Auteur/autrice : Michel Costadau

  • Cohabitation

    Cohabitation

    Je suis un peu surpris que personne ne parle, ni même n’évoque, la cohabitation qui est en train de se mettre en place. En fait je suis gentil quand je parle de cohabitation, parce que ça pourrait être une opposition beaucoup plus frontale, mais bien sûr ce ne sera pas le cas.

    Oh ce n’est pas du tout celle entre le président et l’assemblée ;  là c’est plutôt la lune de miel qui dure ce que chacun sait. Mais, une chose est sûre, un parlement croupion n’a jamais fait avancer un pays.

    Non je veux parler de la cohabitation avec ce qu’il est convenu d’appeler les collectivités territoriales. Il est facile de comprendre que le nouveau parti au pouvoir n’a aucun élu dans les Conseils régionaux, ni dans les Conseils départementaux, ni dans les Conseils municipaux de nos chères communes. Ni même et c’est assez marrant dans le Parlement européen.

    Maintenant si nous prenons notre région, dirigée par des socialistes patentés, élus avec un programme dit socialiste et qui comprend aussi des écolos et beaucoup de FN,  la question est la suivante : quelle est la politique de notre région.  J’ai pris un cas socialiste mais c’est la même chose  pour une région républicaine. Car, à une exception près, toutes les régions françaises sont aux mains des socialistes ou des républicains. C’est la même chose pour tous les départements, ainsi que pour les grandes villes et même les moyennes, car seuls les villages ne sont pas politisés.

    Alors, revenons à la question : quelle est la politique de notre région. La réponse est simple : aucune. Ou plutôt c’est ce qu’il est convenu d’appeler une politique régionale, ce qui ne veut rien dire, pas plus qu’une politique départementale, ou municipale. En fait ça consiste tout simplement à gérer les affaires courantes et ça ne change rien, que ce  soit socialiste, républicain ou même frontiste, sauf bien sûr pour ceux qui profitent. Bien évidemment on ne peut pas dire que le choix du tram ou du métro soit un choix politique, mais ça profite à quelqu’un.

    Maintenant le point que je veux faire ressortir c’est que cette cohabitation illustre clairement les deux étages de notre vie publique. En haut, le Gouvernement et le Parlement qui gèrent le pays depuis leur cocon, c’est-à-dire dans l’entre-soi de la classe politique et en bas nous, c’est dire les citoyens et les territoires qui  sommes uniquement le terrain de jeu des gens d’en haut. Je l’ai déjà dit, des régions et des départements sans force législative non seulement ce n’est pas démocratique mais c’est la porte ouverte à l’exploitation centralisée. Il n’y a pas de Parlements régionaux ni départementaux, il faut qu’il y en ait. Sinon nous n’avons que des gestionnaires plus ou moins qualifiés et surtout plus ou moins corrompus selon les secteurs. Pour la petite histoire, la région vient de lancer des réunions pour le futur « Parlement de ma montagne ». Bien sûr ce « Parlement » n’aura pas le moindre pouvoir législatif. Non ce n’est pas une blague c’est juste pour illustrer que le déficit démocratique, c’est-à-dire en l’occurrence l’absence de pouvoir politique des élus territoriaux, est tellement criant qu’il faut recourir à des ruses verbales pour le masquer.

    Alors, est-ce que cette dichotomie ou cette coupure politique, si vous préférez, va donner quelque chose d’intéressant ? Visiblement elle n’a réussi ni aux socialistes ni aux républicains dont personne n’a approuvé l’entre-soi coupé de la réalité, depuis vingt ans. Et il y a de fortes chances qu’elle ne réussisse pas plus à ceux qui ont voulu prendre leur place et qui se retrouvent bien seuls.

     

    Michel Costadau

  • Composition

    Composition

    La mode est à la composition. Il paraît que nous sommes en train d’assister à une recomposition du paysage politique. Vous noterez que quand je dis assister c’est bien pour marquer que l’on attend de nous que nous soyons des spectateurs et non des acteurs. Sauf que justement, pas de bol, c’est nous qui votons. Et c’est donc nous qui devrions être acteurs. Au lieu de ça on assiste à un spectacle son et lumière donné par la classe politique et dans lequel le seul rôle qui nous reste c’est d’applaudir et dire encore encore.

    Alors, que les électeurs veuillent sortir du jeu le PS et LR, ça c’est vraiment bien et c’est ce que je demande depuis plusieurs années. Mais qu’ils veuillent les remplacer par les mêmes, là y a un truc qui m’échappe, parce que ce n’est pas tel ou tel parti mais c’est la classe politique qui pose  problème, et les mêmes étant les mêmes je ne vois pas où est le bienfait. Il est vrai que le schisme vient d’en haut, le même étant le même. Si en plus on parle de lui comme du dauphin, je me demande dans quel régime nous sommes tombés.

    Bien sûr, et heureusement, il y en a quelques uns qui disent assez assez, mais ceux-là n’ont pas leur place dans les médias. Ou plutôt si, ils ont leur place mais uniquement pour les critiquer et jamais pour faire sérieusement état de leurs arguments. D’ailleurs il n’est plus question d’arguments il n’est question que de publicité.

    Dans ce genre, le dernier truc que je viens de lire me laisse pantois : « Le gouvernement a préparé minutieusement les 100 jours après les législatives ». C’est présenté comme une information au même titre que les morts de Téhéran. Et pourtant c’est le top de la désinformation.

    D’abord, ça ignore l’étape législative, comme si le résultat était déjà acquis, à savoir une majorité présidentielle de godillots. Du coup, l’élection législative, c’est-à-dire le choix de la représentation populaire devient un évènement mineur, comme s’il n’y avait plus d’élection. Et un pays dans lequel il n’y a plus d’élection, je ne sais pas comment l’appeler, mais certainement pas démocratie. D’ailleurs j’ai lu aussi que dans l’attaque sur Raqqa il y avait les Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes, c’est vous dire où va se nicher la démocratie.

    Ensuite, ça ressemble à un scoop : quelqu’un de très bien informé dévoile presque une botte secrète : des chose sont préparées, on ne sait pas lesquelles mais elles sont prêtes. C’est rassurant. Ca ne sera pas la pagaille. Un programme va se dérouler. Heures après heure, jour après jour tout est prévu. On ne sait toujours pas quoi mais c’est prévu, et c’est ça qui est important parce que ça veut dire que la situation qu’on ne connaît pas non plus est maitrisée d’avance. 

    Enfin c’est une prouesse de désinformation : ce n’est pas le contenu qui compte, c’est la forme, l’image évoquée, le message subliminal. On dirait de l’info mais ce n’est que de l’intox. On a déjà dit que les médias sont aux mains de la finance et qu’ils nous font croire ce qu’ils veulent, mais on doit aussi rappeler que les Français sont des veaux, si non ça ne marche pas. Elevés sous la mère, label rouge – belle arnaque ça aussi-, et bientôt bio, mais des veaux quand même.

    Du coup, en fait de recomposition, c’est plutôt de la composition. J’espère que l’on n’est pas en train de retourner au parti unique, comme en 58. Parce que, absence d’élections, parti unique et président non responsable, c’est exactement le tiercé gagnant de la dictature. Dictature de la finance bien sûr mais dictature quand même, comme en Afrique.

    Alors avec notre famille politique régnante ce serait bête qu’on nous confonde avec les régimes africains. Il est vrai que c’est nous qui les avons inventés mais il n’y a pas de quoi être fiers.

    Et puis, après tout, pourquoi ne pas être en accord avec la réalité. Ce n’est plus l’Europe de l’Atlantique à l’Oural, c’est la finance de Paris à Dakar.

    Michel Costadau

  • Collusion

    Collusion

    Bien entendu je n’ai pas la télé et je ne la regarde pas, mais par contre je regarde des films en vidéos, pas toujours jusqu’à la fin mais ça peut arriver quand même. Dans le tas il y a pas mal de policiers. Et j’ai remarqué, comme vous bien sûr, que le monde des polices et le monde des mafias en fait se connaissent très bien. D’abord pour découvrir, identifier, surveiller les agissements des uns et des autres mais aussi pour mesurer forces et faiblesses des hommes eux-mêmes. Je ne me souviens pas d’avoir vu le gangster et le policier amoureux de la même personne, mais c’est tout à fait possible. Cette proximité s’explique aisément par la nécessité de connaître son adversaire. Sachant bien sûr que les gangs ont, en plus de la police, à se connaître entre eux, puisqu’aussi bien ils sont souvent ennemis. Or donc tous ces gens là se connaissent bien et l’histoire pourrait s’arrêter là, parce qu’il est établi que le chasseur sait tout sur son gibier et réciproquement.

    Seulement il y a des situations disons délicates, par exemple quand la police et un gang font, volontairement ou pas, action commune pour faire tomber un ennemi de l’un et de l’autre. Cette convergence demande une grande connivence entre les dites parties et même une entente basée sur la proximité évoquée plus haut. 

    Alors cette proximité m’interroge beaucoup, bien sûr dans le domaine policier, mais surtout dans le domaine financier et politique. C’est la notion de collusion qui est en jeu. Collusion n’est pas corruption mais c’est du même genre, ou tout au moins le premier pas.

    En fait c’est surtout le domaine financier que je veux évoquer. Et par exemple je me suis demandé pourquoi les SCOP, cette forme d’entreprise non capitalistique, n’avaient qu’un succès très limité et en général de courte durée. Cette création ou reprise d’une entreprise par ses salariés a pourtant des vertus rares et attractives. Pas de dictat des actionnaires que sont aussi les salariés, pas de  spéculation des financiers, des relations égalitaires genre un homme une voix et une responsabilité partagée. Rien que du bon en fait. Et pourtant ça a du mal à attirer et du mal à durer. Pourquoi ? Aïe Aïe Aïe.

    En fait il est assez simple de constater qu’il s’agit d’un manque de collusion. Clairement, les SCOP ont un fonctionnement basé sur le tissu relationnel d’une équipe. Ce n’est pas une question de gens qui s’aiment bien, qui se sont embauchés les uns les autres, non c’est simplement une histoire de choix, le choix d’une équipe de faire fonctionner ensemble une entreprise. Cette équipe a en fait un fonctionnement interne fort mais par nature elle est peu reliée au monde capitaliste, en particulier dans le domaine de la finance. Bien sûr elle a des relations avec les acteurs : banque, pouvoir public, marché, mais ces relations relèvent plus du mode client-fournisseur que du mode main dans la main et discrète amitié. Une chose est de bien connaître son banquier et de déjeuner avec lui, une chose est de faire partie de « la famille » du banquier, genre intérêts croisés ou benoitement parrain du garçon ou de la fille. Idem pour intéresser les investisseurs : une SCOP c’est presque rebutant car non seulement ça ne maximise pas le rendement des placements mais ça recherche plutôt un fonctionnement global harmonieux ou presque. Et puis ces gens qui donnent leur avis sur un peu tout et même que l’on consulte fréquemment ça ne permet pas de faire des affaires entre soi. Eh oui les affaires se traitent en famille.

    Mais nous, nous ne faisons pas partie de la famille.

    Michel Costadau

  • Chantage

    Chantage

    Y a une espèce de malaise qui est en train de s’étendre dans la sphère politique, pas exactement un malaise mais comme une image qui devient de plus en plus floue, au point de se demander si ce n’est pas, tout simplement, un défaut de vision. Ce malaise vient de la perte d’un repère basique à savoir celui de majorité. Qui vient lui-même d’un vice de forme de notre régime, qui est l’inversion électorale entre législative et présidentielle. Pour le moment, notre président est élu dans le vide c’est-à-dire sans le moindre moyen d’appliquer un quelconque programme. Tant que l’élu était membre d’un parti et plus ou moins choisi par lui, on pouvait dire qu’il avait une majorité implicite, à concrétiser quand même, mais cernable. Mais quand l’élu est réellement un électron libre, seulement entouré de son conseil d’administration, alors ça devient pitoyable parce que vu qu’il est à poil, la course pour trouver un pantalon ressemble à un vide grenier dans lequel tout le monde met ce qu’il a de plus moche dans la rue, pour être offert au public.

    Et ce malaise atteint d’abord les candidats qui ne savent pas trop s’ils font partie, sans jeu de mots, de leur parti ou du président. C’est angoissant. Les seuls qui sont à l’aise dans leurs baskets sont ceux de Mélenchon et de Le Pen. Pour eux c’est clair, il y a adéquation entre le candidat à la présidence et le candidat à la députation. Pour les autres, bien que je sois sûr qu’ils ne m’écouteront pas, je leur donnerai le conseil de passer à l’acte c’est-à-dire de se regrouper dans le PS/LR dont je parle depuis longtemps.

    Ce malaise atteint aussi les électeurs, parce que donner une majorité à un président ne veut pas dire grand-chose, à supposer, bien sûr que nous soyons en démocratie. En fait, seul le fait de donner une majorité à des partis a un sens, puisque le moteur de la politique est encore et toujours le programme et c’est le vrai visage de la démocratie. Effectivement, après la déferlante présidentielle, les candidats députés sont en gros des inconnus et seul le programme qu’ils défendent devrait être pris en compte. Or donc les électeurs ne savent pas ce qu’ils doivent voter, puisqu’en théorie on vote pour ses idées, en général défendues par un parti. Mais quand on ne sait pas quel parti combattra ou soutiendra le président, ça devient difficile. C’est même cornélien, je t’aime donc je ne vote pas pour toi. A nouveau, seuls Mélenchon et Le Pen ne déboussolent pas leurs électeurs, ce qui est cependant une bien maigre consolation.

    Et ce malaise atteint aussi les politologues qui sont chargés de transmettre aux médias les messages des élus, ou plutôt des dirigeants, c’est plus clair. D’abord les politologues sont laminés par le rouleau compresseur médiatique, exclusivement au service du président, qui est l’élu au sens miss-France du terme. Ensuite les transmetteurs de pensées voudraient bien vanter un renouveau de la vie politique, mais force leur est de constater que ce sont encore et toujours les mêmes, un peu comme un tiercé mais dans le désordre cette fois, ce qui évidemment ne change pas grand-chose. Bien sûr ils n’osent pas dire la réalité, qui est que les électeurs sont pris en otage par la présidentielle, et qu’ils sont victimes d’un chantage à la majorité. Car c’est vrai que le besoin de majorité a été rentré en force dans les gènes des électeurs. Alors que la démocratie c’est le contraire, c’est l’exercice de la pluralité. Mais les politiques tiennent seulement à leur pouvoir.

    Alors on a déjà eu le hold-up médiatique de la campagne présidentielle, puis le chantage à Le Pen pour le second tour et maintenant on a le chantage à la majorité pour les législatives. Ce n’est plus un président que nous avons, c’est un chef de gang.

    Pourtant la réalité est claire et précise : les électeurs se sont répartis en quatre courants qui font chacun à peu près 20%. Nous devrions donc avoir un parlement réparti en 4 parts. C’est alors seulement que peut commencer le travail de discussion, d’échange, d’argumentation, de recherche de meilleure solution, qui permet à chacun d’apporter sa contribution à l’édifice commun.

    Et de revenir à la démocratie. Mais le chemin est encore long, surtout quand on n’est pas sur la bonne route.

    Michel Costadau

  • Le camp du vainqueur

    Le camp du vainqueur

    Longtemps, mais alors vraiment longtemps, c’est-à-dire depuis plus de trente ans, je me suis demandé comment à la fin de la guerre les Français avaient pu passer en quelques mois de collabos à résistants. C’était pour moi un total mystère.

    On avait deux époques tranchées au couteau. La période pendant, où Pétain n’avait que des soutiens et était accueilli partout en France à bras ouverts. Et puis on avait la période après, où il n’y avait que des résistants et où personne n’était encore ou même n’avait jamais été pour le régime de Vichy. Le problème, c’est que ces deux périodes n’avaient pas vingt ans d’écart mais s’enchaînaient directement l’une à l’autre.

    Cela me surprenait et je n’y comprenais rien.

    Clairement, la France a fonctionné pendant plusieurs années avec un régime qui depuis a été qualifié de fasciste. Mais à cette époque-là c’était un régime normal, un régime normal d’occupation. Il y avait les services publics, l’école, les fêtes de village, les gendarmes, l’entretien des routes et mêmes des élections locales. Et donc des élus, mais aussi des préfets et des fonctionnaires. Le tout bien sûr sous domination militaire allemande, mais apparemment ça ne gênait pas grand monde. Certains se sont même bien enrichis. Et tout marchait très bien.

    Tout aussi clairement, De Gaulle a été accueilli comme un libérateur et c’était à qui lui ferait le plus de courbettes. D’un seul coup le pays n’a compté que des résistants, intrépides, courageux, nombreux et déterminés. Bien sûr il a fallu trouver quelques brebis galeuses pour défouler la vindicte populaire, mais c’était vraiment l’exception pour confirmer la règle. Tous les collabos étaient devenus des résistants.

    Pour ceux qui auraient le sentiment que j’exagère je crois, au contraire, que je suis en dessous de la vérité.

    Alors, alors, alors j’ai enfin trouvé quel était le ferment de cette alchimie et ça s’appelle le syndrome du camp du vainqueur. En d’autres termes, la population, on dit aussi le peuple, n’a pas de valeurs, de croyances ni de moralité. Le peuple n’a pas le sens inné de ce qui est bon pour lui, le peuple n’a qu’un seul comportement : être toujours du coté des vainqueurs.

    Et si nous revenons à la dernière guerre, les actions barbares de purification ethnique qui ont eut lieu, n’ont été possible qu’à cause du respect par la population du camp du vainqueur. Quand la victoire a changé de camp, le peuple a lui aussi changé de camp. C’est comme ça.

    D’une manière plus large, voilà que ça explique aussi pourquoi il y a eu beaucoup et il y a encore des guerres, eh oui les guerres ça sert à ce qu’il y ait un vainqueur. Et le vainqueur par un coup de baguette magique obtient l’adoration des vaincus et leur servitude. Nos peuples sont des peuples de vaincus qui encensent leurs vainqueurs. En plus, le peuple, mais je préfère quand même dire la population, n’est pas fidèle et même plutôt versatile. Dès que le vent tourne, la population aussi.

    Nous avons la même situation avec notre pauvre élection présidentielle. La population était prête à infliger une déculottée à Hollande et, magiquement, elle encense son successeur. Cherchez l’erreur. Pourquoi ?  parce que ce successeur a été désigné dès le début comme le gagnant. C’est exactement le syndrome du camp du vainqueur. Et on entend déjà la même musique pour les législatives alors qu’il est, encore, impossible de prévoir combien il y aura de triangulaires voire de quadrangulaires et ce qui en sortira.

    Je n’ai pas encore réfléchi à comment contrecarrer ou au moins commencer à lutter contre ce syndrome, mais ce qui est sûr c’est qu’il y a du boulot.

    A vrai dire j’ai déjà commencé à résister, oui, et c’est en n’ayant pas la télé et tout ce qui va avec, car elle ne vante que les mérites du vainqueur. Cela je l’ai toujours senti mais je ne savais pas que c’était une question de survie. Oui parce que le syndrome du vainqueur ne demande pas obligatoirement une guerre. De nos jours, il suffit que le vainqueur soit construit, introduit, validé puis intronisé par les médias. Les médias sont l’arme moderne, plus besoin de chars, les infos suffisent et rendent les élections caduques car le peuple choisira toujours le vainqueur et pas son propre bien. Même si le vainqueur est complètement fabriqué artificiellement, le peuple le choisira, il a toujours fait comme ça.

    Mais une autre réflexion doit aussi être menée : notre régime actuel a-t-il des comportements barbares comparables à ceux de Vichy ? Et la réponses est oui. Les massacres de migrants, les guerres pétrolières, l’exploitation des enfants, les produits frelatés sont notre quotidien. Nous sommes bel et bien au courant, mais c’est la politique que pratique le vainqueur, car aujourd’hui le vainqueur est mondial alors nous ne disons rien, nous ne faisons rien. Et le vainqueur continue ses actions barbares parce que comme toujours nous respectons le vainqueur. Et tristement nous attendons le prochain. Anne ma sœur Anne ne vois tu rien venir ?

    Michel Costadau

  • Gelée noire

    Gelée noire

    Il est clair que le principal événement de ces dernières semaines a été ces trois jours de gelée matinale qui ont fait des dégâts qu’on n’avait pas connus depuis longtemps. Pour les viticulteurs, arboriculteurs, pépiniéristes, maraîchers, c’est une perte sèche de leurs revenus qui se profile. Personnellement, en tant que céréalier, il n’y a, touchons du bois, aucune incidence. Blé et orge n’ont rien ressenti, les pois chiches et les féveroles non plus. Le tournesol était semé mais pas encore né et le soja pas encore semé. Par contre, autour de la maison ce n’est pas pareil. Les figuiers n’ont plus de feuilles, les noyers non plus. Même les jeunes acacias ont flambé et certaines pointes d’asperges ont roussi. Au verger, les cerises sont noires, les pommiers n’ont plus aucun fruit et idem pour les pruniers. Seuls les poiriers semblent avoir bien supporté et le cognassier a encore quelques fruits.

    Mais restons sur les viticulteurs, bon alors c’est allo maman bobo : envoyez les aides.

    Eh oui on a déjà eu l’impôt sécheresse, les calamités naturelles pour les inondations et des milliers de plans d’aide pour le cochon, le canard, le blé ou la grêle. Alors pourquoi pas le gel.

    Cette attitude me gêne un peu, parce que quand on ferme une entreprise et ses usines, et ça doit être autour d’une par jour en ce moment, certes on donne quelque chose aux salariés, mais les actionnaires perdent tout : actions, pouvoir, voire même un peu d’argent. Alors, sans la moindre ambigüité, il est absolument impossible de pleurer sur le sort des actionnaires. Rien ne les a obligés à investir leurs euros dans des projets. Et d’ailleurs, dans la majorité des cas ils font le jackpot, ce qui leur permet de continuer. Ce n’est bien sûr pas le cas des salariés dont la dépendance au marché du travail est totale, marché créé par ces mêmes actionnaires. Et les viticulteurs, comme tous les agriculteurs – on n’ose plus dire paysans – sont des actionnaires, souvent le seul et souvent même pas en société, mais ça ne change rien à leur statut. 

    Bien sûr, il y aussi l’assurance comme solution. Ce système a l’avantage d’être au cas par cas, contrairement aux aides qui sont générales, mais c’est onéreux et il y a une franchise. C’est d’ailleurs une des orientations de la PAC de faire de l’assurantiel, mais pas encore en vigueur. Seulement les assurances c’est le contraire d’une aide : c’est une charge, qui va donc se répercuter sur les prix.

    Techniquement, contre le gel il y a aussi des systèmes de protection, en particulier pour les vergers. Pourquoi pas pour les vignes. Je ne crois pas qu’il y ait de contre-indications. Dans ce cas là une aide a ses vertus pour inciter à s’équiper. L’Europe, hors PAC, aime bien ce genre de concept d’aider les gens à investir parce que ça fait marcher le commerce.

    Mais il y aussi une autre solution toute simple : ne rien faire. Cette idée me plaît assez, d’une part parce qu’il semble difficile de s’engager dans le cercle vicieux de protéger l’agriculture de tous les aléas et d’autre part parce que, qu’on le prenne par n’importe quel bout, c’est toujours le consommateur qui paye les aides. En plus, ne rien faire a comme vertu d’obliger les gens concernés à se défendre, voire à s’auto-organiser. Vous allez me dire que c’est ce genre de regroupement professionnel qui a conduit aux aides que nous connaissons. C’est vrai parce que ça a été porté au plan national et instrumentalisé par les politiques. En fait moi je pense plutôt à des actions purement de terrain concernant des gens qui se connaissent et ça existe déjà un peu, comme une solidarité locale. Parce que là où les gens s’entendent, les intempéries et les politiciens n’ont plus aucun pouvoir. Seulement, vous le savez, tout le travail des politiques consiste justement à ce que les gens ne s’entendent pas, à commencer par eux, car le compromis c’est-à-dire l’intérêt général n’est plus ou pas encore dans leurs gènes. Est-ce qu’on pourrait penser à changer ça ? 

     

    Michel Costadau

  • Rien

    Rien

    Ce soir, lorsque la farce sera terminée, que le rideau sera tombé, tous les spectateurs rentreront chez eux pour s’apercevoir que rien n’a changé. Enfin rien c’est-à-dire seulement le nom du président. C’est comme le plat du jour : on a l’impression que ça change mais ce sont toujours les mêmes qui reviennent. Semaine prochaine même réveil, mêmes voitures, mêmes bruits des voisins. Demain même école, même bus, même jardin, même sécheresse. Et même impuissance. Ce n’est pas en montant un grand barnum tous les 5 ans que le sentiment démocratique peut se développer et se maintenir.

    Rien n’a changé parce que c’est le but de la manœuvre. Il faut à tout prix éviter un retour à la démocratie parce que ceux qui pillent la planète et nous enferment dans la prison médiatique n’ont pas envie de s’arrêter, ni de se remettre en cause, ni de laisser un peu de pouvoir. Ni-ni rien.

    Mais quand même si, un tout petit quelque chose a changé : un petit nombre de personne de plus ont pris conscience que ce n’est pas le choix d’un président qui permettra le retour à la citoyenneté.

    Non, la réforme des institutions, la fin du système présidentiel, le rétablissement d’une démocratie parlementaire pluraliste ne peuvent pas être obtenus par le choix d’un nom. C’est cela que quelques citoyens de plus ont compris. Ce nombre est petit mais un peu plus grand qu’avant. Ce n’est pas grand chose mais c’est un ferment, une levure qui va pouvoir pousser, qui va irriguer la population, par l’éducation, l’explication, la résistance.

    Bien sûr nous ne sommes pas dans le domaine des sciences exactes, nous somme dans l’humain, dans le sentiment, dans le malléable. Et l’ennemi est puissant parce qu’il est aussi un peu en nous. Il n’y a pas de frontière à la pensée, à la conscience, il y a un grand patchwork où nous nous tenons les uns les autres par un lien parfois fort comme un arbre et parfois faible comme une tige de roseau. Mais ce lien par les opinions est la seule arme que nous pouvons déployer. C’est notre lien, c’est notre arme.

    Lent mais irréversible, étape après étape, le mouvement de prise de conscience se développe dans le monde et aussi dans notre pays. Ce n’est pas une ligne droite mais une succession de  hauts et de bas dont le sens général est quand même ascendant. Un haut avec Iglésias et un bas avec Trump, un haut avec Lula et un bas avec Sissi, Un haut avec Mélenchon et un bas avec Macron.

    En fait, la photo n’est pas en noir et blanc : démocratie ou pas. Elle est en couleur, car nous avons encore quelques institutions, encore quelques bribes de représentation populaire. Alors la question c’est plutôt : voyons-nous dans la démocratie qui nous reste  un rempart contre les excès du pouvoir, d’un pouvoir qui pourrait être  Le Pen ou Fillon, où n’avons nous plus confiance du tout et avons-nous surtout peur de ne pouvoir résister à des hypothétiques déferlements de haines et de vengeances.

    Seulement si nous avons peur ça veut dire que nous sommes déjà au-delà de la démocratie, mais alors pourquoi voter.

    Ceux qui veulent briser notre confiance dans nos lois et dans nos résistances et veulent nous culpabiliser parce que nous ne votons pas, sont les fossoyeurs de notre démocratie, en sursis certes, mais encore démocratie. Vraiment le sens même du vote a été travesti. Normalement le vote est là pour indiquer ce que nous ne voulons plus, ce que nous voulons changer dans notre situation actuelle. C’est pour cela que les citoyens ont conquis le droit de s’exprimer. Mais aujourd’hui le vote a été transformé en ce dont nous avons peur pour le futur. Comment, eh bien tout simplement grâce à la création d’un repoussoir avec un niveau de nuisance imaginaire entretenu par les médias.  

    Nous disons clairement que cette élection présidentielle avec deux candidats pour le second tour – pourquoi pas trois, posez-vous la question ?- n’est pas démocratique. Y participer c’est aller contre la reconquête de notre propre pouvoir.

    Et vouloir nous obliger à voter en caricaturant le danger que  représente l’un des candidats est irresponsable. Non Le Pen n’est pas plus dangereuse que Fillon, que Sarkozy ou Hollande. Les charters de la honte existent depuis de longues années.  Les victimes du trafic méditerranéen de migrants se chiffrent en dizaines de milliers, peut-être en centaines. Les centres de rétention, le contrôle au faciès, les cités, les expulsions de Roms, ce n’est pas demain, c’est notre quotidien. Acceptons-nous huit détenus dans des cellules faites pour trois ? Oui ou non. Si nous l’acceptons alors oui la démocratie est balayée car ce sont des conditions inhumaines. Si nous acceptons cela c’est que nous n’avons pas le courage de dire : c’est une situation actuelle inadmissible et je ne l’accepte pas. Ce n’est pas le futur, c’est le présent. Alors je dis que ceux qui veulent que cela continue, c’est-à-dire que rien ne change sont le vrai danger. Vouloir leur laisser le pouvoir est indigne. Quand les élections, socle de la démocratie, sont truquée pour que rien ne change, quand notre vie politique est un simulacre de démocratie, voter c’est rajouter un neuvième détenu dans la cellule.

    Michel Costadau

  • Deuil

    Deuil

    Cette semaine je ne devrais pas publier de billet car nous sommes en deuil de la démocratie. Les riches ont réussi à imposer leur candidat à la présidentielle. Alors nous pleurons, c’est tout ce que nous pouvons faire. Et d’autres rêvent.

    Mais avant de rêver, atterrissons. Retrouvons la bonne vieille réalité. Eh oui à ma grande honte, je dois constater qu’il y a beaucoup de gens qui sont pour la domination de la finance. Des moins jeunes et des jeunes, veste et col de chemise ouvert, chaussure à bout pointu, pantalon serré du haut en bas, un peu moins en haut pour les moins jeunes, pas rasés de la semaine, modernes, téléphone à la main, accros aux réseaux sociaux. Je les voyais, je les côtoyais, mais en fait je pensais que leur plaisir c’était d’échanger des photos, de se retrouver sur les plages et de faire le sacro-saint bbq au bord de la piscine. Mais voilà-t-il pas qu’ils se sont réveillés comme s’ils avaient des idées et qu’ils se sont reconnus ou retrouvés dans le chantre de la technocratie. Mauvais rêve !

    Bien sûr j’avais été alerté. Vous vous souvenez de cette fameuse manif pour Charlie hebdo. Seulement à ce moment-là ils étaient partagés et mélangés, ils ne se connaissaient pas. Mélangés avec la droite classique, xénophobe et bien pensante, mélangés aussi avec les militants progressistes. Mais maintenant le tri est fait. La droite s’est reconnue dans Fillon, la gauche dans Mélenchon et les chaussures pointues dans Macron. Ca ressemble à une mode, vous savez, en ce moment c’est la mode élites éclairées. Combien de temps dure une mode. Ben, jamais très longtemps.

    Certes cette analyse est un peu rapide car, même à la campagne, il s’est voté pour le candidat des médias, mais le fait est là et, à vrai dire, les souliers pointus ne sont qu’une partie des votants de la finance car il y a eu du mélange partout dans cette élection. Bien sûr Mélenchon a récupéré le PS et  Macron a récupéré la droite sans pourtant faire un gros score. Mais à force de mélanger religions, économie et chômage, personne n’y comprend plus rien et c’est du siphonnage à tuyau bouché ou troué. En tous cas ça ne fait pas une belle musique.

    Réalité aussi la confirmation que PS et LR sont bien un seul et même parti et la même classe politique. Ils ont effectivement le même candidat, le même Front républicain dont on ne sait plus s’il est contre Le Pen ou pour les riches et, bien sûr, le même programme.

    Réalité encore le déchainement médiatique contre Mélenchon. A mon humble avis sa position est extrêmement claire et je ne vois pas pourquoi on l’accuse d’imprécision. Bien évidemment il ne veut pas de la finance et ça fait longtemps qu’il ne veut pas de Le Pen. Alors c’est vote blanc ou abstention pour les courageux, le tout sans ambiguïté. Mais les médias n’aiment pas ceux qui sont courageux et disent les choses.

    Dure réalité aussi pour nos clowns habituels Bové, Ruffin, Bendit ou notre ringard PC : eh oui ça sent l’écurie, tous pour la finance et Dieu reconnaitra les siens.

    Mais en attendant on pleure.

    Michel Costadau

  • Qual/Quant

    Qual/Quant

    Toujours agile, je rebondis sur l’annonce de Lagardère de prendre les  rênes d’Europe1. C’est à dire de s’en occuper en direct, personnellement et avec vigueur. C’est, en général, une attitude à la mode de la part de ceux qui ont la faveur des médias. Quand quelque chose ne va pas, nos divers dirigeants entonnent le refrain : attention je vais m’en occuper directement et on va voir ce que l’on va voir. Cette posture de matamore est symptomatique des gens dont les médias disent qu’ils ont du pouvoir et dont les exhortations, déclarations et autres sautes d’humeur font la une de ces mêmes médias.

    On vient de le voir récemment avec Trump, dont le programme tient en quatre mots : je vais m’en occuper personnellement. On ne sait absolument pas pour faire quoi, ni dans quel sens, ni avec qui, ni contre qui. L’important c’est que ce soit lui qui s’en occupe. C’est exactement le schéma de la relation amoureuse qui est splendidement aveugle. « Nobody’s perfect » répondait Joe Brown au fait que son béguin n’était pas une femme mais un homme.

    Et hélas, notre pauvre élection présidentielle n’échappe pas à ce délire. Ce n’est pas le programme qui compte c’est celui que l’on aime. On aime, on défend, on se bat pour LE candidat. Avec un tel mode de fonctionnement, pas étonnant que personne ne soit content du résultat et que les programmes soient n’importe quoi.

    En fait, c’est la classique dialectique qualitatif/quantitatif. Le qualitatif c’est « like » et du coup le quantitatif n’a plus aucune importance. Les candidats peuvent dire ce qu’ils veulent, ce qui compte c’est que ce soit eux qui l’aient dit et du coup les gens deviennent pour ce qu’il a dit, sans réfléchir que, dans la bouche d’un autre, ils seraient contre.

    C’est pour ça que les programmes comportent si peu de chiffres, de vrais chiffres je veux dire, de choses concrètes, qui nous seraient utiles, ou au moins à un grand nombre. Non tout est en pointillés, en esquisse, en possible, en devenir, mais sans aucune certitude que ça voit le jour.

    On pourrait appeler ça de l’hypnose collective, en tous cas moi je l’appelle comme ça.

    Bon dimanche.

     

     Michel Costadau

  • Salada mista

    Salada mista

    C’est vrai que j’ai peu suivi cette campagne, ni écouté le moindre candidat, mais quand même une chose que j’ai retenue c’est qu’il était question de revenu universel. En plus, depuis qu’on en parle, j’ai le sentiment que ce revenu de base a quelque chose à voir avec le plein emploi. En effet certains considèrent que la fin du chômage est devenue une galéjade et qu’il faut donc passer à un modèle non plus basé sur le travail mais sur le chômage. D’où l’idée du revenu de base. Mais ça me laisse franchement perplexe.

    Le premier problème c’est que du plein emploi, i.e. des taux de chômage de moins de 5 % on en trouve et même dans des pays qui comptent un peu, à savoir par exemple les US et l’Allemagne. Bien sût il faut discuter de comment ces taux sont obtenus. En Allemagne il semble que ce soit au prix d’une augmentation de la précarité et aux US par une augmentation des personnes qui ne cherchent plus de travail. Quoi qu’il en soit, il semble que chez nous plus personne ne croit que le chômage puisse descendre en dessous de 5 %, même avec des méthodes statistiques élaborées. Il faudrait donc savoir clairement si les politiques à venir visent le plein emploi ou le revenu de base. Et de ce côté-là il me semble que c’est le grand flou.

    Le second problème c’est de savoir ce que va remplacer le revenu universel. Ce revenu qui devrait être théoriquement une allocation unique à vie d’un montant forfaitaire égal pour tous les individus, va-t-il s’ajouter à ce que certains perçoivent déjà, ou au contraire supprimer tout ou partie des  allocations existantes. Par exemple, allocations familiales, RSA, APA, APL, handicap, retraites, allocation chômage, PAC, bourses, congés maternités, cures thermales et tant d’autres. Sans être devin je parierais bien volontiers que le revenu universel, s’il voit le jour, va être à la française i.e. s’ajouter aux aides existantes mais sous condition et avec un montant variable, c’est-à-dire le contraire du revenu universel. Mais on n’en est pas encore là. 

    Le troisième problème c’est de voir quels seraient les effets secondaires d’une telle mesure. Celui qui vient à l’esprit en premier c’est le développement du travail au noir. En effet, cumuler a toujours été la pratique favorite des Français. La sécu d’un coté et le coup de main rémunéré en liquide de l’autre. Un autre aspect évident c’est l’exclusion des étrangers qui n’y auront pas droit mais c’est vrai qu’eux ils travaillent. Enfin un retour de la femme au foyer se dessine derrière ce projet pour les ramener à élever les enfants et se voir entre copines. Le pied quoi, enfin ça se discute. Il me semble donc que cette idée est bien symbolique de toute la campagne électorale, c’est-à-dire des propos en l’air tenu par des gens qui n’ont aucun moyen de les appliquer. Du vent quoi.

     

    Cependant, comme il s’agit du dernier billet avant le premier tour, je dois aussi essayer de faire des pronostics. Aïe ! Mon souhait évidemment c’est que l’abstention gagne. Le non-vote au sens large, c’est-à-dire bien sûr non-vote, blanc et nul mais aussi toutes les voix des petits candidats, car clairement celui qui vote pour un candidat qui n’a aucune chance et qui le sait, fait un superbe non-vote. En gros j’appelle petits candidats ceux qui n’ont strictement aucune chance d’être au second tour. Si tout ce petit monde pouvait faire la moitié des électeurs ce serait formidable et porteur d’avenir. Sinon on fera avec.

    Maintenant, moment délicat, je dois faire une prévision. Alors avec beaucoup de précautions je dirai que je verrais bien un second tour Le Pen Fillon, mais on peut se tromper. Bonne semaine.

     

    Michel Costadau