si celui était, à lui tout seul, la situation finale. La situation initiale étant la 126 actuelle.

    Or la situation finale est composée de l’autoroute plus la 126 remodelée que le concessionnaire désigne comme l’« itinéraire de substitution ».

    N’importe comment cet itinéraire fait partie de la situation finale et aurait donc du faire partie intégrante de l’étude d’impact.

    Par exemple, les passages de faunes ne concernent que l’autoroute.  Aucune étude de continuité des passages d’animaux n’a été faite en prenant en compte l’autoroute  plus la 126 remodelée. Remodelée ça veut dire que les anciens passages de la 126 se trouvent chamboulés et auraient mérités une attention particulière. De plus le cheminement parallèle, presque continument, des deux infrastructures séparées parfois de moins d’une dizaine de mètres fait une double barrière dont l’effet peut être dissuasif pour beaucoup d’espèces animales.

    Il en est de même pour l’eau et les ouvrages hydrauliques. Aucune étude globale de l’ensemble autoroute + 126 remodelée n’est fournie, alors même que nous sommes de l’aveu même du concessionnaire en zone inondable sur une grande partie du parcours. Des submersions ont déjà été constatée sur la 126 et l’évolution du climat montre plutôt que  de tels évènements ont encore plus de chance de se produire. A nouveau une étude globale aurait du être fournie et manque cruellement.

    De même le concessionnaire n’analyse pas l’évolution de la sécurité entre la 126 actuelle et la vraie situation finale,  mais seulement entre la 126 actuelle et l’autoroute projetée.  Or il est difficile de croire que la re-traversée des villages de Soual  et Puylaurens  puisse être une amélioration de la sécurité alors que les accidents avec les deux roues et les piétons, sans parler de trottinettes que l’on voit aussi hors agglomération, sont en continuelle augmentation. Les zones dangereuses de dépassement ne sont pas modifiées, de nombreuses  sorties à droite ou à gauche sans haricots restent en l’état et les ralentissements dus aux engins agricoles demeurent un risque important. De plus de nombreux rond points font obstacle à la fluidité du trafic et imposent des ralentissements sources de danger.

    Et que dire de la manière dont le concessionnaire annonce des gains de temps de parcours. Il n’est question que de l’autoroute projetée et non de l’ensemble autoroute + 126 remodelée. Une formule prenant en compte le temps et le nombre de véhicules aurait été la bienvenue, de façon à illustrer que s’il y a des gains d’un coté pour certains utilisateurs, il y a des pertes de l’autre pour au moins autant d’utilisateurs.

    L’étude d’impact est donc incohérente et ne permet pas de juger de ses effets sur le territoire.

    D’autres part le concessionnaire procède à un saucissonnage de l’impact du projet. Il essaie de jongler entre les impacts directs et indirects des travaux.

    Par exemple l’impact  direct du projet sur les terres agricoles, les bois, les zones humides, ainsi que sur les animaux et les espèces végétales est étudié et décrit dans le dossier. Cependant il faut savoir qu’un remembrement est prévu sur tout le parcours et porte sur des surfaces 20 fois supérieures à l’emprise de l’infrastructure.

    Clairement le remembrement fait partie directement du projet.

    Le remembrement projeté porte sur plus de 7 000ha et pourtant ne donne lieu à aucune analyse d’impact alors que des haies vont être détruites, des zones humides creusées ou comblées. Et de nombrasses espèces protégées mises en danger. Rappelons  pour mémoire que les remembrements ont fait d’énormes dégâts dans le pays avec la disparition de 750 000km de haies, de talus, de mares et de zones humides qui font aujourd’hui cruellement défaut. Les juges se demanderont pourquoi les surfaces de remembrements  n’ont pas été incluses dans l’enquête environnementale.

    De même aucune étude de l’urbanisation résultant de l’arrivée d’une autoroute n’a été présentée. Or les autoroutes sont le principal vecteur de l’urbanisation des territoires  traversés. Toutes les communes s’apprêtent à multiplier les lotissements, les zones artisanales et industrielles, à accueillir des centres logistiques, à faire des renforcements de voirie ou même des bretelles de contournements.

    Qui plus est le concessionnaire se contente de dire qu’il n’y aura pas particulièrement d’impacts et que tout est sous contrôle. C’est exactement cela le saucissonnage. Reporter à plus tard l’étude d’un impact indirect plutôt que de le joindre à l’étude initiale. A nouveau l’étude présentée ne permet pas de juger de l’exhaustivité des impacts du projet.

    Enfin le concessionnaire a fait une énorme erreur de raisonnement en indiquant qu’il  n’y avait aucune autre solution  pour fluidifier le trafic de Castres à Verfeil. Sa démonstration repose sur le fait que l’autoroute est la seule solution pour diminuer le temps de parcours. Or ce n’est pas ce qui est demandé par la loi. Ce qui est demandé, pour justifier l’autoroute,  c’est de démontrer qu’il n’existe aucune autre solution qui fait gagner un peu moins de temps, par rapport à aujourd’hui, mais qui fait beaucoup moins de dégâts environnementaux que l’autoroute + la 126 remodelée.

    Par exemple le concessionnaire n’a pas étudié les impacts environnementaux de la mise en œuvre de la solution ministérielle initiale d’aménagement de 1994 qui a permis entre autre d’avoir les rocades de Soual et Puylaurens.  Les juges vont donc se poser la question : mais est ce que le concessionnaire a vraiment cherché une autre solution qu’une autoroute en site propre.

    Le concessionnaire, pour justifier une autoroute,  a mis en avant plusieurs arguments comme le désenclavement de l’agglomération Castres/Mazamet, ou un bassin d’emploi désavantagé régionalement, voire la réparation d’une injustice, mais le  seul critère plus ou moins mesurable est le temps de parcours.

    C’est donc à l’aune de ce critère que doivent être évalués les dégâts environnementaux. Et c’est la diminution de ces dégâts qui doit guider le choix d’une solution et non l’augmentation du temps de trajet comme le concessionnaire a eu le tort de le faire dans son dossier.

    Ainsi seul un tableau, appuyé sur des études détaillées et donnant pour divers temps de parcours croissants  une liste des gains environnementaux pourrait permettre de faire le choix de la meilleure solution. Ce tableau, ni même son ébauche, ne figure dans aucun des documents du dossier.

    D’ailleurs la reconnaissance par les juges de l’absence de recherche de solutions alternatives sera le déclencheur de l’avalanche d’illégalités qui entache ce projet.

    Depuis la mise à l’écart de la solution ministérielle gratuite, en passant par la question tronquée du débat public ou par la réserve encore ouverte de la DUP sur la traversée de Soual et Puylaurens pour arriver aux irrégularités de l’enquête environnementale et aux affirmations péremptoires sur les bienfaits magiques d’une autoroute en 2050, rien dans ce projet n’a été fait sur de bonnes bases et il n’est donc pas étonnant qu’il s’écroule aujourd’hui.

    Michel Costadau

  • Agri 23

    Agri 23

    Alors pour prendre et puis garder le pouvoir, ils ont inventés d’autres concepts qu’ils déclinent dans tous leurs organes de communication. Par exemple « être contre le progrès » ou « c’est le progrès qui nous fait avancer ». Voilà de bons slogans, qui leur permettent de dire que ceux qui sont contre les data-centers, contre les OGM ou contre les autoroutes sont contre le progrès.

    Sous la notion de progrès il y a une énorme manipulation basée sur le mélange entre découverte et amélioration.

    Quand Colomb a « découvert » les Antilles, il a certes amené une connaissance géographique de plus, mais il n’a rien amélioré du tout. Cela n’a pas été l’occasion du moindre progrès. Au contraire cela a conduit à la destruction de plusieurs civilisations et fait des millions de victimes.

    Par contre quand Pasteur a « découvert » les vaccins, cela a permis une amélioration pour des millions de personnes.

    Eh oui tout ce qu’ils qualifient de découverte amène rarement des améliorations. En particulier dans le domaine des armes, de la chimie organique, de la pétrochimie, de l’alimentation, de la construction, du transport. Les découvertes sont de simples innovations uniquement destinées à augmenter le profit des actionnaires.  Et ces innovations ont en général un impact négatif sur le climat, la biodiversité et la santé humaine.

    Mais justement la santé ferme la boucle de cette ronde diabolique en  « soignant » les méfaits du système tout en  générant des profits monstrueux avec des « découvertes » extraordinaires. Les labos pharmaceutiques sont le nouvel or noir des financiers.

    En effet existe  t il un meilleur créneau pout le business que de chercher à guérir les maladies que crée le genre de vie imposé par la société de consommation sans s’occuper le moins du monde d’en diminuer les causes. Car c’est l’argent du pétrole et de sa pollution, des gaz à effet de serre, des armes, de la vie sédentaire, des produits phytosanitaires et de la voiture qui s’engouffrent dans le médical.

    Le système a toujours inventé des concepts pour asservir les populations. Souvenez-vous des appels au  patriotisme et au réveil de la nation. Là ils y ont été un peu fort en édictant que tout citoyen doit défendre la patrie et être prêt à mourir pour elle. Ce qui a conduit à des dizaines de millions de victimes. D’ailleurs cette notion se décline, encore de nos jours, avec les slogans « la France tu l’aimes ou tu la quittes ». C’est ce registre qui permet aux riches de mettre tout un pays à leur service pour défendre leurs biens au prix de la vie des citoyens. Et l’Ukraine ne fait pas exception.

    Comme ce texte part un peu dans tous les sens, je rappelle que nous sommes toujours dans la rubrique : fuite en avant des décideurs.

    Le principe de cette fuite est simple : tous les problèmes actuels trouverons leur solution dans le futur avec la recherche, l’industrie  et la communication. Il n’y a donc pas lieu de s’affoler et de chercher des solutions aux désordres actuels, mais de faire confiance en l’ingéniosité humaine.  C’est ainsi que le système ne cherche aucunement à résoudre le moindre problème et continue à en créer de nouveaux qui seront soi-disant résolu dans peu de temps.

    Mais hélas la réalité contredit complètement cette croyance dans la capacité du système à résoudre ses problèmes. Sans même parler des guerres ou de la malnutrition, le genre de vie qu’impose le système est dévastateur. D’abord le principe même du salariat n’est que la continuation de l’esclavage sous une autre forme. C’est vrai que l’on peut changer de maître, en changeant d’employeur, mais la subordination totale demeure avec son corollaire : ne pas penser.

    Et ceci ne concerne pas que les ouvriers, employés, ou autres exécutants. Même les sphères directoriales et les hauts fonctionnaires ne sont que des exécutants de la ligne définie par la finance et les actionaires .

    Vous pouvez avoir l’illusion que les chercheurs sont des gens libres qui font, vraiment, ce qui leur passe par la tête. Erreur eux aussi sont des exécutants des ordres. Une preuve par exemple : toutes les recherches ont au moins une application militaire. Le seul ferment de la recherche est la guerre, qu’elle soit avec de l’argent ou avec des armes.

    Michel Costadau

  • Sortie de route A69

    Intervention de Christophe Cassou Membre du GIEC

    XXXX

    Intervention de Karen Erodi Députée du Tarn

    Camarades de luttes, Citoyennes, citoyens,

    Je tiens tout d’abord à remercier les organisateurs de la manifestation. Mobilisés depuis plusieurs années contre le projet d’autoroute A 69, leur inlassable travail a permis de mettre en lumière les dangers de ce projet, l’entêtement et l’enfermement idéologique de certains élus locaux rassemblés dans un attelage hétéroclite allant de l’extrême-droite à la présidence du département et de la région entrée en dissidence au sein de la gauche. C’est par la mobilisation de l’ensemble des collectifs que nous avons aujourd’hui sur la table une proposition alternative crédible à ce projet destructeur : L’aménagement harmonieux de la RN 126. La solution d’équilibre comme le rappelle si souvent le collectif La Voie Est Libre.

    Mille fois encore : Merci !

    La mobilisation a mis en lumière les effets néfastes de ce projet.

    Il coche toutes les cases d’un projet du passé, à rebours des enjeux environnementaux qui s’imposent à nous toutes et tous. Ce projet va consommer une quantité d’eau incroyable alors que nous sommes rentrés dans une période de raréfaction de la ressource en eau. En 2022, le Tarn a été placé en sécheresse du mois de mai au mois de novembre ! Du jamais vu Ici ! Ce projet détruit des réservoirs de biodiversité alors que nous sommes entrés dans une période d’extinction massive du vivant.

    Il sacrifie 400 Ha de terres agricoles à l’intérêt agronomique incontestable alors que la souveraineté alimentaire est devenue un enjeu de sécurité nationale. Enfin, il offre pour cinquante années, et pour un prix prohibitif, le quasi-monopole d’une liaison routière et d’infrastructures publiques à la société privée ATOSCA-NGE alors qu’il apparaît que les concessionnaires autoroutiers ont réalisé des profits colossaux sur le dos des français ces dernières années. Les tarnaises et les tarnais qui ont financés les contournements de Soual et Puylaurens se verront donc confisquer leurs infrastructures pour un demi-siècle !

    L’eau, la terre, le vivant sont nos biens communs les plus précieux. Nous devons tout faire pour les protéger car il en va de l’existence même de l’être humain sur cette planète. Le gouvernement serait bien inspiré de mettre en adéquation sa parole avec ses actes et les objectifs qu’il affiche. Si la priorité est d’aboutir à la Zéro Artificialisation Nette alors il faut abandonner purement et simplement le projet d’autoroute A 69 ! Nous disons au ministre des transports qu’il n’y a pas à tergiverser et qu’il doit en finir avec les projets du siècle passé. La France Insoumise, au travers de ses députés aujourd’hui présents et que je remercie, Manuel Bompard, Anne Stambach-Terrenoire, Farida Amrani, François Piquemal, ses élus locaux présents sur le territoire et ses militants, continuera à soutenir la mobilisation et à s’opposer fermement à ce projet. Nous œuvrerons avec détermination pour faire aboutir la solution alternative portée par le collectif La Voie Est Libre. Le 3 mai prochain, nous interpellerons le ministre sur les super profits réalisés par les sociétés d’autoroute et nous exigerons que soit rendu public les conditions financières conclues entre l’État et la société ATOSCA-NGE. Il y en a marre de ces sociétés qui se gavent sur notre dos !

    Chacune et chacun, à nos postes respectifs, nous pouvons obtenir l’abandon de ce projet écocides, inutile et imposé. Pour nous, nos enfants et notre planète Terre, Tous ensemble,

    On lâche rien ! A nous la victoire !

    NO MACADAM !

    Intervention de Anna La Déroute Des Routes

    Tribune de la coalition La Déroute des Routes pour un moratoire sur tous les projets routiers

     La coalition La Déroute des routes rassemble depuis janvier 2022 49 collectifs en lutte contre des projets routiers contestés. Au printemps 2023, nos collectifs se sont soulevés avec de grandes mobilisations organisées contre les projets de l’A133-A144 en périphérie de Rouen, et l’A69 Castres-Toulouse, et les articles et analyses sur leur obsolescence ont fleuri dans de nombreux médias. Avec cette tribune, nous souhaitons rassembler toutes les personnes qui s’associent à notre proposition de moratoire, pour barrer la route de l’artificialisation des terres, et réorienter les investissements vers des mobilités accessibles à toutes et tous, pour sortir du tout-routier qui nous conduit droit dans le mur.

     

    Le réseau routier français est l’un des plus denses d’Europe.  En 20 ans, entre 1998 et 2018, le nombre de kilomètres de routes a augmenté de 11,2% tandis que le nombre de kilomètres de voies ferrées diminuait de 13% dans notre pays. En 2018, selon les chiffres du Ministère de la transition écologique, le transport routier représentait 94% des émissions de CO2 du secteur des transports. De fait, la France est également le 2ème pays d’Europe qui transporte le plus de marchandises par camion au niveau national, et le 4ème pays d’Europe pour le transport de marchandises par camion au niveau international.

    Ces chiffres ne sont pas une fierté. Ils sont alarmants, et leur croissance annuelle est effarante au regard des enjeux environnementaux et climatiques actuels et de la catastrophe écologique à laquelle nous faisons déjà face.

    Pourtant, malgré l’évidente nécessité de changer de chemin, aujourd’hui 55 projets routiers sont en cours et contestés en France, parmi lesquels 7 autoroutes. Ces projets, souvent imaginés il y a plusieurs décennies, se basent sur une doctrine de développement des infrastructures de transport, au service d’un modèle économique, qui se révèle aujourd’hui obsolète. Le discours des porteurs de projet est uniforme, avec partout les mêmes arguments éculés, déclinés sans prendre en compte la réalité des populations locales ni leurs besoins, ni les impacts globaux de cette doctrine de développement, ces axes ayant avant tout pour objectif de permettre à toujours plus de camions et de marchandises de circuler à travers la France et l’Europe.

    La coalition La déroute des routes demande que tous ces projets soient stoppés, et que leur intérêt soit ré-interrogé au regard des enjeux climatiques, sociaux, et environnementaux actuels, mais également des dépenses qu’ils engagent (13 milliards d’argent public pour les 55 projets étudiés par le quotidien Reporterre) et de l’ampleur critique de leurs impacts. L’importance de ces enjeux est partagée par le Conseil d’État, qui a inscrit comme liberté fondamentale le « droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé« , et la protection de l’environnement comme valeur constitutionnelle.

    Nous dénonçons un double discours de l’État, un « en même temps » irréalisable dans les faits. L’État affiche des objectifs ambitieux de baisse des émissions, une stratégie de préservation de la qualité de l’air et une utilisation rationnelle de l’énergie, de préservation des solspour ensuite les détricoter ou les ignorer.

    Nous ne sommes pas seul-es à faire le constat de cette hypocrisie, et à alerter les dirigeant-es. Le Conseil d’État a tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises en condamnant l’État pour inaction climatique. L’Autorité Environnementale considère que l’État n’a pas amorcé la transition écologique et parle, pour certains projets comme l’A69, d’études lacunaires et basées sur des mauvaises données.

    À cela, il faut ajouter le constat des chercheurs et chercheuses qui parlent de modèles de trafic lacunaires, et qui mettent en exergue une notion d’Utilité Publique qui échoue à defendre les intérêts collectifs et dont il faut réformer les fondations. Les enquêtes publiques « outils de l’intensification de l’exploitation de la nature« , « permettent d’imposer le développement industriel et infrastructurel comme un bien en soi », selon Frédéric Graber, chargé de recherches au CNRS. Elles conduisent à des Déclarations d’Utilité Publique vides de sens, qui permettent pourtant à l’Etat d’être dans le bon droit d’exproprier habitant-es et paysan-nes pour bétonner des terres agricoles, et de détruire des espèces et milieux protégés.

    Ces procédures d’autorité donnent lieu à des projets ayant des impacts négatifs importants sans les retombées bénéfiques annoncées. Les analyses de bilan et de suivi des projets déjà réalisés sont sans appel. Une fois réalisés, leurs impacts et leur coût sont souvent bien supérieurs à celui estimés dans les dossiers présentés (en moyenne 20% pour l’investissement).Pour toutes ces raisons, la question de la légalité des projets, souvent invoquée par leurs défenseurs, nous semble être un argument fallacieux utilisé pour éviter de questionner leur légitimité au regard de leurs impacts et de leurs objectifs.

    Les autoroutes, prétendument au service des populations selon les porteurs de projet, participent en réalité d’un modèle d’accaparement des terres au profit d’entreprises privées, condamnant à ce mode de déplacement coûteux les 80% de Français-es pour lesquel-les la route reste le moyen de transport contraint. Le scandale des trop larges bénéfices des sociétés d’autoroutes mis en lumière par un rapport de l’inspection Générale des Finances nous montre que les enjeux sont de taille pour le pays.

    Nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à demander des politiques de déplacements urbains plus cohérentes qui permettraient de réduire les inégalités sociales qui se creusent dans l’accès à la mobilité, un développement des transports en commun, et des mobilités actives pour réduire la congestion de nos villes, qui ne sera possible qu’en réduisant le nombre de voitures qui y circulent.

    Dans son troisième rapport, publié en février 2023, le Conseil d’orientation des infrastructures (COI) demande un renouveau dans la doctrine de développement des infrastructures de transport françaises en indiquant qu’ « un certain nombre des projets routiers examinés, conçus il y a parfois plusieurs décennies dans un contexte très différent, méritent vraisemblablement d’être revisités« .

    Dans ce rapport, la priorité est donnée à une planification pluriannuelle pour des « mobilités plus sobres, plus collectives, plus économes en énergie et en ressources minérales rares et moins émissives dans l’ensemble de leur cycle de vie » et une politique « associée à la maîtrise de l’urbanisation ». Le rapport préconise également que les infrastructures déjà en place, vieillissantes, parfois de moins en moins sécurisantes, soient modernisées. Son scénario « planification écologique », « conduit à ne pas réaliser rapidement des projets structurants très attendus par certains, qu’il s’agisse de projets routiers ou autoroutiers ».

    Le COI demande enfin que les enjeux collectifs et des choix systémiques priment sur les effets de discours ou les décisions « au cas par cas ». Des enveloppes et cadrages par mode de transport, doivent être fixés clairement lors des négociations à venir dans le cadre des volets mobilité des Contrats de Plan Etat Région.

    À la vue de tous ces éléments factuels, et que ce soit pour le climat, le bon usage des finances publiques, la biodiversité, la préservation des terres agricoles et de nos forêts, pour respecter la démocratie locale et les habitant·e·s : nous avons toutes et tous une bonne raison de nous opposer à ces projets routiers !

    Les mobilisation historiques, inventives, et déterminées, des 22 et 23 avril sur le tracé du projet d’A69 Castres-Toulouse et des 5-6-7-8 mai à Léry près de Rouen contre l’A133-A134, renforcent notre conviction que la lutte contre ces projets est plus que jamais nécessaire. Fin avril, alors que la mobilisation battait son plein à Castres-Toulouse, un avis favorable était donné par le commissaire enquêteur à l’issue de l’enquête publique pour le Contournement Ouest de Nîmes, malgré l’opposition de l’Autorité Environnementale dénonçant un dossier lacunaire et un projet risquant d’impacter des espèces et habitats menacés au niveau européen.

    La pétitition pour la proposition de moratoire sur les projets routiers a recueilli aujourd’hui plus de 10 000 signatures. Soulevons nous aux côtés des collectifs en lutte contre ces projets destructeurs, en signant et partageant la pétition, et en rejoignant partout les collectifs.

    Mettons les routes en déroute !

    Intervention de Michel Costadau LVEL

    Nous sommes en colère.

    Notre combat c’est celui du vivant contre le goudron et le béton. Car nous tous et  toutes ici nous sommes le vivant, comme la terre, les arbres et les ruisseaux.

    Nous sommes le vivant qui se rebelle contre les destructions qui le menacent.

    Contre la terre ensevelie vivante sous les gravats et le ciment, contre les bois rasés par les engins de destruction massive, contre la faune chassé de ses abris et de ses terrains de chasse.

    Nous le vivant nous n’avons pas donné l’autorisation de stériliser ces espace où la nature nous rend service.

    Au contraire nous avons clairement dit que nous n’acceptions pas la destruction de 150 espèces protégées, de centaine d’ha de terres fertiles et profondes.

    Car nous sommes la nature et nous nous rebellons.

    Un platane en moins c’est un nuage en moins et les décideurs s’étonnent qu’il n’y ait plus d’eau.

    Mais ce n’est pas d’eau dont nous manquons, c’est d’arbres, c’est de bois, c’est du foisonnement de la vie animale et végétale.

    Oui leur projet est illégal car ils ont oublié de compter dans la dévastation les 5 000 ha de remembrement qu’a décidé la chambre d’agriculture du Tarn.

    Combien de haies, de fossés et de mouillères vont être détruites sur l’autel de l’agrandissement des industriels de l’agricoles et leurs machine de plus en plus larges qui encombrent les routes car elles vont travailler à des dizaines de kilomètres au lieu de rester autour de leurs fermes.

    Pour cela ils ne nous ont pas consultés, mais au contraire ils ont achetés le silence des propriétaires avec de l’argent sale.

    Oui ce projet est illégal car pour nous la sobriété ce n’est pas d’encourager de larges  pistes à 130km/h.

    Nous le vivant nous n’avons pas honte de rouler à 90km/h, c’est déjà assez polluant comme ça, pas la peine d’en rajouter, nous n’en voulons pas.

    Nous le vivant ne considérons pas que le développement économique c’est d’aller travailler à 60 km de chez soi.

    Ca ce n’est pas un progrès c’est une dégradation des conditions de vie, de nos vies.

    Ce projet Castres Toulouse, c’est l’autoroute de la transition, c’est celui qui ne doit pas se faire, c’est celui qu’il faut arrêter à tous prix pour prendre le bon chemin.

    Déjà il vacille, il tremble sur ses bases illégales et nous allons le faire tomber.

    Nous avons la victoire dans nos mains.

    On ne lâche rien.

    NO MACADAM

     

  • Agri 22

    Agri 22

    Peut être n’est il pas inutile de rappeler que nous suivons un plan et poursuivons un but. Nous avons abordé  l’empire américain, l’exacerbation de la guerre et la disparition de la démocratie. Il nous reste à voir l’asymptote du genre humain, la fuite en avant des décideurs et la limite des ressources naturelles. Tout cela pour tenter de répondre  à la question : est-il urgent d’essayer de prendre le pouvoir pour changer la trajectoire de l’humanité ou est ce un vain projet ?

    Continuons donc avec le nombre d’habitants sur terre. La récente, quelques milliers d’années, croissance de l’espèce humaine a quelque chose d’affolant et a conduit à des prises de conscience assez tardives.

    Clairement, la société industrielle a vu et voit encore dans chaque nouvel individu un futur consommateur. Heureusement la population humaine se comporte, naturellement, comme toutes les espèces animales qui finissent par freiner elles mêmes leur croissance pour trouver un équilibre durable.  Et donc notre croissance est pratiquement terminée avec un maximum, peut être déjà atteint, ou alors dans peu de temps, suivi d’une décroissance plus ou moins rapide selon les prévisions.

    Bien sûr la disparition de l’homme n’est pas à l’ordre du jour, loin de là, mais le syndrome de la baisse  est présent avec un rationnel  assez délicat puisqu’il est plus lié à la baisse du désir de reproduction, majoritaire dans les pays à haut niveau de vie, qu’à un manque d’une ou plusieurs denrées nécessaires à l’alimentation ou au fonctionnement de l’espèce.

    Si la diminution de l’espèce est heureux pour la nature, qui en a un peu marre de la dévastation faites par les hommes, ça pose un sérieux problème pour le business qui est basé sur le nombre. L’industrie automobile est un bon exemple. Après avoir essayé de fourguer 2 ou 3 voitures par famille ils ont, maintenant, choisi la marge plutôt que le nombre avec les véhicules électriques, véritable aubaine pour continuer le tout voiture et vendre cher. Mais Tesla vient de taper dans la fourmilière en voulant baisser t de 30% le prix de ses voitures, preuve que le nombre garde ses vertus.

    Bien sûr l’immigration vient atténuer ce recul chez nous mais d’une part il est quand même globalement à l’œuvre et d’autre part le modèle capitaliste ne peut subsister qu’avec ce qu’ils appellent la croissance. Cette croissance a jusqu’à présent été entretenue par le pillage des ressources naturelles, la croissance démographique aidée par l’immigration et l’éclatement des structures traditionnelles de la population  amenant la perte d’autonomie de chaque individu. Cette perte a permis de développer une immense activité dite de service.

    En fait nous, pays dans le ressort du business avancé, recevons le même traitement que les indiens des US, le western en moins, mais la com en plus. Nous sommes divisés, parqués dans les réserves que sont les villes et les cités, abreuvés de marchandises frelatées, nouvel alcool de la colonisation intérieure, inondés de messages où se confondent inextricablement la publicité et l’information sans que l’on puisse s’y retrouver. Il nous est interdit de parler nos langues, autant celles de nos contrées que celle de nos corps. Car nos corps appartiennent à la science et notre connaissance de nous même est désavouée et diluée dans des pages internet que beaucoup compulsent avec terreur et avidité.

    Certes les fusils sont dangereux mai la com c’est presque pire, parce que ça tue en laissant les personnes encore vivantes, en les trompant complètement. Pour illustrer ça, découvrez qu’ils ont inventés des concepts comme « le monde libre ». Il faut défendre le monde libre. La guerre sert à défendre le monde libre. C’est doublement hallucinant d’abord parce que le prototype du monde libre c’est les US. Et comme pays ségrégationniste, raciste, inégalitaire, et où la démocratie est confisquée par deux partis à la même pensée, on ne fait pas mieux. Eux qui ne jurent que par la bible contestent la Théocratie  Iranienne et abreuvent Israël de moyens illimités. Chercher l’erreur. Et ensuite défendre le monde libre c’est la justification de la guerre. La société de consommation ne peut se passer de ce que l’on appelle pudiquement la conquête de nouveaux marchés et qui n’est qu’une guerre classique pour prendre du pouvoir.

    Michel Costadau

  • Agri 21

    Agri 21

    Avec application la caste construit et entretient le corps des politiques. C’est-à-dire ceux qui nous gouvernent et que nous élisons avec le sentiment d’exercer notre droit de vote garanti par la constitution. En fait les politiques sont la parole de la caste. Un excellent exemple nous est donné avec le quotidien  Le Monde. Ce journal est l’organe de communication du gouvernement. Tout y est expliqué et mis à la portée de tous les lecteurs. Les difficultés du gouvernement sont justifiées par de mauvaises interprétations de ses véritables intentions, les objectifs souvent mal compris sont bien détaillés et argumentés sans vergogne, les errements sont qualifiés de réflexions, les contradictions deviennent différents pôles d’actions poursuivis en même temps.

    Il s’avère que la télé, malgré son immense pouvoir, ne suffit pas à faire passer complètement les idées de la caste, il y faut la presse écrite et les réseaux d’information. En fait d’idées la caste n’en a qu’une : le développement de l’activité économique et du commerce. Par contre pour cela, ils ont l’esprit en délire. Ils mettent en œuvre des batteries de mesures, incitations, règlements, plans divers et variés  pour faire du pib, toujours plus de pib. C’est leur mantra et des armées de technocrates, dument sélectionnés, ne font que ça, à longueur de gouvernements, de rencontres internationales, de Gxx, de COPxx. Ils ont très vite retournées à leur profit les inquiétudes sur la pollution, le CO² et le climat, en créant un maximum de nouveaux produits et de nouvelles techniques.

    C’est donc logiquement ceux qui s’opposent au tout pib qui reçoivent les ires des politiques. Car les politiques sont exclusivement là pour faire régner l’ordre financier. Et donc ceux, beaucoup de jeunes, qui s’opposent au béton, au goudron, aux phtalates et autres poisons commercialisés,  sont surveillées, menacés, convoqués devant la justice et traités de vocables indignes. Ils sont montrés du doigt pour essayer d’armer la vindicte populaire mais la population ne s’y laisse pas prendreµ. Elle sait que ses véritables ennemis sont le pouvoir politico-financier et non les courageux qui dénoncent illégalités et collusions.

    Il y a quelque chose d’hallucinant à constater que la justice administrative se bat régulièrement  non pas contre les fraudeurs mais contre les préfets, c’est-à-dire contre le bras local du gouvernement. Pourquoi parce que les préfets autorisent des projets illégaux. Illégaux c’est-à-dire qui méprisent la loi. Et ils savent ce qu’ils font. Si ça passe, tant mieux, si non ils attaquent quand même les décisions de justices qui les déboutent en espérant que les plaignants n’aient plus d’argent et se lassent.

    C’est le coté pervers de la séparation des pouvoirs. Les politiques se disent que tant que la justice ne leur a pas donné tort ils ont raison, quelque soit la loi. Il y a bien entendu des millions de gens qui fraudent dans le pays, depuis le non respect des limitations de vitesse jusqu’aux combines des riches qui arrivent à éviter les impôts. Mais là, avec les préfets, il s’agit de fraude institutionnelle. C’est le gouvernement contre la population et c’est rarement la population qui gagne.

    Nous ne sommes donc plus en démocratie mais dans une prison dont les murs sont l’argent. Nous pouvons faire ce que nous voulons avec l’argent mais il n’est plus possible, de vivre sans argent. Et les manières pour avoir de l’argent sont extrêmement codifiées : il y a le business, le travail et le vol. C’est pour cela que les loteries et les paris ont tant de succès parce que les gens peuvent ainsi se procurer de l’argent non codifié. Bien sûr les loteries ne servent qu’à enrichir ceux qui les organisent, mais ça ne fait rien il y a de temps en temps un heureux élu.

    Alors même si tout le monde n’en est pas encore entièrement convaincu, nous avons montré que la démocratie a disparue de la surface de la terre. En conséquence, vouloir prendre le pouvoir pour la rétablir ne relève pas d’un combat politique classique mais d’une lutte, voire d’une guerre, contre la caste financière. Avec quelles armes, avec quelles chances et pendant combien de temps. Perso je suis assez sceptique. Il ne faut pas en conclure qu’il en faut rien faire, mais simplement en tenir compte. Notre arme principale contre la caste et son système c’est notre pensée, notre résistance aux informations, notre imagination et notre solidarité. Ca compte mais contre le GI c’est un peu léger.

    Michel Costadau

  • Agri 20

    Agri 20

    La question se pose aussi de l’accident, disons une explosion chimique ou nucléaire lors d’une manipulation ou d’un exercice. Cela aurait l’avantage de faire des dégâts chez le propre possesseur de ces armes, néanmoins cela parait très peu probable, ce qui veut dire possible. Il ne faut donc pas l’écarter. De même que le piratage c’est à dire le vol ou un détournement à des fins de rackettage  ou de rançonnage d’une de ces armes. Là c’est beaucoup plus simple puisque toutes ces armes sont déjà aux mains de gens assez irresponsables et ça ne changerait pas grand-chose que ce soit le grand banditisme qui en possède ou qui les dérobe. Parce que ça reviendrait à rançonner un pays ou une population ce qui est déjà le cas.

    Troisième volet : la disparition de la démocratie. Dans les propos précédents nous avons déjà frôlé ce sujet avec la stratégie US et la possession des armes.

    Je rappelle que nous poursuivons toujours la question de savoir s’il est urgent de réformer le système actuel ou si, compte tenu des dangers qui menacent la planète, ces efforts d’amélioration n’aboutiraient pas avant que les autres menaces qui pèsent sur nous ne se réalisent. La disparition de la démocratie se traite sur deux plans, d’abord établir de quoi il s’agit. Ensuite comprendre pourquoi cette disparition est un facteur de décomposition de notre monde. Courage on s’accroche.

    Il s’agit tout simplement du remplacement de ce que l’on a appelé au début le pouvoir du peuple, par le pouvoir d’une caste non constituée par des appartenances ethniques ou sociétales mais par la seule possession de l’argent. Il faut précise qu’il s’agit, vraiment d’argent, pas de richesse non monnayable, mais d’argent type compte courant. Bien sût cet argent peut être immobilisé ou investi mais en restant ce que l’on appelle liquide, c’est à dire réalisable, directement ou indirectement, immédiatement.

    Pour régner cette caste utilise les moyens de la démocratie qui sont constitués essentiellement de deux concepts : un homme une voix et le principe de majorité. Mais adossé à l’argent ces deux éléments suffisent pour que partout dans le monde ils accèdent aux rênes des pays et s’y maintiennent. C’est cela que nous avons l’habitude d’appeler le système. Je ne vous détaille pas les vices de la notion de majorité, vous les connaissez par cœur et nous en pâtisson tous.

    Regardons plutôt les réalités induites par ce mode de fonctionnement. Par exemple il est impossible de devenir riche et donc d’entrer dans la caste sans être d’abord coopté par la caste. C’est la règle de base du système, L’argent n’a qu’une seule source : le business. Pas de business pas d’argent, pas d’argent pas de caste. Paradoxalement les riches historiques, aristocrates, propriétaires terriens ou, détenteurs de main d’œuvre ont eu beaucoup, de mal à entrer dans la caste et la plupart n’en font pas partie. Les seuls qui ont de l’argent et échappent un peu à la caste sont les maffias qui sont elles aussi des castes mais avec d’autres règles, c’est à dire leur propre système. Bref comme vous le voyez nous sommes très loin de la démocratie telle qu’inscrite dans les esprits et proclamée dans les institutions.

    Nous trouvons aussi la possession des médias par l’argent. C’est une étape indispensable de la maitrise d’un pays. Sans la détention des médias par la finance, l’opinion peut avoir des réactions de défense qui ne plaisent pas à la caste. La stratégie des possesseurs des médias n’est pas tellement la fausse information, bien que ça puisse servir, mais plutôt la focalisation sur la forme et non sur le fond. L’exemple de la nième réforme des retraites est symptomatique. L’important c’est le nombre de manifestant, en hausse en baise, le nombre d’amendements, les écarts de langage. Les médias véhiculent les arguments des uns et des autres et en faisant cela ils clament qu’ils font de l’information, alors qu’ils ne font qu’alimenter un débat stérile, puisque ne portant pas sur  le fond. Avec pour résultat que plus personne ne comprend ni la raison, ni l’objet, ni l’intérêt des lois.

    C’est là tout l’art des médias, faire que l’information n’aide pas la population  à comprendre mais permette seulement à la caste de s’exprimer.

    Michel Costadau

  • Agri 19

    Agri 19

    Et cette nouvelle conquête US de l’ouest spatial est une catastrophe de plus car elle s’accompagne d’une occupation commerciale de l’atmosphère terrestre avec l’explosion de la communication qui est le nouvel eldorado du business. Une fois de plus nous retrouvons l’ingrédient de la gratuité. L’espace est aujourd’hui libre d’accès et de propriété et chacun y fait ce qu’il veut. C’est une continuation de la colonisation. Pourtant les conquêtes guerrières européennes de colonisation des siècles derniers ont été plutôt ratées, malgré des dégâts considérables. Elles n’ont laissé que des Etats corrompus déchirés par des conflits ethniques, sans argent et sans avenir.

    Du coup les US, qui sont issus de la colonisation et un pur produit de l’immigration, sont restés des colonisateurs, mais n’ont pas utilisé les mêmes méthodes.

    Ils se sont servis essentiellement du capitalisme et de la démocratie pour tendre leur toile. Bien appuyés quand même par d’énormes forces armées.

    Du capitalisme, en imposant le pouvoir de l’argent, qui est maintenant à l’œuvre partout et fait que tout est à vendre et que le monde est un immense réservoir de salariés. C’est eux qui ont l’argent et ne veulent évidement pas que ça change.

    Et de la démocratie, en en faisant une raison d’intervention partout dans le monde. La libération démocratique  dont parlent les Américains est seulement la soumission à l‘argent et donc aux riches et donc à eux. Bien évidement les US ne sont pas plus démocratiques, au sens du droit des peuples, que l’Afghanistan et peut être même moins. Nous y reviendrons.

    Regardons maintenant le deuxième item : la guerre. La guerre est un concept moderne, c’est à dire récent parce que fortement lié à l’avènement des empires. Avec, de nos jours, quelques particularités notables. D’abord la généralisation de l’armement. Il y en a partout. Même les pays dits pauvres ont des armes en pagaille. Même les citoyens dans des pays en paix ont des armes offensives. Il y a beaucoup d’armes, il y a trop d’armes. Ensuite certaines armes ont atteint des niveaux de destruction, non plus au niveau d’un champ de bataille, mais au niveau de la planète entière. Les grandes villes et leurs millions de personnes peuvent disparaitre en un clic. Est ce que cela peut arriver me demandez vous. La seule chose qui est sûre c’est que les armes chimiques et nucléaires ont déjà été utilisées. Les armes bactériologiques pas encore semble t il. Par contre les armes classiques sont utilisées d’une manière intensive et continuent de se répandre.

    Un moment j’ai envisagé, à propos de l’Ukraine, que la troisièmes guerre mondiale était commencée. Finalement il semble que non, malgré les accents belliqueux de la GB et hélas de notre pays. Mais le souci n’est pas là, il est que cette conflagration mondiale peut se produire. Plutôt avec comme origine l’Asie et l’Est, peut être avec une denrée qui deviendrait rare mais aussi parce que quelques pays du monde pourraient tomber en de mauvaises mains. Or ces mauvaises mains ont déjà été à l’œuvre de notre Carolus Magnus à leur Führer en passant par notre Corse.

    De plus la logique élémentaire permet de dire que quand quelque chose est possible, elle finit par arriver. Et donc ces stocks d’armes, ben disons ils sont là.

    Alors d’un coté ce n’est pas rassurant et d’un autre ça n’oblige pas à essayer de réformer, rapidement, le monde actuel avec cette épée de Damoclès suspendue au dessus de nos têtes. Quand à savoir s’il y a un moyen, d’éviter cette WW3 ou les grandes guerres en général il suffit de voir les résolutions des organismes faits pour ça, UN, EC, NATO pour avoir une trouille monumentale, car ils font exactement le lit du conflit à venir. N’allez pas croire que ce sont seulement les marchands d’armes qui encouragent les conflits, non ce sont nos hommes politiques, pétris de paix, mais qui par leur obnubilation du pib sont de véritables fauteurs de guerre.  Cependant comme pour le point précédent de la disparition de l’empire US, il est difficile de dire quand se produira la prochaine déflagration mondiale. Espérons que ce soit dans longtemps mais je dirais plutôt qu’il s’agit de quelques dizaines d’années car le mythe de la croissance a quelque chose de morbide par son impossibilité et offre la guerre comme seule porte de sortie.

    Et donc est-ce-que nos deux premières considérations sont liées. En fait oui car pour maintenir son empire basé sur l’argent et dominer tous les continents les US ont besoin d’armes et de violence. Or, comme indiqué, le niveau de létalité atteint par les armes amènera des destructions mondiales.

    Michel Costadau

  • Agri 18

    Agri 18

    Et pourtant les pouvoirs publics ont de l’argent et d’immenses moyens. La crise sanitaire ne l’a que trop prouvé. Le coût social de la détresse humaine est énorme, pas uniquement en termes économiques mais surtout en manque de contribution au fonctionnement de la société et à son évolution, par une partie de la population. C’est vrai qu’en général, ce n’est pas à ceux là, les démunis, que l’on demande leur avis et encore moins que l’on en tient compte. Au contraire il y a une captation de l’information par les réseaux dirigeants. Je l’ai déjà dit mais quand Bolloré a mal aux cheveux il appelle Macron, et tout rentre dans l’ordre.

    Bien sûr nous aussi nous fonctionnons avec nos réseaux, c’est notre richesse et la levure de notre fermentation. Mais, en termes de pouvoir  ça n’a aucune commune mesure avec celui du club fermé des dirigeants.  Car même si l’on peut gagner sur quelques projets, comme les bassines ou la LACT, le moteur de l’économie reste quand même la croissance du pib.

    Et les gouvernants prennent toutes les mesures pour faciliter ce type de développement. Le flot des projets sans respect pour le climat ou la biodiversité est immense et continu. Ceux qui croient, même si d’une manière générale il ne faut pas croire, que les diagnostics sur les logements  ont pour but le bien être des occupants et les économies d’énergie passent largement à coté de la réalité. Non tous ces diagnostics ne servent qu’à créer de l’activité, à justifier le nucléaire et à consommer un peu plus de ressources de notre planète, en eau, en bois, en sable, en ciment ou en terres rares.

    A l’heure des voitures électriques, le moteur de nos sociétés lui n’a pas changé et reste la consommation, c’est à dire la destruction et la prédation.

    Vous allez me dire que nous nous sommes un peu éloignés de l’agriculture, c’est vrai, mais tout se tient. Alors restons un peu sur la vision globale du monde et posons nous la question de l’urgence de changer de moteur.

    La réponse parait être oui quand on voit la crise climatique, le pillage des ressources naturelles, et la financiarisation. Mais en fait elle peut être non car les empires d’une manière générale, c’est à dire le monde actuel dans notre cas, ne se réforment jamais, elles meurent. En plus à quelques exceptions près elles s’éteignent toute seule sans concours extérieur.  Alors y a t il des signes de glissement de nos sociétés vers une disparition. Oui, clairement, il y a en et même plusieurs presque sur un pied d’égalité.

    L’empire américain,

    L’exacerbation de la guerre,

    La disparition de la démocratie,

    L’asymptote du genre humain,

    La fuite en avant des décideurs,

    La limite des ressources naturelles.

    Reprenons cela plus en détail et dans l’ordre.

    L’empire américain est le premier empire mondial de notre histoire, Avant les empires étaient très locaux et sur un seul continent, avec éventuellement quelques possessions sur d’autres. L’empire US pas plus que les autres ne sera éternel et disparaitra. Cependant son extension mondiale fait que sa disparition va toucher tout le monde. Alors peux-t-on dire qu’il n’y a pas d’urgence à changer de moteur et qu’il suffit de contempler sa chute. Pourquoi pas, cependant il est difficile d’apprécier le temps que cela va prendre.

    Car l’empire US est parfaitement conscient du mur qui se dresse devant lui. Le rapport Meadows, énonçant que  les ressources limitées de la terre ne pourraient pas suffire à l’humanité même sans croissance de la population, date de 1972. La solution de se tourner vers les astres s’est alors faite jour et la lune et mars sont devenus les premières cibles.

    Cela, pas du tout dans un esprit de recherche ou de découverte mais de continuation du pillage. Il faut dire que le miracle de la gratuité des ressources du continent américain en terres, en pétrole, en eau ou en minerai a forgé l’esprit conquérant des US. Après avoir bousillé la terre, ces gens là voient dans le système solaire et dans l’univers des ressources inépuisables dont la commercialisation pourrait enrichir quelques générations de milliardaires.

    La conquête de l’espace est leur nouvelle conquête de l’ouest, de sinistre mémoire.

    Michel Costadau

  • Agri 17

    Agri 17

    Ce n’est pas de solidarité individuelle qui, avant, s’appelait charité dont je parle. Celle là regarde chacun personnellement et répond plus à des sentiments qu’à des objectifs. Je parle de solidarité collective, celle qui se lit dans les lois, dans les institutions, dans le fonctionnement de la société. Une société c’est simplement la manière qu’a de se comporter un groupe d’humains. Des comportements différents correspondent à de sociétés différentes. Ceci, à grands traits, parce que nos pays sont trop grands et se prêteraient mieux à plusieurs sociétés. Ce qui est pour ainsi dire le cas dans la réalité. Mais ça n’empêche pas les gouvernants de parler de « la » société.

    Et pour le moment dans notre société, grande par la taille et non par la réussite, c’est le chacun pour soi qui tient la corde. Les mesures institutionnelles d’aide sont clairement associées à une notion d’échec. La société aide ceux qui ont raté, qui n’ont pas réussi à intégrer le groupe. Ce n’est pas la faute de la société c’est celle de tous ces individus qui trainent lamentablement  leur misère. Et s’ils sont des millions ça ne change rien. Ils sont assimilés à un tiers monde intérieur. D’ailleurs la notion même d’aide est à sens unique, du plus vers le moins, créant ainsi une hiérarchie entre ceux qui aident et ceux qui ont besoin d’être aidé.

    Et ceux qui aident, en fait, ils n’aident rien du tout, ils profitent purement et simplement. Et donc ils croient aider mais, en l’occurrence, ils s’achètent une bonne conscience et la religion n’est pas loin. Paradoxalement, cette aide confite est cependant très utile car elle fournit des forces aux associations qui, justement, remplacent l’aide institutionnelle absente. Les repas, vêtements, les appareils offerts par les associations comblent, parcimonieusement, le vide sidéral que crée l’absence de ressources d’une grande partie de la population.

    Ah pour faire des gestes politiques dérisoires, fortement communiqués, nos gouvernants sont là, mais ces chèques de 100€ ne masquent pas leur échec.

    Parce que dans une société où la seule manière d’avoir des ressources est le travail, essentiellement salarié, il est de la responsabilité et du devoir de cette société de fournir du travail à tout le monde. Mais la réalité est cruelle ; il n’y pas de travail pour tout le monde et même il ne faut pas qu’il y en ait. Concrètement il y a même de moins en moins de travail.

    Cependant, pour le moment, l’idée d’une réforme des institutions pour y inscrire la solidarité n’est pas dans l’opinion. Le repli sur soi est à l’œuvre. Pourtant le hiatus est gigantesque entre les mots énonçant les droits de chaque individu et l’absence complète de moyens d’y parvenir. Heureusement, beaucoup de personnes sont dans des circuits sous-jacents plus ou moins larges d’entre-aide, bien loin de la loi. Famille, corporation, club, mafia règlent non seulement des questions de besoins matériels mais aussi les problèmes existentiels de non intégration dans la société. Ceci est notre principal moyen de défense et doit être préservé.

    En y réfléchissant, la constitution n’a qu’un effet d’annonce. « Tous les hommes et les femmes  … droits égaux ». Ca nous fait une belle jambe ce droit inaliénable et universel. A ce moment là je pense aux licenciés de Total, aux travailleurs non déclarés, aux femmes violées, aux expulsés pour Utilité Publique, oui ça leur fait une belle jambe de découvrir qu’ils sont égaux. Et plus encore,  moi l’égal en droit du directeur de la Safer, moi l’égal en droit du préfet. Le préfet ne répond à aucune demande même écrite et m’empêche d’accéder aux documents administratifs dont j’ai besoin. Je n’appelle pas ça égalité, j’appelle ça pot de fer contre pot de terre. Et c’est toujours le même qui gagne.

    L’égalité, fondement de la constitution est un gros leurre. Nous n’avons aucune chance. Pour moi droit ne rime ni avec égalité ni avec liberté mais avec avocat. En plus c’est une rime riche parce qu’il y a comme une odeur de picaillon qui flotte. Et là, il devient évident  que quand on parle d’argent on ne parle plus d’égalité mais de pouvoir.  Alors il ne nous reste que la rue, la com et quelques juges intègres non pas pour obtenir la moindre égalité mais simplement pour ne pas couler complètement.

    Michel Costadau

  • Agri 16

    Agri 16

    C’est tout le dilemme de notre époque. Qu’est ce que nous devons changer ? Sans surprises presque tout le monde parle de mesures, d’actions, de cibles ce qui laisse libre court au complexe politico-financier  pour continuer sa mascarade délétère qui consiste à ne rien changer. Il me semble plutôt qu’il faut parler en termes de mentalité et d’opinion.

    Par exemple une idée sur laquelle l’opinion pourrait évoluer c’est que nous devons d’abord regarder nos propres fonctionnements de pays riche et découvrir que riche  = prédateur. Ce n’est pas, encore, une notion partagée par l’opinion parce que le matraquage ne cherche pas à nous responsabiliser mais au contraire à charger les anciennes colonies de tous les maux à commencer par l’absence de démocratie jusqu’à la corruption endémique en passant par une flemme congénitale. Car l’esclavage n’a jamais encouragé les gens à se dépasser mais plutôt à se protéger.

    Oui d’un part tous les pays, dits pudiquement, en développement, sont des anciennes colonies et d’autre part tous ces pays sont peuplés d’incorrigibles feignants qui cherchent à mordre la main secourable que nous leur tendons. C’est ça le matraquage. Il y en a qui croient, encore, qu’ils ne sont pas civilisés, mais proches de la sauvagerie.

    En plus il y a un amalgame, sciemment entretenu, entre islam et sous développement. Pourtant la dernière institution d’éducation des peuples autochtones canadiens, c’est-à-dire la dénaturation complète de jeunes indiens a fermé il y a moins de cinquante ans. Il y a beaucoup de gens encore vivants qui les ont côtoyées. La question de savoir si ces blancs-blancs ont accepté, voire même encouragé ces institutions est plus compliquée.

    En tous cas, pour rattraper le wagon du début, aujourd’hui il y a encore pas mal de gens qui n’ont pas le sentiment d’être des prédateurs.

    Disons que, en plus, je trouve prédateur bien gentil, parce qu’en vrai c’est plutôt prédateurs sanguinaires et tortionnaires qu’il faudrait dire. Mais il faut pratiquer une progression pédagogique pour obtenir les évolutions de mentalité. Eviter les trop grands sauts qui ont un effet contraire puisqu’ils bloquent le glissement de mentalité en permettant aux personnes un retour en arrière au nom de l’excès. Bien sûr cette méthode douce a quelque chose de frustrant pour celui qui veut exprimer son point de vue progressiste.

    Souvent c’est l’envie de hurler qui me prend devant l’incurie de nos représentants. J’ai le sentiment, faux en fait, que personne ne se rend compte de la collusion entre les politiques et le business, de l’incohérence des propos tenus par le pouvoir, affirmant prendre la mesure de la crise climatique ou de la crise sanitaire et faisant tout le contraire dans leurs actes qui n’ont qu’un seul but : continuer à faire croitre le pib.

    Quand je dis que mon sentiment est faux c’est que les gens ne sont pas complètement dupes, plus ou moins certes, mais pas complètement. Ils se rendent quand même compte, disons par exemple de la collusion ou des écarts paroles-actes. Mais, hélas, ils s’y sont habitués et ils ont pris une position fataliste. L’impuissance est ce qui domine aujourd’hui dans la population. Et même la résignation. La résignation c’est le contraire de la révolte, mais ça permet de fonctionner sans faire de vagues en regardant d’un air dubitatif les courageux qui se battent.

    Nous sommes devenus un peuple d’impotents civiquement. Le vote ne sert plus à rien, la police est omniprésente, non pas pour attraper les violeurs et les voleurs mais pour empêcher les gens de manifester, le travail  n’a plus qu’un maigre intérêt social et encore moins financier, mieux vaut les aides. Même la fraude, sport national s’il en est, a perdu de sa superbe et bientôt les gens vont faire la queue pour aller en prison où l’on est au moins nourri, logé, blanchi et on a la télé. Et d’ailleurs ils vont construire de nouvelles prisons. Que demander de plus ?

    Vous, je sais pas, mais moi un peu plus de solidarité ne me dérangerait pas. D’accord ce n’est pas porteur la solidarité parce que pour la plupart solidarité égale assistance. Et assistance ça encourage la paresse et le laisser aller. Mais ce n’est pas ça du tout, la solidarité c’est d’abord l’exemple par le haut, c’est le contraire du ruissellement qui est l’arrosage des esclaves.

    D’ailleurs l’exemple qui marche est toujours par le haut. Contrairement au discours du matraquage il n’y a eu, bien sûr, aucune solidarité avec l’Ukraine, seulement une autre manière de continuer la guerre. Néanmoins, les mesures annoncées pour les Ukrainiens si elles avaient été appliquées à tous les immigrés et à tous les français auraient pu être un exemple de la solidarité dont je parle.

    Michel Costadau