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  • Téléphone

    Téléphone

    C’est l’histoire du type qui a essayé de créer son identité numérique. Moi je croyais que mon identité numérique c’était mon mobile puisque pour valider une opération commerciale, bancaire ou administrative, on m’envoie un code sur le mobile pour identification. Ben c’est pas ça.

    J’ai donc essayé. A vrai dire, j’avais une démarche à faire pour la SCEA et je suis rentré dans formalités/entreprisses. On vous demande alors si vous avez quelque chose à déclarer. Ben oui justement c’est pour ça que je me suis connecté. On vous informe alors qu’il faut passer par le Guichet Unique et que c’est facile. Déjà quand ils disent facile ça veut dire que plein de gens se sont cassé le nez et que donc c’est difficile. Faut être vigilant.

    On vous explique, alors,  qu’il faut prendre beaucoup de précautions, genre lire tout un tas de recommandations, avant de passer à la phase déclarer qui est celle pour laquelle vous vous êtes connectés.

    Après trois codes de vérification sur mob, sur mail puis sur mob, on vous propose deux méthodes. L’une qui inclut gratuitement la signature électronique qui vous sera nécessaire et l’autre pas et, évidemment, on vous recommande la première sans vous dire à quoi sert l’autre.

    Vous choisissez donc la première et là deux nouveaux choix se présentent. Avec France Identité ou avec La Poste. J’ai choisi La Poste. La Poste vous demande alors de vous munir de votre passeport, de votre mobile et de votre CB pour des achats éventuels !

    La scène suivante consiste à photographier le passeport, puis la photo de vous  qui est dans le passeport, puis votre propre tête. La procédure est la même avec une carte d’identité, à condition qu’elle soit au nouveau format CB avec puce.

    Vous  êtes prêt  C’est parti. Il faut alors  appuyer successivement sur chaque question qui apparait sur fond bleu, avec le pouce puisque vous tenez le phone dans la main, d’où quelques erreurs d’aiguillages.

    Maintenant il faut prendre le passeport dans la main gauche et tenir le mobile de l’autre afin de mettre le passeport dans le cadre qui apparait sur l’écran.

    Veuillez inclinez le passeport vers vous  Mettez le dans la lumière et ne bougez plus. C’est presque fini.

    Bon maintenant  Mettez la photo de votre passeport dans le cadre. A cet instant il te faut donc ne viser que la photo de la page que tu viens de prendre en entier.

    Vous êtes prêt, encore un instant, C’est presque fini, clac, c’est bon.

    Maintenant Mettez votre visage dans l’ovale qui apparait sur l’écran, Rapprochez vous un peu, c’est presque fini,  clac, c’est bon.

    Mais c’est pas fini. Tournez vous vers la gauche, il y a d’ailleurs une flèche vers la gauche qui apparait sur l’écran. Le problème c’est qu’en tournant la tête tu ne vois plus l’écran.  Alors tu tords les yeux et un peu la tête pour essayer de voir si tu es dans l’ovale.

    Et puis tu entends clac et s’affiche Vous pouvez quitter l’application. Votre identité numérique vous sera fournie dans moins de trois heures.

    Un quart d’heure après, un mail te dit que la procédure a échoué et qu’il faut recommencer. J’ai recommencé deux fois.

    Après j’ai essayé France Identité. Il apparait que les mairies sont en mesure de certifier votre identité numérique. Banco. J’ai téléphoné à la mairie qui m’a dit qu’elle ne voyait absolument pas de quoi il s’agissait, mais que pour certifier une signature il pouvait le faire.

    Je me suis donc replié sur moi-même pour reprendre mes esprits et tenir une conférence au sommet de mon incompréhension. J’ai commencé par procéder à une analyse froide de la situation. Il m’est alors apparu que je ne savais pas à quoi pouvait servir cette fameuse identité numérique.

    J’ai donc demandé à GG et WK qu’ils me le dise.

    C’est alors qu’un précipice s’est ouvert devant moi car nous n’avons pas une identité numérique mais des identités.

    EXTRAITS

    Il existe quatre processus de figuration de l’identité numérique :

    1. L’identité civile qui renvoie aux « propriétés génériques et statutaires » fixes de l’individu dans sa vie réelle (nom propre, sexe, âge, localisation, photographies personnelles, etc.).
    2. L’identité agissante qui caractérise ce que fait la personne dans l’univers numérique, ce qu’elle est à travers ses « œuvres » (réseaux professionnels, passions, goûts, etc.).
    3. L’identité narrative qui caractérise le récit personnel fait virtuellement, mais se basant sur le « vrai » moi (journal intime, surnom, pseudo, etc.).
    4. L’identité virtuelle qui caractérise les « projections de soi [qui] prennent des formes ludiques, imaginatives ou fantasmatiques [et] qui n’entretiennent que des correspondances improbables avec l’identité réelle des personnes » (avatar, personnage, jeux en ligne, etc.).

     

    Et trois composantes de l’identité numérique :

    1. L’identité déclarative qui se réfère aux données saisies par l’utilisateur comme son nom, sa date de naissance, ou autres informations personnelles directement renseignées par l’individu.
    2. L’identité agissante qui est indirectement renseignée par les activités de l’utilisateur sur la toile.
    3. L’identité calculée qui résulte d’une analyse de l’identité agissante par le système, comme le nombre de « likes», le nombre de communautés virtuelles dans lesquelles l’individu évolue, ou encore ses fréquentations sur les réseaux sociaux.

     

    Pour sortir du cauchemar j’ai juste pris un miroir et je mes suis demandé qui c’est que je voyais la dedans. J’ai eu beau remuer le miroir dans tous les sens je ne voyais que moi. Ca m’a rassuré.

    Et je n’ai toujours pas d’identité numérique. Bof

    Michel Costadau

  • AigreEurope

    AigreEurope

    Encore un billet aigre avec quelques accents presque complotistes, mais je vous le promets le prochain sera plus détendu.

    Juste au moment où je décide de faire un billet sur l’Europe, voila qu’un artiche du Monde des Livres m’ouvre une porte inattendue. Dans cet article un journaliste défend le nouveau livre d’un historien qui dit en gros que l’UE est un Etat mais pas comme les autres, un Etat qui s’ignore encore, c’est-à-dire qui est en train de devenir un vrai  Etat, comme il en existe presque 200 à l’ONU, voire même un Etat supérieur.

    Je ne vais pas discuter de savoir si l’UE est un Etat ou pas. Il est clair que ce n’est pas le cas. Ce serait plutôt une construction purement économique pour favoriser les entreprises européennes. Qui dit entreprises dit actionnaires, qui dit actionnaires dit milliardaires. Chercher l’intrus.

    En l’occurrence ce n’est pas l’économie qui m’intéresse mais la politique. La question est donc : est-ce que l’UE est une actrice politique au même titre que les US ? Si je pose la question c’est parce que certains d’entre-vous  pensent que l’UE est une force de paix entre les peuples, une force œuvrant pour renforcer les droits de l’homme partout dans le monde, une force agissant pour le maintien de la biodiversité et le respect de l’environnement.

    Hélas il n’en est rien. C’est même le contraire. Et pour commencer l’UE est en guerre avec la Russie et d’une manière rampante  avec les US.

    Depuis sa création l’UE est un marché commun, on dit maintenant unique, c’est-à-dire que tout tourne autour du commerce. C’est pour ça qu’il y a, dans l’UE, quelques Etats voyous  afin de permettre aux affaires de se faire. Malte et Chypre sont de ceux-la. Les directives européennes, sous couvert de tout électrique et d’énergies alternatives sont très permissives avec l’environnement et la biodiversité. Bon on va pas en faire un plat, mais exit la protection de la biodiversité et de l’environnement puisqu’il y a des trous dans le filet. A Bruxelles en face du bâtiment de la commission il y a celui des lobbies qui a deux fois plus de monde. Les affaires sont les affaires, faut que tout le monde vive.

    Mais alors les droits de l’homme quand même. Oui les droits de l’homme sont la clé qui permet à l’UE de se mêler des affaires des autres avec un excellent prétexte. C’est cela qui lui a permis d’agresser l’Ukraine jusqu’ à la réaction russe.

    Euuuuh oui c’est pas facile à admettre car pour beaucoup de gens et les médias occidentaux, l’agresseur c’est la Russie.

    Un peu comme l’attaque terroriste palestinienne du 7 octobre.  Heureusement il est maintenant admis qu’Israël n’a jamais accepté les palestiniens et les a pourchassés depuis des années et qu’Israël est l’agresseur patenté. L’action du 7 octobre n’étant qu’une réponse à la violence par la violence à cette agression qui est en train de tourner au génocide.

    Halte me direz-vous on s’éloigne de l’Ukraine. Pas tant que ça, parce que les révolutions orange, les groupes fascistes dans les rues, les élections corrompues et  l’incendie du siège des syndicats de Maiden, c’est au nom des droits de l’homme que l’UE a impulsé et financé cela.

    Vous le savez le principe est simple, il consiste à trouver dans le pays cible des citoyens sensibles aux valeurs européennes, commerce, presse, concurrence, économie de marché, créations d’entreprises etc, et de mettre les médias et les politiques en route pour s’offusquer qu’ils n’aient pas le droit de s’exprimer. Ensuite manifestations, soutien médiatique de la ligne OTAN-Europe, création de petits partis politiques pro-européens, dénonciation de la répression et ça y est l’engrenage est lancé. Y a qu’à dérouler.

    Et pourtant depuis toujours  la Russie a dit pas d’Europe et surtout pas d’OTAN pour l’Ukraine. Vous allez me dire, mais de quel droit la Russie lui interdit l’OTAN. Simplement parce que l’OTAN est un traité qui définit la Russie comme l’ennemi et pointe ses armes sur elle. Vous le savez mais vous l’oubliez souvent.

    Et donc les actions orange ont continuées jusqu’à la réaction violente de Moscou le 24 février 2022.

    En fait la guerre n’aurait pas du durer, car c’est ce jour là qu’il aurait fallu commencer à négocier. Je me souviens même que Le Monde s’est fendu d’un article qui expliquait clairement la position russe depuis le soviétisme, la Crimée, Kroutchev etc. Mais non l’UE a choisi la guerre et ses horreurs, pour aller où ?

    Quoiqu’il arrive les Ukrainiens n’auront rien gagné dans cette affaire, car comme je l’ai bien expliqué dans le billet Democratia : vous n’avez pas le pouvoir de changer votre voisin. Et l’Ukraine, même appuyée par l’Europe ne l’a pas.

    Alors exit les droits de l’homme, l’UE ne les respecte que quand ça l’arrange, parce que sinon pas de Mercosur ni de commerce.

    Bon  il reste la paix. L’UE promeut la paix dans le monde. Oui, c’est vrai, mais il y a peu de pays qui disent le contraire. Alors certes, l’UE organise beaucoup de pourparlers de paix quand il y a un conflit quelque part. Quelques fois ça sert, mais en fait le vrai faiseur de guerres ou de paix ce sont le US.  Et l’UE ne s’et jamais opposé aux dictats US. On vient encore de le voir avec les droits de douane, le Groenland, le Venezuela et les dérèglements climatiques.

    Est-ce que l’Europe va essayer de changer de paradigme en affrontant le rouleau compresseur US ?

    J’ai comme un doute. Et vous ?

    Michel Costadau

  • AigreIA

    AigreIA

    J’ai surement la naïveté d’un premier communiant, mais je n’arrive pas à avoir peur de l’IA. Certes je vois que ça fleurit un peu partout, qu’il y a beaucoup d’utilisateurs et chaque fois que j’ouvre un fichier il y a un encart qui demande « besoin d’aide ? ». Non merci A+

    Pourtant il y en a qui se posent de sérieuses questions, comme ces analystes de la météo avec leurs modèles hyper sophistiqués qui utilisent la puissance d’Eviden et qui avouent que l’IA fait d’aussi bonnes prévisions qu’eux. Et pourtant les outils IA n’ont pas que je sache des capteurs un peu partout. Et c’est même pas sûr qu’ils sachent la différence entre un cumulus et un stratus.

    J’imagine que les développeurs IA ont rentrés toutes les données anémométriques, pluviométriques  et autres de toutes les villes du monde depuis 100 ans avec le temps –weather- qu’il faisait. Puis ils ont fait des corrélations entre ces données à la fois dans le temps –time- et dans l’espace. Peut-être ont-ils lancé un mécanisme d’apprentissage en partant des données d‘une semaine pour trouver le jour suivant, puis fait glisser la semaine jusqu’à aujourd’hui.  Et ils proposent une prévision la plus proche statistiquement de ce qui s’est déjà passé.

    J’imagine mais en fait je n’en sais rien. Alors, que ceux qui pourraient m’éclairer la dessus, sans se moquer, n’hésitent pas à le faire. Merci d’avance.

    Mais je ne vois pas dans tout ça ce qui pourrait m’inquiéter. Je note même que, si mon hypothèse est correcte, l’IA ne peut faire des prévisions que parce qu’il y a tous les relevés météos qui ont été soigneusement collectionnés pendant des années. Et qui sont disponibles. Toutes ces données permettent aussi, je le suppose, de faire des prévisions à plus long terme, ce qui peut paraitre impressionnant, mais n’est qu’une extrapolation de relevés.

    Bien entendu les consommations des centres de données en électricité, métaux rares, main d’œuvre exploitée et pillage d’informations sont révoltants et dangereux mais c’est la même histoire qui se répète. Chaque fois qu’il y a un nouveau concept en mesure d’entrainer une croissance de la consommation, les pouvoirs publics ferment au maximum les yeux jusqu’a ce qui ce soit suffisamment développé pour ne plus pouvoir revenir en arrière. Automobile, télévision, téléphone, réseaux, trottinettes, IA, voitures et taxis sans chauffeurs et bientôt taxis volants tout a été fait pour que cela puisse se développer malgré les morts, la pollution, l’endoctrinement, les vrais mensonges et la facilité. !!! -Allo ! oui deux pizza et des sushis ! -dans un quart d’heure ! -c’est très bien ! -voila ma carte, c’est au deuxième ! -au revoir !!!.

    Pour moi l’IA n’est pas big brother, pour la simple raison que big brother existe déjà. Eh oui il est aujourd’hui impossible d’échapper au logiciel du capitalisme qui est la consommation. Vous pouvez couper les pubs, ne pas avoir la télé, ni de réseaux sociaux, ni écouter les informations, le logiciel est quand même à l’œuvre pour détruire la planète et fabriquer des produits de plus en plus inutiles….que vous finissez par acheter. Et si vous me dites que vous arrivez à avoir une carte de crédit qui ne laisse aucune trace, à éviter les spam  et autres requêtes insidieuses, eh bien je ne vous crois pas. En plus il n’y a pas d’ailleurs, car les milliardaires ont déjà acheté toutes les iles désertes, alors il vous reste la plage d’Argeles ou le lac de Bethmale.

    Clairement, il me semble qu’un des principaux débouchés de l’IA c’est l’aide au choix, l’aide à tout en fait, le parfait outil du petit feignant. Ca va devenir de l’hyper consommation éclairée nuit et jour par nos chères centrales nucléaires. Il ne faut peut être pas le dire comme ça mais l’atome me fait plus peur que l’IA.

    Il est clair que l’ensemble du savoir de l’humanité représente une richesse, un patrimoine collectif inestimable. Alors que l’IA se jette dedans comme un cochon dans une remorque de pastèques pour tout manger, piétiner, piller, pirater et  gâcher à tel point  qu’on ne reconnaisse plus le vrai du faux, c’est, certes, une honte mais seulement une honte de plus.

    Bien sûr ils utilisent le mécanisme de personnalisation qui fait que vous avez l’impression que c’est une personne qui vous répond. C’est assez classique mais pas trop dangereux. C’est comme pour le GPS, où une charmante voix vous indique -première sortie et ensuite votre destination se trouve sur la droite- vous amenant à dire quand vous vous trompez qu’elle va  vous rétablir, alors que vous devriez dire il car ce n’est pas une femme qui vous parle mais un logiciel.

    Alors est ce qu’avec l’IA nous sommes seulement dans le domaine de la tromperie. Non, pour moi, l’IA est d’abord un outil de consommation, consommation des centres de données pour les construire et les utiliser et consommation des acheteurs, c’est à dire nous. C’est aussi un outil d’augmentation  de la productivité c’est-à-dire de robotisation avec son cortège de pertes d’emplois  et d’augmentation des profits encore et toujours.

    Il y a quand même deux trucs qui me font sourire d’avance. D’abord la bataille des IA. Portés par leurs sponsors, les logiciels vont se battre entre eux pour rester en tête avec peut-être la  génération d’auto-pub comme au temps de Palmolive. Ensuite la propagation de l’erreur. Ces logiciels ayant une frontière floue entre le vrai et le presque vrai, la contamination de leurs propres données deviendra difficile à repérer et encore plus difficile  pour essayer de s’en débarrasser.

    Alors l’argent toujours l’argent on en sort pas. Fini le temps où les entreprises se contentaient d’un résultat de 7% du chiffre d’affaire.  SpaceX fait un bénéfice égal à la moitié de son chiffre d’affaire. C’est ce que cherche l’IA. Avec ça on peut aller faire son marché sans soucis.

    Bonne courses.

    Michel Costadau

  • AigreAgri

    AigreAgri

    Je ne sais pas trop si les manifs agricoles sont vraiment terminées mais ce qui est sûr c’est qu’elles ont été d’une extrême confusion.

    Néanmoins il y a tout d’abord deux choses à regretter. Primo l’écho pas si défavorable que ça dans l’opinion et deuxio la permissivité totale des forces de l’ordre, c’est-à-dire du gouvernement, vis-à-vis des exactions des manifestants sauf pour la Confédération Paysanne.

    Car vous le savez, en tous cas pour une bonne partie d’entre vous, il y a trois organisations syndicales agricoles. D’une part la FNSEA/JA ou Fédé, ensuite la Coordination Rurale ou CR et enfin la Confédération Paysanne ou Conf. Ces trois organisations défendent des lignes extrêmement différentes.

    La première est sur une  position d’agrobusiness axée sur l’exportation, les firmes agro-alimentaires et la mécanisation,  la deuxième très marginale jusqu’à ces dernières années est sur une ligne de grosses exploitations tournées vers l’abolition de toutes entraves dans les fermes, l’augmentation des marges agricoles et le développement du salariat. La troisième, issue de petits paysans et d’ouvriers agricoles défend les valeurs travail, collectif et proximité.

    Dans un premier temps seule la Conf, puis la Conf et la CR avec leurs militants et leurs tracteurs ont manifesté sur le refus de l’abatage total pour endiguer la DNC et contre le Mercosur. La Fédé était donc absente ce qui s’explique par le fait que c’est elle qui a préconisé l’abattage total pour préserver ses filières d’exportation et qu’elle n’a rien contre le Mercosur.

    Ensuite la CR est montée en pression mettant la Conf en porte à faux idéologiquement, ce qui l’a obligé à se démarquer et à faire quelques actions seule.

    Enfin, tardivement, la Fédé est arrivé avec ses propres tracteurs et un  projet de loi qui reprend ses demandes et seulement les siennes.

    Et donc au final c’est le gouvernement qui a gagné avec la Fédé. La CR s’est faite une bonne publicité pour ses idées fascistes et la Conf a progressé en notoriété mais ses militants ont  pris des coups.

    Et l’agriculture dans tout ça. Et bien c’est la grande perdante. N’ayons pas peur des mots, la Fédé et la CR sont les fossoyeurs de l’agriculture. Leur objectif est de transformer les agriculteurs en salariés des firmes, des mal nommées coopératives et des industriels amont et aval. Salariés ça veut dire acheter les intrants et livrer entièrement sa production. Entre les deux il y a un travail d’exécution qui peut être fait de plus en plus par des robots. C’est le principe du salariat mais avec une absence totale de maitrise des coûts et des prix, ce qui amène la disparition d’un grand nombre de fermes et un mécanisme constant d’agrandissement des exploitations.

    L’exemple des œufs est assez illustrant. On importe trop d’œufs et il convient de relocaliser la production pour éviter les trous d’airs liés à des grains de sable dans la logistique. Pour cela deux méthodes sont possibles.

    La première consiste à développer la production chez un grand nombre d’agriculteurs qui valorisent ainsi directement leur produits végétaux, trouvent un complément de revenu et permettent une distribution locale.

    La seconde consiste à favoriser l’implantation d’énormes unités de productions en baissant au maximum toutes les normes de contrôle sanitaire et de pollution, en légalisant des conditions de vie déplorables pour les animaux, en concentrant  l’approvisionnement et l’écoulement dans les firmes multinationales  et en dégradant  la qualité des produits .

    Comme vous le savez c’est la deuxième méthode qui est choisie et c’est cela que j’appelle la mort de l’agriculture.

    Alors oui il y a encore des paysans qui font leur foin, qui rentrent les bêtes le soir, qui connaissent chaque parcelle en leur faisant produire ce qui est adapté prés, céréales, légumineuses et qui mettent du fumier. Pas partout mais il y en a encore, même dans le Tarn. Mais ces gens là ne sont pas aux commandes des chambres d’agriculture, ni des coopératives, ni des safer, ni des firmes agroalimentaires, ni des cabinets ministériels. Souvent ils ne sont même pas représentés. Alors ils s’éteignent doucement, laissant la place au business et aux machines.

    Bien sûr il y a encore des marchés, des AMAP, des colis, des foires et des concours, mais ce n’est pas cette image là que donnent les manifestations agricoles. En clair sortir les tracteurs ne profite qu’à la Fédé et à la CR.

    C’est pour cela qu’il est déplorable de soutenir ce monde agricole là qui est très polluant, accapareur d’eau et de terres, se moquant complètement de la biodiversité, de l’environnement et la qualité de ce qu’il produit , n’hésitant pas à transformer en carburant des champs entiers de mais ou de colza.

    Oui c’est cela le monde agricole qui met un vieux moustachu avec son béret  sur la réclame de son fromage ou de son saucisson industriel.

    Evidemment certains diront qu’il y a des producteurs locaux qu’il faut soutenir et encourager, des fermes bio respectueuses de l’environnement et que la Conf défend vraiment les paysans. Oui c’est vrai mais c’est quand même plus bobo que populaire. C’est de la consommation pas de la politique.

    En ce qui concerne le laisser faire des pouvoirs publics vis-à-vis de la Fédé et de la CR, malgré quelques accrochages avec cette dernière, c’est la confirmation que ces syndicats et leurs adhérents sont au service du gouvernement pour faire passer tous les projets de destruction de la nature.

    Bon appétit.

    Michel Costadau

  • essai

    aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

  • Départ d’Elisabeth Costadau

    Départ d’Elisabeth Costadau

    Témoignage de Bernard Costadau :

    Que de monde, tout çà pour toi, l’émotion te monterai au visage et tu serais déjà en train de rougir, il y a ceux ici dans cette assemblée, et tous ceux qui se joignent à cette cérémonie par leurs pensées ou leurs prières.

    Tout çà pour toi, une petite femme, la plus petite de la fratrie, plus petite que papa, que tes enfants ou tes petits enfants ,toujours discrète, jamais sur le devant de la scène mais au combien présente.

    Ton regard aux yeux bleus gris, ta petite bouche qui produisait un ineffaçable sourire en toutes circonstances et une attention pour tous ceux qui t’entouraient par un petit signe amical, une parole, un mot de réconfort ou une caresse sur la main.

    Hormis la famille jamais de grandes effusions, tout dans la modération mais toujours ces petites marques d’amitié, de soutien ou de compassion.

    Une vie difficile pourtant  ne t’avait pas épargnée, la perte de ton papa en 1942, l’éclatement de la famille qui s’en est suivi avec tes frères envoyés en pension en Suisse ainsi que les rudesses de la guerre au quotidien. Des études à Saint Cernin où ton histoire te ramènera en 1968 pour faire la connaissance de papa.

    Jeune adulte, Soulbarède trop petit pour que tous aient une place, tu choisis sous la houlette de tante Beth de faire des études d’infirmière, ce sera Saint loup au diaconat, l’école y fut dure, tu y as appris à tes dépends que les repas sont une perte de temps, quand à ton premier petit déjeuner la mère supérieure sonna le début puis la fin du repas  et que ton bol de porridge était loin d’être terminé. Le début d’une vie au pas de charge, l’hôpital à Montreux où tu fis la connaissance de ta meilleure amie qui deviendra ta belle-sœur, Monique, ma marraine trop tôt partie. Vinrent trois ans d’infirmière à Londres histoire de parler une langue de plus et de s’ouvrir au monde puis retour à Bergerac ; papa et votre mariage en 1970, nous en 1974 et une nouvelle vie qui commençait. Travail était le leitmotiv, première levée à 06h00 et dernière couchée jusqu’à ton accident de 2021 et couchée pour lire au moins deux heures chaque soir histoire d’apprendre sur  tout, cette éternel besoin de connaître et de se concentrer sur les fondements de la vie.

    Pémontier c’est aussi, ta maman, notre grand-mère  devenue invalide et qui prenait beaucoup de ton temps  mais aux pâtisseries divines même si le baba au rhum comme les forêts noires nous faisaient pétiller le regard, elle n’oubliait jamais, à ton grand désarroi d’arroser copieusement ces desserts. Pémontier c’est aussi notre grand-père paternel dont tu auras pris soin jusqu’au bout, lui aussi écorché par la vie avec la perte de notre grand-mère bien trop tôt partie.

    Pémontier c’est beaucoup de rires, de réunions de famille pour toutes les occasions et l’accomplissement de tes talents de cuisinière, rester à table te semblant une perte de temps, la cuisine te donnait le travail qui t’aurait manqué pour le plus grand satisfecit des papilles de tes convives.

    Pémontier c’est aussi de grosses peines pour toi,  pour nous, les  premières fois où nous t’avons vu pleurer autant avec tes neveux et nièces fauchés en toute innocence, dans la fleur de l’âge, sur la route par des conducteurs inconscients, la disparition de Monique, ton double indissociable de la vie, tes frères Pierre puis Frédéric  mais aussi papa toutes ces peines qui t’ont tellement blessées et que tu gardais pour toi.

    Mais Pémontier est aussi le lieu privilégié de tes petits enfants, Aloïs, Xander et Pierre, après une maman formidable une grand-mère de tous les instants aux petits soins pour eux. Que de rire et de bonheur en ces occasions merveilleuses qui resteront gravées dans leurs mémoires à tout jamais.

    Puis vint la retraite, bon jusqu’à ton accident de 2021 tu n’y auras pas gouté, le jardin, les fleurs, les conserves, une maison toujours rutilante, la porte toujours ouverte aux amis et à nous, tes longues marches, papa que la vie avait usé et dont tu t’es occupée jusqu’au bout chaque instant.

    Ces années nous ont un peu inquiétés, avec le temps l’équilibre devenant précaire nous vint la judicieuse idée de t’offrir, l’air de rien, pour ne pas t’offusquer, à un anniversaire des bâtons de marche. Erreur absolue ! Tu en fus comblée et nous horrifiés, leur destination première de te donner de l’assurance fut biaisai par ce que tu découvris la possibilité de marcher plus vite, beaucoup plus vite et plus longtemps !

    2021, un excès de zèle dans le jardin, l’idée de monter sur une pierre pour couper quelques ronces et la chute, le coma, les fractures le traumatisme crânien. La providence et les bienfaits des services postaux ont mis sur ta route le facteur peu de temps après qui fit toutes les démarches pour que tu sois secourue et prise en charge rapidement.

    L’hôpital,  un début d’espoir. Espoir vite assombri par un cadre de santé qui t’avait destiné à l’unité de soins longue durée sans rééducation, heureusement, tu nous as donné un bon sens de l’observation et c’est Napoléon qui sauva la mise. Petite statuette sur son bureau austère de l’empereur au pont d’Arcole  avec la devise en lettres d’or « devoir et soumission »  soumission au mercantilisme de santé lui adressai-je sarcastiquement, piqué à vif, le soir même tu avais une place à Lanmarie, 4 mois de combat acharné pour recouvrer la mobilité, la parole et peu à peu la mémoire, enfin, Beaumont, la maison de retraite où ta maman avait séjourné aussi en fin de vie, funeste destination.

    Néanmoins tu auras pu y réapprendre à marcher en déambulateur, tu y retrouveras une partie de ta mémoire et tu viendras à Pémontier pour toutes les grandes occasions savourer les bonheurs de la famille et des amis.

    Quelques inquiétudes lors de ton séjour, des hauts des bas jusqu’à ce printemps où ton corps a commencé à t’abandonner, usé, des forces qui s’évanouissaient petit à petit.

    Samedi tu me reconnaissais encore, des soins étaient programmés pour cette semaine mais dimanche Luc te trouvas éteinte, sans forces, lundi matin tu nous quittais, apaisée, une infirmière à tes côtés, la boucle était finie après, avoir tenu tant de mains et aidé, aimé, soutenu tant de gens par ces petits gestes discrets, ces attentions permanentes aux autres.

    Maman,  ta vie aura était bien remplie, tu auras marqué tellement  de monde et ’aujourd’hui  ils t’accompagner pour rejoindre papa, te rendre grâce et comme tu le disais si bien : «  ne réussissent que ceux qui osent et qui croient ».

     

    Témoignage d’Aloïs Costadau : 

    Mamie.

    Je tenais tout d’abord à remercier cette assemblée d’être venue partager ici ou en pensée et prières ce dernier moment pour rendre hommage à cette personne si chère à nos yeux qu’est ma grand-mère.

    J’ai mis beaucoup de temps à poser par écrit les souvenirs que j’ai de toi, non pas parce

    qu’ils manquent, mais parce qu’il y en a tellement. J’ai tant de bonnes choses à dire de toi et

    pour toi, alors, il me faut résumer l’essentiel de ce que tu représentais pour nous. Chaque fois

    que je parlais de toi avec quelqu’un te connaissant, il y avait toujours en commun cette

    image d’une personne d’une grande bonté, bienveillante et attentionnée.

    Lorsque je pense à toi, je m’imagine toujours ce visage au sourire radieux, ce regard plein de joie et ces accolades chaleureuses que tu nous réservais lorsqu’on venait te voir à Pémontier.

    Je sais bien ce que tu penses à m’entendre te dire tous ces compliments, je me souviens bien de tes

    réactions lorsque je t’en faisais. Tu me disais en souriant « Mais qu’est-ce qu’il me dit celui-

    là ? » ou encore « Tu crois que tu vas m’avoir avec ces mots doux ? » avant d’en rire tous les

    deux.

    Alors je me dis t’ai-je donc placé sur un piédestal ? Est-ce que j’en fais trop ? Et puis

    je me rappelle que ta bienveillance n’a d’égal que ton humilité.

    Aujourd’hui je constate que non, je n’en faisais pas trop.

    Il me suffit de regarder devant moi pour comprendre que je n’étais pas le seul à voir la personne formidable que tu étais.

    Toutes ces personnes, toutes ces vies que tu as marquées en bien par ta simple présence, ton métier de sage-femme, par ta voix et tes mots, tous ces gens-là aujourd’hui ils te le redonnent.

    Tu as été une personne forte, digne et élégante, une étoile dans ma vie et un rayon de soleil

    dans beaucoup d’autres. Tu m’as appris tant de choses, à lire l’heure sur une montre, à faire

    sauter des crêpes dans une casserole sinon à faire des crêpes tout court, à entretenir des

    roses aussi belles que celle qui s’en occupait  A regarder les poissons dans la Conne, à

    observer les ragondins, à choisir le bon poulet le dimanche au marché, à ne pas pleurer

    quand tu me mettais un pansement.

    En plus de toutes ces petites choses et des milliers d’autres à citer, tu as été un modèle pour nous une source d’inspiration. Je ne demande qu’à me rapprocher de ce que tu étais, à reproduire tes comportements vertueux et à être aussi bon que toi.

    Quelque part c’est aussi ça la vie éternelle, ce sont tous ces sourires et ces bons

    moments passés avec toi, tout cet amour que nous allons transmettre aux autres.

    C’est à travers cela que tu continues de vivre avec nous.

    Comme l’a dit Xander, avec beaucoup de justesse :  « ne pleurons pas parce que c’est fini,

    soyons heureux parce que c’est arrivé ».

    Nous avons eu la chance de te connaître, et pour cela je te dis, nous te disons, merci. Merci d’avoir été cette personne merveilleuse dans nos vies.

    Nous te souhaitons que le meilleur, tu le mérites tellement.

    Repose en paix Mamie.

    ______________________

  • Romani 69

    Romani 69

    -Et précisément, qui y va ? car c’est dans la cuisine que ça se passe, qui parle ? et peut-on prévoir quelques déroulements possibles ?,

    -Sazak reprend la parole en disant que Vienna et notre ami sont de base et qu’ensuite elle voit les hommes, elle et Taqui restant en réserve,

    -Il me semble, répond Vienna, que c’est à notre ami de prendre la parole pour commencer car c’est lui qui est devenu l’homme à abattre. Et d’ailleurs, dit-elle en s’adressant à moi, qu’allez-vous dire ?

    -Moi, je vais simplement exprimer notre refus de tout ultimatum, ainsi que celui de quitter les lieux. En gros nous n’acquiesçons rien de sa demande et au contraire c’est nous qui lui demandons de disparaitre de nos vies.

    -Bon, c’est clair, reprend Vienna. On ne peut pas anticiper quelle sera sa réponse, mais en fonction nous aviserons,

    -Quand même, précise Sazak, il y a, en gros, deux cas. Soit il dit ok je m’en vais soit il dit non. Dans le premier cas est-ce que nous le laissons partir sans rien ajouter ou pas,

    -Cette possibilité ne me plait pas du tout, clame Taqui, c’est reculer pour mieux sauter et commencer par reculer c’est être sûr qu’à la fin c’est nous qui allons sauter,

    -Quand même, reprend Sazak, il y a peu de chances qu’il dise ok, mais comme nous regardons les divers scénarios, il en fait partie. Et dans ce cas nous devons le laisser partir c’est tout,

    -Et alors, demande Timor, dans le cas où il ne dit pas ok, il se passe quoi ?

    -Là encore, continue Sazak, il y a deux cas. Soit il se jette sur notre ami, soit il ne fait que des menaces orales. Dans ce dernier cas nous devons encore le laisser sortir tranquillement. Par contre s’il se jette sur notre ami, il a perdu car nous lui faisons sa fête,

    -Ca se précise donc un peu, reprend Vienna, pour le reste c’est lui, par ses réactions, qui va lever nos interrogations,

    -Maintenant quelle heure est-il, demande Sazak,

    -Je lui réponds qu’il nous reste un quart d’heure avant de retourner dans la cuisine. Je propose qu’avant de retourner le voir nous allions tous ensemble dehors pour nous mettre en ordre de bataille dehors. Tout le monde est OK,

    -Timor lance, en s’adressant à Sazak : tu as dit lui faire sa fête, mais as-tu vu comment vous êtes habillés et surtout chaussés. Tout le monde en pantalon et avec des chaussures qui tiennent aux pieds y comprit les garçons. Vous avez cinq minutes. Moi j’ai mes chaussures de rando, alors je ne bouge pas.

    Il y a un petit moment de flottement pendant lequel chacun se demande ce qu’il va garder ou changer sur lui et passe ensuite à l’action vers sa chambre ou son lieu. Je me retrouve un moment  seul avec Vienna qui me dit :

    -Je regrette beaucoup que vous soyez embarqué dans cette histoire. Elle repose en grande parie sur des démissions successives de ma part, que vous avez aidé à stopper en quelques semaines. Je tenais ainsi à vous dire merci,

    -Vous n’avez pas à me remercier ni à vous excuser. J’ai agit en toute connaissance de causes et aussi pour mon amitié avec votre fils, qui s’en trouve renforcée. Ceci dit vous m’avez surpris par la rapidité de votre rétablissement. Il faut croire que vous étiez prête et que je n’ai été que le déclencheur,

    -C’est gentil, bon maintenant il nous faut passer à l’action dès que tout le monde sera là.

    Cinq minutes plus tard, effectif au complet dûment relooké, essentiellement les chaussures, nous quittons la chambre, faisons une halte dehors pour sautiller, nous détendre et nous mettre en configuration. C’est-à-dire Vienna encadrée par Bulan et moi, suivie de Timor et derrière Sazak et Taqui. Nous entrons dans la maison et nous dirigeons ver la cuisine dont la porte est fermée. Vienna prend la poignée et pousse la porte qui s’ouvre sans bruit. Son ex est toujours là assis à la table, calé dans sa chaise. La seule chose nouvelle c’est qu’il y a un couteau de cuisine à découper posé sur la table, pas très loin de sa main.

    Vienna dit « bonjour » et ne se dirige pas vers lui mais vers un placard où elle prend une tasse et se tournant vers son ex lui demande « café deux sucres ». Elle a du recréer ainsi une situation de leur ancien quotidien, car il répond « euh oui ». Et quand elle pose la tasse sur la table, d’un geste rapide elle fait glisser le couteau et l’envoie  par terre où il va se coincer aux pieds d’un meuble de cuisine à un pas de Taqui.

    Aussitôt il se lève et se précipite sur Vienna en bousculant la table. Ses mains se dirigent vers le cou de Vienna mais déjà Bulan lui a donné un violent coup de poing sur l’oreille qui stoppe son élan. Je vois une ouverture pour un coup de pieds et je lui balance ma chaussure bien tendue en plein milieu de la cuisse. Il tombe et Timor en profite pour le marteler de coup en accompagnant sa chute. Par terre il roule et se redresse mais je vois bien qu’il boite. Vienna s’est reculée près de l’évier et cherche à remettre la table sur ses pieds ou au moins à la sortir du milieu. Bulan continue de lui taper dessus, tandis que Timor lui balance force coups de lattes qui tombent au petit bonheur la chance.

    Il cherche à éviter les coups et aussi à en donner mais handicapé par sa jambe, ça tombe dans le vide. En même temps il tente de se diriger vers la porte, mais je lui fais un croc en jambe qui l’oblige à se courber pour reprendre son équilibre. C’est donc de travers le coude gauche en avant qu’il arrive sur Taqui qui a récupéré le couteau et le tient à deux mains comme un pieu. Comme il a du mal à se diriger, il se jette sur le couteau qui lui rentre profondément dans l’épaule. Il porte la main à son bras sous le coup de la douleur tout en revenant vers les éléments de cuisine aux pieds desquels il tombe lourdement, aidé par les assauts de Timor et de Bulan.

    Appuyé aux éléments, les jambes étendues devant lui, la mais serrant son bras, il a un œil à demi fermé et respire par saccades. Vienna traverse la pièce et demande à Bulan d’aller chercher un médecin. En fait de médecin je me souviens que j’ai rendez vous demain avec le rhumatologue. Ca sera pas du luxe me dis-je.

    Michel Costadau

    FIN

  • Romani 68

    Romani 68

    -Tu as vu trop de western, dit Timor, en souriant. En plus, pour que ça marche, il faudrait que tu sois sûr de gagner. Et à part un duel à l’alcool je ne vois pas dans quelle discipline tu pourrais l’emporter. Non il me semble que cette famille n’a pas besoin d’un héros mais d’une révolte,

    -D’accord, répondis je, mais tu fais un peu partie de cette famille, alors dis plutôt nous que vous. En plus, il nous reste moins d’une heure pour choisir quelle attitude adopter. En m’adressant à Sazak je demande : qu’entends-tu par comportement plus offensif ?

    -Je veux dire, répond Sazak, qu’il faut arrêter d’être passif en subissant des attaques mais commencer à donner des coups. Comment je ne sais pas, mais nous allons trouver,

    -En fait, reprend Vienna, il est clair nous devons le chasser de nos existences,

    -C’est une formule à double sens, indique Bulan, soit nous ne faisons que le menacer et il s’éloigne de lui-même, mais à ce moment-là il peut revenir quand il veut, soit nous le mettons dehors en lui ôtant toute envie de revenir,

    -Tu veux dire que cela implique l’utilisation de moyens physiques adaptés, continue Vienna. N’ayons pas peur des mots, il faudrait lui taper dessus, c’est bien cela que tu évoques. Mais qui va le faire ?

    -Mais nous bien sûr, enchaîne Taqui, et je ne pense pas être la seule à être motivée. N’allons pas croire que nous avons un rapport de force disproportionné sous prétexte qu’il est seul contre nous. Comme dit mon frère il s’agit de montrer notre commune détermination et non notre isolement des uns des autres. Il nous faut frapper ensemble, c’est un message un peu direct mais c’est le point où nous en sommes. Je suis contente que l’on aborde cet aspect plutôt que les habituelles discussions de résignés qui ne débouchent sur rien,

    -En fait je suis complètement d’accord, répond Bulan. J’ai toujours cherché à protéger maman, même en rabrouant la vindicte de mes sœurs, mais j’éprouve les mêmes sentiments qu’elles. Nous ne pouvons pas nous contenter de lui faire la leçon en lui demandant de ne pas recommencer. Et d’ailleurs quelles punitions pourrions-nous lui donner pour étayer notre propos. Il se moque de nos remontrances puisqu’elles ne se traduisent par aucun ennui pour lui. Des mots, voilà des mots c’est tout.

    La situation a changé avec l’arrivée de notre ami qui a redonné confiance à maman. Nous avons la main et il est venu à notre rendez-vous, même s’il continue ses intimidations et sa pression. C’est donc bien le moment pour nous de passer à la vitesse supérieure ou plutôt au changement de comportement. Nous sommes ses ennemis, mais lui n’en a pas. Nous allons le devenir en lui montrant notre hostilité, que nous n’inventons pas car il a passé des années à la faire naitre, à la modeler et l’agrandir. Maintenant  que nous avons les yeux ouverts, la réalité nous saute aux yeux et apparait en plein jour. Et c’est un désastre que nous contemplons. Cet homme nous a fait du mal, sciemment, continûment, vicieusement. Nous étions balladés sur la frontière entre la presque légitimité et l’abus de pouvoir.  Nous étions ballotés et nous nous balancions dans la douloureuse incertitude de l’inaction et de la victimisation,

    -Oui, je sens qu’il va se passer des choses terribles, prononce Vienna. A la fois je les redoute et je les souhaite. Nous avons quand même vécu ou survécu jusque-là. Je voudrais éviter que nous plongions dans un abime de douleur et d’incompréhension. Mais concrètement que pouvons-nous faire et quelle réponse allons-nous lui donner,

    -Mais nous pouvons faire, ce n’est pas un problème, explique Bulan. Nous savons qu’à minima nous pouvons lui tenir un discours ferme en le menaçant. Certes ce ne sont que des mots mais nous sommes bien remontés quand même. Ensuite est-ce que notre animosité est suffisante pour que nous mettions une certaine violence dans notre réponse. Violence physique je veux dire afin qu’il sente le poids dont nous voulons le charger et qui doit l’empêcher de bouger. Concrètement je propose ce diptyque. D’une part le volet des mots et d’autre part le volet de l’action,

    -C’est correct, conclut Sazak et il me semble que le volet action va beaucoup dépendre de l’état d’esprit dans lequel nous allons le retrouver tout à l’heure,

    Michel Costadau

  • Romani 67

    Romani 67

    -Avant de partir, j’ai encore une question : pourquoi 3 ballons explosifs au dessus de ma palissade,

    -C’est le déroulement du compte à rebours commencé à 10, par une simple planche,

    -Vous êtes vraiment minable et lâche. Si vous aviez quelque chose à me dire, vous auriez pu le faire depuis longtemps, plutôt que de vous amuser comme un gamin mal élevé,

    -C’était à vous de comprendre ces messages qui allaient crescendo,

    -Ca  j’ai pas capté mais si je comprends bien nous avons, quand même, interrompu le décompte au bon moment,

    -Vous n’avez rien interrompu du tout. Il reste encore deux avertissements avant la chute finale,

    -Parce que vous comptez continuer votre plan. Mais vous êtes fini là, complètement démasqué. Il ne se passera plus rien. A tout à l’heure.

    Je quitte la pièce en demandant à Vienna de réunir tout le monde dans sa chambre, pendant que je vais chez les voisins voir s’il y a quelques membres de la famille. Je n’y trouve personne et quand je retourne dans la chambre je vois qu’ils sont tous là, même Timor.

    Je propose donc à Vienna de faire un rapide résumé de la situation.

    -Mon ex n’est pas venu pour discuter de quoi que ce soit mais seulement pour demander le départ de notre ami et ce dans les plus brefs délais. Nous lui avons promis une réponse dans un peu plus d’une heure,

    -C’est quand même fort de café, explose Taqui, que nous ayons cherché à le rencontrer et que nous nous retrouvions avec un ultimatum. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas bien chez nous, ce n’est pas possible,

    -Ce qui ne fonctionne pas, répond Bulan, c’est que nous, nous cherchons seulement à vivre normalement mais qu’il y a un individu qui passe son temps à vouloir nous nuire. La situation est complètement déséquilibrée car il nous arrive quelque chose que nous n’avons pas demandé et que nous ne voudrions pas voir exister,

    -Cette chose, ce n’est pas que nous ne voulons pas la voir, reprend Vienna, c’est que nous ne voulons pas entrer dans un conflit. En fait nous espérons qu’il va s’apaiser, s’évanouir tout seul, en comptant sur la lassitude, le temps et aussi le fait que nous évitons de l’entretenir et de l’envenimer en ayant une attitude plutôt conciliante,

    -Et visiblement ça ne marche pas, conclut Taqui. Cette fois c’est à nous de faire quelque chose. Et pour commencer est-ce que nous voulons le départ de notre ami ?

    -Non, non et non répondent tous les présents,

    -Mais ça ne nous dit pas quoi faire, précise Vienna,

    -Pour savoir quoi faire, dis je, il nous faut définir où nous voulons arriver, dans quelle situation nous voulons nous trouver ce soir. Nous devons, aussi, ne pas oublier la situation de départ. Quelqu’un nous en veut d’une manière implacable et disproportionnée et ce quelqu’un est membre de votre famille. En soi ce n’est pas original, mais il faut savoir que ces histoires se terminent toujours mal car il est impossible de détendre le ressort qui a conduit à cet état. C’est avec ce constat qu’il nous faut faire un choix,

    -Alors c’est simple, répond Sazak, nous voulons que notre père arrête de nous nuire, soit qu’il disparaisse de nos existences, soit qu’il devienne dans l’incapacité de nous perturber et même de nous approcher,

    -Et vous comptez sur lui pour faire ça, reprend Bulan. Je crois qu’il faudrait beaucoup de chance si l’on veut arriver à cela,

    -La chance et puis quoi encore, rétorque Taqui, je vois que l’on est toujours dans le déni. Réveillez vous famille, y a le feu à la porte et vous vous chantez une berceuse pour vous endormir,

    -Il n’est pas question de s’endormir, intervient Sazak, au contraire nous devons effectivement, changer de comportement, nous montrer plus réactifs, plus rapides, plus offensifs si nécessaire,

    -Je crois que ça devient indispensable, reprend Bulan. Nous devons nous aussi entrer en guerre. Il veut des ennemis, nous pouvons lui en offrir. Notre force c’est que nous sommes unis, solidaires et calmes, au moins pour le moment,

    -S’il faut faire la guerre, insiste Vienna, nous la ferons. Peut-être avons-nous trop attendus. Je ne souhaitais pas en arriver là,

    -Personne ne souhaitait en arriver là. Cependant il y a une option que nous n’avons pas encore étudiée, ajouté je, c’est que nous nous battions en combat singulier, lui et moi. Le perdant quitte la scène.

    Michel Costadau