Blog

  • Perspectives

    Perspectives

    Du côté des nouveaux courants de pensée, je ne crois pas aux théories de l’effondrement, ni à l’augmentation infinie de la population, ni à l’homme augmenté. Je trouve, plutôt, que le monde évolue par continuité et non par grands sauts. Il n’y a pas de révolution.

    Internet a démarré il y a plus de 30 ans et ça continue. Les drones ont démarré il y 20 ans et ce n’est que le début. La génétique a démarré il y a très longtemps et c’est toujours en cours. Les Chinois continuent à envahir le monde, l’Amazonie brule toujours et l’empire américain n’a pas fini de faire des ravages. La routine quoi.

    En fait le sentiment de rapidité de l’évolution vient du caractère fugitif des informations. Je devrai plutôt dire des nouvelles. Dans leur frénésie de conquête d’auditoire les publicistes vendent une prétendue information 10 ans avant qu’elle ne marche ou ne soit avérée.

    C’est le cas pour toutes les prouesses annoncées de l’IA, des imprimantes 3D, des voitures autonomes ou électriques, des drones. Contrairement aux apparences, les choses sont plutôt statiques. Si vous en voulez une preuve regardez la fameuset lutte contre le réchauffement. Il ne se passe rien. Aucun État ne modifie le moindre fonctionnement. Tous continuent comme avant à polluer à grande échelle. L’illusion du changement vient uniquement de la pub pour de nouvelles productions censées verdir la planète. Des tas de produits sans çi sans ça, des chaudières à haut rendement, et même des chaussettes produites sans le travail des enfants. Si, si, je vous jure.

    Le lancement de la voiture électrique a maintenant plus de 20 ans et on en voit toujours aussi peu sur les bornes de remplissage que nous avons payées pour ça. Par contre le boom électrique est encore annoncé tous les matins, à grand renfort de primes et de reprises.

    Clairement l’annonce médiatique de l’accomplissement de la mondialisation de l’économie a eu comme rebond un repli sur soi de chaque pays. « America first », « brexit », « Marseille avant tout » en sont la peinture fraîche sur la palissade d’un monde qui ne change pas. Nos fossoyeurs sont toujours à l’œuvre.

    Les enfants qui naîtront dans 30 ans connaîtront encore la hantise du chômage, le travail précaire et idiot, les inondations de la place Saint-Marc et les restrictions sur les retraites.

    Et pourtant pour payer les retraites il y aurait un moyen bien simple de le résoudre, au moins en partie, c’est d’augmenter les salaires. Eh oui, si le salaire augmente, la part vieillesse aussi, c’est mécanique. En plus les salaires et les retraites sont un des principaux leviers de la consommation. Et la tva rentrerait dans les caisses de l’État. Seulement vous le savez les actionnaires n’aiment pas payer ceux qui travaillent pour eux, ils ont le sentiment de se priver de leur argent. Je ne vois pas que cela change dans l’avenir.

    En fait, quand une entreprise annonce un objectif vertueux pour 2030, par exemple en termes d’énergie, vous pouvez être certain que c’est du pipeau complet car rien n’est précisé pour les six prochains mois, ni pour la prochaine année, ni pour les deux ans. Or un objectif à 2030 commence dès aujourd’hui et l’effort principal doit être fait au début et non à la fin comme une course dérisoire au rattrapage.

    La température monte mais c’est la chose la moins importante du monde. La chose importante c’est que le business continue. C’est pour ça que les choses ne changent pas ou alors dans le mauvais sens.

    Y en a qui disent que je vois tout en noir, mais ceux-là continuent à voter.

    Michel Costadau

  • Départ d’André Chantreau

    Départ d’André Chantreau

    André Chantreau 1939-2019

    L’hommage de Bernard Audollent
    Adieu, Ami,
    Il existe des milliers de chansons traitant de l’amour. Paradoxalement il y en a très peu qui célèbrent
    l’amitié. J’ai revisité l’une d’elles, et non des moindres, pour vérifier si cela collait avec toi.
    Oui, c’est sûr, tu n’as jamais hésité à t’embarquer sur le bateau de l’amitié, les gens que tu croisais et
    auxquels tu la proposais, n’étaient pas des amis de luxe, c’était ouvert à tous.
    Et sur le ventre nous nous sommes souvent tapés fort.
    Ce bateau flottait et ne coulait pas malgré les avis de tempête.
    Toutes voiles dehors, Jean, Pierre, Paul, impossible de les citer tous, formaient des compagnies
    d’amitié. Et ces compagnies d’amitié tu n’as eu de cesse de les faire se croiser. Et les amis des
    différentes compagnies sont devenus une majestueuse compagnie d’amis, nombreuse, très
    nombreuse. Une litanie d’amis tellement nombreuse qu’on serait tenté de la comparer à celle des
    saints.
    Oui, ton credo, c’était bien celui de l’amitié.
    Bien sûr cette amitié prenait le quart dans les moindres coûts de Trafalgar et quand nous étions en
    détresse, que nos bras lançaient des SOS, souvent, toi, tu nous montrais le nord, c’était toi le
    sémaphore.
    Et cette amitié a tenu le coup, elle le tient encore aujourd’hui.
    Aujourd’hui tu manques à bord, tout simplement, tu nous manques. Mais une chose est sûre, jamais
    ton trou dans l’eau ne se refermera.
    Coquin de sort, 100 ans après, tu manqueras encore.

    L’hommage de Michel Costadau
    On peut se tromper, et c’est ce que se disait Dédé tout le temps, mais une chose est sûre, c’est que
    pour Dédé, vous, sa famille, avez été sa grande joie, sa satisfaction, sa réussite. De cette réussite il a
    tiré une grande force pour surmonter tous les obstacles de la vie.
    Et la vie n’a pas été toujours facile pour lui.
    Son tempérament à aimer tout le monde a buté sur bien des cailloux.
    La maladie l’a saisi très jeune.
    Ses choix de vie et ses engagements n’ont pas été toujours aisés à prendre.
    Car Dédé n’était pas un théoricien mais un pur relationnel. Les théories, autant religieuses que
    marxistes, se mélangeaient dans sa tête et il n’en sortait rien.
    Par contre, ses sentiments et ressentis pour les personnes ont toujours été très forts. Durant toute sa
    vie, ce sont les personnes, les gens qui l’ont intéressé.
    Ça se traduit par une absence d’ennemis et même d’indifférents, et par une foule d’amis.
    Car Dédé souffrait de la peine des autres, il l’intériorisait, l’intégrait dans son être, et ça lui faisait
    mal profondément.
    Seule l’intéressait la cause de l’homme avec une conviction inébranlable sur l’espoir, la possibilité
    de se réparer, de réparer.
    Il était enthousiasmé par la réussite des autres, et quand ça allait bien, il était content pour eux,
    content avec eux.
    Il a voulu réparer le monde à lui tout seul, ou presque, et ça lui a coûté la vie. Il nous quitte avec
    regret, j’en suis sûr. Au revoir Dédé, continue à exister, on a encore besoin de toi.

    Nos rêves pour demain par André Chantreau
    Texte écrit par André au printemps 2012, lors d’un rassemblement familial et amical à Hoedic.
    André devait écrire un texte exprimant ses rêves pour demain. Ce texte a été mis en bouteille et jeté
    à la mer, avec un autre texte sur le même thème rédigé par Christiane.

    André Malraux, dans son roman l’Espoir écrit pendant la guerre civile d’Espagne, transmet par l’un
    de ses héros ce message : en Amérique du Sud, on raconte cette légende selon laquelle Dieu a
    promis aux singes qu’ils deviendraient un jour des hommes. Et chaque matin, on entend dans la
    forêt s’élever une grande clameur. Ce sont les singes qui pleurent d’avoir été trompés et encore
    trompés, avec leur rêve brisé.
    Or,
    quand le vent est mauvais,
    quand les nouvelles du malheur frappe à notre porte,
    quand est chancelante notre santé ou celle des êtres chers,
    quand chaque matin la radio nous annonce les bruits de bottes, les rivalités meurtrières,
    quand la paix si ardemment chantée la nuit de Noël se voit bafouée, et encore bafouée dans nos
    propres communes, ou sur notre planète,
    quand les divisions l’emportent dans notre pays,
    quand des amours qu’on croyait indomptables se brisent et se transforment en haine,
    alors nous sommes comme les singes de la forêt et nous pleurons de voir nos rêves s’envoler, nos
    espoirs se briser et notre propre chemin devenir ténèbres.
    Nous ressemblons au clown du cirque qui tombe sous les quolibets,
    reçoit des gifles non méritées ou un seau d’eau sur la tête sous les risées.
    Guignol tragique.
    Alors entre les pleurs des singes et la folie d’une espérance chaque matin renouvelée, il nous faut
    choisir.
    Continuer de croire que l’avenir sera beau et même très beau.
    Si nous savons que, à notre niveau, nous ne changerons pas la face du monde, il nous faut du moins
    continuer de rêver de modifier la part médiocre qui nous habite et poursuivre avec énergie à la
    création d’un climat de douceur, de bonté et de fraternité, dans notre rue, dans notre paroisse, dans
    notre commune, dans notre réseau relationnel.
    Un rêve très cher plus intimiste :
    que l’amour qui nous unit depuis 40 ans ne faiblisse pas malgré l’adversité et les stigmates du temps
    et pour encore de belles et longues années,
    que la très grande tendresse tissée au jour le jour comme une grand-mère tricoteuse, avec nos
    enfants, leurs compagnons et compagnes, nos petits-enfants, demeure solide et mutuelle.
    Et un dernier rêve : que le microcosme superbe que nous formons ce soir, dans cette maison du bout
    du monde, où s’impose un génie des lieux bienfaisant, soit comme une épure, une ébauche de ce
    monde espéré, si fraternel et équilibré.
    La folie de nos rêves et nos espoirs pour demain est puissamment encouragé par ces trois jours de
    printemps à Hoedic.
    Un grand merci à Bernard.

  • La campagne

    La campagne

    La disparition de la ruralité, c’est-à-dire la vie à la campagne, est une évolution continue de notre société, mais le suicide actuel du monde paysan est un peu surprenant. Que la pression libérale vienne du business et de l’Etat c’est classique. Bien que honteux de la part de l’Etat, ça ne nous étonne plus. Mais que la pression libérale vienne aussi du syndicalisme agricole c’est assez questionnant.

    Bien sûr ce n’est pas la première mutation sociétale que nous connaissons, mais dans tous les épisodes précédents depuis les soyeux jusqu’aux sidérurgistes, le syndicalisme a toujours défendu les victimes jusqu’au bout. On n’a jamais vu de syndicalistes prôner la suppression d’emploi. Ou alors contre quelque chose. Or actuellement les paysans disparaissent dans l’indifférence générale et avec la bénédiction du syndicat majoritaire.

    Je précise, pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, que j’appelle paysans tous ceux qui font, ou plutôt faisaient, métier de la terre : céréaliers, éleveurs, viticulteurs, quel que soit leur mode de production et de commercialisation.

    Nous constatons donc que les instances agricoles concourent à la disparition des paysans mais nous ne savons pas pourquoi. Comme point de départ établissons d’abord que la profession a été, petit à petit, conquise par les industriels et la finance. On croirait que les paysans gèrent leur profession mais c’est complètement faux. Pas plus que les employés ne gèrent l’entreprise. En fait ça fait longtemps que les banques, les fournisseurs de matériel ou de produits et tous les établissements dits coopératifs, mutualistes et professionnels ont perdu leur caractère représentatif et sont purement aux mains du business. Pourtant ce sont bien des paysans qui siègent dans les chambres d’agriculture et dans tous les organes et commissions concernés, mais ils sont là uniquement pour la galerie, pour le décor. Ils ne sont que la courroie de transmission du business. En fait ils en sont conscients mais la loi du plus fort est la seule loi que les paysans appliquent depuis toujours avec obéissance. Car on ne lutte pas contre le temps ou contre le sol on lui obéit. Et c’est ce qu’ils font.

    Clairement, les paysans ont été sacrifiés à la fin de la dernière guerre mondiale. Et ce sont les Américains qui ont imposé leur mode de fonctionnement et leur dollar. Ceux qui croient que les US sont venus libérer l’Europe n’ont rien compris. Au contraire les US sont venus envahir l’Europe. Ca a très bien marché et ça marche encore. C’est à ce moment-là qu’a été lancée l’industrialisation de l’agriculture française. Ça s’est fait sous plusieurs aspects. En fait dans cinq registres.

    D’abord la mécanisation. La mécanisation est bien accueillie car le métier est vraiment pénible et toute aide est la bienvenue. Evidemment la mécanisation implique revendeurs mais aussi prêts et assurances donc arrive la banque. Et ainsi a commencé l’endettement.

    Ensuite la mainmise sur le foncier avec d’une part la consolidation du statut du fermage afin de sécuriser les prêts des banques et d’autre part l’élimination des petits pour favoriser voire forcer l’agrandissement. Là ça a été moins drôle, acceptable pour le fermage mais pénible pour les conflits entre personnes que génère l’attribution de terres. C’est là qu’a commencé le détournement du syndicalisme en devenant synonyme d’agrandissement. Le syndicat et les administrations s’arrangent entre eux pour éliminer les non-syndiqués, qui sont qualifiés de passéistes. Et bien sûr n’allez pas chercher là-dedans la moindre lutte contre l’artificialisation ou la spéculation, au contraire. La mainmise sur le foncier ne sert qu’à empêcher la survie des petits, à garantir les prêts, à fusionner les exploitations en favorisant les syndiqués majoritaires. A preuve l’explosion du prix du foncier qui empêche maintenant l’installation et favorise encore plus l’agrandissement

    Arrive alors le détournement des coopératives. Prévues pour écouler toute la production et vendre les intrants, elles ont surtout œuvré pour éloigner les paysans de leurs clients, de façon à ce qu’ils ne deviennent qu’un des rouages de la production et non les propriétaires de leurs produits. Là aussi ça s’est fait en douceur puisque la coopérative ou le négociant vend et achète tout et fait la gestion de trésorerie. Du coup beaucoup de paysans travaillent directement et exclusivement pour des industriels dans lesquels ils ne sont pas représentés, pour le lait, la viande, les patates, la betterave et autres.

    Puis vint la PAC, accélérateur de l’asservissement et de l’agrandissement, puisque les primes sont au nombre d’hectare. Donc plus de surface égal plus de primes. De plus, en montrant clairement que les exploitations ne sont pas rentables sans les aides, la politique européenne a confiné le paysan dans le simple rôle d’ouvrier de l’industrie agroalimentaire. C’était le but. Nous n’avons donc pas une agriculture productiviste par vrai choix des paysans mais par passage sous la coupe des industriels. Et c’est donc la course à la productivité qui impose l’agrandissement des exploitations et la disparition des paysans, exactement comme la concentration des usines dans l’industrie est synonyme de licenciements. En plus cette politique a aussi permis d’essayer de concurrencer les vrais exportateurs de blé d’Amérique du Sud et les riverains de la mer Noire. Qui eux n’ont pratiquement aucune aide mais vivent de leurs produits.

    Enfin les semences. Dernier maillon de la dépossession des paysans, les semences végétales et animales sont maintenant brevetées et ferment la boucle en amont. Du coup le paysan achète d’une part toute sa semence, son matériel et ses produits au business et d’autre part vend toute sa production au même business. Le client final a disparu de son environnement.

    Or historiquement le paysan est avant tout un producteur qui répond à une demande de consommateurs, d’utilisateurs à commencer par lui-même. Maintenant son rôle se limite uniquement à celui d’un salarié de l’industrie, payé par elle et exécutant ses ordres avant de prendre la porte pour être remplacé par des fermes industrielles.

    Voilà pour la situation actuelle mais on peut d’ores et déjà prévoir une nouvelle étape. En effet le marché n’est plus aux mains des producteurs mais des commerçants. Et pour les commerçants il est clair que les labels et le bio sont maintenant la principale réserve de marges. En effet, la traçabilité, les origines, les concepts fumeux de durabilité ou d’équité ont eu leur temps mais sont au bout du rouleau. Alors il reste le bio pour inciter les consommateurs à accepter des prix. Le business a donc enclenché le bio de masse, car il a besoin de l’industrialisation du bio pour conserver des marges. Nous en sommes à la sixième phase celle de la massification du bio.

    Nous avons donc la réponse à notre première question : la profession entière est aux mains du business. Celui-ci a transformé les paysans en ouvriers et applique les règles classiques d’augmentation de productivité. Quant au syndicat, sous la coupe des politiques, c’est seulement la couverture pseudo-démocratique du business. Il est là pour éviter les révoltes, les vagues et faire passer la pilule de la disparition et pousser la mise en place les fermes industrielles.

    L’avenir n’est donc plus aux paysans mais aux fermes industrielles.

    Reste alors une question sous-jacente. Est-ce utile ou pas d’avoir des paysans ?

    La réponse est : oui les paysans sont indispensables. Mais pas pour la raison à laquelle vous pensez naturellement, c’est-à-dire l’alimentation de la population. Non personne n’a jamais demandé aux paysans de nourrir la planète. Pas plus qu’on a demandé à Renault de donner à chacun une voiture. C’est, donc, juste un slogan productiviste, comme la ferme France, qui a pour résultat que l’industrie agricole en ce moment détruit la planète et se trouve exposée à l’ire des consommateurs. En fait le rôle des paysans c’est de nourrir leurs proches, c’est-à-dire leur région, à la rigueur leur pays s’il n’est pas trop grand. Et ça ils ne le font pas, même chez nous. Ca n’exclut pas les échanges, mais l’autonomie alimentaire locale devrait être la règle de base de l’agriculture.

    Par contre là où les paysans sont indispensables c’est pour entretenir la campagne. C’est ce qu’ils faisaient et qu’ils ne font plus.

    Parce que ce sont les paysans qui ont créés la campagne. Ce qu’on appelle des espaces naturels sont seulement des zones sans paysans. Mais pour entretenir la campagne il faut être nombreux. Parce qu’à la campagne il n’y a pas que des champs. Il y a aussi des ruisseaux, des forêts, des landes, des lacs, des marécages et des animaux, des tas d’oiseaux, des rongeurs, d’insectes, des vertébrés grands et petits, et aussi des vers et des champignons.

    Or en ce moment les paysans non seulement détruisent directement une partie de la faune et de la flore avec des produits plus ou moins autorisés quoique assurément nocifs, mais n’entretiennent plus ni les ruisseaux, ni les haies, ni les bois, ni les zones humides. Ils détruisent la campagne, purement et simplement. Et cela a des conséquences que tout le monde peut voir.

    Entretenir les ruisseaux c’est éviter que les arbres tombent dans le lit et bloquent l’écoulement de l’eau, c’est maintenir les berges avec de la végétation afin d’éviter les ravinements qui comblent le lit et diminuent son débit et c’est quand il y des buses ou des ponts de vérifier qu’ils ne sont pas bouchés ce qui provoque obstacle et ravinement. C’est prévoir des zones d’étalement, en cas de débordement, sans clôtures, sans bâtiments, sans rien qui bloque l’écoulement.

    Entretenir les haies c’est les maintenir en largeur et en hauteur en évitant les épareuses qui laissent des plaies sources d’attaques parasitaires, c’est évidement ne passer aucun insecticide ou fongicide à proximité et c’est respecter tous les animaux qui y vivent.

    Entretenir les bois c’est renouveler la futaie de temps en temps, c’est-à-dire de l’ordre d’une ou deux fois par fois par siècle, c’est tenir propre le sous-bois avec une végétation vivante et non un amoncellement inextricable de branches mortes qui facilitent la propagation des incendies et empêchent les accès.

    Entretenir les zones humides, c’est veiller à ce qu’elles ne s’assèchent pas par détournement de l’eau, c’est protéger et non chasser les animaux qui y vivent. Et ce n’est pas en faire des lieux de visites touristiques, les zones humides ont besoin de tranquillité.

    Et entretenir la campagne c’est surtout l’occuper avec des champs travaillés et bien travaillés c’est-à-dire en soignant la terre et non seulement la plante que l’on veut faire pousser, avec des animaux élevés en plein air, avec des pâturages et surtout, surtout, surtout avec une présence humaine.

    Or aujourd’hui au contraire la présence de l’homme disparaît de la campagne pour se concentrer en ville et dans des villages de plus en plus urbains. L’homme est en train de déserter la campagne et l’agrandissement des fermes accélère fortement ce mouvement. Jusqu’à présent il restait partout au moins un deux paysans pour un peu entretenir la campagne mais maintenant des zones entières ne sont plus habitées toute l’année et livrées à elles-mêmes.

    Alors la nature, c’est-à-dire la vie, reprend la place laissée par l’homme. La progression des friches et des champs abandonnés est bien visible. Celle des loups, des lynx, des sangliers et des chevreuils, moins visible mais fortement médiatisée est en la même illustration.

    Comment s’en étonner quand le business continue à faire disparaître les paysans.

    La suite dans un prochain texte.

     

     

    Michel Costadau

  • Raciste2

    Raciste2

    Il n’y a pas l’Arabe, il n’y a pas le Juif, pas plus qu’il n’y a le Breton ou le Catalan. Bien sûr les Catalans savent qu’ils ne sont pas une race, mais le problème se pose pour les Juifs qui essayent de revendiquer une race et les Arabes dont beaucoup de gens font une race à part.

    Non, chaque individu a une nationalité, une langue, une religion ou pas, une famille, un travail mais ils n’a pas de race. C’est une invention du Moyen Âge, reprise par Staline, cette histoire de race. Il y a soit des gens de religion musulmane et ses subdivisions, soit de religion chrétienne et ses subdivisions, soit sans religion ce qui est quand même le mieux. Et il y a des citoyens d’Indonésie, de Bolivie ou de Hongrie. Et il y a des locuteurs bantous ou occitans.

    Et donc au siècle dernier ce ne sont pas des tziganes ou des juifs que l’on a massacrés, mais des Polonais, des Français, des Allemands ou des Hongrois. Ca change pas mal de choses. Oui, on a éliminé des Français sans jugement, sans accusation, sans autre raison que l’invocation de la race. Bien sûr quelle que soit la motivation c’est de la barbarie pure et dure. Mais attention, le rangement dans une catégorie, même artificielle, comme la race permet de se distancier des actes commis contre cette catégorie.

    C’est aujourd’hui le cas pour des catégories comme terroriste. On a créé l’idée que ces gens-là on peut les tuer sans jugement, sans raison, simplement à cause de leur qualificatif de terroriste, même s’ils n’ont rien fait mais qu’ils pourraient le faire. Si vous voyez passer un fourgon avec des gens dedans vous vous dites que ce sont des délinquants. Vous n’en savez rien mais c’est l’idée qu’on vous a inculquée. Si en plus on vous dit que c’est des terroristes, alors là vous seriez prêt à leur tirer dessus. Même si ce sont des femmes et des enfants. Pouah quelle horreur. Abattez-moi tout ça ! On vous force à oublier que ce sont des Français.

    C’est exactement ce qui s’est passé au siècle dernier. On a vu passer les fourgons et on s’est dit : c’est sûrement des délinquants. Pas de bol c’était de simples Français mais déclassés par leur appartenance à une catégorie. C’est le problème quand la dérive vient d’en haut, c’est-à-dire du pouvoir. L’idée que le pouvoir a toujours raison nous a été assénée depuis des centaines d’années à coup de procès, d’exécutions sommaires et de campagnes médiatiques.

    Alors aujourd’hui, comment s’assurer que toutes les personnes dans les fourgons sont réellement sous le coup d’une accusation légale et non d’un oukase de la classe dirigeante. Ou que, dans la rue, tous les manifestants sont des demandeurs et non des casseurs.

    C’est évidemment impossible.

    D’ailleurs délinquant est devenu une catégorie et délinquant récidiviste une race coupable de tous les maux. C’est ça le racisme. C’est la création entre les hommes d’une distance qui autorise à exercer à leur égard un traitement inhumain.

    La déclinaison militaire du racisme c’est la torture. C’est inhumain mais c’est autorisé sur des gens qu’on ne veut plus qualifier d’humains, mais d’ennemis.

    La déclinaison conjugale du racisme, c’est la violence faite aux femmes.

    La déclinaison entreprise du racisme c’est la vente du personnel avec les machines. Oui on vend des Français.

    Et quand les disqualifiés sont dans la rue, on envoie la police, c’est même pas drôle.

    Michel Costadau

  • Départ d’Odette Galaup

    Départ d’Odette Galaup

    Odette, Catherine, Germaine, tati chère marraine nous voulons te rendre hommage aujourd’hui pour ton passage parmi nous.

    Tu étais née à la ferme d’Arifa à St Loup le 13 avril 1634. Tu étais la 6ème enfant de la famille Carriérou. Tu allais à l’école de St Loup quand le travail de la ferme le permettait, à pieds, en sabot munie de ta gamelle dans la musette. Tu fréquentais l’église de St Loup pour la messe et le catéchisme et de la même manière à 14 ans tu te rendais à l’ouvroir de l’école des soeurs à Puylaurens pour y apprendre la couture.

    Tu as connu la guerre 39/45, ses privations mais tu savais attendrir les soldats Allemands pour te faire offrir des billes de chocolat. Ensuite tu travaillais à la ferme de tes parents, tu participais aux grands travaux agricoles d’entraide ou tu as rencontré Gilbert que tu as épousé le 14 mats 1952 à St Loup.

    Tu es allé vivre dans ta belle-famille à En Bessière à Cadix.

    Quelques années plus tard vous avez déménagé à Lacroisille à En Pinel Couchant.

    C’est alors que ton petit ange Aline est née le 8 aout 56 mais que la vie t’a reprise. Heureusement Denise est arrivée le 16 décembre  1957 et a apporté beaucoup de joie dans le foyer. Ensuite en 1960 vous avez fait l’acquisition d’En Gout et vous êtes allés y demeurer. Tu aimais le vie et les grandes réjouissances familiales avec de grands tablées et de bons produits de la ferme. Tu avais gardé de la guerre la mémoire de la force des réunions de famille pour combattre et tu as su la retransmettre.

    Tu étais d’avant-garde, tu nous éblouissais quand tu te déplaçais en moto en pantalon ou en tablier, et aussi quand tu as eu le permis de conduire. Tu as eu raison d’écouter Gilbert qui t’as poussé à l’obtenir.

    Tu aimais les travaux de la ferme et tu affectionnais plus particulièrement les vaches et les veaux qui te le rendaient. Tu conduisais le tracteur dans les coteaux d’En Gout et d’En Gringaud malgré le danger.

    Avec Gilbert vous arpentiez les bois du Cabaretou pour cueillir des cèpes et vous en rapportiez des montagnes.

    Denise s’est marié en juin 1976, Isabelle est née à la Toussaint1977.

    En Mai 1983 le départ de Gilbert fut un anéantissement pour la famille. Tu as su rebondir et tu as su mener la fermùe d’une main de maitre ce qui t’as valu le mérite agricole. En Aout 1988 est arrivé ton ‘petit Mathieu » qui t’as également comblé de bonheur.

    Tes petits enfants ont poursuivi les études et obtenu du travail ; ils t’ont donné la joie de fonder à leur tour leur foyer et de t’offrir 4 arrières petits enfants : Louise, Faustine, Anaëlle et Gabin.

    Nous te remercions pour tout ce que tu nous a appris et transmis et pour tout l’amour que tu as donné autour de toi, pour toue le bien que tu as fais, par tes prières aux gens qui souffraient et à ceux qui t’accompagnaient dans ta souffrance.

    En outre, tu passais beaucoup de temps en prière à Notre Seigneur, à la Vierge Marie, à Fatima, et à Sainte Rita pour les remercier de la grâce qu’ils t’accordaient.

    Colette Carrierou

     

  • Plafond

    Plafond

    Dire qu’il règne un certain désordre idéologique en France est un euphémisme. Il y a chez nous comme un sacré décalage de communication. Par exemple le discours sur le nivellement du statut et du régime des cheminots ou des agents edf n’arrive jamais jusqu’aux régimes très spéciaux des policiers, des militaires, des hauts fonctionnaires, des pdg…des sénateurs ou des ministres. Il y a comme un plafond de verre que les médias établissent autour des vrais privilégiés de notre société.

    Parce que arriver à faire passer les cheminots pour des profiteurs, c’est fort, très fort de café. C’est comme transformer les chômeurs en fraudeurs, là on atteint des sommets du renversement des valeurs qui consiste à établir que ceux qui sont malheureux c’est de leur faute. Le système n’y est pour rien. Damned. Ascenseur social, égalité des chances, souveraineté nationale, efforts nécessaires, défense de nos valeurs, autant de mots creux qui sont assénés en boucle, et qui servent à maintenir les avantages acquis de nos dirigeants.

    De même pour la pénibilité des activités professionnelles, par exemple maçon, on a surtout les yeux de Chimène pour ces pauvres militaires et policiers qui font un métier tellement dangereux qu’on leur donne des avantages assez inexplicables. Autant il est clair que quand on fait maçon on n’y va pas pour tomber de l’échafaudage, autant quand on fait militaire je ne comprends pas qu’on s’offusque qu’ils sautent sur une mine, ni les hommages qu’on leur rend. Parce que celui d’en face qui saute sur une mine, on l’achève, c’est naturel. Je me demande s’ils n’ont pas une prime au rendement : 2 morts = 10% de prime. Il n’y a que chez les Grecs et les Inuits que l’on rend les honneurs à ses ennemis, chez nous on les jette à la poubelle. Militaire est vraiment une activité malsaine. En plus, honteuse et complètement inutile. And we pay for that.

    Si je vous dis ça c’est, aussi, parce que les contaminés de l’amiante attendent toujours une aide. Je parie qu’ils vont nous sortir que l’amiante ce n’est dangereux que quand on le détruit, pas quand on le fabrique ou l’utilise. Cqfd. Là le plafond de verre devient moins transparent, pour ne pas dire opaque. Comme pour l’hôpital qu’il faut maintenant sortir de la crise. Seulement cette crise c’est le business qui l’a créée avec la politique de l’acte et la rentabilité ses soins. On commence à voir des gouttes de sang au plafond.

    Avec Edf aussi on atteint des sommets. Clairement le système est en train de nous faire passer de la civilisation du pétrole à celle de l’électricité.

                                                                                                Du tout pétrole au tout électrique

                                                                                                en avant la musique.

    Ce qui ne nous empêche pas, bien sûr, d’avoir les deux.

    Mais avec un leitmotiv lui aussi repris en boucle : l’électricité ne pollue pas. C’est hélas complètement faux. A part l’hydraulique, pour 5% de la facture edf, toutes les centrales polluent, thermiques, nucléaires, même les éoliennes et surtout le photovoltaïque, parce qu’on n’établit jamais, pour l’électricité, le bilan complet depuis la chaîne de production jusqu’au retraitement. Encore un plafond de verre qui laisse passer bien des rayonnements. Qui plus est, augmenter la capacité de fourniture d’électricité c’est automatiquement augmenter le réchauffement. Eh oui toutes les énergies produites finissent tôt ou tard en chaleur, il n’y a pas d’autres issues. Dès l’instant où elle est produite l’électricité est destinée au réchauffement. Et les pics de production sont à venir.

                                                                                                Pic du fossile + pic du nucléaire

                                                                                               + pic du photovoltaïque + pic de l’éolien

                                                                                               = super réchauffement.

    Alors le plafond se réchauffe mais il ne fond pas.

    Michel Costadau

     

  • Evolution

    Evolution

    Est-ce que l’espèce humaine subit une évolution ? Et dans quel sens ? Ce n’est pas très clair parce que d’un côté certains parlent de l’homme augmenté et d’autres disent que les capacités de l’homme diminuent.

    L’homme augmenté c’est les lunettes mais aussi le clic au bout des doigts. Il est vrai que l’homme a développé beaucoup de moyens pour accroître sa force ou faciliter ses actions. Armes, véhicules, transmissions diverses …Du coup y en a même qui ont imaginé un homme robot, c’est à dire truffé de gadgets lui permettant d’ouvrir les portes par la pensée, de parler sans ouvrir la bouche ou d’écouter de la musique venue de nulle part. Laissons ces illusionnistes de côté pour rester dans les aides que l’homme peut utiliser sans changer de nature.

    Notons quand même que, paradoxalement, les instruments ou les programmes qui lui permettent de faire des choses impossibles avec ses simples moyens physiques ont tendance à le diminuer par hypertrophie des ses muscles et même de ses propres sens.

    Par exemple il y a eu pas mal de foot ou de rugby ces derniers temps et le recours à la vidéo, au ralenti ou à la multiplication des angles, permettant de « voir » plus que l’homme, a un petit côté triste et décadent dans le sens où on fait de moins en moins confiance au jugement humain pour se réfugier derrière les caméras et d’une manière générale les instruments. On ne peut pas appeler ça une amélioration de l’espèce.

    Concrètement l’activité physique ayant fortement tendance à baisser en Occident, les hommes n’ont plus ni la force, ni l’endurance d’avant. C’est plutôt l’obésité qui gagne avec son cortège de maladies psycho-truc qui nous fragilisent sérieusement.

    D’ailleurs il n’y a qu’à constater que le poids d’objets courants comme un sac de ciment ou une bouteille de gaz a diminué. Fini les sacs de 80 kg de blé que manipulaient nos ancêtres, mais par contre la taille des paquets de chips a considérablement augmenté.

    De même, quand on dit que les gens se déplacent de plus en plus, ce n’est pas à pieds, à part les migrants, c’est en auto, en bateau ou en avion.

    Cependant il est notable que les Occidentaux sont de plus en plus grands, taille probablement due à l’alimentation mais ne se traduisant par aucune évolution de la force, de la résistance ou de l’intelligence.

    En fait les deux phénomènes, augmentation et diminution, sont étroitement liés. En effet seule la sédentarisation permet de passer du temps à cliquer. Il n’y a donc pas deux courants opposés mais un seul : la diminution des capacités physiques.

    A une époque, pas si lointaine que ça, l’homme ne faisait que marcher toute la journée. Hors le sommeil, le repos en tant que phase journalière ou régulière n’existait pas. Tandis que maintenant le travail n’occupe qu’une petite partie d’une vie. Du coup le repos occupe la partie la plus importante du temps avec une grandissante dose d’ennui. Et pour s’occuper les hommes sont prêts à tout, y compris à faire du sport, je veux dire physiquement pas devant un écran, quoique.

    Michel Costadau

  • PIB

    PIB

    Dans le registre comment marchent les choses compliquées, on va regarder ce qui se cache derrière le PIB. A vrai dire rien n’est caché, on connait sa valeur, ses modes de calcul car il y en a plusieurs qui donnent tous le même résultat ouf, et surtout son évolution. On connait le PIB de chaque pays, le PIB par habitants et on compare les PIB. C’est « the indicator » de la « croissance ». Waouh, croissance de quoi ?

    En fait la seule chose que l’on ne connaît pas c’est pourquoi la finance et les politiques sont accros au PIB.

    En effet le PIB n’est pas la somme du chiffre d’affaires de toutes les entreprises. Ce n’est pas non plus la somme des bénéfices des sociétés. Ce n’est pas non plus la somme des investissements en recherche et développement et ça n’a aucun rapport avec le nombre de salariés. Alors qu’es aquo ?

    Voilà, voilà : le PIB ne mesure que la manière dont les acteurs économiques valorisent ce qu’ils achètent pour fabriquer un produit ou un service et le mettre sur le marché. Ah bon, ils valorisent, mais ça veut dire quoi. Ça veut dire qu’ils ajoutent de la valeur, c’est-à-dire du prix. Si tout ce qu’ils ont acheté à d’autres pour faire leur produit vaut 40 et que le produit qu’ils mettent sur le marché vaut 90, ils ont ajouté une valeur de 50. Le calcul de cette valorisation est purement comptable et résulte, en gros, de la différence entre le montant des ventes produit et le montant des achats fournisseur. Le PIB français est alors la somme de toutes les valeurs ajoutées par les acteurs économiques français pendant une année.

    Ainsi chaque acteur essaie autant qu’il peut d’ajouter de la valeur et clairement il y a deux top-top dans cette course, c’est quand le prix de vente est exorbitant et quand les achats sont proches de zéro.

    Prix de vente exorbitant c’est d’une manière générale le luxe, c’est-à-dire quand l’acheteur se moque complètement du montant du chèque, comme si 10 000 ou 100 000 c’était pareil. C’est mode, peinture, voiture, villas et autre.

    Et il y en a beaucoup.

    Pour l’anecdote il y a 50 ans, je ne sais plus quel journal, avait fait un concours pour savoir qui dépenserait le plus d’argent en un we. Le vainqueur avait été un légionnaire qui avait réussi à acheter deux porsche et emmener des call girls en virée. Fin de l’anecdote parce qu’aujourd’hui ça irait beaucoup plus haut.

    L’autre top-top c’est quand les achats sont proches de zéro. Ça a été le cas de l’exploitation des ressources naturelles mais c’est, maintenant, le domaine des sites internet commerciaux basés sur une idée comportementale. Le produit informatique ne leur ayant pratiquement rien coûté, puisqu’ils l’ont développé eux même, les achats sont limités au fonctionnement informatique du site. C’est uber, airbnb, blablacar et autre.

    Et il y en a beaucoup.

    Mais vous allez me dire qu’il faut bien payer des salariés pour faire fonctionner tout ça. Oui, mais ça n’entre pas dans le PIB. C’est justement la valeur ajoutée de chaque entreprise qui lui sert à payer les salaires, faire des investissements…et du bénéfice. Mais bien plus que le bénéfice ce qui intéresse les investisseurs c’est la valeur de leur mise. Et l’augmentation de la valeur ajoutée a exactement pour effet d’augmenter la valeur de leurs actions, même si l’entreprise fait des pertes et ne distribue aucun dividende.

    Voila que l’on commence à comprendre : Le PIB ne mesure pas du tout la croissance au sens amélioration des conditions de vie, mais seulement la croissance de la richesse des actionnaires et des investisseurs. Nous avons donc notre réponse pour la finance : la croissance du PIB est la croissance de leur argent, de leur fortune.

    Et alors les politiques ? Ben vous connaissez déjà la réponse. Les politiques n’étant que les agents des financiers ils n’ont qu’un seul but : continuer, coûte que coûte, à faire croitre le PIB de leurs donneurs d’ordre. Je dis bien les politiques, quels que soient ceux que vous croyez choisir. Tous ne cherchent qu’à servir le PIB. Bien sûr chaque politique utilise un habillage, on pourrait dire un déguisement, pour couvrir son service du PIB. Certains utilisent l’immigration, d’autres l’environnement ou les services publics. Mais ça ne change rien à leur seul rôle : faire croître le PIB. Tous unis, oui, mais contre nous.

    Michel Costadau

  • Finances

    Finances

    Oui je sais, normalement il faudrait faire le texte sur la religion. Mais, d’une part, j’ai compté que dans le texte sur l’Etat voyou d’Israël il y avait 35 fois le mot religion, ce qui veut dire qu’on en a déjà un peu parlé, et, d’autre part, il y a moins d’actualité sur ce sujet que sur d’autres plus chauds. Les sujets chauds c’est la Grèce, le réchauffement climatique, l’Etat Islamique ou l’Ukraine par exemple. Mais au-dessus de tout ça, ou en dessous, si on veut parler de dénominateur commun, il y a le renversement dans l’ordre des pouvoirs qu’a réussi la finance il y a quelques années et dont nous voyons les effets dans les sujets évoqués plus haut. Je voudrais dire finance internationale ou finance mondiale, mais justement ce ne sont que des pléonasmes, car il y a « la » finance c’est tout et elle va bien, merci.

    La finance est devenue la puissance mondiale n°1, ça veut dire que tous les autres détenteurs de pouvoir, par exemple les politiques, les religieux ou les intellectuels ne sont plus maîtres de leur jeu, sauf peut-être les mafias et quelques organisations parallèles. Mais quand je dis que la finance a pris le pouvoir, je ne suis pas certain que tout le monde sache vraiment ce que j’entends par là. Alors qu’est-ce que la finance ? Bonne question. Est ce que la finance c’est l’argent, oui bien sûr, mais l’argent ça fait longtemps qu’il y en a. Est-ce que la finance c’est les riches et les entreprises, oui bien sûr mais là aussi ça fait longtemps que ça existe. Alors c’est quoi, les banques, les Bourses, les fonds de pension. Oui oui oui, la finance c’est tout ça, mais plus encore ce que j’appelle la finance, c’est le nouvel esprit qui s’est emparé de l’argent. Aujourd’hui, il est devenu plus facile de faire de l’argent avec de l’argent qu’avec tout autre moyen, comme le travail, l’investissement ou la guerre. L’argent est entré depuis quelques décennies dans une boucle infernale d’autoreproduction, avec comme corollaire qu’il y a trop d’argent liquide dans le monde. Et cet excès d’argent s’est accompagné d’un mode de fonctionnement dans lequel tout se vend et tout s’achète. Cet état d’esprit c’est celui que les riches, les banques, les Bourses, les fonds de pension et les entreprises ont réussi à répandre dans tous les rouages et dans tous les esprits de la société. C’est ça la finance. C’est ça le renversement ou le basculement qu’elle a réussi. Alors allons-y.

    Le gros, très gros, problème que je veux analyser dans ce texte c’est que les politiques, c’est-à-dire la caste de tous les élus et leurs sherpas, sont totalement responsables de cette situation. Non seulement ils ont fait la courte échelle à la finance en utilisant le service de l’argent pour leur propre carrière ainsi que pour l’endettement continu du pays, mais du coup ils ont sacrifié les citoyens sur l’autel de l’économie dans le seul but d’essayer de garder le pouvoir. Malheureusement, non seulement ils ont complètement perdu le pouvoir et comme des enfants ils se battent entre eux pour avoir le ballon, mais ils ont permis à la finance de se développer et de les tenir en laisse. La caste politique fait comme si elle avait encore tout le pouvoir, ce qui nous donne une situation de fausseté incroyable dans laquelle le mensonge et la dissimulation sont roi et reine. C’est l’explication de ce double langage schizophrène des politiques qui m’intéresse. On va donc essayer de voir comment et pourquoi tous les dés de la vie publique sont truqués, et du même coup comment et pourquoi il est difficile de se faire une opinion claire sur quelque sujet que ce soit, alors même que ça devient urgent de penser et de réagir. On verra ainsi que, du coup, on aborde aussi les sujets chauds évoqués plus haut.

    Quand je dis que les politiques sont responsables de la victoire de la finance, c’est qu’ils ont abandonné la défense de toutes valeurs, de toutes idées, afin de privilégier leur réélection. La réélection c’est ça le drame. C’est la réélection qui a créé la caste et la caste cherche uniquement à profiter de sa rente de situation. Pour moi, la prise de pouvoir de la finance est liée à notre crise de la pensée politique ou de la philosophie si vous préférez. Nos sociétés ne vivent d’aucun espoir, d’aucune recherche sur le pourquoi et le comment de la vie, ne se fixent aucun but auquel les citoyens pourraient adhérer et donc pour lequel utiliser leur énergie et leur capacités, c’est-à-dire leur travail. Les politiques ne nous donnent comme perspective que le néant de la consommation, que la croissance du GDP, que la fuite en avant comme réponse à toutes questions. Clairement, 3 % de déficit, 40 000 délivrances de visas, 5 % d’encadrement des loyers ou 6 % de baisse d’on ne sait plus très bien quoi au juste, ne sont pas de nature à mobiliser une société dans un élan commun d’effort et de réussite. La caste politique ne nous offre qu’une ribambelle de chiffres tous plus faux les uns que les autres, à tel point que nous ne savons pas vraiment combien nous sommes, ni combien il y a de chômeurs, ni combien gagne un médecin. Dans ces conditions, l’esprit de l’argent pour l’argent s’est développé comme une pandémie. En effets si l’on ne se projette plus dans l’avenir, l’immédiateté devient le seul horizon. L’argent est devenu le moyeu de la roue qui fait tourner le monde et s’est imposé comme le support de la monétisation de toutes choses et de toutes personnes.

    Donc je dis que la finance mène le monde, mais vous ne manquerez pas de me rétorquer qu’avant c’était les riches et que ça ne change pas grand chose. Erreur ! avant, les riches n’étaient que des profiteurs, ce n’est pas eux qui faisaient l’histoire mais les clans, les familles, les castes, et les riches d’argent dépendaient d’eux. Il y a encore des histoires récentes de riches célèbres éliminés physiquement par des pouvoirs politiques ou religieux. Seulement, petit à petit, les riches ont créé les institutions financières, ils se sont organisés, et, avec l’aide coupable des politiques, ils ont réussi à faire que la vie sur terre ne soit liée qu’à l’argent. Je le répète, non pas l’argent en tant que moyen d’échange, comme avant, mais l’argent en tant que valeur de référence, que but ultime. Aujourd’hui, tout le monde est persuadé que sans argent on ne peut rien, c’est ça la bascule. Du coup ça n’encourage personne à avoir des idées, à défendre des valeurs ou à développer des compétences. Du coup, tout le monde veut de l’argent, ne parle et n’agit que pour l’argent. Et voila donc l’abracadabrante actualité que nous avons : le problème c’est 1,40€ le kilo comme si un prix pouvait être une cause à défendre ou à combattre.

    Comme je l’ai dit, la clé c’est l’évolution des pouvoirs politiques car on était habitué à ce que ce soit eux les dominants, ce qui en plus avait un petit coté sympathique, car certains pouvaient prétendre qu’à travers eux c’étaient les peuples qui décidaient. Il n’en était rien bien sûr, mais ça a marché pendant un moment. Et même jusqu’à assez récemment, car, pour être clair, le changement d’esprit au profit de la finance n’est pas très vieux. Cependant comme ça a été une action lente et continue il y a eu des étapes. Disons pour fixer les idées que ça a commencé avec la première guerre mondiale et que le basculement a eu lieu avec l’agrandissement de l’Europe après les années 70.

    Maintenant la question est celle-ci : est-ce qu’en France ce sont les pouvoirs politiques élus qui gouvernent, ou la finance, sachant que ça fait déjà longtemps que ce ne sont plus les peuples qui décident quoi que ce soit. Eh bien la réponse n’est pas en tout ou rien. Revenons sur le double langage des politiques. D’un côté les politiques tiennent un discours de défense des citoyens, de proximité de la population, de souci du bien commun, enfin tout ce à quoi on est habitués. Hélas tout ça reste au niveau du discours, de l’attitude, de la posture, et ne se traduit plus jamais en actes. Depuis le niveau communal, jusqu’au gouvernement, tous les réalisations, toutes les décisions, toutes les lois sont marquées du sceau de la finance. Vous pouvez le prendre par tous les bouts possibles, force est de constater que les politiques n’ont qu’une seule attitude = filer un maximum d’argent aux entreprises et aux riches. Il y a même une école pour apprendre ça, c’est l’ENA. Dans cette école on apprend à mettre en œuvre cette alchimie du mensonge. On y enseigne comment pratiquer la déconnexion entre les paroles et les actes. Les paroles servent uniquement à se faire élire et réélire, et les actes consistent à saupoudrer un maximum d’électeurs de soi- disant subventions afin que beaucoup reçoivent un petit quelque chose et surtout à n’entreprendre aucune action pour l’amélioration de la société, car ce serait la meilleure manière de donner des armes à ses adversaires qui, comme la place est bonne, sont nombreux. C’est ça la technocratie. Quand je dis que c’est de la schizophrénie c’est que c’est consciemment que le discours démocratique se transforme en actes capitalistes. Il est urgent de prendre conscience que le discours politique est unique, quel que soit le parti. Il s’agit toujours d’enrober d’une sauce citoyenne une mesure de transfert d’argent vers les entreprises et les nantis. Toujours, tout le temps.

    Cependant, la conséquence la plus grave n’est peut-être pas le tapis rouge déroulé à la finance, mais plutôt la trahison électorale que représente cette manière de faire. A force de mépriser les citoyens et les électeurs, les politiques ont créé une distance, un hiatus entre la population et eux. D’abord ça se traduit par un désintérêt des citoyens pour les élections, puis ça laisse un passage aux opinions plus extrémistes de certaines formations ; ensuite ça crée le grand fossé entre la population et sa représentation ce qui finit par remettre en cause le système politique dit démocratique. Et là toutes les dérives sont possibles, depuis le sauveur de la nation jusqu’à la mise à mal physique des responsables de ce système. Ca peut s’appeler la dictature ou la révolution, en tous cas c’est pas bon.

    Bien sûr, comme on l’a dit, il y a des îlots de résistance. Mais ils ne sont portés par aucun parti politique, ni par aucun intellectuel, puisque la caste politique n’a pas pour but de représenter et de défendre la population, mais uniquement de garder ses élus et de se reproduire dans une fuite en avant suicidaire. En fait, le problème de la résistance c’est qu’elle est portée par des marginaux, des jeunes, des non-notables patentés et qu’elle n’est « pensée » par aucun intellectuel, même si c’est ce que j’essaye de faire. Ca donne du coup une absence de poids et de présence dans la vie publique qui ne correspond pas tout à fait à la réalité. En fait, il y a des initiatives, monnaies alternatives, ZAD, circuits courts, communautés qui toutes mettent en avant le refus du pouvoir de la finance. Mais soyons réalistes, la résistance à la finance ne concerne pour le moment que peu de gens, disons en France électoralement quelques %, c’est pas beaucoup. Cependant, électoralement, on a atteint des scores bien meilleurs en Grèce ou en Espagne. Je dis ça parce que c’est la preuve que la résistance est confisquée, oblitérée par les partis politiques et les médias. Pourquoi tous les médias sont-ils aux mains des riches ? Eh bien pas du tout pour en faire des outils de leur communication, ça c’est bon pour les journaux militants, non, seulement pour que rien ne change, pour que les médias restent des véhicules de l’immédiateté et de l’insignifiance. Je n’insiste pas, on a déjà abordé ce sujet. Dès qu’un mouvement politique s’affranchit du carcan de la classe politique, il semble que beaucoup de gens apportent leur soutien. Car le fonctionnement de la caste politique est ainsi fait que les changements politiques ne sont en aucun cas des changement de politique mais seulement le remplacement d’un groupe de riches par un autre. Non pas qu’ils se battent vraiment entre eux mais comme il y a des avantages pour ceux qui ont leurs politiciens au pouvoir, ils cherchent à les faire gagner. Plusieurs aspects sont détestables dans ce mode de fonctionnement. D’abord, bien sûr, l’usurpation que représentent les « idées et les programmes » des politiques. Ils ne sont que l’appât qui va faire que les pauvres citoyens vont aller voter, c’est le plus important, voire voter pour eux, c’est en prime. J’espère que vous avez conscience que, depuis 50 ans, aucun avantage n’a été octroyé par les politiques aux citoyens. L’abolition de la peine de mort ne coûte rien, le droit à l’avortement est assorti de telles contraintes pour limiter les coûts qu’on ne peut pas appeler ça un droit, la CMU ne coûte rien, les 35 heures, mesure censée diminuer le chômage se sont traduites par un blocage des salaires et l’envolée du chômage, le droit de vote à 18 ans ne coûte rien, la décentralisation ne comporte aucun rapprochement des citoyens des centre de décision, au contraire, et s’accompagne même d’une altération des services publics. Et je ne parle pas du « verdissement » de la PAC. Tout ça n’est que du trompe-l’œil, des mesures ne faisant en rien progresser la démocratie, ni ne procurant le moindre avantage aux citoyens. Et pourtant les programmes fourmillent de mesures, pour la famille, contre l’exclusion, pour la protection de ceci ou cela…. et incroyable mais vrai, les gens votent encore. Dites-moi les avantages ou les progrès que vous avez pu constater personnellement liés à des mesures prises par les politiques. Moi je n’en vois aucun. Attention, que certains dans la population aient pu améliorer individuellement leur sort n’a évidemment aucun rapport avec le moindre progrès de la société, mais dénote au contraire la continuation de l’avancée de la finance, car dans la finance ce qui compte c’est quelques individus, jamais la société.

    Quand je dis que nos élus ne gouvernent pas, c’est que toute l’action du gouvernement consiste à essayer de composer, de pactiser avec la finance, jusqu’à quand ? Pour concrétiser cela on va illustrer notre propos par de bons exemples. Prenons les agences de notation. Vous vous souvenez que la France a perdu son triple A et que la Grèce en est à CC-. Bon les agences de notation ont le droit de faire ça, ça ne mange pas de pain nous dit-on. D’après les politiques, la seule conséquence est le taux avec lequel les Etats peuvent trouver de l’argent et donc avec un AA+ on a de meilleurs taux qu’avec un CC-. Ca c’est quand on regarde la situation du point de vue des Etats. Maintenant changeons de place et mettons nous au point d’où la finance regarde le monde. Qu’est-ce qu’elle voit la finance ? elle voit des acteurs économiques, des banques, des masses monétaires et des capitaux. Son seul objectif étant de faire de l’argent avec de l’argent, elle voit le monde comme son terrain de jeu. Alors elle donne des notes sur l’intérêt que présente tel ou tel acteur et sur l’opportunité de faire tel ou tel placement. Et des notes, elle en donne sur beaucoup de projets, d’industries, de sociétés, d’Etats. Tout ce qui est susceptible de recevoir un placement a une note. Et ces notes évoluent avec le temps et les évènements mondiaux. Seulement à qui sont destinées ces notes, eh bien aux financiers et uniquement aux financiers. Les notes ne sont donc pas du tout destinées aux Etats, mais à ceux qui souhaitent acheter ou vendre des morceaux d’Etats. Les morceaux d’Etats c’est de la dette, obligations et emprunts ou de la privatisation. Vu par la finance les Etats ne sont donc pas du tout les représentants d’une population, mais de simples acteurs économiques plus ou moins efficaces qu’il convient d’utiliser au mieux.

    Ainsi donc, quand la finance prône l’allègement de l’Etat, en disant que les impôts pèsent trop sur l’activité économique, ce n’est bien sûr pas du tout pour que les citoyens ou les entreprise payent moins d’impôts, mais seulement pour susciter des pans de privatisation, banque, postes, électricité etc. etc. afin que les capitaux puissent s’investir dans de nouvelles activités rentables. De même, quand la finance veut sortir la Grèce de l’euro, ce n’est pas pour que les Grecs se portent mieux ou que l’Europe se réforme, c’est uniquement pour que les fortunes en euros ne perdent pas de valeur. De même, quand on dit que les entreprises créent l’emploi et qu’il faut donc les aider, il n’en est évidemment rien, mais seulement aider les entreprises c’est aider les actionnaires et ça c’est bon pour la finance, puisque ce sont les mêmes. Quand on y réfléchit, c’est une honte d’aider les entreprises, car en fait ça ne sert qu’à aider la finance. Pourtant les politiques rabâchent à longueur de temps le slogan des emplois. Aider les entreprises, c’est créer des emplois, sauver des emplois, maintenir des emplois. Regardons bien la réalité. D’abord au niveau global, eh bien avec plus de 3 millions de chômeurs secs c’est-à-dire sans le moindre petit bout d’emploi, on peut pas appeler ça une réussite. Ensuite, regardons le mécanisme. Les aides accordées aux entreprises sont comme un prêt mais sans le moindre remboursement. Ou va cet argent, comprenez bien qu’il ne sert pas à payer les salariés, car sinon ça ne marcherait que le temps d’épuiser le montant de l’aide et on reviendrait au même point. Non, l’argent va dans un investissement, dans une recherche ou dans une acquisition. Seulement un investissement ça enrichit qui ? eh bien les actionnaires et eux seuls, car ça donne de la valeur à l’entreprise c’est-à-dire à ce que détiennent les actionnaires, pas les salariés, ni les fournisseurs. Et voila la boucle est bouclée. D’ailleurs, les acteurs les plus efficaces de la finance sont bien sûr les entreprises avec le total pouvoir actionnarial. Ca c’est la plus belle invention de la finance, ancienne pourtant : les actionnaires. Qu’est-ce qu’une entreprise ? C’est une machine qui produit de la valeur par le travail des fourmis locales qu’on appelle des salariés. Quand je dis qu’elle produit de la valeur ce n’est pas la valeur des produits qu’elle fabrique ou des services qu’elle vend, c’est la valeur de ce que possède chaque actionnaire. Quand la valeur augmente, la richesse des actionnaires augmente et éventuellement on vend avec bénéfice. Quand l’entreprise perd de la valeur, on supprime des fourmis et on demande des aides.

    Petite anecdote pour se distraire un peu. Le directeur de la Banque de France, qui doit être remplacé prochainement, parle des qualités que devrait avoir son successeur en ces termes, -compétent,-européen convaincu, -indépendant des milieux financiers (Le Monde 25 juillet 2015). Passons sur -compétent qui ne veut pas dire grand chose, à part devant faire partie du sérail, langue de bois habituelle. Arrêtons nous trente seconde sur -européen convaincu- pour dire que, comme il s’agit de la Banque de France on aurait pu s’attendre plutôt à « ardent défenseur des intérêts de la France ». Ben non c’est raté. Le point à noter c’est -indépendant des milieux financiers, car c’est révélateur. D’abord c’est impossible, on ne voit pas le directeur de la Banque de France ayant un CV de berger dans un petit village de Lozère, du coup c’est indiquer un peu trop clairement que ce sont bien les milieux financiers qui font la loi, mais qu’il faut faire comme si c’était nos petits pioupiou qui menaient la barque.

    En résumé conclusif : la caste politique a, dangereusement, viré sa cuti il y a une cinquantaine d’année en se fixant comme objectif de rester au pouvoir par tous les moyens possibles : régime présidentiel, pseudo alternance, financement des partis, labellisation de la technocratie, monopole des médias et bien sûr compromission totale avec la finance. La mise en œuvre de cet objectif a causé d’énormes dégâts. D’abord la perte continue de confiance de la population dans ses élus, ce qui remet en cause notre démocratie. Mais d’autres catastrophes moins visibles sont aussi survenues, en particulier la montée en puissance de la finance, qui a maintenant passé la corde au cou des politiques. Cependant ils continuent de feindre de gouverner, plutôt que de mobiliser la population contre le pouvoir des institutions financières, qui est notre seul ennemi. Les politiques ont un discours fait de mensonges et de fausses promesses et des agissement visant seulement à laisser les riches gouverner réellement. Cette situation explique l’actualité que nous évoquions au début du texte : acharnement contre le gouvernement grec, régression continuelle par rapport au réchauffement climatique avec des kermesses régulières pour s’assurer que rien ne change, guerre sainte contre les islamistes pour garder la main sur les ressources pétrolières, et essai d’endettement de l’Ukraine afin d’accroître sa dépendance vis-à-vis des institutions financières. Je peux vous fournir une liste plus complète de tous les dégâts sur simple demande. Heureusement, la résistance existe mais, euh, euh elle manque de monde, ce qui veut dire qu’il y a encore de la place pour vous.

    Michel Costadau

  • Kurdes

    Kurdes

    Evidemment je suis contre le massacre des Kurdes, de même que pour les Palestiniens, les Yézidis, les Rohingyas, les Peuls, les Mandingues, les Guaranis, les………. la liste est longue, trop longue. Pour les Kurdes c’est un peu spécial car il n’y a pas de pays kurde mais il y a une armée kurde, des villes kurdes, des prisons kurdes. Certes il y a des régions qui s’appellent le Kurdistan en Irak et en Iran mais il n’y a aucun pays de ce nom. Alors l’armée kurde c’est quoi : une faction terroriste comme l’ETA, une armée de libération comme l’IRA ou autre chose.

    En fait les Kurdes vivent à cheval sur 4 pays : Irak, Iran, Syrie, Turquie. En Irak ils ont une région autonome avec des revenus pétroliers, et en Iran une province. Dans les deux cas ça se passe très mal avec le pouvoir central assez fort en Iran, mais bien faible en Irak pour raison de Guerre du golfe. En Syrie ils occupent deux petites zones de non-droit liées à la guerre civile qui a dévasté ce pays pendant 10 ans et continue encore.

    Sur fond de volonté autonomiste, le problème de base est le soutien militaire occidental et surtout américain aux combattants kurdes. En fait tout le monde cherche à utiliser les Kurdes pour nuire à l’Iran, l’Irak ou la Syrie.

    Alors reste la Turquie. La Turquie n’a vraiment pas une bonne image de marque. Ce sont un peu, comme successeurs de l’empire ottoman, des spécialistes des génocides. La Turquie moderne a cherché à effacer cette image sauf avec les Kurdes qui ont choisi le mauvais camp au moment de l’accession à l’indépendance d’Ankara. Soutenus par les puissances occidentales ils ont cherché à s’opposer à Kemal Atatürk et ils ont perdu. De là vient ce sentiment de défiance des Turcs envers le Kurdes.

    Pourtant les Kurdes font clairement partie de l’âme turque. La poésie, la littérature, le cinéma turc sont imprégnés d’imaginaire kurde en partie parce que les régions concernées sont sauvages et loin du pouvoir central.

    Plus récemment les Kurdes ont encore choisi les occidentaux dans le conflit syrien et ce mauvais choix se paye maintenant.

    En fait le vrai pays des Kurdes c’est la Turquie.

    Cependant la Turquie est dans la position de la France avec ses rébellions internes : la répression. En Turquie des bandes armées kurdes opèrent sur son territoire avec l’appui logistique américain et des refuges de l’autre coté de la frontière en particulier du côté syrien et irakien. Bien sûr, vu du coté des médias, les Turcs n’ont pas choisi la bonne solution en pratiquant une répression musclée. Mais la France non plus ne tolère pas de bandes armées sur son territoire pas plus que dans ses anciennes colonies et pratique où que ce soit une répression tout aussi féroce.

    Alors dire que les Kurdes ont affaibli l’EI, c’est comme dire que la tuberculose a empêché des cancers, ce n’est pas une bonne justification.

    Je ne sais évidemment pas ce que vont devenir les Kurdes, mais j’aimerais surtout qu’ils deviennent indépendants de l’Occident en particulier des Américains, ça leur a fait trop de mal.

    Et ça continue.

    Michel Costadau