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  • English vote suite

    English vote suite

    A chaud le 23 juin : C’est vrai je n’osais l’espérer, mais le vote anglais est quand même sympathique. Ma première réaction  c’est que c’est d’abord un vote anti-immigrés et donc un vote dans une ligne de bastion européen d’extrême droite. C’est aussi un vote anti franco-allemand marchands de résignation. Pour le reste c’est quand même aussi une affirmation de la primauté de la finance.

    Il y a sûrement plein d’explications au vote des Anglais mais quelques unes ne sont jamais citées. Par exemple l’essai d’indépendance séparatiste des Ecossais a pu piquer au vif les Anglais qui se sont dit si c’est ça c’est nous qui allons manifester notre indépendance. Ou une peur viscérale d’un éventuel fédéralisme comme structure européenne. Ou une réaction épidermique à la manœuvre bassement politique de Cameron comme les Français avec Chirac et sa dissolution du parlement.

    A vrai dire, la situation actuelle d’échec européen, n’est pas une surprise car elle se situe clairement dans la suite d’une série de coups de canifs donnés par les politiques :

    – essai de mise à l’écart de la Grèce : heureusement que Siryza a organisé un référendum pour rester sinon ils étaient virés,

    – référendums français et néerlandais annulés par les politiques : de quel droit ?,

    – élargissement aux pays de l’Est sans dénominateur commun politique : le plombier polonais a marqué les esprits,

    – tendances indépendantistes écossaise, catalane et autres, la commission a menacé la catalogne de sortir du marché commun si indépendance : de quel droit ?,

    – médiatisation de l’arrivée d’immigrés : là on va du sordide à l’humanitaire mais ça reste choquant et clivant,

    – discours nationalistes anti UE dans presque tous les pays,

    – commission se permettant de rappeler la Pologne à l’ordre : de quel droit  ?

    – Merkel négociant seule avec la Turquie,

    Tous ces petits jalons ont introduit de la défiance et conduit comme les cailloux du petit poucet à la poussée de l’égo anglais qui a éclaté fin juin. De plus, on voit que ce vote révèle bien les sources de l’insatisfaction des populations par l’agrégation à un trop haut niveau de l’avis des électeurs. Les gallois, l’Ulster, les écossais et Londres ont voté in, alors que l’Angleterre a voté out et l’a emporté par le nombre. Du coup les Ecossais se retrouvent dans la position de se séparer du RU et de revenir dans le marché commun. Les Londoniens veulent refaire voter. Personne n’est content. Un des enseignements du vote c’est qu’il aurait fallu que Galles, Ulster, Ecosse et Londres restent dans le marché commun et que les Anglais sortent. Clairement l’Europe est une superstructure qui marche sur les populations.

    Du coup le constat qui se fait jour c’est non pas qu’il faut renforcer l’intégration européenne, mais au contraire qu’il faut morceler l’Europe pour donner du pouvoir à des structures plus petites dans lesquelles les individus se sentent moins loin des élus et du pouvoir. Ensuite, la mise en musique de ces petites entités pour se mettre d’accord sur des projets communs est du niveau de la mise en réseau. Et là le business des entreprises du net a déjà montré qu’ils savaient très bien le faire, alors pourquoi pas nous.

    Michel Costadau

  • Peste ou cholera

    Peste ou cholera

    C’est vrai qu’en ce moment les occasions de promouvoir le non-vote nous tombent dans les bras sans qu’on n’ait rien demandé. Je veux parler du casting de rêve des élections US.

    Rappelons d’abord le principe des primaires. Ce premier tour a pour but d’éliminer les petits candidats et de faire croire à un débat démocratique entre deux tendances opposées. Cependant, comme je l’ai déjà démontré, ces deux tendances n’en sont, en fait, qu’une seule ; car, comme vous avez le pu constater, que s’est il passé de différent sous Bush et sous Obama, sous Reagan et sous Clinton1 : rien. Les US dominent la planète en faisant la guerre à tout le monde et en imposant leurs lois de commerce international, tout le commerce rien que le commerce. Tout au plus peut-on dire que les républicains sont plus religieux et nationalistes et que les démocrates sont plus business et lobbies mais au résultat les US sont religieux, nationalistes, business et lobbies. Ce pseudo-bipartisme est donc purement et simplement un hold-up de la démocratie. La machine électorale américaine est une immense organisation qui écrase toute velléité d’expression autre que ce qui se décide à Washington. Pas besoin d’en rajouter pour dire que c’est maintenant aussi comme ça chez nous et on en reparlera.

    Bien sûr, pour alimenter le débat, les deux candidats font semblant d’avoir des convictions, des convictions différentes de l’autre évidemment. Mais, hélas, toutes leurs opinions sont creuses et ne concernent que le passé. Halte aux migrants, halte aux chinois, libre entreprise, défense de l’avortement, défense de l’emploi, libre entreprise. Comme vous le voyez, le maitre-mot c’est libre entreprise, qui n’est qu’une autre manière de dire guerre économique. Et dans cette guerre il n’y a pas d’idées mais de sordides combats et des tonnes de victimes. D’ailleurs s’ils se mettaient à avoir des idées ce serait catastrophique, car dans la tête ils n’ont que des slogans publicitaires. Aucun d’eux ne parle d’humain, d’éducation, de solidarité ou de justice. Les prisons US sont pleines et la maffia blanche règne en maître.

    Alors s’ils n’ont pas d’idées qu’est ce que valent les candidats : Trump c’est un peu le Le Pen de chez nous. D’ailleurs si la primaire de la droite comportait Le Pen, c’est elle qui serait désignée. Quand à Clinton2 c’est un peu le Hollande de chez nous. D’ailleurs, s’il participait à des primaire à gauche chez nous, rien ne dit qu’il serait désigné. Bref d’un côté la peste et de l’autre le choléra.

    La peste parce que c’est vrai que Trump est puant de haine, de mépris et d’incitation des citoyens à la violence, ce qui va faire beaucoup de morts inutiles. Il faut vraiment être demeuré pour s’intéresser à lui. Quand à la pauvre Clinton2, elle n’en peut plus de promesses rassies, de discours mielleux qui ne cachent rien de son arrivisme et de sa dépendance de la finance. Elle a depuis longtemps prouvé qu’elle avait attrapé le virus du mensonge et du copinage. Elle, c’est le choléra.

    Cela dit, je le répète : quel que soit le malheureux élu, car hélas les gens voteront, ça ne fera pas une grosse différence. Si Trump est élu, on aura de nouveaux accords de commerce internationaux et les prisons continueront à se remplir, Si Clinton2 est élue on aura encore plus de copinage avec Israël et les prisons continueront à se remplir.

    Alors si vraiment vous continuez à penser qu’il faut voter, il ne vous reste que le vote blanc ce qui n’est pas particulièrement courageux. Mais il y a d’autres solutions, vous le savez.

    Michel Costadau

  • English vote

    English vote

    Y a plein de votes en ce moment et, dans le tas, j’en trouve deux qui ont retenu mon attention. Celui en Suisse sur le revenu de base et celui au RU sur moins d’Europe. Bien que les résultats ne fassent aucun doute et même on le connaît déjà : pour la Suisse c’est non et pour le RU ce sera non aussi parce que tout ce battage sur l’Europe c’est du pipeau de bas étage. Et même si c’était oui, les mesures pour annuler ce vote seraient vite prises. Et donc ce ne sont pas les réponses qui sont intéressantes, mais les questions. Réglons tout de suite le problème britannique. Toute cette manœuvre des Anglais de critiquer l’Europe afin d’obtenir des remises qui les encouragent à rester n’est vraiment pas à l’honneur de nos voisins. Que Bruxelles se soit prêtée au jeu est lamentable, quoique habituel, et que la France se soit tue une fois de plus en dit plus long que tous les beaux discours sur l’hypocrisie des politiques, pas que des nôtres je veux dire. C’est donc un non-évènement qui sera bientôt recouvert par les horreurs du football. Mais honte à ces Cameron, Junker, Hollande pour leur mépris de la population et leur asservissement à la finance. Ce qui m’étonne le plus c’est que personne en France n’ait dénoncé cette supercherie. C’est grave.

    Cela dit la question des Suisses soulève, elle, de bien meilleures réflexions. En gros, est-ce qu’une société peut, parmi tous les droits qu’elle accorde à chaque citoyen, lui attribuer une allocation permanente, conséquente et sans conditions depuis sa naissance jusqu’à son décès. D’un côté on se dit, mais c’est le Pérou. Etre payé juste pour exister ça se refuse pas. D’un autre côté c’est sûr que le système pourrait en profiter pour diminuer les aides existantes, peut-être supprimer le chômage, voire la sécu. De plus, se profile immédiatement la réflexion : mais si on est déjà payé plus personne ne va vouloir travailler. Cela d’ailleurs en dit long sur la motivation des travailleurs, car comme disait, à juste titre, Coluche le travail c’est bien mais le salaire seul ça suffirait. Et donc, à ce moment là, ceux qui toucheraient le revenu de base et en plus un salaire auraient deux rémunérations.

    Alors je me suis rendu compte que cette situation existe déjà, en particulier pour ceux qui touchent une retraite et qui travaillent encore. Retraite de l’armée, de la poste, de l’éducation nationale. On a aussi le même cas avec le travail au noir, qui, en général, s’ajoute à son salaire ou a ses revenus. Et on a aussi ceux qui ont deux emplois, hélas souvent précaires tous les deux.

    Et donc finalement l’idée n’est pas aussi farfelue qu’elle en a l’air, à condition bien sûr que le montant soit correct car il est clair qu’un RSA à 500 € ne permet pas de vivre. Et c’est vraiment le versant le moins reluisant du revenu de base. A savoir que notre société a une bien piètre considération pour ses citoyens si elle pense qu’on peut vivre avec le RSA. Je n’ose plus faire le moindre commentaire là-dessus sans tomber dans une critique exacerbée des politiques. C’est grave.

    Michel Costadau

  • G7

    G7

    Cette photo du G7 ex G8, qu’en d’autres textes nous avons clairement désigné comme le gouvernement mondial, mérite un nouveau détour. D’abord ils sont neuf et ensuite la composition est surprenante.

    • Continent nord américain 2 délégués : US et Canada,
    • Continent sud américain 0 délégué,
    • Continent asiatique 1 délégué : Japon,
    • Continent australien 0 délégué,
    • Continent européen 6 délégués : RU, Allemagne, France, Italie, Commission européenne et Conseil de l’Europe.

    Heureusement que les votes ne se font pas à la majorité parce que sinon l’Europe, à condition qu’ils soient d’accord entre eux, aurait toujours raison à 6 contre 3.

    Alors je me suis demandé : mais d’où ça sort cette composition du G7 ? D’abord je me suis dit que puisque c’était le groupe des pays les plus riches, ça devait avoir un rapport avec le PIB. Pas de bol parce qu’alors il faudrait, au moins, remplacer le Canada et l’Italie par la Chine et l’Inde, et éliminer la Commission et le Conseil européen. Alors c’est peut-être le PIB par habitant, oups là ça devient catastrophique parce que les trois premiers sont le Luxembourg, la Norvège et le Qatar, et il faut attendre le dixième rang pout trouver un membre du G7 à savoir les US. Donc ce ne sont pas franchement les pays les plus riches.

    Alors force est de constater que c’est, comme d’habitude, un arrangement entre amis, un club qui s’est auto-constitué. Il s’est lui même baptisé groupe de réflexion, et a entrepris de consolider son emprise sur le monde. A y regarder de plus près, on voit que cette configuration est propice à l’échange, échange économique je veux dire. Si ça se trouve c’est dans ce club que sont nées les idées de l’OMC, du CETA, du TTIP, du TAFTA.

    Maintenant la réflexion : que des élus se retrouvent entre eux, en tant qu’élus, ne pose aucun problème à partir du moment où ils indiquent clairement que ce sont leurs électeurs qui sont conviés à la réunion et non pas eux en tant que personne. Qu’ils sont les représentants de la population dont ils prennent les avis et à laquelle ils rendent comptent scrupuleusement. C’est par exemple un peu le cas à l’ONU, avec un représentant par pays qui prend en compte les avis de la représentation nationale et pas seulement du délégué.

    Seulement, qui d’entre nous a le moindre sentiment de siéger au G7, d’être représenté au G7, personne. Est-ce que vous avez demandé à aller au G7, moi je ne m’en souviens pas.

    Ce club n’a donc en fait aucune légitimité, c’est vrai que j’aime bien cette notion, et la présence de la France est franchement antidémocratique.

    Le mauvais exemple venant d’en haut, beaucoup d’élus se croient autorisés à donner leur propre point de vue, comme si c’était celui de ceux qu’ils représentent. Combien de fois faudra-t-il répéter que les élus ne sont pas là pour remplacer la population et les électeurs, mais seulement, uniquement, définitivement, pour les représenter, les défendre, les comprendre et leur rendre compte. Mais alors ce n’est pas croyable le boulot qu’il y a pour revenir aux bases de la démocratie. Va falloir s’y mettre sérieusement. Et si on commençait en 2017 ?

    Michel Costadau

  • 1%

    1%

    Il y a des gens dont le seul objectif est de gagner le plus d’argent possible. C’est aberrant mais c’est la réalité et, comme toujours, il est indispensable de la prendre en compte. Or donc, ces gens-là, depuis qu’ils sévissent, ont compris que 1 % de 10 est beaucoup plus petit que 1 % de 1000 et pourtant ce n’est toujours que 1 %. Ils ont donc inventé la course à la taille de façon à maximiser leurs profits. Cependant nous commençons à atteindre le stade ultime de cette course, puisque quand on a pris 1 % à toute la planète, on ne peut guère aller plus loin. Mais ne vous affolez pas ils utilisent déjà d’autres moyens pour gagner le plus d’argent possible, puisque personne ne cherche à les en empêcher ou, pour être plus explicite, que les politiques se sont mis à leur service.

    Mais voilà que ce principe du 1 % ça a aussi donné des idées à ceux qui cherchent le pouvoir. Petit à petit les politiques ont compris qu’on pouvait inverser le principe des 1 %. C’est-à-dire faire que le 1 % soit de plus en plus petit.

    En effet, quand il y a 10 électeurs, chacun a un dixième de pouvoir électoral. Et en plus il peut contacter l’élu sans problème, puisqu’ils ne sont que dix. Mais quand il y a 10 millions d’ électeurs chacun n’a plus que un dix millionième de pouvoir électoral, tout en étant la même personne. Et bien sûr il est impossible de contacter l’élu puisqu’on ne sait d’ailleurs même pas où il habite. A partir de ce moment-là on peut dire que l’électeur ne compte plus, qu’il n’a plus aucun pouvoir.

    Or, avoir des électeurs qui ne comptent pas c’est le graal des politiques. En effet il est particulièrement pénible d’avoir à rendre des comptes à ceux qui vous ont élus. C’est devenu grotesque et insupportable. Vous vous rendez compte, des gens qui viennent vous dire que vous aviez promis ci ou ça. Qu’il y a tel problème et qu’il faudrait le résoudre. Vous avez beau leur dire que c’était un moment d’inattention, qu’il ne faut attacher aucune importance à ces propos et qu’en fait vous n’avez rien promis du tout, ça fait tache. Circulez y a rien à voir, ouf, mais que c’est pénible.

    On a donc habitué les électeurs à comprendre que l’important n’est pas leur opinion, mais le fait que les politiques soient élus. Il est capital que les électeurs comprennent qu’ils sont là uniquement pour « donner leur voix » aux politiques, sans contrepartie. Donner c’est donner, on ne peut pas reprendre, ce serait de la triche. Pour solidifier le système, ils ont aussi réussi à ce que tous les candidats appartiennent à la même classe politique. Du coup, peu importe qui est élu puisqu’ils ont tous la même religion. Et bien sur peu importe qui vote pour eux puisqu’ils sont élus et qu’ils ne connaissent aucun de leurs électeurs.

    Alors vous commencez à comprendre pourquoi on a doublé la taille des cantons, défini des régions, construit des super régions, édifié l’Europe et demain le continent. C’est pour faire des élus inaccessibles, immanents sans aucun lien avec la population. Et ça marche très bien. Euh, sauf pour la démocratie je veux dire.

    Michel Costadau

  • Intérêt bien compris

    Intérêt bien compris

    On vient de parler de bien commun et d’intérêt général. Mais dans la rubrique intérêt il y a aussi un candidat intéressant, c’est ce qu’on appelle d’une manière assez soft le conflit d’intérêts. C’est tout simplement quand quelqu’un fait une chose, donne une recommandation ou émet une opinion qui pourrait lui avoir été suggérée par ceux à qui elle profite, à commencer par lui-même. L’exemple classique est évidemment le médecin qui prescrit le médicament du labo dont il reçoit des « cadeaux ». Cette affaire de collusion est vraiment importante car elle va nous permettre de remonter jusqu’aux racines du pouvoir.

    Premier étage : les entreprises ou les institutions cherchent à s’attacher un certain nombre de prescripteurs, pas forcément des cadres, qui par leur position vont inciter à passer des commandes. L’incitation peut être des émoluments, des rétrocessions ou des avantages en nature. Cet étage-là est général et fait partie du combat entre entreprises ou de la collusion entre institutions. C’est répréhensible en cas d’abus, mais jamais puni.

    Deuxième étage : les entreprises ou les institutions cherchent à orienter des décisions administratives ou politiques en fonction de leurs intérêts. Ca s’appelle le lobbying et les entreprises y consacrent des moyens énormes. Pour vous donner une idée, à Bruxelles, en face de l’immeuble de la commission européenne, il y a un autre immeuble entièrement occupé par les équipes de lobbying des entreprises. Ils reçoivent des exemplaires de tous les projets de textes européens, afin de les analyser et de les amender dans le sens qui leur va bien. Leurs remarques sont toujours prises en compte et ils font même des propositions pour des règlements et directives sur des sujets qui les embêtent un peu. C’est ainsi que le glyphosate, les perturbateurs endocriniens ou le diesel restent des produits en service et encore pour longtemps. C’est évidemment une entorse énorme à la démocratie, or non seulement ce n’est pas réprimé mais c’est encouragé, car souvent les lobbies sont les seuls à connaître un sujet. Le lobbying des institutions existe bien sûr mais il est entièrement l’affaire des politiques. Et en politique, comme vous le savez, il n’y a pas de pots de vin, il n’y a que des « soutiens ».

    Troisième étage : le scientifique qui module des données parce qu’il est « payé » par une entreprise, ou le fonds financier qui fait profiter ses amis de quelques informations spéculatives, ou le consultant d’un fonds financier qui est un ancien fonctionnaire du ministère. Ca c’est le conflit d’intérêts proprement dit, ou le délit d’initié, qui sont plus ou moins réprimés ; mais les sanctions éventuelles sont seulement financières et donc ne gênent personne.

    Cependant ce n’est pas le dernier étage.

    Quatrième étage : les écuries des politiques. Les décideurs politiques sont très peu nombreux en France, tout au plus quelques centaines et personne n’a d’influence sur eux sauf leur réseau. Il faut bien comprendre que Hollande ou Valls reçoivent des tas de gens auxquels ils tiennent des discours lénifiants mais ils ont aussi un téléphone mobile sur lequel seul le réseau peut appeler jour et nuit. Ils ont aussi des tas de conseillers en rapport constant avec le réseau. Cela vaut aussi, bien sûr, pour Larcher ou Fabius.

    Et le réseau ne se prive pas d’appeler pour un oui pour un non. C’est Bolloré qui lui dit qu’il doit installer des bornes électriques dans toute la France, c’est Brégier qui lui dit qu’il faudrait faire un saut en Chine ou c’est Petit-Colin qui lui dit où implanter l’usine de maintenance des moteurs d’avion. Et c’est xxx, je ne connais pas tout le monde, qui lui dit qu’il faut envoyer l’armée au Tchad. Là sont les racines du pouvoir qui a réussi à éliminer totalement la représentation populaire des circuits de décision. Là est le ressort de la dictature financière qui nous gouverne. Là est la soi-disant vie politique qui n’est que le reflet des conflits entre écuries. Car effectivement il est difficile de satisfaire tout le monde à la fois, alors c’est plutôt chacun son tour, et les « grandes » décisions de l’exécutif ne sont, en fait, que des arbitrages entre « amis ». Alors quand vous votez regardez un peu l’écurie que vous voulez mettre au pouvoir. Et c’est à vous dégoûter de voter.

    Michel Costadau

  • Bien commun

    Bien commun

    Lu sur Acteurs Publics, le site des élus et des technocrates : « Ce que l’on attend d’un décideur public, c’est qu’il agisse en toutes circonstances au service du bien commun ». Ah ! que c’est beau, que c’est beau, que c’est beau. J’en reste pantois. Voila que les politiques se mettent au service du bien commun. On se pince pour être sûr qu’on ne rêve pas, mais non on a bien lu. Les politiques vont penser en toutes circonstances à l’intérêt général, au bien de tous. Bien sur c’est une formule et donc il ne faut peut-être pas la prendre au mot, mais quand même, bien commun ça doit vouloir dire quelque chose comme « ce dont tout le monde peut profiter ». Les élus et les technocrates ont, maintenant, comme souci que leur action procure des résultats dont tout le monde peut profiter.

    Parce que, pour être réaliste, des agissements des politiques qui profitent à tout le monde, c’est vrai que ça fait bien longtemps que l’on n’a rien vu venir. Mais attention, c’est nouveau, à partir de maintenant, l’action publique va en toutes circonstances servir au bien commun. Par exemple, des trucs comme le droit à la retraite à 60 ans, y en a qui l’ont déjà, eh bien à partir de maintenant tout le monde va en profiter. Ou le salaire minimum, bien sûr y en a qui ont déjà plus, eh bien à partir de maintenant tout le monde aura au moins ça. Ou encore, la gratuité des soins, y en a qui l’ont, ça c’est vrai, eh bien à partir de maintenant tout le monde va l’avoir. Ah oui, j’allais l’oublier, le travail, l’emploi, y en a qui en ont mais d’autres pas, eh bien à partir de maintenant tout le monde va avoir un boulot.

    Je me demande si ce n’est pas trop beau pour être vrai. J’essaie vraiment d’y croire mais il doit y avoir un truc.

    Oui, évidemment, la phrase dit « ce qu’on attend… », ça veut dire que pour le moment ce n’est pas le cas. Eh oui la phrase veut dire que c’est ce qu’on aimerait, parce que ce n’est pas le cas. En fait c’est un vœu pieux. C’est même plutôt un mensonge, puisque clairement aucun décideur public n’agit dans le sens du bien commun, aucun politique n’agit dans l’intérêt général. Tous ils agissent uniquement dans leur intérêt et dans celui de leurs amis, que dans d’autres billets on désignait comme leur écurie. En fait, il y en a qui essayent d’agir pour le bien commun, mais manque de chance ils n’ont aucun pouvoir et pas d’amis.

    C’est vrai que des belles phrases comme ça, les discours et même les écrits en sont pleins, ça fait partie de la farce électorale. Le discours puissant de la COP21 se tient en parallèle avec la relance de NDDL. Le discours sur le droit au travail se tient en même temps que les lois sur le salarié jetable.

    Vous le saviez déjà qu’il ne faut pas croire ce que racontent les politiques, mais seulement regarder ce qu’ils font. Et, en fait, ils ne font pas que des discours, ils agissent continument, froidement pour asservir la population au bon vouloir de la finance. Et là on a peur, parce qu’il n’y aucune limite à leur pouvoir, le parlement est croupion, il n’y aucune opposition, les syndicats coopèrent activement, la rue est méprisée et les intellectuels sont muets. Quand on y réfléchit, ça donne le vertige la manière dont les politiques ont détourné les composantes démocratiques de nos sociétés. Que faire n’est pas évident, mais continuer à voter est suicidaire. Mais il y a quand même une idée : ce serait d’échanger la reprise du vote contre une simple mais symbolique réforme politique comme la proportionnelle ou le mandat unique. On va en reparler.

    Michel Costadau

  • SEGPA

    SEGPA

    Il est de notoriété publique que les prisons françaises sont un vivier de la délinquance, par le simple mécanisme du rassemblement sous un même toit de présumés fautifs. Il en est de même des cités, où sont parqués les exclus du système qui se font un plaisir de trouver un peu de distraction dans la fraude. C’est aussi hélas exactement la même chose dans les résidences pour les plus fortunés qui élaborent dans leur entre-soi les arnaques de la finance et des lois.

    Mais alors, que dire des SEGPA qui sont les poubelles de l’Education autrefois nationale dans lesquelles on jette les élèves « en difficulté », qui n’en peuvent plus d’échecs dans toutes les matières. Dire que c’est catastrophique est un euphémisme, car c’est purement et simplement du massacre de jeunes.

    La pratique correcte, simple et évidente, connue depuis longtemps, est celle du mélange qui permet la découverte, l’entraide et la solidarité. Bien sur une classe ne sera jamais à l’abri de clivages et de disputes internes. Cependant le mélange ne crée pas des exclus d’office mais des groupes à géométrie variable. Mais, clairement, pour que ça fonctionne, il faut notablement plus d’enseignants et de personnels qu’actuellement, d’une part pour éviter les classes à 40 élèves qui sont plus proches de l’amphi de fac que du primaire ou du collège, mais aussi pour multiplier les groupes, les sous-groupes et les matières. Pour ce qui concerne les prisons, on verra une autre fois comment faire pour éviter la promiscuité, restons sur l’école.

    Et donc, faute de moyens et surtout de volonté, l’Education autre fois nationale, n’est, en fait, qu’une machine à exclure, un peu comme la colonne de distillation des raffineries. A chaque étage sortent des sous produits. Vu le parcours officiel en douze étapes et vu qu’à la fin il en reste 10 %, ça fait environ 8 % à chaque niveau : 8 % d’exclus en CP, 8 % d’exclus en CE1, 8 % d’exclus en CE2 etc.… Sur une classe de 25 enfants, ça en fait deux chaque année. 2 sont sortis en CP, 4 sont sortis en CE1, 6 sont sortis en CE2 etc.….

    Evidemment on garde les exclus dans la classe le plus longtemps possible, et du coup les sorties ont lieu plutôt tous les trois/quatre ans, mais le principe reste le même. Et, contrairement à la colonne des pétroliers, aucun des sous-produits de l’école n’a d’utilisation prévue. C’est juste de l’échec pur et dur.

    Qui plus est, les 10 % qui font le parcours complet pour finir diplômés, et seront donc très favorisés dans la société, auraient pu s’éviter de passer 12 ans dans les écoles, soit à cause de l’aide de leur famille, soit à cause de leurs propres dons. Même s’il y a quelques exceptions pour confirmer la règle, l’Education autrefois nationale ne sert donc strictement à rien sur le plan éducatif. C’est seulement une vaste garderie et l’on comprend du coup pourquoi les politiques veulent que cette garderie coûte le moins cher possible. Une caste politique qui ne sait pas quoi faire de ses enfants est indigne et doit être changée le plus rapidement possible. De même que les familles servent essentiellement à produire la génération suivante, la société doit être entièrement tournée vers l’éducation des enfants et des jeunes. Est-ce que je me trompe en disant que ce n’est pas le cas ?

    Michel Costadau

  • Taxe

    Taxe

    Cette taxe Tobin sur les transactions financières, c’est bien ou c’est pas bien. La réponse n’est pas drôle mais coule de source. Une taxe sur les transactions financières c’est toujours de la finance. Mince mais alors que dire. C’est mauvais et il ne faut pas chercher à la mettre en place ou c’est quand même un petit progrès qu’on peut essayer d’appliquer. Réfléchissons à ce qui peut se passer si cette taxe entrait en vigueur.

    D’abord les financiers vont immédiatement trouver la parade, puisqu‘il faut bien définir sur quoi, comment et quand cette taxe s’applique et il sera alors facile de trouver comment l’éviter. C’est comme pour les impôts que seuls les benêts comme nous payons. Et donc les transactions financières vont continuer exactement comme avant. Vous allez me dire que le but n’est pas de supprimer les transactions financières mais seulement de produire un peu d’argent public en les taxant. Un peu comme si c’était une taxe morale, n’est ce pas !

    Mais ensuite le produit de cette taxe sera affecté, en théorie, à quelque chose du coté de la bourse ou du même genre. Outre que ce sont encore les mêmes qui en profiterons, rien n’est plus facile que de changer l’affectation d’une taxe, qui comme les radars aurait du servir à entretenir les routes et qui finit par financer le crédit d’impôt entreprise. Et nous nous retrouverons donc avec les politiques ayant crée une ressource de plus pour financer, toujours sans le moindre contrôle, leurs dépenses.

    Enfin comme ce sont les banques qui font le gros des transactions financières, elles répercuterons sur leurs clients les éventuels surcouts liés à cette taxe et c’est donc encore nous qui allons payer. Et en plus en croyant bien faire.

    De plus cette idée de taxe est d’une manière générale un bien mauvais concept. Quand vous donnez un service ou de l’argent à une association vous n’avez pas le sentiment de payer une taxe. Alors que quand vous payez des impôts, et tout le monde en paye ne serais ce que la tva, vous avez le sentiment d’être taxé et non d’aider une cause ou de participer à un service public.

    Deux idées fortes  se dégagent de ces réflexions :

    -d’une part il y en a marre que les politiques aient le droit de dépenser l’argent des autres sans contrôle et dans le seul but d’être réélu. On croit toujours que l’argent des autres ne nous coute rien, mais c’est faux. Tous les financements publics doivent comporter une partie de contribution choisie par la population. Par exemple si les habitants de Castres veulent une autoroute c’est avec l’argent des autres, alors que s’ils devaient payer pour construire l’autoroute, ça ne ferait peut être pas la même musique. Idem pour ce référendum sur NDDL, si la question était : êtres vous prêt à payer la construction d’un nouvel aéroport, on aurait une musique bretonne un peu différente.

    -d’autre part pour mettre en œuvre le principe ci-dessus, le contribuable doit pouvoir indiquer ses préférences pour l’affectation au budget de sa participation. Par exemple 50% pour l’éducation et rien pour l’armée. Evidemment il faut que derrière la mécanique suive et là tout le monde sera d’accord pour éviter de faire confiance aux politique pour cela. Mais alors quand est ce qu’on fait le ménage ?

    Michel Costadau

  • Rio

    Je ne vous apprends rien en disant que les politiques sont des gens dangereux, mais ça va aussi bien avec des exemples. On va parler de Rio, pas le Rio des brésiliens, non celui des sahraouis, le Rio del Oro. Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, occupé depuis 20 ans par le Maroc, mérite un  détour par la politique française. En effet, l’occupation marocaine, comme celle israélienne de la Palestine, n’est pas reconnue par l’ONU qui y a d’ailleurs envoyé une mission d’interposition, hélas vidée de son action puisque le Maroc grand pays démocratique a expulsé tous les fonctionnaires onusiens. Lamentable mais classique, cependant mon propos n’est pas là.

    Car figurez-vous qu’ il y a un groupe des amis du Sahara occidental –Espagne, France, Royaume Unis et Russie. L’Espagne parce que c’est leur ancienne colonie, la France parce que l’Algérie, ancienne colonie, est en guerre avec le Maroc ancienne colonie, le Royaume Uni on ne sait pas pourquoi, et la Russie parce qu’ils soutiennent beaucoup de mouvements de libération. C’est donc ce groupe qui discute avec le  Maroc pour s’efforcer de faire accepter et appliquer les résolutions de l’ONU. On va dire que c’est bien d’aider à faire appliquer les décisions de l’ONU. C’est même rare, puisque, d’une manière générale, l’ONU prend des résolutions qui ne sont jamais appliquées. Dans le cas précis du Rio del Oro, la mission de l’ONU se discute chaque année mais n’arrive pas à progresser à cause de la pression marocaine relayée activement par la France qui use de son droit de veto pour protéger Rabat en empêchant depuis vingt ans la tenue du référendum promis aux populations locales.

    Et nous voilà donc avec les politiques français présentant deux visages : l’un, le soutien des sahraouis avec le groupe des amis en promettant le référendum, et l’autre, le soutien du Maroc avec le droit de veto pour empêcher le référendum. Tout autre que mon père aurait perdu la tête, parce que du coup c’est quoi la voix de la France, l’action de la France, la position de la France, la grandeur de la France.

    Ne cherchez pas à trouver une raison diplomatique à cette pagaille, car il y a une seule réponse. Les politiques n’ont ni vision, ni parole, ni action. Ils ne cherchent qu’à rester au pouvoir c’est tout. Bien sur, vous l’éprouverez sur l’heure, ça ne mène à rien. Et donc je confirme que les politiques sont des gens dangereux, sans foi ni loi, car s’ils prennent une mesure pour satisfaire une partie de la population, ils prennent aussi la mesure contraire pour annuler l’effet de la première. Pour illustrer cette incurie un excellent exemple est le tabac. Fumer est interdit dans l’espace public et pourtant il y a autant de cancers du poumon. Et tout le monde est content. Le business du tabac se porte bien, les lobbies médicaux ont de quoi s’occuper et la population est ravie qu’une bonne mesure ait été prise. Tout le monde sauf les malades bien sûr mais, quand même, ils ont le plaisir d’être soignés.  Est-ce que je vous ai déjà dit qu’il faut arrêter de voter et remettre les choses à plat ? Il me semble que oui.

    Michel Costadau