Catégorie : Classe politique

  • Mutation-2

    Mutation-2

    Certains semblent s’étonner qu’en pleine épidémie il y ait des réactions fortes aux actes racistes, aux méthodes policières, aux symboles de domination ou aux déformations de l’histoire.

    En fait ce sont simplement quelques effets de la mutation en cours avec un nouveau changement de mentalité, surtout chez les jeunes il est vrai.

    Mais qu’est-ce qui a changé ? Ce qui a changé c’est le rapport de chacun à son existence. Schématiquement nous sommes passés :

    – d’individus se sentant isolés avec la seule possibilité de se regrouper localement pour se défendre contre un monde matériel et économique,

    – à un nouveau niveau de prise de conscience de l’identicité, de la similitude, de la communauté de tous les humains.

    Bien sûr ce mouvement planétaire est en cours depuis longtemps, mais progresse par sauts qualitatifs à l’occasion de crises. Et cette épidémie a vraiment été un important déclencheur par la découverte d’une exposition vraiment mondiale. La bombe atomique japonaise avait encore un caractère local et, jusqu’à présent, les crises économiques touchaient l’occident et non tous les continents.

    Et du coup le racisme devient incompréhensible parce qu’il s’est avéré impossible de refuser de soigner quelqu’un au nom de sa couleur. Les méthodes policières deviennent insupportables parce qu’elles tentent de séparer quelques humains du corps unique que constitue l’humanité. De même il est difficile de supporter les honneurs attribués à des négriers alors que la santé est en train de devenir un bien commun. Quand aux déformations de l’histoire, on les supporte depuis longtemps avec par exemple le mythe de la conquête de l’Ouest qui n’a consisté qu’en une guerre d’extermination, et on ne l’avoue toujours pas, mais ça progresse.

    On peut résumer la prise de conscience par un slogan : tous égaux devant le virus.

    En fait ce n’est pas tout à fait vrai puisque le virus s’est développé surtout dans les organismes les plus fragiles ou, ce qui est la même chose, les moins résistants. Certes c’est lié à l’âge mais tous les octogénaires sont loin d’y être passés et chez beaucoup de gens le virus a été bénin.  Mais, vous le savez, il reste encore beaucoup à apprendre sur le sujet.

    Néanmoins cette exposition mondiale a rendu les discours inaudibles. C’est-à-dire que ce qui était bien intégré par une grande partie de la population est, d’un seul coup, devenu repoussant pour ces mêmes personnes. Par exemple  l’« América first » de Trump qui était ressenti comme « on va enfin s’occuper de nous » par la classe moyen pauvre a basculé vers « mais qui s’occupe de nous ? ». Ce n’est, évidemment, pas du tout pareil.

    Et chez nous la rengaine réformatrice du clown, basée sur la suppression d’emplois a  perdu tout son sens quand elle a été remplacée par une course à la sauvegarde des emplois. En deux mois, le gouvernement a détruit plus d’emplois que la crise pétrolière de 73 et maintenant il faut endiguer ce qui, il y a trois mois, était souhaité. Ah oui j’oubliais de dire que la population a une énorme résilience et retient de l’épisode non pas 30 000 décès, mais tous les millions d’euros et d’emplois envolés. Les décès on y est habitués, la gabegie pas encore.

    Michel Costadau

  • Exit

    Exit

    Je lis depuis quelques jours des trucs ahurissants sur notre système de santé. Le dernier en date titre la « désillusion française » en faisant une comparaison hasardeuse avec la défaite éclair de nos vaillantes armées en 1939. Les Français ont perdu leur « souveraineté sanitaire », ils sont tombés de leur « piédestal » persuadés d’avoir les meilleurs hôpitaux du monde et découvrant des établissements malades. Holà holà, halte au feu, on se calme. En fait ce que l’on nomme notre système de santé comporte trois volets :

    – un volet médical public et privé composé du personnel hospitalier, de la formation médicale, de recherches appliquées et d’un ensemble de bâtiments et de matériels,

    – un secteur administratif ou ministériel composé de fonctionnaires, de technocrates et d’élus,

    – et un volet pharmaceutique et industriel comprenant les labos et les fabricants d’appareils souvent très perfectionnés.

    Clairement, notre secteur médical est de toute première qualité tant pour la qualification du personnel que pour les protocoles. Peut-être pas le meilleur du monde dans tous les domaines, mais vraiment dans le peloton de tête partout. C’est une chance de se faire soigner en France et, d’ailleurs, beaucoup de ressortissants d’autres pays viennent chez nous dans les cas difficiles. Il y a même une certaine émulation entre hôpitaux et entre publics et privés pour améliorer les techniques et diagnostics.

    Il ne me viendrait pas à l’idée d’aller me faire soigner à l’étranger et presque tout les Français sont comme moi. D’ailleurs ce volet médical a été tout à fait à la hauteur dans l’épisode du virus. À aucun moment il ne s’est trompé dans les diagnostics et les traitements.

    Par contre il a connu des problèmes de moyens dont, tout aussi clairement, le secteur administratif est entièrement responsable. En effet tout ce qui touche les administrations est une catastrophe. Comment est-il possible que ce soient des technocrates qui décident des commandes de matériels, de masques ou de réactifs. Comment dans la panique, les collectivités territoriales ont-elles été amenées à se substituer à l’État pour lancer des approvisionnements. Comment les préfets ont-ils pu pirater des matériels destinés à d’autres. Contrairement au secteur médical, il y a eu là des errements coupables, qui hélas ne seront jamais sanctionnés.

    Il se trouve que le secteur administratif est entièrement politique et tout le monde a pu constater que ces gens-là n’étaient et ne sont toujours pas à la hauteur, ni en termes de personnalités ni en termes de décisions. Si l’on doit faire une comparaison avec 1939, alors il faut les comparer avec le ministère de la Guerre et les généraux de l’époque et non avec l’armée qui, bien qu’offerte démunie aux canons de l’assaillant, s’est quand même battue et a réussi à se replier en Grande- Bretagne.

    S’il y a donc une refonte du système de santé à envisager c’est sur la place, le rôle, le pouvoir des politiques qu’il faut agir.

    Parce que ce sont ces gens-là qui ont inventé le déficit de la sécu et de l’assurance maladie. Ils ne parlent pas encore du déficit de la justice ou de l’école mais ils en ont envie. Et, pour eux, le déficit de la police, de l’armée, des opérations extérieures, comme ils appellent sournoisement notre terrorisme d’État, ne sera jamais à l’ordre du jour. Exit

    Michel Costadau

  • Evidence

    Evidence

    Il n’y a rien de plus difficile à voir que l’évidence. Vous l’avez sous les yeux, elle vous éblouit et vous ne la voyez pas.

    L’évidence c’est que chez nous, en France, le confinement sans dépistage a augmenté le risque d’infection par le virus. Démonstration : l’absence de détection laisse la population mélangée entre porteurs et non-porteurs. La fermeture des magasins, des restaurants, des plages, des promenades et de beaucoup d’entreprises a amené les gens à aller dans les seuls endroits ouverts : essentiellement les grandes surfaces. Ils se sont donc retrouvés en plus grand nombre au même endroit au même moment créant ainsi une augmentation du risque d’infection, puisqu’il y avait beaucoup plus de chances d’y rencontrer un porteur. Cqfd.

    Remarque : cette affirmation semble se trouver confirmée par ce que j’ai constaté le 13 mai : une baisse notable de concentration dans les grandes surfaces, moins de voitures, moins de personnes dans le super, moins de queue à la caisse. Pourquoi, parce que les gens étaient ailleurs sur le marché, dans les magasins ré-ouverts, chez le coiffeur, chez brico, etc. La dispersion des gens n’a pas pour conséquence la plus grande propagation du virus mais au contraire une moindre chance de rencontrer un porteur. Et cela se trouve encore renforcé par le fait que les foyers de propagation ont presque toujours eu pour origine un rassemblement plus ou moins important.

    L’évidence c’est que toutes les régions n’ont pas du tout étées touché de la même manière. Les mesures «nationales» ont donc été dans le sens contraire de l’efficacité de la lutte contre le virus, puisque au lieu de concentrer les moyens sur les zones les plus touchées, Alsace, Oise, RP, par exemple pour dépister, elles ont dilué l’effort dans tous le pays et donc dans beaucoup d’endroits où ça n’a servi à rien.

    Je ne sais pas encore si tout cela pourra être évoqué en justice, mais le fait est que nos dirigeants ont probablement aidé à la propagation du virus et sont donc responsables de décès qui auraient pu être évités. Entre autres il faudra expliquer, pourquoi à eux seuls les 4 pays du bout de l’Europe de l’Ouest font presque 40 % des décès mondiaux.

    L’évidence c’est qu’il y a beaucoup trop de chiffres et que presque tous les chiffres sont biaisés. Par exemple pourquoi indiquer le nombre de personnes infectées alors qu’il dépend uniquement de la quantité de détections effectuées, c’est une lapalissade. Plus on teste plus il y en a. Et donc comparer d’autres chiffres à celui-là n’a aucun sens, par exemple le pourcentage des guéris.

    L’évidence c’est que le modèle exponentiel basé sur une bascule progressive entre le nombre de personnes pouvant être contaminées et le nombre de personne ne pouvant plus l’être, et utilisé pour justifier les mesures, n’a pas correspondu à la réalité, car, heureusement, très peu de personnes ont été infectées. Qui plus est, l’accroissement des décès a continué bien après la décision de confinement.

    L’évidence c’est que les mesures annoncées le 11 mai sont celles-là même qu’il aurait fallu prendre le 15 mars : cloisonnement départemental, ralentissement des déplacements avec télétravail et chômage partiel, maintien des commerces avec distribution de masques, écoles à la demande. Ça aurait fait moins de victimes et évité ce plongeon démocratique dont on aura du mal à se remettre.

    Ce n’est pas une seule erreur mais un empilement d’erreurs qui fait les catastrophes.

     

    Michel Costadau

  • Capsule

    Capsule

    Il y a quelques théories intéressantes qui circulent ces jours-ci. Certaines concernent l’avant, comme celle qui dit que la crise sanitaire n’est que la couverture d’une crise économique qui aurait de toute façon eu lieu et qui permet aux politiques de se dédouaner. Cette théorie est évidemment invérifiable mais est assez compatible avec la dimension suicidaire que j’ai évoquée. D’autres concernent l’après et il y en a au moins deux qui s’affrontent. A vrai dire les deux parlent de la refondation de l’ordre mondial mais l’une cherche à mettre en avant la solidarité comme moteur de nouveaux développements, et l’autre la flexibilité comme nouveau mode de fonctionnement du travail. Il faut attendre quelque temps pour voir les premiers signes. À vrai dire ce n’est pas le sujet. Pas encore.

    Oui parce que depuis un moment de nouvelles images de l’être humain se présentent à nos yeux.

    Avec le Sida on a eu l’incitation aux rapports protégés, on a ainsi commencé à mélanger la reproduction avec la maladie. Avec Ebola et les premiers SARS on a commencé à voir la désinfection des lieux et des personnes avec des pulvérisateurs contenant un produit à vaisselle et portés par des scaphandriers à l’air libre. Avec le virus nous avons encore les pulvérisateurs et les arroseuses mais aussi les lits médicalisés avec 10 personnes autour, toutes cagoulées comme dans les séries. Et en plus l’obligation de rester à distance les uns des autres ce qui est complètement nouveau.

    Nous avons aussi vu une intensification de la vie numérique, casques sur les oreilles, téléphone avec ou sans images, enseignement, exercices avec leurs corrections, apéro skype, cinéma à la demande. Consultations médicales, certification bio, conseils juridiques, … à distance et manifestations virtuelles depuis son écran.

    Il y a une espèce d’encapsulage de l’individu dans une bulle dont la seule fenêtre est un écran noir et une incitation continuelle à se méfier des             autres, qui augure peut-être un sérieux affadissement des rapports humains.

    Alors que jusqu’à présent la solitude était le pire ennemi de l’homme et que dès que l’on se retrouvait à plusieurs se dégageait un sentiment de bien-être, voire de fête, ainsi que la célébration de rites, il semble se dégager une nouvelle tendance à garder un maximum de distance. Voire à repousser les autres pour qu’ils ne pénètrent pas le périmètre sacré de l’individu, le domaine de la respiration privée. D’ailleurs les riches en €$ se sont isolés depuis longtemps dans des paradis privés. Cet écartement s’accompagnant aussi de phénomènes d’entassement dans les transports, dans les magasins, dans le travail où en vacances mais en s’ignorant complètement, chacun dans sa bulle. C’est comme si l’humain d’être social devenait un être asocial.

    Je veux dire que c’est une tendance lourde, pas seulement à cause d’une épidémie. Est-ce dû au sentiment de notre trop grand nombre sur terre, où à une politique forcenée de destruction des organisations humaines pour faire de chaque individu un consommateur seul devant l’offre marchande ou même à une incapacité à communiquer suite à un nivellement de la vie personnelle par les médias, chacun sachant, pensant et aimant les même choses. Sauf, quand même, le petit nombre de ceux qui ont su rester, dans leur tête, indépendants du bourrage médiatique et qui sont encore capables de résister.

    Heureusement il y a les jeunes. Ils sont évidemment dans l’impossibilité vitale de rester isolés puisqu’ils sont justement en train de se socialiser. Et ils le font même en cette période. A côté de chez nous il y a des petits rassemblements de jeunes qui font la fête en groupe et en musique.

    C’est rassurant.

    Michel Costadau

  • Etranger

    Etranger

    C’est sûr qu’il y en a un peu marre de tout le temps parler du virus, c’est devenu complètement inintéressant, d’autant plus qu’il a presque disparu dans beaucoup de départements, en particulier dans le sud. Il y a tous les jours des nouvelles mais, en fait, on ne sait rien on n’apprend rien et on attend la réouverture des cafés.

    Alors je vais vous donner une analyse que je n’ai pour le moment vue nulle part ? Elle concerne la psychologie de nos dirigeants. L’idée est la suivante. Il y a, clairement, une composante suicidaire dans les choix de confinement qui ont été faits.

    Tout a commencé par un effet domino des mesures prises en Asie. De pays en pays, la théorie du confinement est arrivée, déformée et modifiée, jusqu’en Europe et ce qui n’a concerné qu’une petite partie de la Chine s’est abattu, chez nous, sur des pays entier. Déformée et modifiée parce qu’en Asie le confinement faisait partie d’un volet de plusieurs mesures strictement complémentaires dont le dépistage, la recherche des contacts et l’isolement.

    L’instant du choix a donc été très court, à peine quelques jours, et c’est là que les décideurs européens se sont trouvés devant un cruel dilemme : soit continuer à défendre leur credo productiviste, soit se renier complètement en mettant la santé individuelle au-dessus de tout. Or c’est exactement au moment ou un individu n’arrive pas à faire face à sa situation que lui vient l’idée du suicide. L’avenir est bloqué, il n’y a aucune bonne solution. Le suicide est alors la seule manière de fuir une situation invivable. Comme une échappatoire à la paralysie ressentie, une libération des contradictions qui le minent même si c’est souvent lui qui les a créées.

    On comprend du coup pourquoi Johnson, Trump, Bolsonaro et quelques autres ont essayé de ne pas se suicider en voulant à tout prix défendre le business. On peut leur reprocher ce qu’on veut mais pas d’être contradictoires car ils ont plutôt cherché à faire le moins de dégâts possibles à la finance.

    Pour les autres, c’est leur propre légitimité qui est entrée en jeu. Soit ils se sont sentis l’émanation démocratique de la population et ils ont pris des mesures adaptées bien acceptées par les citoyens : pays du nord, Allemagne, Autriche et quelques autres. Soit ils ont compris qu’ils n’avaient aucune légitimité et ils se sont suicidés : France, Italie, Espagne et quelques autres.

    En France en particulier les dirigeants ont accompagné leur suicide d’un puissant venin : la peur de l’autre. Étant incapables d’assumer la situation, nos dirigeants ont délibérément dressé les citoyens les uns contre les autres, en désignant l’autre, c’est-à-dire tous les autres comme le danger, l’ennemi. Et c’est 1 000 fois plus dangereux que le virus lui-même.

    C’est comme une déformation de la réalité à travers un prisme uniquement braqué contre l’humain. On dirait que l’individu devient son propre ennemi, que le collectif est à éviter, que l’homme cherche à éviter l’homme. A nouveau le loup est entré dans la bergerie, il faut mettre de la distance entre les gens comme au temps de la peste et du choléra. Eux ils se sont suicidés mais nous on aura beaucoup de mal à s’en remettre.

    Michel Costadau

  • Stop

    Stop

    J’ai un immense sentiment d’impuissance, je sais ce qui se passe et je ne peux pas l’arrêter. C’est comme un mauvais rêve. Oh ce n’est pas le virus qui me pose problème. Oh non, parce que le métier de la terre vous apprend vite l’humilité et la modestie face à la nature. Quand on voit jour après jour ses cultures se flétrir et se sécher sous l’effet de la chaleur et disparaître ainsi toute promesse de récolte, on peste, on hurle mais on accepte l’inévitable.

    Et, actuellement, il y a beaucoup de victimes inévitables. A vrai dire certaines auraient pu, et pourraient encore être évitée c’est sûr, mais nous sommes sur un bien mauvais chemin.

    En fait le virus disparaîtra tout seul ou bien il deviendra une maladie moderne de plus comme le cancer, le diabète ou la grippe.

    Non l’impuissance qui me mine c’est celle de la fascisation du pouvoir et c’est cela que je voudrais stopper. Je rêve de révolte populaire contre la suppression de notre vie sociale et familiale. Je rêve de résistance à ces déploiements de forces policières. Je rêve et je me retrouve seul, seul à vouloir montrer ma colère, seul à défier ces fascistes, mais surtout seul à dire : ça suffit.

    Mais comment faire quand tout le monde ou presque est dans la spirale d’une peur auto-imposée. En fait c’est chacun qui se fait son propre cinéma puisque les contacts que vous évitez sont exclusivement avec des gens sans le moindre virus et donc ne nécessitant aucune protection. Vous allez me dire qu’on ne sait pas et qu’il y a peut être un porteur tout près de vous. C’est ce « on ne sait pas » qui est catastrophique. Je sais, je sens que ce « on ne sait pas » est sciemment entretenu par nos dirigeants, parce que si on savait, d’une part on pourrait agir plutôt que de subir et d’autre part la peur auto-entretenue disparaîtrait.

    A vrai dire je ne suis pas seul à penser ainsi, car je reçois des textes montrant que d’autres aussi, que je ne connais absolument pas, ont des analyses pertinentes, comme Valérie Bugault, Romaric Godin et d’autres. Mais même si on était 10 ça ne changerait pas grand-chose.

    Je me demande où sont nos partis politiques, nos syndicats, nos organisations pour au moins dire, au moins manifester leur opposition aux modes de fonctionnement de nos dirigeants. Où sont-ils, c’est maintenant que l’on en a besoin, pour organiser la résistance, pas demain mais aujourd’hui. A quoi sert de vouloir régler ses comptes plus tard quand le mal sera fait.

    Pourtant je vois bien qu’il y a un fond de résistance. C’est-à-dire de personnes qui soit bravent les interdictions, comme les jeunes, soit surtout ne respectent pas les recommandations, à commencer par les clients des magasins qui n’ont ni masques ni gants ni distances, voire qui se donnent rendez-vous au super pour tailler une bavette. Sans conséquences d’ailleurs.

    Néanmoins, je rumine ma haine de ces dirigeants qui, sous prétexte de vouloir notre bien, nous mettent dans des situations inhumaines. Je suis persuadé qu’ils ne se préoccupent pas du tout des décès, des souffrances et des séquelles, non la seule chose qui les occupe c’est comment garder le pouvoir, comment continuer ce régime de productivisme acharné dont nous sommes les seules victimes, les victimes vivantes, courbées, rampantes. Et en ce moment ils se sont ouvert un boulevard, rassemblements interdits, drones de surveillance, amendes et flicage, ça roule pour eux.

    Alors je passe en boucle cette journée du 22 aout 1914 ou il y a eu 27 000 victimes françaises, oui en un seul jour. Tout le monde le sait ou l’a su mais l’a oublié ou ne l’a pas cru. Nos dirigeants sont capables de ça. C’est effarant. Et nous nous ne sommes capables que de mourir en silence.

    Alors c’est vrai, ça suffit.

    Michel Costadau

     

  • Appel aux dirigeants

    Appel aux dirigeants

    Messieurs les dirigeants, il est clair que vous ne maîtrisez pas du tout la crise sanitaire que nous connaissons. Visiblement vous n’avez pas la situation en main, elle est loin d’être sous contrôle. Au lieu d’inspirer la confiance et l’apaisement, vous suscitez de plus en plus la défiance et l’inquiétude.

    En fait vous ne savez pas combien de victimes il y aura, ni même l’ordre de grandeur, voire si tout le monde ne va pas y passer. Vous ne savez pas quand cela va se terminer, ni si les mesures prises sont de nature à favoriser ou empêcher un rebond. Vous n’avez strictement aucun critère pour juger de l’efficacité de telle ou telle mesure. Vous appliquez des formules mathématiques, sans connaître leur degré d’adéquation à la situation. Et ce n’est pas d’aplanir les courbes qui diminue leurs surfaces. Vous allez encore repousser le second tour des municipales et à mon avis mettez-le dans un an ce sera plus sûr.

    Clairement les mesures de confinement variable que vous avez prises ne sont pas du tout suffisantes. Il est facile de comprendre que l’approvisionnement des grandes et des petites surfaces, des centrales d’achats, des hôpitaux, des exploitations agricoles et d’élevages, des répartiteurs, des officines, des stations-services, des casernes, des bases militaires, des préfectures sans parler des transferts entre hôpitaux, de la distribution du courrier et de tous ceux qui continuent à aller et revenir de leur travail fait circuler nationalement et internationalement de multiples véhicules et personnes transportant le virus partout dans le pays.

    Les mesures efficaces, établies suite aux précédentes épidémies, reposent sur le cloisonnement, la détection et le confinement des porteurs.

    C’est principalement les mesures de cloisonnement qui permettent d’éviter l’explosion épidémique. C’est ce qu’on fait immédiatement les pays du Nord. Mais comment isoler par exemple un département quand il n’est autonome en rien puisque la concentration des moyens de production est l’arme absolue du libéralisme depuis 100 ans. La mondialisation a bon dos quand toutes les décisions françaises sont prises à Paris, pour tout le monde alors que la situation n’est qu’un ensemble de cas particuliers qui auraient demandé des mesures locales et adaptées. En fermant une partie de la vie sociale, écoles, restaurants, commerces, entreprises vous avez peut-être ralenti la propagation, mais vous avez surtout allongé la durée de l’épisode épidémique. Jusqu’à quand ? Vous ne le savez pas !

    Vous semblez vouloir faire comprendre à la population que le fait de ne pas bouger de chez soi les met à l’abri du virus. C’est faux, parce que par exemple les maisons de retraite, où il est clair que les gens restent complètement chez eux et ne quittent pas leur chambre, sont le siège d’une rapide propagation. Vous allez dire que c’est une population à risque, mais alors si c’est le cas pourquoi une détection systématique n’a pas été faite. D’ailleurs confiner, sans détection, les patients des maisons de retraite revient à les enfermer dans le couloir de la mort.

    Non seulement vous ne maîtrisez rien mais vous hypothéquez l’avenir de millions de citoyens. Nous, nous savons déjà que beaucoup de petites entreprises, indépendants, commerces et artisans vont fermer. Nous savons que le chômage va augmenter par milliers, peut-être millions. Nous savons que les prix vont augmenter, c’est déjà commencé, et que c’est pour cela que les entreprises vont subir un choc qui ne pourra pas être compensé par de l’argent, parce que c’est d’avenir, de confiance dans l’avenir dont a besoin la population. Vous, vous appelez ça la récession, nous nous l’appelons la misère.

    Alors à défaut de pouvoir faire quelque chose d’intelligent, faites la seule chose indispensable pour la santé mentale de notre pays qui est de supprimer ces attestations de déplacement puériles et inutiles.- Je vais faire des courses – Je suis chez le médecin – Je promène le chien.

    Ceux qui doivent se déplacer le font déjà et il y en a beaucoup, et ceux qui veulent contourner ont déjà compris comment le faire et sont de plus en plus nombreux. Faites-le vite.

    Michel Costadau

  • Honte

    Honte

    Honte aux politiques qui ont systématiquement supprimé des lits dans les hôpitaux, diminué les personnels soignants, différé la fourniture d’équipements performants au nom de la rentabilité et du business. Et maintenant c’est eux qui punissent les français à cause de leur propre incurie.

    Honte à ces religieux arriérés qui ont réuni leurs fidèles en leur disant de surtout ne rien en dire, ni où, ni quand, ni combien ils étaient.

    Honte au gouvernement qui fixe le prix d’une amende en voulant ignorer que son effet dissuasif n’est pas lié au montant mais à la proportion des revenus. Une fois de plus ce sont les gros revenus qui sont favorisés. Combien faudra-t-il d’épidémies pour qu’ils comprennent que 100 € ne représente pas du tout la même somme pour tout le monde.

    Honte aux autorités sportives, sanitaires et politiques qui ont autorisé le match Lyon Turin, permettant une contamination de masse entre Italiens et Français.

    Honte à La Poste qui profite de l’épidémie pour se recentrer sur son cœur de métier à savoir………la Banque Postale. C’est un nouveau sabordage de service public qui se passe sous nos yeux et nous ne pouvons rien faire. Bientôt le courrier un jour sur deux, pas le samedi et distribué par Alibaba.

    Honte au ministre de l’Agriculture et au syndicat FNSEA qui, sous prétexte qu’ils sont payés à ne rien faire, demandent à 200 000 Français de travailler au noir dans les champs, pour remplacer les étrangers. La solidarité est une belle valeur mais vous allez les aider et eux vont continuer à empoisonner la nature, je ne sais pas si c’est très équilibré.

    Honte au gouvernement qui dit restez chez vous sans rien pouvoir faire parce qu’il a fermé les magasins, empêchant les gens d’acheter ne serais ce qu’un pot de peinture, un sac de plâtre ou des graines de radis. Les hommes ne sont pas des plantes vertes que l’on sort une fois par an.

    Honte aux politiques et aux médias qui ne trouvent que la peur, les amendes et la contrainte pour convaincre la population d’adopter un comportement précautionneux. Pourtant ils savent depuis longtemps que seule la motivation est un levier pour obtenir des comportements de masse. En finance ça s’appelle des incitations et ça marche très bien.

    Honte aux employés des journaux, qui jour après jour, heure après heure, seconde après seconde, emboîtent le pas des autorités en expliquant et détaillant des ordres et consignes pas du tout clairs à leur manière, c’est-à-dire dans le sens du scoop. A croire qu’ils ne seront contents que quand il y aura 10 000 morts par jours ce qui leur aurait donné raison, mais, hélas pour eux, n’arrivera pas.

    Honte à la classe politique qui feint de découvrir que les détenus sont entassés dans une promiscuité inacceptable et qui craignent non pas pour les prisonniers mais pour leur responsabilité.

    Honte aux juges qui différent les peines de détention ou libèrent des détenus, manifestant bien ainsi qu’ils auraient pu le faire depuis longtemps.

    Honte au conseil départemental du Tarn qui fait un appel à dons pour des masques de protection même usagés, sur-blouses, gel, charlotte, gants, lunettes auprès de la population à laquelle il devrait les fournir. C’est comme si l’ONU demandait des sacs de riz à ceux auxquels elle doit en distribuer.

    Honte aux politiques pour interdire aux familles des funérailles qui sont le rite le plus caractéristique de l’homme. Sont-ils devenus des animaux pour oser blesser ainsi la nature humaine ?

    Michel Costadau

     

  • Rivus

    Rivus

    Ca se corse comme dirait Napoléon. Notre société est en train de muter. Je vais donc plutôt faire une liste qu’un billet unique.

    – La querelle des chiffres bat son plein. Par contre tout le monde semble d’accord sur le 2 % de victimes, c’est-à-dire 98 % de guérison. Oui mais % de quoi ? Eh bien de ceux qui ont attrapé le virus. En fait tous ceux qui ne l’ont pas attrapé ne sont pas comptés. Si donc on compte tout le monde ça divise les chiffres par mille et c’est heureux. Bingo.

    – Les scientifiques et experts qui conseillent le gouvernement sont les mêmes que ceux qui ont déclaré le glyphosate sans danger, qui ont laissé utiliser pendant 40 ans le chlordécone et continuent avec les néonicotinoïdes. Ils ont donc perdu toute crédibilité depuis longtemps car ils sont toujours aux ordres. Zéro.

    – Pour se divertir, il faut imaginer un défilé, avec le mètre réglementaire à la main, de gens portant leur laisser-passer sur la poitrine. Photos.

    – Alors ne cédez pas à la peur ambiante. Ne tombez pas dans l’autocensure. La société peut nous interdire ce qu’elle veut mais pas de sortir de chez vous. C’est elle qui est malade. Kafka.

    – S’il y a de nouveaux cas c’est qu’ils ont été contaminés. Il est donc utile de savoir qui est porteur ou pas. La détection est donc le mode d’action privilégié qui aurait dû être mis en oeuvre. Tout autre méthode est moyenâgeuse et indigne de nos sociétés dites évoluées. Détection.

    – Le gouvernement a réussi à paniquer tout le monde, la peur des autres se répand comme une traînée de poudre. Les gens fonctionnent sur l’angoisse, y compris les enfants. Ce n’est pas la société qui nous maintient en bonne santé, c’est nous qui maintenons la société en bonne santé par nos activités, notre dynamisme, nos idées, notre moral et notre humour. Coulé.

    – L’attestation de déplacement n’a strictement aucune valeur, c’est seulement le début d’un fascisme rampant. De même il aurait été normal d’avoir un débat sur les mesures à prendre. On a eu seulement la télé. Séries.

    – Il est clair que le gouvernement a été largement désavoué dans les municipales et qu’il n’a pas aimé. Il faut donc se demander pourquoi il a le reporté le second tour, voire lancé ses juristes sur l’annulation du premier tour. Pour moi il a son propre timing : avril annonce que le pic est passé, mai réouverture de la vie sociale avec défilés de victoire, juin élection. Fiasco.

    – Vous savez qui est en train de gagner économiquement, dans cette crise sanitaire que provoque le virus : ce sont les vraies sociale-démocraties parce qu’elles agissent avec la coopération et la compréhension de la population, et l’ultralibéralisme car ils privilégient seulement le business, le marché faisant le reste. Nous, avec notre paternalisme d’Etat nous allons prendre un coup. Dur.

    – L’Etat va rembourser facilement les pertes d’exploitation, ce n’est pas grand-chose, mais ce qu’il ne pourra pas réparer ce sont les modifications de comportement : exacerbation de l’individualisme, flambée des prix de l’espace, perte de confiance en soi. Freud.

    – Combien de fois a-t-on entendu dire que l’Europe nous protégeait de la guerre, qu’elle était un îlot de liberté et de bien-être au milieu d’un océan de misère. Et voilà que cet îlot devient une prison à ciel ouvert avec les miradors de la télé aux quatre coins. Comme démonstration on aurait pu trouver mieux. Echec.

    – Clairement, il y a encore des gens qui travaillent et ce ne sont pas les plus gros salaires, qui eux restent chez eux. Ca aussi ça ressemble au Moyen Âge quand les serfs étaient taillables et corvéables à merci. Classes.

    – Surtout, surtout ne restez pas enfermé chez vous avec la seule télé pour donneur d’ordre, non, au contraire sortez, voyez vos amis, jouez aux boules, faites des grillades, venez à la campagne ramasser des respounchous. Printemps.

    – Encore plus important, comprenez qu’il ne faut pas cesser de vivre par peur de la mort.

    Michel Costadau

  • Collectif

    Collectif

    Le plus grave n’est peut-être pas cette épidémie mais l’esprit qui se développe à ce sujet. Et il n’y a que deux explications possibles :

    – soit il s’agit bien d’une pandémie exceptionnellement dangereuse et nous aurons 100 000 victimes, moins que les 500 000 possibles si rien n’avait été fait,

    – soit il s’agit d’une grippe contagieuse certes, mais pas beaucoup plus dangereuse que les autres, et nous aurons un nombre de victimes comparable aux autres années.

    Je peux me tromper, mais je penche largement pour le second cas.

    Dans ce cas comment expliquer l’affolement du gouvernement. Pour moi c’est simple, le président est en campagne électorale et tous les morts pourraient lui être reprochés par ses concurrents s’il ne faisait rien. Il ne faut pas oublier que l’esprit civique a été laminé chez nous pour privilégier l’individualisme et l’égoïsme, ce qui explique toutes les enchères sécuritaires.

    Maintenant comment réagir à cela.

    Le plus important c’est de ne pas rester seul, de se voir, d’échanger avec d’autres, et pas que par téléphone mais en vrai, parce que demander aux gens de vivre isolé dans un cube de 2 m de coté avec au-dessus une caméra qui vous filme et vous dit ce qui permis et ce qui ne l’est pas, fait beaucoup plus de dégâts sur le moral que tous les virus.

    Ensuite, les victimes collatérales sont et seront les petits, ceux qui dépendent de leurs chantiers, de leurs ventes, de leur salaire, de leurs dates et qui vont être mis immédiatement en difficulté voire obligés de s’arrêter.

    Enfin il faut anticiper la résistance à la survenue probable d’évènements similaires par des circuits plus collectifs.

    Avoir une attention particulière pour éviter l’isolement des plus démunis,

    Élargir l’utilisation des réseaux familiaux, de copains, de militants, de connaissances y compris ville-campagne,

    Rouvrir des marchés de producteurs, d’échange et faire des marchés alternatifs.

    Activer de nouveaux circuits d’approvisionnement pour les produits nécessaires aux artisans, matériaux de construction, bois, fer, peintures, outillage,

    Répertorier et faire fonctionner des lieux privés couverts pouvant être utilisés pour se réunir, se nourrir et échanger.

    Quand tous les matins un magasin doit téléphoner à la préfecture pour savoir s’il peut ouvrir ou pas, je me demande de quel côté du rideau de fer nous sommes.  

    Michel Costadau