Blog

  • Lesbos

    Lesbos

    Ca ne va pas être un super billet, mais je m’amuse en l’écrivant et c’est déjà pas mal. Oui on va parler du pape. Je sais ce n’est pas intéressant mais le pape, il se trouve qu’il a été en Grèce, enfin plus exactement à Lesbos. Lesbos c’est l’île des homosexuels et des lesbiennes, comme son nom l’indique. Et la Grèce antique, c’est le pays de la pédophilie qui était alors socialement admise. Alors, voir qu’un célibataire, dont l’organisation est en proie à des attaques sur la pédophilie, aille à Lesbos moi franchement ça me fait marrer. S’il avait voulu donner l’image que son organisation est basée sur la pédophilie, il n’aurait pas pu trouver mieux. Il y a plein d’îles en Grèce qui sont tout près de la Turquie, comme Samos ou Chios ou Rhodes par exemple, alors je ne comprends pas bien ce choix. En plus, il ramène dans ses bagages des réfugiés syriens pour les installer chez lui dans ses Etats personnels. Deuxième image dont le sens m’échappe encore plus. Soit il veut donner un exemple de charité, ce truc dont les cathos sont fanas après les massacres, mais alors c’est assez mal venu puisque on suppose que ce n’est pas lui perso qui va s’occuper des pauvres immigrés ; il va plutôt les confier au service ad hoc de son organisation et donc c’est plutôt raté. Soit il veut montrer l’exemple, ça aussi les cathos ils adorent et demander à chaque Européen de ramener des Syriens chez eux. Mais dans le genre c’est craignos, parce que les immigrés musulmans justement les Européens sont pas très chaud. Disons quelques uns pour faire la main d’œuvre à bon marché et augmenter la natalité, c’est ok, mais douze par famille catho il me semble que ça fait trop. Comme message c’est vrai que ça devient confus et je ne trouve aucune explication à ce déplacement.

    Alors, est-ce que ce ne serait pas une simple opération de communication, ce qui serait tout à fait logique, puisque c’est exactement ce qu’attendent les médias en ce moment. Les migrants sont à la une : photos, images et sons, et c’est le moment de faire son petit numéro sur le sujet, comme l’ont fait tous les politiques. Là où ça continue à m’échapper un peu c’est que c’est une affaire interne à l’Europe cette question de Syriens, mais, comme chacun sait, le public du Vatican n’est plus en Europe mais dans les autres continents surtout Afrique et Amérique. Disons en tout cas que les Européens sont un tout petit peu éduqués sur le sujet et donc arrivent à se dépêtrer des messages du Vatican. Ce qui me fait penser que ça doit être un coup de com c’est que Mélenchon a bondi sur l’occasion pour féliciter le pape. On voit bien là que tous ces has been du paysage politique se raccrochent à toutes les branches qui passent, et les médias leur filent un coup de main bien sûr.

    Quant à ceux qui auraient l’idée que le Vatican veut aider à ramener la paix en Syrie, disons que même en rêve ça ne tient pas la route. Quand depuis des siècles on trouve son business dans la misère et l’ignorance, la moindre des choses c’est d’être dubitatif. Quand on encourage voire soutient clairement toutes les tendances fascistes des sociétés : mariage, avortement, répression, morale, esclavage, colonisation, exploitation, conversion, on a du mal à croire qu’il y aurait du changement. Si le pape voulait rompre avec ses traditions ultraconservatrices il pourrait ne serait-ce que se mettre en civil, ça coûte pas cher, où alors plus sérieusement mener un combat pour le logement, par exemple ou purger ses écoles des jésuites, ou laisser tomber ses diplomates et ses banquiers. Les idées ne manquent pas certes, mais c’est nous qui les avons, ce n’est pas lui.

    Alors je retiens l’idée que c’est purement de la com. La com ça sert à ça : faire croire que ça change tout en ne changeant rien, c’est comme ça qu’on écrit l’histoire.

    Michel Costadau

  • Distorsion de concurrence

    Distorsion de concurrence

    Je cite directement la Rédaction Pleinchamp : Les arboriculteurs sont inquiets et il y a de quoi ! Ces derniers voient dangereusement approcher la période de traitement des cerisiers au diméthoate, insecticide utilisé pour lutter contre la mouche Drosophila Suzukii. Mais cette année ils ne pourront pas lutter contre ce ravageur particulièrement virulent, car ce produit, a été retiré du marché français par l’Anses, en raison des risques pour la santé des consommateurs et des agriculteurs. 

    Le problème : cet insecticide a été interdit en France mais pas en Europe… Les arboriculteurs français qui vont voir leur coût de production grimper en flèche, ont manifesté vendredi dernier à Avignon, pour dénoncer une « distorsion de concurrence. » Stéphane Le Foll est bien conscient du problème. Il a demandé à la Commission européenne d’activer les mesures d’urgence pour, d’une part, interdire immédiatement le diméthoate dans toute l’Europe, d’autre part, bloquer la mise sur le marché de cerises provenant de pays où l’insecticide est autorisé. Maintenant, la Commission doit se prononcer dans un délai de 7 jours, faute de quoi, la France « déclenchera une clause de sauvegarde nationale. » 

    Voilà donc encore une belle illustration des dangers que nous font courir nos politiques. Décomposons les choses.

    • L’Anses interdit un produit dangereux : rien à dire c’est la moindre des choses. D’autres pays ne le font pas : ça c’est pas clean mais ça veut dire que les lobbies y sont encore puissants. Néanmoins ces pays ont le droit de le faire.
    • Les arboriculteurs français vont voir leur coûts de production grimper en flèche: ça c’est de l’intox parce que, soit il existe d’autres traitements et même s’ils sont plus chers ça n’est pas le double, soit la quantité récoltée va diminuer en échange d’une augmentation de la qualité, ce qui est plutôt une diminution du chiffre d’affaires et des frais de production, donc le contraire d’une augmentation des frais de production. En plus, l’augmentation de la qualité peut se répercuter sur le prix. Le cas où le verger est en situation de ne rien récolter se couvre avec les assurances prévues par la PAC à cet effet. Donc, pas de croissance en flèche des prix de production ou alors il faudrait réclamer aux arboriculteurs le sur-bénéfice qu’ils ont fait dans la période où le produit était reconnu toxique mais pas encore interdit. Qui plus est, si le produit est autorisé dans certains pays, ou même s’il est interdit en Europe, beaucoup se contenteront d’aller l’acheter ailleurs et de le passer discrètement sans rien dire. Il faut rappeler, par exemple, que la Suisse n’est pas dans l’Europe.
    • Les arboriculteurs dénoncent une « distorsion de concurrence» : c’est là que ça devient honteux et malsain. Ca revient à dire que ceux qui empoisonnent la planète ont un avantage par rapport aux autres, c’est donc la porte ouverte aux produits toxiques. Pour bien comprendre l’hypocrisie qu’il y a là-dessous, imaginez que les Français parlent de distorsion de concurrence parce que le smig est deux fois moins élevé en Espagne ou en Grèce. Pourquoi ne pas imaginer alors un élève qui dirait à son prof qu’il y a distorsion de concurrence parce que certains élèves de sa classe ont de meilleurs résultats que lui. Clairement, dans le cas des cerisiers, il y a un appel implicite à polluer pour être compétitif. Qui va porter plainte contre ce gouvernement pour appel à polluer. Qui ?
    • Enfin arrive la menace de déclenchement d’une clause de sauvegarde nationale, qui est tout simplement la mise en place d’une barrière douanière, mais sans remettre en cause la pollution bien sûr. Mais vous savez tout se négocie dans le business, alors la vente d’armes contre l’importation de cerises ça pourrait arriver. Beurk. Mais qui empêchera ces gens-là de nuire ? Qui ? Et pendant ce temps là Hollande est en Egypte.

    Bonne nuit

    Michel Costadau

  • Pourquoi les sondages d’opinion ne veulent rien dire

    Pourquoi les sondages d’opinion ne veulent rien dire

    Ah ! que des sondages on en a, des sondages d’opinion je veux dire. Et vraiment les sujets ne manquent pas. 67 % contre le projet xxx, 54 % pour l’installation yyy, 62 % contre le renvoi zzz. La question que je me pose c’est : mais est-ce que ces sondages reflètent l’opinion de la population ou pas. Parce que s’ils reflètent l’avis des gens, c’est une certaine forme de démocratie directe. Mais s’ils ne reflètent pas les convictions des sondés, alors c’est de la manipulation pure et dure.

    La réponse est simple : les sondages ne reflètent pas du tout l’opinion de la population et ça se démontre.

    Pour commencer, on va se poser une question : mais qui décide de demander un sondage. Bonne question, mais ce n’est pas la plus pertinente. En effet l’important est qui va publier les résultats, sur papier, à la radio ou à la télé. En gros, qui va faire état de et/ou utiliser ce sondage.

    Peut être une jonction se fait-elle alors dans votre esprit entre –il y en a qui demandent des sondages, –il y en a qui font des sondages et –il y en a qui publient des sondages. Evidemment, toute la partie organisation du sondage est assez discrète, puisqu’il s’agit seulement d’élaborer un questionnaire, de trouver des sondés, de les interroger, puis de mettre en forme les résultats. La partie visible n’arrive qu’après, par la publication du résultat. A vrai dire, ce n’est pas le mot publication qui convient, c’est plutôt médiatisation. En clair, faire un sondage ne sert à rien si l’on ne dispose pas du vecteur de la diffusion des résultats. Or il n’échappe à personne que l’ensemble des médias, télé, journaux, radios, internet appartiennent tous à la caste politique/finance. Il n’y a en France aucun média de masse ou régional qui soit indépendant de la politique/finance. Cette mainmise a pour but de donner une information sélectionnée, manipulée, orientée, soit  exactement le contraire d’une information objective. Et donc, ce que les Français ont dans l’esprit c’est l’information pipée que leur déversent les médias. Alors, quand on leur demande  leur avis, les sondés répondent par rapport au contenu partial qui leur a été assené à longueur de JT, de discours politiques, d’éditoriaux et autres petites phrases. Et donc, en répondant aux questions, ils ne donnent en aucun cas leur avis ou leur opinion, mais seulement la restitution de ce qui leur a été déversé par les médias. On peut même dire que les sondages servent surtout aux politiques à vérifier que leur message est bien passé.

    Et voilà. Donc les sondages ne veulent strictement rien dire, ce sont de simples outils de communication des politiques. Je ne peux pas me priver du plaisir d’illustrer mon propos par la dernière « info » : création par Macron d’un parti ou un truc comme ça. S’il n’y avait pas les médias dites-moi qui serait au courant : eh bien cinq personnes, comme vous quand, avec quelques copains, vous  créez une association. En plus, le prochain sondage sur le pour ou contre ce parti de Macron ne va pas tarder.

    Alors bien sûr il y a des médias soi-disant indépendants genre Médiapart ou rue89, mais hélas ils ne servent que d’alibi car ils sont classés « opposition systématique », voire même « mauvais esprit ». De même que les petits candidats à la présidentielle servent, honteusement, d’alibi aux politiques.

    Pour terminer sur l’ampleur des dégâts, une autre illustration. Prenez tout le battage sur les paradis fiscaux. L’information objective serait que tous les riches sont des faussaires et des voleurs, car il n’est pas possible de devenir riche en respectant les lois et une fois qu’on est riche on cherche à le rester. Mais, bien au contraire, les médias nous montrent du doigt quelques brebis galeuses, ce qui est une excellent manière de dédouaner les autres c’est-à-dire 99,99 % des possédants et autres organisations internationales.

    Michel Costadau

  • Machine

    Machine

    Il paraît que la machine a triomphé de l’homme parce qu’elle a gagné une partie de go. C’est vrai qu’on entend des monuments de bêtises en ce moment, mais là c’est de l’intox pure et dure. Restons calmes parce que la seule chose qu’on peut dire, c’est que quelques personnes ont mis au point un programme qui a gagné la partie contre un autre individu, un champion certes. Le vainqueur n’est donc pas une machine mais ceux qui ont écrit les algorithmes sur lesquels est basé ce jeu. Y a pas de quoi fouetter un chat, parce que des programmes qui font des choses plus vite et mieux que les hommes, ça fait un sacré moment que ça existe. Et même c’est la base de la productivité. Essayez donc de faire décoller et atterrir des avions avec seulement les yeux et les oreilles de l’aiguilleur du ciel, ou de faire faire par des individus, même assez doués, le travail des robots de construction d’automobiles et vous verrez le désastre. Bon alors on se calme. Pour illustrer cela, il y a en ce moment une bagarre pour déverrouiller des codes de Smartphone, et je n’entends pas qu’il soit question que la machine se débrouille toute seule là-dedans, mais seulement de propriétaires de logiciels et de hackers. Ce qui est sûr c’est que les logiciels ont envahi notre vie depuis la machine à laver jusqu’aux ordinateurs, en passant par les effets spéciaux et les pannes de réseaux.

    Pour remettre les choses dans une saine perspective, les programmes et les logiciels sont, tout simplement, la suite de ce qu’hier on appelait l’artisanat. Parce que pour faire marcher une horloge, un sextant ou une machine à coudre, il faut un sacré paquet de technicité. Les développeurs de logiciels d’aujourd’hui  sont donc les successeurs des artisans d’hier. C’est vrai que parmi les informaticiens, il y en a qui sont franchement plus doués que les autres, qui trouvent des solutions là où ça parait impossible, mais c’est exactement ce que faisaient les artisans d’hier en mélangeant toutes les astuces possibles de manière à faire que ça marche.

    Le seul point qui m’inquiète un peu avec les logiciels, c’est qu’il y a en tellement partout, que je ne suis pas sûr qu’il y ait encore des gens qui sachent comment ça marche, ce qui oblige à en faire de nouveaux à chaque fois ; mais je pense qu’il y a en a qui tournent encore et dont plus personne ne sait ce qu’ils font.

    Alors, alors, il reste la question : mais pourquoi toute ce battage autour de cette partie de go. Pourquoi les médias enfourchent-ils, une fois de plus, le cheval du dépassement de l’homme par les machines. Et le refrain de l’intelligence artificielle, paradis de l’humanité. Et les machines qui apprennent toutes seules et vont vous pondre 10 Picassos par jour, plus vrais que les vrais.

    La raison on la connaît c’est le business, c’est la finance. Et cette raison se décline en plusieurs étapes. Première étape, le monde actuel est caractérisé par une fuite en avant dans laquelle les problèmes sont censés avoir leur solution demain, toujours demain. Mais pour faire croire qu’il peut y avoir des solutions, rien de tel que de vanter la puissance des machines que l’on qualifie allègrement de beaucoup plus fortes que les hommes. Deuxième étape, dans le monde actuel il n’est pas bon qu’un ou plusieurs individus n’aient pas confiance dans le système. A ceux-là il faut taper sur la tête, au propre et au figuré, et rien de tel que l’image d’un expert se faisant ratatiner par un logiciel. Troisième étape, pour le business, chaque individu n’est qu’un consommateur et ne doit surtout pas se mettre à penser ou réfléchir. Et les médias sont là pour lui rappeler qu’il doit avoir seulement confiance dans les machines et seulement dans la puissance des dominants. Il n’y a pas que la politique qui est triste, le business aussi.

    Michel Costadau

  • Agriculture paysanne

    Agriculture paysanne

    On en parle tout le temps, on la défend ou la discrédite, c’est à la mode en tous cas. Oui mais l’agriculture paysanne, ça veut dire quoi en fait, ça recouvre quoi au final. Alors on va réfléchir un max et essayer d’y voir plus clair.

    Pour commencer, on peut regarder ce qui n’est assurément pas de l’agriculture paysanne. Son contraire, pour ainsi dire, c’est l’agriculture productiviste. Là on voit mieux, c’est ceux qui ont des gros rendements, qui empilent les animaux dans d’immenses hangars, qui font des kilomètres carrés de serres, qui vident les nappes phréatique pour arroser le maïs et qui viennent régulièrement visiter les rayons  des grandes surfaces ou arroser de purin la sous-préfecture locale. Productiviste est assez bien choisi parce qu’ils produisent en quantité. Mais il manque un élément caractéristique, c’est qu’ils ne connaissent pas le client final, celui qui consomme leur produit direct ou transformé. Du coup il y a des intermédiaires, voire même beaucoup. On voit là se dégager une composante de l’agriculture paysanne : c’est, pour faire simple, la vente directe. D’un  seul coup on se rend compte, d’ailleurs, que ça a toujours été ça le métier des paysans. Vendre ses produits à des voisins, sur des marchés, à des meuniers. Bien sûr il y a toujours eu des ventes à des négociants, mais ça n’est pas ça qui faisait le revenu. Des anciens me racontaient que, même au temps du métayage, où le propriétaire prenait la moitié de la récolte, et bien on arrivait à en planquer un peu et ça permettait de vivre. Si nous revenons aux productivistes, il y a une autre chose qu’ils ne maitrisent pas, bien qu’ils en soient  de gros consommateurs, c’est ce qu’on appelle les intrants : engrais, produits phytosanitaires, semences, de même que le matériel agricole. Est-ce qu’il y a moyen de faire autrement ?Oui largement, car même sans être en bio, on peut avoir des animaux et mettre le fumier dans les champs plutôt qu’au méthaniseur, on peut aussi faire ce qu’on appelle des couverts végétaux qui sont des engrais verts, des rotations avec des légumineuses ou des protéagineux de façon à nourrir le sol avec des produits que l’on maitrise.  Voilà donc notre contour qui se précise un peu. Un agriculteur qui commercialise directement tout ou partie de ses produits, qui a des contacts avec ses clients, qui fait des rotations dans ses cultures, qui ne prend pas les animaux pour du matériel, je crois qu’il commence à faire de l’agriculture paysanne. Vous allez me dire qu’il fait de bons produits aussi. Ben ce n’est pas aussi simple, car s’il est vrai que le productiviste ne fait pas de bons produits mais seulement des produits calibrés, agriculture paysanne ne veut pas forcément dire bon et il ne faut pas oublier qu’il y a des bios productivistes. En fait, il y a toute une gamme de pratiques plus ou moins vertueuses, agriculture de conservation, agriculture raisonnée, agro-écologie, agroforesterie, bio ou biodynamie, mais aucune ne peut se targuer du monopole du goût ou de la qualité.

    Donc si vraiment vous voulez, des produits de goût supérieur, le plus simple c’est de les produire vous-même au jardin. Parce qu’en fait l’agriculture paysanne c’est comme ça que ça a commencé.

    Michel Costadau

  • Externalisation

    Externalisation

    J’entends dire que la seule chose de bien avec l’Europe, c’est d’avoir amené la paix car il n’y a plus de guerre. D’autres ajoutent que l’Europe a amené un bon niveau de vie car les magasins sont pleins et les gens achètent. Et aussi que l’Europe a porté la démocratie à sa quintessence et qu’on cherche à exporter ce modèle. Oui, on entend plein de choses. Mais juste une question en passant : avez-vous entendu parler de l’externalisation. Parce que s’il y a un point où l’Europe est championne, c’est bien l’externalisation. En effet, s’il n’y a pas de guerre entre pays européens, c’est parce qu’on a mis la guerre partout dans le monde pour ne pas l’avoir chez nous. Guerre en Afrique, pratiquement dans tous les pays, guerre au Moyen Orient, du Liban jusqu’au Pakistan, guérillas en Asie, guérillas en Amérique Latine. Surtout ne me dites pas que nous n’y sommes pour rien, ou je me verrai obligé de vous demander qui a formé et armé les milices syriennes, les talibans ou les tontons macoutes, sans parler des ventes d’armes. Non seulement nous n’y sommes pas pour rien, mais ça fait partie de notre philosophie = piétiner les populations pour avoir du beurre dans nos épinards. Ça doit être ça notre fameuse démocratie.

    Vous allez me dire : mais pourquoi tu nous parles tout d’un coup d’externalisation ? Tout ce que tu viens de dire on le sait, c’est clair. Eh bien je vous en parle parce que l’Europe vient d’ajouter un nouveau fleuron à l’externalisation : la gestion des émigrés. Et oui, l’Europe terre d’accueil, terre des droits de l’homme, oui, oui, mais pas pour tout le monde quand même. Double discours, d’un côté on vient au secours des immigrés avec des tentes et des sacs de riz, et de l’autre on veut mettre la xénophobie dans la constitution et en attendant on remplit les journaux de discours racistes, on expulse et on rase à tour de bras. Alors nous on accueille, mais on traite avec la Turquie pour refouler. On traitait déjà avec le Maroc, la Libye et quelques autres Etats super démocratiques. Mais c’était plus ou moins caché. On payait les barrières et les refoulements discrets, mais maintenant, la technocratie a sauté le pas et c’est officiellement que l’on dit  à la Turquie : c’est tant le refoulé. Il y a des objectifs et des contre-parties qui quand même restent assez discrètes bien que ce soit de l’argent public.

    Vous voyez, c’est ça l’externalisation, on ne veut pas savoir comment la Turquie et le Maroc s’y prennent avec les droits de l’homme, mais nous c’est clean, super clean. Bientôt, si ce n’est pas déjà fait, l’Europe aura le Nobel de la Paix pour avoir su si bien externaliser la guerre.

    Cela dit il faut noter qu’en Europe il n’y a peut-être pas la guerre, mais il y a quand même des victimes. C’est troublant, surtout quand les voyous qui occupent le pouvoir parlent des valeurs, de nos valeurs. Mais pourquoi on les laisse faire ces gens-là, pourquoi on continue à écouter leurs mensonges, à regarder leurs simagrées hypocrites. Vous savez, quand quelqu’un n’est plus capable d’exercer ses responsabilités on le met sous tutelle. L’Europe c’est le contraire ; n’étant plus à même d’exercer la moindre responsabilité elle s’enferme dans un bastion ceinturé de banques, mais c’est quand même elle qui donne des leçons. Honte à nous.

    Michel Costadau

  • NDDL

    NDDL

    Alors nous voila avec un référendum sur NDDL. Le seul mot que j’entends partout c’est piège, double piège. Piège pour les opposants si une majorité pour l’aéroport apparaît, piège pour le pouvoir si une majorité contre le projet se dégage ou si le résultat est attaquable légalement. Bon on fait quoi avec ça ? Ben surtout on garde l’esprit clair et on analyse. Première analyse l’opposition au projet ne risque strictement rien dans cette affaire. L’opposition au projet n’est pas du tout basée sur une quelconque décision locale mais seulement sur des raisons politiques, économiques et environnementales de non-opportunité. Quel que soit le résultat du scrutin, l’opposition restera opposée avec les mêmes arguments et les mêmes combattants. Y a des âmes bien intentionnées qui disent oui, mais si le projet obtient une majorité, alors il sera plus facile d’expulser les opposants. Ah bon et pourquoi s’il vous plait ? Les opposants n’ont jamais eu d’autre légitimité que leurs convictions, et le pouvoir a déjà tous les arrêtés, décrets, décisions pour intervenir. Quel que soit le résultat de ce scrutin, l’opposition ne sera en aucun cas affaiblie, puisque aucune de ses motivations n’aura été concernée. Au contraire, c’est une épreuve de plus qui aura été dépassée. Et, en plus, il y aura une bonne partie de la population qui aura dit non. Bon mais alors pourquoi le pouvoir organise-t-il ce scrutin, si ce n’est  pour affaiblir l’opposition. Bonne question. Là il faut faire une petite réflexion de plus et comprendre la phrase clé = le pouvoir ne fait que de la politique. En effet le pouvoir n’est ni pour ni contre ce projet, comme tous les projets d’ailleurs. Le pouvoir fait des projets uniquement pour garder le pouvoir, c’est sa seule règle de conduite, sa seule morale, sa seule règle du jeu. Si un projet se fait, il se l’approprie et les lobbies passent à la caisse. S’il ne se fait pas, on passe au suivant. Si un projet s’avère désastreux à terme, on s’en fout c’est pour les autres.

    Bon ok on a une réflexion de plus, comment on l’applique. Ben il suffit de continuer la réflexion. Si le scrutin n’est pas dirigé contre les opposants au projet, contre qui alors ? En fait contre personne, c’est juste pour créer un évènement qui va permettre au pouvoir de s’exprimer. Ben mince alors. Ce scrutin a pour seul but de permettre aux soutiens de Hollande de mobiliser la population moins d’un an avant 2017.

    Mais alors que va-t-il se passer ? Ben le scénario retenu par le pouvoir est le suivant : le scrutin sera organisé sur une base suffisamment fragile pour être attaquable, c’est indispensable. Le résultat sera oui mais serré ; en effet, une trop grande majorité ridiculiserait le bienfait du scrutin et une victoire des non serait pénible. Et ensuite ? Ben ensuite quel que soit le résultat du scrutin, il ne se passera strictement rien de plus sur le terrain avant 2017. En effet, ni une occupation par la force de la zone, ni la promesse de commencer le transfert rapidement, n’apporterons la moindre voix supplémentaire à Hollande, surtout avec de nouvelles actions en justice. Au contraire.

    Alors tout ça pour quoi ? Ben on vous l’a dit, tour de chauffe de 2017, c’est tout. Pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, la campagne des présidentielle a commencé il y a quatre ans. Circulez y a rien à voir. Par contre, ce qui devient clair c’est que nous avons un pouvoir aux abois, qui navigue à très très très court terme et crée beaucoup d’embûches pour l’avenir. La politique, vous savez, c’est triste.

    Michel Costadau

  • Programmes

    Programmes

    Tous les politiques ont des idées, des projets et des programmes qui sont censés convaincre les électeurs. Ces projets occupent tout leur esprit et ils n’arrêtent pas d’en parler avant ou après. Et justement, après, il apparaît clairement que les choses ne se passent pas du tout comme promis. J’ai donc analysé la situation en profondeur et découvert le vrai programme des politiques, celui qui réellement fonde leur action. Après cette découverte, leur comportement devient beaucoup plus facile à comprendre. C’est assez édifiant.

    Hollande : être réélu, être réélu, être réélu, être réélu, être réélu, être réélu, être réélu, être réélu,

    Valls : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président, devenir président,

    Macron : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président,

    Sarko : redevenir président, redevenir président, redevenir président, redevenir président,

    Juppé : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président,

    Le Pen : emmerder le monde, emmerder le monde, emmerder le monde, emmerder le monde,

    Royal : devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente,

    Fillon : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président, devenir

    Bayrou : devenir président, devenir président, devenir président, devenir président,

    Mélenchon : passer à la télé, passer à la télé, passer à la télé, passer à la télé, passer à la télé,

    El Khomri : se faire licencier, se faire licencier, se faire licencier, se faire licencier,

    Berger (cfdt) : surtout pas de vagues, surtout pas de vagues, surtout pas de vagues,

    Martinez (cgt) : surtout pas de vagues, surtout pas de vagues, surtout pas de vagues,

    Mailly (fo) : surtout pas de vagues, surtout pas de vagues, surtout pas de vagues, surtout pas de vagues,

    Laurent (pcf) : pourvou  que ça doure,  pourvou  que ça doure, pourvou  que ça doure,

    Duflot : devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente,

    Cohn-Bendit : n’importe quoi, n’importe quoi, n’importe quoi, n’importe quoi, n’importe quoi,

    Ayraud : Ahh rrreu guili guili, Ahh rrreu guili guili, Ahh rrreu guili guili, Ahh rrreu guili guili,

    Pécresse : devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente, devenir présidente,

    Delga : d’abord taisez-vous après on discute, d’abord taisez-vous après on discute, d’abord taisez

    Onesta : d’abord taisez-vous après on discute, d’abord taisez-vous après on discute, d’abord taisez

    Malvy : tchao pantin, tchao pantin, tchao pantin, tchao pantin, tchao pantin, tchao pantin,

    Vallaud Belkacem : plus près de toi mon dieu, plus près de toi mon dieu, plus près de toi mon dieu,

    Le Drian : Breton et complètement c.., Breton et complètement c.., Breton et complètement c..,

    Le Foll : Breton et complètement c.., Breton et complètement c.., Breton et complètement c..,

    Comme vous pouvez le remarquer la place de président est extrêmement convoitée. Vous vous dites que c’est parce que la place est bonne, nourri, logé, voyages, distractions, cadeaux, scooter fourni, protégé par la justice, aucune décision à prendre. Eh bien non pas du tout, la place est convoitée parce que chaque candidat n’est que la couverture d’un ou plusieurs lobbies. Ces groupes veulent avoir leur président et il leur faut un pion pour prendre la place. Donc, ils nous font la simulation de la démocratie mais ce n’est qu’un jeu entre eux. En plus, à ce jeu y a pas de perdants puisque les lobbies qui n’ont pas pu placer leur copain, gardent quand même toute leur capacité de nuisance.

    Comme quoi les programmes simples sont quand même ceux qui marchent le mieux.

    Michel Costadau

  • Sivens

    Sivens

    Sivens est vraiment emblématique des graves dérives de notre démocratie. On va d’abord énoncer les dérapages, puis développer.

    1.      Décision du Conseil général validée par arrêté préfectoral, de commencer le défrichage de la zone humide avant le jugement des plaintes pour non-respect de la loi sur l’eau,

    2.      Envoi par le préfet de militaires sur le site lors d’une manifestation autorisée. Cet envoi s’est traduit par la mort, injustifiable, d’un jeune militant,

    3.      Circulation, non filtrée par les gendarmes, de milices agricoles armées autour du site pendant quatre jours,

    4.      Destruction du bâtiment classé de la métairie neuve sans aucune justification instruite,

    5.      Transaction entre le ministère et le Conseil général pour payer les frais engagés indûment par le CG en échange de l’arrêt du projet, afin d’éviter à l’Etat de payer les infractions à la loi sur l’eau.

    Bien sûr ces actes ne seront jamais jugés parce que la justice est au service du pouvoir, ce qui est la porte d’entrée  du déni de la démocratie. Constatons aussi  que l’arrêt du projet a provoqué la rage des élus et du syndicat agricole, parce qu’ils ont été pris la main dans le sac et qu’ils songent encore à se venger.

    Maintenant développons un peu.

    1.      Le fait de vouloir commencer les travaux avant l’instruction des plaintes enregistrées, s’appelle un passage en force. C’est vouloir faire une réalisation potentiellement illégale avant le rendu des jugements correspondants, en escomptant, donc, qu’une fois terminée, la réalisation ne pourra plus être touchée par la justice qui, peut-être même, ne rendra aucun avis. Les pouvoirs publics sont coutumiers du fait, par exemple en déclarant d’utilité publique des projets rejetés au moment de l’enquête publique. Pour empêcher cela, il n’y a que deux pistes : multiplier par 10 la vitesse de la justice, euh assez peu probable, ou occuper, avec beaucoup de courage, les sites concernés pour empêcher les travaux.

    2.      Cette attitude assez classique, visant à  assimiler les manifestants à des casseurs, demande en fait une double collusion. D’abord le choix par la préfecture d’agir illégalement mais aussi, la couverture médiatique correspondante. Pour éviter cela, bien peu de moyens, à part la presse libre, dont le pouvoir est très limité.

    3.      Ce laxisme est assez rare, d’une manière générale, sauf avec les agriculteurs qui, pour des raisons de dépendance des élus locaux, sont systématiquement protégés par les gendarmes lors de leurs exactions. Empêcher cela ne consiste sûrement à monter des contre-milices. Non la seule réponse est la non-violence qui demande pas mal de courage.

    4.      Ce dérapage est exclusivement dû à la baffe reçue par les institutionnels dans cette affaire. C’est donc du registre de la vengeance. De la vengeance des pouvoirs publics ! Ce dysfonctionnement comprend toujours une étape avec le vote d’une collectivité territoriale. La seule défense est alors d’avoir des citoyens en mesure de dénoncer localement ces agissements.

    5.      Cette transaction consiste à acheter le  vote d’une collectivité. En d’autres termes, c’est de la corruption, de la corruption d’Etat. Je ne sais pas s’il y a des moyens de s’opposer à cela, parce que  nous rentrons là dans le domaine des agissements mafieux des pouvoirs publics.

    Mon analyse me conduit à penser que, dans cet exemple comme dans beaucoup d’autres, ce sont tous les élus qui bafouent la démocratie. Alors pourquoi faudrait il que je vote pour eux ?

    Michel Costadau

  • Jean-Luc

    Jean-Luc

    Salut,

    Sacré Jean-Luc, tu n’en rates pas une on dirait. Alors voila que maintenant tu t’es autopropulsé candidat en 2017. Je comprends ton plaisir à évoquer cette campagne, avec des salles à remplir, des discours à faire applaudir, des petites phrases à lancer et des plateaux télés surement plus copieux que ceux des restau-u. Je comprends un peu, mais je n’approuve pas, mais alors pas du tout. Qui t’a demandé de te présenter ?  Eh oui tu as raison, toi et toi seul. Bien sûr il y a des gens qui voteront pour toi, parce que si tu n’étais pas là ils ne sauraient pas qui choisir et peut-être ne se déplaceraient-ils même pas. Seulement, même si tu refaisais ton résultat de 2012, qu’est-ce que ça changerait. Tu sais combien valent tes 11 % sur l’échiquier politique = exactement 0, score que tu aurais pu faire sans te présenter. Parce que, est-ce qu’on t’a demandé ton avis sur la déchéance de nationalité, sur le droit du travail, sur les logements sociaux, sur la fusion des Régions, sur la jungle de Calais, sur la réforme scolaire, sur les bombardements syriens, sur la privatisation des aéroports ou sur l’avenir du nucléaire ? Réponse non, et heureusement parce que si on t’avait demandé ton avis ça s’appellerait de la trahison. Non, Jean-Luc, tes 11 % ne valent rien, à part pour ta gloriole personnelle. Au contraire, tu as piégé des gens dans un système électoral qui ne fonctionne plus, qui ne sert qu’à légitimer le pouvoir de la finance. Que dit le pouvoir : vous avez vu ce sont des élections libres, plein de gens peuvent se présenter et le peuple décide, c’est ça la démocratie. Oui, mais en 50 ans de fonctionnement avez-vous vu un seul président qui ne soit pas PS/LR. Parce que c’est ça leur règle du jeu : il y a la caste politique, qui joue à majorité/opposition, monopolise le pouvoir et tient la population en haleine avec des réformes qui vont toujours dans le même sens, c’est-à-dire la libéralisation. Alors, pour masquer cette domination il faut jouer à la démocratie. Il faut trouver des petits candidats dont la présence fait croire qu’il y a un choix. Eh oui Jean- Luc tu ne sers que de faire-valoir, d’alibi, de caution au système PS/LR. Tu vas me dire : mais pourquoi ne pas envisager d’être au second tour. Certes ce n’est pas complètement impossible, surtout quand on en est encore loin, mais rappelle-toi, Le Pen a déjà été au second tour et après il a eu un député, un seul. Et puis pour gagner le second tour il faut proposer le même programme que les autres. Parce que si tu dis qu’il faut doubler le smic, ou aligner le salaire des femmes sur celui des hommes, alors ce n’est pas 11 % que tu auras, mais 3 %. N’as-tu pas encore compris Jean-Luc que le système fonctionne en vase clos, que Tsipras est le même que les autres, que Iglésias est le même que les autres, que ce ne sont pas ces gens-là qui gouvernent, c’est la finance, c’est le G8. Tu es, je le sais, un homme politique c’est-à-dire quelqu’un capable de convaincre, mais maintenant c’est toi que tu dois convaincre de cesser cette mascarade. Continue à dénoncer, là tu as raison, et renonce à cette candidature injurieuse pour ceux qui constatent que notre démocratie est dans l’ornière et qu’il faut arrêter de faire semblant. Si pour toi la démocratie c’est faire que l’opposition n’ait aucun pouvoir, on ne va pas être d’accord parce que moi j’appelle ça la dictature.

    Avec mes meilleures salutations.

    Michel Costadau