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    Le premier point que je voulais aborder c’est l’autre attentat du 7 janvier (pas celui de CH). Eh bien  on attendra un peu, car ça se trouve avoir un rapport avec l’Etat voyou d’Israël et c’est toujours délicat de parler de ça.

    En ce qui concerne la relecture des partis politique français à la lumière des attentats, comme d’habitude je vous donne d’emblée la conclusion à laquelle on va arriver, à savoir, que le PS n’a plus de raison d’être car il fait double emploi avec l’UMP, que la gauche a disparu dans la bataille (et que Syriza ne la sauvera pas) et que seul le FN a un peu d’avenir.

    Ce qui a manqué dans les réactions à l’attentat CH, ce n’est pas la compassion pour les victimes bien sûr, c’est l’analyse politique qu’un parti ou une organisation aurait pu fournir immédiatement de façon à permettre aux Français d’ajuster leur réaction en conséquence. L’important c’est l’immédiateté, parce que c’est la seule preuve que l’on colle à la réalité, et que les événements prennent place dans des analyses en cours et ne sont pas une surprise.

    Car ceux qui ont été surpris par cet attentat sont des gens qui marchent à côté de leurs godasses, ce qui n’aide pas à avancer dans la vie. Les gouvernants n’ont, en théorie bien sûr, pas été surpris parce que les plans Vigipirate (souvenez-vous, les poubelles ou les valises que l’on fait exploser dans les rues ou dans les aéroports) ne datent pas d’aujourd’hui. Par contre, les gouvernants ont été surpris que l’on mette si facilement en évidence leur incurie. Mais à partir du moment où l’on est en guerre, il ne faut pas s’étonner de prendre des coups (dans le cas précis ce n’est pas eux qui les ont pris, mais des lampistes de base).

    Bon aucun parti n’a donc, immédiatement, expliqué le rationnel de cet attentat. Tout le monde a recouvert ça du voile terroriste ce qui ne veut strictement rien dire (quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage et, une fois mort, ça ne sert plus à rien de savoir si c’était vrai). C’est dommage.     Celui qui est passé le plus près c’est le FN qui a semble-t-il parlé de fondamentalistes musulmans. Mais sa voix a été vite couverte par ceux qui voulaient en faire un fait divers, c’est-à-dire un imprévu spectaculaire à exploiter au mieux.

    En fait ils ont mis du temps à réagir, c’est-à-dire qu’ils ont attendu que les meurtriers (on dit toujours présumés, je ne sais pas pourquoi!) soient exécutés pour se manifester. En effet, imaginez qu’on les ait fait  prisonniers, je vous dis pas la panique dans les ministères. Il fallait absolument les exécuter avant que quiconque puisse parler avec eux. Ça s’appelle la raison d’Etat, mais en démocratie ça n’existe pas (enfin normalement).

    Faisons donc notre relecture. Nous nous retrouvons avec le panel suivant :

    PC, PG et une partie des Verts ont eu une extinction de voix car on ne les a pas entendus sauf pour dire qu’ils avaient quelque chose à dire (et qu’on n’a toujours pas entendu). Certes ils ont rebondi avec la réussite électorale de Syriza, mais le PC est plus que jamais un parti accroché à ses élus comme seule preuve de son existence. Il n’a depuis longtemps plus rien à dire et ça il le fait très bien. Il fut un temps ou le PC aurait brandi des pancartes anti-impérialiste pendant les défilés CH. Nostalgiques réveillez-vous, votre avenir est derrière vous.

    Le PG n’existe toujours pas, le PG c’est une seule personne et elle ne sait plus ce qu’elle doit faire. C’est cornélien, je dois quitter le PC mais sans lui je n’existe pas. Mon Dieu aidez moi etc. etc.

    Une partie des Verts, UDI, UMP, PS (j’en oublie peut-être ; ah oui les radicaux qui comme d’habitude ont expliqué que normalement ils existaient mais qu’exceptionnellement, vu la situation, ils se rangeaient avec les autres (pour qu’on ne les voie pas)) ont dit attentat terroriste (ce qui est comme accident de la route ou épisode neigeux), ça ne se reproduira pas, toutes les mesures sont prises, la République nous appartient et nous la garderons.

    En effet la République est à eux et ils en profitent un max. Comment, tout simplement par la mise en place d’une classe politique, dotée d’avantages inégalables : un chef d’entreprise, (même s’il est grassement payé), rend sans cesse des comptes à ses actionnaires et peut être éjecté à tout moment (avec des compensations quand même), un élu non, même s’il n’obtient aucun résultat, s’il triche, s’il ment, s’il avantage ses petits copains et même s’il ne fout rien (ce qui est la meilleure manière de ne pas avoir d’ennuis). Cette classe politique s’appuie sur une cohorte de technocrates moulés à la louche, capables de noyer un poisson dans l’eau, mais en fait uniquement payés par la classe politique (payés par nous en fait, mais le sujet est difficile car quand on dit à un policier que c’est nous qui le payons, c’est presque considéré comme une insulte) pour qu’elle puisse conserver ses prébendes (à vie pour ainsi dire). La situation ne risque sûrement pas d’évoluer, car le système est bien au point (la maîtrise de la désinformation médiatique étant la base de tout) et comme l’a dit un autre bloggeur « en démocratie nous élisons nos maîtres ».

    Seulement l’illusion démocratique que donne le gauche/droite (UMP/PS), un coup toi , un coup moi c’est un peu beaucoup agaçant. Ce sont les mêmes politiciens qui s’appuient sur les mêmes technocrates, et sont achetés (on dit lobby) par les même entreprises. C’est pour ça que je dis que du PS et de l’UMP, il y en a un de trop et pour moi c’est le PS (trop vieux, trop traître, trop hypocrite) .

    En plus, tous ceux qu’on vient de citer ont défilé ensemble, parce que la seule chose qu’ils redoutent c’est qu’on leur pique leur République.

    Je ne parle pas des groupuscules, nouveaux partis, ligues, une partie des Verts, et autres associations qui, tout en fournissant pratiquement tous les militants (et heureusement qu’ils sont là) pour les luttes sur le terrain, ne représentent rien mais alors rien du tout sur l’échiquier politique. Pour eux la situation n’a pas changé.

    Enfin, le FN a défilé de son côté et a bien fait (ce n’est pas un compliment c’est la réalité, au moins il ne s’est pas retrouvé entre le Gabon et Israël). Pour le moment, le FN ne fait pas vraiment partie de la classe politique mais est ce que cela va continuer. Tout le monde (ou presque) sait que le FN est une invention de notre dernier président socialiste, pour piéger la droite avec un repoussoir, à droite lui aussi. Depuis les choses ont bien changé. Nous avons maintenant un parti, un électorat, la direction du parti restant un point faible car, beaucoup trop près de la brève de comptoir, ce qui ne saurait constituer une ligne de valeurs (à part le taux d’alcool). Supposons que ça s’arrange un peu, mais quand la direction du FN déclare que dans certains cas on pourrait justifier la torture, c’est une grosse erreur politique, car, non seulement, il n’y a strictement aucun cas où l’on peut justifier la torture, car détruire quelqu’un pour en sauver un autre c’est se mettre dans une insoutenable contradiction, mais aussi c’était l’occasion rêvée de mettre en œuvre cette bête notion d’égalité qui aujourd’hui ne profite qu’à ceux qui sont plus égaux que nous. Supposons donc que le FN stabilise une ligne politique correcte, la question reste posée de savoir s’ils vont se faire ou pas happer par les délices de la classe politique, ou au contraire rester dans l’aridité de la contestation. Laissons ce point ouvert, ce que je dis est simplement que le FN a peut-être un avenir.

               

    En ce qui concerne l’attitude non impérialiste que l’on pourrait avoir par rapport aux pays que j’ai appelé « moyenâgeux », il ne faut pas prendre ce terme d’une manière péjorative, c’est seulement pour indiquer que ce sont des populations ayant une énorme différence culturelle avec les pays occidentaux.

    D’ailleurs, pour l’anecdote, je me suis longtemps demandé comment l’Espagne avait pu conquérir les empires Incas, Mayas et d’autres avec des effectifs très limités. La réponse est en fait simple. C’est la différence culturelle : dans le cas évoqué, il s’agit de positionnement moral, entre les deux parties. D’un côté, les Indiens ayant de la curiosité envers des étrangers, et en tous cas ne pouvant imaginer qu’ils soient venus pour les détruire (chose non pensée) et de l’autre les Espagnols sans aucune moralité et ne cherchant qu’à s’approprier brutalement le bien d’autrui. On peut dire aussi que c’est une différence de règle du jeu.

    Cette différence de règle du jeu est, effectivement, à la base des conquêtes coloniales de l’Occident.   Si vous lisez A. Kourouma, et je vous encourage vivement à le lire, vous découvrez que, pour résister aux régiments français (avec des soldats noirs quand même), un chef africain fait construire un énorme mur d’enceinte pour protéger la ville, sauf à l’endroit de la colline sacrée dotée par elle même d’un pouvoir bien supérieur au mur. Evidemment les régiments français sont passés par la colline et tout a été dit .

    Alors pour essayer de trouver une autre attitude, il faut tout d’abord tenter de se sortir la tête du constant matraquage médiatique sur les exactions commises par les résistances, en particulier en zones musulmanes. Il n’est question que de massacre, de bourreaux, de tortionnaires avec les images qui vont plus ou moins avec. Comme ce n’est pas facile d’y voir clair, il faut commencer par se créer des points d’appui. C’est-à-dire des situations où on peut faire quelques affirmations en contradiction avec les médias, et ensuite bâtir sur ces points.

    Par exemple, nous avons un Pinochet bis en Egypte (élimination de l’opposition, assassinats, détentions arbitraires, tortures….). Or, l’Egypte n’est pas mise au banc des nations. Pourquoi, par ce qu’elle ne résiste pas à l’impérialisme et ça, ça plait à l’occident. Nous avons aussi un fasciste en Turquie (président turc : le ventre des femmes appartient à l’Etat et leur rôle dans la société est de faire des enfants, point à la ligne, circulez y a rien à voir). Ca n’empêche pas l’Europe de vouloir l’intégrer et, à part son côté un peu musulman, les médias ne tarissent pas d’éloges sur ce régime. Pourquoi, parce qu’il coopère avec l’impérialisme. Ou encore le Maroc qui, pour avoir annexé le Sahara occidental (ex Rio de Oro) et pour y avoir construit un mur de 400 km pour enfermer les Sahraouis, a toute l’aide américaine (et française aussi hélas) possible. Pourquoi, parce que le Maroc laisse l’impérialisme faire ce qu’il veut chez lui (comme partout ailleurs pour le plus grand profit de la  classe dirigeante, bien sûr).

     Il y a donc, bel et bien, deux poids deux mesures dans le traitement des informations en France. Il y a ceux auxquels on passe tout et ceux qui ont faux tout le temps. Et, coïncidence, ceux qui ont tout faux sont justement ceux qui nous empêchent de faire nos petits trafics (à grande échelle quand même). Ceux qui ont juste sont bien entendu ceux qui trafiquent (de gré ou de force) avec nous.

    Donc, à force de déviations médiatiques, ces résistances passent pour un ramassis de tortionnaires sanguinaires dont le seul but est d’imposer leur religion. Car en plus, ils parlent de religion, pas notre  religion, non la leur. Parce que nous, nous avons le droit d’avoir des fondamentalistes rétrogrades qui vendent des clichés sur la famille et les relations extraconjugales, même qu’ils font des manifs, passent à la télé et sont courtisés par les politiques. Oui, nous nous avons le droit parce que c’est notre religion (dans le Midi cévenol et pyrénéen on se souvient encore des bienfaits de la religion) mais attention, c’est la bonne religion pas celle des mécréants (oups).

    Là oui vraiment il faut rester calme parce que c’est vrai que mettre la religion au cœur de la manière de gouverner un Etat (ou une zone que l’on a sous son influence), non seulement ça nous ramène au moyen âge, mais en plus ça donne des armes à ceux qui veulent les combattre. Il y en a qui veulent créer un Etat sunnite (islamique). Pourquoi pas, on a bien déjà un Etat juif, un Etat chiite, un pseudo-Etat bouddhiste et j’en oublie sûrement. Dans cet Etat, ils veulent pratiquer le strict respect d’une religion, ça ne me plait pas beaucoup mais c’est leur droit, strictement leur droit, chez eux s’entend.

    C’est pas chez nous, c’est chez eux et à mon idée chez eux ils font ce qu’ils veulent. Je n’ai pas entendu dire que ces combattants aient fait la moindre remarque sur la majorité à 18 ans, même pour les femmes, chez nous. Parce que sinon là je leur dirais poliment, mêlez-vous de ce qui vous regarde.

    Si maintenant on cherche à justifier, et à médiatiser, un combat contre ces populations et leurs résistants parce que chez eux le statut de la femme est inférieur au nôtre, c’est pousser l’hypocrisie un peu loin. Il n’y a pas que je sache de parlement universel qui élabore des lois applicables à tous les pays (ne me parlez pas de l’ONU ça me fout le moral à zéro). Alors au nom de quoi allons-nous nous mêler de leur morale et de leurs lois !!!!

    Bon me direz-vous, mais alors tous ces gens qui ont du mal à se soigner ou à se nourrir, ne faut-il pas les aider ? Une fois de plus il va falloir rester calme. Sauf rares (très rares) exceptions (tsunamis…) nous sommes directement la cause de ces malheurs. Alors pour que les multinationales (je dis toujours multinationales mais il y a aussi de petits bandits, par exemple dans la police) continuent à piller, on a créé des organismes, on dit aussi fondations, spécialement chargés de leur faire parvenir des vivres, des soins, des médicaments (quand il y en a). D’abord ça donne bonne conscience à ceux qui achètent des chaussures à trois sous fabriquées par des enfants (en plus on leur donne du travail et ils se plaignent). Mais ensuite, et là vous allez me dire que j’exagère, c’est un business et dans le business y a pas de petits profits (des armes pour les bombarder et ensuite des médicaments pour les soigner (j’espère que vous ne croyez pas que tout ça c’est gratuit)) et ensuite, ben ensuite on recommence.

    Eh bien non je n’exagère pas du tout et donc au nom de quoi allons-nous nous mêler de leurs manières de vivre? La réponse vous la connaissez, parce que nos vraies intentions sont purement impérialistes et le matraquage médiatique est indispensable pour les camoufler. Vous savez, une des ficelles les plus classique de la manipulation médiatique, c’est le collage. On associe une série d’images à une autre pour faire croire que c’est du même registre. Par exemple, je viens de voir hier soir en DVD, un film sur la brigade de protection des mineurs. Ce sont les policiers qui enquêtent sur les violences faites aux enfants. Eh bien le film associe la maltraitance et les viols d’enfants par un parent ou un grand-parent au travail des enfants chez le Roms. Je ne suis pas pour le travail des enfants, mais ces enfants (enfin c’est ce que je vois dans le film) ne sont pas maltraités au sens précédent. C’est donc une bête attaque raciste anti-Roms à laquelle bien peu de spectateurs résistent. L’amalgame est fait, les Roms maltraitent leurs enfants et en avant la musique (comme vous l’avez remarqué, moi aussi je pratique ces rapprochements un peu déroutants, non seulement il vous faut apprendre à les voir, mais aussi un texte on peut le relire ou y répondre, les images de la télé sont sans réactions possibles). Comme je l’ai dit ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les médias font un travail constant pour transformer les résistants, par exemple Africains, en délinquants terroristes fous de religion de meurtre et de torture. C’est Apocalypse now, à l’envers.

    Restons sur les attitudes. Ce que je dis c’est que, si c’était possible,  on devrait se retirer militairement de chez eux, les laisser faire leur évolution, et elle pourrait être assez rapide, vu qu’ils peuvent profiter du spectacle de notre expérience (bof). Ce que je dis c’est surtout pour l’Afrique et le Moyen-Orient, parce que quand même il y a des pays, en particulier en Amérique latine et Sud-Est asiatique qui se sont pas trop mal décolonisé (merci Ché Guevara). Ceux-là il suffit de ne pas trop leur mettre de bâtons dans les roues (mais ce n’est pas du tout le cas pour le moment) et de suivre leur parcours.

    Alors si vous me dites que je vois de l’exploitation partout, n’allez pas croire que je force le trait, je suis plutôt en deça de la réalité. Sinon, expliquez-moi donc pourquoi il y a des riches et comment ils font pour le rester. Ah oui, bon dieu mais c’est sûr : le mérite, le travail etc. qui explique que mon voisin a une façade avec trois fenêtres de plus que moi. Hélas je ne vous parle pas de ceux-là et en plus si c’est votre voisin alors c’est qu’il n’est pas riche. Il a peut-être plus d’argent que vous mais ça ne suffit pas pour en faire un riche. D’ailleurs, un de ces jours, il faudra parler de cette caste mondiale qui a trouvé le moyen de mettre la main sur la planète afin d’éviter de ne plus jamais redevenir pauvre (c’est vrai que c’est franchement pas marrant d’être pauvre, et si vous voulez je peux en rajouter).

    Bon, on vient de parler d’attitude et, pour être précis, d’attitudes individuelles ou collectives mais pas de positionnement au niveau des pays. Du coup vous vous demandez, quelle pourrait être l’attitude de la France pour arrêter cet état de guerre avec ses dégâts collatéraux à Paris.

    C’est pas simple et le constat c’est que c’est pas demain la veille du jour ou la France va changer d’attitude (on peut se tromper et j’aimerais beaucoup être démenti par les faits)  :

    -d’abord, il faudrait des forces politiques en France pour demander quelque chose dans ce domaine (la réalité, avec laquelle il ne faut jamais jouer, c’est que mon opinion, même si elle est partagée et elle l’est, est totalement minoritaire, et que donc aucun courant politique ne pousse dans ce sens à part le FN un peu, mais pas pour les mêmes raisons),

    -ensuite la France est dans un tel maillage de soumission, de compromissions et d’accords avec d’autres pays, qu’agir seul n’a aucun sens et surtout aucune chance d’aboutir au moindre résultat (c’est aussi pour ça qu’il vaudrait mieux soutenir la Grèce plutôt que de chercher à l’enfoncer),

    -enfin, pour parler crûment, tant que les US ne bougent pas il ne se passe pas grand chose.

    Alors en attendant qu’est-ce qu’on peut faire ? Essentiellement essayer de se forger une manière de voir et de penser qui nous permette une interprétation correcte des évènements, en gros à se  « démédiatiser ». Pour la méthode complète, on y reviendra un autre jour. Mais on peut essayer quelques recettes. Par exemple arrêter de regarder la télé (je veux bien vous accorder un match de rugby de temps en temps mais vous savez c’est comme arrêter de fumer  ! !). On peut aussi sur certaines questions, par exemple, la torture ou l’adoption, se demander : mais moi qu’est-ce que je pense vraiment, quelle est mon opinion, est-ce que je peux arriver à avoir une conviction. Quelquefois c’est assez facile, quelquefois ça oblige à prendre des informations, à se renseigner, à écouter divers points de vue. Voilà des choses que l’on peut faire aujourd’hui.

    Michel Costadau

  • Impérialisme

    Impérialisme

    L’objectif de ce texte est de montrer que l’attentat contre Charlie hebdo n’est pas une attaque contre la liberté d’expression ou contre la démocratie en France ou pour imposer en France une religion.

    Et que par conséquent tous les gens qui ont défilé dans les rues pour défendre cela se sont fait manipulé dans les grandes largeurs par notre gouvernement.

    On y apprendra aussi certaines réalités de notre monde dit moderne.

     

    J’ajoute que ces réflexions, que certains prendront mal, c’est leur droit, n’ont pas pour but de convaincre une majorité de personnes mais seulement de donner quelques éléments à ceux qui intuitent déjà que ce qui se passe dans le monde a peu de rapport avec les informations qui circulent dans les médias.

     

    C’est en début d’après midi du 7 janvier que j’ai appris, par mon voisin, que Charlie Hebdo avait été attaqué. Un passage sur internet me l’a confirmé!. Puis une réaction de Sarkozy « c’est la démocratie française qui est attaquée » m’a fait bondir et j’ai donc envoyé un premier mail à 15h30 à une vingtaine de copains disant « Non ce n’est pas la démocratie française qui est attaquée c’est l’impérialisme français… ». Presque tous m’ont répondu « mais non Michel ».

    Alors a commencé une période noire de manipulations politiques qui me révoltaient alors que j’essayais de réfléchir car je sentais qu’il y avait un truc mais je me sentais complètement isolé à faire une analyse à 180° de ce que je voyais autour de moi.

    Heureusement un de mes copains a réagi en me disant que tout le monde n’était pas en train de hurler avec les loups (mais presque quand même) et j’ai pu me rassurer un peu.

    Aujourd’hui 26 janvier je commence à pouvoir mettre quelques mots sur le papier.

     

    Ma conviction c’est que l’attentat contre Charlie hebdo fait partie de la résistance que manifestent certains peuples devant la guerre que leur livrent les pays dits occidentaux. Parmi ces mouvements de résistance il y en a qui mènent une lutte armée chez eux et il y en a qui préconisent de porter aussi la lutte chez nous. Ces mouvements de résistances (pendant la guerre de 45 les résistants français étaient des terroristes (vu de Berlin), idem pour le FLN…) ont lieu pour une bonne partie dans des pays dits musulmans. La religion est donc amenée à y jouer un grand rôle essentiellement parce que c’est un élément unificateur, comme un ciment qui crée une notion de communauté (comme, on y reviendra, pendant les croisades).

    Pour dire les choses encore plus simplement il y a des gens, par exemple au Moyen Orient, qui ne sont pas très contents qu’on leur pique leur pétrole, qu’on envoie des bombes sur leurs enfants, qu’on les prive de liberté et qu’en plus on se moque grassement de leur croyance et de leur misère dans des gazettes européennes pour jeunes bourgeois. C’est sur ce terreau que poussent les réseaux de résistance qui viennent jusque chez nous.

     

    Voila, bon maintenant il faut un peu argumenter cette opinion. Ca ne va pas être facile.

     

    Donc on repart du début : est ce la démocratie française qui a été attaquée? A vrai dire je ne vois pas qui la démocratie française gêne, en France je veux dire. Je ne sais pas trop ce qu’est la démocratie française mais disons que ça peut ressembler à toutes nos institutions qui font qu’on a des élus (plus ou moins représentatifs) qui « maintiennent » des services publics (certes de moins en moins publics). Bien sur il est question de 6me république et de tout un tas de trucs qui ne marchent pas même que c’est vraiment une honte (et qu’il vaudrait mieux parler de pseudo démocratie), mais je n’ai rien entendu de cela lors des évènements du 7 janvier. Si donc en France la démocratie Française ne gêne réellement personne, hélas ce n’est pas le cas hors de France.

     

    Parce que hors de France, la démocratie Française elle cartonne pas mal. D’abord et avant tout en Afrique en collaborant avec des dictatures (on dit aussi parti unique ou dirigeant à vie), en les installant, les finançant et les maintenant par la force  dans le seul but de servir les intérêts des firmes dites hexagonales (pétrole, bois, agrumes….) et qui sont surtout des multinationales mais à nous. Attention la France cartonne en Afrique mais aussi au Moyen Orient et dans une partie du Sud est asiatique.

    Bien sur la France n’est pas seule à cartonner, le fer de lance de ce combat étant les US, suivi par presque tous les pays dit développés. En fait tous ces pays occidentaux (Australie compris malgré la géographie) sont sous la coupe idéologique des US qui sont non seulement les plus forts militairement et de beaucoup, mais aussi les générateurs de la pensée impérialiste.

    Vous allez me dire que j’exagère, que les US sont le pays  de la liberté d’entreprendre, du contre pouvoir de la presse… Non je n’exagère pas, pour vous en convaincre il suffit de lister quelques éléments de cette politique : l’impuissance de l’ONU (Palestine, famines, presque 100 conflits armés sur terre……), les grandes oreilles, les drones, la ségrégation, la NSA, l’OTAN, le TAFTA, le FMI, la Troïka, les tribunaux internationaux, la mascarade de la lutte contre le réchauffement, la dénucléarisation….et la torture ordinaire. Tout cela n’est que la partie émergée de l’iceberg impérialiste.

    Réfléchissez (un peu plus de 30 secondes si possible) à ce que veut vraiment dire le fait que sur terre les capitaux circulent totalement librement alors que les trois quarts des êtres humains n’ont pas cette liberté. C’est surement ça la civilisation???

     

    L’impérialisme c’est trois choses le pouvoir absolu de l’argent (bien au dessus des lois), la fuite en avant (toujours plus d’activités, le problèmes se résoudront d’eux même), la guerre pour protéger le pouvoir d’une minorité (les riches) et faire que ça continue (CQFD).

     

    Evidemment il faut un sésame pour tout ça et ça s’appelle la démocratie, qui est actuellement le meilleur moyen connu pour accroitre le pouvoir des riches et le développement de l’argent dans un pays. En effet les US et l’Europe ont le monopole pour la détermination de ce qui est démocratique ou pas. Si un pays est jugé pas démocratique (ou trop démocratique, cf. le Chili de 1973) alors pan la guerre (souvent par milices interposées qu’il suffit d’armer). Et ça marche.

    Quand je dis que les US sont actuellement les leaders de l’impérialisme, c’est qu’avant on avait une autre méthode, certes moins démocratique, mais encore plus efficace c’était le colonialisme. Et là c’est la France et l’Angleterre qui étaient les leaders.

    Là il faut que je vous parle des (soi-disant) bienfaits de la colonisation qui pour avoir été durables (pas au sens de Davos) ne sont guère valorisés par les populations locales. Oui car, c’est une surprise, il y a des populations locales dans toutes nos (anciennes) possessions coloniales. Vous allez me dire que je m’éloigne du sujet puisqu’on est parti de Charlie Hebdo et qu’on est à la décolonisation. Eh bien justement il y a un lien.

    Et ce lien c’est la guerre que mène notre pays, ou plutôt les guerres que nous livrons au Mali, en Centre-Afrique, au Tchad, au Nigéria, mais aussi en Afghanistan , en Iraq, en Syrie et j’en oublie beaucoup, à toutes ces armes que nous vendons à des pays ou à des groupuscules et à ces embargos que nous mettons sur certains.

    Ces guerres sont exactement, comme on a su le faire il y a presque mille ans, des croisades dont le but est d’abord d’enrichir les croisés mais aussi avec des habillages plus seyants comme rétablir la démocratie (on dit aussi la protection de la propriété, la liberté de commercer ou même la vraie religion…), permettre le développement économique qui n’est qu’un blanc seing aux investissements étrangers : mines, arachides, pétrole….

    Et donc ces populations locales eh bien elles renâclent (c’est triste quand même parce qu’on on leur a tout appris à ces gens là il ne faut pas l’oublier!!), c’est à dire qu’elles préféreraient que plutôt de tout leur piquer on partage un peu.

     

    En fait, ces pays, sont encore dans une démarche de décolonisation. Quand je dis ces pays c’est plus de la moitié du monde.

    Pour illustrer ça il me semble que ce qu’on a appelé récemment le printemps arabe est simplement une nouvelle étape de décolonisation. Vous allez me dire qu’il n’y en a pas eu partout par exemple en Algérie. Eh bien si justement mais, en Algérie, c’était la victoire du FIS que Chirac et Pasqua ont annulée ou interdite enfin un truc qu’on peut se permettre quand on est un pays impérialiste patenté.

    Mais quand même tous ces pays résistent et cherchent à mettre en place des régimes plus autonomes et défenseurs de leurs intérêts. Le problème c’est que l’occident n’autorise pas toutes les solutions possibles (ça s’appelle les affaires étrangères) et que l’ont se trouve avec des régimes hybrides ou carrément fantoches, un peu partisans de l’occident et un peu défenseurs de leur identités mais tous nés de cette phase de décolonisation.

     

    La décolonisation c’est tout simplement d’essayer de remplacer les valeurs de l’occupant par les siennes propres.

     

    Je vois déjà les doigts se lever en disant mais ces régimes ne respectent pas les droits de l’homme, en particulier celui des femmes. C’est tout à fait vrai. Ca l’est surtout si l’on parle de nos droits de l’homme actuel avec 200 ans de république mais ce n’est pas le stade de développement où en sont ces pays. Eux (hélas pour beaucoup avec note aide) ils sont en retard, c’est à dire presqu’encore à notre moyen âge qui est cependant leur âge actuel. Ce décalage doit-il être respecté ou au contraire ignoré. C’est une question mais pour moi il est clair qu’il doit être respecté car c’est seulement de l’évolution par elle même des mentalités d’une population que de nouvelles règles et de nouvelles institutions bénéfiques pour la population peuvent naitre. D’ailleurs c’est comme ça que nous avons fait en France et pour ceux que ça chiffonnent il ne faudrait pas non plus que nous nous prenions pour des modèles de liberté, d’égalité et de fraternité. Ca fait combien de temps que les femmes votent chez nous? Alors un peu de calme ou je vous ressort les photos de religieuses de 1950 avec de cornettes d’un mètre de long pour… euh pour, eh bien vous voyez on sait même plus pour quoi.

     

    Mais la décolonisation, sans passage sous la coupe impérialiste, ça ne plait pas aux grandes puissances (c’est le nom (à double sens) que l’on donne aux leaders de l’impérialisme). Alors on va faire la guerre chez eux, essentiellement pour créer le plus grand désordre possible de façon à ce que nos vaillantes multinationales puissent continuer à prospérer, et aussi avec un habillage démocratique en mettant en place des collaborateurs locaux (pendant la guerre de 45 on disait collabos) chargé d’occuper le devant de la scène. Cette guerre de l’impérialisme contre la décolonisation dure depuis une cinquantaine d’année et en fait elle est maintenant mondiale. Amérique du Sud, Afrique, Asie du Sud est, Moyen Orient.

     

    Partout les populations qui souhaitaient s’émanciper (même un tout petit peu) sont combattues. Avec un beau cortège de bombardements, de victimes, de famine, de corruption, de mensonges, d’attentats et ……d’aide internationale non gouvernementale comme au temps des kermesses. Bref pour celui qui ouvre les yeux c’est la guerre partout (l’Europe n’a pas établi la paix elle a transféré la guerre à l’extérieur). Ca s’appelle la mondialisation.

    Mais attention cet état de guerre crée un fort ressentiment d’injustice et de révolte dans les pays et les populations concernées, en plus avec l’impunité des agresseurs (c’est le moins que l’on puisse dire). C’est pour ça que se sont développés des mouvements de résistance dans le monde entier. Dans le plus grand désordre certes avec quelques bonnes réussites mais aussi parfois avec des aspects beaucoup moins reluisants.

     

    Bref retenons deux choses

    -d’une part dans beaucoup de pays musulmans la revendication nationaliste (ou décolonialiste si vous préférez) a pris un contour politico-religieux, ce qui donne clairement un aspect moyenâgeux (mais pour eux c’est un progrès) à certaines luttes,

    -d’autre part il y a quand même des pays qui résistent en entier (pas seulement par des luttes internes contre un pouvoir collabo), ils sont peu nombreux, d’abord la Russie, ensuite l’Iran, quelque pays d’Amériques latines, et peut être un ou deux pays d’Afrique, voire depuis quelque jours la Grèce. Ceux là subissent de plein fouet la guerre impérialiste.

     

    Alors exit l’attaque de la démocratie française regardons maintenant la « mise en cause de la liberté d’expression ». Seulement kézaco la liberté d’expression. Est ce que dire dans la rue à un inconnu que vous croisez « je vous emmerde » c’est de la liberté d’expression, je crois que c’est plutôt de l’agression, peut être de la provocation et surement de la bêtise. Est ce que dire à des actionnaires « vous êtes vraiment payés à ne rien faire » c’est de la liberté d’expression oui assurément sauf  bien sur qu’on a rarement l’occasion de le faire. Ou alors par personne interposée ou dans des écrits que personne ne lit. La liberté d’expression demande d’abord d’avoir des convictions personnelles ou collectives et de pouvoir les exprimer publiquement ou en privé. Par conviction il faut entendre des opinions, des analyses et l’envie de les faire partager. Si l’on n’exprime pas des opinions alors on est dans la sphère des médias, du baratin et de la parlote et on ne peut plus se targuer de liberté d’expression.

    On en est donc à se demander est ce que Charlie hebdo était un journal d’opinion qui exprimait les convictions de ses auteurs. Certes certain des journalistes avaient des opinions (Cabu a été et était peut être encore antimilitariste), mais, pour moi, le journal ne représentait pas un courant d’opinion.

    D’ailleurs il revendiquait de se moquer de tout et par conséquent de ses propres convictions. Par exemple la différence entre Charlie hebdo et Médiapart est immense car ce dernier est un journal d’opinion et étaye clairement ses jugements par des dossiers et un travail de recherche et d’analyse assez poussé. De même le Canard enchainé a un réseau d’informateur, assez mystérieux certes, mais qui lui permet de sortir des infos assez décapante.

    Ce n’est pas le cas de Charlie Hebdo ou tout au moins ca fait très longtemps que ce n’est plus le cas (départ de Choron?). C’était plutôt devenu (arrivée de Val?) un journal anticonformiste, satyrique et provocateur avec un public de citadins qui aime à ne pas sentir de limite, peut être pour compenser une certaine absence de convictions justement.

    Au final et très clairement on ne peut pas dire qu’un courant d’opinion a été décimé par cet attentat. Je peux passer à coté de quelque chose mais si quelqu’un peut me dire quoi, je suis preneur. J’espère que personne n’essayera d’évoquer la liberté de la presse car du coté presse c’est franchement la désinformation qui est à l’œuvre chez nous.

    OK, mais être seulement dans la dérision n’est pas une raison pour se faire massacrer. Ca c’est sur et c’est pourquoi je dis que les raisons sont ailleurs. Alors prendre la défense de Charlie hebdo au nom de la liberté d’expression n’a pas beaucoup de sens et fait obstacle aux vraies raisons. Hélas pour comprendre le geste des agresseurs (et éventuellement éviter de nouvelles attaques) il aurait fallu un procès mais pour cela encore eut il fallut qu’ils soient pris vivants et jugés et condamnés. Mais la France préfère dire à leur place qu’il faut en penser. Ce n’est pas comme cela que l’on traite un très grave problème.

     

    En conclusion, tous ceux qui ont défilés après l’attentat se sont retrouvés défenseurs de l’impérialisme français. En particulier la manif du 11 a été une ovation pour que continuent les massacres dans les guerres que mène la France (ainsi que tous les impérialistes occidentaux). En fait tous les manifestants ont donc été piégés parce que croyant soutenir la liberté d’expression ils ont soutenus l’exploitation occidentale.

    Malheureusement quand je dis tous, je me trompe parce qu’il y en avait qui était bien venus pour ça. En effet il ne faut pas croire qu’en France tout le monde est pour la solidarité et la justice. En effet il y en a beaucoup qui sont pour l’inégalité et le maintien par la force de nos avantages et qui se plaisent à voir maltraités tous ceux qui revendiquent un tout petit peu de partage. Seulement les démocrates, légitimement indignés par l’attentat, étaient aussi à coté d’eux et par leur présence ont donné un blanc seing à l’oppression occidentale. C’était d’ailleurs le but recherché. Pauvre France.

    Michel Costadau

  • Gares

    Gares

    Comme prévu on revient donc vers la SNCF. Vous le savez notre société nationale a tout misé sur le TGV. Elle a même construit des gares super modernes pour ses rapides. Ces gares, en site propre, sont toutes à l’extérieur des agglomérations, quasiment en rase campagne. Elles permettent au TGV de  s’arrêter un temps minimum sans être obligé d’emprunter les voies avec beaucoup de zigzags menant en centre ville. Mais le résultat est problématique parce que dans beaucoup de villes il y a maintenant deux gares : la gare normale et la gare des TGV. Le souci c’est que du coup pour les correspondances c’est plus possible. Ou alors il faut change de gare pour changer de train !

    Bien sûr il y a des exceptions par exemple Bordeaux avec une unique gare normale qui est aussi terminus du TGV ou Toulouse où il n’y a pas de TGV et donc une seule gare.

    Bon ok il n’y a pas de correspondances mais quand même pourquoi je vous dis tout ça. Eh bien c’est simple : cette situation a un unique rationnel anti-service public.

    D’abord ça permet de donner une nouvelle place aux autos pour la liaison gare de TGV- destination finale. Par exemple la SNCF n’a pas peur de proposer pour le trajet Paris-Ganges : Paris Montpellier = TGV 3h26, Montpellier Ganges = voiture 46mn, total 4h12. En gros la SNCF fait croire que Paris Ganges en train c’est 4h12. Certes elle ne fait payer que la partie train mais clairement elle n’assure pas le service. C’est nul.

    Ensuite c’est cadeau pour la privatisation des trains. Les trains privés ne vont pas s’embêter à aller jusqu’à  Ganges, ils vont faire Paris-Montpellier. Le bénéfice pour l’usager est nul puisque ça existe déjà. Et, comme vous le savez, tous les lancements de nouveaux produits pour le sacrosaint PIB s’accompagnent d’efforts financiers du coté étatique. Là nous aurons donc une ristourne sur les péages pour utiliser les voies ferrées. La SNCF qui pendant le même temps va continuer à payer plein pot, va devenir moins rentable. Et l’argument pour vanter la privatisation est tout trouvé. C’est de l’arnaque.

    C’est aussi un cadeau empoisonné aux régions qui sont néanmoins consentantes. Les régions ont hérité des TER dont la rentabilité est faible, ce qui conduit, là aussi, à un recours à la route soit pour remplacer des trains par des bus, soit pour compléter le trajet. Il surgit alors une nouvelle dégradation du service, car dans les trains il est toujours possible de monter, mais un autocar ne prend que des passagers assis et donc refuse du monde quand il est plein ! A cela s’ajoute une vigoureuse politique de subventionnement des autocars qui du coup font concurrence au train. C’est minable.

    Enfin il y a le mystère des tarifs. Outre que globalement le train est devenu cher, il est difficile de savoir combien va vous coûter un voyage. On se croirait dans une compagnie aérienne. Tiens super-prix sur Morlaix. Mais qu’est ce que tu veux qu’on aille faire à Morlaix. Non moi ce que je veux c’est aller à Millau en espérant qu’il y a encore une gare. Millau c’est TER + autocar. Et je ne vous dis pas le souci quand vous changez de région. C’est pas beau.

    Alors bien sûr il reste la voiture, ce qui est exactement un gros problème pour l’environnement même électrique. Cherchez l’erreur.

    Michel Costadau

  • Mansuétude

    Mansuétude

    La mansuétude des pouvoirs publics est vraiment inégalable. Il y a quelques jours alors que des jeunes s’étaient assis sur un pont parisien pour se reposer de la chaleur, l’Etat a envoyé des policiers pour les rafraîchir avec des brumisateurs à main et ensuite les transporter à l’ombre. Une telle sollicitude a de quoi réconforter sur l’attention portée aux citoyens et doit nous ravir pour une utilisation si pertinente et démocratique de nos impôts.

    Tout aussi sympathique a été la fourniture, gratuitement, de petites bouteilles d’eau fraiches dans les trains arrêtés en plein soleil et en panne de climatisation. C’est une attention qui dénote un vrai esprit de service public, comme seule la SNCF sait le faire. On y reviendra la semaine prochaine. Evidemment ce serait encore mieux si la clim marchait et si les trains ne s’arrêtaient pas entre deux arrêts. Mais on ne peut pas avoir la privatisation et le service en même temps. Faut choisir, euh, quand on a le choix.

    Vous le voyez je blague, c’est pour détendre l’atmosphère qui est un peu plombée en ce moment.

    Mais là je vais être sérieux pour vous parler du RIP. On parle beaucoup du RIP en ce moment, comme d’une avancé démocratique. Malheureusement il n’en est rien. Il y a en effet une énorme barrière basée sur les pourcentages. Pour qu’un RIP soit non pas adopté, mais puisse seulement poursuive son parcours il faut que 10 % du corps électoral signe la demande. Ça parait peu 10 % mais c’est exactement le score qu’obtiennent nos politiques pour leur permettre d’être élus. Je vous refais le calcul une dernière fois : 50 % de votants, 20 % recueillis par les meilleurs soit 10 % du corps électoral.

    On demande donc au RIP pour être soumis au vote de la population le même score que peut faire le meilleur des candidats élu par la même population. En toute logique, avec 10 % de signatures le RIP devrait donc être directement adopté. Ou alors la barre des signatures devrait être à 10 % de 10 % soit 1 % du corps électoral. Or il se trouve que c’est exactement là le score actuel de la pétition sur le RIP. Et donc le référendum devrait être officiellement lancé maintenant. Evidemment il ne le sera pas parce que les politiques demandent 10 fois plus de signatures.

    Il y a quelques semaines nous évoquions déjà le double langage des politiques. Et l’actualité nous donne une nouvelle illustration de cette parole défaillante : c’est l’introduction du respect des mesures climatiques comme contrepartie dans les accords commerciaux. Nous atteignons là des sommets.

    L’autorisation de commercialisation de produits ne respectant aucunes règles sanitaires, biologiques ou environnementale est compensée par la participation non pas des producteurs mais des pays de production à des initiatives pour le climat. On croit rêver : c’est la prime au mensonge. Les pays n’ont jamais eu de parole et affublent leurs agissements du doux nom de développement durable, commerce des armes par exemple. Alors vouloir nous faire croire qu’ils vont vraiment faire quelque chose pour le climat c’est de la provocation. Soit les pays font réellement des actions visibles pour combattre le réchauffement et alors il est possible de discuter avec eux. Soit ils ne font rien et ce n’est pas la signature d’accords commerciaux qui va les inciter à faire quelque chose puisqu’ils ont obtenu l’accord sans rien faire. Mais la mansuétude des pouvoirs publics est sans égale.

    Michel Costadau

  • Renault

    Renault

    Aujourd’hui on regarde le ratage de l’affaire Renault. Oui, l’affaire Renault. Les politiques ont montré, une fois de plus, qu’ils étaient lamentables. Ça a commencé par la confusion entre Ghosn et Renault. Le gouvernement s’est focalisé sur Ghosn alors que c’est Renault qui était attaqué.

    Que s’est-il passé ?

    Voila que d’un coup, sans prévenir, Nissan lance une offensive contre Ghosn, le mettant dans l’incapacité de diriger ses 2 entreprises et l’Alliance. Le but de Nissan, en lançant ces accusations, était et est toujours de modifier le rapport de force entre Nissan et Renault. Seulement l’Etat français avait un compte à régler avec Ghosn. Souvenez-vous l’histoire des droit de vote double et l’achat en catastrophe par l’Etat d’actions Renault pour plus de 50M€. Ghosn voulait diminuer le pouvoir de l’Etat au conseil d’administration, ce qui aurait été un bonne chose, mais ça n’a pas marché.

    Du coup, quand Nissan a fait emprisonner Ghosn, nos politiques sont tombés dans le piège et ont chargé Carlos au lieu de le défendre, c’est-à-dire défendre Renault.

    Bien sûr en termes de com c’était du pain béni populiste de vilipender ce patron emblématique. Et les médias ont évidemment emboîté le pas. Mais hélas c’est vraiment n’importe quoi de faire croire qu’il y a des dirigeants honnêtes, altruistes et généreux qui touchent 3 smic. Non, non et non, ces gens-là ne font ça que pour l’argent et d’ailleurs ils rapportent gros aux actionnaires. Ghosn apporte chaque année 1Mrd€ à Paris. Il n’y a donc pas d’affaire Ghosn mais bien une affaire Renault. Et l’affaire Renault est sérieuse.

    Continuons l’explication. A cause de l’emprisonnement de Ghosn, les politiques ont été chercher un vieux dirigeant sur la fin pour être sûr de son obéissance. Et ce dirigeant, conseillé par les politiques je suppose, a plutôt joué la carte Nissan, alors que c’est l’ennemi, l’ennemi associé et partenaire certes, mais c’est souvent comme ça dans le business. On appelle ça une opération de rééquilibrage. Il est clair que Nissan préfèrerait ne pas avoir d’administrateurs Renault à son conseil. C’est comme si l’Etat français avait un droit de regard sur une société japonaise. Du coup l’initiative de Nissan a mis Renault dans une position affaiblie, ce qui était le but recherché.

    C’est à ce moment-là que les Agnelli ont proposé une fusion de Renault avec FCA qui aurait modifié, plutôt dans le bon sens pour Renault, le rapport de force entre Renault et Nissan. Le management de Renault, qui, en fait n’a pas son mot à dire, était d’ailleurs assez pour cette opération, qui aurait permis d’affronter les énormes besoins d’investissement de l’automobile dans les 5 ans qui viennent.

    Seulement nos ridicules politiques n’ont vu qu’une seule chose : la disparition de leur rôle d’actionnaire de référence au profit des Italiens. Ils ont donc louvoyé, ni oui ni non. La suite vous la connaissez, FCA a retiré son offre. Renault ne sait plus trop ou aller et Nissan est du coup en bonne position pour négocier le rééquilibrage ou la séparation, ce qui serait catastrophique pour Renault.

    Maintenant quelques  remarques :

    – l’Etat actionnaire ça n’a aucun sens, soit une entreprise est publique, soit elle est privée. Pareil pour les services. Alors regardez bien EDF ça va partir en live,

    – on ne peut pas mettre un bandit à la tête d’une entreprise et ensuite lui reprocher d’être un bandit. Ça ne tient pas debout, et bien sûr au lieu de défendre l’entreprise on accuse le bandit,

    – pour l’entreprise Renault, je ne suis pas un spécialiste, mais je la verrais bien rentrer dans le giron de WW. Ghosn a fait un coup magique avec Nissan et avec lui l’Alliance marchait et les Japonais l’ont apprécié. Mais les Japonais ont plutôt des associations entre eux et les Européens aussi. C’est culturel. Y a que l’Etat qui n’est pas à sa place dans ce puzzle.

    Michel Costadau

  • Langage

    Langage

    Vous le savez sûrement, le double langage est la règle de base de la classe politique. Par double langage j’entends dire quelque chose et faire le contraire. Soyons plus précis. En fait il y a deux niveaux de fonctionnement. D’une part le niveau médiatique et d’autre part le niveau opérationnel. Le niveau médiatique concerne l’essence, la source même du pouvoir gouvernemental. On peut dire que maintenant le pouvoir est entièrement médiatique puisque ni les diverses assemblées, ni les anciennes oppositions : syndicats, partis minoritaires, corporations, associations ne sont prises en compte.

    Seuls règnent les médias et les sondages. Les médias définissent le politiquement correct. Le pouvoir tient les médias, le pouvoir est les médias.

    Du coup vous comprenez pourquoi les GAFAM, les fake news et les hackers sont sur la sellette. Ils détiennent une partie non politique des médias.

    Alors au niveau médiatique ce qui compte c’est : -d’une part occuper l’espace par une suite ininterrompue d’annonces, de discours, de voyages, de rencontres, de conférences, d’évènements, de déclarations. C’est là que les médias sont indispensables en buvant, en copiant voire en suscitant cette agitation et -d’autre part aller toujours dans le sens du poil, ce qui consiste à dire seulement ce que les gens veulent entendre. Or, comme on vient de le dire, les gens sont sous la seule influence des médias et le discours devient un superbe exercice d’hypocrisie : lutter contre la précarité, l’immigration, le terrorisme, la drogue. Ou encore promouvoir l’emploi, la recherche, le sport, la place de la France et aussi réformer l’Etat, fluidifier les démarches, donner à chacun sa chance. Sans oublier protéger la population, limiter les excès du capitalisme, construire une Europe forte etc, etc. Vous noterez que tout cela ne recouvre aucun objectif précis et, surtout, que rien là dedans ne concerne ni ne gêne les riches et les puissants.

    Par contre il y a un autre niveau : celui de la conduite de l’Etat et de ses agents. Ce volet opérationnel se livre à une activité tout entière tournée vers le PIB et la sacro-sainte croissance mais en aucune manière à la satisfaction des engagements, des promesses, des discours diffusés plus haut. Or la croissance du PIB, par sa fuite en avant, est le rempart des puissants et de l’argent. C’est leur élixir. C’est à ce niveau-là que sont données et exécutées les mesures pour toujours arroser copieusement les copains, on dit aussi capitaines d’industrie, pour rédiger les circulaires de disparition de services et des fonctionnaires correspondants. Comprenez bien que ce n’est pas l’assemblée élue qui gouverne, c’est la brochette de sherpas du système qui forme le gouvernement. Et là tous les coups sont permis : signature d’accords commerciaux opaques et anti-français, réduction du nombre d’agents sans modifier les missions ce qui se traduit par une effritement de la qualité du service, et peu à peu par la disparition du service lui-même, à l’école, à la justice, à la santé. Je ne veux pas tomber dans le passéisme mais souvenez-vous qu’avant il y avait un dispensaire dans chaque quartier qui permettait à toutes les familles de consulter en cas de soucis ou tout simplement régulièrement. Cette notion d’hôpital de proximité a été balayée par les besoins des usines privées qui débitent de la prestation médicale de qualité souvent très moyenne.

    C’est ça le double langage : promesses creuses d’un coté et PIB de l’autre.

    Salut les gars. Courage.

    Michel Costadau

  • Les vaches

    Les vaches

    Je suis céréalier mais je vois aussi des vaches. Des bêtes de 800 kg au poil ras, café au lait. Et à ma grande surprise elles se mettent à faire des sauts sur place des quatre pattes, une fois en l’air jolie ruade et petit pliage des jambes avant. On croirait une figure de Saumur tellement c’est bien fait. En plus elles tortillent un peu en l’air, ce qui ne doit pas être dans le canon mais manifeste une belle exubérance. Tout simplement elles sont contentes de retrouver un nouveau paillage et un peu d’espace pour s’ébattre.

    Ma surprise vient de ce que 10 secondes avant je les considérais comme des bovins, c’est-à-dire des bêtes lentes, lourdes, ruminantes, seulement destinées à devenir du pot-au-feu ou au mieux du rôti.

    Cet assaut d’expression libre et de danse m’a donc interrogé et m’amène à me poser des questions sur le déclic de ma réaction.

    Le premier truc que j’ai senti c’est la jeunesse. Comment des vaches proches de l’abattoir pouvaient-elles avoir ces sautillements primesautiers sans être jeunes c’est-à-dire inconscientes du monde qui les entoure. J’avais oublié que les vaches ça commence aussi par être jeune. Mais qu’est-ce que font les vaches de leur jeunesse, à vrai dire je n’en sais rien. Il y a le veau et puis après la vache. En fait si, ça me revient : entre les eux il y a la génisse. Seulement je n’ai pas un très bon souvenir du foie de génisse qui, comme chacun sait, est le foie des vaches de réforme. D’ailleurs une grande partie de la viande dite bovine vient de vaches de réforme. Bien sûr il y a des exceptions, c’est fait pour ça.

    Le second truc c’est la force, parce que propulser presque une tonne à 1m de haut demande une belle énergie, en plus avec une certaine légèreté et agilité comme si c’était facile. Alors il y a le pis mais aussi le muscle. Des muscles partout qui se tendent et se relâchent à volonté, et la volonté de sauter y est presque comme un challenge. Je suis sûr qu’elles cherchent à aller le plus haut possible pour la compet, pour le prestige mais aussi pour le fun. Parce que c’est clair ça leur fait plaisir de sauter, de bondir, de gesticuler. Et elles sont même pas essoufflées.

    Ensuite j’ai ressenti un aspect collectif, non pas qu’elles jouent une composition mais elles sont ensemble et se regardent gambader avec une espèce d’émulation. Elles ne sautent pas en même temps mais plutôt à tour de rôle, ce qui ne les empêche pas en passant de donner un bon coup de tête à la voisine, gentiment. Presque elles paraissent contentes de ne pas être seules. Il y a certainement des affinités plus précise entre elles mais c’est assez difficile à observer. Un saut, un coup de tête, une petite accélération c’est ça le ballet qu’elles jouent.

    Alors je me suis redemandé à quoi servent les vaches. La réponse vient de l’agronomie : on a pas encore trouvé de meilleur moyen pour entretenir les prairies. Voilà les vaches c’est pas de la viande sur pieds, c’est l’aboutissement de la boucle du végétal.

    Rigolez pas ça aurait pu être nous.

    Michel Costadau

  • Girouettes

    Girouettes

    Voila encore un truc à dégonfler proprement : c’est la capacité des élus à appliquer un programme politique. Il n’y a que deux solutions.

    Soit les élus ont des convictions, des idées fortes auxquelles ils adhèrent et qu’ils défendent. Ces idées sont portées par un parti, leur parti, et c’est pour cela qu’ils sont élus.

    Soit il y a des étiquettes, des écuries, des casaques et les candidats choisissent celle qui leur donne le plus de chance d’être élu. Auquel cas ils changent de casquettes, c’est-à-dire de partis, au gré des circonstances et non seulement ils n’ont aucune conviction mais en plus ils se fichent éperdument de leurs engagements. Et c’est exactement ce que nous observons et même depuis longtemps. Si nous restons sur la période en cours, tout le monde a compris que LRM avait débauché la moitié des élus du PS et un tiers des élus de LR pour faire une soi-disant nouvelle majorité. Et tout le monde peut voir que LRM veut recommencer pour les municipales. Certes les municipales n’ont strictement aucune importance, en fait toutes les équipes municipales font exactement les mêmes choses, mais ça ne fait que renforcer ma démonstration.

    Or donc il est bon de rappeler que ce qui compte en politique ce sont les programmes et non les hommes. Je veux dire que les hommes ne sont que les porteurs plus ou moins brillants et efficaces du contenu du programme de leur mouvement ou de leur parti. Par principe les programmes ont été élaborés collectivement et représentent les aspirations grandes ou petites d’une partie de la population. C’est pour ça qu’il y a des partis, c’est pour ça qu’il y a des programmes.

    Hélas en pratique les programmes, aujourd’hui, ne sont plus qu’un assemblage de mesures, sans grande cohérence, censées attirer quelques électeurs. Néanmoins avec un programme on peut faire une politique. Ça reste vrai.

    Du coup, toujours en théorie, les élus devraient être les soldats d’un programme et devraient déployer leur énergie à le mettre en œuvre. Non ne riez pas, moi aussi je sais, bien évidemment, que nous sommes loin de cette vision idyllique. Parce que ça fait longtemps que élus se moquent des programmes comme de leurs premières chaussettes et que la politique n’est qu’une affaire de com et de pub.

    Pourtant les dérives de personnalisation sont, au moins depuis Napoléon Bonaparte, jugées définitivement néfastes et la primauté du programme s’est imposée comme le plus solide rempart de la démocratie. Chaque fois que des citoyens se sont réunis pour réfléchir à l’avenir de notre pays ils ont élaborés des programmes. Le XXe siècle a connu la réussite de beaucoup de ces phases constructives. Mais cette règle de base ne plaît pas aux puissants qui redoutent par-dessus tout d’avoir des comptes à rendre à qui que ce soit. Alors ils ont remis en selle le pouvoir personnel, le culte du guide qui loin des attentes citoyennes est constamment sous le feu des projecteurs, afin que tout le monde croie qu’il est la source et l’embouchure du fleuve qui irrigue le pays.

    On a déjà donné, on a déjà payé, alors s’il vous plaît dites-nous ce que vous voulez faire et faites-le ; et ne dites plus seulement qui vous aller mettre.

    Après peut-être on votera pour vous.

    Michel Costadau

  • Revenus

    Revenus

    Quelquefois les choses simples demandent beaucoup d’explications. Il en est ainsi pour les différences de salaires et d’une manière générales de revenus. Tout le monde pense que ce n’est qu’une question de chiffres. Celui qui gagne 2 000 gagne deux fois plus que celui qui gagne 1 000. Ça paraît simple mais ça ne l’est pas du tout. Disons clairement, pour mettre de l’ambiance, que celui qui gagne 10 000 est, tout simplement, au-dessus des lois.

    On explique.

    D’abord il y a des seuils. Le premier est à 1500. C’est la première marche pour ne pas être dans la misère et ce sont les aides compensatoires qui permettent de vivre. Le seuil suivant est à 3000. En dessous ce n’est pas facile et il y a encore des aides, mais ça permet de mener une vie moyenne. Le seuil suivant est à 5000. Là on entre dans la possibilité d’aller dans les magasins pour dépenser. Entre 5000 et 10000 il y a une zone où l’on commence à ne pas trop savoir quoi faire de l’argent.

    Voilà pour les seuils, mais il y a aussi, et c’est le plus important, le coût relatif.

    Le principe en est simple : le prix d’un produit n’est pas lié aux revenus de l’acheteur. Ce qui revient à dire que plus on gagne et moins les choses paraissent chères et la vie parait plus tranquille. Pour les petites sommes, comme un tube de sauce tomate, ça paraît non significatif, mais pour les plus gros achats ça devient hallucinant. C’est un question de pourcentage. Un vélo à 300 c’est 10 % pour celui qui gagne 3000 et 1 % pour celui qui gagne 30 000. Il s’agit bien sûr du même vélo mais 1 % c’est comme une virgule, c’est inexistant. On peut se tromper, ça n’aucune importance. On peut même recommencer presque autant de fois que l’on veut. Par contre 10 % c’est beaucoup dans le sens où ça entre en conflit avec d’autres besoins qu’il faut aussi satisfaire. Et bien sûr il est impossible de recommencer.

    Pour dire les choses encore plus crûment : la vie courante, nourriture, logement, loisirs et éducation sont une promenade pour les gros salaires et un combat permanent pour les petits revenus. Et je ne vous parle pas des loyers ou de l’acquisition de résidences. Là ça devient ségrégationniste. Avec 2 000 il paraît difficile d’avoir un loyer de 3 000. Et en plus vous ne seriez pas bien accueilli avec votre Dacia. Je blague.

    Alors quand je dis qu’à partir de 10 000 on est au-dessus des lois, c’est très simple. Un PV à 45 ou même à 100 ça ne compte pas. Le retrait de permis est en général celui du chauffeur et même si c’est votre permis, au pire il faut louer un chauffeur pendant quelques mois. Ce qui est important à comprendre c’est qu’à partir d’un certain niveau de revenus on a l’esprit libre, on a le droit de faire des bêtises, de se moquer des pauvres clampins qui essayent de garder la tête hors de l’eau, et même de leur marcher dessus.

    Voilà maintenant c’est plus simple, ce n’est pas qu’une question de chiffre. Et donc 3 000 ce n’est pas trois fois mille c’est six fois, et 10 000 ce n’est pas dix fois mille, c’est l’infini.

    Michel Costadau

  • Il était une fois l’autoroute

    Il était une fois l’autoroute

    Y a pas à dire c’était un beau projet, beaucoup trop onéreux certes, mais qui permettait de donner une nouvelle notoriété à Castres et, en secret, de prendre une petite revanche par rapport à Albi. C’est vrai qu’Albi était, déjà, reliée à Toulouse par une autoroute quasiment gratuite et en tous cas gratuite dans le Tarn. Certes cette autoroute n’était, en fait, que l’aménagement de la nationale mais on disait l’autoroute. Alors évidemment pour aller de Castres à Albi par autoroute il aurait fallu faire 120 km  au lieu des 40 km qui séparent les 2 villes mais quand on aime on ne compte pas

    C’était, donc, un beau un grand projet et il y en a sûrement encore certains qui se disent que finalement ça n’aurait peut-être pas été aussi catastrophique que ça, et que peut-être Castres ne serait pas, automatiquement, devenu une des cités dortoir du grand Toulouse, ou une zone industrielle de la grande banlieue toulousaine.

    Bien sûr tout le monde savait que pour des raisons économiques, ce projet n’était pas réalisable. D’ailleurs mettre un concessionnaire au début ça paraissait, même, une bonne idée. C’était une manière de dire que ça devait être rentable, puisqu’une société privée s’en occupait et le privé, comme chacun sait, c’est rentable par principe car il faut bien nourrir les actionnaires, sinon ils vont mettre leur argent ailleurs. Seulement après il a bien fallu parler de la subvention d’équilibre et de la caution solidaire des pouvoirs publics pour garantir au privé que ça serait rentable. C’est là que tout le monde a vu ce que ça coûterait aux collectivités et à l’Etat et ce pendant euh…. pendant longtemps. A vrai dire il y avait un cas favorable pour les calculs, c’était celui d’un accroissement inespéré, énorme, rapide et continu du trafic, pour atteindre des fréquentations comparables à celles du périphérique de Toulouse et à ses embouteillages. Au XXe siècle ç’aurait été, encore, possible mais au XXIe ça relevait du même obscurantisme que ceux qui au Moyen Age croyaient encore à la pierre philosophale, alors bien sûr personne n’a été dupe. C’est-à-dire que d’une part le trafic prévisible était assez faible et que d’autre part la progression du trafic n’était pas quelque chose de très crédible avec tous ces Grenelle de l’environnement  et ce grandissant souci de durabilité dont parlaient les technocrates, et finalement ça faisait une addition tellement salée que même les plus optimistes faisaient semblant de se tromper sur les chiffres.

    En plus, sur le plan économique il y avait deux autres aspects assez embêtants, c’était d’une part que le Tarn devrait financer une autoroute à moitié en Haute-Garonne et d’autre part l’expérience cruelle du désistement de l’Etat dans l’aménagement de l’ancienne mine dite  La Découverte.

    Pour la Haute-Garonne le problème était simple : ils étaient contre le projet et donc s’interdisaient d’y mettre le moindre denier. L’hypocrisie était que dans l’esprit de tout le monde, Toulouse était le principal bénéficiaire du projet mais espérait que les Tarnais seraient assez « braves » pour le payer en entier.  Il était même question de racheter des routes à la Haute-Garonne pour pouvoir assurer la continuité du projet. Ce qui faisait que non seulement ça ne coûtait rien à la Haute-Garonne, mais en plus ça lui rapportait. Un comble.

    Pour la Découverte, l’expérience était cuisante et surtout onéreuse parce que sous couvert de décentralisation et d’autonomie locale l’Etat avait bel et bien abandonné ce projet avant d’avoir donné tout ce qu’il avait promis, et comme ce n’était pas des privés qui avaient le projet mais des collectivités publiques, tintin pour se faire payer, alors ça coûtait et je crois bien que ça coûte encore. Cet état de fait avait sérieusement émoussé la confiance des dites collectivités dans les projets réputés rentables à une certaine échéance, échéance qui correspondait au désengagement de l’Etat. Peut-être aurait-il fallu mettre une clause de rendez-vous pour vérifier que la rentabilité était effectivement arrivée, mais ce n’est pas ce genre de clause qui arrête l’Etat quand il ne veut plus payer.

    C’était aussi un projet qui était réputé donner du travail aux Castrais. A vrai dire on ne savait pas trop de quelle manière et du travail il y en avait déjà à Castres avec l’agro-alimentaire, les carrières et évidemment les laboratoires Fabre.

    La première idée était que, par exemple, les laboratoires Fabre construisent des unités à Toulouse, et que les Castrais pourraient utiliser l’autoroute pour aller travailler à Toulouse. Super oui mais si les investisseurs avait l’idée de construire à Castres où à Soual, alors il n’était plus nécessaire d’aller à Toulouse pour travailler et tout le monde y gagnait et surtout les Castrais.

    Alors il y avait eu une deuxième idée, c’est que non seulement les laboratoires Fabre mais aussi d’autres entreprises construisent des usine ou des bureaux à Castres et donc que les Castrais aient vraiment du travail et en plus à côté de chez eux. Seulement les Castrais ne sont pas fous et ils ont vite vu qu’avec une autoroute ce ne serait pas eux qui auraient du travail en plus mais les Toulousains et toute la banlieue est de Toulouse. Donc OK pour les bureaux mais sans l’autoroute.

    Il y avait quand même une troisième idée, c’était le site d’enfouissement des déchets toxiques. C’était un besoin énorme de la métropole toulousaine et l’autoroute aurait permis de sécuriser ces transports dangereux avec bien sûr une prime pour le concessionnaire. C’est vrai qu’à un moment Castres avait pu être considéré comme un cul-de-sac dans le sens ou, en venant de Toulouse, après Castres il y avait Mazamet et après Mazamet plus rien ou plutôt si, après Mazamet il y avait la montagne et ce n’était pas synonyme de civilisation donc c’était bon pour les déchets. Alors là les Castrais ont bien réagi, ils ont dit qu’ils étaient peut-être un cul-de-sac mais que ce n’était pas une raison pour que les autres les considèrent comme des demeurés et viennent faire leurs besoins chez eux, et donc cette idée n’était pas bonne mais alors pas du tout bonne.

    Là où le projet  mettait tout le monde mal à l’aise c’était par rapport à l’agriculture. L’agriculture c’était la vocation de tous les territoires traversés, car entre Castres et Toulouse il y avait le Lauragais, le nord du Lauragais certes mais le Lauragais quand même. Dans toutes les communes concernées les élus n’arrêtaient pas de proclamer leur vocation agricole pour ne pas dire leur dévotion agricole. Préserver les exploitations, ne pas morceler les parcelles, encourager les installations, fournir les imprimés des primes et subventions et de temps en temps convaincre les populations de la non-toxicité des produits employés. Bref hors l’agricole rien d’intéressant.

    Et donc ce tracé avec son couloir de 1000 ha pour les voies et les à ctés, la division de centaines de parcelles, la coupure de centaines de chemins et, comme un poison à diffusion lente, cette urbanisation galopante le long de la voie en commençant par les accès, ça faisait désordre, donc les élus ne pouvaient pas être pour, mais comme déjà ils ne pouvaient pas être contre et bien c’était une inflation de langue de bois comme on n’en avait jamais vu et pourtant on avait vraiment l’habitude dans le coin. Alors ça donnait du genre « de toute façon c’est déjà décidé en haut et on a plus rien à dire » ou « tout ce qu’ils veulent c’est qu’on se mette d’un côté ou de l’autre pour nous faire porter le chapeau » ou encore « mettre tout le monde d’accord sur un truc comme ça ce n’est pas possible » et aussi « ça fait 20 ans qu’on en parle alors tu sais on en pense plus rien ». Cette samba ne pouvait rien donner de très bon et c’est pour ça que l’Equipement avait carte blanche pour porter le projet, de façon à ce que les élus ne donnent pas l’impression d’être les auteurs du projet mais seulement des spectateurs qui du coup cherchaient seulement à aider leurs populations.

    Dans le registre agricole, il y avait quand même un aspect positif que le syndicat agricole avait tout de suite repéré, c’était la circulation des moissonneuses et autres gros engins. En effet, à partir du moment où on parlait d’autoroute à péage, ça voulait dire que subsistait partout, en double de l’autoroute,  une route nationale qui du coup aurait été peut-être moins encombrée et donc plus facile de circulation. Bien sûr il aurait fallu pour cela que le trafic local soit faible par rapport au trafic total ou, pour le dire différemment, que les gens qui avaient l’habitude de prendre la nationale prennent celle de prendre l’autoroute. Et là aussi l’argument a fait long feu parce que pour prendre l’autoroute en local  il faut avoir une entrée près de chez soi et une sortie près de là où on va. Et là, à moins de mettre des bretelles tous les 5 km y avait un gros gros problème.

    Il y avait aussi cette délicatesse de langage qui s’appelait  « deux fois deux voies ». Certains utilisaient ce vocable pour indiquer qu’il ne s’agissait pas d’une autoroute, encore moins à péage mais bien d’un aménagement de la route comme le prévoyait le plan d’aménagement du territoire, alors que d’autres utilisaient le même terme pour désigner le projet d’autoroute qui effectivement comportait deux fois deux voies, sans prononcer le mot parce qu’au final la vitesse n’était déjà plus très populaire. L’ambiguïté se doublait d’une contradiction économique insoluble. En effet si on disait deux fois deux voies en pensant autoroute alors on se voyait opposer la position inconfortable des pouvoirs publics obligés de payer une deuxième fois les travaux puisque le projet était concédé au privé, et si on disait deux fois 2 voies en pensant route on se faisait opposer que le plan ne prévoyait que certaine zones en deux fois deux voies mais pas le tracé entier. A cela s’ajoutait la hantise de devoir utiliser le terme d’autoroute en site propre, parce qu’alors on aurait eu peur de se faire opposer que ça aurait fait quatre fois deux voies au moins par endroit. Les Tarnais ne sont pas des Auvergnats mais quand même quatre voies dans un sens et quatre voies dans l’autre pour aller à Toulouse c’était dur à avaler et on se serait cru dans un feuilleton américain à la télé mais justement  ce qu’ils ont de bien ces feuilletons c’est qu’ils sont là-bas et pas ici.

    Voila un peu l’histoire et finalement, comme vous le savez, il s’est passé ce que tout le monde souhaitait sans oser le dire et même en disant que c’était ce que tout le monde redoutait le plus, c’est-à-dire l’abandon du projet autoroute au profit d’un aménagement des nationales en particulier pour améliorer la sécurité, parce que souvenez-vous le tout voiture on en parlait déjà de moins en moins et les usines ça se ferme mais les autoroutes il faut toujours payer.

    Michel Costadau