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  • Asservissement des femmes

    Asservissement des femmes

    Mais quelle vilaine mouche a piqué Valls pour parler d’asservissement des femmes à propos de ces maillots de bains 1930. Je comprends bien qu’il ne pouvait pas parler de laïcité comme l’ont fait tout un tas de demeurés avant lui, parce que personne ne voit très clairement le rapport entre un maillot de bain et la laïcité, mais de là à parler d’asservissement c’est encore plus difficile à comprendre.

    Alors je suppose qu’il veut parler du corps des femmes. Ce corps des femmes serait alors transformé en objet et serait soumis à la volonté des hommes, des mâles je veux dire.

    Parce que pour ce qui est de la place des femmes dans la société actuelle, on peut dire que c’est extrêmement respectueux et sans aucun asservissement. On ne voit jamais de femmes peu habillées comme publicité et encore moins de femmes nues même au cinéma. Les concours de miss beautés n’ont strictement aucun succès. Les films pornographiques n’existent pas, heureusement. Il ne circule aucune blague sur les blondes et les brunes. Aucune femme n’est l’objet de viol, de violence ou de mépris. Toutes les femmes ont le même salaire que les hommes et quand une femme occupe un poste important, tout le monde considère que c’est plutôt une chance. Les assemblées institutionnelles sont composées d’un nombre égal de femmes et d’hommes, voire même supérieur. Incontestablement, notre société est franchement bâtie sur une haute considération des femmes.

    Alors, je suppose encore, que pour Valls il est important de défendre notre modèle de haute considération pour les femmes, de façon à montrer au monde que si chez d’autres les femmes sont méprisées, chez nous au contraire elles sont très prisées. Extrêmement prisées. A tel point que l’emblème de notre République est une femme, ce qui veut bien dire que toutes les femmes sont respectées, honorées, encensées, choyées et  même plus encore.

    Cependant, en théorie, Valls, même s’il a peu de moyens intellectuels, est responsable des écarts, des dysfonctionnements, des poches de ségrégation qui pourraient subsister dans notre société, en particulier à l’égard des femmes. Je dis bien subsister car après 200 ans de démocratie, notre société est maintenant presque parfaite. 200 ans de démocratie nous ont permis d’accéder à la société achevée, en tous cas en termes de place de la femme. 200 ans ça peut paraitre long, mais incontestablement c’est le temps nécessaire pour que les femmes obtiennent la place qui leur revient.

    C’est-à-dire la première, je veux dire celle de la première page des magazines, celle qui permet qu’on leur interdise l’accès aux plages, c’est-à-dire au domaine public et demain Valls ne voudra même plus les voir du tout ou alors voilées avec la robe bleue de la vierge marie ou la mantille des veuves andalouses. Valls tais-toi, tu nous fais honte.

    Michel Costadau

  • Résistance

    Résistance

    Y a-t-il une meilleure manière de donner du crédit aux terroristes que d’annuler des manifestations festives ? Eh bien non.

    Non, parce que c’est exactement leur but. Nous empêcher de nous amuser, nous contraindre à la grisaille de la télé parce que dehors règne la loi des poseurs de bombes. De partout j’entends dire ils ont gagné, ils ont réussi leur coup.

    Que certains aient peur c’est naturel, mais les accidents de la vie sont là pour nous rappeler que le  risque zéro n’existe pas. Même le pdg de Total a eu un accident d’avion, complètement ridicule en plus.

    Alors je crois qu’il faut mettre les pieds dans le plat. De deux choses l’une, soit c’est la guerre et alors il y des victimes des deux côtés, soit c’est la paix et on n’entend aucun bruit de bombe, pas de fusillade ou de coups de couteau et personne ne tombe. Si c’est la paix, il n’y aucun danger et il n’est donc pas question d’empêcher quelque manifestation que ce soit, puisqu’on ne craint rien à part la concurrence entre événements ou des bouchons sur les routes.

    Cependant, il semble que ce ne soit pas le cas. Il y a des victimes mais d’un seul côté, du nôtre, c’est-à-dire de ceux qui n’y sont pour rien. Les poseurs de bombes meurent aussi mais c’est du suicide religieux car ils se font sauter avec leurs engins ou attendent qu’on leur tire dessus. Ce ne sont donc pas des victimes mais des kamikazes qui ont décidé de mourir en tuant le plus possible des nôtres. Des vengeurs en quelque sorte.

    Nous sommes donc dans un état de guerre unilatéral. Des terroristes nous font la guerre et nous, nous ne faisons pas la guerre mais du blabla politique. Plutôt que de prendre toutes les mesures aptes à empêcher les terroristes d’agir, on prive les gens de leurs fêtes, de leurs distractions, de leurs détentes. Et c’est le premier qui a commencé qui a fait la grosse erreur, car, du coup, tous ceux qui disent je n’annule pas, se retrouvent avec le syndrome du responsable dans le cas où il y aurait des troubles.

    Je ne dis pas que la population est prête à mourir, mais elle est vigilante,  elle est disposée à coopérer avec les mesures de protection et surtout elle attend qu’on se défende, pas que l’on annule des fêtes. Car elle sait qu’on ne peut pas protéger les gens malgré eux. Et donc elle ne demande qu’à être mobilisée, à résister à cette sale guerre.

    Au lieu de ça, on a des fanfaronnades patriotiques et d’imbéciles privations qui sont autant de coups portés au moral.

    Mais alors, avec ces discours, qu’est ce qui se développe, c’est la xénophobie c’est-à-dire une réaction de peur et de repli sur soi. C’est à l’extrême droite que profite cette démagogie d’interdictions et de privations. C’est à se demander si ce n’est pas une fois de plus la stratégie du repoussoir qui est en action.

    Parce que si l’on veut combattre le terrorisme, il faut mobiliser la population, se montrer déterminé dans la recherche des failles. On n’empêchera peut-être pas tous les attentats mais on fera changer de camp le moral. De voir la résistance des gens, de tous les gens et de se voir combattus, c’est les terroristes qui vont perdre le moral et peut-être la guerre. Mais nous, nous n’avons que des polichinelles, des marionnettes qui ont la trouille et qui ont fait dans leur pantalon. Et ça ne sent pas bon.

    Michel Costadau

  • Clinton will not be president

    Clinton will not be president

    Peut être croyez-vous ou même souhaitez-vous que Clinton soit élue. Je suppose aussi que vous n’aimez pas Trump. Qui pourrait l’aimer évidemment ! De plus, elle est au plus haut dans les sondages, cependant vous savez ce que je pense des sondages. Mais hélas entre un souhait et sa réalisation il y a un mauvais drôle qui s’appelle la réalité.

    Bon restons calme, on va échapper au choléra ouf, voir le billet du 26 juin 16, parce que ce n’est pas Clinton qui sera élue. Ca veut dire qu’on aura la peste pas ouf. Mais tout bien pesé, c’est nettement préférable. On explique.

    Je sais très bien que Trump est un milliardaire, enrichi dans l’immobilier, ce qui est tout sauf clean et qu’il véhicule ce que nous détestons : il est arrogant, puant et prétentieux. C’est clair. Cependant Clinton ne sera pas élue, essentiellement parce qu’elle n’est pas dans le coup. Ce qu’elle raconte, inspire et projette, ne concerne pas la vie des gens. Elle n’est que le pur produit de  l’establishment, des actionnaires et des banques. Un produit froid, stérile et toxique. Genre commission européenne.

    Son adversaire, présenté à juste titre comme un excentrique, un pitre, un amuseur, a surtout compris qu’on ne convainc pas les gens par des discours. Ca c’est bon pour les plaidoiries des tribunaux. Non aujourd’hui on convainc les gens avec des petites phrases, des boutades, des blagues, des erreurs. Pourquoi, parce que ça a tendance à montrer quelqu’un de réel, de vivant et non un technocrate, un pantin aux mains des lobbies. Et quelqu’un de vivant, c’est exactement ce que tout américain souhaiterait être. Et à vrai dire, c’est pareil chez nous.

    Alors Trump tape et retape sur Clinton, c’est carrément une posture. Et réciproquement, vous allez me dire. Ben justement non il n’y a pas de réciproque parce que taper sur un clown ne fait qu’augmenter le plaisir du public.

    Acthung,  je ne demande pas aux Américains de voter Trump. Mon propos n’est pas de choisir entre la peste et le choléra et clairement, vous le savez, la seule attitude correcte est de ne pas voter, de ne pas cautionner un système binaire qui a piraté la démocratie et qui nous prend pour des pions. Il s’agit seulement de comprendre que Clinton est une affairiste, une ambitieuse pour laquelle la population ne représente que des numéros qui ne servent qu’au moment de mettre un bulletin dans l’urne. Vous allez me dire qu’on dirait que je n’aime pas beaucoup Clinton.

    Oui, c’est vrai, mais quand même pourquoi Trump est-il préférable ? C’est simple, comme tout bon milliardaire, son propre intérêt est bien supérieur à celui de son pays. De voir tout l’argent que coûte l’impérialisme américain, il en est vert et voudra détourner ce flux vers ses propres affaires et du coup celles des Américains. Il a, aussi, un côté antitechnocrate dans le sens ou il déteste les gens dont le métier est de dépenser l’argent des autres. Et moi je me dis que ça c’est plutôt bon pour nous, je veux dire pour le reste du monde, qui en a un peu soupé de la pax americana.

    Michel Costadau

  • Dépendance

    Dépendance

    Vous savez bien que pour vendre des produits il faut  un marché. Le business l’a compris depuis longtemps et a même renversé la proposition en n’hésitant pas à créer ou à inventer des marchés afin de pouvoir vendre. Dans la plus part des cas, le choix est accompagné d’en haut car c’est en général l’Etat qui paye les premiers investissements et promeut les lois laxistes qui permettent aux industriels de se lancer sans risque. Par exemple, la téléphonie mobile, la pollution ou l’informatique sont encore fortement « soutenus » par l’Etat, de même que l’ont été en leurs temps la voiture, l’électroménager ou le bâtiment.

    Je veux vous parler d’un nouveau marché en cours de lancement comme celui de la voiture électrique, c’est la dépendance. En gros c’est le marché de l’aide aux personnes âgées. C’est effectivement un excellent marché, puisque le nombre de personnes en vie ne pouvant se débrouiller seules est en forte croissance. Cette expansion est cependant à double tranchant, car d’un côté ça fait vraiment désordre de trouver des personnes mortes chez elles sans que personne ne s’en soit aperçu, mais d’un autre coté le pouvoir d’achat du troisième âge est un peu trop faible pour que les industriels puissent se ruer sur ce marché et franchement s’enrichir.

    Alors l’Etat met la main à la poche pour une « aide à la dépendance » et c’est là que ça coince parce que l’effort est dérisoire, c’est-à-dire quelques centaines de millions d’euros, là où il en faudrait des milliards. En fait, pour que les personnes dépendantes puissent continuer à vivre non pas agréablement mais seulement dignement et dans un environnement familier, il faut beaucoup de moyens car rien n’a été prévu pour ça. Voilà encore une illustration de l’incurie des politiques. Face à une évolution de société, les politiques repoussent toujours sa prise en compte et la mise en place de solutions en finissant par créer un vrai problème, mais ce sont les générations futures qui auront à l’assumer. Ils l’ont fait avec les retraites, la sécu, le chômage, la sécurité routière, enfin presque tous les contours de la société. Et pourquoi font-ils cela, c’est parce que le bien vivre en société ou la dépendance ne sont absolument dans leurs préoccupations. En fait, ils n’ont qu’un seul sujet de préoccupation c’est leur réélection et celles de leurs réseaux. Et c’est vrai qu’il est difficile d’être courageux en politique bien que ce soit exactement ce que l’on attendrait d’eux.

    Ceux qui diraient on diminue par deux les dépenses militaires pour entourer les personnes âgées de services efficaces, prendraient le risque que les médias et les lobbies entonnent le refrain de la grandeur de la France, des intérêts de la France, du rayonnement de la France. Pauvre France, jouet de 60 millions de citoyens aux mains de poltrons, de bonimenteurs et de menteurs tout court. Ces gens-là ne méritent même pas un regard et pourtant il y en a encore beaucoup qui pensent voter. Trop.

    Michel Costadau

  • Guerre

    Guerre

    C’est maintenant assez courant de considérer que les évènements qui nous concernent ont une dimension planétaire. Ce n’est pas encore tout à fait vrai mais disons qu’on y est presque. Cependant, paradoxalement, il devient de plus en plus difficile de se faire une idée globale de ce qui se passe sur notre planète. Nous sommes submergés par les médias alors qu’il faudrait essayer d’y voir clair. Par exemple, sur le réchauffement climatique, sur le niveau de vie ou sur le terrorisme. Bien sûr, dans le registre de cette vision globale, il y a beaucoup d’autres regards que nous pouvons porter sur notre Terre, en particulier dans le domaine de notre écosystème, mais il y a une question dont on parle peu et qui me parait essentielle : est-ce que le monde vit plutôt en paix ou plutôt en guerre. Hélas, malgré les discours politiques lénifiants, dans presque tous les pays, nous vivons dans un monde très fortement marqué par les guerres.

    En plus, je trouve qu’il y a quelque chose de troublant dans cette affaire :  c’est la question des guerres de religion. Il est facile de constater que nous sommes, encore, à l’époque des guerres de religion. La guerre civile en Israël est une guerre religieuse, la dévastation du Moyen Orient est une guerre de religion. Les massacres en Afrique sont religieux. Les US sont infestés par les sectes et les Eglises. Je dis « encore » parce que, pendant mille ans, avec l’expansion des religions dites monothéistes, ça a été le motif dominant. Mais avec l’avènement de la raison et des sciences exactes, on aurait pu s’attendre à une perte totale d’intérêt pour ce type de conflit. Visiblement ça n’a pas été le cas et aujourd’hui aucune région du monde n’est épargnée par ce peu reluisant aspect. A qui la faute, question embêtante, parce que euh eh bien l’erreur c’est beaucoup nous. Je ne parle pas du passé, mais de maintenant. Nous somme complètement investis dans cet état de guerre et même en France nous ne sommes pas tranquilles avec ces guerres de religions. Beaucoup de gens pensent qu’en Europe nous avons gagné la bataille de la paix. C’est oublier que les bombes sautent encore à Belfast, que le siège de Sarajevo ne date que des années 90, que les purges en Turquie sont d’actualité et bien sûr qu’il y a des milliers de morts dans les réfugiés politiques ou humanitaires. Clairement, tous les continents sont le théâtre d’affrontements meurtriers et n’oublions pas que le commerce des armes se porte fort bien. Comment cela est-il possible ? Quel est le truc qui rend possible cette situation c’est à dire le virus par lequel nous sommes contaminés ? Sans conteste, il me semble que le biais c’est l’éducation. Je devrais plutôt dire l’absence d’éducation. La propagation des guerres de religions, exactement comme par le passé, repose sur une acculture générale de l’humanité. Cette acculture est le terreau sur lequel prospère le pouvoir des mages, des prophètes et…. des politiques. L’alliance du sabre et du goupillon est hélas encore bien active. Une fois de plus, les politiques nous mènent à la ruine.

    Michel Costadau

  • Hymne

    Hymne

    J’ai cru qu’on était enfin sorti d’une bien mauvaise période. Je veux parler de cette débauche de drapeaux et d’hymnes que nous avons subie pendant plusieurs mois. Bleu blanc rouge et Marseillaise, autant de manifestations que je ressens comme des agressions violentes.

    La Marseillaise me fait froid dans le dos, d’abord par ses paroles insupportables, mais aussi par toutes les idées qu’elle réveille, guerres, politiciens, commémorations, sport, anciens combattants, rien que du sordide et de l’appel au meurtre. Mes poils se hérissent rien qu’à son évocation et quand une foule se met à la chanter, ça me donne franchement la nausée.

    Quant au bleu blanc rouge, c’est pour moi un signal grinçant qu’envoie celui qui le porte ou le plante. Et ce signal c’est « je vous hais ». C’est identitaire, avec mépris de l’autre, et manifestation d’antisolidarité. Oui celui qui met au vent ce drapeau veut indiquer qu’il « em….bête » tout le monde, comme une revanche de malheureux. Car il sait que c’est une agression et que ça transforme sa façade en caserne ou en bâtiment public. Les Anglais ont le même comportement avec la royauté qui exhibe sous leurs yeux la turpitude des nantis, mais ça les réjouit car ils savent que c’est une atteinte permanente à la fraternité, et ça leur tient lieu de compensation d’une vie étriquée et maussade, maigre certes, mais compensation.

    Il y a aussi des phrases pour lesquelles il faudrait punir comme fauteurs de trouble ceux qui les utilisent, oh pas l’amateur de la brève de comptoir, non, mais le politique qui sait le mal qu’il fait. Des mots comme « l’amour de la patrie » ou « la fierté d’appartenir à la communauté nationale » ou « les valeurs de la nation » sont indignes, et répandent la peste quand ils sont énoncés. Non seulement la patrie n’existe pas, car notre pays n’est que le résultat de l’appropriation du domaine royal par une caste bourgeoise capitalistique pendant presque 200 ans, puis financière depuis plus de 50 ans, mais donner à penser qu’elle puisse susciter de l’amour relève de la pire propagande nazie. Hélas les politiques n’ont pas peur de ça au contraire, les enchères dans le patriotique xénophobe atteignent des sommets, mais l’actualité nous rappelle que l’on ne combat pas le terrorisme ni même la délinquance en prêchant la haine.

    Ca a commencé avec les attentats de fin d’année, puis le deuil national, puis les manifestations à répétition, puis la coupe de foot, et puis encore la fête nat. Et maintenant ils ont déguisé la tour Eiffel en drapeau. Il est facile de comprendre que tous ces événements sont de la même lignée, ressortissent du même esprit de triste résignation et de désinformation politique.

    Que l’on sorte le même drapeau et la même musique pour la guerre et pour le foot est un symbole qui ne devrait pas nous laisser tranquilles. C’est changer la population en une bande de grossiers ivrognes pusillanimes que de lui faire chanter La Marseillaise dans le stade ou dans la rue. Et à plus forte raison de s’en réjouir. L’identité nationale est une illusion derrière laquelle on cache l’inexistence individuelle des citoyens. Il ne peut y avoir de nation, c’est-à-dire de groupe que si chaque individu existe, a des idées, se bat et est solidaire des autres. Le seul rempart contre le terrorisme, c’est la solidarité. Seulement ça, la caste politique ne le permet pas.

    Michel Costadau

  • Sivens suite

    Sivens suite

    Je suis obligé de revenir sur Sivens parce que ceux que la justice vient de désavouer publiquement, en particulier le CG81, essaient de ne pas se sentir visés par ces jugements accablants.

    Par exemple, pour Carcenac, le jugement n’a pas été rendu sur le fond mais sur la dimension du barrage. C’est ridicule et honteux. Le fond pour lui c’est la hauteur de la digue et l’inondation de la vallée. Et ça la justice n’en a pas parlé. L’argument paraît recevable et pourtant il ressort de la plus évidente mauvaise foi. En effet, la justice ne se prononce que sur la conformité d’un projet avec la loi et jamais sur l’objet, le nombre de mètres cubes de la retenue dans notre cas.

    La justice ne peut évidemment pas se mêler de dire quels sont les besoins en eau des agriculteurs ou quelle est la longueur d’une autoroute.

    Dans le cas de Sivens, la justice a indiqué que la mise en œuvre du projet de barrage n’a pas respecté les lois françaises et européennes. On a déjà dit, en d’autres textes, que les porteurs du projet savaient pertinemment qu’ils ne respectaient pas la loi et essayaient de passer en force. Cette mauvaise foi explique leur attitude actuelle de déni de la justice. Bien sur le jugement aurait été le même s’ils avaient été de bonne foi. La justice est là pour ça.

    Mais cela est une belle illustration qu’actuellement les politiques se croient au dessus des lois. De plus, Sivens fait ressortir la collusion qu’il y a entre les collectivités territoriales et les Sociétés d’Economie Mixtes, les syndicats intercommunaux ou les EPCI. On découvre soudain que ce sont les mêmes personne qui siègent des deux côtés de la table : côté donneur d’ordre pour attribuer de l’argent et côté réalisation pour le dépenser. Cette situation ouvre la porte à toutes les magouilles possibles et imaginables que l’on pourrait décrire comme de la corruption passive. C’est comme si vous choisissiez un architecte pour construire votre maison et que vous découvriez qu’il est aussi le chef d’entreprise de la société qu’il a retenue pour la construction. Vous diriez, à juste titre, c’est pas du jeu. Eh bien les politiques font ça ouvertement depuis longtemps.

    La question devient alors : comment se protéger des politiques ? Hélas il n’y a pas de solution parce que beaucoup de gens croient encore que les politiques sont le symbole de la démocratie. Vous savez, dans les entreprises, pour éviter que les employés occupent de plus en plus de place, c’est-à-dire de m², on fait des déménagements tous les 6 mois. Comme ça tous les documents, objets, décorations diverses, accumulés par l’employé sont jetés, car effectivement inutiles. L’accumulation est une tendance humaine naturelle et c’est ce que font les politiques. Ca fait maintenant trop longtemps qu’ils ont dépassé, contourné, déformé l’esprit de la démocratie. Un déménagement s’impose.

    Michel Costadau

  • English vote suite

    English vote suite

    A chaud le 23 juin : C’est vrai je n’osais l’espérer, mais le vote anglais est quand même sympathique. Ma première réaction  c’est que c’est d’abord un vote anti-immigrés et donc un vote dans une ligne de bastion européen d’extrême droite. C’est aussi un vote anti franco-allemand marchands de résignation. Pour le reste c’est quand même aussi une affirmation de la primauté de la finance.

    Il y a sûrement plein d’explications au vote des Anglais mais quelques unes ne sont jamais citées. Par exemple l’essai d’indépendance séparatiste des Ecossais a pu piquer au vif les Anglais qui se sont dit si c’est ça c’est nous qui allons manifester notre indépendance. Ou une peur viscérale d’un éventuel fédéralisme comme structure européenne. Ou une réaction épidermique à la manœuvre bassement politique de Cameron comme les Français avec Chirac et sa dissolution du parlement.

    A vrai dire, la situation actuelle d’échec européen, n’est pas une surprise car elle se situe clairement dans la suite d’une série de coups de canifs donnés par les politiques :

    – essai de mise à l’écart de la Grèce : heureusement que Siryza a organisé un référendum pour rester sinon ils étaient virés,

    – référendums français et néerlandais annulés par les politiques : de quel droit ?,

    – élargissement aux pays de l’Est sans dénominateur commun politique : le plombier polonais a marqué les esprits,

    – tendances indépendantistes écossaise, catalane et autres, la commission a menacé la catalogne de sortir du marché commun si indépendance : de quel droit ?,

    – médiatisation de l’arrivée d’immigrés : là on va du sordide à l’humanitaire mais ça reste choquant et clivant,

    – discours nationalistes anti UE dans presque tous les pays,

    – commission se permettant de rappeler la Pologne à l’ordre : de quel droit  ?

    – Merkel négociant seule avec la Turquie,

    Tous ces petits jalons ont introduit de la défiance et conduit comme les cailloux du petit poucet à la poussée de l’égo anglais qui a éclaté fin juin. De plus, on voit que ce vote révèle bien les sources de l’insatisfaction des populations par l’agrégation à un trop haut niveau de l’avis des électeurs. Les gallois, l’Ulster, les écossais et Londres ont voté in, alors que l’Angleterre a voté out et l’a emporté par le nombre. Du coup les Ecossais se retrouvent dans la position de se séparer du RU et de revenir dans le marché commun. Les Londoniens veulent refaire voter. Personne n’est content. Un des enseignements du vote c’est qu’il aurait fallu que Galles, Ulster, Ecosse et Londres restent dans le marché commun et que les Anglais sortent. Clairement l’Europe est une superstructure qui marche sur les populations.

    Du coup le constat qui se fait jour c’est non pas qu’il faut renforcer l’intégration européenne, mais au contraire qu’il faut morceler l’Europe pour donner du pouvoir à des structures plus petites dans lesquelles les individus se sentent moins loin des élus et du pouvoir. Ensuite, la mise en musique de ces petites entités pour se mettre d’accord sur des projets communs est du niveau de la mise en réseau. Et là le business des entreprises du net a déjà montré qu’ils savaient très bien le faire, alors pourquoi pas nous.

    Michel Costadau

  • Peste ou cholera

    Peste ou cholera

    C’est vrai qu’en ce moment les occasions de promouvoir le non-vote nous tombent dans les bras sans qu’on n’ait rien demandé. Je veux parler du casting de rêve des élections US.

    Rappelons d’abord le principe des primaires. Ce premier tour a pour but d’éliminer les petits candidats et de faire croire à un débat démocratique entre deux tendances opposées. Cependant, comme je l’ai déjà démontré, ces deux tendances n’en sont, en fait, qu’une seule ; car, comme vous avez le pu constater, que s’est il passé de différent sous Bush et sous Obama, sous Reagan et sous Clinton1 : rien. Les US dominent la planète en faisant la guerre à tout le monde et en imposant leurs lois de commerce international, tout le commerce rien que le commerce. Tout au plus peut-on dire que les républicains sont plus religieux et nationalistes et que les démocrates sont plus business et lobbies mais au résultat les US sont religieux, nationalistes, business et lobbies. Ce pseudo-bipartisme est donc purement et simplement un hold-up de la démocratie. La machine électorale américaine est une immense organisation qui écrase toute velléité d’expression autre que ce qui se décide à Washington. Pas besoin d’en rajouter pour dire que c’est maintenant aussi comme ça chez nous et on en reparlera.

    Bien sûr, pour alimenter le débat, les deux candidats font semblant d’avoir des convictions, des convictions différentes de l’autre évidemment. Mais, hélas, toutes leurs opinions sont creuses et ne concernent que le passé. Halte aux migrants, halte aux chinois, libre entreprise, défense de l’avortement, défense de l’emploi, libre entreprise. Comme vous le voyez, le maitre-mot c’est libre entreprise, qui n’est qu’une autre manière de dire guerre économique. Et dans cette guerre il n’y a pas d’idées mais de sordides combats et des tonnes de victimes. D’ailleurs s’ils se mettaient à avoir des idées ce serait catastrophique, car dans la tête ils n’ont que des slogans publicitaires. Aucun d’eux ne parle d’humain, d’éducation, de solidarité ou de justice. Les prisons US sont pleines et la maffia blanche règne en maître.

    Alors s’ils n’ont pas d’idées qu’est ce que valent les candidats : Trump c’est un peu le Le Pen de chez nous. D’ailleurs si la primaire de la droite comportait Le Pen, c’est elle qui serait désignée. Quand à Clinton2 c’est un peu le Hollande de chez nous. D’ailleurs, s’il participait à des primaire à gauche chez nous, rien ne dit qu’il serait désigné. Bref d’un côté la peste et de l’autre le choléra.

    La peste parce que c’est vrai que Trump est puant de haine, de mépris et d’incitation des citoyens à la violence, ce qui va faire beaucoup de morts inutiles. Il faut vraiment être demeuré pour s’intéresser à lui. Quand à la pauvre Clinton2, elle n’en peut plus de promesses rassies, de discours mielleux qui ne cachent rien de son arrivisme et de sa dépendance de la finance. Elle a depuis longtemps prouvé qu’elle avait attrapé le virus du mensonge et du copinage. Elle, c’est le choléra.

    Cela dit, je le répète : quel que soit le malheureux élu, car hélas les gens voteront, ça ne fera pas une grosse différence. Si Trump est élu, on aura de nouveaux accords de commerce internationaux et les prisons continueront à se remplir, Si Clinton2 est élue on aura encore plus de copinage avec Israël et les prisons continueront à se remplir.

    Alors si vraiment vous continuez à penser qu’il faut voter, il ne vous reste que le vote blanc ce qui n’est pas particulièrement courageux. Mais il y a d’autres solutions, vous le savez.

    Michel Costadau

  • English vote

    English vote

    Y a plein de votes en ce moment et, dans le tas, j’en trouve deux qui ont retenu mon attention. Celui en Suisse sur le revenu de base et celui au RU sur moins d’Europe. Bien que les résultats ne fassent aucun doute et même on le connaît déjà : pour la Suisse c’est non et pour le RU ce sera non aussi parce que tout ce battage sur l’Europe c’est du pipeau de bas étage. Et même si c’était oui, les mesures pour annuler ce vote seraient vite prises. Et donc ce ne sont pas les réponses qui sont intéressantes, mais les questions. Réglons tout de suite le problème britannique. Toute cette manœuvre des Anglais de critiquer l’Europe afin d’obtenir des remises qui les encouragent à rester n’est vraiment pas à l’honneur de nos voisins. Que Bruxelles se soit prêtée au jeu est lamentable, quoique habituel, et que la France se soit tue une fois de plus en dit plus long que tous les beaux discours sur l’hypocrisie des politiques, pas que des nôtres je veux dire. C’est donc un non-évènement qui sera bientôt recouvert par les horreurs du football. Mais honte à ces Cameron, Junker, Hollande pour leur mépris de la population et leur asservissement à la finance. Ce qui m’étonne le plus c’est que personne en France n’ait dénoncé cette supercherie. C’est grave.

    Cela dit la question des Suisses soulève, elle, de bien meilleures réflexions. En gros, est-ce qu’une société peut, parmi tous les droits qu’elle accorde à chaque citoyen, lui attribuer une allocation permanente, conséquente et sans conditions depuis sa naissance jusqu’à son décès. D’un côté on se dit, mais c’est le Pérou. Etre payé juste pour exister ça se refuse pas. D’un autre côté c’est sûr que le système pourrait en profiter pour diminuer les aides existantes, peut-être supprimer le chômage, voire la sécu. De plus, se profile immédiatement la réflexion : mais si on est déjà payé plus personne ne va vouloir travailler. Cela d’ailleurs en dit long sur la motivation des travailleurs, car comme disait, à juste titre, Coluche le travail c’est bien mais le salaire seul ça suffirait. Et donc, à ce moment là, ceux qui toucheraient le revenu de base et en plus un salaire auraient deux rémunérations.

    Alors je me suis rendu compte que cette situation existe déjà, en particulier pour ceux qui touchent une retraite et qui travaillent encore. Retraite de l’armée, de la poste, de l’éducation nationale. On a aussi le même cas avec le travail au noir, qui, en général, s’ajoute à son salaire ou a ses revenus. Et on a aussi ceux qui ont deux emplois, hélas souvent précaires tous les deux.

    Et donc finalement l’idée n’est pas aussi farfelue qu’elle en a l’air, à condition bien sûr que le montant soit correct car il est clair qu’un RSA à 500 € ne permet pas de vivre. Et c’est vraiment le versant le moins reluisant du revenu de base. A savoir que notre société a une bien piètre considération pour ses citoyens si elle pense qu’on peut vivre avec le RSA. Je n’ose plus faire le moindre commentaire là-dessus sans tomber dans une critique exacerbée des politiques. C’est grave.

    Michel Costadau