Catégorie : Classe politique

  • Robots

    Robots

    Il est vraiment beaucoup question de robots en ce moment.

    Les robots suppriment des emplois.

    Les robots peuvent soulager des personnes.

    Les robots coûtent moins cher que la main-d’œuvre.

    Avec en corollaire : les robots vont devenir plus intelligents que nous, ouille !

    et dommage que nous laissions les Allemands et les Japonais fabriquer tous les robots, aïe !

    Et là-dessus arrive la taxe sur les robots. Plaf, en plein dans le mille.

    Dans le mille de ce qu’il ne faut pas faire. Il n’y a pas d’idée plus bête que la taxe. C’est le réflexe des ignorants et des incompétents. Créer une taxe c’est comme jeter l’ancre pour faire avancer le navire. Il est facile de comprendre que l’idée même de la taxe est basée sur l’existant c’est-à-dire sur le passé. On ne peut donc pas créer de taxe sur quelque chose à venir, puisque par principe ça n’existe pas encore. Bien au contraire, quand il y a de nouveaux domaines à industrialiser, les pouvoirs publics ont tendance à ouvrir toutes les autorisations et à fermer l’œil sur les nuisances potentielles, le temps que le système puisse installer ses actionnaires et engranger ses premiers profits. Y a qu’à regarder l’installation des bornes de rechargement pour les voitures électriques que l’Etat installe partout à ses frais. Ensuite seulement vient le temps de la taxe éventuelle, sachant qu’au bout du compte c’est toujours nous qui payons.

    A propos des taxes sur les robots pour créer des emplois, il faut savoir que dans l’établissement du budget national il est interdit de dire à quoi on veut consacrer telle ou telle recette, de même qu’il est interdit de dire d’où vient l’argent pour financer telle ou telle dépense. Seules les sommes globales sont considérées avec l’affichage du fameux déficit. C’est comme ça qu’est née LA taxe. La taxe ne sert à financer rien du tout, elle ne sert qu’à faire rentrer de l’argent. C’est bête.

    Maintenant, soyons clairs : les robots n’existent pas, non, il n’existe que des machines. Et des machines ça fait longtemps qu’on en utilise, ça fait même partie intégrante de l’humanité depuis l’arc jusqu’aux centrales nucléaires.

    Alors pourquoi faire une fixation sur les robots ? Bien sûr qu’il n’y aura jamais de taxes sur les robots, la question n’est pas là. D’ailleurs je vois déjà les gros titres : taxe sur les robots ménagers, les aspirateurs, les machines à laver, taxes sur les programmes informatiques et les chaînes de production. Eh oui toute ces machines suppriment énormément d’emplois. Qui n’a pas connu les salles de dessin d’Airbus, où toutes les pièces étaient conçues en trois vues sur la planche à dessin avec encre et lame de rasoir à la main, ne peut pas imaginer le nombre de postes de travail qui ont été supprimées par la CAO et autres programmes.

    Et pourtant les discours sur les robots sont à la mode. Clairement ceux qui en parlent le plus sont les chantres du productivisme, de l’industrialisation des usines ou du service. Eh oui, il faut habituer les populations à la disparition continue des emplois, il faut leur dire que c’est inéluctable. Mais en même temps il ne faut pas susciter de réactions d’opposition. Et pout ça rien de tel que de lancer l’opinion sur de fausses pistes : l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle, la domotique, le cœur artificiel…et les robots.

    Et pour les énarques, une taxe sur les robots pour créer des emplois. Bingo. Ceux-là ajoutent d’ailleurs une dose d’incohérence à leurs propos en prônant en même temps le revenu universel. En effet, le concept de revenu universel n’est que la forme politique du chômage généralisé, c’est-à-dire du travailleur jetable. D’un côté on institutionnalise le chômage avec le revenu universel, et de l’autre on veut une taxe pour soi-disant créer des emplois. Cric

    Heureusement que les robots ne votent pas.

     

    Michel Costadau

  • Pluralité

    Pluralité

    C’est la pagaille. La campagne actuelle ne se déroule pas normalement. A savoir que les sortants sont sortis, que les primaires n’ont servi à rien, que c’est une bataille de seconds couteaux pour le deuxième tour, et que personne ne parle de ce que les Français attendent, qui est tout simplement de mieux vivre, c’est-à-dire sans attentats, sans chômage et sans guerres. J’ajoute, parce que même si personne ne les défend, tout le monde y tient énormément, des services publics qui marchent.

    Mais, pour moi, cette situation est tout à fait normale. Ce qui se passe c’est uniquement la résolution de l’équation française : en France les gens ont des opinions différentes. Pas croyable. Bingo ! Euh il est temps de s’en rendre compte. La soi- disant élection présidentielle, clé de voute de notre république est un miroir aux alouettes où viennent se briser les projets politiques. Eh oui, il n’y a pas un point de vue unique, il y en a une bonne dizaine. Et le fait qu’ils existent est franchement rassurant.

    Du coup il est clair que chaque candidat est porteur d’une partie de notre stock d’opinions. Alors en élire un et un seul consiste tout simplement à éliminer 9 manières de voir les choses sur 10. Or notre richesse c’est cette diversité, ces différences, ce qui veut dire clairement que les régimes présidentiels sont des dictatures. Seuls, peut-être, les régimes parlementaires peuvent rendre compte de cette pluralité. Maintenant regardons ce que nous avons dans notre banque d’opinions en balayant symboliquement le paysage de gauche à droite.

    Dans le compte de Mélenchon, ce sont les utopistes qui veulent que le monde aille mieux. Ils réfléchissent pour essayer de trouver des solutions. Ils sont gentils. Ils ont bien sûr des idées de justice ou d’égalité un peu veillottes mais ils essayent d’être dans le coup, c’est-à-dire de partager les déchirements de notre société. Oublions leurs défauts et regardons ce qu’ils apportent. Leur apport c’est la solidarité, la liberté et l’évolution des institutions.

    Avec Le Pen, ce sont les irrités, les mécontents de leur sort. Ils ne réfléchissent pas, ils attendent. Ils s’engouffrent volontiers dans des solutions toutes faites, du moment qu’elles remettent en cause l’ordre établi. Cependant ils sont pour l’ordre et souhaitent que tout le monde s’entende bien mais sans savoir comment. Leur apport c’est le souci des petits, de la France d’en bas et la méfiance des élites.

    Avec Hamon, ce sont les paléo. Ils ont analysé l’histoire et croient à la révolution façon XVIIIe siècle. Ils savent comment changer les choses à condition que ce soit par le haut. Ils savent que la justice n’existe pas, mais seulement l’équilibre des forces. Volontiers sectaires ils ont besoin du rapport gauche-droite pour exister parce qu’en fait ils ne savent pas très bien où ils sont. Leur apport c’est la valorisation des différences, le respect de l’Histoire et le renforcement de l’Etat.

    Avec Valls ce sont les hommes de partis, intellectuels ou pas, mais ils veulent des structures, de l’encadrement. Ils croient aux technocrates et à leurs solutions parachutées. Ils croient que les pays peuvent s’entendre. Leur apport c’est l’entente internationale, les grands programmes et une valorisation des idées nouvelles.

    Avec Juppé, ce sont ceux qui veulent faire vivre les traditions républicaines : l’égalité a pour eux un vrai sens mais ils n’aiment pas la fraternité. Ils sont pour la séparation des pouvoir et celle de l’Etat et des religions. Ils sont plutôt riches ou aimeraient l’être. Leur apport c’est le maintien des services publics, la laïcité et l’équité.

    Avec Fillon ce sont plutôt les possédants, c’est-à-dire ceux qui possèdent quelque chose, la foi religieuse, l’argent, une femme, un patrimoine, un pays. Ils souhaitent surtout que rien ne change et sont donc défenseurs acharnés de l’ordre établi, les riches d’un côté, les pauvres de l’autre. Leur apport c’est le besoin de stabilité, la croyance dans le mérite et dans la réussite individuelle.

    Avec Macron, ce sont les aventuriers de la fuite en avant. L’avenir résoudra tous les problèmes, il n’y a qu’à laisser faire les forces en présence. Ils n’ont aucun respect pour les autres, pensant que le monde se gère depuis leur moi et il n’y a que ça qui compte. Leur apport c’est de ne pas avoir peur de l’avenir, de rompre avec les clichés et de défier l’ordre établi.

    Avec Bayrou, ce sont les intégristes, les hypocrites, défense du mariage mais maîtresse entretenue. Ils sont aussi pour l’ordre mais pas pour l’égalité. Ils prêchent la fraternité mais n’ont pas de cœur et sont prêts à mettre des bâtons dans les roues de tous les marginaux. Leur apport c’est le respect de la vie privée, les associations et les commémorations.

    Ce rapide survol permet de voir que chacun contribue à sa manière à notre pactole d’idées. Dans ces conditions, voter c’est diviser et ce n’est pas bon.

     

    Michel Costadau

  • L’affaire Macron

    L’affaire Macron

    Je crois qu’au début j’étais comme vous, complètement paumé. Mais d’où sort donc ce loustic que tous les médias encensent à qui mieux mieux. On ne peut plus ouvrir le moindre journal sans tomber sur sa photo, sur ce qu’il a dit, où il a été, ce qu’il a fait ou pas fait. Ce n’est plus la coqueluche de la télé c’est du bourrage, une espèce de pub permanente comme dans le métro.

    Et en plus j’étais très mal à l’aise parce que c’est le blackout sur ce qu’il pense, sur ce qu’il dit, sur le contenu de ses discours, à croire qu’il ne dit rien ou qu’il ne faut pas savoir ce qu’il dit. Il paraît qu’il dit je vous aime, je vous ai compris ou alors de gros bobards comme le crime contre l’humanité du colonialisme, sûrement qu’il voulait dire que le  capitalisme était un crime contre l’humanité mais peut-être qu’il s’est mal exprimé.

    De plus son look, aussi, me rend mal à l’aise. Enfantin, yeux vagues, angélique, le sourire de Carpeaux, exactement l’anti-image des grimaces de Trump et pourtant.

    Donc voilà, paumé et mal à l’aise. Mais quand même je réfléchissais, je regardais, je cherchais.

    Or il se trouve que je lis Le Monde, bien qu’avec dégoût de temps en temps. Il se trouve aussi que c’est Orange mon fournisseur d’accès. Et enfin il se trouve que je regarde Sputnik.

    Pour mémoire, Le Monde est un quotidien généraliste assez porté vers Israël, Orange c’est France Télécom, et Sputnik c’est l’agence de presse du Kremlin.

    Bien, qu’est-il sorti de tout ça ? Ce qui en est sorti je vous le donne en mille c’est Orange Bank.

    Tilt !

    Macron, ancien banquier de Rothschild & Cie, ministre de l’Economie pendant quatre mois pour faire une loi sur les banques et les professions libérales. Macron candidat des banques.

    Fallait oser, mais ils l’ont fait. L’homme sandwich des banques c’est lui. C’est le candidat des affaires, de la finance et tout s’explique.

    Tiens justement, c‘est la finance qui détient les médias. Alors les médias matraquent et en rajoutent. Macron candidat des médias.

    Tiens, le PS c’est le bon plan pour lui, non pas qu’il ait la moindre idée socialiste, mais c’est l’accaparement du centre qui l’intéresse, car comme tout extrême droitier qui se respecte il veut qu’on le croie au centre. Sauf que le centre c’est nulle part ça n’existe pas, c’est une illusion. Macron candidat du centre.

    Tiens aussi, l’engouement de pas mal de députés PS, la moitié je dirais, ben c’est une assurance-vie pour leur réélection. Ces députés-là n’en sont pas à un grand écart près. Comme ça sent le roussi du coté PS/LR ils se rangent derrière l’homme de la situation. Et ce sauveur eh bien il n’est évidemment ni de droite ni de gauche ni d’ailleurs. Il est celui qui va permettre leur réélection et ça vaut tous les sacrifices. Macron candidat des députés.

    Candidat de la finance, des banques, des médias et des députés ok, Sputnik j’ajoute et du Medef. Ca se tient. C’est vrai que personne ne parle du Medef en ce moment, ils se font tout petits mais puisqu’ils ont leur candidat, pas besoin de se montrer. Macron candidat du Medef.

    Comment cela va-t-il tourner ? Bien sûr je ne suis pas le seul à avoir démasqué cette candidature, beaucoup vont le faire et beaucoup vont s’en éloigner. Ce qui veut dire que Macron n’a aucune chance d’être élu. Alors que cherche-t-il ? La réponse est simple : il veut, ou plutôt ils veulent, un nouveau parti et avec des députés. Parce que il y a beaucoup de nouveaux partis mais ils n’ont aucun député. Alors est-ce la fin de l’hégémonie PS/LR ou une nouvelle hégémonie newPS/newLR ? On le saura bientôt.

     

    Michel Costadau

  • Sauveur

    Sauveur

    Le temps est à la présidentielle et c’est vrai qu’il ne fait pas très chaud. Eh oui, le spectacle est de bien mauvaise qualité mais on a quand même l’occasion de sourire voire de rire. Et pourtant il n’y a pas de quoi. Ou, si vous préférez, je suis sidéré par l’absence d’idées de tous nos candidats. Notre pays est dans une profonde morosité, c’est le moins qu’on puisse dire. On ressasse les attentats, le chômage, la grippe aviaire, les immigrés, la pollution, la dépendance et le manque de neige. Bof. La désolation je vous dis. Les touristes ont déserté Paris, les entreprises désertent le pays sauf quand l’Etat leur passe une commande de complaisance, et les idées désertent les discussions même au comptoir.

    Là où je trouve que c’est grave de chez grave, c’est qu’il n’y a plus de débat d’idées. Bien sûr il y a des débats, mais je ne vois pas trop quelles grandes questions sont en jeu. Vous allez me dire que je suis mal placé car je n’en ai entendu aucun. Bon. Je pense quand même au rapport individus/sociétés, à la généralisation de l’éducation, à pourquoi les guerres, à la place de l’humanité sur la terre ou autres débats urgents. Non ça tourne en rond, ça fait des déclarations, des entourloupes et ça se chamaille.

    Ah oui je vois des doigts qui se lèvent : – hep monsieur mettre un flic dans chaque classe à l’école, c’est pas une idée ça ? Ben non, c’est pas une idée, c’est un slogan électoral, – hep monsieur mettre en place le revenu universel, c’est pas une idée ça ? Ben non, c’est ce que demande le Medef depuis 50 ans. Ca s’appelle le chômage généralisé ou amélioré si vous voulez. – hep monsieur, aider encore plus les entreprises pour qu’elles embauchent c’est pas une idée ça ? Ben non, les entreprises n’embauchent pas pour créer des emplois mais uniquement pour gagner de l’argent avec le travail. Aider les entreprises consiste donc à mettre directement de l’argent dans la poche des actionnaires. Tout ça c’est ce qu’on appelle de fausses bonnes idées et en ce moment on n’a que ça.

    Heureusement, ou malheureusement plutôt, il y a quand même des trucs assez marrants dans les slogans des candidats, comme augmenter le nombre de places en prison. D’abord faut être doux dingue pour dire : avec moi il y aura plus de monde en prison, c’est un aveu d’échec  catastrophique, vu que le but de la politique n’est sûrement pas de mettre plus de gens en prison. Mais il y a un mais, car ça pourrait vouloir dire non pas augmenter le nombre de prisonnier mais faire qu’ils aient chacun une cellule pour remédier à la promiscuité honteuse dans nos établissements pénitentiaires, c’est peut-être ça le nombre de places. Excusez-moi, je rêvais. Ca ressemble surtout à une sentence populiste de plus, comme si les braves gens préféreraient voir plus de monde en prison.

    Visiblement ça ne vole pas haut. Les primaires, qui rappelons-le sont faites essentiellement pour éliminer tous les candidats hors PSLR, se transforment en congrès de ces partis. On assiste à des débats de motions en fait. Mais il y a erreur.

    L’erreur c’est que ce ne sont pas des congrès du tout et les candidats sont, du coup, des gens qui ne peuvent faire que des promesses en l’air, puisqu’ils n’ont aucun parti pour les soutenir. Tout au plus un courant, une poignée de copains. La machine s’est grippée et tourne à l’envers parce que tout le monde espère que les législatives donneront une majorité au président. Mais ça ne marche plus.

    Le bon tempo aurait été de faire d’abord le congrès PS pour désigner le candidat PS, le congrès PC idem, le congrès écolo idem, puis de faire une primaire entre eux. De l’autre côté, c’est pareil : d’abord le congrès LR pour désigner le candidat LR, le congrès modem si ça existe encore idem, le congrès radical, et ensuite de faire une primaire entre eux. Auquel cas les candidats seraient au moins forts de leur parti pour assumer leur politique. Tandis que là, nous avons des candidats déconnectés, isolés, marchandant leur programme et leur look. Visiblement les partis ont clairement désavoué leurs propres chefs de file. Eliminé Sarkozy chef de LR, éliminés Hollande et Valls chef et sous chef du PS, éliminée Duflot chef des écolos. Oui le temps est à la grosse déprime. Et dans ces cas là, le peuple a une forte propension à  se jeter dans les bras de l’homme providentiel, du sauveur, pour sortir du marasme. D’ailleurs, peut-être que cette fois c’est une femme.

    Michel Costadau

  • Régions

    Régions

    B. Hopkin dans Le Monde s’est fendu d’une tirade dithyrambique sur nos régions. J’en suis resté sur  le …. disons pantois. Alors je me suis dit mais qu’est-ce exactement que nos régions, enfin les 13 qui restent ? Des géants économiques, des acteurs de la construction européenne, des nains politiques, des creusets de la citoyenneté, des laboratoires de l’innovation ou une nouvelle contribution à l’empilement des structures ?

    En tous cas ce ne sont pas des pays, car elles appartiennent toujours à la France, ce ne sont pas des Etats car elles n’ont ni armée, ni justice, ni impôt. Ce ne sont pas des nations puisqu’elles n’ont aucune équipe de rugby ni ne participent aux JO. Ce ne sont pas, non plus, de grands grands départements, car les départements marchent encore très bien, merci pour eux. Mais alors c’est quoi. Ben vous allez me dire, c’est des régions comme en Allemagne ou en Espagne.

    Oups, je vois qu’il y a une certaine confusion entre régionalisme et fédéralisme. Les régions allemandes, les Länder, ont un parlement ,des forces de police et une partie du pouvoir central. Ce n’est pas le fédéralisme à l’américaine mais ça s’en rapproche. Idem pour les régions espagnoles, les Comunidades autónomas, dont les parlements ont encore plus de pouvoirs qu’en Allemagne.

    Là je fais une petite digression sur le fédéralisme et le scrutin US avec ces fameux grands électeurs, non pas qu’ils auraient pu voter pour un autre mandat que celui qu’ils ont reçu, ça c’est franchement antidémocratique, mais parce qu’ils ne représentent pas tous le même nombre d’électeurs. Eh bien la Commission européenne, ou le Conseil de l’Europe c’est exactement la même chose. Le délégué de Malte a autant de voix que celui d’Allemagne. Et tous ils élisent Junker. Cherchez l’erreur. Fin de la digression.

    Donc dire les régions ben c’est les régions, c’est une jolie tautologie mais ça ne nous fait pas avancer. En plus il y a des fausses pistes dans notre recherche, en particulier le nom. Provence-Alpes- Côte-d’Azur dite PACA, c’est un peu comme si l’Europe s’appelait France-Pologne-Italie-Suède… . Il y a aussi Occitanie qui fait penser aux comtes de Toulouse. Bientôt, on va voir revenir les Cathares et Simon de Montfort. Hauts de France est assez trompeur parce que c’est la région la plus plate que nous ayons. Trêve de plaisanterie, aidez –moi, je n’arrive pas à trouver  qu’est-ce que ça peut bien être une région. Où tout au moins à quoi ça peut servir.

    En tous cas, ça ne sert pas à créer de l’appartenance. La plus grande structure, et encore, qui crée de l’appartenance c’est le département. Mais les grands créateurs d’appartenance c’est-à-dire d’identité partagée restent la langue et le terroir. Oui je sais vous n’aimez pas les Belges, mais ceux qui parlent français, vous vous demandez pourquoi ils ne sont pas chez nous, avec une région belge par exemple. Euh très mauvaise piste. Bon, vous ne m’aidez pas beaucoup.

    Alors peut-être c’est pour faire des économies. Cà c’est vraiment piège parce qu’on ne sait pas si ce sont des économies pour l’Etat, des économies pour les citoyens ou de l’économie au sens le plus business du terme.

    De l’économie au sens business, on est vraiment loin du compte : les régions n’ont aucune politique recherche ou innovation, alors je ne vois pas ce qui peut en sortir. Par contre, elles dépensent beaucoup pour essayer d’aider des entreprises à s’installer…qui cependant ne les remboursent jamais, voire même délocalisent en une nuit.

    Des économies pour les citoyens, là on rêve, ces grandes régions coutent cher, très cher, en nouveaux bâtiments, frais de déplacement, duplication de services, ce qui fait que ce qui va rester pour améliorer notre sort va beaucoup diminuer. Misère de misère.

    Des économies pour l’Etat, ah bon qu’est ce que l’Etat économise en ayant 13 régions au lieu de 22 puisqu’on n’a fait que coller entres elles celles d’avant qui cependant n’ont pas disparu et gardent tous leurs services. De plus, les métropoles se multiplient : 22 alors que l’idée était 13 et ce n’est pas fini. Et la complexité des services aussi, car il est difficile d’envoyer les gens de Montpellier à Toulouse sous prétexte que l’éducation s’est regroupée.

    Euréka, ça y est je commence à comprendre : clairement c’est beaucoup plus difficile pour eux de gérer une grande région qu’une petite, il faut donc d’avantage de monde cqfd. Ca coule de source. Et donc les régions c’est, uniquement, des machines à fonctionnaires, à administratifs, à paperassiers. Mille dieux comment n’y ai-je pas pensé plus tôt. Et vous non plus d’ailleurs.

    Michel Costadau

  • Deux tours

    Deux tours

    Ce n’est pas parce qu’on est habitués à quelque chose que c’est une bonne chose. La pollution par exemple. Bof. Mais aussi le scrutin à deux tours : ça fait vraiment partie de nos gènes et pourtant c’est profondément antidémocratique. En effet on a un amalgame entre la notion de majorité, valable pour les votes ne comportant qu’un seul objet, et la notion de vainqueur, valable pour les votes comportant plusieurs objets. Les objets pouvant être des résolutions, des lois ou des candidats. Je m’explique.

    Quand il s’agit de prendre une résolution, on peut avoir, selon l’importance de l’enjeu , diverses majorités requises : majorité relative, absolue, des trois quarts, ou même unanimité. Dans ce cas il n’y a, bien sûr, qu’un seul objet de vote. Pour donner une image, on ne vote pas deux lois en même temps, on les vote une par une. C’est comme ça que fonctionnent les copropriétés, les collectivités ou les conseils d’administration. Dans ce cas-là on peut être amenés à recommencer le vote autant de fois que nécessaire, jusqu’à ce que la majorité requise soit obtenue…. ou remanier l’objet.

    Quand il s’agit au contraire d’une question à choix multiples, on prend l’avis de tous les gens concernés, on additionne ce que chaque choix a recueilli et on regarde celui qui a recueilli le plus de voix. C’est le cas où il y a plusieurs solutions, plusieurs choix possibles. Il n’y a alors aucune notion de majorité, mais seulement un classement, et c’est le choix qui a le plus de voix qui l’emporte. En fait dans ce cas-là le résultat est le classement des choix en fonction des voix qu’ils ont obtenues et c’est donc un vote qu’on ne peut pas recommencer. C’est comme ça que fonctionnent les sondages d’opinion, les concours ou les appels d’offres.

    Bien, bien, mais alors quelle méthode adopter pour élire quelqu’un à une fonction. Je parle, ici, d’élections présidentielle ou législatives. Clairement il ne s’agit pas d’un vote pour un unique candidat, qui correspond plutôt à un genre de dictature. C’est donc bien une question à choix multiples. Et donc on doit seulement faire un classement entre les candidats et déclarer vainqueur celui qui a le meilleur score.

    Ce n’est pourtant pas ce qui se passe chez nous. Il semble que pour ce genre d’élection la notion de vainqueur et celle de majorité aient été mélangées. Prenons l’élection présidentielle : il est clair que le candidat qui obtient directement le plus de voix est le vainqueur d’une manière claire et sans contestation. Pour donner une illustration : dans une course, le gagnant est celui qui arrive premier, même si tous les temps sont dans un mouchoir de poche. On ne fait pas recourir les deux premiers pour savoir si le résultat changerait. Ou tout au moins on attend la prochaine compétition.

    Pourquoi n’est-ce pas le cas dans nos institutions ? Bonne question une fois de plus.

    Il me semble que la réponse tourne autour de deux comportements de la classe politique : le besoin d’hégémonie et le refus de dialogue.

    Pour l’élection présidentielle, il est clair que les politiques ont peur que quelqu’un l’emporte avec par exemple 23 % ou même moins de 20 % des suffrages exprimés. Ca ne fait pas beaucoup pour décider de la guerre ou valider le TAFTA. Alors ils ont dit on va faire un nouveau vote en n’en gardant que deux, comme ça y en aura forcément un qui aura plus 50 %. Et pourtant le vainqueur n’a toujours pour lui que son premier score, car toutes ses autres voix sont des votes contre et non des votes pour, sinon il les aurait recueillis au premier tour. C’est donc une entourloupe car on pose aux électeurs deux questions successives différentes. Et voilà comment on se retrouve en poligarchie et plus en démocratie.

    Pour les législatives on a le même problème d’hégémonie avec non pas les deux premiers, mais l’élimination d’un maximum de candidats avec un seuil à franchir. Qui plus est, les députés composent une assemblée et sont censés travailler ensemble. Houlà, houlà, mais c’est que c’est contraire à nos principes ça de travailler ensemble. Nous on veut faire nos petites affaires et nos petites lois tranquillement sans discuter avec personne. Manquerait plus que ça.

    Seulement, messieurs les politiques, les élections sont exactement faites pour ça : mettre ensemble des gens ayant des avis différents pour, c’est moi qui souffle la réponse hélas, trouver la meilleure solution pour les électeurs, pour les citoyens. Mais ça c’est au dessus de leurs forces, ils ont depuis longtemps perdu l’habitude des discussions, des compromis, de l’intérêt général.

    Conclusion : en attendant mieux, le vote à un seul tour tant pour le président que pour les députés est, pour moi, un élément clé du retour à la démocratie.

    Michel Costadau

  • Quadrature du cercle

    Quadrature du cercle

    La quadrature du cercle, vous le savez, consiste à construire un carré ayant le même périmètre qu’un cercle de rayon 1. Vous allez me dire que la réponse est simple : c’est un carré de côté égal à π/2. Là où ça se corse c’est pour tracer ce côté, car  π/2 c’est bien gentil mais ça fait combien ? Exactement, je veux dire.

    Si je vous dis ça c’est parce qu’en ce moment d’élection, c’est clairement la situation dans laquelle nous sommes. Pour changer les règles électorales, nous avons besoin des élus dont le pouvoir vient des règles actuelles. Je m’explique : tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut remettre de la démocratie dans le pays : scrutin proportionnel, à un tour, non cumul des mandats, bulletins blancs valant suffrage exprimés et beaucoup d’autres modifications comme le domaine réservé du président. Seulement ces modifications ne peuvent être faites que par des élus qui, une fois élus, trouvent tout un tas de raisons de ne pas les faire. Vous avez pu constater que ni Hollande ni Renzi n’ont réussi à modifier la Constitution.

    D’où, pour 2017, un nombre croissant de candidats ou de groupes qui ont pour seul programme de faire ces fameux changements. Nous avons M. Vote Blanc, M. Nouvelle Donne, M. la France Insoumise, M. m6r, M. le Temps des Lilas, M. Ecologie, M. le Parti des Abstentionnistes. Je n’invente rien tous ces candidats existent ou le groupe correspondant.

    Bon, sans être un briseur de rêves il me semble qu’il y a quelques obstacles sur leur parcours. D’abord il leur faut être élus, c’est évidemment utopique mais quand même supposons, ensuite il leur faut une majorité d’élus aux assemblées, ce qui est encore plus hypothétique, mais continuons quand même, enfin il leur faut faire correctement le boulot c’est-à-dire en ne faisant pas tout pour que ça rate, ce à quoi s’emploient continuellement et avec succès les « décideurs » de notre pays. Ce qui revient à dire qu’il leur faut être plus forts que la finance. Alors là je dis ça fait beaucoup. Beaucoup trop, ce n’est plus de l’utopie c’est du mensonge, de l’escroquerie.

    C’est pour ça que je propose de procéder différemment. D’abord il faut convenir que ces réformes peuvent être faites par n’importe quels élus, du moment qu’ils sont assez nombreux. Ce n’est pas l’étiquette qui compte, c’est le passage à l’acte. Il faut convenir aussi que les élus ne vont pas faire ces modifications sans y être encouragés, poussés, et même contraints. Et pour trouver la bonne contrainte il suffit de réfléchir que, si le pouvoir des élus vient des modes de scrutin, ce ne sont pas les institutions qui votent pour eux, c’est chacun de nous. Là est la faille dans l’armure de nos seigneurs politiques : ils ont besoin de nos votes. La seule façon de les amener à faire les réformes électorales que nous attendons, c’est de ne plus voter pour eux jusqu’à ce qu’ils les fassent.

    Quant à nos valeureux candidats réformistes, je leur demande de ne pas prendre la population pour des demeurés, et donc de se retirer gentiment en essayant de comprendre qu’il y a une différence entre campagne électorale et campagne publicitaire. Notre seul levier c’est le vote, puisque c’est par ce moyen que les politiques obtiennent légalement le droit de nous exploiter. Nous ne croyons plus en leurs plans, en leurs promesses, en leurs discours. Nous leur disons simplement faites d’abord des réformes de retour à la démocratie et après, après, alors on revotera, peut-être.

    Michel Costadau

  • Illisible

    Illisible

    Alors là, l’action du gouvernement socialiste devient illisible. C’est-à-dire désordonnée, bafouillante, erratique, contradictoire et donc complètement incompréhensible.

    Dernière annonce : prolongation de l’état d’urgence jusqu’à la  présidentielle. Franchement, je ne vois pas comment une campagne électorale peut se dérouler sans meetings, sites de propagande, collage d’affiches de nuit ou de jour, visite sur les marchés, porte à porte, discours dans les rues, sur les places, textos, tweets et autres sms. Si tout cela doit être filtré et contrôlé pour s’assurer qu’aucun terroriste n’en profite pour donner des infos sur le prochain coup à ses copains, alors c’est la dictature à la tonton macoute. Si au contraire une grande souplesse était accordée et que tout soit permis, alors à quoi sert l’état d’urgence. C’est complètement illisible.

    De même, nous avons NDDL. Comment un gouvernement sur la fin pour ne pas dire en soins intensifs peut-il imaginer créer un conflit type Larzac à trois mois de son départ. C’est soit un effet de manche et une posture guerrière uniquement électorale, soit une action délibérée d’une inopportunité flagrante. Dans le premier cas, ça aurait plutôt tendance à aggraver sa situation puisqu’on sait déjà que ce gouvernement est impuissant et fait le contraire de ce qu’il a promis, mais alors ce n’est pas la peine d’en rajouter. Dans le second cas, c’est de l’inconscience qui, au risque de troubles durables, pourrait ajouter de nouvelles fractures dans son propre camp, aussi bien avec la gauche de la gauche que les écolos. Exactement au moment où le rassemblement semble s’imposer. C’est incompréhensible et tout à fait illisible.

    Nous avons aussi le coup de canif Macron. La candidature tardive de Hollande laisse libre cours à de petits sprints des velléitaires comme Valls, Macron et quelques autres. Paradoxalement, la droite a tiré les leçons de la dernière primaire socialiste, qui était la deuxième d’ailleurs, et met tous ses candidats ou presque en ligne. Alors que la gauche a déjà Mélenchon et Jadot avant même d’avoir fait sa propre primaire. Si à cela s’ajoute Macron, peut être un PC et bien sûr les deux trotskistes de service, ça ne va plus être une élection mais un casse-bouteille. Si après ça c’est Le Pen qui rafle la mise, tous ces rigolos ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes. C’est non seulement incompréhensible mais aussi suicidaire et, je le répète,  illisible.

    Parlons aussi du  lancement de l’enquête d’utilité publique de la liaison autoroutière Castres-Toulouse. Le dossier technique soumis à l’enquête vient d’être analysé par deux commissions ministérielles qui ont fait 57 demandes de corrections et d’améliorations. Qu’a fait le gouvernement ? Corriger le dossier avant de lancer l’enquête ou lancer l’enquête avant de prendre en compte les corrections ? Eh oui vous l’avez deviné, il lance l’enquête sur un dossier critiqué par ses propres services. L’enquête sera donc déclarée non concluante et on reviendra trois ans en arrière. Si le gouvernement avait voulu se ridiculiser, il ne s’y serait pas pris autrement. Cette fois, non seulement c’est incompréhensible mais vraiment grotesque. Et c’est illisible.

     Michel Costadau

  • Etat de droit

    Etat de droit

    LE BEOTIEN ET LE PHILOSOPHE

    -J’ai entendu dire qu’en France nous avions la chance d’être dans un Etat de droit. Ca veut dire quoi au juste,

    -Ca veut simplement dire qu’il y a des  lois et qu’elles s’appliquent à tout le monde,

    -Oui mais des lois il y en a dans tous les pays, ça ne suffit pas,

    -Non c’est vrai ça ne suffit pas, disons plutôt qu’il n’y a que les lois, c’est-à-dire pas d’autre règles à respecter ou à appliquer,

    -Ah bon d’accord, mais en quoi c’est une chance,

    -C’est principalement dans le statut de l’individu que ça se retrouve. Normalement, on ne peut pas être arrêté, interrogé, emprisonné sans l’application d’une loi, c’est ça l’Etat de droit. On ne peut pas voir débarquer chez soi des gorilles vous emmenant à un interrogatoire musclé dans un lieu privé,

    -Oui mais il y quand même des perquisitions et des gardes à vue,

    -Certes, mais en théorie seulement dans le cadre d’une action de la justice. C’est-à-dire quand il y a un procureur ou un juge derrière des actions qu’ils sont censés contrôler,

    -Mais ceux qu’on arrête pour trouble à l’ordre public, les manifestants par exemple, il n’y a pas de lois,

    -C’est vrai, il subsiste des écarts à la règle, comme les tribunaux d’exception, les forces spéciales et les lois taillées sur mesure contre certains individus, comme les roms ou les maghrébins, mais c’est censé être une exception et donc il y a une règle,

    -Ca veut dire qu’on ne peut pas demander ses papiers à quelqu’un simplement parce qu’on le soupçonne de ne pas être en règle,

    -C’est exactement ça, mais il y a un bémol quand on dit qu’il n’y a que la loi, parce qu’il y a les arrêtés préfectoraux. Ces arrêtés sont des espèces de mesures locales prises en fonction de certaines situations,

    -Ah oui, par exemple l’arrêt du ramassage scolaire en cas d’inondation,

    -Exactement, mais aussi la fermeture de mosquée pour raison administrative, ou l’interdiction de transport d’agneaux au moment de l’Aïd,

    -Dites donc on dirait que beaucoup de mesures sont contre les musulmans,

    -Oui l’Etat de droit ne veut pas dire que tous les citoyens sont égaux loin de là, le respect de la personne applicable chez nous est très blanc-catho ; au-delà il y a des dérives et je ne vous parle pas des non-citoyens,

    -C’est quoi ça des non-citoyens, des rebelles ?

    -Bien au contraire, ce sont seulement ceux qui ne peuvent pas prouver qu’ils sont français, ce qui les conduit directement à l’exclusion.

    -Vous voulez dire l’exclusion ou l’expulsion ?

    -Je dis bien l’exclusion, c’est-à-dire la privation de tous les droits de l’Etat de droit, l’expulsion ne venant que si l’on peut établir une autre nationalité aux non-citoyens,

    -Alors c’est pour ça que vient d’être créé un fichier de tous les Français ?,

    -Non ça reste compliqué de prouver qu’on est français, ce fichier doit plutôt faire craindre une utilisation commerciale,

    -Il n’y a donc pas de fichier de tous les Français ?,

    -Normalement non, mais malgré tout je n’aimerais pas m’appeler Mauricio Garcia-Pereira.  

    Michel Costadau

     

  • Primaire de droite

    Primaire de droite

    Alors voilà que les gens de gauche veulent voter à la primaire de droite. A vrai dire, pas les gens mais des gens, ça veut dire pas tous quand même.  C’est vrai que sur une liste électorale on ne voit pas qui est de droite ou pas, et donc tout le monde a tout à fait la possibilité de voter.

    Ce qui m’embête déjà un peu c’est d’aller voter à une primaire, bah disons que ça permet de désigner au moins une fois son candidat, ensuite ce qui m’embête beaucoup c’est d’aller voter pour un candidat de droite, bah disons que tout le monde l’a fait pour Chirac/Le Pen, et enfin ce qui me révolte c’est qu’évidemment les gens de droite pourront faire pareil à la primaire de gauche, mais alors c’est les gens de droite qui vont choisir le candidat de gauche.

    Oups trois fois oups, que dire de ça, à part que tout le monde est déboussolé et que définitivement droite et gauche ça ne veut plus rien dire.

    Comme j’ai déjà commencé à l’expliquer, c’est très exactement le vote lui-même qui est en question, le but du vote, la finalité du vote, l’importance du vote, l’utilité du vote. Je crois que ça demande une remise à plat majeure. A commencer, non limitativement, par les déviations actuelles du vote c’est-à-dire le cumul des mandats, le vote majoritaire, le renouvellement infini des mêmes, le scrutin présidentiel et j’en passe. Qu’avons-nous le sentiment de faire en votant ? Accomplir un devoir, faire des choix pour notre société, empêcher/favoriser des idées de prendre le pouvoir, se venger des difficultés de l’existence, faire triompher ses convictions. Ou tout simplement faire comme la moyenne des gens, parce que c’est difficile de faire autrement. Quand on ne sait plus pourquoi on fait quelque chose il est urgent d’arrêter, de faire une pose, de reprendre son souffle pour essayer d’y voir un peu plus clair. Je suis certain que le vote peut être un acte signifiant, mais pour le moment ce n’est pas le cas. 

    En fait, contrairement au discours ambiant, nous ne souffrons pas d’un manque de lois pour ci ou pour ça, mais du pantouflage de nos élus qui ne veulent sous aucun prétexte céder la place. Nos lois ne sont ni bonnes ni mauvaises, mais elles sont occultées par des politiques qui ont «occupé» la République. Nous sommes en état de siège, parce que les politiques ont pris le pouvoir et nous ont pris en otages. Pour nous libérer, ils nous obligent à payer la rançon et la rançon c’est le vote. Le bulletin de vote est le péage que nous devons payer pour continuer à être soi-disant libres, alors que c’est exactement le contraire, puisque par le fait de voter nous demeurons enchaînés. Enchaînés car endoctrinés, contrôlés, dominés par un agglomérat politico-financier qui nous maintient sous son joug pour continuer à faire leur business dans un terrain de jeu que nous nous appelons la terre, mais qu’eux appellent le monde des affaires.  

    Michel Costadau