Catégorie : Démocratie

  • 1%

    1%

    Il y a des gens dont le seul objectif est de gagner le plus d’argent possible. C’est aberrant mais c’est la réalité et, comme toujours, il est indispensable de la prendre en compte. Or donc, ces gens-là, depuis qu’ils sévissent, ont compris que 1 % de 10 est beaucoup plus petit que 1 % de 1000 et pourtant ce n’est toujours que 1 %. Ils ont donc inventé la course à la taille de façon à maximiser leurs profits. Cependant nous commençons à atteindre le stade ultime de cette course, puisque quand on a pris 1 % à toute la planète, on ne peut guère aller plus loin. Mais ne vous affolez pas ils utilisent déjà d’autres moyens pour gagner le plus d’argent possible, puisque personne ne cherche à les en empêcher ou, pour être plus explicite, que les politiques se sont mis à leur service.

    Mais voilà que ce principe du 1 % ça a aussi donné des idées à ceux qui cherchent le pouvoir. Petit à petit les politiques ont compris qu’on pouvait inverser le principe des 1 %. C’est-à-dire faire que le 1 % soit de plus en plus petit.

    En effet, quand il y a 10 électeurs, chacun a un dixième de pouvoir électoral. Et en plus il peut contacter l’élu sans problème, puisqu’ils ne sont que dix. Mais quand il y a 10 millions d’ électeurs chacun n’a plus que un dix millionième de pouvoir électoral, tout en étant la même personne. Et bien sûr il est impossible de contacter l’élu puisqu’on ne sait d’ailleurs même pas où il habite. A partir de ce moment-là on peut dire que l’électeur ne compte plus, qu’il n’a plus aucun pouvoir.

    Or, avoir des électeurs qui ne comptent pas c’est le graal des politiques. En effet il est particulièrement pénible d’avoir à rendre des comptes à ceux qui vous ont élus. C’est devenu grotesque et insupportable. Vous vous rendez compte, des gens qui viennent vous dire que vous aviez promis ci ou ça. Qu’il y a tel problème et qu’il faudrait le résoudre. Vous avez beau leur dire que c’était un moment d’inattention, qu’il ne faut attacher aucune importance à ces propos et qu’en fait vous n’avez rien promis du tout, ça fait tache. Circulez y a rien à voir, ouf, mais que c’est pénible.

    On a donc habitué les électeurs à comprendre que l’important n’est pas leur opinion, mais le fait que les politiques soient élus. Il est capital que les électeurs comprennent qu’ils sont là uniquement pour « donner leur voix » aux politiques, sans contrepartie. Donner c’est donner, on ne peut pas reprendre, ce serait de la triche. Pour solidifier le système, ils ont aussi réussi à ce que tous les candidats appartiennent à la même classe politique. Du coup, peu importe qui est élu puisqu’ils ont tous la même religion. Et bien sur peu importe qui vote pour eux puisqu’ils sont élus et qu’ils ne connaissent aucun de leurs électeurs.

    Alors vous commencez à comprendre pourquoi on a doublé la taille des cantons, défini des régions, construit des super régions, édifié l’Europe et demain le continent. C’est pour faire des élus inaccessibles, immanents sans aucun lien avec la population. Et ça marche très bien. Euh, sauf pour la démocratie je veux dire.

    Michel Costadau

  • Bien commun

    Bien commun

    Lu sur Acteurs Publics, le site des élus et des technocrates : « Ce que l’on attend d’un décideur public, c’est qu’il agisse en toutes circonstances au service du bien commun ». Ah ! que c’est beau, que c’est beau, que c’est beau. J’en reste pantois. Voila que les politiques se mettent au service du bien commun. On se pince pour être sûr qu’on ne rêve pas, mais non on a bien lu. Les politiques vont penser en toutes circonstances à l’intérêt général, au bien de tous. Bien sur c’est une formule et donc il ne faut peut-être pas la prendre au mot, mais quand même, bien commun ça doit vouloir dire quelque chose comme « ce dont tout le monde peut profiter ». Les élus et les technocrates ont, maintenant, comme souci que leur action procure des résultats dont tout le monde peut profiter.

    Parce que, pour être réaliste, des agissements des politiques qui profitent à tout le monde, c’est vrai que ça fait bien longtemps que l’on n’a rien vu venir. Mais attention, c’est nouveau, à partir de maintenant, l’action publique va en toutes circonstances servir au bien commun. Par exemple, des trucs comme le droit à la retraite à 60 ans, y en a qui l’ont déjà, eh bien à partir de maintenant tout le monde va en profiter. Ou le salaire minimum, bien sûr y en a qui ont déjà plus, eh bien à partir de maintenant tout le monde aura au moins ça. Ou encore, la gratuité des soins, y en a qui l’ont, ça c’est vrai, eh bien à partir de maintenant tout le monde va l’avoir. Ah oui, j’allais l’oublier, le travail, l’emploi, y en a qui en ont mais d’autres pas, eh bien à partir de maintenant tout le monde va avoir un boulot.

    Je me demande si ce n’est pas trop beau pour être vrai. J’essaie vraiment d’y croire mais il doit y avoir un truc.

    Oui, évidemment, la phrase dit « ce qu’on attend… », ça veut dire que pour le moment ce n’est pas le cas. Eh oui la phrase veut dire que c’est ce qu’on aimerait, parce que ce n’est pas le cas. En fait c’est un vœu pieux. C’est même plutôt un mensonge, puisque clairement aucun décideur public n’agit dans le sens du bien commun, aucun politique n’agit dans l’intérêt général. Tous ils agissent uniquement dans leur intérêt et dans celui de leurs amis, que dans d’autres billets on désignait comme leur écurie. En fait, il y en a qui essayent d’agir pour le bien commun, mais manque de chance ils n’ont aucun pouvoir et pas d’amis.

    C’est vrai que des belles phrases comme ça, les discours et même les écrits en sont pleins, ça fait partie de la farce électorale. Le discours puissant de la COP21 se tient en parallèle avec la relance de NDDL. Le discours sur le droit au travail se tient en même temps que les lois sur le salarié jetable.

    Vous le saviez déjà qu’il ne faut pas croire ce que racontent les politiques, mais seulement regarder ce qu’ils font. Et, en fait, ils ne font pas que des discours, ils agissent continument, froidement pour asservir la population au bon vouloir de la finance. Et là on a peur, parce qu’il n’y aucune limite à leur pouvoir, le parlement est croupion, il n’y aucune opposition, les syndicats coopèrent activement, la rue est méprisée et les intellectuels sont muets. Quand on y réfléchit, ça donne le vertige la manière dont les politiques ont détourné les composantes démocratiques de nos sociétés. Que faire n’est pas évident, mais continuer à voter est suicidaire. Mais il y a quand même une idée : ce serait d’échanger la reprise du vote contre une simple mais symbolique réforme politique comme la proportionnelle ou le mandat unique. On va en reparler.

    Michel Costadau

  • SEGPA

    SEGPA

    Il est de notoriété publique que les prisons françaises sont un vivier de la délinquance, par le simple mécanisme du rassemblement sous un même toit de présumés fautifs. Il en est de même des cités, où sont parqués les exclus du système qui se font un plaisir de trouver un peu de distraction dans la fraude. C’est aussi hélas exactement la même chose dans les résidences pour les plus fortunés qui élaborent dans leur entre-soi les arnaques de la finance et des lois.

    Mais alors, que dire des SEGPA qui sont les poubelles de l’Education autrefois nationale dans lesquelles on jette les élèves « en difficulté », qui n’en peuvent plus d’échecs dans toutes les matières. Dire que c’est catastrophique est un euphémisme, car c’est purement et simplement du massacre de jeunes.

    La pratique correcte, simple et évidente, connue depuis longtemps, est celle du mélange qui permet la découverte, l’entraide et la solidarité. Bien sur une classe ne sera jamais à l’abri de clivages et de disputes internes. Cependant le mélange ne crée pas des exclus d’office mais des groupes à géométrie variable. Mais, clairement, pour que ça fonctionne, il faut notablement plus d’enseignants et de personnels qu’actuellement, d’une part pour éviter les classes à 40 élèves qui sont plus proches de l’amphi de fac que du primaire ou du collège, mais aussi pour multiplier les groupes, les sous-groupes et les matières. Pour ce qui concerne les prisons, on verra une autre fois comment faire pour éviter la promiscuité, restons sur l’école.

    Et donc, faute de moyens et surtout de volonté, l’Education autre fois nationale, n’est, en fait, qu’une machine à exclure, un peu comme la colonne de distillation des raffineries. A chaque étage sortent des sous produits. Vu le parcours officiel en douze étapes et vu qu’à la fin il en reste 10 %, ça fait environ 8 % à chaque niveau : 8 % d’exclus en CP, 8 % d’exclus en CE1, 8 % d’exclus en CE2 etc.… Sur une classe de 25 enfants, ça en fait deux chaque année. 2 sont sortis en CP, 4 sont sortis en CE1, 6 sont sortis en CE2 etc.….

    Evidemment on garde les exclus dans la classe le plus longtemps possible, et du coup les sorties ont lieu plutôt tous les trois/quatre ans, mais le principe reste le même. Et, contrairement à la colonne des pétroliers, aucun des sous-produits de l’école n’a d’utilisation prévue. C’est juste de l’échec pur et dur.

    Qui plus est, les 10 % qui font le parcours complet pour finir diplômés, et seront donc très favorisés dans la société, auraient pu s’éviter de passer 12 ans dans les écoles, soit à cause de l’aide de leur famille, soit à cause de leurs propres dons. Même s’il y a quelques exceptions pour confirmer la règle, l’Education autrefois nationale ne sert donc strictement à rien sur le plan éducatif. C’est seulement une vaste garderie et l’on comprend du coup pourquoi les politiques veulent que cette garderie coûte le moins cher possible. Une caste politique qui ne sait pas quoi faire de ses enfants est indigne et doit être changée le plus rapidement possible. De même que les familles servent essentiellement à produire la génération suivante, la société doit être entièrement tournée vers l’éducation des enfants et des jeunes. Est-ce que je me trompe en disant que ce n’est pas le cas ?

    Michel Costadau

  • Parti Unique suite

    Parti Unique suite

    Suite : les dictatures, on sait ce que c’est et même on en connaît pas mal. La référence est certainement Pinochet, qui a fait un émule avec Sissi. Mais il y en a bien d’autres. Alors une dictature, vous le savez, ce n’est pas pour tout le monde dans le régime. La dictature a en général un ennemi interne qui, par hasard, est chargé de tous les maux et dont beaucoup de supposés partisans sont en prison voire soumis à des tortures. Ceci bien sur avec l’assentiment ou le silence complice d’une partie de la population. Ce qui veut dire qu’il y en a qui ne sont pas du tout inquiétés et profitent de cette situation. Il faut bien comprendre qu’une dictature n’est pas le gouvernement de dix personnes sur toute la population, mais le gouvernement d’une partie de la population sur le reste. Par exemple, en Asie, ce sont plutôt les riches et les mafias qui ne sont pas inquiétées, et c’est d’ailleurs le cas d’une manière générale. En Amérique latine, les Eglises chrétiennes et l’Armée ne sont jamais inquiétées et même quelques fois pansent hypocritement les plaies, et c’est d’ailleurs le cas d’une manière générale. En Afrique, il est plutôt question de tribus, qui ne sont guère que des mafias avec un autre nom, et c’est d’ailleurs le cas d’une manière générale.

    Mais tout le monde n’est pas du bon côté et ceux qui sont désignés comme les ennemis, sont par contre violemment et continuellement attaqués, mis en prison ou sujets à des contrôles arbitraires et fréquents. En plus il n’y a pas beaucoup de procès ou alors des procès truqués et les cas de disparition pure et simple sont nombreux.

    Voyons, courageusement, comment ça se présente chez nous. Clairement l’ennemi intérieur c’est l’immigré, roms, musulmans, basanés, maghrébins, sdf, réfugiés, arabes, pauvres, nègres, voilées et il y carrément de l’arbitraire dans ce domaine : contrôle au faciès, descente de police, séparation des familles, expulsions, assignation, démolition de lieux de vie et bien sur emprisonnement. C’est vrai qu’il y a quelques procès que je n’ose pas dire truqués mais quand même il faut bien expliquer la sur-représentation des immigrés dans nos prisons. En fait de prisons, les rapports accablants sont nombreux mais toujours sans effets sur les mesures indignes qui y sont pratiquées. Tout cela bien sûr avec le silence, l’approbation, voire l’encouragement, d’une grande partie  de la population, dont nous bien sûr.

    Ce n’est pas beau tout ça, mais alors y a-t il des tortures, physiques je veux dire, parce que morales le carton est déjà plein. Hélas oui il y a non seulement des décès suspects pendant les gardes à vue, mais en plus les pratiques de pliage sont en théorie interdites car elles ont provoqués des décès. D’ailleurs la brutalité et l’irresponsabilité des force policières hexagonales, y compris outre-mer, ne sont pas du tout  inférieures chez nous à celles des autres pays.

    Alors, nous sommes non seulement en régime de Parti Unique ce qui est déjà un déni démocratique, mais, aussi, en dictature.

    Disons qu’il n’est pas possible de franchir le pas avec les seules quelques phrases ci-dessus, mais il y a de grandes présomptions, ou si l’on préfère une tendance lourde.  Et en tous cas, les immigrés, eux, vivent bien dans une dictature. Qu’en pensez-vous ?

    Michel Costadau

  • Parti Unique

    Parti Unique

    En relisant Kourouma, il y a quelques jours, toujours avec le même plaisir, j’ai tilté sur la pratique du Parti Unique chère aux dictateurs des « démocraties  africaines ». Ça nous fait bien rire parce que chez eux ce n’est pas clean, tandis que nous, eh bien nous, nous avons le multipartisme et notre président n’est pas un dictateur. Houla, houla, c’est là que ça a fait tilt.

    Parce que le concept de parti unique, c’est tout simplement un parti qui fait 80 % des élus, le reste étant là pour le décor. Alors chez nous on dirait qu’ils s’y mettent à deux, PS et LR, pour avoir les 80 %. Seulement, en y regardant de plus près, PS et LR c’est le même parti : même sujets des discours, même technocrates, mêmes réformes, même stratégie, même attitude par rapport aux syndicats et, cerise sur le gâteau, mêmes préventions l’un envers l’autre.

    Oui ça finit par être troublant cette notion de pacte républicain, parce que c’est quoi à part le parti unique cette union. Et ce temps de parole en fonction du nombre d’élus, c’est quoi à part le parti unique cette pratique. Et le soutien sans faille aux US et à l’Europe qui n’est que le soutien du business, c’est quoi à part le parti unique cette similitude. Pour se convaincre un peu plus, il suffit d’ailleurs de regarder l’Allemagne où les deux partis gouvernent carrément ensemble, alors que chez nous c’est l’un après l’autre, pour donner une illusion d’alternance, mais ce qui, comme vous l’avez noté, ne change rien du tout.

    Alors vous me direz, oui mais nous avons d’autres partis. C’est vrai mais vous remarquerez que ces partis sont tous inféodés au parti unique. Et c’est, pour eux, la seule manière d’ exister, parce que le FN qui n’est pas encore inféodé, n’a presque aucun député, alors que le PC qui ne représente plus rien c’est-à-dire autant que LO ou le NPA  a beaucoup de députés. Cherchez l’erreur.

    C’est pourquoi il me semble correct de parler de PS/LR comme d’un seul parti et c’est, d’ailleurs, ce que je fais depuis un moment.

    Nous sommes donc bel et bien dans un régime de Parti Unique comme en Afrique. Le Parti unique a donc 80 % des députés et en plus il a le président. Nous sommes donc loin d’être en démocratie. Il reste quand même un espoir c’est que notre président ne soit pas un dictateur. Qu’en pensez-vous ? Réponse dans le prochain billet jeudi.

    Michel Costadau

  • Pourquoi les sondages d’opinion ne veulent rien dire

    Pourquoi les sondages d’opinion ne veulent rien dire

    Ah ! que des sondages on en a, des sondages d’opinion je veux dire. Et vraiment les sujets ne manquent pas. 67 % contre le projet xxx, 54 % pour l’installation yyy, 62 % contre le renvoi zzz. La question que je me pose c’est : mais est-ce que ces sondages reflètent l’opinion de la population ou pas. Parce que s’ils reflètent l’avis des gens, c’est une certaine forme de démocratie directe. Mais s’ils ne reflètent pas les convictions des sondés, alors c’est de la manipulation pure et dure.

    La réponse est simple : les sondages ne reflètent pas du tout l’opinion de la population et ça se démontre.

    Pour commencer, on va se poser une question : mais qui décide de demander un sondage. Bonne question, mais ce n’est pas la plus pertinente. En effet l’important est qui va publier les résultats, sur papier, à la radio ou à la télé. En gros, qui va faire état de et/ou utiliser ce sondage.

    Peut être une jonction se fait-elle alors dans votre esprit entre –il y en a qui demandent des sondages, –il y en a qui font des sondages et –il y en a qui publient des sondages. Evidemment, toute la partie organisation du sondage est assez discrète, puisqu’il s’agit seulement d’élaborer un questionnaire, de trouver des sondés, de les interroger, puis de mettre en forme les résultats. La partie visible n’arrive qu’après, par la publication du résultat. A vrai dire, ce n’est pas le mot publication qui convient, c’est plutôt médiatisation. En clair, faire un sondage ne sert à rien si l’on ne dispose pas du vecteur de la diffusion des résultats. Or il n’échappe à personne que l’ensemble des médias, télé, journaux, radios, internet appartiennent tous à la caste politique/finance. Il n’y a en France aucun média de masse ou régional qui soit indépendant de la politique/finance. Cette mainmise a pour but de donner une information sélectionnée, manipulée, orientée, soit  exactement le contraire d’une information objective. Et donc, ce que les Français ont dans l’esprit c’est l’information pipée que leur déversent les médias. Alors, quand on leur demande  leur avis, les sondés répondent par rapport au contenu partial qui leur a été assené à longueur de JT, de discours politiques, d’éditoriaux et autres petites phrases. Et donc, en répondant aux questions, ils ne donnent en aucun cas leur avis ou leur opinion, mais seulement la restitution de ce qui leur a été déversé par les médias. On peut même dire que les sondages servent surtout aux politiques à vérifier que leur message est bien passé.

    Et voilà. Donc les sondages ne veulent strictement rien dire, ce sont de simples outils de communication des politiques. Je ne peux pas me priver du plaisir d’illustrer mon propos par la dernière « info » : création par Macron d’un parti ou un truc comme ça. S’il n’y avait pas les médias dites-moi qui serait au courant : eh bien cinq personnes, comme vous quand, avec quelques copains, vous  créez une association. En plus, le prochain sondage sur le pour ou contre ce parti de Macron ne va pas tarder.

    Alors bien sûr il y a des médias soi-disant indépendants genre Médiapart ou rue89, mais hélas ils ne servent que d’alibi car ils sont classés « opposition systématique », voire même « mauvais esprit ». De même que les petits candidats à la présidentielle servent, honteusement, d’alibi aux politiques.

    Pour terminer sur l’ampleur des dégâts, une autre illustration. Prenez tout le battage sur les paradis fiscaux. L’information objective serait que tous les riches sont des faussaires et des voleurs, car il n’est pas possible de devenir riche en respectant les lois et une fois qu’on est riche on cherche à le rester. Mais, bien au contraire, les médias nous montrent du doigt quelques brebis galeuses, ce qui est une excellent manière de dédouaner les autres c’est-à-dire 99,99 % des possédants et autres organisations internationales.

    Michel Costadau

  • Machine

    Machine

    Il paraît que la machine a triomphé de l’homme parce qu’elle a gagné une partie de go. C’est vrai qu’on entend des monuments de bêtises en ce moment, mais là c’est de l’intox pure et dure. Restons calmes parce que la seule chose qu’on peut dire, c’est que quelques personnes ont mis au point un programme qui a gagné la partie contre un autre individu, un champion certes. Le vainqueur n’est donc pas une machine mais ceux qui ont écrit les algorithmes sur lesquels est basé ce jeu. Y a pas de quoi fouetter un chat, parce que des programmes qui font des choses plus vite et mieux que les hommes, ça fait un sacré moment que ça existe. Et même c’est la base de la productivité. Essayez donc de faire décoller et atterrir des avions avec seulement les yeux et les oreilles de l’aiguilleur du ciel, ou de faire faire par des individus, même assez doués, le travail des robots de construction d’automobiles et vous verrez le désastre. Bon alors on se calme. Pour illustrer cela, il y a en ce moment une bagarre pour déverrouiller des codes de Smartphone, et je n’entends pas qu’il soit question que la machine se débrouille toute seule là-dedans, mais seulement de propriétaires de logiciels et de hackers. Ce qui est sûr c’est que les logiciels ont envahi notre vie depuis la machine à laver jusqu’aux ordinateurs, en passant par les effets spéciaux et les pannes de réseaux.

    Pour remettre les choses dans une saine perspective, les programmes et les logiciels sont, tout simplement, la suite de ce qu’hier on appelait l’artisanat. Parce que pour faire marcher une horloge, un sextant ou une machine à coudre, il faut un sacré paquet de technicité. Les développeurs de logiciels d’aujourd’hui  sont donc les successeurs des artisans d’hier. C’est vrai que parmi les informaticiens, il y en a qui sont franchement plus doués que les autres, qui trouvent des solutions là où ça parait impossible, mais c’est exactement ce que faisaient les artisans d’hier en mélangeant toutes les astuces possibles de manière à faire que ça marche.

    Le seul point qui m’inquiète un peu avec les logiciels, c’est qu’il y a en tellement partout, que je ne suis pas sûr qu’il y ait encore des gens qui sachent comment ça marche, ce qui oblige à en faire de nouveaux à chaque fois ; mais je pense qu’il y a en a qui tournent encore et dont plus personne ne sait ce qu’ils font.

    Alors, alors, il reste la question : mais pourquoi toute ce battage autour de cette partie de go. Pourquoi les médias enfourchent-ils, une fois de plus, le cheval du dépassement de l’homme par les machines. Et le refrain de l’intelligence artificielle, paradis de l’humanité. Et les machines qui apprennent toutes seules et vont vous pondre 10 Picassos par jour, plus vrais que les vrais.

    La raison on la connaît c’est le business, c’est la finance. Et cette raison se décline en plusieurs étapes. Première étape, le monde actuel est caractérisé par une fuite en avant dans laquelle les problèmes sont censés avoir leur solution demain, toujours demain. Mais pour faire croire qu’il peut y avoir des solutions, rien de tel que de vanter la puissance des machines que l’on qualifie allègrement de beaucoup plus fortes que les hommes. Deuxième étape, dans le monde actuel il n’est pas bon qu’un ou plusieurs individus n’aient pas confiance dans le système. A ceux-là il faut taper sur la tête, au propre et au figuré, et rien de tel que l’image d’un expert se faisant ratatiner par un logiciel. Troisième étape, pour le business, chaque individu n’est qu’un consommateur et ne doit surtout pas se mettre à penser ou réfléchir. Et les médias sont là pour lui rappeler qu’il doit avoir seulement confiance dans les machines et seulement dans la puissance des dominants. Il n’y a pas que la politique qui est triste, le business aussi.

    Michel Costadau

  • Externalisation

    Externalisation

    J’entends dire que la seule chose de bien avec l’Europe, c’est d’avoir amené la paix car il n’y a plus de guerre. D’autres ajoutent que l’Europe a amené un bon niveau de vie car les magasins sont pleins et les gens achètent. Et aussi que l’Europe a porté la démocratie à sa quintessence et qu’on cherche à exporter ce modèle. Oui, on entend plein de choses. Mais juste une question en passant : avez-vous entendu parler de l’externalisation. Parce que s’il y a un point où l’Europe est championne, c’est bien l’externalisation. En effet, s’il n’y a pas de guerre entre pays européens, c’est parce qu’on a mis la guerre partout dans le monde pour ne pas l’avoir chez nous. Guerre en Afrique, pratiquement dans tous les pays, guerre au Moyen Orient, du Liban jusqu’au Pakistan, guérillas en Asie, guérillas en Amérique Latine. Surtout ne me dites pas que nous n’y sommes pour rien, ou je me verrai obligé de vous demander qui a formé et armé les milices syriennes, les talibans ou les tontons macoutes, sans parler des ventes d’armes. Non seulement nous n’y sommes pas pour rien, mais ça fait partie de notre philosophie = piétiner les populations pour avoir du beurre dans nos épinards. Ça doit être ça notre fameuse démocratie.

    Vous allez me dire : mais pourquoi tu nous parles tout d’un coup d’externalisation ? Tout ce que tu viens de dire on le sait, c’est clair. Eh bien je vous en parle parce que l’Europe vient d’ajouter un nouveau fleuron à l’externalisation : la gestion des émigrés. Et oui, l’Europe terre d’accueil, terre des droits de l’homme, oui, oui, mais pas pour tout le monde quand même. Double discours, d’un côté on vient au secours des immigrés avec des tentes et des sacs de riz, et de l’autre on veut mettre la xénophobie dans la constitution et en attendant on remplit les journaux de discours racistes, on expulse et on rase à tour de bras. Alors nous on accueille, mais on traite avec la Turquie pour refouler. On traitait déjà avec le Maroc, la Libye et quelques autres Etats super démocratiques. Mais c’était plus ou moins caché. On payait les barrières et les refoulements discrets, mais maintenant, la technocratie a sauté le pas et c’est officiellement que l’on dit  à la Turquie : c’est tant le refoulé. Il y a des objectifs et des contre-parties qui quand même restent assez discrètes bien que ce soit de l’argent public.

    Vous voyez, c’est ça l’externalisation, on ne veut pas savoir comment la Turquie et le Maroc s’y prennent avec les droits de l’homme, mais nous c’est clean, super clean. Bientôt, si ce n’est pas déjà fait, l’Europe aura le Nobel de la Paix pour avoir su si bien externaliser la guerre.

    Cela dit il faut noter qu’en Europe il n’y a peut-être pas la guerre, mais il y a quand même des victimes. C’est troublant, surtout quand les voyous qui occupent le pouvoir parlent des valeurs, de nos valeurs. Mais pourquoi on les laisse faire ces gens-là, pourquoi on continue à écouter leurs mensonges, à regarder leurs simagrées hypocrites. Vous savez, quand quelqu’un n’est plus capable d’exercer ses responsabilités on le met sous tutelle. L’Europe c’est le contraire ; n’étant plus à même d’exercer la moindre responsabilité elle s’enferme dans un bastion ceinturé de banques, mais c’est quand même elle qui donne des leçons. Honte à nous.

    Michel Costadau

  • Programmes

    Programmes

    Tous les politiques ont des idées, des projets et des programmes qui sont censés convaincre les électeurs. Ces projets occupent tout leur esprit et ils n’arrêtent pas d’en parler avant ou après. Et justement, après, il apparaît clairement que les choses ne se passent pas du tout comme promis. J’ai donc analysé la situation en profondeur et découvert le vrai programme des politiques, celui qui réellement fonde leur action. Après cette découverte, leur comportement devient beaucoup plus facile à comprendre. C’est assez édifiant.

    Hollande : être réélu, être réélu, être réélu, être réélu, être réélu, être réélu, être réélu, être réélu,

    Valls : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président, devenir président,

    Macron : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président,

    Sarko : redevenir président, redevenir président, redevenir président, redevenir président,

    Juppé : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président,

    Le Pen : emmerder le monde, emmerder le monde, emmerder le monde, emmerder le monde,

    Royal : devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente,

    Fillon : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président, devenir

    Bayrou : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président,

    Mélenchon : passer à la télé, passer à la télé, passer à la télé, passer à la télé, passer à la télé,

    El Khomri : se faire licencier, se faire licencier, se faire licencier, se faire licencier,

    Berger (cfdt) : surtout pas de vagues, surtout pas de vagues, surtout pas de vagues,

    Martinez (cgt) : surtout pas de vagues, surtout pas de vagues, surtout pas de vagues,

    Mailly (fo) : surtout pas de vagues, surtout pas de vagues, surtout pas de vagues, surtout pas de vagues,

    Laurent (pcf) : pourvou  que ça doure,  pourvou  que ça doure, pourvou  que ça doure,

    Duflot : devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente,

    Cohn-Bendit : n’importe quoi, n’importe quoi, n’importe quoi, n’importe quoi, n’importe quoi,

    Ayraud : Ahh rrreu guili guili, Ahh rrreu guili guili, Ahh rrreu guili guili, Ahh rrreu guili guili,

    Pécresse : devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente,

    Delga : d’abord taisez-vous après on discute, d’abord taisez-vous après on discute, d’abord taisez

    Onesta : d’abord taisez-vous après on discute, d’abord taisez-vous après on discute, d’abord taisez

    Malvy : tchao pantin, tchao pantin, tchao pantin, tchao pantin, tchao pantin, tchao pantin,

    Vallaud Belkacem : plus près de toi mon dieu, plus près de toi mon dieu, plus près de toi mon dieu,

    Le Drian : Breton et complètement c.., Breton et complètement c.., Breton et complètement c..,

    Le Foll : Breton et complètement c.., Breton et complètement c.., Breton et complètement c..,

    Comme vous pouvez le remarquer la place de président est extrêmement convoitée. Vous vous dites que c’est parce que la place est bonne, nourri, logé, voyages, distractions, cadeaux, scooter fourni, protégé par la justice, aucune décision à prendre. Eh bien non pas du tout, la place est convoitée parce que chaque candidat n’est que la couverture d’un ou plusieurs lobbies. Ces groupes veulent avoir leur président et il leur faut un pion pour prendre la place. Donc, ils nous font la simulation de la démocratie mais ce n’est qu’un jeu entre eux. En plus, à ce jeu y a pas de perdants puisque les lobbies qui n’ont pas pu placer leur copain, gardent quand même toute leur capacité de nuisance.

    Comme quoi les programmes simples sont quand même ceux qui marchent le mieux.

    Michel Costadau

  • Sivens

    Sivens

    Sivens est vraiment emblématique des graves dérives de notre démocratie. On va d’abord énoncer les dérapages, puis développer.

    1.      Décision du Conseil général validée par arrêté préfectoral, de commencer le défrichage de la zone humide avant le jugement des plaintes pour non-respect de la loi sur l’eau,

    2.      Envoi par le préfet de militaires sur le site lors d’une manifestation autorisée. Cet envoi s’est traduit par la mort, injustifiable, d’un jeune militant,

    3.      Circulation, non filtrée par les gendarmes, de milices agricoles armées autour du site pendant quatre jours,

    4.      Destruction du bâtiment classé de la métairie neuve sans aucune justification instruite,

    5.      Transaction entre le ministère et le Conseil général pour payer les frais engagés indûment par le CG en échange de l’arrêt du projet, afin d’éviter à l’Etat de payer les infractions à la loi sur l’eau.

    Bien sûr ces actes ne seront jamais jugés parce que la justice est au service du pouvoir, ce qui est la porte d’entrée  du déni de la démocratie. Constatons aussi  que l’arrêt du projet a provoqué la rage des élus et du syndicat agricole, parce qu’ils ont été pris la main dans le sac et qu’ils songent encore à se venger.

    Maintenant développons un peu.

    1.      Le fait de vouloir commencer les travaux avant l’instruction des plaintes enregistrées, s’appelle un passage en force. C’est vouloir faire une réalisation potentiellement illégale avant le rendu des jugements correspondants, en escomptant, donc, qu’une fois terminée, la réalisation ne pourra plus être touchée par la justice qui, peut-être même, ne rendra aucun avis. Les pouvoirs publics sont coutumiers du fait, par exemple en déclarant d’utilité publique des projets rejetés au moment de l’enquête publique. Pour empêcher cela, il n’y a que deux pistes : multiplier par 10 la vitesse de la justice, euh assez peu probable, ou occuper, avec beaucoup de courage, les sites concernés pour empêcher les travaux.

    2.      Cette attitude assez classique, visant à  assimiler les manifestants à des casseurs, demande en fait une double collusion. D’abord le choix par la préfecture d’agir illégalement mais aussi, la couverture médiatique correspondante. Pour éviter cela, bien peu de moyens, à part la presse libre, dont le pouvoir est très limité.

    3.      Ce laxisme est assez rare, d’une manière générale, sauf avec les agriculteurs qui, pour des raisons de dépendance des élus locaux, sont systématiquement protégés par les gendarmes lors de leurs exactions. Empêcher cela ne consiste sûrement à monter des contre-milices. Non la seule réponse est la non-violence qui demande pas mal de courage.

    4.      Ce dérapage est exclusivement dû à la baffe reçue par les institutionnels dans cette affaire. C’est donc du registre de la vengeance. De la vengeance des pouvoirs publics ! Ce dysfonctionnement comprend toujours une étape avec le vote d’une collectivité territoriale. La seule défense est alors d’avoir des citoyens en mesure de dénoncer localement ces agissements.

    5.      Cette transaction consiste à acheter le  vote d’une collectivité. En d’autres termes, c’est de la corruption, de la corruption d’Etat. Je ne sais pas s’il y a des moyens de s’opposer à cela, parce que  nous rentrons là dans le domaine des agissements mafieux des pouvoirs publics.

    Mon analyse me conduit à penser que, dans cet exemple comme dans beaucoup d’autres, ce sont tous les élus qui bafouent la démocratie. Alors pourquoi faudrait il que je vote pour eux ?

    Michel Costadau