Catégorie : Classe politique

  • Classe politique_3

    Classe politique_3

    Voila que plusieurs d’entre vous me disent que je me trompe de cible en visant les politiques, parce qu’en fait le véritable pouvoir est détenu par la finance et que c’est donc elle qu’il faut attaquer. Est- ce que c’est Bolloré et Meyers-Betancourt qui gouvernent ou est-ce Hollande et Hidalgo. Ca paraît logique mais c’est un faux ami. Qu’il faille réduire le pouvoir de  la finance, c’est clair, c’est nécessaire, c’est urgent ; mais attention, c’est d’abord, aux politiques de le faire, parce que concrètement nous les avons élus pour ça, pour nous défendre, pour nous représenter, pour nous protéger … entre autres de la finance.

    Bien sûr, je constate avec vous qu’ils ne jouent pas ce rôle, qu’ils nous trahissent et qu’ils nous racontent des histoires. Et donc ils ne font rien contre la finance, bien au contraire puisqu’ils hébergent et protègent Malte, Luxembourg et bien d’autres Liechtenstein. Alors c’est à nous de le faire ?  Eh bien non car il ne faut pas mélanger les effets et les causes. Dans le domaine médical on a toujours tendance à soigner le symptôme : fièvre, boutons, toux plutôt que la cause : microbe, virus, allergie. Il ne faut pas faire pareil en politique.

    C’est un fait que la finance a du pouvoir, c’est ce que l’on voit tous les jours. Mais c’est le symptôme, car la cause c’est que les politiques leur ont donné cette place, leur ont permis de dominer notre pays. Plus exactement, les politiques ont créé un couple avec la finance dans une relations gagnant/gagnant.

    Les politiques gagnant le soutien des médias, du pouvoir, des inaugurations à tout va, de l’argent de poche, des cadeaux et, suprême hypocrisie, la paternité de la création d’emplois.

    Les financiers gagnant la mise à leur disposition des lois de la république et des règlements administratifs, la clémence de la justice, l’aura de la création d’emplois et le contrôle de la classe politique par l’argent.

    Il nous faut bien comprendre que tant que les politiques ne joueront pas leur vrai rôle de représentants et défenseurs de la population, ce qui d’ailleurs s’appelle tout simplement la démocratie, nous ne pourrons rien contre la finance.

    Bien sûr, il va se trouver des politiques pour nous dire qu’ils veulent diminuer le pouvoir de la finance. Y en a même pour qui en ont fait leur fonds de commerce. Seulement, de ces promesses-là nous en avons de pleines valises et elles nous lassent, elles nous plombent et finalement elles nous énervent. Le temps n’est plus à faire confiance au moindre de ces gens-là. Non, le temps est venu de les mettre en devoir de passer aux actes et de faire des réformes avant que nous votions et non après.

    Lutter contre la finance, c’est le grand challenge des années à venir. Pour ça nous avons besoin que les politiques fassent des lois démocratiques et les fassent appliquer. Hélas, faire des lois est devenu pour eux une activité médiatique comme les autres, car leur but n’est jamais de résoudre le moindre problème mais de faire parler d’eux. On le voit bien avec tout l’arsenal de lois contre le terrorisme, contre le chômage ou pour la libéralisation de ci ou de ça qui, en fait, ne servent à rien du tout.  De plus, la lutte contre la finance est de dimension mondiale et chaque pays est faible devant la puissance de l’argent.  Mais il faut commencer et nous devons montrer qu’on ne peut pas bafouer la démocratie indéfiniment. Nous avons probablement la classe politique la plus hypocrite et technocratique du monde, et nous ne devons plus voter pour elle.

    Michel Costadau

  • Classe politique_2

    Classe politique_2

    Pour alimenter notre réflexion nous avons, aussi, sous les yeux le spectacle que nous joue la classe politique espagnole. Les électeurs ont voté et il se trouve qu’aucun parti n’a eu la majorité. C’est assez normal, ça représente les diverses sensibilités des Espagnols et il est rassurant qu’ils ne soient pas tous du même bord. Seulement la classe politique n’aime pas la diversité ni la différence. Il lui faut qu’un seul parti ait tout le pouvoir, il n’y a que comme ça que l’on peut faire du vrai copinage et ignorer les électeurs.

    Alors la classe politique a dit : les électeurs n’ont pas compris, ils sont bêtes comme leurs pieds, il faut les faire revoter pour qu’ils désignent le parti qui doit gouverner tout seul. Et ils organisent, car ils font ce qu’ils veulent, une deuxième élection et les Espagnols, qui ne sont pas bêtes du tout, ont confirmé leurs opinions et réparti leurs voix entre les mêmes partis.

    Fichtre, la classe politique n’est pas du tout contente. Milledieux les électeurs ne jouent pas le jeu. Il faut qu’ils se mettent d’accord sur un seul parti. Nous, la classe politique, allons être obligés d’organiser une troisième élection. STOP. STOP.

    S’il y a quelqu’un qui n’a rien compris c’est bien la classe politique espagnole. Ce que demandent les électeurs c’est que ceux qu’ils ont élus gouvernent. Pourquoi faudrait-il avoir la majorité pour gouverner, ça sort d’où ? C’est une idée complètement macho ce truc. Il va falloir que la classe politique réapprenne le vivre ensemble. Dans la population, il y a diverses tendances et diverses situations et beaucoup d’opinions. Et les gens se débrouillent assez bien  avec ça. Ca s’appelle vivre ensemble.

    Mais la classe politique ne sait pas vivre ensemble, c’est-à-dire discuter, écouter, hiérarchiser les problèmes, faire des compromis, faire des étapes, travailler ensemble quoi. Et les méthodes pour travailler ensemble existent. Les entreprises fonctionnent comme ça. Par exemple, le service technique dit qu’il prévoit un trou pour faire passer un câble ; le service peinture souhaite qu’il soit plus petit et les électriciens plus grand ; les mécaniciens disent qu’on pourrait faire deux trous plus petits si nécessaire ; les commerciaux disent que le client ne mettra pas un sou de plus, et les gestionnaires disent qu’il faut choisir avant telle date pour ne pas retarder le programme. Et la décision prise n’est pas un pis-aller, c’est la meilleure solution dans le contexte donné. Pourquoi les politiques ne sauraient-ils pas faire ça : prendre ensemble la meilleure décision.

    Pourquoi ? Parce que le moteur de la classe politique n’est pas du tout le bien public, ni même le mieux public. Non, son moteur c’est le pouvoir personnel, les réseaux de copains, l’arrivisme et la suffisance. Evidemment, personne ne pourrait plus dire « la loi untel », parce qu’elle serait l’œuvre de tous. Personne ne pourrait plus dire le président untel a décidé d’augmenter tel barème, parce que ce serait l’œuvre de tous. Clairement, la classe politique ne cherche pas à résoudre le moindre problème et en Espagne le chômage est à plus de 20 %. Non, elle est exclusivement tournée sur elle-même. Elle ne s’intéresse pas du tout aux opinions de ceux qui les ont élus, mais uniquement à l’entre-soi, à ses avantages et à son confort. Alors stop.

    Michel Costadau

  • Classe politique_1

    Classe politique_1

    D’abord il faut que je dise un mot sur Mélenchon. Plusieurs personnes me font remarquer qu’il se propose, s’il était élu, de faire les réformes que pas mal d’entre vous souhaitent, et dont je parle dans mes billets. Ce que je pense de ça : c’est qu’en fait il ne dit pas ce qu’il va faire mais ce que vous voulez entendre. Vous voulez le scrutin proportionnel, Mélenchon le dit ; vous voulez supprimer le cumul, Mélenchon le dit ; vous voulez revenir à un régime parlementaire, Mélenchon le dit. C’est de l’empathie politique, mais ça n’a rien à voir avec la conquête du pouvoir par les urnes ni avec la réforme des institutions.

    Evidemment, si vous voulez renvoyer les Rom en Roumanie, ou supprimer les allocations familiales pour les musulmans, il vous faudra trouver un autre candidat. Et coup de bol, je veux dire pour vous, il y en a.

    Revenons à Mélenchon, pour se poser la simple question : combien de personnes ont envie qu’il formule les propositions que nous voulons entendre ? La réponse est claire, 11% le dernier coup, aujourd’hui à peu près pareil et ça ne va pas beaucoup plus loin. Il faut se rendre à l’évidence : nous sommes loin d’être majoritaires, nous sommes une petite  minorité, nous sommes peu nombreux. Certes ça représente 3 ou 4 millions de personnes au moment de ce vote, mais ça ne compte pas. D’ailleurs, aux législatives suivant ses 11 %, Mélenchon n’a eu aucun député.

    La question qui se pose alors c’est : mais pourquoi se présente et même représente-t-il car Mélenchon sait qu’il ne va pas être élu.

    La réponse s’appelle la classe politique. C’est ça la classe politique. C’est ceux qui jouent à la démocratie en profitant des institutions, c’est ceux qui n’ont pas d’autres objectifs que de se faire connaître à la présidentielle pour se faire un nom, une aura, une cour et vendre leur réseau. Poutou, Montebourg, Fillon savent bien qu’ils ne vont pas être élus. La majorité des candidats savent qu’ils ne seront pas élus. Comment s’appelle une élection à laquelle on ne se présente pas pour être élu ?. Comment ? Eh bien ça s’appelle une mascarade. C’est un théâtre, une représentation dont nous sommes le public. Mélenchon ne cherche pas du tout à révolutionner ni réformer ni améliorer notre pays. Il cherche seulement, comme les autres, à avoir du pouvoir ou une partie de pouvoir. Je prends Mélenchon comme exemple, parce que ça titille plusieurs d’entre vous, mais, bien sûr, ça vous paraîtra encore plus évident avec Bayrou, Le Pen ou Sarkozy.

    La classe politique, c’est l’ensemble de ces quelques individus et de leurs réseaux très imbriqués de relations qui « tiennent » la vie politique de notre pays. L’élection présidentielle est pour eux le moment clé ou on acquiert une parcelle du pouvoir. C’est eux les responsables du bipartisme et de l’élimination des petits partis. C’est eux qui n’acceptent de gouverner qu’avec une majorité et éliminent toutes les autres sensibilités. C’est eux qui ont torpillé la dernière République pour avoir un pouvoir sans partage.

    C’est eux qu’on voit à la télé.

    Et eux ils ne veulent pas que ça change, ils veulent continuer cette villégiature que nous leur payons. Ceux qui comptent sur eux pour changer les institutions, se font complètement avoir, car la classe politique est le principal obstacle au changement.

    Michel Costadau

  • Vote blanc

    Vote blanc

    Je reviens un peu sur le vote blanc. Pour le moment, et on ne sait pas jusqu’à quand, le vote blanc n’est pas compté dans les suffrages exprimés. Bien qu’il ne change en rien le résultat du scrutin, c’est quand même un vote. Pour donner une image, le vote blanc a le même impact qu’une pétition. Alors que le non-vote est clairement une grève du vote. La différence entre pétition et grève est assez simple. Tant que le dialogue est possible, une pétition a toute son utilité pour faire avancer la discussion. Mais quand l’interlocuteur devient sourd et qu’il ignore totalement les demandes qui lui sont faites, alors il faut passer à la grève, c’est-à-dire à la rupture du faux rapport qui s’est installé.

    Les politiques ont, depuis 50 ans, institué un faux rapport avec la population, en bafouant toutes les demandes des électeurs, pour les réduire  au seul rôle de leur permettre l’accès au pouvoir par le vote. Pour dénoncer ce faux rapport qui permet aux politiques de faire seulement des promesses, je ne crois pas qu’une pétition soit suffisante.

    Bien sûr, si le vote blanc était un suffrage exprimé, ça aurait une autre portée puisque ça voudrait dire que les électeurs ne veulent aucun des candidats en lice.

    Mais encore faudrait-il obtenir que le vote blanc ait une efficacité pratique, avec, par exemple un seuil maximum de blancs pour que l’élection soit valide. Ainsi, si le vote blanc est le score le plus important, personne n’est élu. Il faut alors recommencer l’élection, avec de nouveaux candidats si possible. Bon il y a encore du chemin pour en arriver là.

    J’insiste, mais d’une certaine manière le vote blanc est une attitude polie et masquée d’exprimer son opinion. Polie parce que ça ne gêne personne et masquée parce qu’évidemment personne ne peut savoir qui a voté blanc. Le non-vote est beaucoup plus courageux, puisqu’il est facile d’avoir la liste des abstentions. C’est aussi plus clair, puisque ça indique non seulement qu’aucun candidat ne vaut le coup, mais aussi que le système électoral lui-même ne vaut rien.

    Vous allez me dire qu’il y a toujours eu pas mal de gens qui n’ont jamais voté et qui se fichent complètement des élections. On leur a même donné un archétype genre pêcheur à la ligne. Ils se sont trouvés affublés du qualificatif de mauvais citoyens qui ne font pas leur devoir électoral. Oups. Vous vous doutez bien que le devoir électoral est quelque chose qui me hérisse, exactement comme le devoir conjugal, car c’est macho, moralisateur et faux. En fait, cette dévalorisation des abstentionnistes est, tout simplement, un des moyens que le système entretient pour garder son volant d’électeurs. Car, sans électeurs, le système tombe par terre et c’est exactement ce que je souhaite.

    Vous savez sûrement qu’il y a toute une variété de systèmes électoraux, mais clairement le système français est bâti sur le concept du scrutin majoritaire à deux tours. Le but du système français, qui est du coup son principal travers, est l’élimination de tous les « petits candidats » en faveur des deux partis qui se partagent tranquillement le pouvoir. C’est brutal à la présidentielle, avec, quels que soient leurs scores au premier tour, la qualification des deux premiers. C’est plus pervers dans d’autres élections, avec la fixation d’un seuil permettant  l’accès au second tour. Ce seuil, actuellement de 12 % des suffrages exprimés, est une machine infernale pour permettre aux deux « grands partis » de continuer leur razzia.

    Je ne pense pas que le vote blanc oblige les politiques à faire la moindre réforme pour améliorer cela. Je crois plutôt qu’il faut assécher la source de leur pouvoir, qui est ce petit bulletin que nous glissons dans l’urne.

     

    Michel Costadau

  • Pourquoi il ne faut pas voter

    Pourquoi il ne faut pas voter

    Je m’aperçois que je ne vous ai pas encore vraiment expliqué les raisons qui me conduisent à préconiser l’abstention au premier tour de la présidentielle de 2017. Voilà.

    La situation de départ est un constat de blocage de notre démocratie :

    • Il n’y a plus qu’une seule élection qui décide de tout, c’est la présidentielle.
    • Le président n’est responsable devant aucune assemblée de représentants des électeurs.
    • Le parlement ne représente pas la population. Le mécanisme du scrutin majoritaire à deux tours fait que les petits partis n’ont aucun élu et même les électeurs FN n’ont pratiquement, aucun député. Le parlement est donc monopolisé par deux partis et leurs affidés qui nous représentent bien mal.
    • C’est encore pire pour le sénat qui, par le mécanisme des grands électeurs, donne une surprime aux deux mêmes partis. Quand aux assemblées territoriales elles n’ont aucun pouvoir.

    Ce constat s’accompagne d’une attitude irresponsable des politiques. Plutôt que de chercher à corriger le système, ils en profitent au maximum :

    • Le cumul des mandats atteints de proportions insupportables. Ce cumul permet à une petite poignée de mandarins de contrôler la vie politique du pays.
    • Le renouvellement indéfini des mandats fait que les élus s’installent dans des fonctions comme des souverains inamovibles et trainent autour d’eux une cour de profiteurs et de séides.
    • Les élus sont absents et ne participent pas aux débats. Ils ne viennent que pour quelques shows pendant lesquels ils se comportent comme des gamins.

    Cependant, en face de ces dénis, la population veut encore croire à la démocratie et développe plusieurs réactions :

    • La plus courante est la résignation, c’est-à-dire que, considérant que le vote est leur seul moyen d’expression, les électeurs se résignent à oublier leurs idées au premier tour comme au second tour de la présidentielle, pour faire du vote utile ou du vote contestataire. Par contre, ils votent de moins en moins dans les autres élections.
    • Une autre attitude est de croire en des candidats dits non-système. Ca fait le succès dans la population des candidatures Le Pen, mais aussi des candidats comme Mélenchon, Bayrou ou …..Arlette.
    • Bien que non comptabilisé dans les suffrages exprimés, le vote blanc rencontre un certain succès car les électeurs ont quand même le sentiment d’avoir voté. L’abstention, au premier tour, progresse aussi continuellement et a franchi la barre des 50 % aux régionales et aux européennes.

    Mon analyse est que le retour à la démocratie est pris dans  le cercle vicieux institutions/élus. On a besoin des élus pour changer les institutions, mais ceux-ci n’ont aucune envie de changer le système. Et donc rien ne change. Pour sortir de ce piège, la population doit agir sur l’un des deux termes.

    Modifier directement  les institutions demande une phase révolutionnaire violente qui n’est pas souhaitable. Il faut donc agir sur les élus. La stratégie que je propose est de ne plus faire confiance aux élus qui nous promettent toujours des changements qui n’arrivent jamais, mais d’inverser le rapport de force en arrêtant de voter dès le premier tour, puisque par ce vote nous faisons que les blocages continuent. Dès qu’au moins une des réformes indispensables sera institutionnalisée : scrutin proportionnel, ou vrai non cumul des mandats, ou non rééligibilité, ou président responsable devant le parlement, alors nous recommencerons à voter.

    C’est donc au premier tour de la présidentielle de 2017 que je préconise de ne pas aller voter. L’objectif, ambitieux comme il se doit, est de faire qu’il y ait moins de votants que d’abstentionnistes. Bien sûr, comme il s’agit d’une proposition, cela se discute.

    Michel Costadau

  • Immigration

    Immigration

    LE BEOTIEN ET LE PHILOSOPHE

    -Euh,  j’ai une question,

    -Allez-y, voyons voir ça,

    -C’est quoi le problème de l’immigration ?

    -Aïe, aïe, aïe sujet chaud et polémique dites donc,

    -Oui presque tous les politiques sont contre l’immigration, ça veut dire quoi ?

    -Ca ne veut rien dire, c’est uniquement une posture électorale, peu courageuse comme d’habitude,

    -Ah bon, mais alors quel est le problème ?

    -Le problème c’est qu’il n’y a rien de plus normal que l’immigration. L’homme a peuplé la terre en se déplaçant continuellement. Toute l’Amérique est un continent d’immigration récente. Seulement maintenant on butte partout sur des frontières et des territoires déjà occupés,

    -Oui mais moi je n’ai pas du tout envie de bouger,

    -Ca peut s’expliquer parce que vous êtes déjà dans un pays riche,

    -Alors l’immigration c’est des pays pauvres vers les pays riches ?

    -Oh non, pas seulement, il y aussi les réfugiés économiques, les victimes de conflits, les réfugiés politiques,

    -Vous voulez dire ceux qui sont pourchassés dans leur pays ?

    -Hélas non, l’accueil de réfugiés politiques est récent et à géométrie variable. Par exemple, de Gaulle n’a pas été un réfugié politique et on ne lui a pas demandé d’apprendre l’anglais pour avoir une carte de séjour. Si aujourd’hui quelqu’un veut fuir l’Ukraine, on ne lui donnera pas le statut. Le réfugié politique est surtout la bonne conscience de l’occident. Mais il y a aussi beaucoup  de migrants qui fuient des conflits meurtriers,

    -Vous voulez dire quand il y a la guerre chez eux ?

    -Oui et souvent nous ne sommes pas étranger à ces guerres,

    -C’est vrai que l’armée française est peu en France, mais plutôt chez les autres,

    -Eh oui, pour nous, en ce moment, c’est Afrique et Moyen-Orient, mais ça a été Sud-est asiatique et Orient en son temps. Bien sûr l’immigration actuelle est surtout économique,

    -Ah bon mais quand même, est-ce qu’il n’y a pas trop d’immigration ?

    -Eh non, il n’y a aucune limite à l’immigration. C’est le principe des vases communicants, ça se remplit jusqu’à ce que ce soit à l’équilibre. La chine connait une énorme immigration interne sous l’effet de l’augmentation des salaires dans les villes industrielles. A l’inverse, nous connaissons une immigration moins importante que Berlin ou Londres, parce que nous avons beaucoup moins de travail à offrir,

    -Ah c’est ça l’immigration économique ?

    -Eh oui, c’est l’accord parfait : les entreprises cherchent des bas salaires et les immigrés à gagner un peu d’argent,

    -Alors s’il n’y avait pas l’immigration, les salaires augmenteraient ?

    -Eh non s’il n’y avait pas l’immigration les entreprises délocaliseraient encore plus. La soif des actionnaires est ahurissante,

    -Mais alors pourquoi les politiques paraissent ils combattre l’immigration ?

    -Parce que c’est un excellent bouc émissaire qui permet de cacher leur incurie. En fait il n’y a aucun rapport entre l’immigration et le chômage par exemple, ni entre l’immigration et la sécurité. Par contre, il y a un rapport étroit entre chômage et sécurité, ou entre éducation et sécurité, mais c’est plus facile d’accuser les immigrés que les riches, surtout quand on trouve le biais de la religion,

    -Alors il faut accueillir les immigrés quels qu’ils soient ?

    -Exactement, il n’y a pas de pire piège que de  fermer ses frontières pour protéger ses acquis, alors nous serons assiégés comme au Moyen Age,

    -Donc, tous les discours sur le nationalisme c’est du vent ?

    -Ce n’est pas aussi simple et je vous propose d’en parler une autre fois,

    -D’accord, merci et à la prochaine.

    Michel Costadau

  • Résistance

    Résistance

    Y a-t-il une meilleure manière de donner du crédit aux terroristes que d’annuler des manifestations festives ? Eh bien non.

    Non, parce que c’est exactement leur but. Nous empêcher de nous amuser, nous contraindre à la grisaille de la télé parce que dehors règne la loi des poseurs de bombes. De partout j’entends dire ils ont gagné, ils ont réussi leur coup.

    Que certains aient peur c’est naturel, mais les accidents de la vie sont là pour nous rappeler que le  risque zéro n’existe pas. Même le pdg de Total a eu un accident d’avion, complètement ridicule en plus.

    Alors je crois qu’il faut mettre les pieds dans le plat. De deux choses l’une, soit c’est la guerre et alors il y des victimes des deux côtés, soit c’est la paix et on n’entend aucun bruit de bombe, pas de fusillade ou de coups de couteau et personne ne tombe. Si c’est la paix, il n’y aucun danger et il n’est donc pas question d’empêcher quelque manifestation que ce soit, puisqu’on ne craint rien à part la concurrence entre événements ou des bouchons sur les routes.

    Cependant, il semble que ce ne soit pas le cas. Il y a des victimes mais d’un seul côté, du nôtre, c’est-à-dire de ceux qui n’y sont pour rien. Les poseurs de bombes meurent aussi mais c’est du suicide religieux car ils se font sauter avec leurs engins ou attendent qu’on leur tire dessus. Ce ne sont donc pas des victimes mais des kamikazes qui ont décidé de mourir en tuant le plus possible des nôtres. Des vengeurs en quelque sorte.

    Nous sommes donc dans un état de guerre unilatéral. Des terroristes nous font la guerre et nous, nous ne faisons pas la guerre mais du blabla politique. Plutôt que de prendre toutes les mesures aptes à empêcher les terroristes d’agir, on prive les gens de leurs fêtes, de leurs distractions, de leurs détentes. Et c’est le premier qui a commencé qui a fait la grosse erreur, car, du coup, tous ceux qui disent je n’annule pas, se retrouvent avec le syndrome du responsable dans le cas où il y aurait des troubles.

    Je ne dis pas que la population est prête à mourir, mais elle est vigilante,  elle est disposée à coopérer avec les mesures de protection et surtout elle attend qu’on se défende, pas que l’on annule des fêtes. Car elle sait qu’on ne peut pas protéger les gens malgré eux. Et donc elle ne demande qu’à être mobilisée, à résister à cette sale guerre.

    Au lieu de ça, on a des fanfaronnades patriotiques et d’imbéciles privations qui sont autant de coups portés au moral.

    Mais alors, avec ces discours, qu’est ce qui se développe, c’est la xénophobie c’est-à-dire une réaction de peur et de repli sur soi. C’est à l’extrême droite que profite cette démagogie d’interdictions et de privations. C’est à se demander si ce n’est pas une fois de plus la stratégie du repoussoir qui est en action.

    Parce que si l’on veut combattre le terrorisme, il faut mobiliser la population, se montrer déterminé dans la recherche des failles. On n’empêchera peut-être pas tous les attentats mais on fera changer de camp le moral. De voir la résistance des gens, de tous les gens et de se voir combattus, c’est les terroristes qui vont perdre le moral et peut-être la guerre. Mais nous, nous n’avons que des polichinelles, des marionnettes qui ont la trouille et qui ont fait dans leur pantalon. Et ça ne sent pas bon.

    Michel Costadau

  • Dépendance

    Dépendance

    Vous savez bien que pour vendre des produits il faut  un marché. Le business l’a compris depuis longtemps et a même renversé la proposition en n’hésitant pas à créer ou à inventer des marchés afin de pouvoir vendre. Dans la plus part des cas, le choix est accompagné d’en haut car c’est en général l’Etat qui paye les premiers investissements et promeut les lois laxistes qui permettent aux industriels de se lancer sans risque. Par exemple, la téléphonie mobile, la pollution ou l’informatique sont encore fortement « soutenus » par l’Etat, de même que l’ont été en leurs temps la voiture, l’électroménager ou le bâtiment.

    Je veux vous parler d’un nouveau marché en cours de lancement comme celui de la voiture électrique, c’est la dépendance. En gros c’est le marché de l’aide aux personnes âgées. C’est effectivement un excellent marché, puisque le nombre de personnes en vie ne pouvant se débrouiller seules est en forte croissance. Cette expansion est cependant à double tranchant, car d’un côté ça fait vraiment désordre de trouver des personnes mortes chez elles sans que personne ne s’en soit aperçu, mais d’un autre coté le pouvoir d’achat du troisième âge est un peu trop faible pour que les industriels puissent se ruer sur ce marché et franchement s’enrichir.

    Alors l’Etat met la main à la poche pour une « aide à la dépendance » et c’est là que ça coince parce que l’effort est dérisoire, c’est-à-dire quelques centaines de millions d’euros, là où il en faudrait des milliards. En fait, pour que les personnes dépendantes puissent continuer à vivre non pas agréablement mais seulement dignement et dans un environnement familier, il faut beaucoup de moyens car rien n’a été prévu pour ça. Voilà encore une illustration de l’incurie des politiques. Face à une évolution de société, les politiques repoussent toujours sa prise en compte et la mise en place de solutions en finissant par créer un vrai problème, mais ce sont les générations futures qui auront à l’assumer. Ils l’ont fait avec les retraites, la sécu, le chômage, la sécurité routière, enfin presque tous les contours de la société. Et pourquoi font-ils cela, c’est parce que le bien vivre en société ou la dépendance ne sont absolument dans leurs préoccupations. En fait, ils n’ont qu’un seul sujet de préoccupation c’est leur réélection et celles de leurs réseaux. Et c’est vrai qu’il est difficile d’être courageux en politique bien que ce soit exactement ce que l’on attendrait d’eux.

    Ceux qui diraient on diminue par deux les dépenses militaires pour entourer les personnes âgées de services efficaces, prendraient le risque que les médias et les lobbies entonnent le refrain de la grandeur de la France, des intérêts de la France, du rayonnement de la France. Pauvre France, jouet de 60 millions de citoyens aux mains de poltrons, de bonimenteurs et de menteurs tout court. Ces gens-là ne méritent même pas un regard et pourtant il y en a encore beaucoup qui pensent voter. Trop.

    Michel Costadau

  • Guerre

    Guerre

    C’est maintenant assez courant de considérer que les évènements qui nous concernent ont une dimension planétaire. Ce n’est pas encore tout à fait vrai mais disons qu’on y est presque. Cependant, paradoxalement, il devient de plus en plus difficile de se faire une idée globale de ce qui se passe sur notre planète. Nous sommes submergés par les médias alors qu’il faudrait essayer d’y voir clair. Par exemple, sur le réchauffement climatique, sur le niveau de vie ou sur le terrorisme. Bien sûr, dans le registre de cette vision globale, il y a beaucoup d’autres regards que nous pouvons porter sur notre Terre, en particulier dans le domaine de notre écosystème, mais il y a une question dont on parle peu et qui me parait essentielle : est-ce que le monde vit plutôt en paix ou plutôt en guerre. Hélas, malgré les discours politiques lénifiants, dans presque tous les pays, nous vivons dans un monde très fortement marqué par les guerres.

    En plus, je trouve qu’il y a quelque chose de troublant dans cette affaire :  c’est la question des guerres de religion. Il est facile de constater que nous sommes, encore, à l’époque des guerres de religion. La guerre civile en Israël est une guerre religieuse, la dévastation du Moyen Orient est une guerre de religion. Les massacres en Afrique sont religieux. Les US sont infestés par les sectes et les Eglises. Je dis « encore » parce que, pendant mille ans, avec l’expansion des religions dites monothéistes, ça a été le motif dominant. Mais avec l’avènement de la raison et des sciences exactes, on aurait pu s’attendre à une perte totale d’intérêt pour ce type de conflit. Visiblement ça n’a pas été le cas et aujourd’hui aucune région du monde n’est épargnée par ce peu reluisant aspect. A qui la faute, question embêtante, parce que euh eh bien l’erreur c’est beaucoup nous. Je ne parle pas du passé, mais de maintenant. Nous somme complètement investis dans cet état de guerre et même en France nous ne sommes pas tranquilles avec ces guerres de religions. Beaucoup de gens pensent qu’en Europe nous avons gagné la bataille de la paix. C’est oublier que les bombes sautent encore à Belfast, que le siège de Sarajevo ne date que des années 90, que les purges en Turquie sont d’actualité et bien sûr qu’il y a des milliers de morts dans les réfugiés politiques ou humanitaires. Clairement, tous les continents sont le théâtre d’affrontements meurtriers et n’oublions pas que le commerce des armes se porte fort bien. Comment cela est-il possible ? Quel est le truc qui rend possible cette situation c’est à dire le virus par lequel nous sommes contaminés ? Sans conteste, il me semble que le biais c’est l’éducation. Je devrais plutôt dire l’absence d’éducation. La propagation des guerres de religions, exactement comme par le passé, repose sur une acculture générale de l’humanité. Cette acculture est le terreau sur lequel prospère le pouvoir des mages, des prophètes et…. des politiques. L’alliance du sabre et du goupillon est hélas encore bien active. Une fois de plus, les politiques nous mènent à la ruine.

    Michel Costadau

  • Hymne

    Hymne

    J’ai cru qu’on était enfin sorti d’une bien mauvaise période. Je veux parler de cette débauche de drapeaux et d’hymnes que nous avons subie pendant plusieurs mois. Bleu blanc rouge et Marseillaise, autant de manifestations que je ressens comme des agressions violentes.

    La Marseillaise me fait froid dans le dos, d’abord par ses paroles insupportables, mais aussi par toutes les idées qu’elle réveille, guerres, politiciens, commémorations, sport, anciens combattants, rien que du sordide et de l’appel au meurtre. Mes poils se hérissent rien qu’à son évocation et quand une foule se met à la chanter, ça me donne franchement la nausée.

    Quant au bleu blanc rouge, c’est pour moi un signal grinçant qu’envoie celui qui le porte ou le plante. Et ce signal c’est « je vous hais ». C’est identitaire, avec mépris de l’autre, et manifestation d’antisolidarité. Oui celui qui met au vent ce drapeau veut indiquer qu’il « em….bête » tout le monde, comme une revanche de malheureux. Car il sait que c’est une agression et que ça transforme sa façade en caserne ou en bâtiment public. Les Anglais ont le même comportement avec la royauté qui exhibe sous leurs yeux la turpitude des nantis, mais ça les réjouit car ils savent que c’est une atteinte permanente à la fraternité, et ça leur tient lieu de compensation d’une vie étriquée et maussade, maigre certes, mais compensation.

    Il y a aussi des phrases pour lesquelles il faudrait punir comme fauteurs de trouble ceux qui les utilisent, oh pas l’amateur de la brève de comptoir, non, mais le politique qui sait le mal qu’il fait. Des mots comme « l’amour de la patrie » ou « la fierté d’appartenir à la communauté nationale » ou « les valeurs de la nation » sont indignes, et répandent la peste quand ils sont énoncés. Non seulement la patrie n’existe pas, car notre pays n’est que le résultat de l’appropriation du domaine royal par une caste bourgeoise capitalistique pendant presque 200 ans, puis financière depuis plus de 50 ans, mais donner à penser qu’elle puisse susciter de l’amour relève de la pire propagande nazie. Hélas les politiques n’ont pas peur de ça au contraire, les enchères dans le patriotique xénophobe atteignent des sommets, mais l’actualité nous rappelle que l’on ne combat pas le terrorisme ni même la délinquance en prêchant la haine.

    Ca a commencé avec les attentats de fin d’année, puis le deuil national, puis les manifestations à répétition, puis la coupe de foot, et puis encore la fête nat. Et maintenant ils ont déguisé la tour Eiffel en drapeau. Il est facile de comprendre que tous ces événements sont de la même lignée, ressortissent du même esprit de triste résignation et de désinformation politique.

    Que l’on sorte le même drapeau et la même musique pour la guerre et pour le foot est un symbole qui ne devrait pas nous laisser tranquilles. C’est changer la population en une bande de grossiers ivrognes pusillanimes que de lui faire chanter La Marseillaise dans le stade ou dans la rue. Et à plus forte raison de s’en réjouir. L’identité nationale est une illusion derrière laquelle on cache l’inexistence individuelle des citoyens. Il ne peut y avoir de nation, c’est-à-dire de groupe que si chaque individu existe, a des idées, se bat et est solidaire des autres. Le seul rempart contre le terrorisme, c’est la solidarité. Seulement ça, la caste politique ne le permet pas.

    Michel Costadau