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  • Presque rien

    Presque rien

    Ah mais alors quel suspense ! Je veux parler de cette date fatidique du 28 mars 2019 à 11h59. Oui c’est l’ heure ou les Britanniques doivent quitter le navire. Et que va-t-il se passer ce jour-là ? Vous voulez le savoir : eh bien rien, voila il ne va rien se passer. Et le lendemain ? le lendemain eh bien rien non plus. Mais quand même dans les semaines qui suivent il va bien se passer quelque chose ? Eh bien non, rien, toujours rien.

    Ah me direz vous, mais c’est parce que c’est reporté. Oui c’est presque sûr la date va être repoussée de 2 mois et puis peut-être encore de 2 ans. Bon mais alors au plus tard dans 2 ans à force de la force ce sera le brexit ? Eh bien non rien, rien, rien.

    Ah bon mais alors tout ça pour ça.

    Oui tout ça pour rien. On explique.

    Si vous vous souvenez, les motivations des Britanniques il y a deux ans tournaient autour de quelques points de souveraineté : immigration, justice européenne, régulation économique. Et ce scrutin a été marqué, comme partout ailleurs, par une forte poussée populiste. Et dans le sentiment populiste il y a une seule dimension : c’est la dimension america first qui se traduit par des penchants nationalistes, xénophobes, antisystème et de repli sur soi.

    Evidemment ces sentiments n’ont aucun rapport avec le marché commun qui est seulement une histoire de gros sous des financiers. On voit d’ailleurs là toute la perversité du vote dit démocratique : les électeurs ne répondent jamais à la question posée mais manifestent seulement leur humeur du moment. Et donc le résultat ne veut rien dire. En général.

    Seulement voilà, le résultat du scrutin qui nous occupe voulait dire en bon français : d’accord pour sortir de l’Union européenne et du Marché commun. Et ce dernier point, les financiers et une bonne partie de la population ne le souhaitaient pas et le souhaitent encore moins.

    Ah je vois que ça commence à s’éclaircir. Ce que demandaient les électeurs avec leur vote populiste n’est pas du tout incompatible avec le maintien des financiers dans les délices du marché commun. Pas du tout. Nous voila donc avec une situation cornélienne, qu’on pourrait presque qualifier de shakespearienne : comment sortir de l’Union européenne tout en restant dans le Marché commun. Cette contradiction mobilise tous les fins esprits de la planète depuis deux ans et ils sont en train de trouver les solutions. Et même ils les ont trouvées. Certes ces solutions ont été, momentanément, rejetées par les députés britanniques, mais avec quelques retouches c’est celles qui seront adoptées. Et ces solutions ont justement la particularité de ne rien changer.

    Attention je ne veux pas dire que rien ne va changer. Non, mais ce n’est pas ce que vous croyez qui va changer. Pas de modifications de frontières, pas de modification de salaires, pas de modification de scolarités, pas de modifications de droits, pas de modifications de prix. Non la seule chose qui va changer c’est que les Britanniques ne seront plus sous la tutelle de Bruxelles, tandis que les financiers continueront de s’abreuver aux 300 millions de consommateurs européens. Ça s’appelle le beurre et l’argent du beurre. Je me demande s’il n’y a pas des Anglais dans le coup.

    Michel Costadau

  • Départ de Hubert Costadau

    Départ de Hubert Costadau

    Au revoir Hubert.

    Hubert !

    Mon frère, notre Ami !

    « Vivre sans amis, c’est mourir sans témoins »…

    Les très nombreux témoins, ici rassemblés, illustrent s’il en est besoin le réseau d’amis que tu as constitué au cours de ta vie.

    « La mort n’est qu’un passage…Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin » a dit Charles Péguy, reprenant ainsi la Parole de Saint Augustin.

    Mais la vie, ta vie fut un formidable parcours…

    Comment résumer plus de 8 décennies de celui-ci ?

    Samedi 14 Juillet 1934 : ta naissance à Bordeaux-Caudéran (Av. du Jeu de Paume) dans la demeure familiale ROUANET, après notre sœur Françoise, également arrivée à Caudéran quelques années plus tôt : en Octobre 1929 (2 « très grands crus » diraient les Vignerons !!!)

    Très belle et confortable enfance, dans l’insouciance de l’époque, vécue en partie à Marouatte, avec l’affection de Bon Papa, Bonne Maman et Mary Anne Pick, l’Anglaise (Nanane), brutalement interrompue par les interminables années de guerre et privations diverses.

    Pensionnaire, dés l’âge de 7 ans, à l’Institution Saint Joseph de Périgueux avec la découverte du scoutisme, jusqu’au départ de Marouatte pour Labarde et le « Chatenet » à Bordas où ton attirance pour la campagne n’était plus « négociable »…

    1956 : Arrivée à Pémontier et tout de suite « ton attachement » pour St.Cernin de Labarde et sa région… (où tu retrouves l’abbé CADALEM, connu à Saint Joseph…)

    Des années de labeur, avec les moyens de l’époque…

    Février 1965 : brutal départ de Maman, prématurément usée par la vie…

    Ton acharnement à la terre et l’élevage te permettront cependant de découvrir et connaître le vrai bonheur, avec Elisabeth et l’arrivée des jumeaux Bernard et Luc, puis les joies de Grand-Parents avec Aloïs, Xanders et Pierre.

    Certes, les précédentes années n’avaient pas été toujours faciles, mais tu as résisté, en bon SCOUT, persévérant, courageux et fidèle en amitié.

    Dures épreuves que furent les disparitions successives d’amis de cœur : Pierre LEBOURG, en Algérie, de retour de DIEN BIEN PHU, Jean DIGNAC, ton fidèle ami de Saint Joseph, Pierre de FRETTES, Yves LABROUSSE, Jean GENESTE, Pierrot NOUAILLE… j’en oublie sûrement, mais toi, je le sais, tu ne les as jamais oubliés…

    Homme de parole que tu as toujours été : « La parole, c’est la parole » (HITZA HITZ, en Basque), devise choisie et gravée sur le makilah offert par notre beau-frère René : modèle de droiture, s’il en fut !

    Comment oublier la chasse et… les PALOMBES … Merveilleux entractes partagés avec tes amis chasseurs ?…

    Je n’ai pas eu le temps, ou plutôt, je n’ai pas pris le temps, de te remettre le fruit de mes recherches sur nos racines familiales, reconstitué après notre passage à ESPELUCHE, près de MONTELIMAR dans la Drôme, l’été dernier : je le regrette vivement !

    Ah, tu aurais bien ri et compris pourquoi tu aimais tant la campagne et la vraie nature, à la lecture de l’Avis (toujours) placardé à la Mairie d’ESPELUCHE et, signé (il y a près de 2 siècles) par notre aïeul Gabriel COSTADAU, plusieurs fois Maire de la commune, pour l’affectation de primes accordées « à ceux qui feraient le plus de ventes de moutons, cochons, chevaux et mulets aux Foires organisées de Février, Septembre et Novembre… »

    Certes, ces derniers mois et semaines furent difficiles à vivre, malgré le constant soutien d’Elisabeth et les soins qui te furent prodigués, tout comme elle l’avait fait, avec beaucoup d’attention, pour Papa.

    De Suisse et d’Australie, où réside une partie de la famille de celle-ci des encouragements te parvenaient…

    Leur éloignement ne leur a pas permis d’être là aujourd’hui, tout comme Françoise, notre sœur très affaiblie par l’âge (89 ½), mais ils sont tous présents par la pensée !

    Aujourd’hui, proches et fidèles à ton épouse Elisabeth et tes enfants, ainsi qu’à tes petits enfants, nous nous inclinons devant leur chagrin et t’assurons de notre loyal et affectueux soutien.

    Humbles locataires et de « passage », nous aussi sur cette terre, nous te disons « au revoir » Hubert, notre Ami, mon Frère…

    Bruno COSTADAU.

    St. CERNIN de LABARDE, le 1° Mars 2019

  • De la ségrégation scolaire

    De la ségrégation scolaire

    Je ne parle pas de ségrégation à l’américaine ou à l’israélienne, non mais tout simplement d’un truc qui se passe chez nous. Tout le monde est à peu près d’accord pour dire que les inégalités existent en France et même se creusent, mais personne ne sait trop dire le pourquoi du comment. On voit le résultat mais on a du mal à décrire le mécanisme. Et justement la ségrégation scolaire est un de ces outils sournois et pervers qui marche très très bien.

    Bien sûr, à l’école comme dans beaucoup de domaines, il y a la ségrégation par l’argent qui concerne l’enseignement dit privé. Cette injustice ne saute pas aux yeux car les frais de fonctionnement sont souvent couverts par l’Etat et il existe des aides pour les moins riches censées compenser leur manque de moyens. Mais déjà cette notion d’aider ceux qui, par leurs bulletins scolaires, le méritent, est particulièrement hypocrite. Néanmoins je n’ai rien contre l’enseignement confessionnel ou privé mais pas avec l’argent public, là je ne suis pas du tout d’accord. Ceux qui veulent islamiser, évangéliser, scientifiser ou élitiser leurs enfants peuvent le faire mais avec leurs propres et seuls moyens. Néanmoins il n’y a aucune justification à encourager ces comportements.

    Mais là n’est pas le plus grave. Le fondement de la ségrégation scolaire c’est la disparition de la causalité. Maintenant à l’école les connaissances sont présentées mais ne sont ni démontrées, ni justifiées, ni expliquées. Elles sont, point. Les élèves doivent apprendre mais ne pas comprendre. Il n’est pas enseigné comment ces connaissances existent, pourquoi elles sont vraies, quelles sont les relations entre elles, voire quel est leurs parcours. Les livres d’école ont presque disparu, il ne reste que les heures de cours. Oh il subsiste bien quelques ouvrages mais ils couvrent par exemple de la sixième à la troisième. Et dedans il n’y a aucune logique allant de la définition à la démonstration. Tout est tautologique. Une métropole est une métropole et par exemple Lyon est une métropole. Un triangle rectangle a un angle droit. Et l’examen c’est : est-ce que Toulouse est une métropole ou est-ce que ABC est rectangle. Voilà tout le contenu des connaissances enseignées à l’école. L’école fait de l’info, comme la télé, pas de l’éducation.

    C’est alors que les enfants rencontrent deux situations :

    soit personne chez eux n’est capable de donner les explications qui permettent de comprendre et pas seulement de savoir, ou alors les explications sont religieuses, sectaires ou tout simplement fausses et c’est le cas le plus fréquent,

    soit au contraire leur milieu comble les lacunes délibérées de l’éducation nationale en fournissant jour après jour les bonnes et nécessaires explications et c’est l’inégalité.

    C’est comme ça que se crée la ségrégation. Ce qui n’est pas enseigné à l’école n’existe que pour les privilégiés. Toute baisse du niveau de l’enseignement engendre une augmentation de l’inégalité. Et les parents sont dupes car ils ont le sentiment que réussir à l’école est bien en soi. Mais réussir avec une baisse du niveau d’enseignement a exactement l’effet contraire : la réussite devient le chemin du creusement de l’écart, la source de la pauvreté intellectuelle. La pauvreté intellectuelle n’est pas du tout culturelle. Presque tous les enfants ont une culture correcte, dans leur culture bien sûr. Non, la pauvreté intellectuelle c’est la création d’un état de soumission à la connaissance, c’est-à-dire à ceux qui connaissent. Les pauvres ne savent pas, ils subissent, point.

    Alors clairement pour réduire les inégalités, il faut relever le niveau de l’enseignement. Et ce n’est pas difficile puisque qu’on l’a déjà fait. Eduquer, c’est-à-dire apprendre, est pour moi une priorité beaucoup plus importante que le réchauffement ou le nucléaire. C’est LA priorité, car les malversations du pouvoirs s’appuient sur l’ignorance de la population.

    Michel Costadau

  • Dur dur

    Dur dur

    Pour me brosser les dents je prends tout simplement la brosse dans la main droite et le tube de dentifrice dans la main gauche. Puis il faut ouvrir le tube, soit en dévissant le bouchon avec deux doigts de la main droite sans lâcher la brosse, soit en posant d’abord la brosse au bord du lavabo et en ouvrant le bouchon avec la main droite libre. Une fois le tube débouché, il faut alors poser le bouchon sur le bord du lavabo en évitant qu’il ne tombe au fond ce qui, surtout si on a encore la brosse dans la main, va demander bon moment pour aller le rechercher s’il n’y a pas la bonde. Il convient alors de reprendre la brosse si vous l’aviez posée. Il est bien sûr envisageable de déboucher le tube avant de prendre la brosse, mais ce n’est pas naturel.

    Me permettez-vous de faire ici une digression pour indiquer que la pâte à l’intérieur du tube de dentifrice doit être poussée du bas vers le haut et non pressée par le milieu comme beaucoup le font. En effet, dans ce cas-là il se crée des bouchons d’air dans le tube qui, une fois près de la sortie, propulsent la languette de pâte que l’on veut mettre sur la brosse, dans une direction inattendue dont la plus favorable est de choir dans le lavabo ; auquel cas on peut encore la récupérer, sauf si vous venez de vous raser et avez jeté les poils coupés et/ou la mousse à raser dans le lavabo où ils restent tant que l’on n’a pas fait couler le robinet, et rendent de ce fait inutilisable la pâte qui a chu dedans.

    Maintenant je peux enduire la brosse d’une petite languette de dentifrice en évitant qu’elle ne glisse de la brosse car, en fait, elle est juste posée sur les poils. Ensuite, avant de se brosser il est préférable de remettre le bouchon sur le tube soit avec la brosse dans la main et la languette de dentifrice en équilibre sur les poils, soit avec les deux mains libres en posant la brosse selon l’option choisie. En effet, remettre le bouchon après le brossage conduit souvent à enduire celui-ci avec la mousse de pâte qui n’a pas manqué de se déposer le long du manche et du coup sur la main, au cours de l’opération de brossage. Il est alors possible de reposer le tube avant de se brosser ou de le garder dans la main gauche pendant le brossage.

    Mais, car il y a un mais, je voudrais maintenant, toujours si vous le permettez, préciser qu’il existe des tubes de dentifrice avec des bouchons munis d’un clapet qui permet, avec la même main qui tient le tube, d’ouvrir le bouchon avec le pouce et donc sans avoir besoin d’utiliser la main qui tient la brosse. Il est alors possible de déposer du dentifrice sur la brosse sans la moindre manipulation ou changement de mains. Et aussi de le refermer de la même manière. Il est clair que ce mode de fonctionnement est beaucoup plus efficace : on garde le tube dans la main gauche et la brosse dans la main droite sans discontinuité, aucun risque de faire tomber la languette de dentifrice ou le bouchon dans le lavabo. Comment se fait-il que cette innovation ne soit pas généralisée ? Dans quel monde vivons-nous ? Franchement, je me le demande.

    La semaine prochaine je peux parler du nettoyage de la brosse à dents, si vous le voulez.

    Michel Costadau

  • Verrou

    Verrou

    Comment faire sauter le verrou qui bloque nos institutions ? Ce verrou, je vous le rappelle, est la concomitance, dans l’ordre, d’une présidentielle et d’une législative. Et cette séquence fait passer notre régime de parlementaire à présidentiel. Les régimes présidentiels n’ont jamais été démocratiques et ont toujours conduit à des révoltes sanglantes.

    Alors comment faire sauter ce verrou ?

    En fait il n’y a que cinq possibilités :

    1. Modification spontanée de la constitution par le parlement actuel,
    2. Election d’un président dont le programme comporte prioritairement cette mesure,
    3. Election d’un parlement avec une majorité conséquente voulant cette mesure,
    4. Victoire d’un référendum demandant la révision de la constitution,
    5. Révolte populaire renversant le pouvoir en place.

    Voyons voir ça.

    Le 1 est complètement illusoire puisque les députés n’ont obtenu leur élection qu’en soutenant le président. Ce ne sont donc que les larbins du président et il n’ont aucun intérêt à mordre la main qui les a faits. A l’extrême, en cas de dérives dictatoriales, ces députés préféreront la destitution au changement constitutionnel.

    Le 2 n’a strictement aucune chance de se réaliser, car le pouvoir présidentiel tient justement à cette concomitance. Certes il y a des candidats, en fait un seul, prônant cette réforme mais il n’a ni les médias ni la finance et n’est donc pas en mesure d’être élu. Ceux qui croient que s’ils avaient voté pour lui, Mélenchon aurait été au second tour, n’ont pas compris que la situation était de qualifier Le Pen et Macron. Si Mélenchon était remonté dans les sondages alors Le Pen et Macron auraient aussi été remontés.

    Le 3 est assez utopique car il demanderait qu’en un mois, entre la présidentielle et la législative, les candidats députés changent leur fusil d’épaule ou qu’une fronde contre le nouvel élu se mette en place. On peut rêver mais ça n’arrive pas en politique.

    Avec le 4 on entre dans la catégorie des mouvements populaires voulant conquérir le pouvoir. Les référendums sont dans la constitution, il n’y a pas de problème. Seulement c’est le pouvoir qui pose la question, pas le peuple. On peut alors envisager une pétition recueillant des millions de signatures. Ca s’est déjà produit et ça n’a rien changé, car rappelons-le c’est le pouvoir qui a le pouvoir et lui seul.

    Le 5 est une solution qui a déjà été utilisée avec succès. Cependant elle a deux inconvénients. D’une part c’est sanglant et ça pourrait le devenir encore plus que dans le passé avec l’arsenal actuel de nos forces de répression. Les GJ ont déjà plusieurs centaine de victimes, mais ce n’est rien à côté de ce qu’il faudrait envisager pour la prise du pouvoir. Qui plus est, les GJ n’ont aucune demande de réforme constitutionnelle et c’est étrange. D’autre part, conquérir le pouvoir ça finit par mettre d’autres à la place des ceux que l’on a chassés. Et là, clairement, l’évolution de mentalité permettant d’avoir un population consciente de son rôle et voulant l’exercer n’est pas encore faite. Et donc, en cas de prise de pouvoir sanglante, on aurait les mêmes remplaçant les mêmes, les ENA remplaçants le ENA. En tous cas aujourd’hui. Enfin la réforme par la force amène un engrenage de coup d’États encore plus meurtriers.

    Beurk, alors il n’y a pas de solution. Et pourquoi ne parles tu pas du non-vote ?

    En fait la phase de prise de conscience populaire n’est pas encore finie, loin de là. Le non-vote fait partie de ce chemin vers les nouvelles mentalités. Seule une population éduquée et consciente pourra construire un nouveau régime. L’inverse ne marche pas.

    C’est pourquoi le non-vote est le marqueur essentiel de l’étape à franchir.

    Michel Costadau

  • Retour à la démocratie

    Retour à la démocratie

    Comme promis je vais faire des propositions pour le retour à la démocratie. Il y a deux aspects à considérer : les nouvelles institutions et la nouvelle classe politique. En fait, le second aspect pourrait n’être qu’une des conséquences du premier. En effet, avec les nouvelles institutions, les élus n’étant plus des privilégiés, seuls des altruistes dévoués auront envie d’exercer ces fonctions. Le renouvellement de la classe politique est donc garanti. Au moins dans un premier temps.

    Pour commencer je vais essayer d’énoncer les principes à prendre en compte pour construire les nouvelles institutions.

    -Toutes les opinions politiques doivent participer ensemble à la conduite du pays, la notion de majorité est donc bannie et remplacée par la proportionnalité,

    -Les élus ne sont pas de supercitoyens au dessus des lois mais des délégués chargés d’identifier les besoins et d’améliorer la situation de la population. Primes, immunités, avantages sont donc supprimés. Etre élu n’est pas un métier,

    -Les opinions politiques ne sont pas en nombre infini. Les idées correspondantes, par exemple : est-ce que la santé est un service public, sont portées par des collectifs, anciennement appelés partis. Les collectifs doivent donc être généralistes et en petit nombre, disons par exemple cinq. Les collectifs se caractérisent et se différencient par leurs programmes,

    -L’allongement de la durée d’exercice d’une fonction de représentation permet aux forces économiques, religieuses ou maffieuses d’établir des liens d’influence avec les élus. Les fonctions électives sont donc limitées à quelques années et non renouvelables,

    -Plus il y a d’étages dans les institutions, plus elles mettent de la distance entre électeurs et élus, le principe de deux étages doit être privilégié,

    -Moins il y a d’élus, plus ils sont loin de la population, un député pour 100 000 électeurs n’a pas de sens, les élus doivent donc être plus nombreux car il y a beaucoup de travail, ou alors il faut réduire la taille du pays,

    -Pour les fonctions exécutives, les responsabilités sont portées par plusieurs personnes. Le principe d’un président ou d’un ministre disparaissent. Ce ne sont pas les individus qui ont des programmes, ce sont les collectifs. La collégialité est de rigueur, comme c’est déjà le cas pour la Justice.

    Sur ces bases, pour essayer de construire des institutions, je m’inspire de deux sources. La première est l’associations 1901 et la seconde la société par actions.

    Les associations sont en général des modèles de démocratie avec un CA et/ou un bureau responsable devant une AG souveraine. L’AG c’est la population, c’est-à-dire l’ensemble des électeurs. Dans un premier temps, nous avons à construire l’assemblée des représentants, les députés si vous voulez. Maintenant comment élire les députés. Cette élection se fait, non pas sur des individus ni sur des listes, mais uniquement sur les collectifs nationaux. Il n’y a aucune candidature individuelle mais seulement des délégués d’un collectif. Les collectifs ont donc des candidats locaux : dix par département par exemple. L’élection se fait à la stricte proportionnalité recueillie par les candidats des collectifs. C’est la seule manière pour  que chaque vote compte et donc que les gens votent. Maintenant nous avons une assemblée nationale composée de députés de chaque collectif. L’assemblée représente donc, en plus petit, la population. Cette assemblée est l’institution la plus importante du pays, c’est elle qui dirige et rend directement compte à la population.

    Maintenant il nous faut faire un gouvernement de l’assemblée et donc de la population.

    Ce gouvernement a pour but de faire fonctionner l’Etat et de mettre en œuvre les décisions du parlement. C’est l’exécutif. Alors comment désigner l’exécutif. Là nous allons changer de modèle et pendre celui des sociétés par actions. Certes ces sociétés sont aux antipodes de la démocratie, mais elles savent tenir compte du poids des actionnaires. En l’occurrence les actionnaires c’est notre assemblée nationale nouvellement élue. Les membres du gouvernement sont uniquement pris dans les élus de cette assemblée. Ensuite ils sont très peu nombreux, c’est-à-dire exactement un ou deux par collectif. Chaque collectif a le même nombre de membres au gouvernement, qui prend toutes les décisions nécessaires, sous le regard de l’assemblée et de la population.

    Voila donc mes premières propositions.

    Michel Costadau

  • La stratégie du non-vote

    La stratégie du non-vote

    Là c’est le non-vote que je veux expliquer. Et pour être simple, on peut pas faire plus simple : le jour de l’élection tu vas où tu veux mais pas au bureau de vote. Et alors ? Ben alors c’est après que ça commence. Car ce sont seulement les votants qui font les élus. Si pas de votants pas d’élus.

    Cela dit je me doute qu’il y aura toujours quelques votants.

    Je dois préciser, ou le rappeler, que le non-vote ne concerne que les élections nationales. Il n’y aucun problème à voter dans les élections locales puisque les élus en question n’ont strictement aucun pouvoir ni législatif, ni judiciaire. Par exemple, dans chaque département il y a un préfet et un conseil départemental. Devinez qui a le pouvoir.

    Bon d’accord mais, au fait, pourquoi ne faut-il plus voter ? Pourquoi, parce que depuis plus de cinquante ans il s’est installé une classe politique au service de la finance qui a confisqué le pouvoir. Toutes les demandes de réformes et de changements sont balayées sous les prétextes les plus fantaisistes. Environnement, sécurité, investisseurs, fibre nationale…..Ils ont une seule ligne de conduite : continuer comme ça entre eux.

    D’ailleurs une belle illustration de leur soumission à la finance nous est donnée en ce moment par le Royaume-Uni avec la confusion totale entretenue sur le Brexit.  Et pourtant la situation est sans équivoque : la population a demandé la sortie du marché commun et une indépendance accrue et le business ne veut pas de sortie. Alors que font les politiques : ils louvoient, ils zigzaguent, ils réfléchissent. En gros ils cherchent à satisfaire le business au détriment de la population. Et c’est pas beau.

    De même en France, prétexter l’environnement pour mettre des taxes sur le gas-oil alors que ce sont les pétroliers qui ont demandés un rééquilibrage au profit de l’essence parce qu’ils ne savent plus quoi en faire, vous croyez que c’est être au service de la population ça.

    C’est pourquoi il faut réveiller les politiques, leur mettre le nez dans leur trahison.

    L’objectif est de créer un choc en montrant que les non-votants sont plus nombreux que les votants, ce qui veut dire que le corps électoral rejette tous les candidats qui du coup n’ont plus la moindre légitimité. Cette secousse de la classe politique permet d’inverser la polarité de la vie publique, à savoir que c’est la population qui a le pouvoir et non le pouvoir qui a la population.

    Dans un premier temps, la victoire du non-vote n’empêchera pas qu’il y ait des élus, mais la seule mission qu’ils auront sera de faire les changements indispensables pour le retour à la démocratie. Et dans le prochain billet je ferai des propositions sur le retour à la démocratie.

    Les gueux ont créé le choc pour les routes, le non-vote veut créer le choc pour les politiques.

    Car, spontanément, les politiques ne feront rien pour nous rendre le pouvoir.

    Par exemple pour le vote blanc, je ne l’ai pas dit dans le dernier billet, mais le vote blanc pour être pris en compte dans les exprimés eh bien c’est aux politiques de faire cette modification des règles. C’est comme si on leur demandait de se suicider. J’ai comme l’impression qu’ils ne vont pas le faire. En fait j’en suis sûr car sinon ils l’auraient déjà fait, Cqfd

    Vous allez me dire : mais il faut bien des élus.

    Oui d’accord mais sûrement pas ceux que nous avons, parce qu’ils ne nous représentent pas mais sont seulement des gérants du système financier. Moi je ne veux plus de gérants je veux des représentants, des délégués, des défenseurs.

    Et je ne fais aucune confiance à la classe politique actuelle pour prendre cette orientation. Ce n’est pas dans leurs gènes.

    Michel Costadau

  • Fondamentaux

    Fondamentaux

    Retour aux fondamentaux, c’est-à-dire le vote. Normalement, personne ne devrait voter aux prochaines élections. Ceux qui ont voté Philippe Macron parce qu’ils se sont fait complètement avoir, ceux qui ont voté pour d’autres candidats parce que ça n’a servi strictement à rien et ceux qui n’ont pas voté du tout n’ont aucune raison de commencer à le faire. Car Philippe Macron continue sa marche vers la droite de Le Pen et l’opposition n’a ni droits ni statuts au parlement. En pratique, il ne resterait que quelques souliers pointus accros aux inégalités et quelques chenus accros aux élections. Bien sûr mon propos est un peu optimiste, mais je note, quand même, que le vote blanc reprend du poil de la bête. Et c’est une bonne nouvelle. Je veux dire on est sur la bonne voie.

    Le vote blanc c’est une manière de voter sans voter. C’est un début de non-vote qui ne demande qu’à mûrir. Cependant, même en supposant qu’il soit pris en compte dans les suffrages exprimés, sa seule vertu serait de faire baisser le pourcentage de voix obtenu par les divers candidats. Ce n’est pas neutre, certes, mais aujourd’hui beaucoup de gens ont déjà pris conscience de l’escroquerie majoritaire. Alors, que les uns et les autres soient élus avec un faux 50 % ou un vrai 15 % ça ne changera pas grand-chose. Parce qu’ils seront quand même élus. Clairement, pour la présidentielle, ça pourrait faire mauvais effet.

    Et puis d’un seul coup je me dis qu’il y en a sûrement qui ont encore l’impression que la classe politique pourrait se mettre à tenir compte des électeurs. Qu’elle pourrait se réformer elle-même, ce qui est un peu contradictoire. Mais au moins qu’elle pourrait demander l’avis des gens. De plus je suis sûr qu’il y en a même qui pensent qu’il pourrait y avoir non seulement des candidats meilleurs que les autres, mais « the candidat », celui qui résoudrait tous les problèmes.

    Halte-là, ça fait combien de temps qu’on nous la joue cette horrible musique du sauveur. Vous n’avez pas déjà assez donné, il vous en faut encore plus ? Je vous l’ai déjà dit et répété, la classe politique n’a besoin des électeurs que pour être élue, ensuite sa seule occupation consiste à gérer les crises que génère l’absence de démocratie. Et ça les amuse. En ce moment, ils s’amusent avec les GJ, ils leur tapent dessus expérimentant de nouvelles stratégies antimanifestation et de nouvelles armes. Ça leur permet de parader, de faire des discours, de rencontrer des gens, de se montrer à la télé et surtout de glisser dans des tas de projets de lois les réformettes qui leur tiennent à cœur, sur la justice, sur le commerce, sur les banques, sur le pétrole. Il n’y a pas de meilleure couverture que les GJ pour abriter leurs affaires. Oui ils s’amusent.

    Et nous, on ronge notre frein car les médias sont obligés de parler de l’isolement du pouvoir, d’une France à deux vitesses, de la roue libre des décisions gouvernementales. Et ces mêmes médias voudraient nous faire croire que les gouvernants pourrait relier le fil avec la population, comme s’il y avait toujours eu une fibre sentimentale entre le pouvoir et le peuple. Alors que les gens ont toujours enduré stoïquement le pouvoir, l’écrasement du pouvoir, ce pouvoir qui leur a fait faire deux guerres mondiales, des tas de guerres de décolonisation, qui écrase l’Afrique, qui pactise avec Israël, qui vend des armes, des centrales, du maïs trafiqué et du CO² comme des chaussettes.

    Mais personne ne parle des élections ni à venir, ni passées. Le système se reconduit lui-même sans la moindre adhésion populaire, tout simplement parce que les gens votent.

    Michel Costadau

  • Ennui

    Ennui

    Depuis les millions d’années de l’homme, un comportement a toujours été présent et s’est répandu de plus en plus : l’ennui. Oui c’est probablement le sentiment le plus ancien et le plus partagé de l’humanité. La question est donc : savez-vous vous ennuyer ? ou plutôt : apprenez à vous ennuyer car c’est ce qui nous attend.

    Ceux qui pensent que c’est là un débat futile font la preuve qu’ils n’ont pas encore très bien compris ce qu’ils faisaient sur terre, car l’ennui non maîtrisé conduit à la déprime, à la dépression. C’est même le syndrome caractéristique des pays dits riches.

    L’ennui ne consiste pas à ne rien faire, non l’ennui c’est le sentiment de ne rien avoir à faire. Comme une espèce d’inutilité. Et c’est justement ce ressenti que chaque personne doit surveiller. Parce que le contraire qui est de toujours trouver quelque chose à faire est une addiction du genre activisme, fuite en avant, négation de son existence, de son soi si vous préférez.

    Pour commencer à répondre à la question, je vais vous présenter l’ennui souverain, je veux dire le plus noble, le mieux fait, le plus abouti. Oh c’est simple il s’agit de s’assoir sur une chaise devant la fenêtre et de regarder dehors. Je veux dire à la campagne, en hiver, quand il pleut vers 3 h de l’après-midi. Bien sûr dehors il ne se passe rien. Enfin apparemment, parce qu’en fait il se passe plein de choses. D’abord, extérieurement, la nature n’est jamais tout à fait déserte ni immobile. Oiseaux, branches qui bougent, écureuil, finissent par se faire voir. Ensuite et surtout intérieurement, dans la tête les idées se mettent en route et une certaine réflexion se déroule sur les sujets les plus inattendus. D’ailleurs le tournis des idées peut même se traduire par des mouvements sur la figure, sourire, hochement, clignement, preuve de ce remue-méninge.

    Cependant, cette forme de maîtrise de l’ennui est assez difficile à pratiquer, car l’on se trouve toujours de bonnes raisons pour faire quelque chose. Et en plus c’est souvent vrai, car réellement le nombre de choses à faire est énorme, mais il convient de ne pas se faire déborder par cette avalanche souvent fallacieuse, voire inventée.

    A titre d’exemple, une autre manière de gérer l’ennui c’est le cinéma, la distraction si vous préférez. Aller au cinéma c’est une manière de conjurer l’ennui et même parfois collectivement, ce qui semble donner un label à cette opération. De même les heures devant la télé participent largement de la conjuration de l’ennui.

    Car l’ennui fait peur. La raison profonde de la phobie de l’ennui, c’est-à-dire de l’activisme actuel c’est la peur de se retrouver seul avec soi-même, devant soi, tout seul. Certes se retrouver devant une assiette vide alors que ses enfants ont faim n’incite pas à se donner une bonne image de soi, mais impose plutôt de trouver des solutions. C’est pour dire que l’ennui est une affaire de nantis aux estomacs pleins, ce qui est pas mal le cas dans notre pays.

    Nous, c’est plutôt le vide de nos existences que nous trouvons dans notre assiette. Certains se tournent alors vers le verre. En le remplissant il nous semble avoir un peu moins peur. Et c’est vrai. En fait l’ennui est bien un des acteurs majeurs de nos existences et il faut savoir le gérer. Si vous êtes dans la mouise essayez, bien sûr, de vous en sortir mais si vous n’y êtes pas, n’ayez pas peur de ne rien faire : c’est excellent pour l’esprit et vous ferez moins de dégâts.

    Michel Costadau

  • Les Gueux

    Les Gueux

    Billet un peu décousu comme ce début d’année.

    Les positions sont claires, c’est gouvernement contre Gueux Joyeux. Les gueux sont maintenant inscrits et même ancrés dans le paysage peut-être pour longtemps. Ils ont été un révélateur inattendu des dysfonctionnements de nos médias : blocage d’info sur les motivations et la composition sociale du mouvement, mise en avant des dommages pour les commerçants et de l’effet sur le PIB au lieu de la prise en compte du mécontentement, mise en scène des casseurs et grande ignorance du soutien massif de la population.

    Les gueux ce n’est pas un mouvement, c’est une révolte. Ils parlent de revendications mais ce qui les intéresse vraiment c’est le pouvoir. Pas prendre le pouvoir, mais le faire tomber.

    Alors ils commencent à avoir un discours. Et en fait de discours, je suis frappé par son formatage :

    -rage au ventre, fierté partagée, respecter notre diversité, pas se diviser par rapport à l’adversité,

    -système écrasant, système actuel, système huilé, riches, grandes sociétés,

    -notre parole, écouter notre parole, ne pas détruire le lien entre les gens,

    -revendications populaires, égalitaires, sociales, écologiques.

    Je me demande si ça ne ressemble pas à du Fidel Castro. C’est un discours antipolitique, antipoliticiens, antipartis, empathique et consensuel.

    C’est un discours complètement antisystème.

    C’est même tellement ciselé, sans rien qui dépasse, que je me pose des questions. Oh pas sur l’existence d’un complot s’il vous plaît, qu’il soit politique ou religieux, non plutôt sur la survenance enfin d’un état d’esprit antisystème. C’est bien sûr ce à quoi je m’emploie depuis longtemps, mais je reste confidentiel et je n’y suis pratiquement pour rien.

    Or vous savez comme moi qu’en France il n’y a pas de parti ou d’organisation politique antisystème. Nous avons même depuis un an un parti entièrement fabriqué par le système. Des mouvements antisystème y en a dans presque tous les pays européens, mais pas chez nous. Nous n’avons que des partis politiques classiques basés sur des idéologies et c’est pour ça qu’on parle de droite et de gauche, le centre n’étant qu’une vaste poubelle. Bref, d’où vient le souffle qui anime cette soudaine effervescence qui occupe la rue.

    En fait je ne crois pas à une espèce de science infuse du peuple qui trouverait les mots appropriés partout et en même temps. Donc je me pose des questions.

    Dans l’esprit de tout le monde, ce sont les GJ qui mènent la danse. Oui ils ont déjà beaucoup obtenu, oui ils ne sont pas récupérés par les politiques, oui c’est une révolte populaire soutenue par l’opinion. Et d’ailleurs tout le monde se demande : vont-ils continuer ?

    Bon d’accord mais ont-ils vraiment la main, c’est-à-dire, est ce que le rapport de force avec le gouvernement est en leur faveur ?

    Réponse : euh non, ni la main, ni la force.

    Ah bon, mais quelle est la situation alors ? Ben la situation est que le gouvernement n’a strictement rien changé de sa politique de financiarisation de la société. Quelques taxes reportées, des primes et de maigres augmentations pour maintenir le PIB. Rien sur la fortune, rien sur les services publics, rien sur l’environnement, la totale allégeance aux force de l’ordre. La routine quoi.

    Pour moi, la seule question est : est-ce que cette révolte va pouvoir engendrer une organisation antisystème qui s’installe dans le paysage politique ? Je n’y crois pas, mais on peut se tromper.

    Michel Costadau