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  • Vivant

    Vivant

    A la question : mais qu’est-ce que l’homme fait donc sur terre, je réponds, d’abord, en disant que la question est mal posée. Pourquoi, eh bien parce que l’homme tout seul ça ne veut rien dire. L’homme est seulement une des composantes du vivant. Le vivant c’est tout ce qui a trouvé un moyen de se reproduire. Et les moyens ne manquent pas. Le contraire c’est la matière inerte, ce qui est un pléonasme d’ailleurs. Les montagnes, pas plus que les étoiles ou les téléphones, ne se reproduisent pas.

    Nous faisons donc partie du vivant, nous en sommes indissociables, c’est une des prises de conscience essentielle que l’humanité fait en ce moment.

    Nous sommes, simplement, le produit du temps et de l’évolution qui ont petit à petit mis en place le vivant sur la terre et nous sommes seuls dans l’univers, seuls vivants dans un monde minéral. Cela dit, nous ne sommes pas les premiers et peut-être pas les derniers.

    Cependant le vivant a deux gros défauts : le premier c’est que ça meurt et le second c’est que ça mange. Pour le premier on verra ça plus tard. Le second défaut a une particularité c’est que le vivant mange du vivant et s’il ne mange pas il meurt. C’est de l’autoconsommation si vous voulez. Le vivant ne se nourrit pas de pierres, mais de matière organique. Du coup nous découvrons avec stupeur que les végétariens sont exactement comme les carnassiers parce qu’un mouton n’est pas plus ou moins vivant qu’une salade ou des champignons. Ce sont, comme nous, des représentants de notre règne. Quand aux poissons, je ne comprends pas que dans l’alimentation on les distingue des lapins ou des poulets, car les poissons sont une grosse partie du vivant et nous avons sûrement des ancêtres communs.

    Ce qui saute aux yeux c’est la luxuriance du vivant, c’est un feu d’artifice d’essais divers et variés en forme, taille, locomotion, solutions astucieuses, alimentation, reproduction, couleurs, qui continue à se produire sous nos yeux. Mais cette richesse ne nous appartient pas, elle n’est pas à nous, comme si on pouvait en faire ce que l’on veut. C’est le contraire, c’est nous qui dépendons d’elle. Le vivant c’est notre garde-manger, alors la plus grande attention s’impose. De plus, en tant qu’organisme élaboré, nous sommes composés de tas d’autres organismes vivants. Redoublement d’attention.

    Et donc, par évidence, détruire inutilement du vivant c’est nous tirer une balle dans le pied et ça fait mal croyez-en ma propre expérience.

    Heureusement la loi de la jungle n’existe pas, il n’y a que des équilibres variables et évolutifs. Pourtant il me semble qu’aujourd’hui il y a quelques écarts dans les équilibres. Ce n’est pas tellement le nombre de poulets ou de souris de laboratoire qui pose problème, c’est l’esprit dominant de certains qui est inquiétant. L’homme n’a pas inventé le vivant, loin de là, il l’a seulement trouvé en cours de route. Alors faire croire que l’homme a une puissance sans limite ayant le droit de vie et de mort sur tous les autres représentants c’est vraiment inconscient.

    S’il y a bien quelque chose dont nous devons être conscients c’est de notre fragilité et de notre totale solidarité avec le vivant.

    Oui je sais, je n’ai pas encore répondu à la question mal posée du début, ce sera pour une autre fois.

    Michel Costadau

  • Rousquilles

    Rousquilles

    Par le plus grand des hasards nous venons de passer quelques jours à Perpignan. Autant vous le dire tout de suite c’est très différent de Copenhague. Zéro vélos, rues étroites, des tas d’églises et de couvents, beaucoup d’immigrés. Si vous vous en souvenez j’avais décrit Copenhague comme un îlot de richesse, eh bien je peux dire que Perpignan est plutôt un îlot de pauvreté. Et je voulais faire un billet là-dessus.

    Mais c’est alors que j’ai entendu dire que les gitans posaient problème, puis que le maire avait épousé une gitane, puis que l’État avait donné des primes aux gitans pour qu’ils se sédentarisent et que ça les avait fait grossir….D’un seul coup touts ces « on dit » m’ont empêché d’accéder à la réalité de Perpignan.

    Vous le savez je parle beaucoup de la réalité, parce que, pour moi, c’est le seul lien qu’il ne faut pas perdre tout au long de son existence. Donc pour le moment Perpignan m’échappe un peu mais je vais m’en occuper.

    Bien sûr la réalité est souvent complexe et l’on a du mal à la découvrir. Aujourd’hui, les physiciens ont encore des soucis avec la représentation ondulatoire de la matière ou avec la dilatation de l’eau. Disons aussi que la réalité est plus facile d’accès avec les éléments qu’avec les sentiments. Néanmoins l’expression « c’est le moment de voir la réalité en face » a sa place dans toutes les vies humaines.

    La réalité n’est pas du tout ce que l’on connaît, ce que l’on sait scientifiquement, ce que l’on a découvert, ce sur quoi l’on peut compter. Non ça, ce n’en est qu’une infime partie. La réalité c’est tout ce qui existe, tout ce qui se passe, comment ça fonctionne, comment ça évolue, comment ça commence et comment ça finit.

    Et donc nous passons notre temps à essayer de comprendre ce que nous faisons, c’est-à-dire à découvrir la réalité.

    Pour cela la démarche dite scientifique est d’une grande utilité et c’est même la seule qui a fait ses preuves. Mais elle est devenue aussi d’une grande perversion puisque la science n’est pas la vérité, mais seulement la méthode, le chemin si vous préférez, l’interprète final restant l’homme.

    Et beaucoup trop de scientifiques ou plutôt pseudo-scientifiques utilisent leur savoir pour falsifier la réalité au nom de leurs croyances……..ou de leurs intérêts. C’est le cas actuellement pour l’électricité, on l’a dit, mais aussi pour les produits phytos, les ondes, l’alimentation, les fumées, les médicaments. On ne sait plus quoi croire.

    Trop de scientifiques se sont fait les agents des entreprises et des médias. La science ne peut pas être la caution de la société dans laquelle nous vivons, ça s’appelle de la politique. Ce n’est pas le même genre. Nous avons déjà à nous protéger des médias, si en plus il faut nous méfier des scientifiques ça va devenir difficile.

    Hélas je sais que pas mal de gens ne croient pas que la réalité existe, et justement ce sont souvent des croyants. Evidemment quand on pense que la réalité n’existe pas il faut d’énormes remparts pour s’en protéger et continuer à vivre dans le mensonge. Et c’est là que les médias et maintenant les scientifiques font leur sale boulot.

    Définitivement la réalité virtuelle n’est pas la réalité. 

    Michel Costadau

     

  • Proverbe

    Proverbe

    Le proverbe dit : si tu en veux à quelqu’un au point de vouloir le tuer, il te faut alors prévoir deux cercueils : le sien….et le tien.

    C’est vrai qu’en ce moment, ça cartonne autour de nous. Je ne parle pas de politique étrangère, je parle de deux voisins soudain brouillés pour une histoire de chevaux, de deux sœurs et d’un frère qui se disputent une maison, d’une fille qui ne parle plus à son père pour une histoire d’argent et d’un artisan qui coupe les ponts avec sa voisine pour une histoire de hauteur de mur.

    Bien sûr les prétextes sont toujours futiles et donc n’expliquent rien. En fait je me demande s’il n’y a pas chez l’homme un gène de la mésentente, un virus de la discorde. Comme si l’état naturel était plutôt de ne pas s’entendre, d’en vouloir aux autres par principe. Du coup tout rapprochement, toute fraternisation, voire toute vie en société demanderait de prendre sur soi, de faire un effort particulier. Le contraire de Rousseau si vous voulez. L’homme ne serait pas du tout bon naturellement, mais plutôt mal disposé envers ses congénères.

    Et comme l’homme est un animal social, il y aurait comme de l’eau dans le tuyau pour la vie en société.

    En tous cas les exemples ne manquent pas pour appuyer cette hypothèse. La guerre bien sûr, je veux dire les 4 ou 5 mille ans d’histoire que l’on connaît un peu mieux semblent n’être qu’une succession de batailles, de confrontations entre empires, plus ou moins éphémères mais toujours sanglantes. Certes c’était une époque où l’envahissement correspondait souvent à une découverte de nouveaux territoires. Mais visiblement même sans la justification de la découverte, les envahissements ne se sont jamais arrêtés. Il y a même une forme d’architecture qui s’est développée pour décourager les agresseurs : les murailles. Quand aux attaquants ils ont, eux, inventé la technique du siège.

    Notons aussi que lors de la découverte de l’Amérique, la première réaction en présence des « Indiens » a été de ne pas croire que ça pouvait être des hommes mais plutôt des bêtes. La suite n’a été qu’une succession de massacres et d’exterminations de masse.

    Je ne peux pas non plus oublier les guerres de religions, où l’on atteint le sommet de l’absurde puisque la force d’une croyance en la nature divine de l’humain amène à éliminer les gens au motif qu’ils n’ont pas les mêmes divinités.

    Enfin le monde que nous avons sous les yeux n’est pas du tout plus reluisant et démontre encore plus s’il le fallait que c’est la haine qui est l’œuvre, beaucoup plus que la fraternité.

    Par exemple, dans le conflit des retraites, la stratégie gouvernementale est complètement moyenâgeuse : le siège. C’est à dire affamer les occupants en les privant de moyens de subsistance, empêcher qu’ils soient aidés, les bombarder dès qu’ils font une sortie et leur faire de fallacieuses promesses pour qu’ils se rendent. Ce n’est pas très moderne.

    Qui plus est, les philosophes se sont emparés de cette notion avec la création de deux grands courants politiques :

    – l’homme étant bon naturellement, la société doit empêcher de nuire ceux qui ne jouent pas le jeu, c’est-à- dire qui veulent marcher sur les autres et, au contraire, protéger les plus faibles et aider chacun à s’épanouir, c’était le modèle social,

    – l’homme étant asocial naturellement, la société doit éliminer ceux qui ne jouent pas le jeu, c’est-à-dire qui se laissent bêtement tondre la laine sur le dos et, au contraire, privilégier ceux qui réussissent quels que soient les moyens qu’ils emploient, c’était le modèle libéral.

    Et en définitive, aujourd’hui, ceux qui ne pensent qu’à eux sont ceux qui s’en sortent le mieux.

    Apparemment.

    Michel Costadau

  • Conso

    Conso

    Un retour aux fondamentaux s’impose. Il semble qu’il y en ait qui pensent faire beaucoup plus pour l’environnement que d’autres. Diantre. Bien entendu aucune initiative dans ce domaine n’est à critiquer, bien au contraire, et même à encourager. Mais enfin il faut aussi appeler un chat un chat et comprendre que le souci pour la planète est analysé, utilisé, voire suscité par la société de consommation.

    Et donc toujours pour appeler un chat un chat, est-ce que celui qui met un composteur dans sa cuisine fait plus pour la planète que celui qui jette tout sans rien trier : eh bien pas du tout. Par contre il se fait plaisir et c’est très important et il manifeste une prise de conscience, ce qui est encore plus important.

    On explique : notre société ne cherche pas du tout à préserver l’environnement, elle cherche seulement à externaliser la pollution. De même que les bons catholiques pouvaient dépenser en famille l’argent de la traite des esclaves, parce que ça se passait loin des yeux, de même aujourd’hui l’interdiction des voitures polluantes en ville a pour seul but de polluer ailleurs, loin des regards. Déjà quand il arrive dans nos ports le pétrole a payé une énorme facture carbone par son transport en tankers, énorme mais invisible.

    Les trains et autres véhicules à hydrogène participent aussi de cette externalisation. Ils ne polluent pas en consommant de l’hydrogène, ils polluent beaucoup avant, quand il a fallu le fabriquer. Les centrales nucléaires ont des voisins certes mais bien peu par rapport aux utilisateurs de leur électricité. La vapeur qui s’en dégage n’est que du réchauffement mais ça fait un joli panache et c’est loin. Les raffineries, il y a en a bien peu. Certes elles fument mais rares sont ceux qui en sentent l’odeur. Il a fallu que Lubrisol brûle pour qu’on comprenne qu’ils fabriquaient de drôles de trucs.

    La voiture électrique est l’exemple type. On amène l’électricité en ville, depuis des centrales polluantes, par un gros tuyau pour recharger des batteries, elles-mêmes fabriquées au loin avec des matériaux extraits en Afrique par des gangs et recyclés en Inde par des va-nu-pieds. C’est ça la version française de la voiture propre.

    J’évoquais plus haut la traite des esclaves mais n’oublions pas que de nos jours d’immenses fortunes sont bâties sur l’élaboration, la construction et la vente d’armes, y compris l’Etat. Oui rien n’a changé.

    Quant aux sociétés prônant, pour gagner de nouveaux clients, le développement d’énergies renouvelables, éolien, photo-vol truc ou géo machin, elles ne font que chercher à produire plus d’électricité ce qui finit toujours en chaleur et donc en réchauffement et, non seulement elles ne le disent pas, mais affirment le contraire.

    Clairement, la fortune des magasins de bricolage, de jardinage, de loisirs, des constructeurs automobiles, aéronautiques, nautiques ou immobiliers, des vendeurs d’internet, de jeux, de pestacles et de tous les objets devant faciliter l’existence, est la claire illustration que l’environnement est simplement un argument de vente.

    Et ça peut même être plus subtil. En fait, vouloir faire ses propres yaourts est tout à fait louable mais consiste, d’abord, à acheter le matériel et les produits ad hoc et à consommer un peu d’électricité ce qui est le seul but recherché….. et obtenu par le business.

    Tant que le PIB progresse vous pouvez être sûr que le réchauffement aussi. Et le compost je le mets où ?

    Michel Costadau

     

  • Pourquoi

    Pourquoi

    Pourquoi les hommes ne sont-ils pas tous de la même couleur,

    Pourquoi les chats aiment-ils les souris,

    Pourquoi avons-nous 5 doigts et pas 3,

    Pourquoi la justice n’est-elle pas universelle,

    Pourquoi y a-t-il encore des guerres,

    Pourquoi l’eau bout-elle,

    Pourquoi manque-t-on de personnel dans les hôpitaux,

    Pourquoi faut-il manger 3 fois par jour,

    Pourquoi personne ne peut arrêter le capitalisme,

    Pourquoi la fréquence des nombre premiers diminue-t-elle avec leur taille,

    Pourquoi est ce qu’on a chaud et froid,

    Pourquoi les planètes sont-elles si loin les unes des autres,

    Pourquoi n’a-t-on pas encore de photos de Dieu,

    Pourquoi est ce que tous les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux,

    Pourquoi faut-il à l’homme 20 ans pour finir de grandir et pas 4,

    Pourquoi les solutions compliquées ne sont-elles jamais les bonnes,

    Pourquoi est ce que Mars n’a pas de Lune,

    Pourquoi est ce qu’une brebis court plus vite que nous et moins vite qu’un chien,

    Pourquoi l’univers est il si grand,

    Pourquoi les US peuvent ils assassiner qui ils veulent, quand ils veulent, où ils veulent,

    Pourquoi éternue-t-on trois fois,

    Pourquoi croit-on plus un scientifique qu’un journaliste,

    Pourquoi la vie est-elle apparue sur terre,

    Pourquoi sommes-nous encore en plein dans les guerres de religion,

    Pourquoi la vie humaine ne dure-t-elle pas plus que 120 ans,

    Pourquoi l’univers n’est-il pas infini,

    Pourquoi l’argent est-il si mal réparti,

    Pourquoi la Lune est elle plus ronde que la Terre,

    Pourquoi l’économie n’est-elle pas une science,

    Pourquoi les algues aiment l’oxygène et les méduses non,

    Pourquoi la richesse ne s’arrête-t-elle pas avec la mort,

    Pourquoi le soleil ne se refroidit-il pas,

    Pourquoi y a-t-il beaucoup plus de langues que de pays,

    Pourquoi vole-t-on aussi les pauvres,

    Pourquoi Gérard Depardieu n’a-t-il pas épousé Mireille Mathieu.

    Michel Costadau

  • Clairon

    Clairon

    Dire que le gouvernement est à la ramasse est un pléonasme qui ne fait plus rire grand monde. Trois aspects sont même scandaleux.

    D’abord, la course de LRM, aux investitures pour les municipales, relève de la grande forfanterie. Je l’ai déjà dit LRM n’a aucune base territoriale, alors pour faire croire qu’ils existent ils soutiennent n’importe quel candidat susceptible de l’emporter. En essayant de mettre notre pauvre président sur une liste dans toutes les villes, ils dénaturent complètement ce scrutin, qui à priori n’est pas politique. Et une liste élue dans une ville soutenue par trois partis va être revendiquée trois fois comme une victoire. Ca va faire de jolis coups de clairons…..dans le vide. En fait les conseils municipaux font tous la même chose et il n’y a donc aucun enjeu dans ce scrutin sauf la manie d’avantager ses copains ce qui est exactement le contraire de la démocratie.

    Ensuite la pub constante pour la soi-disant stature internationale de notre pauvre président. Il s’occupe de l’Europe et c’est le brexit qui l’emporte. Il s’occupe de l’Ukraine et c’est les russes qui progressent. Il s’occupe de l’Afrique et la France est conspuée par la foule. Il s’occupe de la COPxx et c’est les US qui s’en vont. Si l’on voulait discréditer la France, on ne s’y prendrait pas mieux. Vous allez me dire que c’est déjà fait. Ah pardon j’oubliais que tout le monde l’attend sur la Macédoine. C’est vrai c’est très important la macédoine, c’est pas facile à réussir même si ce n’est pas de la grande cuisine. Alors va t il arriver à faire un peu entrer la Macédoine en Europe, intenable suspense, pourquoi pas mais personne n’y croit. Et surtout ça n’intéresse personne et ça n’a aucune importance. C’est vous dire le niveau.

    Enfin, le service de presse du gouvernement est complètement assuré par les médias. En particulier le journal Le Monde présente d’une manière trop tendancieuse le quotidien du gouvernement. Au lieu de dire que le président se planque devant la grogne de la population, Le Monde nous explique que le premier ministre imprime sa marque sur les réformes. Comme s’ils n’étaient pas Castor et Pollux, conjoints et solidaires devant les demandes de la finance. Vous savez, ce coup fourré sur les retraites ils en parlent tous les jours, ils ne pensent qu’à ça. Mais Le Monde nous raconte une autre histoire : quand il ne parle pas pendant trois jours, on dit qu’il réfléchit. D’ailleurs ça donne l’impression que c’est exceptionnel qu’il réfléchisse. Quand l’aspect colonialiste de l’armée française au Mali éclate au grand jour, on a droit à un discours moralisateur sur les bienfaits de la civilisation. C’est à pleurer…..de honte. Toute la com du Monde consiste à répéter que le gouvernement travaille, écoute, discute, fait des ouvertures, reçoit plein de gens mais qu’il tient bon le cap…..pour que la finance progresse. C’est pitoyable.

    Je vous l’ai déjà dis cela vient essentiellement de notre mode d’élection antidémocratique qui permet à une minorité, à une caste de se maintenir au pouvoir. Je dis essentiellement parce que cela vient aussi de l’ignorance, c’est-à-dire du très faible niveau d’éducation et de formation, dans lequel est maintenue la population. En effet pour régner sans partage, les médias ont besoin du manque de connaissances des gens afin qu’ils ne comprennent pas ce qui est fait, mais croient seulement ce qui en est dit. Exemple l’électricité propre.

    Et cela va en s’aggravant. La principale offre politique de tous les partis devrait être l’éducation. Le seul souci des politiques devrait être de faire un effort colossal pour inverser la baisse désastreuse du niveau de compréhension et de formation de la population. Hélas c’est le cadet de leurs soucis.

    Bonne fin d’année.

    Michel Costadau

  • DKK

    DKK

    Je reviens d’une très courte visite à Copenhague mais j’ai quand même pu ramener quelques impressions.

    La société semble calme, personne ne court, les vélos forts nombreux s’arrêtent aux feux rouges forts nombreux aussi, les klaxons sont rares et les voitures ne vrombissent pas. Peut-être ce calme cache–il des tas de trucs, ça reste à investiguer.

    Les femmes sont extrêmement présentes, je veux dire qu’elles ne se cachent pas derrière les hommes mais elles semblent moins féminines que chez nous. Il est vrai que la tenue assez emmitouflée qu’impose le temps n’est pas propice à de grandes démonstrations. D’ailleurs leur sourire est plutôt vers le bas c’est-à-dire assez sévère.

    Pas mal de choses semblent assez chères sauf bien sûr les patates qui remplacent les pâtes, lesquelles sont pratiquement absentes. Le verre de vin chaud est à 6,5 € mais il y a des pizzas à 13 €. Il est beaucoup question d’argent, mais de toutes façons les prix ne semblent pas avoir une grand importance car tout se règle en carte bancaire même un timbre.

    On dirait que tout le monde a un travail de bureau car on voit peu d’ouvriers. Il y a des chauffeurs, des livreurs mais ils sont habillés comme les autres. Il doit bien pourtant y avoir des maçons et des plâtriers, mais ils sont difficiles à identifier. Certes dans le centre de Copenhague il doit y avoir peu de mineurs, de charbon je veux dire.

    Il n’y a pas de chômage, moins de 2 %, et pourtant les automatismes sont partout. Dans le métro aucune barrière n’interdit l’accès aux rames. Les billets ont une durée de validité d’une heure et demie et peuvent donc servir plusieurs fois. Mais on atteint alors le cœur du comportement apparent des Danois, à savoir qu’ils paraissent tous en accord avec le système, en l’occurrence leur système.

    L’idée de base est que d’une part on paye beaucoup d’impôts sur le revenu et ici c’est 40 %, mais que d’autre part on a de vrais services, santé, éducation, autoroute, tout est gratuit.

    Clairement c’est un petit pays, tant par la taille que par la population, et mon analyse sur la trop grande taille des pays, comme la France, prend ici toute sa saveur démocratique. On pourrait dire que les Danois ont le sentiment, à cause du petit nombre, de compter plus et de participer à la vie de leur pays.

    Cependant tout cela repose aussi sur un haut niveau d’éducation, par exemple, tout le monde parle anglais. En fait je veux dire que c’est le niveau moyen qui est haut, en tous cas par rapport à la France. Le manque complet de formation de la moitié de la population a chez nous les conséquences les plus néfastes. Je l’ai déjà dit, je le répète c’est une catastrophe nationale qui, en plus va en s’aggravant.

    Revenons au Danemark pour souligner deux derniers points.

    Il n’y a pratiquement pas d’immigrés, en tous cas on n’en voit pas, c’est dons une société de l’entre- soi, ce qui a beaucoup de limites et ouvre la porte à l’hypocrisie.

    C’est aussi une société résignée qui est plutôt sur la défensive pour essayer de protéger un modèle que certains appellent socialiste, mais qui est surtout celui d’un îlot de richesse.

    Michel Costadau

     

  • Perspectives

    Perspectives

    Du côté des nouveaux courants de pensée, je ne crois pas aux théories de l’effondrement, ni à l’augmentation infinie de la population, ni à l’homme augmenté. Je trouve, plutôt, que le monde évolue par continuité et non par grands sauts. Il n’y a pas de révolution.

    Internet a démarré il y a plus de 30 ans et ça continue. Les drones ont démarré il y 20 ans et ce n’est que le début. La génétique a démarré il y a très longtemps et c’est toujours en cours. Les Chinois continuent à envahir le monde, l’Amazonie brule toujours et l’empire américain n’a pas fini de faire des ravages. La routine quoi.

    En fait le sentiment de rapidité de l’évolution vient du caractère fugitif des informations. Je devrai plutôt dire des nouvelles. Dans leur frénésie de conquête d’auditoire les publicistes vendent une prétendue information 10 ans avant qu’elle ne marche ou ne soit avérée.

    C’est le cas pour toutes les prouesses annoncées de l’IA, des imprimantes 3D, des voitures autonomes ou électriques, des drones. Contrairement aux apparences, les choses sont plutôt statiques. Si vous en voulez une preuve regardez la fameuset lutte contre le réchauffement. Il ne se passe rien. Aucun État ne modifie le moindre fonctionnement. Tous continuent comme avant à polluer à grande échelle. L’illusion du changement vient uniquement de la pub pour de nouvelles productions censées verdir la planète. Des tas de produits sans çi sans ça, des chaudières à haut rendement, et même des chaussettes produites sans le travail des enfants. Si, si, je vous jure.

    Le lancement de la voiture électrique a maintenant plus de 20 ans et on en voit toujours aussi peu sur les bornes de remplissage que nous avons payées pour ça. Par contre le boom électrique est encore annoncé tous les matins, à grand renfort de primes et de reprises.

    Clairement l’annonce médiatique de l’accomplissement de la mondialisation de l’économie a eu comme rebond un repli sur soi de chaque pays. « America first », « brexit », « Marseille avant tout » en sont la peinture fraîche sur la palissade d’un monde qui ne change pas. Nos fossoyeurs sont toujours à l’œuvre.

    Les enfants qui naîtront dans 30 ans connaîtront encore la hantise du chômage, le travail précaire et idiot, les inondations de la place Saint-Marc et les restrictions sur les retraites.

    Et pourtant pour payer les retraites il y aurait un moyen bien simple de le résoudre, au moins en partie, c’est d’augmenter les salaires. Eh oui, si le salaire augmente, la part vieillesse aussi, c’est mécanique. En plus les salaires et les retraites sont un des principaux leviers de la consommation. Et la tva rentrerait dans les caisses de l’État. Seulement vous le savez les actionnaires n’aiment pas payer ceux qui travaillent pour eux, ils ont le sentiment de se priver de leur argent. Je ne vois pas que cela change dans l’avenir.

    En fait, quand une entreprise annonce un objectif vertueux pour 2030, par exemple en termes d’énergie, vous pouvez être certain que c’est du pipeau complet car rien n’est précisé pour les six prochains mois, ni pour la prochaine année, ni pour les deux ans. Or un objectif à 2030 commence dès aujourd’hui et l’effort principal doit être fait au début et non à la fin comme une course dérisoire au rattrapage.

    La température monte mais c’est la chose la moins importante du monde. La chose importante c’est que le business continue. C’est pour ça que les choses ne changent pas ou alors dans le mauvais sens.

    Y en a qui disent que je vois tout en noir, mais ceux-là continuent à voter.

    Michel Costadau

  • Départ d’André Chantreau

    Départ d’André Chantreau

    André Chantreau 1939-2019

    L’hommage de Bernard Audollent
    Adieu, Ami,
    Il existe des milliers de chansons traitant de l’amour. Paradoxalement il y en a très peu qui célèbrent
    l’amitié. J’ai revisité l’une d’elles, et non des moindres, pour vérifier si cela collait avec toi.
    Oui, c’est sûr, tu n’as jamais hésité à t’embarquer sur le bateau de l’amitié, les gens que tu croisais et
    auxquels tu la proposais, n’étaient pas des amis de luxe, c’était ouvert à tous.
    Et sur le ventre nous nous sommes souvent tapés fort.
    Ce bateau flottait et ne coulait pas malgré les avis de tempête.
    Toutes voiles dehors, Jean, Pierre, Paul, impossible de les citer tous, formaient des compagnies
    d’amitié. Et ces compagnies d’amitié tu n’as eu de cesse de les faire se croiser. Et les amis des
    différentes compagnies sont devenus une majestueuse compagnie d’amis, nombreuse, très
    nombreuse. Une litanie d’amis tellement nombreuse qu’on serait tenté de la comparer à celle des
    saints.
    Oui, ton credo, c’était bien celui de l’amitié.
    Bien sûr cette amitié prenait le quart dans les moindres coûts de Trafalgar et quand nous étions en
    détresse, que nos bras lançaient des SOS, souvent, toi, tu nous montrais le nord, c’était toi le
    sémaphore.
    Et cette amitié a tenu le coup, elle le tient encore aujourd’hui.
    Aujourd’hui tu manques à bord, tout simplement, tu nous manques. Mais une chose est sûre, jamais
    ton trou dans l’eau ne se refermera.
    Coquin de sort, 100 ans après, tu manqueras encore.

    L’hommage de Michel Costadau
    On peut se tromper, et c’est ce que se disait Dédé tout le temps, mais une chose est sûre, c’est que
    pour Dédé, vous, sa famille, avez été sa grande joie, sa satisfaction, sa réussite. De cette réussite il a
    tiré une grande force pour surmonter tous les obstacles de la vie.
    Et la vie n’a pas été toujours facile pour lui.
    Son tempérament à aimer tout le monde a buté sur bien des cailloux.
    La maladie l’a saisi très jeune.
    Ses choix de vie et ses engagements n’ont pas été toujours aisés à prendre.
    Car Dédé n’était pas un théoricien mais un pur relationnel. Les théories, autant religieuses que
    marxistes, se mélangeaient dans sa tête et il n’en sortait rien.
    Par contre, ses sentiments et ressentis pour les personnes ont toujours été très forts. Durant toute sa
    vie, ce sont les personnes, les gens qui l’ont intéressé.
    Ça se traduit par une absence d’ennemis et même d’indifférents, et par une foule d’amis.
    Car Dédé souffrait de la peine des autres, il l’intériorisait, l’intégrait dans son être, et ça lui faisait
    mal profondément.
    Seule l’intéressait la cause de l’homme avec une conviction inébranlable sur l’espoir, la possibilité
    de se réparer, de réparer.
    Il était enthousiasmé par la réussite des autres, et quand ça allait bien, il était content pour eux,
    content avec eux.
    Il a voulu réparer le monde à lui tout seul, ou presque, et ça lui a coûté la vie. Il nous quitte avec
    regret, j’en suis sûr. Au revoir Dédé, continue à exister, on a encore besoin de toi.

    Nos rêves pour demain par André Chantreau
    Texte écrit par André au printemps 2012, lors d’un rassemblement familial et amical à Hoedic.
    André devait écrire un texte exprimant ses rêves pour demain. Ce texte a été mis en bouteille et jeté
    à la mer, avec un autre texte sur le même thème rédigé par Christiane.

    André Malraux, dans son roman l’Espoir écrit pendant la guerre civile d’Espagne, transmet par l’un
    de ses héros ce message : en Amérique du Sud, on raconte cette légende selon laquelle Dieu a
    promis aux singes qu’ils deviendraient un jour des hommes. Et chaque matin, on entend dans la
    forêt s’élever une grande clameur. Ce sont les singes qui pleurent d’avoir été trompés et encore
    trompés, avec leur rêve brisé.
    Or,
    quand le vent est mauvais,
    quand les nouvelles du malheur frappe à notre porte,
    quand est chancelante notre santé ou celle des êtres chers,
    quand chaque matin la radio nous annonce les bruits de bottes, les rivalités meurtrières,
    quand la paix si ardemment chantée la nuit de Noël se voit bafouée, et encore bafouée dans nos
    propres communes, ou sur notre planète,
    quand les divisions l’emportent dans notre pays,
    quand des amours qu’on croyait indomptables se brisent et se transforment en haine,
    alors nous sommes comme les singes de la forêt et nous pleurons de voir nos rêves s’envoler, nos
    espoirs se briser et notre propre chemin devenir ténèbres.
    Nous ressemblons au clown du cirque qui tombe sous les quolibets,
    reçoit des gifles non méritées ou un seau d’eau sur la tête sous les risées.
    Guignol tragique.
    Alors entre les pleurs des singes et la folie d’une espérance chaque matin renouvelée, il nous faut
    choisir.
    Continuer de croire que l’avenir sera beau et même très beau.
    Si nous savons que, à notre niveau, nous ne changerons pas la face du monde, il nous faut du moins
    continuer de rêver de modifier la part médiocre qui nous habite et poursuivre avec énergie à la
    création d’un climat de douceur, de bonté et de fraternité, dans notre rue, dans notre paroisse, dans
    notre commune, dans notre réseau relationnel.
    Un rêve très cher plus intimiste :
    que l’amour qui nous unit depuis 40 ans ne faiblisse pas malgré l’adversité et les stigmates du temps
    et pour encore de belles et longues années,
    que la très grande tendresse tissée au jour le jour comme une grand-mère tricoteuse, avec nos
    enfants, leurs compagnons et compagnes, nos petits-enfants, demeure solide et mutuelle.
    Et un dernier rêve : que le microcosme superbe que nous formons ce soir, dans cette maison du bout
    du monde, où s’impose un génie des lieux bienfaisant, soit comme une épure, une ébauche de ce
    monde espéré, si fraternel et équilibré.
    La folie de nos rêves et nos espoirs pour demain est puissamment encouragé par ces trois jours de
    printemps à Hoedic.
    Un grand merci à Bernard.

  • La campagne

    La campagne

    La disparition de la ruralité, c’est-à-dire la vie à la campagne, est une évolution continue de notre société, mais le suicide actuel du monde paysan est un peu surprenant. Que la pression libérale vienne du business et de l’Etat c’est classique. Bien que honteux de la part de l’Etat, ça ne nous étonne plus. Mais que la pression libérale vienne aussi du syndicalisme agricole c’est assez questionnant.

    Bien sûr ce n’est pas la première mutation sociétale que nous connaissons, mais dans tous les épisodes précédents depuis les soyeux jusqu’aux sidérurgistes, le syndicalisme a toujours défendu les victimes jusqu’au bout. On n’a jamais vu de syndicalistes prôner la suppression d’emploi. Ou alors contre quelque chose. Or actuellement les paysans disparaissent dans l’indifférence générale et avec la bénédiction du syndicat majoritaire.

    Je précise, pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, que j’appelle paysans tous ceux qui font, ou plutôt faisaient, métier de la terre : céréaliers, éleveurs, viticulteurs, quel que soit leur mode de production et de commercialisation.

    Nous constatons donc que les instances agricoles concourent à la disparition des paysans mais nous ne savons pas pourquoi. Comme point de départ établissons d’abord que la profession a été, petit à petit, conquise par les industriels et la finance. On croirait que les paysans gèrent leur profession mais c’est complètement faux. Pas plus que les employés ne gèrent l’entreprise. En fait ça fait longtemps que les banques, les fournisseurs de matériel ou de produits et tous les établissements dits coopératifs, mutualistes et professionnels ont perdu leur caractère représentatif et sont purement aux mains du business. Pourtant ce sont bien des paysans qui siègent dans les chambres d’agriculture et dans tous les organes et commissions concernés, mais ils sont là uniquement pour la galerie, pour le décor. Ils ne sont que la courroie de transmission du business. En fait ils en sont conscients mais la loi du plus fort est la seule loi que les paysans appliquent depuis toujours avec obéissance. Car on ne lutte pas contre le temps ou contre le sol on lui obéit. Et c’est ce qu’ils font.

    Clairement, les paysans ont été sacrifiés à la fin de la dernière guerre mondiale. Et ce sont les Américains qui ont imposé leur mode de fonctionnement et leur dollar. Ceux qui croient que les US sont venus libérer l’Europe n’ont rien compris. Au contraire les US sont venus envahir l’Europe. Ca a très bien marché et ça marche encore. C’est à ce moment-là qu’a été lancée l’industrialisation de l’agriculture française. Ça s’est fait sous plusieurs aspects. En fait dans cinq registres.

    D’abord la mécanisation. La mécanisation est bien accueillie car le métier est vraiment pénible et toute aide est la bienvenue. Evidemment la mécanisation implique revendeurs mais aussi prêts et assurances donc arrive la banque. Et ainsi a commencé l’endettement.

    Ensuite la mainmise sur le foncier avec d’une part la consolidation du statut du fermage afin de sécuriser les prêts des banques et d’autre part l’élimination des petits pour favoriser voire forcer l’agrandissement. Là ça a été moins drôle, acceptable pour le fermage mais pénible pour les conflits entre personnes que génère l’attribution de terres. C’est là qu’a commencé le détournement du syndicalisme en devenant synonyme d’agrandissement. Le syndicat et les administrations s’arrangent entre eux pour éliminer les non-syndiqués, qui sont qualifiés de passéistes. Et bien sûr n’allez pas chercher là-dedans la moindre lutte contre l’artificialisation ou la spéculation, au contraire. La mainmise sur le foncier ne sert qu’à empêcher la survie des petits, à garantir les prêts, à fusionner les exploitations en favorisant les syndiqués majoritaires. A preuve l’explosion du prix du foncier qui empêche maintenant l’installation et favorise encore plus l’agrandissement

    Arrive alors le détournement des coopératives. Prévues pour écouler toute la production et vendre les intrants, elles ont surtout œuvré pour éloigner les paysans de leurs clients, de façon à ce qu’ils ne deviennent qu’un des rouages de la production et non les propriétaires de leurs produits. Là aussi ça s’est fait en douceur puisque la coopérative ou le négociant vend et achète tout et fait la gestion de trésorerie. Du coup beaucoup de paysans travaillent directement et exclusivement pour des industriels dans lesquels ils ne sont pas représentés, pour le lait, la viande, les patates, la betterave et autres.

    Puis vint la PAC, accélérateur de l’asservissement et de l’agrandissement, puisque les primes sont au nombre d’hectare. Donc plus de surface égal plus de primes. De plus, en montrant clairement que les exploitations ne sont pas rentables sans les aides, la politique européenne a confiné le paysan dans le simple rôle d’ouvrier de l’industrie agroalimentaire. C’était le but. Nous n’avons donc pas une agriculture productiviste par vrai choix des paysans mais par passage sous la coupe des industriels. Et c’est donc la course à la productivité qui impose l’agrandissement des exploitations et la disparition des paysans, exactement comme la concentration des usines dans l’industrie est synonyme de licenciements. En plus cette politique a aussi permis d’essayer de concurrencer les vrais exportateurs de blé d’Amérique du Sud et les riverains de la mer Noire. Qui eux n’ont pratiquement aucune aide mais vivent de leurs produits.

    Enfin les semences. Dernier maillon de la dépossession des paysans, les semences végétales et animales sont maintenant brevetées et ferment la boucle en amont. Du coup le paysan achète d’une part toute sa semence, son matériel et ses produits au business et d’autre part vend toute sa production au même business. Le client final a disparu de son environnement.

    Or historiquement le paysan est avant tout un producteur qui répond à une demande de consommateurs, d’utilisateurs à commencer par lui-même. Maintenant son rôle se limite uniquement à celui d’un salarié de l’industrie, payé par elle et exécutant ses ordres avant de prendre la porte pour être remplacé par des fermes industrielles.

    Voilà pour la situation actuelle mais on peut d’ores et déjà prévoir une nouvelle étape. En effet le marché n’est plus aux mains des producteurs mais des commerçants. Et pour les commerçants il est clair que les labels et le bio sont maintenant la principale réserve de marges. En effet, la traçabilité, les origines, les concepts fumeux de durabilité ou d’équité ont eu leur temps mais sont au bout du rouleau. Alors il reste le bio pour inciter les consommateurs à accepter des prix. Le business a donc enclenché le bio de masse, car il a besoin de l’industrialisation du bio pour conserver des marges. Nous en sommes à la sixième phase celle de la massification du bio.

    Nous avons donc la réponse à notre première question : la profession entière est aux mains du business. Celui-ci a transformé les paysans en ouvriers et applique les règles classiques d’augmentation de productivité. Quant au syndicat, sous la coupe des politiques, c’est seulement la couverture pseudo-démocratique du business. Il est là pour éviter les révoltes, les vagues et faire passer la pilule de la disparition et pousser la mise en place les fermes industrielles.

    L’avenir n’est donc plus aux paysans mais aux fermes industrielles.

    Reste alors une question sous-jacente. Est-ce utile ou pas d’avoir des paysans ?

    La réponse est : oui les paysans sont indispensables. Mais pas pour la raison à laquelle vous pensez naturellement, c’est-à-dire l’alimentation de la population. Non personne n’a jamais demandé aux paysans de nourrir la planète. Pas plus qu’on a demandé à Renault de donner à chacun une voiture. C’est, donc, juste un slogan productiviste, comme la ferme France, qui a pour résultat que l’industrie agricole en ce moment détruit la planète et se trouve exposée à l’ire des consommateurs. En fait le rôle des paysans c’est de nourrir leurs proches, c’est-à-dire leur région, à la rigueur leur pays s’il n’est pas trop grand. Et ça ils ne le font pas, même chez nous. Ca n’exclut pas les échanges, mais l’autonomie alimentaire locale devrait être la règle de base de l’agriculture.

    Par contre là où les paysans sont indispensables c’est pour entretenir la campagne. C’est ce qu’ils faisaient et qu’ils ne font plus.

    Parce que ce sont les paysans qui ont créés la campagne. Ce qu’on appelle des espaces naturels sont seulement des zones sans paysans. Mais pour entretenir la campagne il faut être nombreux. Parce qu’à la campagne il n’y a pas que des champs. Il y a aussi des ruisseaux, des forêts, des landes, des lacs, des marécages et des animaux, des tas d’oiseaux, des rongeurs, d’insectes, des vertébrés grands et petits, et aussi des vers et des champignons.

    Or en ce moment les paysans non seulement détruisent directement une partie de la faune et de la flore avec des produits plus ou moins autorisés quoique assurément nocifs, mais n’entretiennent plus ni les ruisseaux, ni les haies, ni les bois, ni les zones humides. Ils détruisent la campagne, purement et simplement. Et cela a des conséquences que tout le monde peut voir.

    Entretenir les ruisseaux c’est éviter que les arbres tombent dans le lit et bloquent l’écoulement de l’eau, c’est maintenir les berges avec de la végétation afin d’éviter les ravinements qui comblent le lit et diminuent son débit et c’est quand il y des buses ou des ponts de vérifier qu’ils ne sont pas bouchés ce qui provoque obstacle et ravinement. C’est prévoir des zones d’étalement, en cas de débordement, sans clôtures, sans bâtiments, sans rien qui bloque l’écoulement.

    Entretenir les haies c’est les maintenir en largeur et en hauteur en évitant les épareuses qui laissent des plaies sources d’attaques parasitaires, c’est évidement ne passer aucun insecticide ou fongicide à proximité et c’est respecter tous les animaux qui y vivent.

    Entretenir les bois c’est renouveler la futaie de temps en temps, c’est-à-dire de l’ordre d’une ou deux fois par fois par siècle, c’est tenir propre le sous-bois avec une végétation vivante et non un amoncellement inextricable de branches mortes qui facilitent la propagation des incendies et empêchent les accès.

    Entretenir les zones humides, c’est veiller à ce qu’elles ne s’assèchent pas par détournement de l’eau, c’est protéger et non chasser les animaux qui y vivent. Et ce n’est pas en faire des lieux de visites touristiques, les zones humides ont besoin de tranquillité.

    Et entretenir la campagne c’est surtout l’occuper avec des champs travaillés et bien travaillés c’est-à-dire en soignant la terre et non seulement la plante que l’on veut faire pousser, avec des animaux élevés en plein air, avec des pâturages et surtout, surtout, surtout avec une présence humaine.

    Or aujourd’hui au contraire la présence de l’homme disparaît de la campagne pour se concentrer en ville et dans des villages de plus en plus urbains. L’homme est en train de déserter la campagne et l’agrandissement des fermes accélère fortement ce mouvement. Jusqu’à présent il restait partout au moins un deux paysans pour un peu entretenir la campagne mais maintenant des zones entières ne sont plus habitées toute l’année et livrées à elles-mêmes.

    Alors la nature, c’est-à-dire la vie, reprend la place laissée par l’homme. La progression des friches et des champs abandonnés est bien visible. Celle des loups, des lynx, des sangliers et des chevreuils, moins visible mais fortement médiatisée est en la même illustration.

    Comment s’en étonner quand le business continue à faire disparaître les paysans.

    La suite dans un prochain texte.

     

     

    Michel Costadau