Auteur/autrice : Michel Costadau

  • Pourquoi l’autoroute n’est pas faisable

    Pourquoi l’autoroute n’est pas faisable

    Deuxième saison.

    A l’attention de messieurs les membres de la commission d’enquête.

    Vous avez l’importante mission de recueillir les arguments en faveur ou en défaveur du projet présenté. Ce n’est pas du tout un vote et ce n’est pas l’opinion de chacun qui est demandée, mais la réflexion qu’il développe sur les avantages, inconvénients ou lacunes de la solution proposée. La solution d’accord, mais à quel problème. Clairement, il s’agit du souhait de Castres de faciliter son accès à Toulouse. Notons que ce souhait, tout à fait légitime, est unilatéral. Je veux dire que ce n’est pas réciproque. En effet Toulouse ne demande nullement  d’améliorer son accès à Castres, préférant gérer en priorité ses problèmes de circulation et ses rocades.

    Une fois tous les arguments recueillis et restitués dans un document, il vous appartiendra aussi de formuler un avis sur la solution proposée. Et je souhaite revenir quelques instants sur cet avis. Il est clair que vous n’avez que deux choix : soit favorable avec des réserves, soit défavorable avec des motivations. Je voudrais attirer votre attention sur le fait que, si vous rendez un avis favorable, il ne se passera plus rien. Je veux dire plus rien pour l’autoroute et rien pour l’aménagement de la 126. C’est la manière la plus simple d’enterrer le projet.

     

    Rien, parce que votre avis favorable ne veut absolument pas dire que le ministère déclarera le projet d’utilité publique.

    Rien, parce que l’Etat n’a aucune obligation de consulter des concessionnaires. Une DUP devient caduque au bout de dix ans. C’est ce qui est déjà arrivé pour la 126 dans le secteur de Saïx-Castres.

    Rien, parce que la mise en place d’un nouvel exécutif repousserait encore la validation du dossier de consultation d’un concessionnaire. En effet, ce dossier devrait être remis à jour en fonction des remarques, non encore intégrées, des commissions ministérielles et des mesures gouvernementales prévisibles contre la pollution. Peut-être même avec l’intégration de quelques arguments recueillis pendant l’enquête.

    Rien, parce qu’il n’est pas du tout certain, et c’est le point fondamental, qu’il y ait un concessionnaire potentiel qui réponde. Le projet de LACT n’a aucun attrait pour un concessionnaire. Non seulement le trafic est faible, surtout celui des poids lourds qui sont loin d’encombrer l’itinéraire, mais le plus important c’est que cette liaison n’a aucun prolongement. Elle ne va même pas jusqu’à Mazamet, il s’en faut de plus de 20 km. Le prolongement jusqu’à Béziers n’est pas pour ce siècle et de plus ne créerait qu’une liaison Toulouse-Béziers qui existe déjà. Quant au demi-prolongement de Puylaurens à Castelnaudary, il n’a jamais été évoqué, puisqu’il aurait supposé de relier Castres non à Toulouse mais à l’A61, à Castelnaudary, ce que Castres n’a jamais mis en avant.

    Les concessionnaires autoroutiers sont des gens qui voient à long terme, c’est-à-dire qu’ils peuvent attendre patiemment que ça devienne rentable. Mais si aucune perspective de rentabilité ne se profile, ils n’y vont pas ou alors mettent des conditions financières extrêmement bien ficelées qui coûtent très cher aux pouvoirs publics. Vous devez savoir que la ville de Castres continue à indemniser un grand groupe pour ses parkings. De plus, il ressort du dossier que cette LACT n’aurait comme clientèle que la seule ville de  Castres et de ses environs. C’est peu pour faire des affaires avec une autoroute. Cette faiblesse se reflète d’ailleurs dans le montant exorbitant de la participation de l’Etat et des collectivités prévues dans le dossier. Bien sûr vous pourriez penser que Toulouse aussi pourrait être intéressée par cette liaison, que des entreprises toulousaine pourraient venir s’installer à Castres mais réfléchissez : en quoi seraient-elles mieux à Castres qu’à Toulouse.

    Rien, parce que la prochaine étape des constructeurs automobiles est une voiture plus autonome qui sécurisera tous les trajets. Déjà, vous le savez, le GPS permet de trouver des itinéraires évitant les bouchons et donc l’autoroute, et prend en compte le parcours de porte à porte qui est ce qui intéresse le plus l’automobiliste. De même les applications type BlaBlaCar facilitent le covoiturage même pour de petits parcours, c’est autant de véhicules en moins. De même les applications type Uber permettent de se passer de sa voiture ou de la mettre à disposition d’autres usagers. Les concessions autoroutières sont pour 60 ans et il semble bien que, bien avant ce délai, la circulation et les véhicules auront beaucoup changé.

    Rien,  parce que l’effort des pouvoirs publics n’est plus centré sur la route, mais sur la pollution : réduction de vitesse, voitures non polluantes, taxation des véhicules, ferroutage, portions de villes interdites, écotaxes ou ce qu’il en reste. Le résultat étant, dans la pratique, de diminuer la circulation.

    Rien, parce que l’avenir du développement n’est pas au déplacement des personne pour le travail mais au déplacement des informations. Déjà les employés de certaines entreprises ont un ou plusieurs jours à domicile. A quoi sert de faire 70 km matin et soir quand on peut travailler chez soi ou dans un infocentre devant son terminal en étant relié à la France entière, voire au monde. Les autoroutes modernes sont les lignes à haut débit, les réseaux téléphoniques et les réseaux sociaux. C’est là que les entreprises et l’Etat investissent. Les autoroutes automobiles rentables ont déjà toutes été faites.

     

    En conséquence, il me paraît franchement contre-productif que vous puissiez rendre un avis favorable. Bien au contraire, si vous rendez un avis défavorable, ce qui ne préjuge en rien de la décision de l’Etat, vous incitez les pouvoirs publics à ne pas rester bloqués sur cette seule solution autoroutière passéiste. Vous rendrez ainsi possible un aménagement de la 126 par tranches, qui pourrait débuter rapidement c’est dire tout simplement débuter. Et résoudrait une demande de mars 1994.  Et oui, 23 ans de perdus déjà. S’il vous plaît n’en rajoutez pas. Merci.

    Michel Costadau

  • Pourquoi l’autoroute n’est pas la solution

    Pourquoi l’autoroute n’est pas la solution

    Comme beaucoup d’entre vous je me demande ce que je peux bien écrire dans l’enquête publique sur la LACT. Certes mon avis je le connais, mais ce n’est pas mon avis qui est demandé mais mes arguments. Les arguments il y en a plein, cependant je trouve qu’énoncés sous forme de liste ils manquent un petit peu de liant. Alors je me suis dis : comment ferait un avocat ? Sa plaidoirie ne se présente pas du tout comme une liste de ce qui est pour ou de ce qui est contre. Non il reprend tous les faits et essaie d’introduire le doute dans l’esprit des juges pour les amener à ses convictions. En fait il argumente, il cherche à créer une relation afin de présenter sa vision comme logique, naturelle, évidente. Alors commençons.

    Souvenez-vous messieurs, la première motivation pour une autoroute concédée c’était la rapidité de mise en œuvre. En effet, en quinze ans il n’avait été réalisé sur fonds publics que deux petits tronçons à quatre voies autour de Puylaurens et de Soual. La pauvreté nationale en était la cause et à ce rythme-là le tracé entier aurait pris une éternité. C’était le leitmotiv des édiles et ont alors surgi les slogans autoroute 2013, puis 2015, puis 2017, puis plus rien. Clairement, la rapidité de la solution autoroute s’est évaporée, ce qui a commencé à susciter le doute. En même temps, une fois le projet autoroutier porté par les décisions ministérielles, il a eu un effet pervers inattendu : plus aucuns travaux  sur la 126. Je n’irai pas jusqu’à dire que cette situation arrangeait bien l’Etat mais, en tous cas, elle lui permettait de justifier le fait de ne plus dépenser un centime sur l’itinéraire. Et pourtant la nécessité de l’amélioration se faisait de plus en plus criante : accidents dont certains mortels, ralentissements, feux rouges, mais rien n’a été fait. Disons pourtant que la suppression du feu de Saïx n’aurait pas coûté une fortune.

    Alors, le second argument des partisans de la solution autoroutière était bien sûr la rapidité de déplacement. Cependant la quantification de cette rapidité n’a jamais été claire à cause du point d’arrivée sur l’A68 et la rocade toulousaine. Certes en milieu de journée le gain aurait été mesurable, mais comme les utilisateurs se concentrent  le matin, le gain devenait plus qu’aléatoire, ce qui a conduit d’ailleurs une partie du trafic à se reporter sur l’ancienne 126 par Saussens, voie naturelle vers le Sud de Toulouse.

    Néanmoins, on peut dire sans contestation que l’amélioration de la route est une nécessité partagée par tout le monde et il est certain que l’autoroute par sa structure même : pas de double sens, pas de croisements, améliore la  sécurité. Cette amélioration est notable et permet du coup une augmentation de la vitesse autorisée. Seulement elle ne concerne, évidemment, que ceux qui l’utilisent, et il est donc difficile de comparer l’accidentologie actuelle à celle de l’autoroute, car il faudrait lui ajouter celle du trafic conservé par la  126,  foncièrement local.

    En effet, il vous faut savoir aussi, messieurs, que le trafic sur la 126 est principalement de transit, c’est-à-dire que ceux qui font le parcours d’un bout à l’autre sont les moins nombreux. En conséquence, le gain de temps potentiel ne concernerait qu’une partie des usagers. Par contre, le trafic local se trouverait pénalisé dans l’utilisation de la 126 par les traversées de villages, actuellement contournés, ainsi que par l’obligation de passage des camions et engins agricoles. Je vous demande, messieurs, de bien vouloir garder à l’esprit cette pénalisation, car je vais en reparler.

    Restons quelques instants sur cette notion de temps de parcours. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que pour se déplacer en voiture quand on calcule l’heure à laquelle on doit partir, on ajoute toujours une marge. Cette marge peut avoir pour origine le brouillard, les vacances,  les travaux. Cependant, quand elle a pour origine ce qu’il est convenu d’appeler les bouchons, sa quantification devient difficile et l’on a tendance à l’augmenter quitte à partir plus tôt ou, bien sûr, à prendre le risque d’être en retard.

    Puis-je vous rappeler, messieurs, que le point d’arrivée d’un automobiliste n’est jamais la rocade toulousaine, qui ne présente aucun intérêt en soi mais plutôt un passage vers une destination à laquelle on accède assez souvent par la rocade et qui comprend un parcours plus ou moins long en ville. Par conséquent,  le point important n’est pas la longueur du trajet mais le calcul de la marge. Et logiquement c’est donc la régularité de la durée du parcours qui permet de prendre la marge la plus faible et ainsi d’optimiser au mieux la durée réelle du trajet. Je me permets d’ajouter avec un certain recul issu de l’expérience que le fait que le parcours Castres-rocade Toulouse-rocade prenne  60mn, plutôt que 50mn ou 70mn n’est pas un facteur décisionnel par rapport à la sécurité du trajet et à sa régularité. Et je suis sûr que vous partagez ce constat.

    Vous voudrez bien prendre en compte maintenant que, dans une solution autoroutière concédée, le principe de rentabilité est prépondérant. Ce principe demande, voire exige, une augmentation de la fréquentation, c’est à dire une augmentation du trafic sur  l’itinéraire. Et, messieurs, en sus de la tendance à la suppression de l’automobile en ville, cette augmentation conduit mécaniquement à l’accroissement du pic de trafic matinal qui est déjà la cause de ces fameux bouchons assez désagréables. Nous découvrons ainsi un nouvel effet pervers : la diminution du temps de parcours augmente la taille des bouchons et donc leur durée, annulant ainsi le gain de temps potentiel  acquis sur la première partie du trajet. Vous n’êtes pas sans savoir que l’écoulement de la circulation répond en partie à la mécanique des fluides et que pour optimiser le débit d’un entonnoir, il faut veiller à ce qu’il ne soit jamais plein mais en écoulement constant.

    De plus vous le savez, le Tarn dispose déjà d’une autoroute, gratuite certes, mais traversant un paysage assez différent de la vallée du Girou et de la dépression castraise. Il ne vous a pas échappé que sur la 126, il n’y a aucune ville comme Gaillac, mais seulement de petits villages avec un modeste point culminant à Puylaurens. Cela permet de comprendre la source du trafic local et du même coup qu’inversement les clients potentiels d’une autoroute ne se trouvent qu’aux deux extrémités ou plutôt à une : Castres.

    Restons quelques minutes sur Puylaurens qui, clairement, revendique son attachement rural, illustré par son marché, son abattoir et ses ateliers de découpe. Eh bien il en est de même de tous les villages du parcours qui ne cherchent pas du tout une dynamique citadine mais un habitat campagnard. Sachez, messieurs, que les gens de la campagne se déplacent beaucoup tant pour le travail que pour les activités agricoles, les divertissements ou l’éducation. Ainsi il y a un important tissu rural, comme en témoignent les fêtes de Lavaur ou de Puylaurens. C’est, donc sans le moindre passéisme que je vous dis que ce tissu vivant a besoin d’être reconnu, entretenu, irrigué, encouragé.

    C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à dire que, par son principe même de limitation des accès, l’autoroute est clivant et excluant puisqu’il privilégie seulement les extrémités qui ont, d’ailleurs, tendance à vivre le trajet comme un simple tunnel permettant d’éviter la campagne. La 126 est une artère qui irrigue 50 km de campagne, et plutôt que d’en réduire le débit il faut au contraire le fluidifier, le sécuriser, le fiabiliser et le maîtriser. C’est la vie d’un pays qui est en jeu.

    Bien sûr, messieurs, je sais que vous me lisez parce que vous avez un avis à donner, mais je n’hésite pas à dire que c’est plutôt une décision à faire prendre. Quelle décision me direz-vous, puisqu’aussi bien votre avis est essentiellement consultatif. Eh bien, messieurs, cette décision c’est de redonner un peu d’espoir aux habitants de Castres et vous avez la mission de faire prendre aux pouvoirs publics la décision de lancer immédiatement l’aménagement de la 126 conformément aux exigences de développement d’une agglomération et d’un pays.

    Car les habitants de cette grande cité ont été, depuis 20 ans, malmenés par les pouvoirs publics, allant de promesses non tenues en concertations sans fin. Les habitants de Castres veulent que l’on s’intéresse à eux, qu’on leur fasse voir qu’il va vraiment se passer quelque chose. Et pour cela vous avez donc non seulement des avis à recueillir, mais un immense message à délivrer : c’est celui de la fin de l’opposition ville-campagne, la fin de Castres contre la vallée du Girou, la fin des bonnes intentions et de l’incurie.

    Et là il y a urgence. Excusez-moi si j’alourdis l’aspect dramatique de la situation, mais, messieurs, je vous demande de ne pas être responsables du prochain mort sur cette route. Oh bien sûr il y aura toujours des cas inévitables où vous n’aurez rien à vous reprocher, mais il y aura aussi des dépassements dans le brouillard sans barrière centrale avec de jeunes vies trop tôt broyées ou anéanties.

    Ne nous méprenons pas, si la tendance est à la suppression des automobiles dans les villes, elles restent le seul moyen de déplacement en campagne. Même si vous n’avez pas d’origines rurales il ne vous est pas indifférent que le combat entre les villes tentaculaires et les campagnes qui se désertent a changé de couleur depuis plusieurs années. La campagne existe et veut continuer à vivre. L’avenir de la campagne ce n’est pas l’urbanisation. L’avenir du développement d’une ville ce ne sont pas les longs déplacements, mais l’équilibre entre lieu de vie, lieu de travail et environnement. Messieurs, délivrez-nous de la chimère autoroutière et mettez les pouvoirs publics au travail pour concilier les besoins de Castres et ceux de la campagne. Merci.

    Michel Costadau

  • Régions

    Régions

    B. Hopkin dans Le Monde s’est fendu d’une tirade dithyrambique sur nos régions. J’en suis resté sur  le …. disons pantois. Alors je me suis dit mais qu’est-ce exactement que nos régions, enfin les 13 qui restent ? Des géants économiques, des acteurs de la construction européenne, des nains politiques, des creusets de la citoyenneté, des laboratoires de l’innovation ou une nouvelle contribution à l’empilement des structures ?

    En tous cas ce ne sont pas des pays, car elles appartiennent toujours à la France, ce ne sont pas des Etats car elles n’ont ni armée, ni justice, ni impôt. Ce ne sont pas des nations puisqu’elles n’ont aucune équipe de rugby ni ne participent aux JO. Ce ne sont pas, non plus, de grands grands départements, car les départements marchent encore très bien, merci pour eux. Mais alors c’est quoi. Ben vous allez me dire, c’est des régions comme en Allemagne ou en Espagne.

    Oups, je vois qu’il y a une certaine confusion entre régionalisme et fédéralisme. Les régions allemandes, les Länder, ont un parlement ,des forces de police et une partie du pouvoir central. Ce n’est pas le fédéralisme à l’américaine mais ça s’en rapproche. Idem pour les régions espagnoles, les Comunidades autónomas, dont les parlements ont encore plus de pouvoirs qu’en Allemagne.

    Là je fais une petite digression sur le fédéralisme et le scrutin US avec ces fameux grands électeurs, non pas qu’ils auraient pu voter pour un autre mandat que celui qu’ils ont reçu, ça c’est franchement antidémocratique, mais parce qu’ils ne représentent pas tous le même nombre d’électeurs. Eh bien la Commission européenne, ou le Conseil de l’Europe c’est exactement la même chose. Le délégué de Malte a autant de voix que celui d’Allemagne. Et tous ils élisent Junker. Cherchez l’erreur. Fin de la digression.

    Donc dire les régions ben c’est les régions, c’est une jolie tautologie mais ça ne nous fait pas avancer. En plus il y a des fausses pistes dans notre recherche, en particulier le nom. Provence-Alpes- Côte-d’Azur dite PACA, c’est un peu comme si l’Europe s’appelait France-Pologne-Italie-Suède… . Il y a aussi Occitanie qui fait penser aux comtes de Toulouse. Bientôt, on va voir revenir les Cathares et Simon de Montfort. Hauts de France est assez trompeur parce que c’est la région la plus plate que nous ayons. Trêve de plaisanterie, aidez –moi, je n’arrive pas à trouver  qu’est-ce que ça peut bien être une région. Où tout au moins à quoi ça peut servir.

    En tous cas, ça ne sert pas à créer de l’appartenance. La plus grande structure, et encore, qui crée de l’appartenance c’est le département. Mais les grands créateurs d’appartenance c’est-à-dire d’identité partagée restent la langue et le terroir. Oui je sais vous n’aimez pas les Belges, mais ceux qui parlent français, vous vous demandez pourquoi ils ne sont pas chez nous, avec une région belge par exemple. Euh très mauvaise piste. Bon, vous ne m’aidez pas beaucoup.

    Alors peut-être c’est pour faire des économies. Cà c’est vraiment piège parce qu’on ne sait pas si ce sont des économies pour l’Etat, des économies pour les citoyens ou de l’économie au sens le plus business du terme.

    De l’économie au sens business, on est vraiment loin du compte : les régions n’ont aucune politique recherche ou innovation, alors je ne vois pas ce qui peut en sortir. Par contre, elles dépensent beaucoup pour essayer d’aider des entreprises à s’installer…qui cependant ne les remboursent jamais, voire même délocalisent en une nuit.

    Des économies pour les citoyens, là on rêve, ces grandes régions coutent cher, très cher, en nouveaux bâtiments, frais de déplacement, duplication de services, ce qui fait que ce qui va rester pour améliorer notre sort va beaucoup diminuer. Misère de misère.

    Des économies pour l’Etat, ah bon qu’est ce que l’Etat économise en ayant 13 régions au lieu de 22 puisqu’on n’a fait que coller entres elles celles d’avant qui cependant n’ont pas disparu et gardent tous leurs services. De plus, les métropoles se multiplient : 22 alors que l’idée était 13 et ce n’est pas fini. Et la complexité des services aussi, car il est difficile d’envoyer les gens de Montpellier à Toulouse sous prétexte que l’éducation s’est regroupée.

    Euréka, ça y est je commence à comprendre : clairement c’est beaucoup plus difficile pour eux de gérer une grande région qu’une petite, il faut donc d’avantage de monde cqfd. Ca coule de source. Et donc les régions c’est, uniquement, des machines à fonctionnaires, à administratifs, à paperassiers. Mille dieux comment n’y ai-je pas pensé plus tôt. Et vous non plus d’ailleurs.

    Michel Costadau

  • Deux tours

    Deux tours

    Ce n’est pas parce qu’on est habitués à quelque chose que c’est une bonne chose. La pollution par exemple. Bof. Mais aussi le scrutin à deux tours : ça fait vraiment partie de nos gènes et pourtant c’est profondément antidémocratique. En effet on a un amalgame entre la notion de majorité, valable pour les votes ne comportant qu’un seul objet, et la notion de vainqueur, valable pour les votes comportant plusieurs objets. Les objets pouvant être des résolutions, des lois ou des candidats. Je m’explique.

    Quand il s’agit de prendre une résolution, on peut avoir, selon l’importance de l’enjeu , diverses majorités requises : majorité relative, absolue, des trois quarts, ou même unanimité. Dans ce cas il n’y a, bien sûr, qu’un seul objet de vote. Pour donner une image, on ne vote pas deux lois en même temps, on les vote une par une. C’est comme ça que fonctionnent les copropriétés, les collectivités ou les conseils d’administration. Dans ce cas-là on peut être amenés à recommencer le vote autant de fois que nécessaire, jusqu’à ce que la majorité requise soit obtenue…. ou remanier l’objet.

    Quand il s’agit au contraire d’une question à choix multiples, on prend l’avis de tous les gens concernés, on additionne ce que chaque choix a recueilli et on regarde celui qui a recueilli le plus de voix. C’est le cas où il y a plusieurs solutions, plusieurs choix possibles. Il n’y a alors aucune notion de majorité, mais seulement un classement, et c’est le choix qui a le plus de voix qui l’emporte. En fait dans ce cas-là le résultat est le classement des choix en fonction des voix qu’ils ont obtenues et c’est donc un vote qu’on ne peut pas recommencer. C’est comme ça que fonctionnent les sondages d’opinion, les concours ou les appels d’offres.

    Bien, bien, mais alors quelle méthode adopter pour élire quelqu’un à une fonction. Je parle, ici, d’élections présidentielle ou législatives. Clairement il ne s’agit pas d’un vote pour un unique candidat, qui correspond plutôt à un genre de dictature. C’est donc bien une question à choix multiples. Et donc on doit seulement faire un classement entre les candidats et déclarer vainqueur celui qui a le meilleur score.

    Ce n’est pourtant pas ce qui se passe chez nous. Il semble que pour ce genre d’élection la notion de vainqueur et celle de majorité aient été mélangées. Prenons l’élection présidentielle : il est clair que le candidat qui obtient directement le plus de voix est le vainqueur d’une manière claire et sans contestation. Pour donner une illustration : dans une course, le gagnant est celui qui arrive premier, même si tous les temps sont dans un mouchoir de poche. On ne fait pas recourir les deux premiers pour savoir si le résultat changerait. Ou tout au moins on attend la prochaine compétition.

    Pourquoi n’est-ce pas le cas dans nos institutions ? Bonne question une fois de plus.

    Il me semble que la réponse tourne autour de deux comportements de la classe politique : le besoin d’hégémonie et le refus de dialogue.

    Pour l’élection présidentielle, il est clair que les politiques ont peur que quelqu’un l’emporte avec par exemple 23 % ou même moins de 20 % des suffrages exprimés. Ca ne fait pas beaucoup pour décider de la guerre ou valider le TAFTA. Alors ils ont dit on va faire un nouveau vote en n’en gardant que deux, comme ça y en aura forcément un qui aura plus 50 %. Et pourtant le vainqueur n’a toujours pour lui que son premier score, car toutes ses autres voix sont des votes contre et non des votes pour, sinon il les aurait recueillis au premier tour. C’est donc une entourloupe car on pose aux électeurs deux questions successives différentes. Et voilà comment on se retrouve en poligarchie et plus en démocratie.

    Pour les législatives on a le même problème d’hégémonie avec non pas les deux premiers, mais l’élimination d’un maximum de candidats avec un seuil à franchir. Qui plus est, les députés composent une assemblée et sont censés travailler ensemble. Houlà, houlà, mais c’est que c’est contraire à nos principes ça de travailler ensemble. Nous on veut faire nos petites affaires et nos petites lois tranquillement sans discuter avec personne. Manquerait plus que ça.

    Seulement, messieurs les politiques, les élections sont exactement faites pour ça : mettre ensemble des gens ayant des avis différents pour, c’est moi qui souffle la réponse hélas, trouver la meilleure solution pour les électeurs, pour les citoyens. Mais ça c’est au dessus de leurs forces, ils ont depuis longtemps perdu l’habitude des discussions, des compromis, de l’intérêt général.

    Conclusion : en attendant mieux, le vote à un seul tour tant pour le président que pour les députés est, pour moi, un élément clé du retour à la démocratie.

    Michel Costadau

  • Quadrature du cercle

    Quadrature du cercle

    La quadrature du cercle, vous le savez, consiste à construire un carré ayant le même périmètre qu’un cercle de rayon 1. Vous allez me dire que la réponse est simple : c’est un carré de côté égal à π/2. Là où ça se corse c’est pour tracer ce côté, car  π/2 c’est bien gentil mais ça fait combien ? Exactement, je veux dire.

    Si je vous dis ça c’est parce qu’en ce moment d’élection, c’est clairement la situation dans laquelle nous sommes. Pour changer les règles électorales, nous avons besoin des élus dont le pouvoir vient des règles actuelles. Je m’explique : tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut remettre de la démocratie dans le pays : scrutin proportionnel, à un tour, non cumul des mandats, bulletins blancs valant suffrage exprimés et beaucoup d’autres modifications comme le domaine réservé du président. Seulement ces modifications ne peuvent être faites que par des élus qui, une fois élus, trouvent tout un tas de raisons de ne pas les faire. Vous avez pu constater que ni Hollande ni Renzi n’ont réussi à modifier la Constitution.

    D’où, pour 2017, un nombre croissant de candidats ou de groupes qui ont pour seul programme de faire ces fameux changements. Nous avons M. Vote Blanc, M. Nouvelle Donne, M. la France Insoumise, M. m6r, M. le Temps des Lilas, M. Ecologie, M. le Parti des Abstentionnistes. Je n’invente rien tous ces candidats existent ou le groupe correspondant.

    Bon, sans être un briseur de rêves il me semble qu’il y a quelques obstacles sur leur parcours. D’abord il leur faut être élus, c’est évidemment utopique mais quand même supposons, ensuite il leur faut une majorité d’élus aux assemblées, ce qui est encore plus hypothétique, mais continuons quand même, enfin il leur faut faire correctement le boulot c’est-à-dire en ne faisant pas tout pour que ça rate, ce à quoi s’emploient continuellement et avec succès les « décideurs » de notre pays. Ce qui revient à dire qu’il leur faut être plus forts que la finance. Alors là je dis ça fait beaucoup. Beaucoup trop, ce n’est plus de l’utopie c’est du mensonge, de l’escroquerie.

    C’est pour ça que je propose de procéder différemment. D’abord il faut convenir que ces réformes peuvent être faites par n’importe quels élus, du moment qu’ils sont assez nombreux. Ce n’est pas l’étiquette qui compte, c’est le passage à l’acte. Il faut convenir aussi que les élus ne vont pas faire ces modifications sans y être encouragés, poussés, et même contraints. Et pour trouver la bonne contrainte il suffit de réfléchir que, si le pouvoir des élus vient des modes de scrutin, ce ne sont pas les institutions qui votent pour eux, c’est chacun de nous. Là est la faille dans l’armure de nos seigneurs politiques : ils ont besoin de nos votes. La seule façon de les amener à faire les réformes électorales que nous attendons, c’est de ne plus voter pour eux jusqu’à ce qu’ils les fassent.

    Quant à nos valeureux candidats réformistes, je leur demande de ne pas prendre la population pour des demeurés, et donc de se retirer gentiment en essayant de comprendre qu’il y a une différence entre campagne électorale et campagne publicitaire. Notre seul levier c’est le vote, puisque c’est par ce moyen que les politiques obtiennent légalement le droit de nous exploiter. Nous ne croyons plus en leurs plans, en leurs promesses, en leurs discours. Nous leur disons simplement faites d’abord des réformes de retour à la démocratie et après, après, alors on revotera, peut-être.

    Michel Costadau

  • Durée de vie

    Durée de vie

    C’est un billet un peu spécial puisqu’on mélange économie et philosophie. Economie pour proposer une approche simple et concrète de la décroissance. Philosophie pour mettre en perspective notre genre de vie et notre consommation. L’idée de base dont je veux parler est la durée de vie. Pas seulement la nôtre, mais surtout celle des produits auxquels nous sommes habitués. Habitués est peut être un grand mot puisque justement les produits se renouvellent et même de plus en plus vite. De l’aveu même de leurs concepteurs, les produits ont une obsolescence programmée. Bigre. Ca veut dire, concrètement qu’ils sont faits pour ne pas durer longtemps. C’est un sérieux problème.

    Notons d’abord que les concepts de désindustrialisation ou de décroissance ont une connotation négative puisqu’il s’agit de diminution, de réduction, ce qui n’est pas très porteur. Alors qu’augmenter la durée de vie donne l’impression de gagner quelque chose, ce qui est plus satisfaisant. Si l’on se fixait, par exemple, de doubler  la durée de vie des chaussures en cinq ans, pour la porter de deux ans à quatre ans, on aurait à la fois diminué la consommation et probablement en même temps gagné en qualité. Dans le domaine automobile, les voitures de 2018, 2020, 2022, 2024 sont déjà dans les tuyaux. Si, par exemple, on pouvait commercialiser seulement en 2022 les voitures de 2018 et 2020, on gagnerait quelques années de durée de vie des produits. Bon cela est évidemment un peu rapide et simplificateur.

    Mais le concept est là : augmenter la durée de vie c’est-à-dire d’utilisation des produits de grande consommation, serait sûrement un pas vers la décroissance.

    Seulement, sommes-nous prêts à cela ? Clairement notre genre de vie est accro à la consommation. La consommation c’est le ferment et le pilier de l’économie productiviste. Du coup, tous les moyens sont bons pour l’entretenir et la développer. Certains moyens sont directs comme la mode qui permet de renouveler rapidement les produits, la publicité qui incite à acheter l’inutile ou la technologie qui « invente » de nouvelles fonctionnalités. Certains sont indirects comme les soldes, les aides fiscales, ou les normes. Certains aussi sont pernicieux comme le bio, la pureté de l’air, le réchauffement climatique ou le tourisme. D’autres encore sont psychologiques comme la santé, eh oui se soigner c’est souvent consommer, ou les réseaux sociaux. Notons que, d’une manière générale, l’écologie est devenue un des grands pourvoyeurs de la croissance productiviste. Comment abandonner tout ça ? Il semble que nous ne soyons pas prêts à grand chose dans ce domaine. Le cogito est devenu « je consomme donc j’existe ».

    Bien sûr, il paraît possible de vivre sans trop consommer, mais c’est difficile et on devient vite marginal. De plus, nous, les grands consommateurs des pays riches, avons tendance à voir d’un mauvais œil tous ceux qui accèdent juste à la consommation. Alors substituer à la croissance du PIB celle de la durée de vie des produits n’est pas encore à l’ordre du jour. Dommage.

    Mais est il possible, au moins, d’amorcer la pompe. Ben justement y un truc auquel je pense, c’est la télé. La télé, c’est exactement le mélange de la pub et de l’information. Arrêter la télé c’est comme arrêter de fumer, tout le monde en est capable mais personne ne le fait. Alors rejoignez le club des non-télé. Nous sommes déjà 1,4 % y a de la place.

     

     Michel Costadau

  • Chances

    Chances

    Là maintenant j’aimerais bien connaître le programme de LR. Si c’est la réunion de toutes les propositions des candidats à la primaire, c’est complètement contradictoire avec des mesures et leur contraire. Si par contre c’est seulement les points communs, alors c’est l’ensemble vide. Bref, ce parti n’a pas de programme, hum, hum, alors peut-être les résultats.

    Exit, semble-t-il, le deuxième tour Juppé-Le Pen. Juppé c’est De Gaulle, Fillon c’est Pétain. Aïe, aïe aïe je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle, mais la qualification de Fillon augmenterait considérablement les chances de Le Pen. On dirait que tous les politiques ont à cœur de faciliter son élection comme un acte manqué. J’explique ça par le fait que Le Pen est tellement bien installée dans le paysage qu’elle n’a pas besoin de donner des arguments ou un programme, elle a l’adhésion d’une bonne partie de la population et ça vaut tous les discours. Tandis que les autres, tous les autres, essayent soit de lui prendre des idées, soit de se différencier d’elle. Mais ce faisant ils contribuent à sa notoriété, car ils en font la référence et ils lui donnent un rôle de pivot autour duquel tout le monde tourne.

    En fait, ils ne comprennent pas comment faire pour convaincre les citoyens de voter pour eux, alors ils essaient de copier ou de critiquer celle qui rassemble des voix presque sans rien dire. Mais si les politiques ne comprennent pas comment faire pour avoir des voix, c’est parce que c’est eux le problème. Ils pourraient avoir les meilleurs arguments possibles, ils resteraient quand même sur la touche parce que ce n’est pas de leurs programmes que les électeurs ne veulent pas mais d’eux- mêmes en tant que personnes. Notre classe politique est un cimetière, un défilé de vieux beaux, pas étonnant qu’elle ne fasse pas envie.

    Revenons à Fillon et imaginons, donc, un second tour Fillon-Le Pen. Qui va être élu ? That is the question. Déjà je ne comprends pas pourquoi Juppé reste en lice. C’est un déni de vote. Celui qui est premier a gagné,  point à le ligne. Je suppose que c’est dans l’idée de rassembler un maximum de voix de droite pour le premier tour. Mais c’est une erreur.

    En effet, dans l’hypothèse Juppé, Le Pen se trouve dans la position de porter les couleurs de l’extrême-droite et Juppé le flambeau républicain. Avec l’hypothèse Fillon, c’est lui qui va porter les couleurs de la droite conservatrice et Le Pen le drapeau populaire.  Et ça va changer pas mal de choses, parce que clairement le volet social de Le Pen est beaucoup plus attractif que la suppression de fonctionnaires  ou le retour aux 40 heures. Et peut être faut-il envisager que beaucoup d’électeurs qui croyaient en Juppé, et ont voté deux fois pour lui, préféreront voter Le Pen que Fillon. Ou ne pas voter.

    N’oublions pas non plus que Fillon c’est le Premier ministre de Sarkozy pendant tout son mandat. C’est le binôme de Sarkozy. Et pour moi il a été éliminé en même temps que lui. Et pour expliquer son score à la primaire, en fait ce n’est pas très compliqué en se reliant à cet acte manqué que j’évoque au début. Tout simplement, la droite souhaite l’élection de Le Pen, en espérant, voire en étant sûre, d’avoir un parlement de droite. Et cette alternance-là j’ai le sentiment que Le Pen n’est pas forcément contre.

    Michel Costadau

  • Illisible

    Illisible

    Alors là, l’action du gouvernement socialiste devient illisible. C’est-à-dire désordonnée, bafouillante, erratique, contradictoire et donc complètement incompréhensible.

    Dernière annonce : prolongation de l’état d’urgence jusqu’à la  présidentielle. Franchement, je ne vois pas comment une campagne électorale peut se dérouler sans meetings, sites de propagande, collage d’affiches de nuit ou de jour, visite sur les marchés, porte à porte, discours dans les rues, sur les places, textos, tweets et autres sms. Si tout cela doit être filtré et contrôlé pour s’assurer qu’aucun terroriste n’en profite pour donner des infos sur le prochain coup à ses copains, alors c’est la dictature à la tonton macoute. Si au contraire une grande souplesse était accordée et que tout soit permis, alors à quoi sert l’état d’urgence. C’est complètement illisible.

    De même, nous avons NDDL. Comment un gouvernement sur la fin pour ne pas dire en soins intensifs peut-il imaginer créer un conflit type Larzac à trois mois de son départ. C’est soit un effet de manche et une posture guerrière uniquement électorale, soit une action délibérée d’une inopportunité flagrante. Dans le premier cas, ça aurait plutôt tendance à aggraver sa situation puisqu’on sait déjà que ce gouvernement est impuissant et fait le contraire de ce qu’il a promis, mais alors ce n’est pas la peine d’en rajouter. Dans le second cas, c’est de l’inconscience qui, au risque de troubles durables, pourrait ajouter de nouvelles fractures dans son propre camp, aussi bien avec la gauche de la gauche que les écolos. Exactement au moment où le rassemblement semble s’imposer. C’est incompréhensible et tout à fait illisible.

    Nous avons aussi le coup de canif Macron. La candidature tardive de Hollande laisse libre cours à de petits sprints des velléitaires comme Valls, Macron et quelques autres. Paradoxalement, la droite a tiré les leçons de la dernière primaire socialiste, qui était la deuxième d’ailleurs, et met tous ses candidats ou presque en ligne. Alors que la gauche a déjà Mélenchon et Jadot avant même d’avoir fait sa propre primaire. Si à cela s’ajoute Macron, peut être un PC et bien sûr les deux trotskistes de service, ça ne va plus être une élection mais un casse-bouteille. Si après ça c’est Le Pen qui rafle la mise, tous ces rigolos ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes. C’est non seulement incompréhensible mais aussi suicidaire et, je le répète,  illisible.

    Parlons aussi du  lancement de l’enquête d’utilité publique de la liaison autoroutière Castres-Toulouse. Le dossier technique soumis à l’enquête vient d’être analysé par deux commissions ministérielles qui ont fait 57 demandes de corrections et d’améliorations. Qu’a fait le gouvernement ? Corriger le dossier avant de lancer l’enquête ou lancer l’enquête avant de prendre en compte les corrections ? Eh oui vous l’avez deviné, il lance l’enquête sur un dossier critiqué par ses propres services. L’enquête sera donc déclarée non concluante et on reviendra trois ans en arrière. Si le gouvernement avait voulu se ridiculiser, il ne s’y serait pas pris autrement. Cette fois, non seulement c’est incompréhensible mais vraiment grotesque. Et c’est illisible.

     Michel Costadau

  • Résultat des courses

    Résultat des courses

    Bon c’est Trump qui sera président. Certes ce n’est pas du tout une bonne chose, mais c’est beaucoup mieux pour nous que Clinton. On explique.

    Primo il faut essayer de comprendre pourquoi les médias parlent de surprise et de déception.  Pourquoi ? C’est uniquement parce que les médias nous ont intoxiqués avec leur matraquage en faveur de Clinton. Les médias sont aux mains de la finance et des lobbies et n’ont aucune envie de changement. Ils ont donc été amenés à nous faire croire que Trump avait tous les défauts : raciste, fasciste, incompétent, misogyne. Ils ont du coup occulté le charisme du personnage et ce qu’il a vraiment dit. Ça doit nous servir de leçon pour nos propres élections, puisque ce sont les mêmes médias qui monopolisent l’information.

    Ensuite, comme le dit très justement Michael Moore, le problème ce n’est pas Donald c’est Hillary. Clinton c’est l’ancienne manière de faire de la politique, qui consiste à raconter n’importe quoi uniquement pour se faire élire. Et chez nous on est bien servi avec ce genre-là.

    Bien, mais alors que va faire Trump ? Je pense que sa campagne avait pour seul but de battre Clinton et qu’il se pose maintenant  la question de ce qu’il va faire quand qu’il va commencer à s’entourer d’ « amis ».

    Economiquement, il me semble que Trump est obsédé par la Chine et les pays à faible coût de main- d’œuvre. Il va donc essayer de réduire les importations au profit de l’industrie locale. Pour les immigrés, le statut ne devrait pas beaucoup changer en terme d’emplois, mais bien sûr le modèle WASP va retrouver des couleurs.

    A l’international, on devrait constater une moindre implication américaine sur toutes les scènes mondiales en particulier au Moyen-Orient. Va-t-il chercher  à sortir de Syrie, c’est possible. On peut même envisager un deal avec Moscou dont les perdants seraient Ankara, Ryad et, dans une moindre mesure, Tel-Aviv.

    Tout cela pourrait conduire à une appréciation du dollar sur l’euro, ce que nous attendons depuis longtemps, et à une diminution de la pression militaire américaine en Europe de l’Est, ce que nous attendons aussi. Par contre, paradoxalement, la protection sociale américaine, très faible il est vrai, pourrait être améliorée et les GAFAM  pourraient perdre un tout petit peu de leur pouvoir. Hélas, la religion pourrait encore augmenter sa pression sur l’avortement, la peine de mort ou la consommation de drogues. Sûrement le nucléaire iranien sera mis sur la sellette, mais uniquement pour amuser la galerie.

    Alors bien sûr la question que tout le monde se pose c’est : est-ce que ça va faire pareil pour Le Pen. Là, il faut atterrir parce que la situation est radicalement différente. Trump a le Parti républicain, la majorité au Congrès, à la Cour suprême, dans des dizaines d’Etats, alors que Le Pen n’a que deux députés, aucun conseil régional ou départemental, personne au Conseil constitutionnel ni à la Cour d’Etat, ni à la Cour des comptes, ni au CESE.  Il est même probable que, si elle était élue, l’Assemblée resterait largement à la droite.

    Mais quand même, est-ce que l’élection de Trump aide Le Pen ? La réponse est oui bien sûr, non pas parce qu’elle aura plus de voix mais parce que les vieux candidats en auront moins. Eh oui, chez nous le problème ce n’est pas Marine, c’est Juppé, Hollande, Sarkozy et les autres.

    Mais vous le savez déjà, en tous cas je vous l’ai déjà dit, et aussi on peut se tromper.

     

    Michel Costadau

  • Etat de droit

    Etat de droit

    LE BEOTIEN ET LE PHILOSOPHE

    -J’ai entendu dire qu’en France nous avions la chance d’être dans un Etat de droit. Ca veut dire quoi au juste,

    -Ca veut simplement dire qu’il y a des  lois et qu’elles s’appliquent à tout le monde,

    -Oui mais des lois il y en a dans tous les pays, ça ne suffit pas,

    -Non c’est vrai ça ne suffit pas, disons plutôt qu’il n’y a que les lois, c’est-à-dire pas d’autre règles à respecter ou à appliquer,

    -Ah bon d’accord, mais en quoi c’est une chance,

    -C’est principalement dans le statut de l’individu que ça se retrouve. Normalement, on ne peut pas être arrêté, interrogé, emprisonné sans l’application d’une loi, c’est ça l’Etat de droit. On ne peut pas voir débarquer chez soi des gorilles vous emmenant à un interrogatoire musclé dans un lieu privé,

    -Oui mais il y quand même des perquisitions et des gardes à vue,

    -Certes, mais en théorie seulement dans le cadre d’une action de la justice. C’est-à-dire quand il y a un procureur ou un juge derrière des actions qu’ils sont censés contrôler,

    -Mais ceux qu’on arrête pour trouble à l’ordre public, les manifestants par exemple, il n’y a pas de lois,

    -C’est vrai, il subsiste des écarts à la règle, comme les tribunaux d’exception, les forces spéciales et les lois taillées sur mesure contre certains individus, comme les roms ou les maghrébins, mais c’est censé être une exception et donc il y a une règle,

    -Ca veut dire qu’on ne peut pas demander ses papiers à quelqu’un simplement parce qu’on le soupçonne de ne pas être en règle,

    -C’est exactement ça, mais il y a un bémol quand on dit qu’il n’y a que la loi, parce qu’il y a les arrêtés préfectoraux. Ces arrêtés sont des espèces de mesures locales prises en fonction de certaines situations,

    -Ah oui, par exemple l’arrêt du ramassage scolaire en cas d’inondation,

    -Exactement, mais aussi la fermeture de mosquée pour raison administrative, ou l’interdiction de transport d’agneaux au moment de l’Aïd,

    -Dites donc on dirait que beaucoup de mesures sont contre les musulmans,

    -Oui l’Etat de droit ne veut pas dire que tous les citoyens sont égaux loin de là, le respect de la personne applicable chez nous est très blanc-catho ; au-delà il y a des dérives et je ne vous parle pas des non-citoyens,

    -C’est quoi ça des non-citoyens, des rebelles ?

    -Bien au contraire, ce sont seulement ceux qui ne peuvent pas prouver qu’ils sont français, ce qui les conduit directement à l’exclusion.

    -Vous voulez dire l’exclusion ou l’expulsion ?

    -Je dis bien l’exclusion, c’est-à-dire la privation de tous les droits de l’Etat de droit, l’expulsion ne venant que si l’on peut établir une autre nationalité aux non-citoyens,

    -Alors c’est pour ça que vient d’être créé un fichier de tous les Français ?,

    -Non ça reste compliqué de prouver qu’on est français, ce fichier doit plutôt faire craindre une utilisation commerciale,

    -Il n’y a donc pas de fichier de tous les Français ?,

    -Normalement non, mais malgré tout je n’aimerais pas m’appeler Mauricio Garcia-Pereira.  

    Michel Costadau