Catégorie : Démocratie

  • Laïcité

    Laïcité

    LE BEOTIEN ET LE PHILOSOPHE

    -Dis donc là une fois c’est quoi la laïcité ?

    -Ah ! vous me posez la question parce qu’en ce moment elle est mise à toute les sauces. C’est ca ?

    -Ben oui le coup du maillot de bain m’a un peu surpris.

    -Restons calme, contrairement à ce que tout le monde pense, la laïcité n’est pas une valeur, comme la tolérance ou la solidarité, mais une politique,

    -Ah ! bon mais la laïcité c’est aussi un comportement.

    -Et non, pas du tout, à l’origine le laïc désigne quelqu’un qui n’est pas un religieux, c’est un statut social, aujourd’hui pratiquement tout le monde est laïc,

    -Vous voulez dire qu’on ne peut pas pratiquer la laïcité ?

    -Tout à fait, il s’agit uniquement d’une démarche de la société pour séparer le domaine religieux du domaine public,

    -Donc, quelqu’un qui dit qu’il est laïc pour dire qu’il n’a pas de religion, ça ne veut rien dire,.

    -Exactement, le mot correct c’est athée, il n’y a que l’Etat qui peut être laïc, ou pas d’ailleurs. C’est pour ça que l’Alsace est en retard sur le sujet car, en 1905, lorsqu’a été votée la loi de séparation religion/société, elle était allemande. Mais il y a encore beaucoup de boulot. La laïcité est un combat permanent, car la sphère religieuse cherche toujours à pénétrer la sphère publique,

    -Oulla comment est-ce possible ?

    -C’est tout simplement une question d’intérêts une fois de plus. Les Eglises sont des institutions très puissantes et très riches. Elles font appel aux croyances et aux rites de la population et utilisent l’ignorance des gens. Par le passé, et même encore maintenant dans beaucoup de pays, elles cherchent à imposer un modèle de société basé sur les pratiques religieuses,

    -Mais, en France, les pratiques religieuses ne sont pas interdites ?

    -Ah non, toutes les pratiques religieuses sont autorisées et peuvent même être effectuées sur le domaine public. Ce qui est illégal c’est que la doctrine religieuse devienne force de loi,

    -Euh ça veut dire quoi ?

    -C’est simple, c’est l’Etat qui fait les lois, pas les Eglises, que ce soit pour le mariage, le divorce ou le concubinage. D’ailleurs les Eglises sont maintenant à la traîne, que ce soit pour le PACS, l’adoption  ou la contraception.

    -Mais quand même, ceux qui ont une religion peuvent avoir leurs propres lois.

    -Absolument pas, il n’y a que les lois de la république, tout le reste est du domaine de la croyance.

    -Mais s’il y en a qui veulent pratiquer une religion, c’est possible,

    -Bien sûr, si quelqu’un veut pratiquer une religion et l’enseigner à ses enfants, il n’y a pas de problème, mais s’il veut que cet enseignement soit dispensé par les services publics ça ne sera pas possible,

    -Ah ! d’accord. La religion c’est uniquement du domaine personnel comme la vie privée.

    -C’est ça. Hélas en pratique on est toujours border line, parce que les politiques ont peur du poids électoral des religions, alors ils jouent sur les mots et ils utilisent eux aussi l’ignorance des gens.

    -Et le maillot de bain alors ?

    -Sur le domaine public, les gens peuvent s’habiller comme ils le veulent, il n’y a aucune atteinte à l’ordre public, ni à la morale d’ailleurs,

    -Alors c’est un faux procès.

    -Eh oui, les politiques font beaucoup d’erreurs en ce moment.

    -Vous pouvez préciser ?

    -Je vous propose d’en parler une autre fois.

    -D’accord, merci et à la prochaine.

     

    Michel Costadau

  • Démocratie

    Démocratie

    LE BEOTIEN ET LE PHILOSOPHE

    -Mais au fait c’est quoi la démocratie ?

    -Hum ça veut dire que c’est le peuple qui gouverne, par opposition à aristocratie ou théocratie.

    -Ah bon mais alors comment le peuple gouverne-t-il ?

    -Hum hum, il y a des élections et le peuple désigne ses délégués, ses représentants dans des assemblées chargées de faire les lois et de les appliquer.

    -Ok, donc les représentants du peuple ont des mandats, des consignes et des directives sur les lois qu’ils doivent élaborer.

    -Euh en fait non, les délégués ont des opinions, assez floues à vrai dire, mais surtout ils appartiennent à un parti qui, à défaut de programme, a une image.

    -D’accord et donc les partis sont très proches des citoyens.

    -Non, non, les partis sont, seulement, au service de quelques chefs de file. En fait, les élus ne tiennent pas compte des lignes de leur parti et sont assez peu présents dans les assemblées, principalement parce qu’il ne s’y passe pas grand-chose, puisque tout est discuté en petites commissions.

    -Ah bon, mais alors ces commissions sont en contact direct avec le peuple.

    -En fait, non pas du tout, ces commissions font seulement ce que demande le gouvernement mais n’ont aucun contact avec le peuple.

    -Et donc le gouvernement, lui, quand même, est en contact avec le peuple.

    -Non une fois de plus, pas du tout, le gouvernement est censé être responsable devant les assemblées, mais par le jeu des partis et des majorités, il fait voter uniquement ce qui lui convient.

    -Oula Oula mais le gouvernement prend bien les avis et les opinions du peuple quand même,.

    – Hélas pas du tout, le gouvernement prend seulement l’avis des grands décideurs qui sont les banques, les entreprises et les possédants.

    – Attendez, là je ne m’y retrouve pas, on dirait que ce que vous appelez la démocratie n’est en fait pas du tout le gouvernement du peuple.

    -Euh oui, c’est exact, ce que nous appelons la démocratie c’est le gouvernement des entreprises et des financiers.

    -Mais alors comment le peuple réagit à ça, en particulier quand quelque chose ne lui plaît pas ?

    -Hum le peuple fait des manifestations qui ne gênent que lui-même et qui ne servent à rien. Comme c’est un comportement assez masochiste, en fait plus personne ne manifeste à part les militants de quelques partis moyen-âgeux et certains bourgeois très jeunes. Depuis longtemps, le peuple a baissé les bras et accepté de ne pas faire les lois.

    -Mais il y a les élections quand même.

    -Bien sûr les élections sont très médiatisées et paraissent libres, mais pour être élu il faut appartenir à un parti et être soutenu par les médias. Seulement, les partis ne sont pas au service du peuple mais du gouvernement qui je vous l’ai dit est au service des riches.

    -Mais alors à quoi servent les élections ?

    -A rien, elles sont maintenues parce que c’est ça qui permet de faire croire qu’il y a démocratie.

    -Mais, dites-moi, dans ces conditions le peuple se fait avoir en votant. Il ferait mieux de ne pas voter.

    -Oui tout à fait, cette prise de conscience est assez récente, mais elle se développe.

    -Oups alors comment revenir à la démocratie ?

    -Je vous propose d’en parler une autre fois.

    -D’accord, merci et à la prochaine.

     

    Michel Costadau

  • Asservissement des femmes

    Asservissement des femmes

    Mais quelle vilaine mouche a piqué Valls pour parler d’asservissement des femmes à propos de ces maillots de bains 1930. Je comprends bien qu’il ne pouvait pas parler de laïcité comme l’ont fait tout un tas de demeurés avant lui, parce que personne ne voit très clairement le rapport entre un maillot de bain et la laïcité, mais de là à parler d’asservissement c’est encore plus difficile à comprendre.

    Alors je suppose qu’il veut parler du corps des femmes. Ce corps des femmes serait alors transformé en objet et serait soumis à la volonté des hommes, des mâles je veux dire.

    Parce que pour ce qui est de la place des femmes dans la société actuelle, on peut dire que c’est extrêmement respectueux et sans aucun asservissement. On ne voit jamais de femmes peu habillées comme publicité et encore moins de femmes nues même au cinéma. Les concours de miss beautés n’ont strictement aucun succès. Les films pornographiques n’existent pas, heureusement. Il ne circule aucune blague sur les blondes et les brunes. Aucune femme n’est l’objet de viol, de violence ou de mépris. Toutes les femmes ont le même salaire que les hommes et quand une femme occupe un poste important, tout le monde considère que c’est plutôt une chance. Les assemblées institutionnelles sont composées d’un nombre égal de femmes et d’hommes, voire même supérieur. Incontestablement, notre société est franchement bâtie sur une haute considération des femmes.

    Alors, je suppose encore, que pour Valls il est important de défendre notre modèle de haute considération pour les femmes, de façon à montrer au monde que si chez d’autres les femmes sont méprisées, chez nous au contraire elles sont très prisées. Extrêmement prisées. A tel point que l’emblème de notre République est une femme, ce qui veut bien dire que toutes les femmes sont respectées, honorées, encensées, choyées et  même plus encore.

    Cependant, en théorie, Valls, même s’il a peu de moyens intellectuels, est responsable des écarts, des dysfonctionnements, des poches de ségrégation qui pourraient subsister dans notre société, en particulier à l’égard des femmes. Je dis bien subsister car après 200 ans de démocratie, notre société est maintenant presque parfaite. 200 ans de démocratie nous ont permis d’accéder à la société achevée, en tous cas en termes de place de la femme. 200 ans ça peut paraitre long, mais incontestablement c’est le temps nécessaire pour que les femmes obtiennent la place qui leur revient.

    C’est-à-dire la première, je veux dire celle de la première page des magazines, celle qui permet qu’on leur interdise l’accès aux plages, c’est-à-dire au domaine public et demain Valls ne voudra même plus les voir du tout ou alors voilées avec la robe bleue de la vierge marie ou la mantille des veuves andalouses. Valls tais-toi, tu nous fais honte.

    Michel Costadau

  • Clinton will not be president

    Clinton will not be president

    Peut être croyez-vous ou même souhaitez-vous que Clinton soit élue. Je suppose aussi que vous n’aimez pas Trump. Qui pourrait l’aimer évidemment ! De plus, elle est au plus haut dans les sondages, cependant vous savez ce que je pense des sondages. Mais hélas entre un souhait et sa réalisation il y a un mauvais drôle qui s’appelle la réalité.

    Bon restons calme, on va échapper au choléra ouf, voir le billet du 26 juin 16, parce que ce n’est pas Clinton qui sera élue. Ca veut dire qu’on aura la peste pas ouf. Mais tout bien pesé, c’est nettement préférable. On explique.

    Je sais très bien que Trump est un milliardaire, enrichi dans l’immobilier, ce qui est tout sauf clean et qu’il véhicule ce que nous détestons : il est arrogant, puant et prétentieux. C’est clair. Cependant Clinton ne sera pas élue, essentiellement parce qu’elle n’est pas dans le coup. Ce qu’elle raconte, inspire et projette, ne concerne pas la vie des gens. Elle n’est que le pur produit de  l’establishment, des actionnaires et des banques. Un produit froid, stérile et toxique. Genre commission européenne.

    Son adversaire, présenté à juste titre comme un excentrique, un pitre, un amuseur, a surtout compris qu’on ne convainc pas les gens par des discours. Ca c’est bon pour les plaidoiries des tribunaux. Non aujourd’hui on convainc les gens avec des petites phrases, des boutades, des blagues, des erreurs. Pourquoi, parce que ça a tendance à montrer quelqu’un de réel, de vivant et non un technocrate, un pantin aux mains des lobbies. Et quelqu’un de vivant, c’est exactement ce que tout américain souhaiterait être. Et à vrai dire, c’est pareil chez nous.

    Alors Trump tape et retape sur Clinton, c’est carrément une posture. Et réciproquement, vous allez me dire. Ben justement non il n’y a pas de réciproque parce que taper sur un clown ne fait qu’augmenter le plaisir du public.

    Acthung,  je ne demande pas aux Américains de voter Trump. Mon propos n’est pas de choisir entre la peste et le choléra et clairement, vous le savez, la seule attitude correcte est de ne pas voter, de ne pas cautionner un système binaire qui a piraté la démocratie et qui nous prend pour des pions. Il s’agit seulement de comprendre que Clinton est une affairiste, une ambitieuse pour laquelle la population ne représente que des numéros qui ne servent qu’au moment de mettre un bulletin dans l’urne. Vous allez me dire qu’on dirait que je n’aime pas beaucoup Clinton.

    Oui, c’est vrai, mais quand même pourquoi Trump est-il préférable ? C’est simple, comme tout bon milliardaire, son propre intérêt est bien supérieur à celui de son pays. De voir tout l’argent que coûte l’impérialisme américain, il en est vert et voudra détourner ce flux vers ses propres affaires et du coup celles des Américains. Il a, aussi, un côté antitechnocrate dans le sens ou il déteste les gens dont le métier est de dépenser l’argent des autres. Et moi je me dis que ça c’est plutôt bon pour nous, je veux dire pour le reste du monde, qui en a un peu soupé de la pax americana.

    Michel Costadau

  • Dépendance

    Dépendance

    Vous savez bien que pour vendre des produits il faut  un marché. Le business l’a compris depuis longtemps et a même renversé la proposition en n’hésitant pas à créer ou à inventer des marchés afin de pouvoir vendre. Dans la plus part des cas, le choix est accompagné d’en haut car c’est en général l’Etat qui paye les premiers investissements et promeut les lois laxistes qui permettent aux industriels de se lancer sans risque. Par exemple, la téléphonie mobile, la pollution ou l’informatique sont encore fortement « soutenus » par l’Etat, de même que l’ont été en leurs temps la voiture, l’électroménager ou le bâtiment.

    Je veux vous parler d’un nouveau marché en cours de lancement comme celui de la voiture électrique, c’est la dépendance. En gros c’est le marché de l’aide aux personnes âgées. C’est effectivement un excellent marché, puisque le nombre de personnes en vie ne pouvant se débrouiller seules est en forte croissance. Cette expansion est cependant à double tranchant, car d’un côté ça fait vraiment désordre de trouver des personnes mortes chez elles sans que personne ne s’en soit aperçu, mais d’un autre coté le pouvoir d’achat du troisième âge est un peu trop faible pour que les industriels puissent se ruer sur ce marché et franchement s’enrichir.

    Alors l’Etat met la main à la poche pour une « aide à la dépendance » et c’est là que ça coince parce que l’effort est dérisoire, c’est-à-dire quelques centaines de millions d’euros, là où il en faudrait des milliards. En fait, pour que les personnes dépendantes puissent continuer à vivre non pas agréablement mais seulement dignement et dans un environnement familier, il faut beaucoup de moyens car rien n’a été prévu pour ça. Voilà encore une illustration de l’incurie des politiques. Face à une évolution de société, les politiques repoussent toujours sa prise en compte et la mise en place de solutions en finissant par créer un vrai problème, mais ce sont les générations futures qui auront à l’assumer. Ils l’ont fait avec les retraites, la sécu, le chômage, la sécurité routière, enfin presque tous les contours de la société. Et pourquoi font-ils cela, c’est parce que le bien vivre en société ou la dépendance ne sont absolument dans leurs préoccupations. En fait, ils n’ont qu’un seul sujet de préoccupation c’est leur réélection et celles de leurs réseaux. Et c’est vrai qu’il est difficile d’être courageux en politique bien que ce soit exactement ce que l’on attendrait d’eux.

    Ceux qui diraient on diminue par deux les dépenses militaires pour entourer les personnes âgées de services efficaces, prendraient le risque que les médias et les lobbies entonnent le refrain de la grandeur de la France, des intérêts de la France, du rayonnement de la France. Pauvre France, jouet de 60 millions de citoyens aux mains de poltrons, de bonimenteurs et de menteurs tout court. Ces gens-là ne méritent même pas un regard et pourtant il y en a encore beaucoup qui pensent voter. Trop.

    Michel Costadau

  • Hymne

    Hymne

    J’ai cru qu’on était enfin sorti d’une bien mauvaise période. Je veux parler de cette débauche de drapeaux et d’hymnes que nous avons subie pendant plusieurs mois. Bleu blanc rouge et Marseillaise, autant de manifestations que je ressens comme des agressions violentes.

    La Marseillaise me fait froid dans le dos, d’abord par ses paroles insupportables, mais aussi par toutes les idées qu’elle réveille, guerres, politiciens, commémorations, sport, anciens combattants, rien que du sordide et de l’appel au meurtre. Mes poils se hérissent rien qu’à son évocation et quand une foule se met à la chanter, ça me donne franchement la nausée.

    Quant au bleu blanc rouge, c’est pour moi un signal grinçant qu’envoie celui qui le porte ou le plante. Et ce signal c’est « je vous hais ». C’est identitaire, avec mépris de l’autre, et manifestation d’antisolidarité. Oui celui qui met au vent ce drapeau veut indiquer qu’il « em….bête » tout le monde, comme une revanche de malheureux. Car il sait que c’est une agression et que ça transforme sa façade en caserne ou en bâtiment public. Les Anglais ont le même comportement avec la royauté qui exhibe sous leurs yeux la turpitude des nantis, mais ça les réjouit car ils savent que c’est une atteinte permanente à la fraternité, et ça leur tient lieu de compensation d’une vie étriquée et maussade, maigre certes, mais compensation.

    Il y a aussi des phrases pour lesquelles il faudrait punir comme fauteurs de trouble ceux qui les utilisent, oh pas l’amateur de la brève de comptoir, non, mais le politique qui sait le mal qu’il fait. Des mots comme « l’amour de la patrie » ou « la fierté d’appartenir à la communauté nationale » ou « les valeurs de la nation » sont indignes, et répandent la peste quand ils sont énoncés. Non seulement la patrie n’existe pas, car notre pays n’est que le résultat de l’appropriation du domaine royal par une caste bourgeoise capitalistique pendant presque 200 ans, puis financière depuis plus de 50 ans, mais donner à penser qu’elle puisse susciter de l’amour relève de la pire propagande nazie. Hélas les politiques n’ont pas peur de ça au contraire, les enchères dans le patriotique xénophobe atteignent des sommets, mais l’actualité nous rappelle que l’on ne combat pas le terrorisme ni même la délinquance en prêchant la haine.

    Ca a commencé avec les attentats de fin d’année, puis le deuil national, puis les manifestations à répétition, puis la coupe de foot, et puis encore la fête nat. Et maintenant ils ont déguisé la tour Eiffel en drapeau. Il est facile de comprendre que tous ces événements sont de la même lignée, ressortissent du même esprit de triste résignation et de désinformation politique.

    Que l’on sorte le même drapeau et la même musique pour la guerre et pour le foot est un symbole qui ne devrait pas nous laisser tranquilles. C’est changer la population en une bande de grossiers ivrognes pusillanimes que de lui faire chanter La Marseillaise dans le stade ou dans la rue. Et à plus forte raison de s’en réjouir. L’identité nationale est une illusion derrière laquelle on cache l’inexistence individuelle des citoyens. Il ne peut y avoir de nation, c’est-à-dire de groupe que si chaque individu existe, a des idées, se bat et est solidaire des autres. Le seul rempart contre le terrorisme, c’est la solidarité. Seulement ça, la caste politique ne le permet pas.

    Michel Costadau

  • Sivens suite

    Sivens suite

    Je suis obligé de revenir sur Sivens parce que ceux que la justice vient de désavouer publiquement, en particulier le CG81, essaient de ne pas se sentir visés par ces jugements accablants.

    Par exemple, pour Carcenac, le jugement n’a pas été rendu sur le fond mais sur la dimension du barrage. C’est ridicule et honteux. Le fond pour lui c’est la hauteur de la digue et l’inondation de la vallée. Et ça la justice n’en a pas parlé. L’argument paraît recevable et pourtant il ressort de la plus évidente mauvaise foi. En effet, la justice ne se prononce que sur la conformité d’un projet avec la loi et jamais sur l’objet, le nombre de mètres cubes de la retenue dans notre cas.

    La justice ne peut évidemment pas se mêler de dire quels sont les besoins en eau des agriculteurs ou quelle est la longueur d’une autoroute.

    Dans le cas de Sivens, la justice a indiqué que la mise en œuvre du projet de barrage n’a pas respecté les lois françaises et européennes. On a déjà dit, en d’autres textes, que les porteurs du projet savaient pertinemment qu’ils ne respectaient pas la loi et essayaient de passer en force. Cette mauvaise foi explique leur attitude actuelle de déni de la justice. Bien sur le jugement aurait été le même s’ils avaient été de bonne foi. La justice est là pour ça.

    Mais cela est une belle illustration qu’actuellement les politiques se croient au dessus des lois. De plus, Sivens fait ressortir la collusion qu’il y a entre les collectivités territoriales et les Sociétés d’Economie Mixtes, les syndicats intercommunaux ou les EPCI. On découvre soudain que ce sont les mêmes personne qui siègent des deux côtés de la table : côté donneur d’ordre pour attribuer de l’argent et côté réalisation pour le dépenser. Cette situation ouvre la porte à toutes les magouilles possibles et imaginables que l’on pourrait décrire comme de la corruption passive. C’est comme si vous choisissiez un architecte pour construire votre maison et que vous découvriez qu’il est aussi le chef d’entreprise de la société qu’il a retenue pour la construction. Vous diriez, à juste titre, c’est pas du jeu. Eh bien les politiques font ça ouvertement depuis longtemps.

    La question devient alors : comment se protéger des politiques ? Hélas il n’y a pas de solution parce que beaucoup de gens croient encore que les politiques sont le symbole de la démocratie. Vous savez, dans les entreprises, pour éviter que les employés occupent de plus en plus de place, c’est-à-dire de m², on fait des déménagements tous les 6 mois. Comme ça tous les documents, objets, décorations diverses, accumulés par l’employé sont jetés, car effectivement inutiles. L’accumulation est une tendance humaine naturelle et c’est ce que font les politiques. Ca fait maintenant trop longtemps qu’ils ont dépassé, contourné, déformé l’esprit de la démocratie. Un déménagement s’impose.

    Michel Costadau

  • English vote suite

    English vote suite

    A chaud le 23 juin : C’est vrai je n’osais l’espérer, mais le vote anglais est quand même sympathique. Ma première réaction  c’est que c’est d’abord un vote anti-immigrés et donc un vote dans une ligne de bastion européen d’extrême droite. C’est aussi un vote anti franco-allemand marchands de résignation. Pour le reste c’est quand même aussi une affirmation de la primauté de la finance.

    Il y a sûrement plein d’explications au vote des Anglais mais quelques unes ne sont jamais citées. Par exemple l’essai d’indépendance séparatiste des Ecossais a pu piquer au vif les Anglais qui se sont dit si c’est ça c’est nous qui allons manifester notre indépendance. Ou une peur viscérale d’un éventuel fédéralisme comme structure européenne. Ou une réaction épidermique à la manœuvre bassement politique de Cameron comme les Français avec Chirac et sa dissolution du parlement.

    A vrai dire, la situation actuelle d’échec européen, n’est pas une surprise car elle se situe clairement dans la suite d’une série de coups de canifs donnés par les politiques :

    – essai de mise à l’écart de la Grèce : heureusement que Siryza a organisé un référendum pour rester sinon ils étaient virés,

    – référendums français et néerlandais annulés par les politiques : de quel droit ?,

    – élargissement aux pays de l’Est sans dénominateur commun politique : le plombier polonais a marqué les esprits,

    – tendances indépendantistes écossaise, catalane et autres, la commission a menacé la catalogne de sortir du marché commun si indépendance : de quel droit ?,

    – médiatisation de l’arrivée d’immigrés : là on va du sordide à l’humanitaire mais ça reste choquant et clivant,

    – discours nationalistes anti UE dans presque tous les pays,

    – commission se permettant de rappeler la Pologne à l’ordre : de quel droit  ?

    – Merkel négociant seule avec la Turquie,

    Tous ces petits jalons ont introduit de la défiance et conduit comme les cailloux du petit poucet à la poussée de l’égo anglais qui a éclaté fin juin. De plus, on voit que ce vote révèle bien les sources de l’insatisfaction des populations par l’agrégation à un trop haut niveau de l’avis des électeurs. Les gallois, l’Ulster, les écossais et Londres ont voté in, alors que l’Angleterre a voté out et l’a emporté par le nombre. Du coup les Ecossais se retrouvent dans la position de se séparer du RU et de revenir dans le marché commun. Les Londoniens veulent refaire voter. Personne n’est content. Un des enseignements du vote c’est qu’il aurait fallu que Galles, Ulster, Ecosse et Londres restent dans le marché commun et que les Anglais sortent. Clairement l’Europe est une superstructure qui marche sur les populations.

    Du coup le constat qui se fait jour c’est non pas qu’il faut renforcer l’intégration européenne, mais au contraire qu’il faut morceler l’Europe pour donner du pouvoir à des structures plus petites dans lesquelles les individus se sentent moins loin des élus et du pouvoir. Ensuite, la mise en musique de ces petites entités pour se mettre d’accord sur des projets communs est du niveau de la mise en réseau. Et là le business des entreprises du net a déjà montré qu’ils savaient très bien le faire, alors pourquoi pas nous.

    Michel Costadau

  • Peste ou cholera

    Peste ou cholera

    C’est vrai qu’en ce moment les occasions de promouvoir le non-vote nous tombent dans les bras sans qu’on n’ait rien demandé. Je veux parler du casting de rêve des élections US.

    Rappelons d’abord le principe des primaires. Ce premier tour a pour but d’éliminer les petits candidats et de faire croire à un débat démocratique entre deux tendances opposées. Cependant, comme je l’ai déjà démontré, ces deux tendances n’en sont, en fait, qu’une seule ; car, comme vous avez le pu constater, que s’est il passé de différent sous Bush et sous Obama, sous Reagan et sous Clinton1 : rien. Les US dominent la planète en faisant la guerre à tout le monde et en imposant leurs lois de commerce international, tout le commerce rien que le commerce. Tout au plus peut-on dire que les républicains sont plus religieux et nationalistes et que les démocrates sont plus business et lobbies mais au résultat les US sont religieux, nationalistes, business et lobbies. Ce pseudo-bipartisme est donc purement et simplement un hold-up de la démocratie. La machine électorale américaine est une immense organisation qui écrase toute velléité d’expression autre que ce qui se décide à Washington. Pas besoin d’en rajouter pour dire que c’est maintenant aussi comme ça chez nous et on en reparlera.

    Bien sûr, pour alimenter le débat, les deux candidats font semblant d’avoir des convictions, des convictions différentes de l’autre évidemment. Mais, hélas, toutes leurs opinions sont creuses et ne concernent que le passé. Halte aux migrants, halte aux chinois, libre entreprise, défense de l’avortement, défense de l’emploi, libre entreprise. Comme vous le voyez, le maitre-mot c’est libre entreprise, qui n’est qu’une autre manière de dire guerre économique. Et dans cette guerre il n’y a pas d’idées mais de sordides combats et des tonnes de victimes. D’ailleurs s’ils se mettaient à avoir des idées ce serait catastrophique, car dans la tête ils n’ont que des slogans publicitaires. Aucun d’eux ne parle d’humain, d’éducation, de solidarité ou de justice. Les prisons US sont pleines et la maffia blanche règne en maître.

    Alors s’ils n’ont pas d’idées qu’est ce que valent les candidats : Trump c’est un peu le Le Pen de chez nous. D’ailleurs si la primaire de la droite comportait Le Pen, c’est elle qui serait désignée. Quand à Clinton2 c’est un peu le Hollande de chez nous. D’ailleurs, s’il participait à des primaire à gauche chez nous, rien ne dit qu’il serait désigné. Bref d’un côté la peste et de l’autre le choléra.

    La peste parce que c’est vrai que Trump est puant de haine, de mépris et d’incitation des citoyens à la violence, ce qui va faire beaucoup de morts inutiles. Il faut vraiment être demeuré pour s’intéresser à lui. Quand à la pauvre Clinton2, elle n’en peut plus de promesses rassies, de discours mielleux qui ne cachent rien de son arrivisme et de sa dépendance de la finance. Elle a depuis longtemps prouvé qu’elle avait attrapé le virus du mensonge et du copinage. Elle, c’est le choléra.

    Cela dit, je le répète : quel que soit le malheureux élu, car hélas les gens voteront, ça ne fera pas une grosse différence. Si Trump est élu, on aura de nouveaux accords de commerce internationaux et les prisons continueront à se remplir, Si Clinton2 est élue on aura encore plus de copinage avec Israël et les prisons continueront à se remplir.

    Alors si vraiment vous continuez à penser qu’il faut voter, il ne vous reste que le vote blanc ce qui n’est pas particulièrement courageux. Mais il y a d’autres solutions, vous le savez.

    Michel Costadau

  • G7

    G7

    Cette photo du G7 ex G8, qu’en d’autres textes nous avons clairement désigné comme le gouvernement mondial, mérite un nouveau détour. D’abord ils sont neuf et ensuite la composition est surprenante.

    • Continent nord américain 2 délégués : US et Canada,
    • Continent sud américain 0 délégué,
    • Continent asiatique 1 délégué : Japon,
    • Continent australien 0 délégué,
    • Continent européen 6 délégués : RU, Allemagne, France, Italie, Commission européenne et Conseil de l’Europe.

    Heureusement que les votes ne se font pas à la majorité parce que sinon l’Europe, à condition qu’ils soient d’accord entre eux, aurait toujours raison à 6 contre 3.

    Alors je me suis demandé : mais d’où ça sort cette composition du G7 ? D’abord je me suis dit que puisque c’était le groupe des pays les plus riches, ça devait avoir un rapport avec le PIB. Pas de bol parce qu’alors il faudrait, au moins, remplacer le Canada et l’Italie par la Chine et l’Inde, et éliminer la Commission et le Conseil européen. Alors c’est peut-être le PIB par habitant, oups là ça devient catastrophique parce que les trois premiers sont le Luxembourg, la Norvège et le Qatar, et il faut attendre le dixième rang pout trouver un membre du G7 à savoir les US. Donc ce ne sont pas franchement les pays les plus riches.

    Alors force est de constater que c’est, comme d’habitude, un arrangement entre amis, un club qui s’est auto-constitué. Il s’est lui même baptisé groupe de réflexion, et a entrepris de consolider son emprise sur le monde. A y regarder de plus près, on voit que cette configuration est propice à l’échange, échange économique je veux dire. Si ça se trouve c’est dans ce club que sont nées les idées de l’OMC, du CETA, du TTIP, du TAFTA.

    Maintenant la réflexion : que des élus se retrouvent entre eux, en tant qu’élus, ne pose aucun problème à partir du moment où ils indiquent clairement que ce sont leurs électeurs qui sont conviés à la réunion et non pas eux en tant que personne. Qu’ils sont les représentants de la population dont ils prennent les avis et à laquelle ils rendent comptent scrupuleusement. C’est par exemple un peu le cas à l’ONU, avec un représentant par pays qui prend en compte les avis de la représentation nationale et pas seulement du délégué.

    Seulement, qui d’entre nous a le moindre sentiment de siéger au G7, d’être représenté au G7, personne. Est-ce que vous avez demandé à aller au G7, moi je ne m’en souviens pas.

    Ce club n’a donc en fait aucune légitimité, c’est vrai que j’aime bien cette notion, et la présence de la France est franchement antidémocratique.

    Le mauvais exemple venant d’en haut, beaucoup d’élus se croient autorisés à donner leur propre point de vue, comme si c’était celui de ceux qu’ils représentent. Combien de fois faudra-t-il répéter que les élus ne sont pas là pour remplacer la population et les électeurs, mais seulement, uniquement, définitivement, pour les représenter, les défendre, les comprendre et leur rendre compte. Mais alors ce n’est pas croyable le boulot qu’il y a pour revenir aux bases de la démocratie. Va falloir s’y mettre sérieusement. Et si on commençait en 2017 ?

    Michel Costadau