Catégorie : Démocratie

  • Mutation

    Mutation

    Française, Français vous avez élu des imbéciles, dangereux de surcroît. Le budget de la Défense est 10 fois supérieur à celui de la recherche et pourtant la bombe atomique ne sert à rien contre le virus. Impardonnable. D’ailleurs les bombes atomiques ne servent strictement à rien. Voilà.

    Les mutations de sociétés, c’est un peu comme les tremblements de terre. Les pressions et fissures se mettent en place sous la surface, invisibles elles grandissent lentement. Et puis d’un seul coup c’est le cataclysme et la bascule vers un nouvel état que les gens découvrent avec stupeur. Personne ne l’avait vu venir et pourtant tout se préparait petit à petit.

    La crise actuelle fait apparaitre des ruptures ancien///nouveau dans trois domaines au moins : Sciences, Europe, Démocratie.

    D’abord il devient clair que l’Asie a acquis le leadership des sciences et des techniques. Toutes les technologies de pointe informatique, biochimique, médicale et nano sont maintenant dominées par l’Asie. Certes il nous reste les technologies anciennes, aéronautique, génie civil, automobile, pétrochimie mais ce sont des industries lourdes, comme l’était la vieille sidérurgie avant de disparaître. En fait nous n’avons aucun champion dans les domaines des sciences de la vie, de l’informatique ou du médical. Il y a encore quelques laboratoires qui s’amusent avec de nouvelles techniques mais nous n’avons pas le tissu industriel correspondant. Seule la côte Ouest américaine tient encore un peu la route. Ca ne veut pas dire que nous allons consommer plus de produits asiatiques, c’est déjà le cas, non ça veut dire que ce sont les asiatiques qui vont définir notre modèle de vie, comme les Européens l’ont fait pendant longtemps. Nous allons être amenés à seulement les suivre et les imiter.

    Ensuite l’Europe s’est dangereusement fissurée. Notre bastion de bien-être a basculé dans l’inconnu. L’Europe du Nord s’est mise à l’abri en fermant ses frontières, celle de l’Est n’ayant aucune structure pour faire face à la crise économique en cours, subit donc d’énormes dégâts et appelle au secours, et l’ancien noyau riche de l’Ouest navigue à vue sans ligne de conduite. Visiblement ce sont les petits pays qui gèrent le mieux l’épisode et les grands pays le plus mal. La montée des fédéralismes va donc franchir un nouveau cap, ce qui peut conduire les pays à un émiettement puis à leur morcellement. Pour commencer, toutes les velléités de politique étrangère, droits sociaux, armée, ou recherche communes ne sont plus à l’ordre du jour. Il me semble que l’Europe a vécu, l’avenir est aux provinces, aux départements et aux petits pays.

    Enfin le concept de démocratie, hérité des Grecs et remis à jour par la Révolution française, a explosé en vol ne laissant au sol que des décombres. Certes nous ne vivions qu’une démocratie de façade mais voir dans un moment critique le président essayer de se débrouiller tout seul au lieu de mobiliser les instances représentatives a quelque chose de pathétique et indique qu’il n’a plus, s’il l’a jamais eu, confiance dans nos institutions. En ce moment le pays est gouverné par le ministère de l’Intérieur agitant avec son administration sa cohorte de préfets qui envoient leurs gendarmes sur les routes. C’est un peu de l’autocratie mais complètement un Etat policier. Il n’y a plus aucune représentation locale capable de mobiliser et de s’occuper des citoyens, les conseils départementaux ont disparu, les conseils municipaux ne peuvent plus se réunir car, par erreur ou calcul, avec ce premier tour raté, les anciens conseils ne sont plus légitimes et les nouveaux ne peuvent pas siéger. On aurait pu croire que les députés pourraient rassembler les citoyens pour entendre les besoins et inquiétudes de la population mais on découvre avec effroi que ce ne sont que des fantoches à poil ras sans aucun pouvoir, sans aucune mission, sans aucune représentativité, des pions vides.

    Françaises, Français nous ne vivons pas une crise mais une mutation. Il n’y aura jamais de retour à la normale. Il va falloir mettre les mobiles en veille. Alors, serrez-vous les coudes, consolidez vos réseaux locaux, partagez ce que vous savez pour essayer de bâtir un nouveau genre de vie plus résilient à la dépendance, à l’isolement et aux regards du pouvoir central.

    Michel Costadau

  • Honte

    Honte

    Honte aux politiques qui ont systématiquement supprimé des lits dans les hôpitaux, diminué les personnels soignants, différé la fourniture d’équipements performants au nom de la rentabilité et du business. Et maintenant c’est eux qui punissent les français à cause de leur propre incurie.

    Honte à ces religieux arriérés qui ont réuni leurs fidèles en leur disant de surtout ne rien en dire, ni où, ni quand, ni combien ils étaient.

    Honte au gouvernement qui fixe le prix d’une amende en voulant ignorer que son effet dissuasif n’est pas lié au montant mais à la proportion des revenus. Une fois de plus ce sont les gros revenus qui sont favorisés. Combien faudra-t-il d’épidémies pour qu’ils comprennent que 100 € ne représente pas du tout la même somme pour tout le monde.

    Honte aux autorités sportives, sanitaires et politiques qui ont autorisé le match Lyon Turin, permettant une contamination de masse entre Italiens et Français.

    Honte à La Poste qui profite de l’épidémie pour se recentrer sur son cœur de métier à savoir………la Banque Postale. C’est un nouveau sabordage de service public qui se passe sous nos yeux et nous ne pouvons rien faire. Bientôt le courrier un jour sur deux, pas le samedi et distribué par Alibaba.

    Honte au ministre de l’Agriculture et au syndicat FNSEA qui, sous prétexte qu’ils sont payés à ne rien faire, demandent à 200 000 Français de travailler au noir dans les champs, pour remplacer les étrangers. La solidarité est une belle valeur mais vous allez les aider et eux vont continuer à empoisonner la nature, je ne sais pas si c’est très équilibré.

    Honte au gouvernement qui dit restez chez vous sans rien pouvoir faire parce qu’il a fermé les magasins, empêchant les gens d’acheter ne serais ce qu’un pot de peinture, un sac de plâtre ou des graines de radis. Les hommes ne sont pas des plantes vertes que l’on sort une fois par an.

    Honte aux politiques et aux médias qui ne trouvent que la peur, les amendes et la contrainte pour convaincre la population d’adopter un comportement précautionneux. Pourtant ils savent depuis longtemps que seule la motivation est un levier pour obtenir des comportements de masse. En finance ça s’appelle des incitations et ça marche très bien.

    Honte aux employés des journaux, qui jour après jour, heure après heure, seconde après seconde, emboîtent le pas des autorités en expliquant et détaillant des ordres et consignes pas du tout clairs à leur manière, c’est-à-dire dans le sens du scoop. A croire qu’ils ne seront contents que quand il y aura 10 000 morts par jours ce qui leur aurait donné raison, mais, hélas pour eux, n’arrivera pas.

    Honte à la classe politique qui feint de découvrir que les détenus sont entassés dans une promiscuité inacceptable et qui craignent non pas pour les prisonniers mais pour leur responsabilité.

    Honte aux juges qui différent les peines de détention ou libèrent des détenus, manifestant bien ainsi qu’ils auraient pu le faire depuis longtemps.

    Honte au conseil départemental du Tarn qui fait un appel à dons pour des masques de protection même usagés, sur-blouses, gel, charlotte, gants, lunettes auprès de la population à laquelle il devrait les fournir. C’est comme si l’ONU demandait des sacs de riz à ceux auxquels elle doit en distribuer.

    Honte aux politiques pour interdire aux familles des funérailles qui sont le rite le plus caractéristique de l’homme. Sont-ils devenus des animaux pour oser blesser ainsi la nature humaine ?

    Michel Costadau

     

  • Rivus

    Rivus

    Ca se corse comme dirait Napoléon. Notre société est en train de muter. Je vais donc plutôt faire une liste qu’un billet unique.

    – La querelle des chiffres bat son plein. Par contre tout le monde semble d’accord sur le 2 % de victimes, c’est-à-dire 98 % de guérison. Oui mais % de quoi ? Eh bien de ceux qui ont attrapé le virus. En fait tous ceux qui ne l’ont pas attrapé ne sont pas comptés. Si donc on compte tout le monde ça divise les chiffres par mille et c’est heureux. Bingo.

    – Les scientifiques et experts qui conseillent le gouvernement sont les mêmes que ceux qui ont déclaré le glyphosate sans danger, qui ont laissé utiliser pendant 40 ans le chlordécone et continuent avec les néonicotinoïdes. Ils ont donc perdu toute crédibilité depuis longtemps car ils sont toujours aux ordres. Zéro.

    – Pour se divertir, il faut imaginer un défilé, avec le mètre réglementaire à la main, de gens portant leur laisser-passer sur la poitrine. Photos.

    – Alors ne cédez pas à la peur ambiante. Ne tombez pas dans l’autocensure. La société peut nous interdire ce qu’elle veut mais pas de sortir de chez vous. C’est elle qui est malade. Kafka.

    – S’il y a de nouveaux cas c’est qu’ils ont été contaminés. Il est donc utile de savoir qui est porteur ou pas. La détection est donc le mode d’action privilégié qui aurait dû être mis en oeuvre. Tout autre méthode est moyenâgeuse et indigne de nos sociétés dites évoluées. Détection.

    – Le gouvernement a réussi à paniquer tout le monde, la peur des autres se répand comme une traînée de poudre. Les gens fonctionnent sur l’angoisse, y compris les enfants. Ce n’est pas la société qui nous maintient en bonne santé, c’est nous qui maintenons la société en bonne santé par nos activités, notre dynamisme, nos idées, notre moral et notre humour. Coulé.

    – L’attestation de déplacement n’a strictement aucune valeur, c’est seulement le début d’un fascisme rampant. De même il aurait été normal d’avoir un débat sur les mesures à prendre. On a eu seulement la télé. Séries.

    – Il est clair que le gouvernement a été largement désavoué dans les municipales et qu’il n’a pas aimé. Il faut donc se demander pourquoi il a le reporté le second tour, voire lancé ses juristes sur l’annulation du premier tour. Pour moi il a son propre timing : avril annonce que le pic est passé, mai réouverture de la vie sociale avec défilés de victoire, juin élection. Fiasco.

    – Vous savez qui est en train de gagner économiquement, dans cette crise sanitaire que provoque le virus : ce sont les vraies sociale-démocraties parce qu’elles agissent avec la coopération et la compréhension de la population, et l’ultralibéralisme car ils privilégient seulement le business, le marché faisant le reste. Nous, avec notre paternalisme d’Etat nous allons prendre un coup. Dur.

    – L’Etat va rembourser facilement les pertes d’exploitation, ce n’est pas grand-chose, mais ce qu’il ne pourra pas réparer ce sont les modifications de comportement : exacerbation de l’individualisme, flambée des prix de l’espace, perte de confiance en soi. Freud.

    – Combien de fois a-t-on entendu dire que l’Europe nous protégeait de la guerre, qu’elle était un îlot de liberté et de bien-être au milieu d’un océan de misère. Et voilà que cet îlot devient une prison à ciel ouvert avec les miradors de la télé aux quatre coins. Comme démonstration on aurait pu trouver mieux. Echec.

    – Clairement, il y a encore des gens qui travaillent et ce ne sont pas les plus gros salaires, qui eux restent chez eux. Ca aussi ça ressemble au Moyen Âge quand les serfs étaient taillables et corvéables à merci. Classes.

    – Surtout, surtout ne restez pas enfermé chez vous avec la seule télé pour donneur d’ordre, non, au contraire sortez, voyez vos amis, jouez aux boules, faites des grillades, venez à la campagne ramasser des respounchous. Printemps.

    – Encore plus important, comprenez qu’il ne faut pas cesser de vivre par peur de la mort.

    Michel Costadau

  • Collectif

    Collectif

    Le plus grave n’est peut-être pas cette épidémie mais l’esprit qui se développe à ce sujet. Et il n’y a que deux explications possibles :

    – soit il s’agit bien d’une pandémie exceptionnellement dangereuse et nous aurons 100 000 victimes, moins que les 500 000 possibles si rien n’avait été fait,

    – soit il s’agit d’une grippe contagieuse certes, mais pas beaucoup plus dangereuse que les autres, et nous aurons un nombre de victimes comparable aux autres années.

    Je peux me tromper, mais je penche largement pour le second cas.

    Dans ce cas comment expliquer l’affolement du gouvernement. Pour moi c’est simple, le président est en campagne électorale et tous les morts pourraient lui être reprochés par ses concurrents s’il ne faisait rien. Il ne faut pas oublier que l’esprit civique a été laminé chez nous pour privilégier l’individualisme et l’égoïsme, ce qui explique toutes les enchères sécuritaires.

    Maintenant comment réagir à cela.

    Le plus important c’est de ne pas rester seul, de se voir, d’échanger avec d’autres, et pas que par téléphone mais en vrai, parce que demander aux gens de vivre isolé dans un cube de 2 m de coté avec au-dessus une caméra qui vous filme et vous dit ce qui permis et ce qui ne l’est pas, fait beaucoup plus de dégâts sur le moral que tous les virus.

    Ensuite, les victimes collatérales sont et seront les petits, ceux qui dépendent de leurs chantiers, de leurs ventes, de leur salaire, de leurs dates et qui vont être mis immédiatement en difficulté voire obligés de s’arrêter.

    Enfin il faut anticiper la résistance à la survenue probable d’évènements similaires par des circuits plus collectifs.

    Avoir une attention particulière pour éviter l’isolement des plus démunis,

    Élargir l’utilisation des réseaux familiaux, de copains, de militants, de connaissances y compris ville-campagne,

    Rouvrir des marchés de producteurs, d’échange et faire des marchés alternatifs.

    Activer de nouveaux circuits d’approvisionnement pour les produits nécessaires aux artisans, matériaux de construction, bois, fer, peintures, outillage,

    Répertorier et faire fonctionner des lieux privés couverts pouvant être utilisés pour se réunir, se nourrir et échanger.

    Quand tous les matins un magasin doit téléphoner à la préfecture pour savoir s’il peut ouvrir ou pas, je me demande de quel côté du rideau de fer nous sommes.  

    Michel Costadau

     

  • Tribunal

    Tribunal

    Antipasti.

    Fillon a raison, il y a bien un tribunal médiatique. Il juge, c’est-à-dire condamne ou innocente des citoyens, mais pas n’importe lesquels : uniquement ceux dont on parle à la télé. Et comme ce tribunal est lui-même aux mains des médias c’est la sphère médiatique qui se juge elle-même. Très drôle. Oh il n’y a, bien sûr, aucune valeur défendue par ces jugements, ni même de mécanisme de régulation, c’est seulement le classique « pas vu pas pris », qu’on appelle aussi le politiquement correct. Voila le décor, maintenant la question.

    Primi.

    Quel rapport y a-t-il entre les Césars, la réforme des retraites et le Covid19 ? A priori aucun pourrait-on dire et pourtant si : tous les trois ont un problème avec le consentement.

    Les Césars ont mis, à nouveau, en lumière des actes sexuels sans consentement explicite, enfin plus ou moins.

    La réforme des retraites met sur le devant de la scène l’adoption d’une loi sans le consentement des citoyens ni des élus et sans même les discussions qui vont normalement avec.

    Le Covid19 confine des populations, les met en quarantaine ou leur impose divers comportements sans leur consentement, et clairement sans le consentement de tous.

    Vous allez me dire : oui mais pour le Covid il s’agit d’un cas de force majeure dans le but de protéger la population. Eh bien non, pas du tout, le Covid n’est qu’une grippe asiatique de plus, contagieuse et pas trop méchante pour une fois, mais qui tombe bien pour détourner l’attention des calamiteuses municipales.

    Ensuite vous allez me dire que pour les Césars, on ne discute pas le viol et que des cas comme celui-là doivent être sanctionnés. Certes, mais alors pas que celui-là, mais aussi les milliers d’autres promotions canapés ou castings. Et il n’y a pas que le cinéma qui fait pression sur les femmes.

    Et enfin vous me direz que la réforme des retraites aurait de toute façon été votée par notre assemblée de godillots. Peut être, mais surement pas le même texte et l’étude de tous les cas concrets aurait eu plus de temps pour être menée, ce qui aurait évité toutes les errements que nous allons connaître pendant des dizaines d’années.

    Secondi.

    Du coup il est facile de se rendre compte que tout cela se passe, pratiquement exclusivement, dans les médias, oui je dis bien dans les médias et pas dans notre vie. Tous ces évènements ne nous sont accessibles que par les médias. Les médias nous disent ce qui se passe en Chine, dans les régions en quarantaine et même dans l’Oise, ce qui se passe pendant le tournage des films et dans les coulisses, ce qui se passe à l’Assemblée nationale et même ce qui se passe dans la rue. Nous, nous ne savons strictement rien, nous ne savons même pas ce qui se passe en bas de chez nous. Mais les médias nous disent tout ce qu’il faut savoir et du coup aussi ce qu’il faut penser et cela de la manière la plus continue et pernicieuse qui soit. Les médias ne parlent que d’événements catastrophiques qui, pour la plupart, ne nous concernent pas et nous maintiennent dans une espèce de crainte permanente dans le seul but d’ancrer notre impuissance.

    Dessert.

    Les médias nous disent qu’une majorité de citoyens sont contre l’actuelle reforme des retraites et nous donnent même un chiffre 72 %. En même temps on nous donne d’autres chiffres, 91 pour la motion de censure et puis encore d’autres chiffres pour les Covid. Et encore d’autres chiffres pour le soutien à cette jeune actrice qui s’est levée avant la fin du show. Les chiffres ça fait sérieux, solide, on peut compter.

    Moi aussi je sais compter et pour moi il y a encre plus de députés que de cas de Covid. Et je ne sais pas lesquels sont les plus malades.

    Alors quand on débranche les médias, on y voit plus clair et on peut voir la réalité : le 49.3 c’est un viol et même un viol collectif. Crime impuni pour combien de temps encore ?

    Michel Costadau

  • Jospin

    Jospin

    Fini les élucubrations, place à l’action ou plutôt … à la réflexion.

    Alors voilà, vous qui votez, vous vous posez surement la question : comment se débarrasser de ce gouvernement dangereux et en plus minable. Je vous refais pas la démonstration complète, vous la connaissez. Nos institutions sont plombées par la présidentielle, il faut donc en passer par là.

    Le clown va surement se représenter, car ils n’ont personne d’autre. Comment faire pour qu’à coup sûr il ne soit pas élu. Je dis à coup sûr car ces gens-là distillent trop de mensonges opportuns pour que l’on croie ce qu’ils disent.

    Réfléchissons donc, la règle antidémocratique en place indique que seuls les deux premiers vont au second tour. Mais pas le troisième. La voilà la solution : mettre le clown en troisième position. C’est un peu le coup de Jospin à l’envers si vous voulez. Alors comment faire ?

    D’abord je compte beaucoup sur les électeurs RN pour placer leur candidate en tête. C’est un point très solide et positif dans cette stratégie. Ensuite il faut trouver un second qui ne soit pas le sortant. Plusieurs pistes sont à explorer : les élections précédentes, les mouvements sociaux et les grands courants sociétaux.

    Commençons par la précédente élection : ils étaient quatre autour de 20 %, qui tous d’ailleurs auraient pu prétendre au second tour si on était en démocratie. Observons que les troisième et quatrième étaient justement la gauche et la droite. La gauche est dispersée en étincelles, qu’elle se représente ou pas n’a donc pas grande importance. Par contre, la droite est le cœur de cible du président et donc une vraie candidature de droite peut lui enlever beaucoup de voix.

    Analysons maintenant les mouvements sociaux. Deux grands courants se sont développés depuis le début du mandat : les très originaux Gilets Jaunes et la réaction syndicale et populaire à la piteuse nième réforme des retraites. Ces deux mouvements ont en commun une très forte hostilité envers le gouvernement et surtout le chef de l’Etat. C’est-à-dire que cette défiance est profonde et devrait se retrouver dans les urnes en affaiblissant le score du sortant.

    Et donc deuxième enseignement. Le score du clown devrait être inférieur à celui de la précédente élection et donc le mettre après les deux premiers.

    Enfin troisième analyse : les grands courants d’idées. La notion forte de déclassement et de société à deux vitesses, initiée par les GJ reste un moteur très important des mouvements récents. Cependant cela relève, pour ainsi dire, de l’éternel ressort de la lutte des classes. Son coté passéiste n’est pas porteur facilement de nouvelles avancées sociétales. Il faut donc trouver autre chose.

    Incontestablement, le réchauffement, la pollution et la destruction de la biodiversité ont fait surgir un sentiment d’urgence à agir pour l’environnement. C’est la grande émergence de ces dernières années. L’arrêt du pillage de la planète représente un immense programme dont personne ne s’occupe réellement pour le moment. Un candidat porteur de ces préoccupations devrait rassembler une part importante des votants. Ça devrait pouvoir faire notre second.

    On se résume : pour faire le Jospin à l’envers trois conditions s’imposent.

    D’abord que le RN continue à tenir la route, ensuite que la droite présente un candidat et enfin que se montre un vrai candidat environnemental. J’espère qu’il y a en aura un et que vous voterez pour lui.

    Michel Costadau

  • Elucubrations retraitables

    Elucubrations retraitables

    Souvent à vélo je passais devant sa maison complètement décorée. Quelque fois je lui disais bonjour et d’autres fois je le retrouvais l’après midi à la pétanque. Il avait travaillé dans la peinture de citernes et de gazoducs. Sa maison était toujours ouverte et il bricolait, peignait ou réparait quelques outils.

    Et puis un matin je le vois sortir des couvertures et des vêtements de chez lui pour les mettre, avec quelqu’un de sa famille ou un ami, dans une voiture avec une petite remorque attelée. Je m’arrête et je lui demande :

    – tu t’en vas,

    – non je suis mis à la porte,

    – et tu vas où,

    – au HLM,

    – qu’est-ce qui s’est passé,

    – ben en cinq ans la maison de retraite m’a pris la maison,

    – quelle maison de retraite,

    – celle où était ma mère, y m’ont réclamé 75 000€, la maison a été vendue 85 000€,

    – …..

    – y nous reste rien, y sont pressés je dois tout vider avant lundi,

    – ta mère est toujours à la maison de retraite,

    – non elle est morte,

    – ….ah euh je sais pas quoi dire.

    J’ai repris mon vélo avec une sourde boule dans l’estomac. Parce que c’était trop d’injustice. Travailler toute sa vie, comme il l’avait fait, pour un salaire de misère et se voir enlever sa maison pour payer la retraite de sa mère, c’est pas croyable. Nous ne sommes pas dans la préhistoire que je sache mais dans une société riche qui envoie des engins dans l’espace et qui entretient des châteaux et des parcs mais qui est incapable de payer la retraite de ses anciens.

    La société c’est nous et nous ne sommes pas fichus d’offrir une fin de vie correcte à nos parents. Il y a quelque chose qui ne va pas. Comment a-t-il été possible que la vieillesse devienne un tel business. Comment avons-nous pu laisser les marchands s’emparer des misères de l’âge pour gonfler leurs comptes en banque.

    Et voilà que le déclic s’est fait.

    Retraite, retraites on en parle beaucoup en ce moment, mais une évidence s’impose : il y a deux aspects complètements disjoints.

    Toucher une retraite n’a aucun rapport avec payer une maison de retraite. Et je découvre d’un seul coup que la fin de vie est un droit exactement comme l’éducation du début de vie. Pourquoi la société envoie-t-elle les enfants à l’école et livre-t-elle les vieux aux requins de la médecine et de l’hôtellerie.

    Il est clair, à part pour les riches, que la retraite que l’on finance par son travail est insuffisante pour payer une maison de retraite. Il faudrait plus que tripler le smic et aussi ne pas chercher à rogner celles qui existent. Et c’est encore pire pour une hospitalisation longue durée à domicile : ça coûte une fortune et seuls les princes du pétrole peuvent de l’offrir.

    Nous acceptons que les jeunes passent presque 20 ans sans revenus et la société n’est pas capable de payer 5 ans en maison de retraite à une personne qui en a besoin. Non il faut que les bandits fouillent nos poches et vendent les maisons des smicards. C’est un constat terrible.

    Réveillez-vous, le loup n’est pas à l’étranger ou chez les étrangers, il est entré dans la bergerie, il est chez nous et il fait ce qu’il veut sous nos yeux.

    Réveillez-vous, votre retraite ne doit pas servir à payer la maison de retraite pas plus que l’hôpital, c’est un service que la société nous doit.

    Michel Costadau

  • Clairon

    Clairon

    Dire que le gouvernement est à la ramasse est un pléonasme qui ne fait plus rire grand monde. Trois aspects sont même scandaleux.

    D’abord, la course de LRM, aux investitures pour les municipales, relève de la grande forfanterie. Je l’ai déjà dit LRM n’a aucune base territoriale, alors pour faire croire qu’ils existent ils soutiennent n’importe quel candidat susceptible de l’emporter. En essayant de mettre notre pauvre président sur une liste dans toutes les villes, ils dénaturent complètement ce scrutin, qui à priori n’est pas politique. Et une liste élue dans une ville soutenue par trois partis va être revendiquée trois fois comme une victoire. Ca va faire de jolis coups de clairons…..dans le vide. En fait les conseils municipaux font tous la même chose et il n’y a donc aucun enjeu dans ce scrutin sauf la manie d’avantager ses copains ce qui est exactement le contraire de la démocratie.

    Ensuite la pub constante pour la soi-disant stature internationale de notre pauvre président. Il s’occupe de l’Europe et c’est le brexit qui l’emporte. Il s’occupe de l’Ukraine et c’est les russes qui progressent. Il s’occupe de l’Afrique et la France est conspuée par la foule. Il s’occupe de la COPxx et c’est les US qui s’en vont. Si l’on voulait discréditer la France, on ne s’y prendrait pas mieux. Vous allez me dire que c’est déjà fait. Ah pardon j’oubliais que tout le monde l’attend sur la Macédoine. C’est vrai c’est très important la macédoine, c’est pas facile à réussir même si ce n’est pas de la grande cuisine. Alors va t il arriver à faire un peu entrer la Macédoine en Europe, intenable suspense, pourquoi pas mais personne n’y croit. Et surtout ça n’intéresse personne et ça n’a aucune importance. C’est vous dire le niveau.

    Enfin, le service de presse du gouvernement est complètement assuré par les médias. En particulier le journal Le Monde présente d’une manière trop tendancieuse le quotidien du gouvernement. Au lieu de dire que le président se planque devant la grogne de la population, Le Monde nous explique que le premier ministre imprime sa marque sur les réformes. Comme s’ils n’étaient pas Castor et Pollux, conjoints et solidaires devant les demandes de la finance. Vous savez, ce coup fourré sur les retraites ils en parlent tous les jours, ils ne pensent qu’à ça. Mais Le Monde nous raconte une autre histoire : quand il ne parle pas pendant trois jours, on dit qu’il réfléchit. D’ailleurs ça donne l’impression que c’est exceptionnel qu’il réfléchisse. Quand l’aspect colonialiste de l’armée française au Mali éclate au grand jour, on a droit à un discours moralisateur sur les bienfaits de la civilisation. C’est à pleurer…..de honte. Toute la com du Monde consiste à répéter que le gouvernement travaille, écoute, discute, fait des ouvertures, reçoit plein de gens mais qu’il tient bon le cap…..pour que la finance progresse. C’est pitoyable.

    Je vous l’ai déjà dis cela vient essentiellement de notre mode d’élection antidémocratique qui permet à une minorité, à une caste de se maintenir au pouvoir. Je dis essentiellement parce que cela vient aussi de l’ignorance, c’est-à-dire du très faible niveau d’éducation et de formation, dans lequel est maintenue la population. En effet pour régner sans partage, les médias ont besoin du manque de connaissances des gens afin qu’ils ne comprennent pas ce qui est fait, mais croient seulement ce qui en est dit. Exemple l’électricité propre.

    Et cela va en s’aggravant. La principale offre politique de tous les partis devrait être l’éducation. Le seul souci des politiques devrait être de faire un effort colossal pour inverser la baisse désastreuse du niveau de compréhension et de formation de la population. Hélas c’est le cadet de leurs soucis.

    Bonne fin d’année.

    Michel Costadau

  • Finances

    Finances

    Oui je sais, normalement il faudrait faire le texte sur la religion. Mais, d’une part, j’ai compté que dans le texte sur l’Etat voyou d’Israël il y avait 35 fois le mot religion, ce qui veut dire qu’on en a déjà un peu parlé, et, d’autre part, il y a moins d’actualité sur ce sujet que sur d’autres plus chauds. Les sujets chauds c’est la Grèce, le réchauffement climatique, l’Etat Islamique ou l’Ukraine par exemple. Mais au-dessus de tout ça, ou en dessous, si on veut parler de dénominateur commun, il y a le renversement dans l’ordre des pouvoirs qu’a réussi la finance il y a quelques années et dont nous voyons les effets dans les sujets évoqués plus haut. Je voudrais dire finance internationale ou finance mondiale, mais justement ce ne sont que des pléonasmes, car il y a « la » finance c’est tout et elle va bien, merci.

    La finance est devenue la puissance mondiale n°1, ça veut dire que tous les autres détenteurs de pouvoir, par exemple les politiques, les religieux ou les intellectuels ne sont plus maîtres de leur jeu, sauf peut-être les mafias et quelques organisations parallèles. Mais quand je dis que la finance a pris le pouvoir, je ne suis pas certain que tout le monde sache vraiment ce que j’entends par là. Alors qu’est-ce que la finance ? Bonne question. Est ce que la finance c’est l’argent, oui bien sûr, mais l’argent ça fait longtemps qu’il y en a. Est-ce que la finance c’est les riches et les entreprises, oui bien sûr mais là aussi ça fait longtemps que ça existe. Alors c’est quoi, les banques, les Bourses, les fonds de pension. Oui oui oui, la finance c’est tout ça, mais plus encore ce que j’appelle la finance, c’est le nouvel esprit qui s’est emparé de l’argent. Aujourd’hui, il est devenu plus facile de faire de l’argent avec de l’argent qu’avec tout autre moyen, comme le travail, l’investissement ou la guerre. L’argent est entré depuis quelques décennies dans une boucle infernale d’autoreproduction, avec comme corollaire qu’il y a trop d’argent liquide dans le monde. Et cet excès d’argent s’est accompagné d’un mode de fonctionnement dans lequel tout se vend et tout s’achète. Cet état d’esprit c’est celui que les riches, les banques, les Bourses, les fonds de pension et les entreprises ont réussi à répandre dans tous les rouages et dans tous les esprits de la société. C’est ça la finance. C’est ça le renversement ou le basculement qu’elle a réussi. Alors allons-y.

    Le gros, très gros, problème que je veux analyser dans ce texte c’est que les politiques, c’est-à-dire la caste de tous les élus et leurs sherpas, sont totalement responsables de cette situation. Non seulement ils ont fait la courte échelle à la finance en utilisant le service de l’argent pour leur propre carrière ainsi que pour l’endettement continu du pays, mais du coup ils ont sacrifié les citoyens sur l’autel de l’économie dans le seul but d’essayer de garder le pouvoir. Malheureusement, non seulement ils ont complètement perdu le pouvoir et comme des enfants ils se battent entre eux pour avoir le ballon, mais ils ont permis à la finance de se développer et de les tenir en laisse. La caste politique fait comme si elle avait encore tout le pouvoir, ce qui nous donne une situation de fausseté incroyable dans laquelle le mensonge et la dissimulation sont roi et reine. C’est l’explication de ce double langage schizophrène des politiques qui m’intéresse. On va donc essayer de voir comment et pourquoi tous les dés de la vie publique sont truqués, et du même coup comment et pourquoi il est difficile de se faire une opinion claire sur quelque sujet que ce soit, alors même que ça devient urgent de penser et de réagir. On verra ainsi que, du coup, on aborde aussi les sujets chauds évoqués plus haut.

    Quand je dis que les politiques sont responsables de la victoire de la finance, c’est qu’ils ont abandonné la défense de toutes valeurs, de toutes idées, afin de privilégier leur réélection. La réélection c’est ça le drame. C’est la réélection qui a créé la caste et la caste cherche uniquement à profiter de sa rente de situation. Pour moi, la prise de pouvoir de la finance est liée à notre crise de la pensée politique ou de la philosophie si vous préférez. Nos sociétés ne vivent d’aucun espoir, d’aucune recherche sur le pourquoi et le comment de la vie, ne se fixent aucun but auquel les citoyens pourraient adhérer et donc pour lequel utiliser leur énergie et leur capacités, c’est-à-dire leur travail. Les politiques ne nous donnent comme perspective que le néant de la consommation, que la croissance du GDP, que la fuite en avant comme réponse à toutes questions. Clairement, 3 % de déficit, 40 000 délivrances de visas, 5 % d’encadrement des loyers ou 6 % de baisse d’on ne sait plus très bien quoi au juste, ne sont pas de nature à mobiliser une société dans un élan commun d’effort et de réussite. La caste politique ne nous offre qu’une ribambelle de chiffres tous plus faux les uns que les autres, à tel point que nous ne savons pas vraiment combien nous sommes, ni combien il y a de chômeurs, ni combien gagne un médecin. Dans ces conditions, l’esprit de l’argent pour l’argent s’est développé comme une pandémie. En effets si l’on ne se projette plus dans l’avenir, l’immédiateté devient le seul horizon. L’argent est devenu le moyeu de la roue qui fait tourner le monde et s’est imposé comme le support de la monétisation de toutes choses et de toutes personnes.

    Donc je dis que la finance mène le monde, mais vous ne manquerez pas de me rétorquer qu’avant c’était les riches et que ça ne change pas grand chose. Erreur ! avant, les riches n’étaient que des profiteurs, ce n’est pas eux qui faisaient l’histoire mais les clans, les familles, les castes, et les riches d’argent dépendaient d’eux. Il y a encore des histoires récentes de riches célèbres éliminés physiquement par des pouvoirs politiques ou religieux. Seulement, petit à petit, les riches ont créé les institutions financières, ils se sont organisés, et, avec l’aide coupable des politiques, ils ont réussi à faire que la vie sur terre ne soit liée qu’à l’argent. Je le répète, non pas l’argent en tant que moyen d’échange, comme avant, mais l’argent en tant que valeur de référence, que but ultime. Aujourd’hui, tout le monde est persuadé que sans argent on ne peut rien, c’est ça la bascule. Du coup ça n’encourage personne à avoir des idées, à défendre des valeurs ou à développer des compétences. Du coup, tout le monde veut de l’argent, ne parle et n’agit que pour l’argent. Et voila donc l’abracadabrante actualité que nous avons : le problème c’est 1,40€ le kilo comme si un prix pouvait être une cause à défendre ou à combattre.

    Comme je l’ai dit, la clé c’est l’évolution des pouvoirs politiques car on était habitué à ce que ce soit eux les dominants, ce qui en plus avait un petit coté sympathique, car certains pouvaient prétendre qu’à travers eux c’étaient les peuples qui décidaient. Il n’en était rien bien sûr, mais ça a marché pendant un moment. Et même jusqu’à assez récemment, car, pour être clair, le changement d’esprit au profit de la finance n’est pas très vieux. Cependant comme ça a été une action lente et continue il y a eu des étapes. Disons pour fixer les idées que ça a commencé avec la première guerre mondiale et que le basculement a eu lieu avec l’agrandissement de l’Europe après les années 70.

    Maintenant la question est celle-ci : est-ce qu’en France ce sont les pouvoirs politiques élus qui gouvernent, ou la finance, sachant que ça fait déjà longtemps que ce ne sont plus les peuples qui décident quoi que ce soit. Eh bien la réponse n’est pas en tout ou rien. Revenons sur le double langage des politiques. D’un côté les politiques tiennent un discours de défense des citoyens, de proximité de la population, de souci du bien commun, enfin tout ce à quoi on est habitués. Hélas tout ça reste au niveau du discours, de l’attitude, de la posture, et ne se traduit plus jamais en actes. Depuis le niveau communal, jusqu’au gouvernement, tous les réalisations, toutes les décisions, toutes les lois sont marquées du sceau de la finance. Vous pouvez le prendre par tous les bouts possibles, force est de constater que les politiques n’ont qu’une seule attitude = filer un maximum d’argent aux entreprises et aux riches. Il y a même une école pour apprendre ça, c’est l’ENA. Dans cette école on apprend à mettre en œuvre cette alchimie du mensonge. On y enseigne comment pratiquer la déconnexion entre les paroles et les actes. Les paroles servent uniquement à se faire élire et réélire, et les actes consistent à saupoudrer un maximum d’électeurs de soi- disant subventions afin que beaucoup reçoivent un petit quelque chose et surtout à n’entreprendre aucune action pour l’amélioration de la société, car ce serait la meilleure manière de donner des armes à ses adversaires qui, comme la place est bonne, sont nombreux. C’est ça la technocratie. Quand je dis que c’est de la schizophrénie c’est que c’est consciemment que le discours démocratique se transforme en actes capitalistes. Il est urgent de prendre conscience que le discours politique est unique, quel que soit le parti. Il s’agit toujours d’enrober d’une sauce citoyenne une mesure de transfert d’argent vers les entreprises et les nantis. Toujours, tout le temps.

    Cependant, la conséquence la plus grave n’est peut-être pas le tapis rouge déroulé à la finance, mais plutôt la trahison électorale que représente cette manière de faire. A force de mépriser les citoyens et les électeurs, les politiques ont créé une distance, un hiatus entre la population et eux. D’abord ça se traduit par un désintérêt des citoyens pour les élections, puis ça laisse un passage aux opinions plus extrémistes de certaines formations ; ensuite ça crée le grand fossé entre la population et sa représentation ce qui finit par remettre en cause le système politique dit démocratique. Et là toutes les dérives sont possibles, depuis le sauveur de la nation jusqu’à la mise à mal physique des responsables de ce système. Ca peut s’appeler la dictature ou la révolution, en tous cas c’est pas bon.

    Bien sûr, comme on l’a dit, il y a des îlots de résistance. Mais ils ne sont portés par aucun parti politique, ni par aucun intellectuel, puisque la caste politique n’a pas pour but de représenter et de défendre la population, mais uniquement de garder ses élus et de se reproduire dans une fuite en avant suicidaire. En fait, le problème de la résistance c’est qu’elle est portée par des marginaux, des jeunes, des non-notables patentés et qu’elle n’est « pensée » par aucun intellectuel, même si c’est ce que j’essaye de faire. Ca donne du coup une absence de poids et de présence dans la vie publique qui ne correspond pas tout à fait à la réalité. En fait, il y a des initiatives, monnaies alternatives, ZAD, circuits courts, communautés qui toutes mettent en avant le refus du pouvoir de la finance. Mais soyons réalistes, la résistance à la finance ne concerne pour le moment que peu de gens, disons en France électoralement quelques %, c’est pas beaucoup. Cependant, électoralement, on a atteint des scores bien meilleurs en Grèce ou en Espagne. Je dis ça parce que c’est la preuve que la résistance est confisquée, oblitérée par les partis politiques et les médias. Pourquoi tous les médias sont-ils aux mains des riches ? Eh bien pas du tout pour en faire des outils de leur communication, ça c’est bon pour les journaux militants, non, seulement pour que rien ne change, pour que les médias restent des véhicules de l’immédiateté et de l’insignifiance. Je n’insiste pas, on a déjà abordé ce sujet. Dès qu’un mouvement politique s’affranchit du carcan de la classe politique, il semble que beaucoup de gens apportent leur soutien. Car le fonctionnement de la caste politique est ainsi fait que les changements politiques ne sont en aucun cas des changement de politique mais seulement le remplacement d’un groupe de riches par un autre. Non pas qu’ils se battent vraiment entre eux mais comme il y a des avantages pour ceux qui ont leurs politiciens au pouvoir, ils cherchent à les faire gagner. Plusieurs aspects sont détestables dans ce mode de fonctionnement. D’abord, bien sûr, l’usurpation que représentent les « idées et les programmes » des politiques. Ils ne sont que l’appât qui va faire que les pauvres citoyens vont aller voter, c’est le plus important, voire voter pour eux, c’est en prime. J’espère que vous avez conscience que, depuis 50 ans, aucun avantage n’a été octroyé par les politiques aux citoyens. L’abolition de la peine de mort ne coûte rien, le droit à l’avortement est assorti de telles contraintes pour limiter les coûts qu’on ne peut pas appeler ça un droit, la CMU ne coûte rien, les 35 heures, mesure censée diminuer le chômage se sont traduites par un blocage des salaires et l’envolée du chômage, le droit de vote à 18 ans ne coûte rien, la décentralisation ne comporte aucun rapprochement des citoyens des centre de décision, au contraire, et s’accompagne même d’une altération des services publics. Et je ne parle pas du « verdissement » de la PAC. Tout ça n’est que du trompe-l’œil, des mesures ne faisant en rien progresser la démocratie, ni ne procurant le moindre avantage aux citoyens. Et pourtant les programmes fourmillent de mesures, pour la famille, contre l’exclusion, pour la protection de ceci ou cela…. et incroyable mais vrai, les gens votent encore. Dites-moi les avantages ou les progrès que vous avez pu constater personnellement liés à des mesures prises par les politiques. Moi je n’en vois aucun. Attention, que certains dans la population aient pu améliorer individuellement leur sort n’a évidemment aucun rapport avec le moindre progrès de la société, mais dénote au contraire la continuation de l’avancée de la finance, car dans la finance ce qui compte c’est quelques individus, jamais la société.

    Quand je dis que nos élus ne gouvernent pas, c’est que toute l’action du gouvernement consiste à essayer de composer, de pactiser avec la finance, jusqu’à quand ? Pour concrétiser cela on va illustrer notre propos par de bons exemples. Prenons les agences de notation. Vous vous souvenez que la France a perdu son triple A et que la Grèce en est à CC-. Bon les agences de notation ont le droit de faire ça, ça ne mange pas de pain nous dit-on. D’après les politiques, la seule conséquence est le taux avec lequel les Etats peuvent trouver de l’argent et donc avec un AA+ on a de meilleurs taux qu’avec un CC-. Ca c’est quand on regarde la situation du point de vue des Etats. Maintenant changeons de place et mettons nous au point d’où la finance regarde le monde. Qu’est-ce qu’elle voit la finance ? elle voit des acteurs économiques, des banques, des masses monétaires et des capitaux. Son seul objectif étant de faire de l’argent avec de l’argent, elle voit le monde comme son terrain de jeu. Alors elle donne des notes sur l’intérêt que présente tel ou tel acteur et sur l’opportunité de faire tel ou tel placement. Et des notes, elle en donne sur beaucoup de projets, d’industries, de sociétés, d’Etats. Tout ce qui est susceptible de recevoir un placement a une note. Et ces notes évoluent avec le temps et les évènements mondiaux. Seulement à qui sont destinées ces notes, eh bien aux financiers et uniquement aux financiers. Les notes ne sont donc pas du tout destinées aux Etats, mais à ceux qui souhaitent acheter ou vendre des morceaux d’Etats. Les morceaux d’Etats c’est de la dette, obligations et emprunts ou de la privatisation. Vu par la finance les Etats ne sont donc pas du tout les représentants d’une population, mais de simples acteurs économiques plus ou moins efficaces qu’il convient d’utiliser au mieux.

    Ainsi donc, quand la finance prône l’allègement de l’Etat, en disant que les impôts pèsent trop sur l’activité économique, ce n’est bien sûr pas du tout pour que les citoyens ou les entreprise payent moins d’impôts, mais seulement pour susciter des pans de privatisation, banque, postes, électricité etc. etc. afin que les capitaux puissent s’investir dans de nouvelles activités rentables. De même, quand la finance veut sortir la Grèce de l’euro, ce n’est pas pour que les Grecs se portent mieux ou que l’Europe se réforme, c’est uniquement pour que les fortunes en euros ne perdent pas de valeur. De même, quand on dit que les entreprises créent l’emploi et qu’il faut donc les aider, il n’en est évidemment rien, mais seulement aider les entreprises c’est aider les actionnaires et ça c’est bon pour la finance, puisque ce sont les mêmes. Quand on y réfléchit, c’est une honte d’aider les entreprises, car en fait ça ne sert qu’à aider la finance. Pourtant les politiques rabâchent à longueur de temps le slogan des emplois. Aider les entreprises, c’est créer des emplois, sauver des emplois, maintenir des emplois. Regardons bien la réalité. D’abord au niveau global, eh bien avec plus de 3 millions de chômeurs secs c’est-à-dire sans le moindre petit bout d’emploi, on peut pas appeler ça une réussite. Ensuite, regardons le mécanisme. Les aides accordées aux entreprises sont comme un prêt mais sans le moindre remboursement. Ou va cet argent, comprenez bien qu’il ne sert pas à payer les salariés, car sinon ça ne marcherait que le temps d’épuiser le montant de l’aide et on reviendrait au même point. Non, l’argent va dans un investissement, dans une recherche ou dans une acquisition. Seulement un investissement ça enrichit qui ? eh bien les actionnaires et eux seuls, car ça donne de la valeur à l’entreprise c’est-à-dire à ce que détiennent les actionnaires, pas les salariés, ni les fournisseurs. Et voila la boucle est bouclée. D’ailleurs, les acteurs les plus efficaces de la finance sont bien sûr les entreprises avec le total pouvoir actionnarial. Ca c’est la plus belle invention de la finance, ancienne pourtant : les actionnaires. Qu’est-ce qu’une entreprise ? C’est une machine qui produit de la valeur par le travail des fourmis locales qu’on appelle des salariés. Quand je dis qu’elle produit de la valeur ce n’est pas la valeur des produits qu’elle fabrique ou des services qu’elle vend, c’est la valeur de ce que possède chaque actionnaire. Quand la valeur augmente, la richesse des actionnaires augmente et éventuellement on vend avec bénéfice. Quand l’entreprise perd de la valeur, on supprime des fourmis et on demande des aides.

    Petite anecdote pour se distraire un peu. Le directeur de la Banque de France, qui doit être remplacé prochainement, parle des qualités que devrait avoir son successeur en ces termes, -compétent,-européen convaincu, -indépendant des milieux financiers (Le Monde 25 juillet 2015). Passons sur -compétent qui ne veut pas dire grand chose, à part devant faire partie du sérail, langue de bois habituelle. Arrêtons nous trente seconde sur -européen convaincu- pour dire que, comme il s’agit de la Banque de France on aurait pu s’attendre plutôt à « ardent défenseur des intérêts de la France ». Ben non c’est raté. Le point à noter c’est -indépendant des milieux financiers, car c’est révélateur. D’abord c’est impossible, on ne voit pas le directeur de la Banque de France ayant un CV de berger dans un petit village de Lozère, du coup c’est indiquer un peu trop clairement que ce sont bien les milieux financiers qui font la loi, mais qu’il faut faire comme si c’était nos petits pioupiou qui menaient la barque.

    En résumé conclusif : la caste politique a, dangereusement, viré sa cuti il y a une cinquantaine d’année en se fixant comme objectif de rester au pouvoir par tous les moyens possibles : régime présidentiel, pseudo alternance, financement des partis, labellisation de la technocratie, monopole des médias et bien sûr compromission totale avec la finance. La mise en œuvre de cet objectif a causé d’énormes dégâts. D’abord la perte continue de confiance de la population dans ses élus, ce qui remet en cause notre démocratie. Mais d’autres catastrophes moins visibles sont aussi survenues, en particulier la montée en puissance de la finance, qui a maintenant passé la corde au cou des politiques. Cependant ils continuent de feindre de gouverner, plutôt que de mobiliser la population contre le pouvoir des institutions financières, qui est notre seul ennemi. Les politiques ont un discours fait de mensonges et de fausses promesses et des agissement visant seulement à laisser les riches gouverner réellement. Cette situation explique l’actualité que nous évoquions au début du texte : acharnement contre le gouvernement grec, régression continuelle par rapport au réchauffement climatique avec des kermesses régulières pour s’assurer que rien ne change, guerre sainte contre les islamistes pour garder la main sur les ressources pétrolières, et essai d’endettement de l’Ukraine afin d’accroître sa dépendance vis-à-vis des institutions financières. Je peux vous fournir une liste plus complète de tous les dégâts sur simple demande. Heureusement, la résistance existe mais, euh, euh elle manque de monde, ce qui veut dire qu’il y a encore de la place pour vous.

    Michel Costadau

  • Etat voyou d’Israël

    Etat voyou d’Israël

    Ce n’est pas un sujet facile car dès qu’on parle de l’Etat voyou d’Israël, on associe guerre, Palestiniens, racisme, Arabes et génocide. Tous les échanges sur ce sujet sont biaisés, déformés, récupérés et l’on aboutit presque toujours à des clivages du genre, tu es pour ou tu es contre, et au bout d’un moment on ne sait plus très bien quoi. Alors, franchement, j’hésite à me lancer là-dedans parce que je redoute de louper mon objectif qui est d’abord de bien argumenter le déni des droits de l’homme qui caractérise ce pays. Je précise que si j’accole toujours l’adjectif voyou c’est que cet Etat ignore complètement les recommandations et autres décisions de la communauté internationale, par exemple les résolutions de l’ONU, qu’il se permet d’envahir ses voisins, par exemple le Liban, la Syrie ou l’Egypte et qu’il demande que l’on applique aux autres, ce que lui même refuse d’appliquer, par exemple le contrôle des armes atomiques. Alors il faut appeler les choses par leur nom et ce n’est donc pas seulement une affaire d’adjectif mais réellement une question de non-respect des autres. C’est donc voyou. Cependant, dans ce texte, pour éviter les répétitions, nous ferons l’économie de l’adjectif mais, vous, vous le rajouterez mentalement.

    Un premier point préliminaire doit être éclairci tout de suite concernant l’historique de la situation. D’un coté, Israël n’est pas un Etat reconnu par l’ensemble des membres de l’ONU et certains pays, en particulier arabes, n’ont toujours pas accepté la décision de sa création et sont en guerre contre cela. D’un autre côté, la gestation d’Israël sur des bases sionistes, puis sa création avec un terrorisme d’Etat accompagnées par des massacres de populations locales, suivies de ses incessantes conquêtes territoriales, ont donné et donnent une forte odeur de poudre à cet Etat. En plus, le sujet est devenu complètement international avec une tendance à empêcher tous les intervenants d’arriver à parler calmement et simplement d’Israël et des conflits dans lesquels il se retrouve. Ce qui est sûr c’est que rien de bon n’est sorti de cela, et plutôt que de se situer dans une logique de fautes et de coupables à priori, il faut essayer d’ouvrir les yeux, de comprendre, d’expliquer et de proposer. C’est ce que nous allons essayer de faire.

    Un second point préliminaire doit aussi être précisé, parce que certains seront tentés de me dire qu’Israël se défend, car il est attaqué. Attaqué par qui ? Tous les pays qui sont ses ennemis déclarés ou non sont soit sous embargo, comme l’Iran ou la Syrie, soit dans le plus complet chaos comme l’Irak, ou la Lybie, soit sous influence américaine comme L’Egypte ou l’Arabie saoudite. Alors qui ? Cuba, bravo c’est bien tenté. En fait Israël n’a pratiquement jamais été attaqué, c’est donc bel et bien un Etat belliqueux.

    Un troisième point préliminaire doit être établi, parce que d’autres ont le sentiment qu’Israël est soutenu et financé par la population juive américaine et russe. Ce n’est pas complètement faux mais ça occulte le point important qu’Israël est sous la protection, indéfectible, totale, militaire et industrielle des USA, de son appareil politique, de son administration, et probablement de son opinion. Ca veut dire qu’avec un tel parrain on peut se permettre beaucoup de choses. De là à dire que ce pays est en fait un poste avancé anti- arabe de l’impérialisme US au moyen orient, et bien oui on peut le dire mais sans occulter la responsabilité propre qu’ont les citoyens d’Israël dans cette situation, car beaucoup d’émigrés venus des pays de l’Est sont d’un racisme virulent.

    Alors commençons notre réflexion. La première observation c’est que nous avons une population qui a été persécutée pendant longtemps, c’est le moins que l’on puisse dire et qui se retrouve dans un nouvel Etat qui pratique à son tour les mauvais traitements dont elle a été victime. C’est assez difficile à expliquer. On va cependant essayer de comprendre pourquoi cet Etat qui devrait être au ban des nations est l’un des plus activistes de la planète. On va, aussi, essayer de voir comment pourrait évoluer cet Etat pour retrouver une place dans le concert des nations civilisées. Et on abordera quelques questions connexes, comme les Juifs et les Palestiniens.

    En fait il y a deux aspects dans le déni des droits de l’homme de cet Etat. D’une part la colonisation mais aussi la religion. Je crois que pour la colonisation, tout le monde va être à peu près d’accord, mais pour la religion ça va être un peu plus délicat, parce qu’Israël est un état religieux et ça s’appelle une théocratie, mais dans l’esprit des gens, un état religieux c’est l’Iran par exemple avec ses ayatollah, ou le Vatican avec ses cardinaux, alors que l’Iran n’est pas vraiment un état religieux et que le Vatican … bon ce sera pour une autre fois. En fait, Israël a une pratique proche de ce qu’était la royauté en France, à savoir chrétienne, et dans laquelle on massacrait au nom de la religion, c’est ça aussi que j’appelle un Etat religieux.

    Avant d’expliciter la colonisation et la religion, on doit commencer par se poser la question qui, en plus, nous concerne directement, de savoir pourquoi, contrairement à ce qui devrait être, beaucoup de pays, dont la France, ont une attitude d’on ne peut plus franche coopération avec cet Etat. La réponse n’est pas tout à fait aussi simple que de dire simplement c’est le business, ce qui est vrai, mais incomplet. Il faut ajouter que cet Etat a un fonctionnement double : d’une part un pays avec des Israéliens, des frontières et une capitale, mais ensuite ce pays est relié à un réseau international, on pourrait dire aussi une nation diffuse composée de ressortissants non résidents avec quelquefois une double nationalité, présents dans presque tous les pays du monde. Cette situation n’est pas à vrai dire originale puisque beaucoup de pays fonctionnent avec une diaspora, mais dans notre cas c’est un réseau fédéré par la religion étatique ce qui lui donne une dimension et un poids tout à fait différent. Et il y a même un mot pour ça, c’est celui d’israélite. Et donc, en France, la communauté israélite est très influente et empêche nos dirigeants de critiquer Israël. De plus, les services, en particulier économiques, de cette diaspora sont très appréciés par notre classe politique car ce sont de fervents supporters de la finance libérale, ce qui, même si ça fait notre malheur, est leur droit le plus strict. Il y a aussi un troisième aspect à prendre en compte pour expliquer la collaboration de la France, c’est le comportement de pas mal d’intellectuels philosophes qui, pour des raisons liées probablement aux persécutions dont ont été victimes leurs familles, ont une attitude de protection d’Israël irrationnelle mais constante.

    Regardons maintenant l’aspect colonisation. J’espère qu’il est clair pour tout le monde qu’Israël a des frontières parfaitement définies et que donc, par exemple, Gaza ou Naplouse sont en Israël, de même que Toulouse est en France. Bien sûr les frontières actuelles sont le résultat de plusieurs conflits et sont contestées par divers pays mais il y a d’une manière très claire un intérieur et un extérieur. Seulement à l’intérieur de ce pays il y a deux zones. L’une est une zone comme la France avec des gens qui circulent assez librement mais l’autre est une constellation de zones fermées avec comme des postes frontières pour y accéder ou en sortir. A l’intérieur de cette seconde zone vivent des gens qui devraient être des Israéliens mais que l’on désigne plutôt comme : les Arabes et surtout les Palestiniens. A l’intérieur de cette même zone, il y a aussi des colonies constituées d’Israéliens de la zone libre qui ont construit des forteresses dans la zone occupée. A dire vrai, dans la cas particulier de Gaza, il n’y a plus de colonies, car elles devenaient trop dures à entretenir. Précisons que ce n’est pas moi qui ai inventé ce mot de colonies, ce sont les Israéliens eux-mêmes et ça mérite une explication. Ce que nous de France nous appelons la zone occupée et qui fait partie intégrante d’Israël, est pour eux un territoire sans statut, dont il faut faire la conquête, c’est à dire comme en Amérique, vider de ses occupants. Les occupants actuels, les Palestiniens, ont donc un statut assez proche de ce qu’étaient les indigènes au temps de la conquête de l’Ouest ou de la colonisation française. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas citoyens du pays auquel ils appartiennent, on devrait plutôt dire qui les possède, donc pas le droit de voter ou d’être élus, mais un statut de simples autochtones auxquels on laisse le droit de continuer leurs pratiques culturelles à condition que ça ne gêne pas le colonisateur. Israël mène donc une conquête coloniale d’une partie de son propre territoire. Notons, en passant, un point sidérant sur ces fameux occupants palestiniens. Il semble qu’ils soient là depuis longtemps ou tout au moins qu’ils soient le résultat de l’évolution de la population de cette zone, qui comme tous les pays du monde a connu une démographie propre mais aussi des envahisseurs de diverses origines. La France aussi a connu ça, mais ça ne nous n’empêche pas d’être en quelque sorte les descendants des Français de la génération d’avant, qui elle même etc., ce qui permet de remonter à certains grands-parents célèbres de notre beau pays que l’on désigne souvent sous le nom de Gaulois. Tout ça pour dire que les palestiniens sont, donc, les descendants des premiers occupants de ce pays et donc, d’une certaine manière, les vrais Israéliens ou Israélien de souche comme dirait notre pauvre président. On va pas refaire l’histoire, mais quand même, quand la France a donné aux colons français une ferme en Algérie, il y avait des Algériens sur place et personne n’a cherché à dire qu’ils ne l’étaient pas. C’est même la seule chose qu’ils étaient. D’ailleurs, quand il y a eu l’indépendance, les Algériens sont restés des Algériens et le sont encore. C’est pourquoi il est difficile de comprendre comment les Palestiniens qui étaient là avant l’immigration qu’a connue Israël et qui sont, pour une partie, toujours là, ne sont pas des Israéliens. On verra un peu plus loin que ça a rapport à la religion.

    Comme dans toute les colonisations, les premiers occupants représentent un réservoir de main-d’œuvre qui ne demande qu’à être utilisé. Cependant il y a deux situations. Dans la zone libre, à condition de pouvoir franchir les barrières, les Palestiniens peuvent travailler comme les autres, même si on ne leur fait pas des ponts d’or et certains réussissent assez bien. Autour des colonies, c’est beaucoup plus compliqué, car les colons ont une attitude complètement ségrégationniste avec les palestiniens, exactement comme en Afrique du Sud ou au Texas. Une illustration récente est le problème des bus publics empruntés par les colons et que le ministre de la Défense prévoyait d’interdire aux Palestiniens. Ca n’est pas encore fait mais ça vous donne un peu l’ambiance.

    Bien qu’on n’ait pas tout dit sur la colonisation, il nous faut aborder le sujet de la religion. D’entrée il y a une grosse ambiguïté avec la confusion entre la religion, qui s’appelle le judaïsme, et les personnes qui se désignent elles-mêmes avec le nom de juifs. D’un côté, une religion on voit à peu près ce que c’est. On a le christianisme, qui est la religion des chrétiens, l’islamisme qui est la religion des musulmans et quelques autres religions. D’un autre côté, des personnes regroupées dans une appellation identitaire, on voit aussi ce que c’est. On a les Bretons qui habitent en Bretagne mais aussi un peu partout et se revendiquent Bretons, les Basques, c’est pareil et c’est presque une marque déposée et on a aussi les Occitans, dont je fais partie, qui ont un vaste territoire. Là où on serait bien embêté c’est de dire la religion des bretons, un peu druide, un peu catho ou celle des basques à moins que la pelote ne soit une religion et pareil pour les occitans, qui entre cathares et protestants en ont à mon avis assez des religions. Par contre avec le judaïsme on a une vraie confusion entre l’appartenance et la religion. Cette confusion est, je pense, délibérément entretenue afin de ne pas affronter la sévère réalité de cette population et de cette religion. D’ailleurs, en termes de religion, on a coutume de parler des trois grandes religions monothéistes : christianisme, islamisme et judaïsme. C’est un peu rapide. En fait, christianisme et islamisme sont effectivement presque la même religion, avec un grand prophète qui indique comment atteindre le paradis, une morale écrite, un clergé chargé des rites et une Eglise au pouvoir temporel immense. Le judaïsme est lui réservé à une population donnée et relève, donc, plutôt du domaine de la secte. Il faut ajouter la croyance en un peuple élu pour recevoir un messie, car pour le judaïsme, le sauveur ne s’est pas encore manifesté et n’a donc pas encore pu donner ses préceptes aux hommes, et donc on ne peut pas parler de religion mais bien de secte, et la population juive est censée croire que c’est en son sein que doit venir le médiateur. Un peu comme les évangélistes ou les saints des derniers jours qui attendent toujours une hypothétique révélation. C’est peu de dire que les religions sont une catastrophe et il y aura un prochain texte sur ce sujet, mais hélas les guerres de religion sont encore une réalité, et dans le cas d’Israël, le silence de la communauté internationale et de la France en particulier est vraiment coupable. Par contre c’est là que nous trouvons notre explication de pourquoi les palestiniens ne sont pas des israéliens : c’est qu’ils n’ont pas la même religion. La guerre impulsée par le judaïsme n’a aucun fondement libérateur mais seulement une volonté de domination et d’élimination dans le but de s’approprier un territoire. De plus, cette guerre alimente des tensions dans toute la région. C’est pas marrant mais c’est comme ça.

    Nous devons, maintenant, revenir sur la situation de cette population qui s’identifie comme juive. Il est de fait que son histoire n’est faite que de persécutions et de méfiance, comme si cette population n’avait pas encore compris comment se comporter pour s’intégrer et dégager une image positive. Il est très important pour l’évolution et le rayonnement d’un pays que sa population ait une image positive d’elle-même. Ce fut le cas des Français pendant longtemps, avec l’invention des droits de l’homme et quelques autres bonnes idées. Bien sûr cela a changé et la France ne rayonne plus du tout, mais nous vivons encore là-dessus et il faudrait commencer à essayer de redorer le blason. On ne peut pas dire que ce soit le cas de la population juive, qui n’a jamais eu de reconnaissance très positive. Y a-t-il une raison à cela et il y a forcement une raison. La tentation de faire reposer cette situation sur des traits de caractère de cette population, ça s’appelle du racisme, ce n’est donc pas une explication, bien que beaucoup de gens aient essayé de développer cette idée. Le racisme existe bien sûr et pour mémoire il a fallu deux-cents ans aux Européens pour accepter l’idée que les sauvages d’Amérique ou d’Afrique étaient des hommes comme les autres, ce qui, en plus, a provoqué la disparition des amérindiens. En fait, pour trouver la raison, il faut regarder du côté des religions chrétiennes et du coté du Vatican. En effet, le messie reconnu des catholiques est sorti de Palestine et s’est trouvé faire partie de la population juive de l’époque. Seulement l’histoire nous indique que ce messie a été mis à mort par ses concitoyens. Et nous voilà donc avec une population juive coupable d’avoir crucifié le messie des catholiques. Depuis ce moment-là, cette population a été persécutée et a fait l’objet d’une défiance cultivée par l’Eglise catholique d’une manière assez perverse comme elle sait très bien le faire. L’histoire indique, aussi, que par ce biais, cette population a servi régulièrement de bouc émissaire comme il en faut dans tout exercice du pouvoir. On doit ajouter que, dans ces cas là, une espèce de cercle vicieux se crée, dans lequel les victimes s’excluent elles-même du jeu social, par peur et par habitude et se trouvent donc dans une situation d’exclusion physique et mentale qui ne fait qu’entretenir le phénomène. On retiendra, finalement, que le bilan de cette histoire est assez négatif pour les populations juives avec une phase paroxysmique au cours du XXe siècle, dont on parle encore. A ce sujet on doit se poser la question de savoir comment il est possible que des hommes et des femmes aient pu se livrer à ces actes de barbarie à grande échelle à l’égard de la population juive, tzigane et de quelques autres. Ca ne paraît pas possible, car chacun aujourd’hui se dit que lui il n’aurait pas fait ça. Et pourtant ça s’est bien passé, alors pourquoi ? La réponse se trouve dans les actes de l’armée israélienne, par exemple, avec les massacres à Gaza il y a moins d’un an ou ceux d’avant. La réponse c’est la dépendance hiérarchique. Les soldats israéliens comme les soldats allemands, obéissaient à des ordres donnés dans une chaine de décision fermée. Et les ordres ça ne se discute pas, ça s’exécute, avec plus ou moins de conviction mais en aucun cas ça ne se remet en cause. Et si un jour, un soldat reçoit l’ordre de larguer une bombe atomique sur Paris, il le fera. D’ailleurs ça a déjà eu lieu. Alors il ne faut pas se réfugier dans l’histoire pour dire que de nos jours ça n’est plus pareil, car de nos jours c’est pareil et même pire. Le venin de cela c’est l’obéissance. Et les porteurs du venin sont les armées, les Eglises, et toute les organisations basées sur la dépendance hiérarchique. Bien sûr il y a eu beaucoup d’autres victimes du catholicisme et de ses relais temporels toujours d’actualité, mais c’est un autre sujet.

    Par contre, je ne peux pas m’empêcher de penser que la création d’Israël par la communauté internationale, à la fin du dernier conflit mondial, aurait pu s’inscrire dans la recherche d’une solution à la persécution dont a été victime cette population. Un peu comme Haïti pour les anciens esclaves des Caraïbes ou le Libéria pour ceux d’Afrique. Seulement, dans le cas d’Israël, force est de constater, qu’il semble qu’on ait plutôt créé un nouveau problème au lieu de résoudre l’ancien.

    On est maintenant en mesure d’aborder le conflit dit israélo-palestinien, qui est donc en fait un conflit interne à Israël et c’est même pour ça que les forces de l’ONU ne sont pas en mesure d’intervenir, même si probablement les US l’empêcheraient de toute façon. Beaucoup de gens pensent que la solution c’est la création d’un Etat palestinien. Je ne sais pas qui le premier a eu cette idée, mais ce n’est pas une bonne idée. En effet, le but n’est pas de loger les Palestiniens dans une enclave que l’on pourrait détacher d’Israël, parce que c’est déjà le cas, par exemple avec Gaza. Ceux qui sont pour cette idée, de créer un Etat palestinien, sont peut-être parti d’un bon sentiment, par exemple pour les protéger de l’agressivité des colons israéliens, mais ils n’ont pas réfléchi que de faire deux Etats est la meilleure solution pour que la guerre continue, puisque le problème est le projet d’expansion territoriale d’Israël au nom d’une guerre de religion. Non, la solution à ce problème passe par une évolution interne d’Israël, puisque les Palestiniens en font déjà partie, c’est à dire par une prise de conscience de toute la population que la guerre ne mène qu’à la guerre. C’est donc un processus long. Vous savez ça a pris du temps en France pour que les femmes votent. L’important c’est que se manifeste une volonté de changer de cap. Avec le projet d’un Etat palestinien, Israël ne se remet pas en cause et il est donc pour ce projet. Se remettre en cause, c’est d’abord constater la catastrophe continuelle que représentent ses 60 ans d’existence et c’est surtout faire tomber beaucoup de tabous qui nous concernent aussi. Le tabou de la terre promise qui appartiendrait seulement à quelques personnes doit tomber, le tabou de la religion juive comme religion d’Etat doit tomber, le tabou du parapluie américain pour couvrir des actes barbares doit tomber, le tabou de la terre sainte sanctuarisée par les religions doit tomber. Ce n’est qu’à ce prix qu’Israël pourra devenir un Etat acceptable et fréquentable, c’est-à-dire, laïque, multiracial et pacifique et que les catholiques arrêteront d’aider Israël en allant en pèlerinage au bord de la mer Morte. Toujours dans le registre d’appeler les choses par leur nom, il faut parler de l’attitude que nous pouvons avoir par rapport à Israël. Ceux qui l’admirent et le soutiennent ouvertement ou discrètement ont, clairement, du sang sur les mains. Ceux qui affichent une certaine indifférence, ou une certaine distance, voire essayent de soutenir les palestiniens, sont quand même coupables de cécité et feraient bien d’ouvrir les yeux. Ceux qui le critiquent et souhaitent qu’Israël se transforme peuvent, je l’espère, trouver quelques encouragements et arguments dans ce texte.

    Michel Costadau