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  • Immigration

    Immigration

    LE BEOTIEN ET LE PHILOSOPHE

    -Euh,  j’ai une question,

    -Allez-y, voyons voir ça,

    -C’est quoi le problème de l’immigration ?

    -Aïe, aïe, aïe sujet chaud et polémique dites donc,

    -Oui presque tous les politiques sont contre l’immigration, ça veut dire quoi ?

    -Ca ne veut rien dire, c’est uniquement une posture électorale, peu courageuse comme d’habitude,

    -Ah bon, mais alors quel est le problème ?

    -Le problème c’est qu’il n’y a rien de plus normal que l’immigration. L’homme a peuplé la terre en se déplaçant continuellement. Toute l’Amérique est un continent d’immigration récente. Seulement maintenant on butte partout sur des frontières et des territoires déjà occupés,

    -Oui mais moi je n’ai pas du tout envie de bouger,

    -Ca peut s’expliquer parce que vous êtes déjà dans un pays riche,

    -Alors l’immigration c’est des pays pauvres vers les pays riches ?

    -Oh non, pas seulement, il y aussi les réfugiés économiques, les victimes de conflits, les réfugiés politiques,

    -Vous voulez dire ceux qui sont pourchassés dans leur pays ?

    -Hélas non, l’accueil de réfugiés politiques est récent et à géométrie variable. Par exemple, de Gaulle n’a pas été un réfugié politique et on ne lui a pas demandé d’apprendre l’anglais pour avoir une carte de séjour. Si aujourd’hui quelqu’un veut fuir l’Ukraine, on ne lui donnera pas le statut. Le réfugié politique est surtout la bonne conscience de l’occident. Mais il y a aussi beaucoup  de migrants qui fuient des conflits meurtriers,

    -Vous voulez dire quand il y a la guerre chez eux ?

    -Oui et souvent nous ne sommes pas étranger à ces guerres,

    -C’est vrai que l’armée française est peu en France, mais plutôt chez les autres,

    -Eh oui, pour nous, en ce moment, c’est Afrique et Moyen-Orient, mais ça a été Sud-est asiatique et Orient en son temps. Bien sûr l’immigration actuelle est surtout économique,

    -Ah bon mais quand même, est-ce qu’il n’y a pas trop d’immigration ?

    -Eh non, il n’y a aucune limite à l’immigration. C’est le principe des vases communicants, ça se remplit jusqu’à ce que ce soit à l’équilibre. La chine connait une énorme immigration interne sous l’effet de l’augmentation des salaires dans les villes industrielles. A l’inverse, nous connaissons une immigration moins importante que Berlin ou Londres, parce que nous avons beaucoup moins de travail à offrir,

    -Ah c’est ça l’immigration économique ?

    -Eh oui, c’est l’accord parfait : les entreprises cherchent des bas salaires et les immigrés à gagner un peu d’argent,

    -Alors s’il n’y avait pas l’immigration, les salaires augmenteraient ?

    -Eh non s’il n’y avait pas l’immigration les entreprises délocaliseraient encore plus. La soif des actionnaires est ahurissante,

    -Mais alors pourquoi les politiques paraissent ils combattre l’immigration ?

    -Parce que c’est un excellent bouc émissaire qui permet de cacher leur incurie. En fait il n’y a aucun rapport entre l’immigration et le chômage par exemple, ni entre l’immigration et la sécurité. Par contre, il y a un rapport étroit entre chômage et sécurité, ou entre éducation et sécurité, mais c’est plus facile d’accuser les immigrés que les riches, surtout quand on trouve le biais de la religion,

    -Alors il faut accueillir les immigrés quels qu’ils soient ?

    -Exactement, il n’y a pas de pire piège que de  fermer ses frontières pour protéger ses acquis, alors nous serons assiégés comme au Moyen Age,

    -Donc, tous les discours sur le nationalisme c’est du vent ?

    -Ce n’est pas aussi simple et je vous propose d’en parler une autre fois,

    -D’accord, merci et à la prochaine.

    Michel Costadau

  • Laïcité

    Laïcité

    LE BEOTIEN ET LE PHILOSOPHE

    -Dis donc là une fois c’est quoi la laïcité ?

    -Ah ! vous me posez la question parce qu’en ce moment elle est mise à toute les sauces. C’est ca ?

    -Ben oui le coup du maillot de bain m’a un peu surpris.

    -Restons calme, contrairement à ce que tout le monde pense, la laïcité n’est pas une valeur, comme la tolérance ou la solidarité, mais une politique,

    -Ah ! bon mais la laïcité c’est aussi un comportement.

    -Et non, pas du tout, à l’origine le laïc désigne quelqu’un qui n’est pas un religieux, c’est un statut social, aujourd’hui pratiquement tout le monde est laïc,

    -Vous voulez dire qu’on ne peut pas pratiquer la laïcité ?

    -Tout à fait, il s’agit uniquement d’une démarche de la société pour séparer le domaine religieux du domaine public,

    -Donc, quelqu’un qui dit qu’il est laïc pour dire qu’il n’a pas de religion, ça ne veut rien dire,.

    -Exactement, le mot correct c’est athée, il n’y a que l’Etat qui peut être laïc, ou pas d’ailleurs. C’est pour ça que l’Alsace est en retard sur le sujet car, en 1905, lorsqu’a été votée la loi de séparation religion/société, elle était allemande. Mais il y a encore beaucoup de boulot. La laïcité est un combat permanent, car la sphère religieuse cherche toujours à pénétrer la sphère publique,

    -Oulla comment est-ce possible ?

    -C’est tout simplement une question d’intérêts une fois de plus. Les Eglises sont des institutions très puissantes et très riches. Elles font appel aux croyances et aux rites de la population et utilisent l’ignorance des gens. Par le passé, et même encore maintenant dans beaucoup de pays, elles cherchent à imposer un modèle de société basé sur les pratiques religieuses,

    -Mais, en France, les pratiques religieuses ne sont pas interdites ?

    -Ah non, toutes les pratiques religieuses sont autorisées et peuvent même être effectuées sur le domaine public. Ce qui est illégal c’est que la doctrine religieuse devienne force de loi,

    -Euh ça veut dire quoi ?

    -C’est simple, c’est l’Etat qui fait les lois, pas les Eglises, que ce soit pour le mariage, le divorce ou le concubinage. D’ailleurs les Eglises sont maintenant à la traîne, que ce soit pour le PACS, l’adoption  ou la contraception.

    -Mais quand même, ceux qui ont une religion peuvent avoir leurs propres lois.

    -Absolument pas, il n’y a que les lois de la république, tout le reste est du domaine de la croyance.

    -Mais s’il y en a qui veulent pratiquer une religion, c’est possible,

    -Bien sûr, si quelqu’un veut pratiquer une religion et l’enseigner à ses enfants, il n’y a pas de problème, mais s’il veut que cet enseignement soit dispensé par les services publics ça ne sera pas possible,

    -Ah ! d’accord. La religion c’est uniquement du domaine personnel comme la vie privée.

    -C’est ça. Hélas en pratique on est toujours border line, parce que les politiques ont peur du poids électoral des religions, alors ils jouent sur les mots et ils utilisent eux aussi l’ignorance des gens.

    -Et le maillot de bain alors ?

    -Sur le domaine public, les gens peuvent s’habiller comme ils le veulent, il n’y a aucune atteinte à l’ordre public, ni à la morale d’ailleurs,

    -Alors c’est un faux procès.

    -Eh oui, les politiques font beaucoup d’erreurs en ce moment.

    -Vous pouvez préciser ?

    -Je vous propose d’en parler une autre fois.

    -D’accord, merci et à la prochaine.

     

    Michel Costadau

  • Démocratie

    Démocratie

    LE BEOTIEN ET LE PHILOSOPHE

    -Mais au fait c’est quoi la démocratie ?

    -Hum ça veut dire que c’est le peuple qui gouverne, par opposition à aristocratie ou théocratie.

    -Ah bon mais alors comment le peuple gouverne-t-il ?

    -Hum hum, il y a des élections et le peuple désigne ses délégués, ses représentants dans des assemblées chargées de faire les lois et de les appliquer.

    -Ok, donc les représentants du peuple ont des mandats, des consignes et des directives sur les lois qu’ils doivent élaborer.

    -Euh en fait non, les délégués ont des opinions, assez floues à vrai dire, mais surtout ils appartiennent à un parti qui, à défaut de programme, a une image.

    -D’accord et donc les partis sont très proches des citoyens.

    -Non, non, les partis sont, seulement, au service de quelques chefs de file. En fait, les élus ne tiennent pas compte des lignes de leur parti et sont assez peu présents dans les assemblées, principalement parce qu’il ne s’y passe pas grand-chose, puisque tout est discuté en petites commissions.

    -Ah bon, mais alors ces commissions sont en contact direct avec le peuple.

    -En fait, non pas du tout, ces commissions font seulement ce que demande le gouvernement mais n’ont aucun contact avec le peuple.

    -Et donc le gouvernement, lui, quand même, est en contact avec le peuple.

    -Non une fois de plus, pas du tout, le gouvernement est censé être responsable devant les assemblées, mais par le jeu des partis et des majorités, il fait voter uniquement ce qui lui convient.

    -Oula Oula mais le gouvernement prend bien les avis et les opinions du peuple quand même,.

    – Hélas pas du tout, le gouvernement prend seulement l’avis des grands décideurs qui sont les banques, les entreprises et les possédants.

    – Attendez, là je ne m’y retrouve pas, on dirait que ce que vous appelez la démocratie n’est en fait pas du tout le gouvernement du peuple.

    -Euh oui, c’est exact, ce que nous appelons la démocratie c’est le gouvernement des entreprises et des financiers.

    -Mais alors comment le peuple réagit à ça, en particulier quand quelque chose ne lui plaît pas ?

    -Hum le peuple fait des manifestations qui ne gênent que lui-même et qui ne servent à rien. Comme c’est un comportement assez masochiste, en fait plus personne ne manifeste à part les militants de quelques partis moyen-âgeux et certains bourgeois très jeunes. Depuis longtemps, le peuple a baissé les bras et accepté de ne pas faire les lois.

    -Mais il y a les élections quand même.

    -Bien sûr les élections sont très médiatisées et paraissent libres, mais pour être élu il faut appartenir à un parti et être soutenu par les médias. Seulement, les partis ne sont pas au service du peuple mais du gouvernement qui je vous l’ai dit est au service des riches.

    -Mais alors à quoi servent les élections ?

    -A rien, elles sont maintenues parce que c’est ça qui permet de faire croire qu’il y a démocratie.

    -Mais, dites-moi, dans ces conditions le peuple se fait avoir en votant. Il ferait mieux de ne pas voter.

    -Oui tout à fait, cette prise de conscience est assez récente, mais elle se développe.

    -Oups alors comment revenir à la démocratie ?

    -Je vous propose d’en parler une autre fois.

    -D’accord, merci et à la prochaine.

     

    Michel Costadau

  • Asservissement des femmes

    Asservissement des femmes

    Mais quelle vilaine mouche a piqué Valls pour parler d’asservissement des femmes à propos de ces maillots de bains 1930. Je comprends bien qu’il ne pouvait pas parler de laïcité comme l’ont fait tout un tas de demeurés avant lui, parce que personne ne voit très clairement le rapport entre un maillot de bain et la laïcité, mais de là à parler d’asservissement c’est encore plus difficile à comprendre.

    Alors je suppose qu’il veut parler du corps des femmes. Ce corps des femmes serait alors transformé en objet et serait soumis à la volonté des hommes, des mâles je veux dire.

    Parce que pour ce qui est de la place des femmes dans la société actuelle, on peut dire que c’est extrêmement respectueux et sans aucun asservissement. On ne voit jamais de femmes peu habillées comme publicité et encore moins de femmes nues même au cinéma. Les concours de miss beautés n’ont strictement aucun succès. Les films pornographiques n’existent pas, heureusement. Il ne circule aucune blague sur les blondes et les brunes. Aucune femme n’est l’objet de viol, de violence ou de mépris. Toutes les femmes ont le même salaire que les hommes et quand une femme occupe un poste important, tout le monde considère que c’est plutôt une chance. Les assemblées institutionnelles sont composées d’un nombre égal de femmes et d’hommes, voire même supérieur. Incontestablement, notre société est franchement bâtie sur une haute considération des femmes.

    Alors, je suppose encore, que pour Valls il est important de défendre notre modèle de haute considération pour les femmes, de façon à montrer au monde que si chez d’autres les femmes sont méprisées, chez nous au contraire elles sont très prisées. Extrêmement prisées. A tel point que l’emblème de notre République est une femme, ce qui veut bien dire que toutes les femmes sont respectées, honorées, encensées, choyées et  même plus encore.

    Cependant, en théorie, Valls, même s’il a peu de moyens intellectuels, est responsable des écarts, des dysfonctionnements, des poches de ségrégation qui pourraient subsister dans notre société, en particulier à l’égard des femmes. Je dis bien subsister car après 200 ans de démocratie, notre société est maintenant presque parfaite. 200 ans de démocratie nous ont permis d’accéder à la société achevée, en tous cas en termes de place de la femme. 200 ans ça peut paraitre long, mais incontestablement c’est le temps nécessaire pour que les femmes obtiennent la place qui leur revient.

    C’est-à-dire la première, je veux dire celle de la première page des magazines, celle qui permet qu’on leur interdise l’accès aux plages, c’est-à-dire au domaine public et demain Valls ne voudra même plus les voir du tout ou alors voilées avec la robe bleue de la vierge marie ou la mantille des veuves andalouses. Valls tais-toi, tu nous fais honte.

    Michel Costadau

  • Résistance

    Résistance

    Y a-t-il une meilleure manière de donner du crédit aux terroristes que d’annuler des manifestations festives ? Eh bien non.

    Non, parce que c’est exactement leur but. Nous empêcher de nous amuser, nous contraindre à la grisaille de la télé parce que dehors règne la loi des poseurs de bombes. De partout j’entends dire ils ont gagné, ils ont réussi leur coup.

    Que certains aient peur c’est naturel, mais les accidents de la vie sont là pour nous rappeler que le  risque zéro n’existe pas. Même le pdg de Total a eu un accident d’avion, complètement ridicule en plus.

    Alors je crois qu’il faut mettre les pieds dans le plat. De deux choses l’une, soit c’est la guerre et alors il y des victimes des deux côtés, soit c’est la paix et on n’entend aucun bruit de bombe, pas de fusillade ou de coups de couteau et personne ne tombe. Si c’est la paix, il n’y aucun danger et il n’est donc pas question d’empêcher quelque manifestation que ce soit, puisqu’on ne craint rien à part la concurrence entre événements ou des bouchons sur les routes.

    Cependant, il semble que ce ne soit pas le cas. Il y a des victimes mais d’un seul côté, du nôtre, c’est-à-dire de ceux qui n’y sont pour rien. Les poseurs de bombes meurent aussi mais c’est du suicide religieux car ils se font sauter avec leurs engins ou attendent qu’on leur tire dessus. Ce ne sont donc pas des victimes mais des kamikazes qui ont décidé de mourir en tuant le plus possible des nôtres. Des vengeurs en quelque sorte.

    Nous sommes donc dans un état de guerre unilatéral. Des terroristes nous font la guerre et nous, nous ne faisons pas la guerre mais du blabla politique. Plutôt que de prendre toutes les mesures aptes à empêcher les terroristes d’agir, on prive les gens de leurs fêtes, de leurs distractions, de leurs détentes. Et c’est le premier qui a commencé qui a fait la grosse erreur, car, du coup, tous ceux qui disent je n’annule pas, se retrouvent avec le syndrome du responsable dans le cas où il y aurait des troubles.

    Je ne dis pas que la population est prête à mourir, mais elle est vigilante,  elle est disposée à coopérer avec les mesures de protection et surtout elle attend qu’on se défende, pas que l’on annule des fêtes. Car elle sait qu’on ne peut pas protéger les gens malgré eux. Et donc elle ne demande qu’à être mobilisée, à résister à cette sale guerre.

    Au lieu de ça, on a des fanfaronnades patriotiques et d’imbéciles privations qui sont autant de coups portés au moral.

    Mais alors, avec ces discours, qu’est ce qui se développe, c’est la xénophobie c’est-à-dire une réaction de peur et de repli sur soi. C’est à l’extrême droite que profite cette démagogie d’interdictions et de privations. C’est à se demander si ce n’est pas une fois de plus la stratégie du repoussoir qui est en action.

    Parce que si l’on veut combattre le terrorisme, il faut mobiliser la population, se montrer déterminé dans la recherche des failles. On n’empêchera peut-être pas tous les attentats mais on fera changer de camp le moral. De voir la résistance des gens, de tous les gens et de se voir combattus, c’est les terroristes qui vont perdre le moral et peut-être la guerre. Mais nous, nous n’avons que des polichinelles, des marionnettes qui ont la trouille et qui ont fait dans leur pantalon. Et ça ne sent pas bon.

    Michel Costadau

  • Clinton will not be president

    Clinton will not be president

    Peut être croyez-vous ou même souhaitez-vous que Clinton soit élue. Je suppose aussi que vous n’aimez pas Trump. Qui pourrait l’aimer évidemment ! De plus, elle est au plus haut dans les sondages, cependant vous savez ce que je pense des sondages. Mais hélas entre un souhait et sa réalisation il y a un mauvais drôle qui s’appelle la réalité.

    Bon restons calme, on va échapper au choléra ouf, voir le billet du 26 juin 16, parce que ce n’est pas Clinton qui sera élue. Ca veut dire qu’on aura la peste pas ouf. Mais tout bien pesé, c’est nettement préférable. On explique.

    Je sais très bien que Trump est un milliardaire, enrichi dans l’immobilier, ce qui est tout sauf clean et qu’il véhicule ce que nous détestons : il est arrogant, puant et prétentieux. C’est clair. Cependant Clinton ne sera pas élue, essentiellement parce qu’elle n’est pas dans le coup. Ce qu’elle raconte, inspire et projette, ne concerne pas la vie des gens. Elle n’est que le pur produit de  l’establishment, des actionnaires et des banques. Un produit froid, stérile et toxique. Genre commission européenne.

    Son adversaire, présenté à juste titre comme un excentrique, un pitre, un amuseur, a surtout compris qu’on ne convainc pas les gens par des discours. Ca c’est bon pour les plaidoiries des tribunaux. Non aujourd’hui on convainc les gens avec des petites phrases, des boutades, des blagues, des erreurs. Pourquoi, parce que ça a tendance à montrer quelqu’un de réel, de vivant et non un technocrate, un pantin aux mains des lobbies. Et quelqu’un de vivant, c’est exactement ce que tout américain souhaiterait être. Et à vrai dire, c’est pareil chez nous.

    Alors Trump tape et retape sur Clinton, c’est carrément une posture. Et réciproquement, vous allez me dire. Ben justement non il n’y a pas de réciproque parce que taper sur un clown ne fait qu’augmenter le plaisir du public.

    Acthung,  je ne demande pas aux Américains de voter Trump. Mon propos n’est pas de choisir entre la peste et le choléra et clairement, vous le savez, la seule attitude correcte est de ne pas voter, de ne pas cautionner un système binaire qui a piraté la démocratie et qui nous prend pour des pions. Il s’agit seulement de comprendre que Clinton est une affairiste, une ambitieuse pour laquelle la population ne représente que des numéros qui ne servent qu’au moment de mettre un bulletin dans l’urne. Vous allez me dire qu’on dirait que je n’aime pas beaucoup Clinton.

    Oui, c’est vrai, mais quand même pourquoi Trump est-il préférable ? C’est simple, comme tout bon milliardaire, son propre intérêt est bien supérieur à celui de son pays. De voir tout l’argent que coûte l’impérialisme américain, il en est vert et voudra détourner ce flux vers ses propres affaires et du coup celles des Américains. Il a, aussi, un côté antitechnocrate dans le sens ou il déteste les gens dont le métier est de dépenser l’argent des autres. Et moi je me dis que ça c’est plutôt bon pour nous, je veux dire pour le reste du monde, qui en a un peu soupé de la pax americana.

    Michel Costadau

  • Dépendance

    Dépendance

    Vous savez bien que pour vendre des produits il faut  un marché. Le business l’a compris depuis longtemps et a même renversé la proposition en n’hésitant pas à créer ou à inventer des marchés afin de pouvoir vendre. Dans la plus part des cas, le choix est accompagné d’en haut car c’est en général l’Etat qui paye les premiers investissements et promeut les lois laxistes qui permettent aux industriels de se lancer sans risque. Par exemple, la téléphonie mobile, la pollution ou l’informatique sont encore fortement « soutenus » par l’Etat, de même que l’ont été en leurs temps la voiture, l’électroménager ou le bâtiment.

    Je veux vous parler d’un nouveau marché en cours de lancement comme celui de la voiture électrique, c’est la dépendance. En gros c’est le marché de l’aide aux personnes âgées. C’est effectivement un excellent marché, puisque le nombre de personnes en vie ne pouvant se débrouiller seules est en forte croissance. Cette expansion est cependant à double tranchant, car d’un côté ça fait vraiment désordre de trouver des personnes mortes chez elles sans que personne ne s’en soit aperçu, mais d’un autre coté le pouvoir d’achat du troisième âge est un peu trop faible pour que les industriels puissent se ruer sur ce marché et franchement s’enrichir.

    Alors l’Etat met la main à la poche pour une « aide à la dépendance » et c’est là que ça coince parce que l’effort est dérisoire, c’est-à-dire quelques centaines de millions d’euros, là où il en faudrait des milliards. En fait, pour que les personnes dépendantes puissent continuer à vivre non pas agréablement mais seulement dignement et dans un environnement familier, il faut beaucoup de moyens car rien n’a été prévu pour ça. Voilà encore une illustration de l’incurie des politiques. Face à une évolution de société, les politiques repoussent toujours sa prise en compte et la mise en place de solutions en finissant par créer un vrai problème, mais ce sont les générations futures qui auront à l’assumer. Ils l’ont fait avec les retraites, la sécu, le chômage, la sécurité routière, enfin presque tous les contours de la société. Et pourquoi font-ils cela, c’est parce que le bien vivre en société ou la dépendance ne sont absolument dans leurs préoccupations. En fait, ils n’ont qu’un seul sujet de préoccupation c’est leur réélection et celles de leurs réseaux. Et c’est vrai qu’il est difficile d’être courageux en politique bien que ce soit exactement ce que l’on attendrait d’eux.

    Ceux qui diraient on diminue par deux les dépenses militaires pour entourer les personnes âgées de services efficaces, prendraient le risque que les médias et les lobbies entonnent le refrain de la grandeur de la France, des intérêts de la France, du rayonnement de la France. Pauvre France, jouet de 60 millions de citoyens aux mains de poltrons, de bonimenteurs et de menteurs tout court. Ces gens-là ne méritent même pas un regard et pourtant il y en a encore beaucoup qui pensent voter. Trop.

    Michel Costadau

  • Guerre

    Guerre

    C’est maintenant assez courant de considérer que les évènements qui nous concernent ont une dimension planétaire. Ce n’est pas encore tout à fait vrai mais disons qu’on y est presque. Cependant, paradoxalement, il devient de plus en plus difficile de se faire une idée globale de ce qui se passe sur notre planète. Nous sommes submergés par les médias alors qu’il faudrait essayer d’y voir clair. Par exemple, sur le réchauffement climatique, sur le niveau de vie ou sur le terrorisme. Bien sûr, dans le registre de cette vision globale, il y a beaucoup d’autres regards que nous pouvons porter sur notre Terre, en particulier dans le domaine de notre écosystème, mais il y a une question dont on parle peu et qui me parait essentielle : est-ce que le monde vit plutôt en paix ou plutôt en guerre. Hélas, malgré les discours politiques lénifiants, dans presque tous les pays, nous vivons dans un monde très fortement marqué par les guerres.

    En plus, je trouve qu’il y a quelque chose de troublant dans cette affaire :  c’est la question des guerres de religion. Il est facile de constater que nous sommes, encore, à l’époque des guerres de religion. La guerre civile en Israël est une guerre religieuse, la dévastation du Moyen Orient est une guerre de religion. Les massacres en Afrique sont religieux. Les US sont infestés par les sectes et les Eglises. Je dis « encore » parce que, pendant mille ans, avec l’expansion des religions dites monothéistes, ça a été le motif dominant. Mais avec l’avènement de la raison et des sciences exactes, on aurait pu s’attendre à une perte totale d’intérêt pour ce type de conflit. Visiblement ça n’a pas été le cas et aujourd’hui aucune région du monde n’est épargnée par ce peu reluisant aspect. A qui la faute, question embêtante, parce que euh eh bien l’erreur c’est beaucoup nous. Je ne parle pas du passé, mais de maintenant. Nous somme complètement investis dans cet état de guerre et même en France nous ne sommes pas tranquilles avec ces guerres de religions. Beaucoup de gens pensent qu’en Europe nous avons gagné la bataille de la paix. C’est oublier que les bombes sautent encore à Belfast, que le siège de Sarajevo ne date que des années 90, que les purges en Turquie sont d’actualité et bien sûr qu’il y a des milliers de morts dans les réfugiés politiques ou humanitaires. Clairement, tous les continents sont le théâtre d’affrontements meurtriers et n’oublions pas que le commerce des armes se porte fort bien. Comment cela est-il possible ? Quel est le truc qui rend possible cette situation c’est à dire le virus par lequel nous sommes contaminés ? Sans conteste, il me semble que le biais c’est l’éducation. Je devrais plutôt dire l’absence d’éducation. La propagation des guerres de religions, exactement comme par le passé, repose sur une acculture générale de l’humanité. Cette acculture est le terreau sur lequel prospère le pouvoir des mages, des prophètes et…. des politiques. L’alliance du sabre et du goupillon est hélas encore bien active. Une fois de plus, les politiques nous mènent à la ruine.

    Michel Costadau

  • Hymne

    Hymne

    J’ai cru qu’on était enfin sorti d’une bien mauvaise période. Je veux parler de cette débauche de drapeaux et d’hymnes que nous avons subie pendant plusieurs mois. Bleu blanc rouge et Marseillaise, autant de manifestations que je ressens comme des agressions violentes.

    La Marseillaise me fait froid dans le dos, d’abord par ses paroles insupportables, mais aussi par toutes les idées qu’elle réveille, guerres, politiciens, commémorations, sport, anciens combattants, rien que du sordide et de l’appel au meurtre. Mes poils se hérissent rien qu’à son évocation et quand une foule se met à la chanter, ça me donne franchement la nausée.

    Quant au bleu blanc rouge, c’est pour moi un signal grinçant qu’envoie celui qui le porte ou le plante. Et ce signal c’est « je vous hais ». C’est identitaire, avec mépris de l’autre, et manifestation d’antisolidarité. Oui celui qui met au vent ce drapeau veut indiquer qu’il « em….bête » tout le monde, comme une revanche de malheureux. Car il sait que c’est une agression et que ça transforme sa façade en caserne ou en bâtiment public. Les Anglais ont le même comportement avec la royauté qui exhibe sous leurs yeux la turpitude des nantis, mais ça les réjouit car ils savent que c’est une atteinte permanente à la fraternité, et ça leur tient lieu de compensation d’une vie étriquée et maussade, maigre certes, mais compensation.

    Il y a aussi des phrases pour lesquelles il faudrait punir comme fauteurs de trouble ceux qui les utilisent, oh pas l’amateur de la brève de comptoir, non, mais le politique qui sait le mal qu’il fait. Des mots comme « l’amour de la patrie » ou « la fierté d’appartenir à la communauté nationale » ou « les valeurs de la nation » sont indignes, et répandent la peste quand ils sont énoncés. Non seulement la patrie n’existe pas, car notre pays n’est que le résultat de l’appropriation du domaine royal par une caste bourgeoise capitalistique pendant presque 200 ans, puis financière depuis plus de 50 ans, mais donner à penser qu’elle puisse susciter de l’amour relève de la pire propagande nazie. Hélas les politiques n’ont pas peur de ça au contraire, les enchères dans le patriotique xénophobe atteignent des sommets, mais l’actualité nous rappelle que l’on ne combat pas le terrorisme ni même la délinquance en prêchant la haine.

    Ca a commencé avec les attentats de fin d’année, puis le deuil national, puis les manifestations à répétition, puis la coupe de foot, et puis encore la fête nat. Et maintenant ils ont déguisé la tour Eiffel en drapeau. Il est facile de comprendre que tous ces événements sont de la même lignée, ressortissent du même esprit de triste résignation et de désinformation politique.

    Que l’on sorte le même drapeau et la même musique pour la guerre et pour le foot est un symbole qui ne devrait pas nous laisser tranquilles. C’est changer la population en une bande de grossiers ivrognes pusillanimes que de lui faire chanter La Marseillaise dans le stade ou dans la rue. Et à plus forte raison de s’en réjouir. L’identité nationale est une illusion derrière laquelle on cache l’inexistence individuelle des citoyens. Il ne peut y avoir de nation, c’est-à-dire de groupe que si chaque individu existe, a des idées, se bat et est solidaire des autres. Le seul rempart contre le terrorisme, c’est la solidarité. Seulement ça, la caste politique ne le permet pas.

    Michel Costadau

  • Sivens suite

    Sivens suite

    Je suis obligé de revenir sur Sivens parce que ceux que la justice vient de désavouer publiquement, en particulier le CG81, essaient de ne pas se sentir visés par ces jugements accablants.

    Par exemple, pour Carcenac, le jugement n’a pas été rendu sur le fond mais sur la dimension du barrage. C’est ridicule et honteux. Le fond pour lui c’est la hauteur de la digue et l’inondation de la vallée. Et ça la justice n’en a pas parlé. L’argument paraît recevable et pourtant il ressort de la plus évidente mauvaise foi. En effet, la justice ne se prononce que sur la conformité d’un projet avec la loi et jamais sur l’objet, le nombre de mètres cubes de la retenue dans notre cas.

    La justice ne peut évidemment pas se mêler de dire quels sont les besoins en eau des agriculteurs ou quelle est la longueur d’une autoroute.

    Dans le cas de Sivens, la justice a indiqué que la mise en œuvre du projet de barrage n’a pas respecté les lois françaises et européennes. On a déjà dit, en d’autres textes, que les porteurs du projet savaient pertinemment qu’ils ne respectaient pas la loi et essayaient de passer en force. Cette mauvaise foi explique leur attitude actuelle de déni de la justice. Bien sur le jugement aurait été le même s’ils avaient été de bonne foi. La justice est là pour ça.

    Mais cela est une belle illustration qu’actuellement les politiques se croient au dessus des lois. De plus, Sivens fait ressortir la collusion qu’il y a entre les collectivités territoriales et les Sociétés d’Economie Mixtes, les syndicats intercommunaux ou les EPCI. On découvre soudain que ce sont les mêmes personne qui siègent des deux côtés de la table : côté donneur d’ordre pour attribuer de l’argent et côté réalisation pour le dépenser. Cette situation ouvre la porte à toutes les magouilles possibles et imaginables que l’on pourrait décrire comme de la corruption passive. C’est comme si vous choisissiez un architecte pour construire votre maison et que vous découvriez qu’il est aussi le chef d’entreprise de la société qu’il a retenue pour la construction. Vous diriez, à juste titre, c’est pas du jeu. Eh bien les politiques font ça ouvertement depuis longtemps.

    La question devient alors : comment se protéger des politiques ? Hélas il n’y a pas de solution parce que beaucoup de gens croient encore que les politiques sont le symbole de la démocratie. Vous savez, dans les entreprises, pour éviter que les employés occupent de plus en plus de place, c’est-à-dire de m², on fait des déménagements tous les 6 mois. Comme ça tous les documents, objets, décorations diverses, accumulés par l’employé sont jetés, car effectivement inutiles. L’accumulation est une tendance humaine naturelle et c’est ce que font les politiques. Ca fait maintenant trop longtemps qu’ils ont dépassé, contourné, déformé l’esprit de la démocratie. Un déménagement s’impose.

    Michel Costadau