Et dire que ce n’est que le début de l’IA, c’est un peu inquiétant quand même.
Déjà il y a des dizaines d’IA spécialisées, peut-être des centaines ou des milliers. Et la guerre des IA bat son plein. Ou tout au moins la bataille pour la mobilisation financière avec discours hypocrites, courtois et de bonne entente.
Dans la recherche d’investisseurs c’est à couteaux tirés et la France et l’Europe sont déjà hors course. Et c’est leur faute parce que vous savez ce qu’ils sont en train de ressortir : la préférence nationale et la préférence européenne. On croit rêver. Les entreprises françaises doivent choisir des IA françaises. Comme ça elles sont sûres de rester à la traine et tout le monde va continuer à dire pis que pendre des américains et des chinois.
Attendez, je ne suis pas pour le développement de l’IA, des data centers et la commercialisation du savoir. Mais pour les investissements IA soit on fait la guerre, soit on développe un petit modèle pédagogique pour le CM2. C’est une spécialité française les modèles de démonstration. Nous donnons l’idée et les autres la réalise, en vrai.
Non, pour moi, si on fait la guerre économique on ne compte pas du tout sur des préférences nationales, ni sur des niches ou des obligations voire des sentiments cocorico, mais on va chercher l’argent où il est c’est-à-dire chez les milliardaires qui sont mondialisés et majoritairement américains et chinois.
Alors évidemment l’argent chinois rapporte aux chinois. Mais ce n’est pas ensuite en devenant obligé d’acheter des IA chinoises que l’on aurait résolu le problème. Il me semble que l’industrie automobile a choisi cette solution sino-américaine avec des co-entreprises. Quand on ne peut pas faire la confrontation face à face en force il convient de pactiser avec l’ennemi sauf à accepter de disparaitre.
En fait il y a peu de domaines économiques qui ne sont pas mondialisés. Agriculture, ressources naturelles, chimie, médecine, automobile, informatique tout est mondialisé. Même la défense est au moins européanisée, ce qui pose quelques questions sur les accords qu’il peut y avoir et dont on ne connait rien.
Alors qui ose encore parler de préférence nationale, à part quelques politiques en recherches désespérées de votes. Clairement les financiers se moquent complètement de ce mantra national et font ce qu’ils veulent puisque de toutes façons les politiques sont, exclusivement, à leur service.
En y réfléchissant, Il apparait certain que la construction de l’Europe et du marché commun a été un des ferments de la dégringolade française ou si vous préférez de la montée en puissance de la Chine et des US.
Oui la facilité d’un marché captif et les possibilité d‘une main d’œuvre pas chère dans le même espace avec de jolies normes a donné une espèce de confort aux entreprises françaises qui se sont mises à ronronner en demandant de petits aménagements pour couvrir les aspects humains un peu dégradés des transferts d’emplois. Mais exporter au sein de l’UE ce n’est pas du business, c’est de l’entraide au coin du feu. Et devenir champion dans l’UE c’est comme les applaudissements des parents d’élèves aux fêtes scolaires de fin d’année.
En plus cette idée que c’est la commission européenne qui définit tous les accords commerciaux des pays de l’UE a de quoi vous faire tomber sur la tête. La France tient des discours vertueux, droit de l’homme, protection de la nature, juste rémunération et en sous-main dit à la commission de signer des accords ultralibéraux, de bafouer les protections sociales et de commercer avec Israel.
Alors la politique européenne devient incompréhensible pour la population qui croit toujours que la France protège les français.
Les anglais ont compris le piège et sont sortis de cet entre-soi toxique. Pas pour que la vie soit plus facile pour le pays mais pour quitter la cour de récrée et aller dans la rue. Evidemment quand on reste dans la cour de l’école, les accords mercosur, ceta, jefta et autres paraissent agressifs et à contre-courant.
Oui ce ne sont pas les US mais nos propres hommes politiques qui nous maintiennent dans l’ignorance et le mensonge. Les US ont un discours clairement raciste et suprématistes et ne s’en cachent pas. Tandis que nous nous avons un discours vertueux et humaniste mais nous faisons le contraire.
Et c’est pareil pour l’IA qui soi-disant n’a pas d’opinion, ni juridique, ni politique, ni morale. Elle s’en sort facilement par une pirouette en disant à chaque fois qu’il y a diverses possibilités, avec peut-être même des probabilités. Mais pour moi, l’IA est un acteur puissant du volet consommation du capitalisme.
Mais ce n’est peut-être pas……..
Michel Costadau
