Catégorie : Classe politique

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    Elections

    J’espère que vous vous êtes bien amusés avec les hommes parfaits, parce qu’on va traiter un sujet beaucoup moins drôle mais qui me préoccupe fortement, c’est ce truc des élections. De plus en plus, je me demande à quoi ça sert de voter. Il paraît que c’est le grand moment de notre vie politique mais je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe vraiment et ce que je fais là-dedans. Et ça me fait flipper de voir le grand écart entre ce soi-disant socle de la démocratie et le résultat que ça produit. On va donc parler des élections. On verra que non seulement le pouvoir des peuples est devenu une galéjade mais que nous sommes dans un fonctionnement schizophrène et/ou masochiste qui consiste à considérer comme fondamental un droit qui provoque directement notre malheur. On verra donc, ainsi, que voter ne sert strictement plus à rien, et même au contraire. Et on essaiera d’en tirer les leçons.

    Mais avant de parler d’élections, parlons de vote et de droit de vote. En fait le vote est très ancien, des milliers d’années et peut-être depuis toujours. Le vote c’est le fait de prendre en compte l’avis de chacun. De le prendre en compte d’une manière formelle je veux dire, parce qu’il ne suffit pas d’avoir un avis, il faut aussi être en mesure de le faire connaître. Toutes les civilisations, même les plus archaïques, utilisent la notion de rassemblement, de groupe, d’assemblée ou de pow wow pour prendre des décisions, changer de campement, faire la guerre ou aller voler des femmes. Oh je ne crois pas qu’il y ait toujours eu un réel tour de table avec la demande de l’avis de chacun, et donc, au début, on ne peut peut-être pas parler de vote, mais plutôt d’un mécanisme de consensus. Avec le temps, petit à petit, des cités se sont construites et, vu l’augmentation du nombre d’individus, il s’est avéré difficile de réunir des groupes avec recherche du consensus. C’est probablement à ce moment- là, donc il y a très longtemps, que la notion moderne de vote est apparue. Cela devait fonctionner comme une sorte de référendum, mais on était toujours dans le fait que chacun donnait son avis sur le sujet en question. Nous laisserons de côté tous les aspects tels que qui avait le droit de donner son avis, sûrement pas tout le monde, peut-être même une minorité, mais ca ne change rien à l’idée. Après les cités, ce sont des territoires entiers qui se sont constitués, par la force dans la plus part des cas, mais il est alors devenu impossible de faire se prononcer toutes les personnes, en même temps, sur un sujet. Et alors arrive cette pratique de morceler les territoires en sous-ensembles de façon à atteindre un nombre de sous-ensembles comparable à ce qui était, auparavant, un groupe s’exprimant directement. Et donc le vote ne s’est plus exercé sur la question posée, mais sur le délégué, le représentant du sous-ensemble qui allait, lui, pouvoir donner son avis. Même si, au début, il est probable que les délégués n’étaient que les porteurs du choix de leur sous-ensemble, bien vite ce mode de fonctionnement a prouvé ses vertus et l’on a pérennisé l’existence des délégués. Cela s’est traduit par la plus grande perte de pouvoir que nous ayons jamais connue, à savoir que les individus ne s’exprimaient plus directement sur les sujets qui les concernaient, mais seulement pour choisir des représentants qui, eux, donnaient leur avis. La contrepartie théorique de cette perte de pouvoir individuelle était le pouvoir collectif obtenu par et pour le territoire et ses sous-ensembles. Mais enfin c’est là le début de l’augmentation de la distance entre le pouvoir et la population.

    Une étape supplémentaire a été franchie avec l’empilement de plusieurs niveaux de délégués, des délégués de délégués si vous voulez, rigolez pas ça s’appelle des sénateurs, des communautés de communes, des bureaux et j’en passe.

    On voit donc qu’entre le vote direct, on pourrait dire tribal, et les grandes cérémonies électorales actuelles il y a, certes, une continuité, mais que le sens originel a été complètement modifié. Cependant, par exemple dans les associations, toutes les décisions se prennent encore, généralement, avec la participation de tous les adhérents, comme aux temps préhistoriques. Par contre, les grandes décisions sociétales, je veux dire la guerre, la définition de ce qui est permis ou puni, le droit au travail ou au logement, sont prises non seulement par des délégués ou des délégués de délégués mais même par des électrons libres, comme notre pauvre président pour la guerre ou la Commission européenne pour les lois. Bref, on commence à voir que le droit de vote existe encore mais que nous ne votons plus sur des positions mais uniquement sur des représentants.

    C’est vraiment une Lapalissade de dire que le vote produit des élus, mais c’est cela que nous devons étudier et regarder ce que font ces élus. Demandons-nous bêtement si les élus font de la politique. Bonne question parce que, en théorie, c’est ce que tout le monde croit et c’est vrai que par tous les moyens ils essayent de le faire croire. Seulement la réalité est brutale et si je vous demande « quelle politique font les élus », vous n’aurez aucun mal à répondre qu’ils font la politique des capitalistes et des financiers. Bien sûr il y a quelques exceptions pour confirmer cette règle. Par exemple, la peine de mort, le mariage mixte ou l’interdiction de couper l’eau sont de la vraie politique mais ça reste des exceptions. En fait tout le travail parlementaire, ainsi que celui des collectivités intermédiaires ou supranationales est consacré à essayer de faire fonctionner le système capitaliste. Et là, franchement, les élus ont des idées et ils se battent pour elles. Précarisation du travail, monopole des banques, détricotage des retraites, centres de rétention, privatisation de la santé, paupérisation de l’éducation. J’ajoute que je n’ai même pas besoin de dire quel est le parti ou la tendance qui fait ça car c’est le fait de tous les élus quels qu’ils soient. Pour illustrer cela, on peut illustrer que le comportement des élus est réellement loin de nous. Prenons l’exemple de cette histoire de droit de vote double. Cette loi adoptée récemment, double le nombre de voix des actionnaires qui gardent leurs actions plus de deux ans, sauf avis contraire à 70 % de l’assemblée des actionnaires. Notons en passant que cette loi fait partie de toutes celles dont personne, sauf les financiers, ne comprend l’intérêt. L’Etat étant actionnaire, cette loi s’applique à lui mais, pour éviter, par exemple chez Renault, que l’assemblée vote contre cette mesure, le gouvernement s’est empressé d’acheter un nouveau paquet d’actions, pour bloquer la possibilité des 70 %. Le gouvernement a donc sorti quelques dizaines de millions d’euros pour acheter des actions Renault et empêcher ainsi que les 70 % soient atteints. Cette affaire est vraiment révélatrice, car le fait d’utiliser des dizaines de millions pour une opération complètement capitalistique, sans le moindre contrôle même pas populaire mais au moins de nos délégués à l’Assemblée nationale, ça me parait surréaliste. Seules les banques peuvent se permettre comme ça, sans la moindre justification, de sortir, d’un coup d’écriture, 100 millions. Je ne veux pas paraître rabat-joie en disant que c’est notre argent, mais, en tous cas, je ne suis pas certain que ce soit l’urgence du moment. Pour moi, ce comportement inadmissible est, hélas, le quotidien de nos élus. De plus, le gouvernement n’est pas un simple capitaliste qui fait des coups, normalement il applique une politique définie par la représentation nationale qui en plus contrôle son application. Vous allez me dire que je rêve, que ça ne se passe pas comme ça. Je sais bien que ça ne se passe pas comme ça et c’est bien pour quoi je me demande à quoi ça sert de voter.

    En fait les élus se sont organisés pour faire croire qu’il y avait des différences entre eux, et ainsi susciter une espèce de besoin de voter pour que les électeurs aient l’impression de faire un choix. Clairement il n’en est rien. Le mécanisme est simple et repose sur trois principes : l’élection présidentielle, le scrutin majoritaire et la technocratie. Avec cette martingale, ils sont au pouvoir depuis 60 ans et pour encore longtemps. Il faut noter que dans cette configuration, les opposants ne sont que les petites organisations et les petits partis puisque les grands partis et organisations sont en fait une seule et même entité qui anime une pseudo-compétition interne. Seulement les petits opposants sont nécessaires à la logique de ce fonctionnement, car c’est eux qui servent à prouver par leur existence qu’il y a un choix. Il peut même arriver qu’ils aient quelques élus, mais le cas est prévu et ces pauvres égarés n’ont strictement aucun pouvoir. Cette fragmentation de la vie politique entre la caste du soutien au capitalisme et la ruche contestataire des petits a quelque chose de pathétique. D’un coté le mensonge, l’arrogance et l’exploitation et de l’autre un bouillonnement d’idées et de générosité, comme une espèce de forum permanent. Il y a tout un petit monde qui se bat pour le respect de la personne, la reconnaissance de droits élémentaires, la défense de la nature, le soutien aux exclus. Ce petit monde fait des réunions, des pétitions, des actions et certains vont en prison, ainsi que des discours, des séminaires, des livres, et, cerise sur le gâteau, présente des candidats aux élections. En fait, la chose la plus importante que leur demande la classe politicienne, c’est de présenter des candidats, car c’est la seule manière de faire croire que les élus font de la politique. En effet les exploiteurs professionnels ont besoin de cette légitimation du vote qui sinon ouvrirait les yeux des populations. D’ailleurs une pratique classique des médias, pour encourager les candidats, est de louanger le score des débutants qui font oh surprise 6 %. Incroyable, ils ont fait 6 %. Bien sûr dans les élections, il y a des gens qui votent pour les bonnes idées des petits contestataires, car il y a quand même en France quelques milliers de personnes qui pensent que le fonctionnement actuel est déficient. Seulement ils ne servent que de faire valoir à la caste et sont tout simplement étiquetés utopistes et donc mis hors jeu. En effet la dichotomie entre les aberrations de notre société et le chemin du retour à la démocratie est abyssale. La distance est trop grande et devient difficile à rendre crédible. Il faut dire aussi que la faillite de la mission éducative de l’école, provoquée de manière systématique, laisse les gens dans un dénuement idéologique et civique qui rend possible tous les mensonges. Comment les gens peuvent-ils croire aujourd’hui que l’on pourrait supprimer le chômage, ne pas expulser les migrants, soigner gratuitement et rendre à l’école sa mission éducative, quand de tous côtés on ne voit que la loi des puissants, le bourrage de crâne médiatique, les droits bafoués, le respect des personnes mis sous la botte des dominants et des passe-droits, et les faits divers montés en fondements de société. Les gens ne sont pas bêtes, ils sont écrasés par le déraillement de la société, la leur, la nôtre. Et donc les petits partis et autres organisations ne réunissent que quelques milliers de voix, assez pour faire croire à la liberté d’expression mais infiniment moins que ce qu’il faudrait pour que le pouvoir change de camp. Bien sûr il y en a qui ont essayé et le dernier exemple est le FN qui tente, coûte que coûte de se démarquer de la classe politique. Mais on voit bien comment se construit le piège avec le premier terme de la fameuse martingale, l’élection présidentielle. Pour la présidentielle, il y a trois groupes de candidats. Ceux de la classe politicienne, Juppé, Hollande, Duflot, Sarkozy, Placé, Chassaigne, Le Maire, Baylet, NKM etc., ensuite le FN et enfin tous les petits candidats. Ces petits candidats sont réellement pitoyables et ridicules. Qui n’a pas vu toutes les campagnes d’Arlette, le masque d’empereur romain de Jean-Luc avec ses 11 % ou la candeur d’Eva avec ses 2 %, a loupé quelque chose. Pitoyables parce qu’ils se prennent au sérieux et ridicules parce que la population est gentiment condescendante avec eux. Ne nous attardons pas sur ce comportement peu glorieux de quelques uns de nos concitoyens. Pour ceux de la classe politicienne, pas de problèmes, que ce soit l’un ou l’autre, ne change rien et en plus ils ont totalement confiance les uns dans les autres pour continuer l’exploitation de la population, car ils sont tous les enfants du troisième pilier de la fameuse martingale : la technocratie. Alors il reste le FN. Lequel, je vous l’ai déjà dit a essayé de ne pas entrer dans la classe politicienne et a même commencé à adopter une posture de dénonciation de cette classe. Seulement le FN se heurte au deuxième terme de la martingale : le scrutin majoritaire. En effet quand on ne fait pas partie de la caste, on n’arrive jamais tout seul à franchir la barre. Il y a bien sûr quelques exceptions, mais en plus le FN se heurte à une contradiction classique, à savoir que quand on critique les partis et les institutions on a du mal à justifier que justement on doit voter pour soi. Notons en passant l’hypocrisie des petites organisations et candidats qui défendent le vote, pour justement essayer de glaner des voix. Ils sont donc non seulement pitoyables et ridicules, mais aussi honteux et hypocrites.

    Alors pour le FN, il reste la présidentielle, car effectivement, une victoire à la présidentielle pourrait déclencher un processus de contestation probablement confus mais sûrement salutaire. Seulement il y a un hic, c’est que la classe politique, comme les rêveurs dangereux des petites organisations, sont tous contre ce possible ébranlement du système. Les uns parce qu’ils les taxent d’extrémistes et les autres parce qu’ils les taxent de racistes. C’est à n’y rien comprendre que ceux qui, chez nous, ont des idées progressistes ne voient pas le piège dans lequel les enferme la caste dominante.

    Mais concrètement est-il possible que le FN accède à la présidence ? La réponse est clairement non, no way. Je peux même vous prédire que si jamais la situation se présentait bien pour lui, des « évènements » violents d’origine mystérieuse se produiraient pour couper court à cette tentative. Et donc il est certain à 100 % que le prochain président sera encore un membre de la caste. Et alors, je crois que vous commencez à comprendre pourquoi ça ne sert à rien de voter. Quand je dis que ça ne sert à rien de voter, c’est clair pour les candidats de la caste, je suis certain que vous ne voterez pas pour eux. Mais ça ne sert à rien, non plus, de voter pour les petits candidats. Car à part croire satisfaire des besoins refoulés, je suis tout aussi certain que vous ne votez pas pour eux pour qu’ils soient élus, hein, vous savez bien qu’ils ne le seront pas, alors pourquoi avez-vous envie de voter pour eux ? Parce que le droit de vote est une conquête qu’il faut défendre ? C’est là le piège que je m’efforce de vous expliquer, le droit de vote est devenu l’outil de domination de la caste et, le défendre, c’est faire objectivement le jeu des politiciens. En fait, aujourd’hui, si vous votez seulement selon vos sentiments et opinions, ce qui est le b a ba de la prétendue démocratie, c’est que vous vous moquez éperdument du résultat, c’est-à-dire de celui qui va manœuvrer le navire. Car il ne faut pas perdre de vue qu’en fin de compte il n’y a qu’un élu, les autres, ceux pour lesquels on a voté, disparaissent complètement du tableau et animent de joyeuses soirées télévisées. Vous pourrez toujours dire, oui moi je n’ai pas voté pour lui, il ne vous restera que vos yeux pour pleurer quand le couperet du business tombera et que vous aurez deux choix possibles dans votre quotidien : Charybde ou Scylla.

    Non, franchement, celui qui en votant se fiche du résultat des élections, est un adepte du système d’exploitation dominant. C’est quand même une honte que de se ficher du résultat de élections, car soit on a des convictions et si quelque chose doit changer il faut tout faire pour que ça arrive, soit on suit le mouvement et on ne se targue pas de contester. Pour illustrer cela, c’est comme un agriculteur qui sème des graines dans un champ en se fichant complètement du résultat que ça donne. Ca n’existe pas. Donc ce n’est pas seulement en fonction de ses propres opinions que l’on doit voter de nos jours, mais surtout en fonction de ce que l’on veut voir changer. D’ailleurs, ceux qui veulent que rien ne change s’empressent d’aller voter. Et puis il faut regarder la situation réelle dans laquelle nous nous trouvons. Ce qui était vrai hier, le pouvoir des urnes, n’est plus vrai aujourd’hui. La caste de l’argent a pris le pouvoir mondialement et utilise les vestiges de la démocratie pour maintenir sa domination.

    J’en vois qui vont me dire, mais quand même en Espagne et en Grèce, il y a des petits partis qui sont devenus grands et ont même réussi à prendre le pouvoir. Pourquoi pas en France ? Pourquoi pas, parce qu’en France la situation est historiquement différente. C’est vrai qu’en Europe, d’une manière générale, depuis deux centaines d’années, les partis dits de gauche ont apporté les bonnes évolutions de nos sociétés. Cependant la situation a changé après la dernière guerre mondiale, quand les forces capitalistes ont ancré leur domination. A ce moment-là, dans les courants de gauche, il y a eu deux attitudes selon les pays. Ceux dans lesquels la gauche a mesuré, ou subi, la force et les moyens des riches et compris qu’elle avait perdu et est donc passée dans une opposition radicale, et ceux dans lesquels la gauche a jugé qu’elle avait encore de beaux jours devant elle, à condition non pas de s’opposer au système capitaliste mais de l’accompagner. La France est dans le second cas et l’Espagne et la Grèce dans le premier. C’est ça la différence, parce que chez nous, ce mouvement d’accompagnement du capitalisme s’est traduit par une marginalisation des vrais contestataires, puisque le vivier du renouvellement était oblitéré par les ex-partis de gauche qui ne cherchaient et cherchent encore qu’à maintenir leurs rentes. Honte aux gauchistes, honte aux socialistes, honte aux communistes, surtout aux communistes, ces profiteurs de la misère pour avoir stérilisé le besoin et la volonté de changement de la population. Cela étant, ne me faites pas dire que la voie espagnole est la voie royale de la résistance au capitalisme. Il y a loin de la coupe aux lèvres, la récupération est à chaque carrefour et l’argent est plutôt de plus en plus fort que le contraire. L’Espagne et la Grèce paraissent en avance pour le moment, mais c’est peut-être de France que viendra le prochain coup, si vous le voulez bien.

    Néanmoins chez nous, nous n’avons rien à opposer à la finance triomphante et donc le vote est clairement une action de pure collaboration. Là ou je voudrais vous rassurer, car je vous connais bien, c’est que ne pas voter n’est pas une action dangereuse. C’est simple, car il suffit de faire taire le sentiment de culpabilité que le système a insidieusement glissé dans chacun de nous, car eux, la caste, ils tiennent absolument à ce que nous votions. Pour n’importe qui, puisque le résultat est déjà connu, mais la seule chose que nous demandent les riches c’est de voter. Toute la grande foire des élections et des sondages, le battage médiatique et les séances télévisées n’ont qu’en seul but : faire que vous alliez mettre votre bon pour accord au système dans la boîte prévue à cet effet. Les slogans ne manquent pas : voter c’est citoyen, voter utile, voter pour le changement, voter c’est un droit et il faut le cultiver, votre avis compte, devoir de voter, ….On se calme.

    Conclusion récapitulative : Je suis donc en train de vous dire que l’abstention est l’attitude politique la plus pertinente que nous pouvons avoir de nos jours car nos dominants tirent leur légitimité des élections et seulement de là, puisque pour tous les autres aspects, les élus ne sont que les sherpas des riches. La classe politique s’est approprié les modes de fonctionnement de la démocratie en transformant le vote comme moyen d’expression populaire en instrument de pérennisation de sa domination. Pour cela, la classe politique a délibérément choisi de passer sous la coupe de la caste des riches et de la finance qui possède déjà non seulement les banques et les entreprises, mais aussi les médias et maintenant les institutions. Dans ces conditions, voter ne sert plus à exprimer son opinion mais seulement à choisir le clan de riches qui remporte la compétition. Pour les prochaines présidentielles, la seule manière de sortir de ce piège est soit le vote FN soit l’abstention. Tout autre vote est un clair blanc-seing au dictat de la finance. Comme le FN n’a strictement aucune chance, ma préférence va à l’abstention. L’objectif serait que ce soit l’abstention qui soit élue avec 50 % par exemple. Ca ne serait pas la révolution mais un signal clair de défiance à l’égard de ceux qui nous gouvernent, et ce n’est pas à un parti qu’appartiendrai la victoire mais à nous tous. C’est rare.

    Michel Costadau

  • Justice

    Justice

    « Il faut s’unir pour abolir injustice et pauvreté » chante Graeme Allwrigt dans « Le jour de clarté ».

    La pauvreté est un état dans lequel l’homme mais aussi la nature jouent un rôle. L’injustice, au contraire, n’existe pas dans la nature et c’est une notion dont l’homme est le seul et unique acteur car c’est lui qui l’a inventée (dans le sens de découvrir). Nous allons donc parler de l’injustice c’est-à-dire plutôt de la justice. Pour être tout à fait clair, le récent procès du cafetier de Lavaur a fortement contribué à me faire aborder ce sujet. Nous y reviendrons donc. Dans ce texte on découvrira que l’injustice est devenue le fondement de nos démocraties, que la Justice est une institution qui ne fonctionne plus du tout correctement, et qu’il convient de considérer, voire d’adopter, de nouveaux comportements consistant à ignorer les lois, à se regrouper pour résister, tout en se débrouillant pour échapper à la Justice (ce qui est, déjà, une pratique assez répandue chez les dominants). Accessoirement on constatera que l’humanité ne fait aucun effort pour créer un monde plus juste.

     

    Alors au travail. On va d’abord déminer un peu le terrain en éliminant quelques faux amis. En effet qu’est ce que ça peut bien être qu’une société ou un monde plus juste (on va éviter les mots creux comme équitable, durable  etc. (si vous savez ce que ça veut dire, je suis preneur) inventés par les technocrates pour favoriser le commerce). La justice n’a aucun rapport avec l’égalité, l’équité, le juste partage de quoi que ce soit, et encore moins la vérité. La nature n’a rien de vrai ni d’égalitaire. Bien au contraire, elle est basée sur la différence et même ça s’appelle la diversité et c’est quelque chose que l’on tient à conserver. Seulement appliqué à l’homme ça donne un sentiment d’inégalité. Celui qui a une tache au milieu de la figure a du mal à considérer que c’est un cadeau de la diversité mais plutôt un handicap et qu’en quelque sorte ce n’est pas juste puisqu’il n’y est pour rien. Et donc on peut dire que c’est pas de bol, mais ça n’a aucun rapport avec l’injustice. Le sentiment de ce qui est juste ou pas n’a en fait aucun rapport avec la justice. Il peut y avoir des sages (dans le sens d’être capable de donner un avis éclairé) mais il ne peut pas y avoir de justes (dans le sens d’agir selon une règle de vie juste). La seule manière d’être juste c’est d’être en accord avec les lois et donc il y a, quand même, beaucoup de justes dans notre pays malgré les essais d’appropriation du terme par l’Etat voyou d’Israël. La Justice a donc seulement un rapport avec les lois édictés par les hommes (lois personnelles, d’un clan ou d’une société, on ne fait pas de différence). L’injustice est uniquement le fait que la loi ne soit pas respectée. Et le sentiment d’injustice vient de l’ostentation coupable de ceux qui se sont mis à l’abri des lois. Tout ça pour dire qu’il faut éviter de croire que l’institution judiciaire est le moins du monde amenée à rendre « la » justice : elle est seulement chargée d’appliquer la loi (évidemment c’est beaucoup moins exaltant, même si vous me dites que tout le monde le savait). Ce n’est pas notre sujet mais on peut quand même signaler qu’en fait ce sont les religions qui se sont emparées de la notion de juste et de justice, en inventant des lois divines, ce qui implique bien qu’elles reposent sur une énorme supercherie.

    En matière de faux amis il y a aussi le sentiment assez répandu que l’on peut faire appel à la justice pour faire respecter son droit, pour d’une manière générale forcer à s’exécuter (payer, partir, restituer….) celui qui ne le veut pas. C’était peut être vrai il y a très longtemps mais hélas ce n’est plus ça. La Justice n’est plus du tout faite pour réparer ou effacer un préjudice (d’ailleurs on ne peut pas utiliser ce qui a été détruit, ni rendre la vie à une victime), de nos jours elle est seulement là pour punir selon une loi et pour elle il n’y a pas d’innocent, de coupable ou de victime mais seulement des gens qui ne connaissent pas la loi et c’est aussi vrai pour le plaignant que pour l’accusé. On a même inventé un horrible slogan « j’ai confiance dans la justice de mon pays » qui a eu son heure de gloire, mais la réalité est heureusement que plus personne n’a confiance dans la Justice. Clairement les gens préfèrent endurer un préjudice qu’essayer d’obtenir « justice ». Ils appellent ça la vie en société. Un exemple moderne : quand vous achetez un téléphone mobile et que vous souhaitez régler vos consommations par chèques, vous signez le document correspondant et oh surprise vous vous retrouvez avec des prélèvements sur votre compte. Bon, maintenant essayez donc d’obtenir l’application de ce que vous avez signé, vous perdrez toujours (on vous fera savoir que ce que vous avez signé n’engage que vous !).

    Revenons, maintenant, sur l’aspect institutionnel de la Justice et donnons les indications de base. La Justice est l’un des trois piliers sur lesquels est bâti le pouvoir dans nos sociétés. Mais la Justice n’est pas le plus simple à faire fonctionner, car c’est celui qui fait l’équilibre entre les deux autres : l’exécutif et le législatif. Et c’est un équilibre particulièrement instable. C’est le seul contre-pouvoir officiel que nous ayons. Du coup la Justice est devenue, petit à petit, un ennemi, un obstacle pour les deux autres, ce qui a conduit à la disparition de son rôle. On peut même décrire l’état actuel de notre société comme un entente entre le législatif et l’exécutif pour supprimer le rôle de la Justice. En fait c’est d’abord l’exécutif (gouvernement et ses préfets ainsi que la gouvernance de toutes les collectivités) qui a jugé que la Justice était un obstacle. Nous avons par exemple un président qui n’est redevable devant aucune juridiction pour l’exercice de ses fonctions. Nous avons cette clause inique d’immunité parlementaire. Nous avons cette notion insupportable de responsable mais pas coupable pour tous les membres du gouvernement et des collectivités. Nous avons surtout l’avantage énorme que constituent les réseaux des dominants (il y en a quand ils ne sont pas content qui téléphonent à Hollande et d’autres qui peuvent défiler par milliers sans qu’on daigne les entendre). Comment voulez-vous que s’exerce le pouvoir de la loi pour des gens protégés par de telles murailles. Ces gens-là ont réussi à se mettre hors-la-loi, c’est-à-dire à l’abri des lois et une fois de plus l’exemple venant d’en haut, la disparition de la justice s’est opérée.

     

    Alors est-ce que la Justice a encore du pouvoir dans notre pays ? C’est-à-dire la possibilité d’exercer son rôle de contrôle de l’application des lois. En théorie elle a le pouvoir de la loi, mais malheureusement la loi est loin d’être la même pour tous. Plus précisément il y a une seule loi mais ses effets sont extrêmement différents selon les personnes. Par exemple, une peine de 100 € n’a pas du tout le même effet sur une personne qui gagne 700 €/mois et sur celle qui en gagne 7000. On peut, clairement, dire que dans le second cas, la personne est au-dessus de la loi en question et qu’elle est en mesure de n’en tenir aucun compte. C’est d’ailleurs un des principaux objectifs des riches et des puissants que de pouvoir être au-dessus de la loi. On touche là un dysfonctionnement de l’institution judicaire, à savoir que le pouvoir de la Justice est complètement oblitéré par le fait que la loi n’est pas la même pour tous. Et pourquoi la loi n’est pas la même pour tous, tout simplement parce que le législatif dit la loi mais aussi la peine encourue pour son non-respect (ça on pourrait le changer en laissant le choix de la peine aux juges), ce qui donne une faible marge de manœuvre à la Justice pour exercer son rôle. On pourrait, bien sûr, multiplier les exemples, mais on peut établir facilement qu’en France, la loi n’est pas appliquée ou tout au moins qu’elle ne fait peur qu’aux plus faibles, ce qui est exactement le contraire du but recherché. Car des lois il y en a de toutes espèces puisqu’elles portent sur tous les aspects de notre vie quotidienne, mais d’une manière générale on décrit nos sociétés comme des Etats de droit, ce qui est censé vouloir dire que les citoyens sont protégés par des lois. En particulier les plus faibles, parce que les riches se débrouillent tout seuls (Tapie, Berlusconi, Strauss Kahn, Bongo….). Les autres pays sont censés être des Etats de non-droit dans les quels les citoyens sont « victimes » du fait du prince. Finalement, la réalité c’est que les citoyens ne sont plus du tout protégés par les lois, mais au contraire attaqués par elles. Les lois sont devenues la principale manière d’exploiter les populations (et de permettre aux riches de rester riches (ce qui explique pour quoi il se sont emparés de la classe politique et des médias) D’ailleurs les programmes électoraux ne contiennent que des propositions de lois, preuve indiscutable que «l’esprit » a disparu de nos sociétés (l’esprit c’est par exemple solidarité, respect, liberté, courage, probité, partage…..). C’est donc une dérive complète de la Justice que nous pouvons constater, à savoir que, depuis un moment, la Justice ne sert plus qu’à protéger les riches et leur richesse. Cette dérive remplit les prisons avec des pauvres alors que les riches restent dehors. Dans les faits, je ne crois pas que les riches se fassent, par exemple, plus voler que les pauvres mais le fait est que les pauvres qui volent se retrouvent en prison et que les riches qui volent restent dehors. Vous allez me dire que c’est normal puisque les pauvres ont moins et donc veulent ce qu’ils n’ont pas et que les riches ont bien assez sans avoir besoin de voler. Stop, là il vous faut atterrir mes bons amis. En effet, il est impossible de devenir riche sans pratiquer le vol, souvent l’assassinat et d’une manière générale tout ce que les lois répriment. Il n’y a pas de pire bêtise que de vouloir s’enrichir en restant dans les limites de la légalité. C’est la meilleure manière de faire une voie royale aux escrocs et profiteurs de tout genre qui eux vont s’enrichir tandis que vous resterez pauvre. Ne me parlez pas du bon fond de la nature humaine c’est une chimère comme nous l’a si bien expliqué J.J. Rousseau il y a quelque temps. Et si maintenant vous voulez une preuve imparable, il suffit de regarder ce qu’on appelle l’histoire de France, qui n’est malheureusement que le récit des luttes de pouvoir entre les riches et non l’histoire du peuple français. Mais si vous y trouvez le moindre respect des lois ou la moindre honnêteté, ne serait-ce que dans les intentions, envoyez-moi un mail tout de suite, je suis preneur (encore et toujours). Donc, clairement, les riches ont volé et volent encore mais ce ne sont pas eux qui sont en prison (il y a bien sûr des règlements de compte entre eux). C’est tout à fait injuste et ça peut même susciter un sentiment de révolte mais, encore une fois, c’est vous qui irez en prison, et c’est comme ça.

    De même il est facile d’établir que la loi n’est largement pas respectée et même injuste avec, par exemple, le fait que plus la faute est grave plus les peines sont légères (on est moins puni pour avoir blanchi des milliards que pour l’agression d’une supérette pour 50 €). On peut même dire plus clairement que la loi n’est pas faite pour être respectée mais seulement pour permettre à ceux qui ne souhaitent pas la respecter de savoir à quoi il faut faire face. Ca c’est un peu fort me direz- vous parce que alors à quoi ça sert de faire des lois qui ne doivent ou ne peuvent pas être respectées. Pour comprendre pourquoi les lois ne sont pas faites pour être respectées, mais seulement pour aider les contrevenants à les contourner, c’est assez simple. En effet d’abord 90 % des lois sont inutiles. Par exemple toutes les lois sur les logements privés ou sociaux, les droit des bailleurs et celui des locataires, le montant des loyers et des charges etc. n’ont aucune espèce d’utilité et l’on se retrouve donc avec un parc de logements vides, des loyers prohibitifs, de l’exploitation (300 €/mois pour 2 m²), des expulsions pour diverses raisons sans que la notion constitutionnelle (l’esprit) de droit au logement puisse être considérée comme existante. Autre exemple, les lois sur la dépendance, montant des retraites, maison de retraite, aide à la personne, soins à domicile, euthanasie, etc. toutes ces lois ne servent strictement à rien pour le respect de la vie et de la dignité humaine mais seulement à faire du business. On pourrait aussi parler de l’accès à la connaissance, l’éducation, la formation, la laïcité qui n’ont qu’un seul but, faire que ceux qui ont le pouvoir le gardent. Toutes ces lois inutiles ne servent qu’aux usagers (propriétaires, locataires, hôpitaux, familles, communautés….) à savoir comment les détourner et faire leurs affaires. Sur les 10 % des lois restantes la majorité sont inapplicables car conjoncturelles. Ce sont des lois momentanées en fait et ce qui était interdit hier devient un jour permis ou le contraire. Et en effet, vous pouvez constater que notre pays court après les lois. Chaque événement dans la société crée une folie de « on va légiférer, renforcer, pénaliser… « . On a déjà précisé dans un autre texte que tout cela n’est que de la médiatisation pour occuper l’espace et faire croire que la société fait quelque chose. On rajoute maintenant que ça sert, aussi, à créer des lois inapplicables (et donc sans danger pour les contrevenants et autres magouilleurs). Passeports biométriques, détecteurs de fumée, travail au noir, appellation d’origine, limitation de vitesse, contrefaçons, trafics en tous genres, j’en passe et des meilleures pour expliquer que tout ça ne sert strictement à rien à part à vous abuser (parce que vous croyez qu’il y a des lois) et à m’amuser (parce qu’on respire, quand même, un parfum de liberté quand on voit des gens qui ne respectent pas la loi). Enfin les quelques % restants sont l’affaire des avocats. J’adore les notions d’abus de majorité, de témoins assistés ou de droit de vote double. Les avocats se régalent et nous on regarde passer les trains. Les US (où le droit de tuer les noirs est constitutionnel) sont très en avance sur nous dans ce domaine et si vous vous asseyez sur un banc public, à côté par exemple d’une vielle dame, faites gaffe de ne pas vous retrouver devant le juge pour tentative de racket. Ca vous fait rire mais c’est pas vraiment drôle. Voilà pourquoi j’ai annoncé que nos sociétés étaient basées sur l’injustice et on vient de l’établir.

    Donc les lois ne nous protègent pas mais au fait pourquoi a-t-on des lois. Ben c’est assez facile. Les sociétés humaines se sont trouvées confrontées au problème du non-respect de certaines règles par certaines personnes ou entités. Quand une entité (individu, groupe ou population) ne respecte pas les règles et bouscule vos modes de fonctionnement (invasion des Huns par exemple), il n’y a que trois solutions : soit vous vous laissez faire (au risque de disparaître), soit vous faites la guerre (c’est, heureusement, le cas général), soit vous faites adopter (ou essayer de faire) par toutes les entités des règles de bonne conduite (c’est le concept de lois, qui sert de base à la notion de sociétés dites civilisées (qui du coup ont le droit de faire la guerre légalement !!!)). Les deux premières attitudes se passent de commentaires et vont perdurer sans mal. La troisième solution  pose beaucoup de problèmes, mais nous nous intéressons seulement à l’aspect Justice du contenu des règles. Et plus précisément aux sanctions éventuelles que la société peut appliquer.

    Ne rien faire n’est pas possible car la nuisance continuera (et justement le sentiment d’injustice naîtra) ; éliminer physiquement l’entité qui ne respecte pas les règles (mort, perpétuité, lourdes peines…) induit la disparition du contrat social puisque toutes les entités chercheront à se prémunir de cette élimination possible (accumulation de richesse, maffia, milices, règlement de comptes, corruption… ) et donc l’élimination physique du contrevenant entraîne la disparition de la société (c’est ce qui nous est arrivé). Dernière possibilité : appliquer aux trublions une peine de compensation de la nuisance, pour en quelque sorte effacer le préjudice et permettre à toutes les parties de reprendre une vie normale avec respect des règles (c’est la base de l’éducation). La Justice a,  probablement, été pensée à l’origine pour faciliter le parcours de chacun malgré les chutes possibles. C’est une question fondamentale de savoir si, après un délit, il existe une possibilité de peine permettant de laver le délit. Aujourd’hui la réponse est, clairement, non, et le casier judiciaire, la notion de récidive et de fichage d’une personne en sont la preuve. Il n’en a pas toujours été ainsi, mais aujourd’hui nous sommes tombés bien bas à cause de cette impossibilité de laver le crime.

    Pour moi, on a le droit de commettre une bêtise mais on devrait attendre de la peine qu’elle lave complètement du délit commis. Quel est l’intérêt d’effacer le délit, ben c’est de permettre de considérer que c’était une erreur de parcours, d’effectuer la peine correspondant au prix de l’erreur et de repartir comme si on n’avait rien fait. Vous allez me dire que je rêve, que certains ont un penchant pour le vice et que la société doit être impitoyable avec eux. Oh là où là, vous regardez trop la télé (et on vous a déjà dit que c’est pas du tout bon) parce que à quoi sert d’aller en prison si c’est pour que la faute que l’on a commise et pour laquelle on a payé (on a dit prison) subsiste à la sortie. A ce moment-là autant enlever des points sur un certificat de citoyenneté. Quand on récupère le certificat de citoyenneté (par exemple au bout d’un an) plus personne ne se souvient qu’à un moment on a manqué de points. J’ajoute, mais il faudrait un texte spécial pour traiter ce sujet, que ce qu’on a tendance à considérer comme un défaut incorrigible de certaines personnes (pédophilie, viol….) ne peut (et ne doit) pas être résolu seulement par la société, mais doit impliquer le tissu social, le milieu et le cadre de vie (à condition que la société ne l’ait pas détruit). Néanmoins j’insiste énormément sur cette notion de peine réparatrice, car c’est pour moi le fondement du droit de la société à punir. Si la peine n’efface pas la faute, alors c’est punir pour punir et ça n’a rien à voir avec la démocratie Je ne crois pas que c’était l’esprit des pionniers de la République. Parce que punir pour punir, non seulement ne sert à rien sauf à détruire la société, mais en plus c’est le propre de la tyrannie, pas de la démocratie. Le débat sur la peine de mort pose exactement cette question, car elle n’efface pas le crime et donc elle encourage à se mettre au-dessus des lois.

     

    Et le cafetier de Lavaur que devient-il dans tout ça. Ca vaut le coup d’en parler parce que c’est vraiment un procès emblématique. Emblématique parce que le discours ambiant est imbibé de haine. « d’abord la 22 mais après le 16 » « avec moi ça aurait pas traîné, deux balles point à la ligne » « moi je t’aurais renvoyé tout ça chez eux directo » « personne ne fait rien » . Discours de haine ne dépassant, généralement pas le stade des mots pour la plus part des gens, sauf exception  dont fait hélas partie ce pauvre cafetier. Discours de haine, relayé, entretenu par les médias et, il ne faut pas avoir peur de le dire, partie intégrante du langage de toute la classe politique. Emblématique parce que ce procès a failli ne pas avoir lieu. Le ministère a essayé par tous les moyens d’éviter qu’il y ait procès (honteux). Imaginez donc tous les procès qui n’ont pas eu lieu parce que subtilisés dès le départ par le ministère pour protéger toujours les mêmes. Emblématique, parce qu’au procès le ministère a demandé la relaxe (scandaleux). Emblématique parce qu’au cours du procès il est apparu que l’accusé était dans la catégorie des pauvres (misère intellectuelle plus que matérielle dans ce cas) et comme je vous le dis ce sont ceux-là qui vont en prison (cherchez l’erreur). Et enfin, cerise sur le gâteau, l’association de défense de la victime s’est « réjouie » de la condamnation, bien qu’il n’y ait rien à fêter, car pour une fois la loi s’est appliquée (nauséeux).

    Michel Costadau

  • Médias Lecture du journal

    Médias Lecture du journal

    Je vous avais promis, pour illustrer les mensonges des médias, de faire une lecture commentée et éducative d’un quotidien pendant une semaine. En fait ça se simplifie puisque Le Monde du vendredi 22 mai 2015 me fournit suffisamment de matière pour lui dédier un texte. Voici donc mes impressions brutes quand j’ai lu ce journal.

    En une « La cité syrienne de Palmyre aux mains de l’Etat islamique« , sur toute la page 2 « L’Etat islamique s’empare de Palmyre » et sur toute la page 18 « Il faut sauver Palmyre« . Sauver de quoi ? Là on est présence d’un syndrome classique de l’impérialisme occidental. Le patrimoine mondial appartient à l’occident, c’est notre propriété, culturelle certes, mais propriété quand même. C’est un reste de la colonisation. Donc quand on y touche on nous touche, on nous attaque et donc on se défend. Pas vous ni moi, mais la classe possédante et ses médias. Oui parce que Palmyre leur appartient. Vous, vous croyez que ça appartient aux Syriens, et bien non ça appartient à l’occident. On a même mis une étiquette de patrimoine mondial dessus, comme sur les oreilles du bétail. Pas touche c’est à nous.

    Par contre quand en France on démolit un site archéologique, ou une zone humide pour faire une autoroute ou un barrage, y a rien à dire, c’est le business alors c’est accepté, légalisé et béni. Quand au Brésil on rase la forêt amazonienne pour faire pousser du soja ou du maïs, y a rien à dire, c’est le business alors c’est accepté, légalisé et béni. Quand on donne des autorisations de forage, en Arctique, en baie de Somme ou en mer Noire pour extraire du pétrole ou du gaz pour nos petites cuisinières, y a rien à dire, c’est le business alors c’est accepté, légalisé et béni. Bon je crois que vous avez compris. Dans cette affaire il est important que les médias soient au service de l’argent pour délivrer le mensonge qui va bien. Le mensonge c’est de faire croire aux citoyens que l’EI menace quelque chose qui nous appartient, alors que c’est l’occident qui menace la planète avec sa fuite en avant. Le mensonge c’est de justifier notre présence militaire par la protection de « notre » patrimoine. Le mensonge c’est de faire croire qu’il est normal que les touristes aux dollars et aux euros puissent se balader dans les sites syriens pour enrichir leur souvenirs de vacances et leur collection de photos, là c’est Huguette devant le temple de zébulon en 2013, pendant que derrière la montagne, nos avions bombardent un camp de réfugiés.

    Toujours en première page « Mali : un commando français élimine deux chefs djihadistes« . Là on explique clairement, que l’exécution de suspects sans la moindre forme juridique, fait partie des pratiques françaises qu’il faut louanger et encourager. Il est bien expliqué que ce n’est pas un acte de guerre, avec une bataille, non c’est une exécution comme les drones américains ou israéliens qui « opèrent » les cibles de leur choix. C’est de l’assassinat, mais de l’assassinat idéologiquement justifié, comme si l’Etat avait des droits que n’ont pas ses citoyens et comme si ça devait calmer la haine à notre égard des populations sahéliennes. Je ne comprend pas que l’on autorise notre pays à mener des actions terroristes, avec le soi-disant mobile de justement lutter contre le terrorisme. C’est la porte ouverte à toutes les dérives, parce que qui définit les cibles, qui décide qu’un tel, dans sa montagne, est coupable et doit être exécuté ? Pourquoi pas vous ? Des dérives il y en a déjà beaucoup trop et elles ne servent que ceux qui nous possèdent et nous dirigent. Alors les médias sont là pour cacher le méfait et le transformer en fait de gloire que l’on va chanter dans les écoles. Car pour cacher un acte terroriste on le labélise, de justice, d’ordre, de protection et de la sacro-sainte défense des valeurs. Oui mais ces valeurs-là ce sont le dollar et l’euro, pas la fraternité.

    En page 6 « Le «rêve fou» des gays irlandais à l’heure du vote, L’Eglise catholique, en perte d’influence, fait discrètement campagne contre le mariage homosexuel« . Trop beau pour être vrai que l’on parle des agissement discrets de l’Eglise. Car et ce n’est pas son moindre défaut, l’Eglise agit. L’Eglise c’est un lobby, un puissant lobby qui pèse sur notre vie de la manière la plus réactionnaire qui soit. L’Eglise agit toujours dans le sens des puissants, des riches, des libéraux mais sous la couverture de la morale. On ne voit pas au premier abord ce qui les gêne dans le mariage homosexuel, eh bien c’est tout simplement que par principe il ne peut pas être religieux, car eux, comme les musulmans ils vendent le mariage religieux comme la seule manière d’autoriser  le viol. Seulement entre deux hommes ou deux femmes il est difficile de parler de viol.

    En page 6 aussi « Les provocations de Viktor Orban gênent les conservateurs européens, Le premier ministre hongrois, membre du Parti populaire européen, a de nouveau vanté les vertus de la peine de mort, depuis Strasbourg« . Bon un petit couplet sur la peine de mort, ça rassure les lecteurs. Le détournement d’information vient de la mention de l’appartenance d’Orban au groupe conservateur du parlement européen, qui ne doit en aucun cas être assimilé aux partis fascistes qui eux truffent leur discours de recours à tout un tas de punitions pour racoler le bon peuple. Vous savez, la différence entre les conservateurs et les fascistes elle est plus mince que du papier à cigarettes, mais comme ils chassent le même électorat, ils font croire qu’il y a une différence. Donc les fascistes vantent la peine de mort et les conservateurs disent ah non nous on est pour couler les bateaux des migrants mais ça ne s’appelle pas la peine de mort. Comment ça s’appelle d’ailleurs ?

    En page 8 « L’Europe veut bannir les «minerais de sang», Le parlement souhaite interdire l’importation de métaux issus de zones de conflit« . Mais que voilà une bonne idée pour faire du mano pulite, ça veut dire, mains propres grâce simplement aux médias. J’espère qu’il est clair pour vous que le pillage industriel de la planète, non seulement se moque des conflits mais même souvent les provoque de façon à justifier un protection militaire des sites. Alors voilà que l’Europe a des états d’âme, je n’irai pas jusqu’à dire qu’il doit y avoir des élections bientôt ou une conférence sur le réchauffement, mais ça ne m’étonnerait pas. Alors comment, sans changer quoi que ce soit aux affaires en cours, peut-on se donner un petit coup de propre. Eh bien tout simplement les médias sont là pour faire passer le message que l’Europe a des valeurs et envisage etc. etc. Ca ne coûte rien, ça ne sera suivi d’aucun effet, tout le monde est d’accord c’est donc un mensonge propre. Moi, vous voyez, j’en ai marre de ces effets de manche des politiciens à la noix qui nous prennent pour des imbéciles et se permettent de manipuler l’opinion sans que personne ne dise rien.

    En page 9 « Regain climatosceptique à l’Académie des sciences, A l’approche de la conférence climat, certains académiciens contestent l’origine humaine du réchauffement. » Ca se passe en France et, comme le titre précédent, c’est une médiatisation qui ne coûte rien, mais là elle révèle en plus toute l’incurie du monde scientifique. Au cas ou vous en douteriez, je vous rappelle que le monde scientifique est à la solde des puissants et du business et les scientifiques eux-mêmes ne sont que des pions au service des entreprises. Leur notoriété, vous le savez, vient de la publication d’articles dans des revues ad hoc, articles que personne ne lit, validés par une équipe éditoriale taillée sur mesure. Comme personne ne les lit, il est facile de faire des articles creux, sans la moindre base scientifique et truffés de bêtises. C’est le cas dans cet article qui cite des revues chinoises qui probablement n’existent même pas ou en tous cas font paraître n’importe quoi, sachant évidemment que la Chine est à 100 % contre le réchauffement climatique. En fait ça veut dire qu’elle s’en moque complètement dans la pratique, mais qu’elle est très active sur le sujet pour que personne ne doute qu’elle fait tous les efforts qu’il faut et même plus.

    En page 10 « Espionnage : les curieux achats des douanes, «Le Monde» a retrouvé la trace de l’acquisition d’IMSI-catcher, des dispositifs d’écoute illégaux. » Qu’un ministère, c’est l’Etat en fait, achète ouvertement des produit dont il interdit l’usage par des lois,  il n’y a là pas de quoi me surprendre. C’est tout à fait normal, à partir du moment où  l’on sait que ces gens-là font ce qu’ils veulent. Non le point à noter c’est que le journal se fait un petit coup de pub en disant qu’il a enquêté et qu’il a trouvé. Evidemment l’information est choisie, complètement anodine, car on voit mal Le Monde enquêter sur le colonialisme israélien ou les fraudes à l’emploi des entreprises. C’est comme ça que le bon public a le sentiment que les journalistes veillent et que ce qui sort dans la presse est la révélation de ce que certains voulaient cacher. Tout le reste est donc par principe propre.

    En page 14 « A Béziers, le combat idéologique passe par le journal municipal, Robert Ménard, élu avec le soutien du FN, veut «tenir la population locale au courant, sans les filtres de la presse subventionnée». » Ca c’est vraiment intéressant car on n’est que dans des contradictions. D’un coté Ménard qui dit dans un journal financé par la mairie qu’il veut donner des informations qu’on ne trouve pas dans les journaux subventionnés, sous-entendu par ses ennemis. Ca me fait penser à ce patron qui essayait de justifier le salaires des pdg en disant qu’ils travaillent 70 h par semaine. Moi j’en conclus directement que l’ouvrier qui travaille 35 h par semaines devrait donc toucher la moitié du salaire du patron. Imparable. Ce qui fait l’intérêt de Ménard c’est que dans la cour de l’école c’est lui qui a le poil à gratter. Alors tout le monde tousse. A trop vouloir se justifier, on amène la suspicion. Mais, et ce n’est pas un gag, Le Monde n’a pas à se justifier sur l’entreprise de désinformation qu’il pratique. Et pour une fois il a raison car personne ne le croirait.

    Michel Costadau

  • Gréce

    Gréce

    Savez-vous où se trouve le cœur de l’Europe ? C’est pas vraiment une blague, c’est juste pour dire que l’Europe, ce n’est pas un pays. Mais alors qu’est-ce que c’est ? qu’est-ce que c’est ?

    Ce  texte assez simpliste (oui on fait aussi de l’économie) a, comme d’habitude, pour but d’aider à comprendre le monde dans lequel nous vivons.

    Alors on va parler de l’UE et de tout ce qui va avec et surtout de la Grèce.

    A l’issue de la démonstration, on verra que l’UE est devenu une énorme machine antidémocratique vouée à la protection de l’argent et non des citoyens. On verra aussi que la Grèce est en première ligne de la résistance à cette machine. On verra enfin que l’Europe, en mal d’agrandissement, cherche à se confronter à la Russie et que l’Ukraine est son terrain de jeu. On découvrira aussi que ce qui ne va pas n’a aucun rapport avec des dettes ou des déficits, mais seulement avec la démission honteuse et létale de notre classe politique. On en conclura donc que notre avenir n’est plus entre nos mains (sauf si …………..).

                Au début ça s’appelait le Marché commun et c’était une simple ouverture des  frontières de quelques pays à la libre circulation des produits, et on voyait à peu près ce que c’était. Aujourd’hui ça s’appelle, je crois, l’Union Européenne et plus personne ne saurait dire ce que c’est. Alors comment est on passé de l’un à l’autre.

    Une chose est sûre c’est qu’on y est passé, lentement, sûrement, sans à-coups mais plutôt dans une complète continuité. Et pourtant les épisodes politique locaux (ça veut dire dans chaque pays) n’ont pas manqué avec changements de majorités en veux-tu en voilà. Est-ce que vous voulez me faire dire que ces notions de changements de majorités ne sont que de la poudre au yeux (je me répète mais il paraît que c’est très pédagogique). Eh bien c’est exactement ce que l’on peut penser en regardant ce qui s’est passé. C’est vrai que, comme tout le monde j’ai voté Mitterrand, mais lui ou les autres nous ont exactement emmenés sur le même chemin dit de la construction européenne. Ce qui est marrant, mais surtout très grave, c’est que depuis la création du marché commun jusqu’à aujourd’hui, l’idée qu’il y a (avait) de réels avantages à construire une union n’a jamais été remise en cause, ou tout au moins, il a été constant de marginaliser ceux qui s’interrogeaient sur cette réalité (souverainistes, nationalistes). Mais dans les faits, je ne crois pas que l’on puisse citer une seule amélioration de la vie des Français liée à notre appartenance à cette union. On peut faire le tour si vous voulez, en analysant thème par thème ce qu’il en est. Dans le domaine social, que ce soit le travail (chômage), la protection sociale, l’école ou les retraites, le constat est plutôt accablant et marque réellement un recul constant. Dans le domaine politique, les prétendues réformes sur l’assainissement des partis, la décentralisation (voire la recentralisation on ne sait plus), le respect des minorités ou la laïcité, sont au point plus que mort et même en constante dégradation. Pour ce qui est du rayonnement de la France, c’est aussi la Bérézina et j’ai déjà expliqué que l’impérialisme français, qui est tout simplement la suite du colonialisme mais sous un autre nom, est responsable de beaucoup de troubles intérieurs. En fin de compte, il y a un hiatus énorme entre les idées que l’on continue à nous vendre (Europe sociale, respect de la personne, droit européen…) et la réalité (centre de rétention, dumping social, bases américaines en Europe (dans lesquelles en plus on pratique la torture), TAFTA, PAC……)

    Pourtant, je le répète, tout s’est déroulé sous nos yeux. Mais Bruxelles commence plus à ressembler à un mirador qu’à un gentil chef d’orchestre. Je m’explique. Les institutions européennes sont un modèle d’opacité. En effet la gestion de l’UE est totalement définie et confiée à des non-élus responsables devant…..personne (c’est la farce habituelle de l’élu qui choisit la personne qui désigne celui qui va faire le boulot) (comme vous le savez je n’ai aucune confiance dans les élus, mais c’est plus accessible que des mercenaires). Maintenant l’UE est un super-Etat aux mains de technocrates. C’est vrai qu’avec notre présidence de la République, elle aussi responsable devant personne, on n’a pas à chercher loin pour savoir d’où vient l’erreur. A cela s’ajoute (et on continue d’en créer dans la plus grande discrétion) tout un tas d’autres instances (FESF, Euro groupe, CESE, MSE, FSE, BEI, Europol, OESP…) encore plus irresponsables. Notez bien que le piège est bien fait puisque la définition de ces institutions a, plus ou moins, été votée dans la période légendaire des référendums sur la constitution européenne. Il y a eu, à cette occasion-là, un total déni de démocratie. En France, le texte a, d’abord, été rejeté par référendum (ça c’était une expression presque populaire) mais ensuite  adopté à cause d’un vote du parlement français (cherchez l’erreur). C’est une double honte parce qu’il y a eu complet détournement du choix des électeurs, mais aussi parce que personne n’a rien dit. Et d’ailleurs, pourquoi personne n’a rien dit (moi le premier) c’est parce que les institutions en question sont loin, très loin de nous et qu’on nous a habitués à comprendre que de toute façon ils font ce qu’ils veulent. Les institutions européennes sont même tellement loin qu’elles fonctionnent de manière complètement autonome sans que nous en ayons la moindre connaissance (celui qui peut me dire par qui et quand est définie la feuille de route du président de la Commission européenne est le bienvenu). De même, quand les électeurs ont-ils demandé à la Commission de s’intéresser à l’Ukraine ? ou donné leur accord pour l’adhésion au traité transatlantique ? (beurk). Les fonctionnaires de l’UE traitent seulement avec les lobbies (l’immeuble des lobbies est juste face de celui de la Commission) et ne sont sensibles qu’aux sirènes libérales (qui sont les seules ayant le droit de nager dans les eaux de l’ENA). C’est pourquoi dans ce texte nous aurons tendance à appeler toutes les institutions européennes « not’ bon maître » (y en a que ça va irriter, comme d’habitude, mais le but n’est pas de se faire plaisir mais de se dessiller les yeux).

    Quand je dis que la transformation du marché commun en un mirador s’est faite lentement mais sûrement, il faut ajouter que les médias ont joué un grand rôle (tiens ça fait un moment qu’on ne nous ressort plus les couplets Jean Monet, l’entente de peuples et la paix définitive). Pour vous distraire, une petite blague sur la paix : le célèbre Packard inventeur des supermarchés (non ce n’est celui auquel vous pensez, ni l’autre d’ailleurs) décrivait ses magasins comme des îlots de pertes dans des océans de bénéfices. Moi je dis pareil pour l’Europe, des îlots de paix dans des océans de guerre (Afrique, Asie, Moyen Orient, Sud Est-asiatique…). Je dis ça pour la France hélas, mais quand même le grand prédateur reste les US.

    Donc lentement mais surement, indépendamment des couleurs des différents gouvernements une super gouvernance s’est mise en place. Au début ça paraissait à notre mesure, De Gaulle semblait avoir un pouvoir sur l’adhésion de la GB, mais qu’en est il aujourd’hui du pouvoir de notre pauvre Président. Il faut noter que, médiatiquement, il y a eu un glissement sémantique avec l’invention du mot Europe pour désigner l’UE. On parle alors indistinctement de UE, Europe, Bruxelles, voire tout simplement de l’Union (Au fait vous saviez que l’Union a un siège au Conseil de sécurité de L’ONU ??). Au niveau des mots, l’idée de base de l’entourloupe médiatique est de dématérialiser (en plus c’est à la mode) les complexes montages politiques des quelque 20 pays pour en faire une entité unique qui dès lors s’impose comme une acteur simple, capable de créer dans l’esprit des gens un concept de communauté, d’appartenance, un creuset dans lequel tout le monde se retrouve. Et du coup l’Europe parle, l’Europe agit comme elle était un pays (L’Europe veut améliorer ses rapports avec le Brésil !!!!).

    On sent, et ce n’est pas seulement une impression, que notre pays est soumis à un rouleau compresseur politique et technocratique par rapport auquel le pouvoir élu par nous, loin de nous défendre, n’est qu’un stupide collaborateur.

    Tout le monde en rigole (à tort) mais la technocratie, en particulier paperassière, n’est pas du tout le signe de la complexité de la tâche à laquelle est confronté not’ bon maître, mais seulement une mesure de la distance qui les sépare de notre vie quotidienne. Et cette distance est grande à dessein car, pour not’ bon maître, les idées des électeurs sont à priori mauvaises. Il faut dire que la population a plutôt une tendance spontanée à préférer améliorer son sort qu’à enrichir des actionnaires ou encenser des corrompus (mais elle lit quand même Closer !).

    Bon, nous avons posé le décor, il y a des populations qui sont encapsulées dans des pays et ces pays ont inventé une machine à diriger basée sur des institutions opaques et des agents (technocrates) irresponsables. L’ensemble de cette vingtaine de pays forme ce que l’on peut appeler le bastion européen, au-dessus duquel règne le mirador. Comme le niveau de vie (ça veut dire la capacité à consommer) est plus élevé dans le bastion qu’à l’extérieur, il y a, aussi, ce problème dit de l’immigration (mais on verra ça une autre fois).

    Maintenant posons-nous la question de la liberté de manœuvre (exprimée par ses votes par exemple) de chaque pays à l’intérieur de ce bastion, et, question de fond, que peut vraiment faire un gouvernement nouvellement élu, par rapport au précédent.

    Si c’est rien ça remet totalement en cause la notion de vote démocratique. Je veux dire que si c’est le peuple, comme ça doit être le cas en démocratie, qui décide des orientations et choix de la société, alors il faut que le vote permette aux nouveaux élus de traduire la volonté du peuple en actes. Si au contraire on considère (et c’est exactement ce que l’on veut nous faire croire) que tout nouveau gouvernement est pieds et poings liés par les décisions et orientations précédentes, il y a de l’escroquerie dans l’air à vouloir nous faire croire qu’il fallait en changer (de gouvernement). Réfléchissons concrètement avec des exemples. Que je sache, un traité de paix signé par un gouvernement n’empêche en aucune façon un autre gouvernement (du même pays) de déclarer la guerre aux mêmes ou à d’autres. Certes l’exemple de la guerre est mal choisi parce que il y a vraiment autre chose à faire que ça. Mais enfin, si nous prenons la guerre d’indépendance de l’Algérie, ce n’est pas le même gouvernement qui a déclaré et la guerre et celui qui l’a arrêtée. Si le gouvernement dit au peuple : non je ne peux pas arrêter la guerre car c’est l’Etat qui l’a déclarée et je ne peux rien faire contre les engagement de l’Etat qui valent pour toutes les générations à venir. Vous voyez un peu le désastre.

    J’ai comme l’impression (et vous aussi bien sûr) qu’on est en train de parler de la Grèce. Eh oui, il faudrait savoir si le nouveau gouvernement grec est totalement lié par les engagements pris par le précédent ou s’il peut (et doit) les dénoncer et pratiquer une autre politique.

    La question n’est pas simple, car sur la table de jeu il n’y a pas qu’une seule boule de billard mais plusieurs. En tous cas, l’une des boules s’appelle l’UE et il serait temps de savoir si cette boule est un des rouages des banques ou un rempart pour que les peuples européens (berceau de la démocratie) puissent librement exercer leurs choix.

    L’Europe se targue à longueur de journaux de défendre ses prétendues valeurs démocratiques, glorieusement héritées du Siècle des lumières (lesquelles étaient à 90 % françaises, faut-il le rappeler : les temps ont bien changé). Essayons de voir de plus près de quelles valeurs parle l’UE. On ne va pas revenir sur la liberté d’expression (qui n’est pas plus grande en France qu’au Chili), on a déjà vu ça précédemment. Bon le seul truc que j’ai lu sur le sujet dans des articles de fond c’est que l’Europe défend un modèle avec de la protection sociale mais peu d’emplois, alors que les autres pays n’ont pas de protection sociale (on ne sait pas si, du coup, ils ont plus d’emplois, mais c’est l’idée). Eh oui c’est un peu court parce que, évidemment, personne ne peut dire si un Sénégalais (au Sénégal) est plus libre qu’un Français (en France). Il est quand même entendu que les Ukrainiens et les Grecs sont moins libres que nous (c’est pas de bol, ça tombe sur eux !!)

    Pour rester sur les Grecs (en tout bien tout honneur), il faut d’abord se débarrasser de la pollution médiatique envahissante sur ce sujet. Comme par miracle, toute la presse a pris fait et cause pour not’ bon maître (et donc contre la Grèce), pour qu’ils ne tombent pas dans les pièges tendus par ce pays, soudain rebelle. Cette posture indécente (l’Europe doit éviter de tomber dans le piège grec) en est même ridicule (il a été établi que le ministre des Finances grec ne respecte pas le dress code en vigueur (col de veste remonté par exemple) et que ça a fortement nui aux messages qu’il voulait faire passer (sic)). Et de même l’accord de février est décrit comme une reculade totale de la Grèce qui est passée par là où le voulait Bruxelles et cette reculade fait déjà des ravages à l’intérieur de la coalition au pouvoir, dont la cohésion ne tient plus qu’à un fil etc. etc. Tous ces mensonges répétés sont vraiment inutiles et dangereux. Alors y a-t-il moyen d’y voir un peu plus clair.

    Ben oui c’est assez simple. La Grèce a connu depuis quelques années des problèmes budgétaires importants conduisant à un fort endettement (mais beaucoup moins important que celui du Japon, des US ou d’autres). Seulement cet endettement était d’un pays de la zone euro et les mécanismes de banque centrale qui marchent au Japon ou aux US (parce qu’ils ont leur monnaie)  ne peuvent être utilisés par la Grèce. Donc l’UE n’est pas contente (là on voit clairement que ce ne sont pas les peuples qui se sont exprimés mais bien les financiers (au nom des peuples hi ! hi ! hi !)).

    Not’ bon maître s’amène donc avec ses gros sabots et fait une proposition d’aide assortie d’obligations de réformes (toutes de tendance ultralibérale évidemment (et pourquoi évidemment ?)). Les Grecs refusent (ce sont alors des socialistes qui sont au pouvoir!) et disent on va faire un référendum sur les demandes européennes. Alors L’UE utilise son pouvoir occulte (ça veut dire qu’on ne sait pas comment ils l’ont fait, mais ils l’ont fait) et interdit le référendum (de toutes façons ils n’auraient pas accepté le résultat mais c’est plus souple de le faire avant). Et toc, le gouvernement grec démissionne, élection et là, oh surprise (!) victoire de la droite qui dit qu’il faut absolument accepter les propositions de l’UE. Et voila, le mirador entre en action et attaque la population (baisser le salaire ne peut pas s’appeler un cadeau), pas tout le monde bien sûr, car ils connaissent quelques règles. Par exemple :

    – c’est plus facile de prendre 1 euro à dix pauvres que 10 euros à un riche,

    – il faut toujours taper sur les mêmes (les fonctionnaires par exemple) comme ça il n’y a qu’eux qui sont mécontents,

    – plus un traité (contrat, paragraphe, conditions) est incompréhensible moins les gens posent de questions (on aurait pu s’attendre au contraire mais non c’est comme ça) etc. etc.

    Cependant, cette politique dite d’austérité ne fait pas que des heureux dans la population et c’est donc une autre coalition (Syriza) qui, cette année, prend le pouvoir. On en est donc revenu à l’étape du référendum et on a perdu plusieurs années. C’est maintenant que la notion d’expression de la volonté populaire prend tout son sens, car soit le nouveau gouvernement grec peut dénoncer les accords antérieurs, soit c’est le mirador qui décide mais alors la notion de démocratie n’a plus de sens. Bien sûr ne me faites pas dire que la tâche du gouvernement grec est facile et qu’il n’y a qu’à annuler je ne sais quelle dette. Sûrement pas. Non je ne dis pas que c’est facile mais je dis que le problème n’est pas là. Cela dit, contrairement au matraquage médiatique, le gouvernement grec ne se débrouille pas si mal pour le moment. Il n’a pas une grande marge de manœuvre mais il a passé une première étape sans trop de difficultés et s’est donné 4 mois (6 aurait été mieux bien sur) pour trouver de nouvelles défenses.

    Le problème c’est que tous les pays rampent devant not’ bon maître. La France mère des prétendus droits des peuples devrait s’efforcer de faire respecter la volonté des électeurs grecs. Or c’est exactement le contraire qui se produit. La France (et donc nous to be clear) s’aligne bêtement sur Bruxelles pour réclamer le respect des engagements antérieurs. C’est du suicide politique parce que plus on affaiblit la démocratie plus on fait le lit des tyrans et des mafias.

    Donc entre le discours de not’ bon maître qui dit défendre la démocratie en imposant de s’en tenir aux accords passés et le discours grec acté par un vote populaire contre ces accords, il ne devrait pas y avoir d’hésitation. Soit ce sont les électeurs qui disent ce qu’ils souhaitent, et la démocratie c’est de respecter cela, soit c’est big brother. Y en a qui jouent avec le feu en ce moment. Comme en Ukraine (mais faute de place on verra ça plus tard aussi).

    En conclusion, y a une question que l’on ne s’est pas encore posée : mais au fait pourquoi not’ bon maître agit-il ainsi et que (ou qui) défend-ils réellement ? La réponse n’est certainement pas une histoire de complot international, avec des juifs au milieu, pour contrôler le monde. Cependant il y a des riches qui veulent garder leur richesse, et c’est tout le problème, mais une fois encore pourquoi not’ bon maître agit-il ainsi ? C’est tout simplement un réflexe classique d’avarice. Je m’explique : nos riches le sont parce qu’on peut mesurer leur fortune en € (ou en $…) et cette fortune est soit liquide soit immobilisée. Pour la partie liquide, le seul danger c’est la dévaluation de la valeur (inflation par exemple). Pour la partie immobilisée, le seul danger c’est la récession de l’activité (moins de CA = en général moins de bénéfices). Ce qu’on peut ajouter c’est qu’il y a depuis un moment (30 ans ?) trop d’argent liquide et pas assez d’argent immobilisé (et ce qu’on appelle la crise c’est tout simplement que les riches ont trop d’argent liquide). Donc not’ bon maître a une seule ligne de conduite qui se traduit par deux règles : maintenir l’euro a un niveau de valeur constant, voire croissant et augmenter le PIB par tous les moyens possibles. Ca n’a l’air de rien, mais ces deux règles font des catastrophes. Pourquoi, parce que ce que souhaitent les populations c’est à peu près le contraire à savoir que leur souhait (aux populations) serait plutôt une augmentation des salaires (ce qui en général s’accompagne d’inflation) et une plus grande offre de travail (ce qui en général nécessite d’immobiliser de l’argent).

    Nous avons donc, clairement, deux mouvements contradictoires dans le monde. D’un côté les possédants qui mènent une politique de préservation de la richesse et de l’autre des populations qui souhaitent un peu plus de partage. En théorie, via la démocratie, le combat devrait être équilibré puisque les électeurs peuvent faire entendre leur voix. Mais, hélas, les élus ont bâillonné et trahis les électeurs et sont maintenant au service de la fortune et du coup les riches ont tous les pouvoirs et ils en profitent comme on vient de le voir. Et donc pour répondre à la question du début, eh bien le cœur de l’Europe il est à Washington.

    Michel Costadau

  • Sivens

    Sivens

    Cette fois on va parler de Sivens, projet ni en cours ni arrêté mais (spécialité française) « dans l’impossibilité de se poursuivre », d’abord parce que c’est local, mais surtout parce que c’est emblématique d’une nouvelle donne politique.

    Un filet d’eau qui serpente dans une petite vallée entre des collines basses aux crêtes boisées, c’est le Tescou, aux enjeux infiniment supérieurs à sa taille.

    C’est vrai que Sivens concerne seulement 17 ha, certes de zone humide, mais enfin c’est pas trop grand par rapport aux autres projets d’aménagement dont on parle aussi. NDDL c’est 2000 ha, le LGV c’est 1000 ha, Castres-Toulouse c’est 400 ha, la zone de Saint-Sulpice c’est 200 ha.

    Pour une fois je ne vais pas vous donner le résultat avant la démonstration, mais quand même on peut dire que Sivens c’est le Waterloo de la puissance publique française.

    Cela dit, qu’est-ce que je vais bien pouvoir vous apprendre sur Sivens ; tout a déjà été dit et redit (pour ceux qui s’informent, pas pour ceux qui regardent la télé bien sûr), car cette fois il ne s’agit pas de trouver une solution, mais d’analyser des démarches et leur causalité. On va donc essayer de s’intéresser aux conséquences et enseignements que l’on peut tirer de ce qui se passe dans ce petit coin du Tarn. Tout ce qui suit n’est qu’une opinion pas un jugement.

    Par exemple, le projet de Roybon (Isère) a déjà bénéficié d’un retour de Sivens. En effet, la même plainte en référé sur l’urgence d’arrêter les travaux de déboisement, qui a été rejetée à Sivens, a été acceptée à Roybon et le projet est là aussi suspendu, mais cette fois à cause d’une décision de justice, et non comme à Sivens à cause de la mort d’un militant. Il faut dire que les motifs du rejet à Sivens tenaient plus d’une réplique de Molière que de la justice, puisque les juges ont considéré que de raser la zone humide n’était pas irréversible tant qu’on n’avait pas dessouché tous les arbres et que donc les travaux pouvaient continuer. A Roybon, un mois et un mort plus tard, ils ont décidé au contraire qu’il y avait urgence à suspendre les travaux. Merci Remi.

    En terme de conséquences il y a vraiment un point sur lequel on n’a pas assez insisté, c’est le désaveu cinglant qu’ont subi les instigateurs du projet (CG, CACG, FDSEA, préfecture…..). C’est ça la nouvelle donne.

    Concrètement, le fait que deux experts aient pu en un mois mettre en pièces (je ne m’y attendais pas à ce point-là) ce projet, est la preuve d’une telle incurie (un mélange d’incompétence, de mépris des lois et des citoyens et de confusion d’intérêts) que cela jette la suspicion sur toutes les décisions prises par ce qu’il faut continuer à appeler les autorités. Parce que cette histoire d’experts nommés directement par le ministère, mérite que l’on s’interroge. Le ministère n’envoie pas d’experts sur tous les projets d’aménagement, loin de là. Pour moi, le ministère a analysé que le projet était plombé par des aspects potentiellement illégaux, qu’il y avait une contestation (collectif et occupants) et une crispation (CG et FDSEA). Il a alors eu l’idée (ou on la lui a soufflée) de permettre aux instigateurs (CG) de ne pas perdre la face, en proposant d’aboutir à un compromis (c’est-à-dire un truc ou en théorie chacun fait un pas et donc perd quelque chose). Au début, les opposants ont joué le jeu (pour avoir l’air constructifs, je suppose), mais c’était un piège grossier pour faire quand même le barrage, éventuellement plus petit (mais les promesses n’engagent que ceux à qui elles sont faites). Seulement (je ne dis pas heureusement, car c’est un grand malheur) il y a eu un mort et ça a tiré (momentanément) les opposants de leur fâcheuse posture.

    On continue sur les ressentiments que provoque cette gifle sur les tenants du projet. Voilà des gens habitués à leurs petites magouilles et d’un seul coup, baf, parce qu’un collectif de défenseurs de la nature s’est interposé, les voilà obligés de reconnaître  … plein de choses, mais essentiellement qu’ils défendaient un projet complètement inutile. Je vous rappelle pour mémoire que quand on dit projet, on dit argent et quand l’argent va quelque part, il ne va pas ailleurs, par exemple sur les routes départementales ou les écoles et les collèges !!!

    D’ailleurs ils n’ont pas reconnu du tout leur erreur pour le moment et leur digestion s’avère difficile. Les récents débordements avec milices agricolo-facho-chasseurs, encouragées par une municipalité irresponsable et des élus complices, en sont la preuve. C’est pour ça, aussi, que je dis que Sivens est emblématique d’un profond changement de la donne politique en France.

    Qu’est ce qui change ? Ce qui change c’est que d’un seul coup:

    On découvre que les choix du CG n’ont aucun rapport avec la moindre préoccupation politique puisqu’ils votent tous le même projet inutile, preuve qu’il n’y a pas plus de majorité que d’opposition mais bien qu’ils sont tous d’accord pour contourner les lois (avec un max de subventions quand même, parce que tout le monde croit que les subventions ce n’est pas notre argent, c’est celui….des autres, ben non).

    On découvre que le CG s’habille de légitimité pour décréter que le projet est un choix démocratique. Et de demander en chœur, le « retour » à l’Etat de droit. Hop, là on s’arrête 30 secondes car il y a un gros poisson. Ce n’est pas parce qu’ils sont élus que tout ce qu’ils font a le label démocratique du choix populaire. Quand le Conseil constitutionnel est saisi d’une loi, pourtant votée par le parlement qui est directement l’émanation du peuple, personne ne trouve à redire. On ne dit pas que le Conseil constitutionnel bafoue les choix démocratiques des électeurs. Ce devrait être pareil quand la justice est saisie parce qu’un projet ne respecte pas les lois en vigueur. Seulement nous ne sommes plus en démocratie, parce que les élus ont complètement perverti le sens du vote des citoyens. Aujourd’hui on se fait élire pour décider à la place de citoyens et non pas pour les représenter et défendre leur avis. Décider à la place des électeurs, c’est certes commode, car la population a l’impression qu’il se passe des choses sans qu’elle n’ait rien à faire, mais ça crée deux sphères de fonctionnement qui ne communiquent plus. D’un coté les élus, l’administration et les entreprises qui concoctent entre eux ce qui les arrange, et d’un autre les citoyens qui voient passer au-dessus d’eux, des débats, des promesses et autres discours et qui finissent par ne plus comprendre qu’on se moque d’eux à ce point-là. C’est grave parce que, comme vous le savez, le monde est gouverné par des non-élus (finance….) et que les vrais élus leur font allégeance plutôt que de nous défendre Pour fermer la boucle, n’allez  pas croire que je dote les sondages d’une fonction de contre-pouvoir et encore moins les médias.

    On découvre que dépenser l’argent du contribuable n’a aucun garde-fou (il n’y a pas de commissaires aux comptes dans les CG) et que donc ils font ce qui les arrange. C’est vrai qu’il y a la Cour des comptes et, d’ailleurs elle vient de donner un avertissement aux agences de l’eau, je cite : « En outre, comme ce sont les Chambres d’agriculture qui désignent ceux qui siégeront aux comités de bassin, c’est la FDSEA qui dispose de fait « d’un quasi-monopole de représentation », souligne le rapport ». Mais vous savez ce que fait le CG des avis de la Cour des comptes… oui bon alors c’est bien, on est d’accord,

    On découvre que la CACG constructeur de barrage (canal de la Neste, Fourogue (jugé illégal juste après réalisation !!) a dans ses organes de décision les même personnes que le commanditaire (CG) qui lui même avait déjà demandé à la même CACG de faire le rapport de faisabilité. Donc, depuis l’étude d’opportunité, en passant par la réalisation et l’utilisation, on a en fait la (les) même personne qui décide tranquillement que c’est faisable, combien ça coûte et le commercialise (pas cher) aux irrigants. Cette collusion que l’on découvre va-t-elle avoir pour première conséquence que tout le monde va regarder de plus près les études de faisabilité et les procédures ? (je l’espère).

    On découvre que la FDSEA a un quasi-monopole dans les décisions concernant l’usage de l’eau (démocratie où es-tu ?). Ce syndicat a aussi un modèle productiviste (ça veut dire produire de plus en plus, sans s’occuper d’à qui ou à quoi ça peut bien servir et sans s’occuper des dégâts collatéraux, pollution, environnement, disparition des exploitations..) qui trouve singulièrement ses limites. Vous savez le fameux plan ecophyto (avec financement européen bien sûr) censé réduire l’utilisation des produits phytosanitaires (ça veut dire désherbants, fongicides, pesticides) sur 5 ans, a eu comme résultat une augmentation substantielle de leur utilisation (cherchez l’erreur). Ce même syndicat porte aussi la responsabilité de la disparition des agriculteurs, puisque la course à la taille élimine tous les petits qui sont souvent les plus rentables.

    On découvre enfin que cette notion de votes démocratiques est, en fait, complètement biaisée (j’adore ce mot-là) dans le sens où il ne s’agit en aucun cas d’intérêt général (ou tout au moins pas en priorité) mais seulement de l’intérêt des élus et de leurs « bonnes » relations.

    Allons plus loin et demandons-nous si le CG aurait pu, l’année dernière, demander lui même cette contre-expertise (il aurait pu y avoir au moins un des conseillers qui la demande). Pour fixer les idées en termes de coût, l’expertise c’est de l’ordre de 50 000€/missions et le déploiement des GI, demandé par le CG, de l’ordre de 500 000€/missions.

    Mais la réponse est claire : non le CG n’aurait pas pu demander cette contre-expertise car tous les éléments étaient déjà présents dans de nombreux rapports (c’est d’ailleurs aussi pour ça que les deux experts du ministère ont été très rapides) mais le CG avait délibérément choisi de s’asseoir sur les rapports (je crois que maintenant on commence à comprendre comment ça marche).

    Seulement d’habitude, quand le CG mène ses petits trafics (c’est à dire ignore les rapports dûment commandés selon les lois (parlement français) en vigueur) pour arriver à réaliser malgré tout ses projets, personne ne dit rien ou plutôt ne disait rien.

    Mais il y a un mais, car depuis NDDL la situation a changée.

    En effet à NDDL, à cause de la vigueur de la résistance, les pouvoirs publics n’ont pas pu éviter de dire que, pour une fois, les décisions administratives attendraient la fin du jugement de tous les recours.

    Malgré cette expérience, à Sivens, le CG dans la lignée de la chape de plomb qui pèse sur le Tarn, a cru pouvoir essayer de passer quand même. D’une certaine manière ça peut s’expliquer par le fait qu’ils ont largement sous-estimé la capacité de résistance du Tarn, parce que, comme on l’a dit au début, Sivens c’est tout petit, avec du coup peu de gens concernés, car un barrage ça fait quand même beaucoup moins de bruit qu’un aéroport. Bref ils n’ont pas compris que quelque chose avait changé. La résistance à NDDL a vraiment été un tournant.

    Cependant, dans le Tarn, ça ne se présentait pas du tout bien pour les défenseurs de la zone humide, mais pour dire les choses jusqu’au bout, il se trouve que, pour Sivens, le collectif qui résiste est emmené par un vrai professionnel des luttes environnementales. Ancien salarié d’une ONG qui s’est fait une spécialité de la protection des mammifères marins, c’est un fin connaisseur des textes du Grenelle de l’environnement et autres directives  européennes. Avec lui s’est constitué un collectif, assez réduit, mais motivé et pertinent. Au début ils n’étaient qu’une dizaine (plus quelques agriculteurs de la conf) à empêcher les naturalistes de compter les têtards, dans le but de « sauver » la faune habitant la zone humide à détruire (la transhumance des têtards c’est pas un truc qu’on voit souvent, mais c’est ce que proposent les pouvoirs publics parce que les zones humides, si on détruit 1 ha quelque part on peut la refaire en petits bouts ailleurs afin de permettre aux bétonneurs d’avoir la conscience tranquille)

    Donc à Sivens il paraissait tout à fait jouable d’appliquer la stratégie habituelle de contournement des lois. La CACG demande au CG de faire un barrage (s’ils ne font pas de barrage ils n’ont rien à faire), le président du CG qui voit des élections sénatoriales à l’horizon se dit que le moment est bien choisi, s’assure de l’appui du syndicat agricole majoritaire (c’est comme en Afrique, ça veut dire unique) qui le lui donne volontiers puisque l’agriculture productiviste est sa seule ligne de pensée, ne remet évidemment pas en cause l’étude faite par la CACG (puisqu’on a les a choisis pour ça), et comme il veut vraiment être élu aux sénatoriales prévoit un budget « forces de l’ordre » puisqu’il sait bien que les recours juridiques n’étant pas purgés, il y aura de l’opposition, mais qu’il doit pouvoir passer en force ou tout au moins faire preuve de la virilité politique nécessaire à son élection. Petit projet (17 ha (35 ha de plan d’eau au max), 9 M €), aucun soutien local aux opposants au projet, la commune sur laquelle se trouve le site, la Chambre d’agriculture, la CACG, le syndicat agricole majoritaire et quelques autres, tous sont (c’est ça la chape de plomb du Tarn) pour le projet de barrage.

    Alors le CG du Tarn lance le projet (lancer ça veut dire vote CG, enquête d’utilité publique (dont il n’a été tenu aucun compte bien sûr) et demande au préfet de publier les arrêtés nécessaires). Les arrêtés sont aussitôt l’objet de plaintes pour non-respect des lois sur l’eau et des directives européennes. Mais ces plaintes ne seront jugées que dans deux ou trois ans, la justice étant, comme on le sait, lente dans notre pays. Alors justement cette lenteur est utilisée par les pouvoirs publics pour réaliser les projets avant qu’ils ne deviennent illégaux, de façon à mettre la justice devant le fait accompli. C’est un comportement machiavélique consistant d’un côté à voter des lois (à Paris), et ensuite à les contourner (à Albi) en prenant des décisions (parées de la légitimité du vote d’élus locaux) en contradiction avec la loi, mais avant que la justice ait pu se prononcer sur la légalité de ces décisions.

    Vous voyez pourquoi je dis qu’ils sont machiavéliques. Continuons.

    Puisque nous sommes là pour réfléchir, posons-nous donc la question : mais pourquoi les pouvoirs publics (en l’occurrence CG et préfecture) agissent-ils ainsi ? La réponse est assez simple, mais demande quelques explications. La réponse c’est que le CG ne fonctionne pas du tout en relation avec les électeurs (c’est à dire la population du département) mais seulement avec les lobbies locaux. Pour illustrer l’exemple qui nous intéresse, le CG du Tarn fonctionne uniquement avec la Chambre d’agriculture (tenue par « le » syndicat agricole), la CACG, les grandes entreprises locales (parce que c’est eux qui financent les campagnes électorales) et le préfet bien entendu.

    Donc, quand la CACG dit qu’elle veut faire un barrage, les contacts se nouent directement entre les responsables de ces entités, sans passer par la case consultation des citoyens (c’est la grande déviance démocratique (voir TAFTA) que nous constatons aujourd’hui, à savoir que si des gens sont élus c’est seulement pour qu’ils puissent décider de ce qu’ils veulent sans demander l’avis des électeurs ( puisqu’ils ont déjà été élus) cherchez l’erreur).

    Alors maintenant quelle est la situation catastrophique découlant de ces tristes  comportements :

    – un projet totalement remis en cause en un mois par deux experts,

    – un jeune militant écolo tué par les forces de l’ordre,

    – une vallée dévastée avec des montagnes de terre empilées dans le plus grand désordre,

    – une cinquantaine de jeunes occupants défenseurs chevelus de la zone humide, vivant dans la boue et sous des tentes de fortune, voire dans les arbres,

    – de nombreux excités fascisants quadrillant la zone en quad et en 4/4 pour faire la chasse aux occupants, et molester ceux qui veulent passer (sous l’œil complaisant de la gendarmerie),

    – des élus locaux en campagne électorale (c’est la seule chose qu’ils savent faire), jetant de l’huile sur le feu, manipulateurs des excités et lançant des anathèmes archaïques mais dangereux contre les occupants et ceux qui s’opposent au projet initial,

    – des militants associatifs et syndicaux fournissant leur aide aux occupants mais désorientés par l’attitude désinvolte (c’est le moins que l’on puisse dire) des pouvoirs publics, préfet en tête, se demandant, à quoi peut bien servir la justice aujourd’hui,

    – et je ne vous parle pas des animaux errants qui ne savent plus ou ils en sont.

    Alors, bon sang de bon sang, comment en est-on arrivé là ??  J’insiste.

    Comment, mais à cause de la sombre farce des projets du Conseil général, qui contrairement à ce qu’on pourrait penser, ne concernent pas le moindre besoin, ni le moindre service public mais seulement les influences de certains de ses membres. En effet, voila un prétendu projet de barrage qui un coup sert au soutien d’étiage, un ans plus tard à la dilution des pollutions d’une usine laitière, un an plus tard à réguler le débit (c’est le contraire de l’étiage), un an plus tard aux déficits en eau du département (oui parce que dans le Tarn, on est censé consommer plus d’eau (essentiellement pour l’agriculture)  que ce que l’on produit, alors il faut faire des barrages, logique imparable qui conduirait les Pyrénées qui produisent plus d’eau qu’elles n’en consomment, à détruire les barrages) et qui il y a un an devenait (enfin) destiné à l’arrosage du maïs.

     

    Pour finir, peut-on dire un mot de ce qui va se passer dans les années à venir ? A court terme, le CG  va voter le (nouveau ?) projet de barrage réduit sur le même site, lancer les études (à la CACG, chiche) pour un ou deux ans (car il faut trouver de nouveau des financements). Pendant le même temps, les recours seront jugés et certainement dans le sens de rejeter à nouveau le projet (réduit si vous avez suivi). On repartira alors pour de nouvelles propositions (avec les mêmes experts, chiche) et de nouveaux recours. Concrètement, dans les années qui viennent, aucun barrage ne sera construit à Sivens. Mais alors que vont devenir les tas de terre et les occupants du site. Je ne suis pas devin mais je vois bien qu’il y aura des expulsions (ou des tentatives) mais alors il y aura retour des occupants et même en plus grand nombre (espérons que le prochain hiver ne sera pas trop rude). Quand à la réhabilitation de la zone humide, si l’on avait affaire à des gens intelligents, elle commencerait tout de suite. Non seulement ça coûterait beaucoup moins cher (à nous) mais en plus ça ferait une zone agricole plus conviviale. Mais ce qui est sûr c’est que nous n’avons pas affaire à des gens intelligents.

    Sans contestation possible, le projet du barrage de Sivens est un projet complètement raté.

    Michel Costadau

  • Partis

    Partis

    Le premier point que je voulais aborder c’est l’autre attentat du 7 janvier (pas celui de CH). Eh bien  on attendra un peu, car ça se trouve avoir un rapport avec l’Etat voyou d’Israël et c’est toujours délicat de parler de ça.

    En ce qui concerne la relecture des partis politique français à la lumière des attentats, comme d’habitude je vous donne d’emblée la conclusion à laquelle on va arriver, à savoir, que le PS n’a plus de raison d’être car il fait double emploi avec l’UMP, que la gauche a disparu dans la bataille (et que Syriza ne la sauvera pas) et que seul le FN a un peu d’avenir.

    Ce qui a manqué dans les réactions à l’attentat CH, ce n’est pas la compassion pour les victimes bien sûr, c’est l’analyse politique qu’un parti ou une organisation aurait pu fournir immédiatement de façon à permettre aux Français d’ajuster leur réaction en conséquence. L’important c’est l’immédiateté, parce que c’est la seule preuve que l’on colle à la réalité, et que les événements prennent place dans des analyses en cours et ne sont pas une surprise.

    Car ceux qui ont été surpris par cet attentat sont des gens qui marchent à côté de leurs godasses, ce qui n’aide pas à avancer dans la vie. Les gouvernants n’ont, en théorie bien sûr, pas été surpris parce que les plans Vigipirate (souvenez-vous, les poubelles ou les valises que l’on fait exploser dans les rues ou dans les aéroports) ne datent pas d’aujourd’hui. Par contre, les gouvernants ont été surpris que l’on mette si facilement en évidence leur incurie. Mais à partir du moment où l’on est en guerre, il ne faut pas s’étonner de prendre des coups (dans le cas précis ce n’est pas eux qui les ont pris, mais des lampistes de base).

    Bon aucun parti n’a donc, immédiatement, expliqué le rationnel de cet attentat. Tout le monde a recouvert ça du voile terroriste ce qui ne veut strictement rien dire (quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage et, une fois mort, ça ne sert plus à rien de savoir si c’était vrai). C’est dommage.     Celui qui est passé le plus près c’est le FN qui a semble-t-il parlé de fondamentalistes musulmans. Mais sa voix a été vite couverte par ceux qui voulaient en faire un fait divers, c’est-à-dire un imprévu spectaculaire à exploiter au mieux.

    En fait ils ont mis du temps à réagir, c’est-à-dire qu’ils ont attendu que les meurtriers (on dit toujours présumés, je ne sais pas pourquoi!) soient exécutés pour se manifester. En effet, imaginez qu’on les ait fait  prisonniers, je vous dis pas la panique dans les ministères. Il fallait absolument les exécuter avant que quiconque puisse parler avec eux. Ça s’appelle la raison d’Etat, mais en démocratie ça n’existe pas (enfin normalement).

    Faisons donc notre relecture. Nous nous retrouvons avec le panel suivant :

    PC, PG et une partie des Verts ont eu une extinction de voix car on ne les a pas entendus sauf pour dire qu’ils avaient quelque chose à dire (et qu’on n’a toujours pas entendu). Certes ils ont rebondi avec la réussite électorale de Syriza, mais le PC est plus que jamais un parti accroché à ses élus comme seule preuve de son existence. Il n’a depuis longtemps plus rien à dire et ça il le fait très bien. Il fut un temps ou le PC aurait brandi des pancartes anti-impérialiste pendant les défilés CH. Nostalgiques réveillez-vous, votre avenir est derrière vous.

    Le PG n’existe toujours pas, le PG c’est une seule personne et elle ne sait plus ce qu’elle doit faire. C’est cornélien, je dois quitter le PC mais sans lui je n’existe pas. Mon Dieu aidez moi etc. etc.

    Une partie des Verts, UDI, UMP, PS (j’en oublie peut-être ; ah oui les radicaux qui comme d’habitude ont expliqué que normalement ils existaient mais qu’exceptionnellement, vu la situation, ils se rangeaient avec les autres (pour qu’on ne les voie pas)) ont dit attentat terroriste (ce qui est comme accident de la route ou épisode neigeux), ça ne se reproduira pas, toutes les mesures sont prises, la République nous appartient et nous la garderons.

    En effet la République est à eux et ils en profitent un max. Comment, tout simplement par la mise en place d’une classe politique, dotée d’avantages inégalables : un chef d’entreprise, (même s’il est grassement payé), rend sans cesse des comptes à ses actionnaires et peut être éjecté à tout moment (avec des compensations quand même), un élu non, même s’il n’obtient aucun résultat, s’il triche, s’il ment, s’il avantage ses petits copains et même s’il ne fout rien (ce qui est la meilleure manière de ne pas avoir d’ennuis). Cette classe politique s’appuie sur une cohorte de technocrates moulés à la louche, capables de noyer un poisson dans l’eau, mais en fait uniquement payés par la classe politique (payés par nous en fait, mais le sujet est difficile car quand on dit à un policier que c’est nous qui le payons, c’est presque considéré comme une insulte) pour qu’elle puisse conserver ses prébendes (à vie pour ainsi dire). La situation ne risque sûrement pas d’évoluer, car le système est bien au point (la maîtrise de la désinformation médiatique étant la base de tout) et comme l’a dit un autre bloggeur « en démocratie nous élisons nos maîtres ».

    Seulement l’illusion démocratique que donne le gauche/droite (UMP/PS), un coup toi , un coup moi c’est un peu beaucoup agaçant. Ce sont les mêmes politiciens qui s’appuient sur les mêmes technocrates, et sont achetés (on dit lobby) par les même entreprises. C’est pour ça que je dis que du PS et de l’UMP, il y en a un de trop et pour moi c’est le PS (trop vieux, trop traître, trop hypocrite) .

    En plus, tous ceux qu’on vient de citer ont défilé ensemble, parce que la seule chose qu’ils redoutent c’est qu’on leur pique leur République.

    Je ne parle pas des groupuscules, nouveaux partis, ligues, une partie des Verts, et autres associations qui, tout en fournissant pratiquement tous les militants (et heureusement qu’ils sont là) pour les luttes sur le terrain, ne représentent rien mais alors rien du tout sur l’échiquier politique. Pour eux la situation n’a pas changé.

    Enfin, le FN a défilé de son côté et a bien fait (ce n’est pas un compliment c’est la réalité, au moins il ne s’est pas retrouvé entre le Gabon et Israël). Pour le moment, le FN ne fait pas vraiment partie de la classe politique mais est ce que cela va continuer. Tout le monde (ou presque) sait que le FN est une invention de notre dernier président socialiste, pour piéger la droite avec un repoussoir, à droite lui aussi. Depuis les choses ont bien changé. Nous avons maintenant un parti, un électorat, la direction du parti restant un point faible car, beaucoup trop près de la brève de comptoir, ce qui ne saurait constituer une ligne de valeurs (à part le taux d’alcool). Supposons que ça s’arrange un peu, mais quand la direction du FN déclare que dans certains cas on pourrait justifier la torture, c’est une grosse erreur politique, car, non seulement, il n’y a strictement aucun cas où l’on peut justifier la torture, car détruire quelqu’un pour en sauver un autre c’est se mettre dans une insoutenable contradiction, mais aussi c’était l’occasion rêvée de mettre en œuvre cette bête notion d’égalité qui aujourd’hui ne profite qu’à ceux qui sont plus égaux que nous. Supposons donc que le FN stabilise une ligne politique correcte, la question reste posée de savoir s’ils vont se faire ou pas happer par les délices de la classe politique, ou au contraire rester dans l’aridité de la contestation. Laissons ce point ouvert, ce que je dis est simplement que le FN a peut-être un avenir.

               

    En ce qui concerne l’attitude non impérialiste que l’on pourrait avoir par rapport aux pays que j’ai appelé « moyenâgeux », il ne faut pas prendre ce terme d’une manière péjorative, c’est seulement pour indiquer que ce sont des populations ayant une énorme différence culturelle avec les pays occidentaux.

    D’ailleurs, pour l’anecdote, je me suis longtemps demandé comment l’Espagne avait pu conquérir les empires Incas, Mayas et d’autres avec des effectifs très limités. La réponse est en fait simple. C’est la différence culturelle : dans le cas évoqué, il s’agit de positionnement moral, entre les deux parties. D’un côté, les Indiens ayant de la curiosité envers des étrangers, et en tous cas ne pouvant imaginer qu’ils soient venus pour les détruire (chose non pensée) et de l’autre les Espagnols sans aucune moralité et ne cherchant qu’à s’approprier brutalement le bien d’autrui. On peut dire aussi que c’est une différence de règle du jeu.

    Cette différence de règle du jeu est, effectivement, à la base des conquêtes coloniales de l’Occident.   Si vous lisez A. Kourouma, et je vous encourage vivement à le lire, vous découvrez que, pour résister aux régiments français (avec des soldats noirs quand même), un chef africain fait construire un énorme mur d’enceinte pour protéger la ville, sauf à l’endroit de la colline sacrée dotée par elle même d’un pouvoir bien supérieur au mur. Evidemment les régiments français sont passés par la colline et tout a été dit .

    Alors pour essayer de trouver une autre attitude, il faut tout d’abord tenter de se sortir la tête du constant matraquage médiatique sur les exactions commises par les résistances, en particulier en zones musulmanes. Il n’est question que de massacre, de bourreaux, de tortionnaires avec les images qui vont plus ou moins avec. Comme ce n’est pas facile d’y voir clair, il faut commencer par se créer des points d’appui. C’est-à-dire des situations où on peut faire quelques affirmations en contradiction avec les médias, et ensuite bâtir sur ces points.

    Par exemple, nous avons un Pinochet bis en Egypte (élimination de l’opposition, assassinats, détentions arbitraires, tortures….). Or, l’Egypte n’est pas mise au banc des nations. Pourquoi, par ce qu’elle ne résiste pas à l’impérialisme et ça, ça plait à l’occident. Nous avons aussi un fasciste en Turquie (président turc : le ventre des femmes appartient à l’Etat et leur rôle dans la société est de faire des enfants, point à la ligne, circulez y a rien à voir). Ca n’empêche pas l’Europe de vouloir l’intégrer et, à part son côté un peu musulman, les médias ne tarissent pas d’éloges sur ce régime. Pourquoi, parce qu’il coopère avec l’impérialisme. Ou encore le Maroc qui, pour avoir annexé le Sahara occidental (ex Rio de Oro) et pour y avoir construit un mur de 400 km pour enfermer les Sahraouis, a toute l’aide américaine (et française aussi hélas) possible. Pourquoi, parce que le Maroc laisse l’impérialisme faire ce qu’il veut chez lui (comme partout ailleurs pour le plus grand profit de la  classe dirigeante, bien sûr).

     Il y a donc, bel et bien, deux poids deux mesures dans le traitement des informations en France. Il y a ceux auxquels on passe tout et ceux qui ont faux tout le temps. Et, coïncidence, ceux qui ont tout faux sont justement ceux qui nous empêchent de faire nos petits trafics (à grande échelle quand même). Ceux qui ont juste sont bien entendu ceux qui trafiquent (de gré ou de force) avec nous.

    Donc, à force de déviations médiatiques, ces résistances passent pour un ramassis de tortionnaires sanguinaires dont le seul but est d’imposer leur religion. Car en plus, ils parlent de religion, pas notre  religion, non la leur. Parce que nous, nous avons le droit d’avoir des fondamentalistes rétrogrades qui vendent des clichés sur la famille et les relations extraconjugales, même qu’ils font des manifs, passent à la télé et sont courtisés par les politiques. Oui, nous nous avons le droit parce que c’est notre religion (dans le Midi cévenol et pyrénéen on se souvient encore des bienfaits de la religion) mais attention, c’est la bonne religion pas celle des mécréants (oups).

    Là oui vraiment il faut rester calme parce que c’est vrai que mettre la religion au cœur de la manière de gouverner un Etat (ou une zone que l’on a sous son influence), non seulement ça nous ramène au moyen âge, mais en plus ça donne des armes à ceux qui veulent les combattre. Il y en a qui veulent créer un Etat sunnite (islamique). Pourquoi pas, on a bien déjà un Etat juif, un Etat chiite, un pseudo-Etat bouddhiste et j’en oublie sûrement. Dans cet Etat, ils veulent pratiquer le strict respect d’une religion, ça ne me plait pas beaucoup mais c’est leur droit, strictement leur droit, chez eux s’entend.

    C’est pas chez nous, c’est chez eux et à mon idée chez eux ils font ce qu’ils veulent. Je n’ai pas entendu dire que ces combattants aient fait la moindre remarque sur la majorité à 18 ans, même pour les femmes, chez nous. Parce que sinon là je leur dirais poliment, mêlez-vous de ce qui vous regarde.

    Si maintenant on cherche à justifier, et à médiatiser, un combat contre ces populations et leurs résistants parce que chez eux le statut de la femme est inférieur au nôtre, c’est pousser l’hypocrisie un peu loin. Il n’y a pas que je sache de parlement universel qui élabore des lois applicables à tous les pays (ne me parlez pas de l’ONU ça me fout le moral à zéro). Alors au nom de quoi allons-nous nous mêler de leur morale et de leurs lois !!!!

    Bon me direz-vous, mais alors tous ces gens qui ont du mal à se soigner ou à se nourrir, ne faut-il pas les aider ? Une fois de plus il va falloir rester calme. Sauf rares (très rares) exceptions (tsunamis…) nous sommes directement la cause de ces malheurs. Alors pour que les multinationales (je dis toujours multinationales mais il y a aussi de petits bandits, par exemple dans la police) continuent à piller, on a créé des organismes, on dit aussi fondations, spécialement chargés de leur faire parvenir des vivres, des soins, des médicaments (quand il y en a). D’abord ça donne bonne conscience à ceux qui achètent des chaussures à trois sous fabriquées par des enfants (en plus on leur donne du travail et ils se plaignent). Mais ensuite, et là vous allez me dire que j’exagère, c’est un business et dans le business y a pas de petits profits (des armes pour les bombarder et ensuite des médicaments pour les soigner (j’espère que vous ne croyez pas que tout ça c’est gratuit)) et ensuite, ben ensuite on recommence.

    Eh bien non je n’exagère pas du tout et donc au nom de quoi allons-nous nous mêler de leurs manières de vivre? La réponse vous la connaissez, parce que nos vraies intentions sont purement impérialistes et le matraquage médiatique est indispensable pour les camoufler. Vous savez, une des ficelles les plus classique de la manipulation médiatique, c’est le collage. On associe une série d’images à une autre pour faire croire que c’est du même registre. Par exemple, je viens de voir hier soir en DVD, un film sur la brigade de protection des mineurs. Ce sont les policiers qui enquêtent sur les violences faites aux enfants. Eh bien le film associe la maltraitance et les viols d’enfants par un parent ou un grand-parent au travail des enfants chez le Roms. Je ne suis pas pour le travail des enfants, mais ces enfants (enfin c’est ce que je vois dans le film) ne sont pas maltraités au sens précédent. C’est donc une bête attaque raciste anti-Roms à laquelle bien peu de spectateurs résistent. L’amalgame est fait, les Roms maltraitent leurs enfants et en avant la musique (comme vous l’avez remarqué, moi aussi je pratique ces rapprochements un peu déroutants, non seulement il vous faut apprendre à les voir, mais aussi un texte on peut le relire ou y répondre, les images de la télé sont sans réactions possibles). Comme je l’ai dit ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les médias font un travail constant pour transformer les résistants, par exemple Africains, en délinquants terroristes fous de religion de meurtre et de torture. C’est Apocalypse now, à l’envers.

    Restons sur les attitudes. Ce que je dis c’est que, si c’était possible,  on devrait se retirer militairement de chez eux, les laisser faire leur évolution, et elle pourrait être assez rapide, vu qu’ils peuvent profiter du spectacle de notre expérience (bof). Ce que je dis c’est surtout pour l’Afrique et le Moyen-Orient, parce que quand même il y a des pays, en particulier en Amérique latine et Sud-Est asiatique qui se sont pas trop mal décolonisé (merci Ché Guevara). Ceux-là il suffit de ne pas trop leur mettre de bâtons dans les roues (mais ce n’est pas du tout le cas pour le moment) et de suivre leur parcours.

    Alors si vous me dites que je vois de l’exploitation partout, n’allez pas croire que je force le trait, je suis plutôt en deça de la réalité. Sinon, expliquez-moi donc pourquoi il y a des riches et comment ils font pour le rester. Ah oui, bon dieu mais c’est sûr : le mérite, le travail etc. qui explique que mon voisin a une façade avec trois fenêtres de plus que moi. Hélas je ne vous parle pas de ceux-là et en plus si c’est votre voisin alors c’est qu’il n’est pas riche. Il a peut-être plus d’argent que vous mais ça ne suffit pas pour en faire un riche. D’ailleurs, un de ces jours, il faudra parler de cette caste mondiale qui a trouvé le moyen de mettre la main sur la planète afin d’éviter de ne plus jamais redevenir pauvre (c’est vrai que c’est franchement pas marrant d’être pauvre, et si vous voulez je peux en rajouter).

    Bon, on vient de parler d’attitude et, pour être précis, d’attitudes individuelles ou collectives mais pas de positionnement au niveau des pays. Du coup vous vous demandez, quelle pourrait être l’attitude de la France pour arrêter cet état de guerre avec ses dégâts collatéraux à Paris.

    C’est pas simple et le constat c’est que c’est pas demain la veille du jour ou la France va changer d’attitude (on peut se tromper et j’aimerais beaucoup être démenti par les faits)  :

    -d’abord, il faudrait des forces politiques en France pour demander quelque chose dans ce domaine (la réalité, avec laquelle il ne faut jamais jouer, c’est que mon opinion, même si elle est partagée et elle l’est, est totalement minoritaire, et que donc aucun courant politique ne pousse dans ce sens à part le FN un peu, mais pas pour les mêmes raisons),

    -ensuite la France est dans un tel maillage de soumission, de compromissions et d’accords avec d’autres pays, qu’agir seul n’a aucun sens et surtout aucune chance d’aboutir au moindre résultat (c’est aussi pour ça qu’il vaudrait mieux soutenir la Grèce plutôt que de chercher à l’enfoncer),

    -enfin, pour parler crûment, tant que les US ne bougent pas il ne se passe pas grand chose.

    Alors en attendant qu’est-ce qu’on peut faire ? Essentiellement essayer de se forger une manière de voir et de penser qui nous permette une interprétation correcte des évènements, en gros à se  « démédiatiser ». Pour la méthode complète, on y reviendra un autre jour. Mais on peut essayer quelques recettes. Par exemple arrêter de regarder la télé (je veux bien vous accorder un match de rugby de temps en temps mais vous savez c’est comme arrêter de fumer  ! !). On peut aussi sur certaines questions, par exemple, la torture ou l’adoption, se demander : mais moi qu’est-ce que je pense vraiment, quelle est mon opinion, est-ce que je peux arriver à avoir une conviction. Quelquefois c’est assez facile, quelquefois ça oblige à prendre des informations, à se renseigner, à écouter divers points de vue. Voilà des choses que l’on peut faire aujourd’hui.

    Michel Costadau

  • Gares

    Gares

    Comme prévu on revient donc vers la SNCF. Vous le savez notre société nationale a tout misé sur le TGV. Elle a même construit des gares super modernes pour ses rapides. Ces gares, en site propre, sont toutes à l’extérieur des agglomérations, quasiment en rase campagne. Elles permettent au TGV de  s’arrêter un temps minimum sans être obligé d’emprunter les voies avec beaucoup de zigzags menant en centre ville. Mais le résultat est problématique parce que dans beaucoup de villes il y a maintenant deux gares : la gare normale et la gare des TGV. Le souci c’est que du coup pour les correspondances c’est plus possible. Ou alors il faut change de gare pour changer de train !

    Bien sûr il y a des exceptions par exemple Bordeaux avec une unique gare normale qui est aussi terminus du TGV ou Toulouse où il n’y a pas de TGV et donc une seule gare.

    Bon ok il n’y a pas de correspondances mais quand même pourquoi je vous dis tout ça. Eh bien c’est simple : cette situation a un unique rationnel anti-service public.

    D’abord ça permet de donner une nouvelle place aux autos pour la liaison gare de TGV- destination finale. Par exemple la SNCF n’a pas peur de proposer pour le trajet Paris-Ganges : Paris Montpellier = TGV 3h26, Montpellier Ganges = voiture 46mn, total 4h12. En gros la SNCF fait croire que Paris Ganges en train c’est 4h12. Certes elle ne fait payer que la partie train mais clairement elle n’assure pas le service. C’est nul.

    Ensuite c’est cadeau pour la privatisation des trains. Les trains privés ne vont pas s’embêter à aller jusqu’à  Ganges, ils vont faire Paris-Montpellier. Le bénéfice pour l’usager est nul puisque ça existe déjà. Et, comme vous le savez, tous les lancements de nouveaux produits pour le sacrosaint PIB s’accompagnent d’efforts financiers du coté étatique. Là nous aurons donc une ristourne sur les péages pour utiliser les voies ferrées. La SNCF qui pendant le même temps va continuer à payer plein pot, va devenir moins rentable. Et l’argument pour vanter la privatisation est tout trouvé. C’est de l’arnaque.

    C’est aussi un cadeau empoisonné aux régions qui sont néanmoins consentantes. Les régions ont hérité des TER dont la rentabilité est faible, ce qui conduit, là aussi, à un recours à la route soit pour remplacer des trains par des bus, soit pour compléter le trajet. Il surgit alors une nouvelle dégradation du service, car dans les trains il est toujours possible de monter, mais un autocar ne prend que des passagers assis et donc refuse du monde quand il est plein ! A cela s’ajoute une vigoureuse politique de subventionnement des autocars qui du coup font concurrence au train. C’est minable.

    Enfin il y a le mystère des tarifs. Outre que globalement le train est devenu cher, il est difficile de savoir combien va vous coûter un voyage. On se croirait dans une compagnie aérienne. Tiens super-prix sur Morlaix. Mais qu’est ce que tu veux qu’on aille faire à Morlaix. Non moi ce que je veux c’est aller à Millau en espérant qu’il y a encore une gare. Millau c’est TER + autocar. Et je ne vous dis pas le souci quand vous changez de région. C’est pas beau.

    Alors bien sûr il reste la voiture, ce qui est exactement un gros problème pour l’environnement même électrique. Cherchez l’erreur.

    Michel Costadau

  • Mansuétude

    Mansuétude

    La mansuétude des pouvoirs publics est vraiment inégalable. Il y a quelques jours alors que des jeunes s’étaient assis sur un pont parisien pour se reposer de la chaleur, l’Etat a envoyé des policiers pour les rafraîchir avec des brumisateurs à main et ensuite les transporter à l’ombre. Une telle sollicitude a de quoi réconforter sur l’attention portée aux citoyens et doit nous ravir pour une utilisation si pertinente et démocratique de nos impôts.

    Tout aussi sympathique a été la fourniture, gratuitement, de petites bouteilles d’eau fraiches dans les trains arrêtés en plein soleil et en panne de climatisation. C’est une attention qui dénote un vrai esprit de service public, comme seule la SNCF sait le faire. On y reviendra la semaine prochaine. Evidemment ce serait encore mieux si la clim marchait et si les trains ne s’arrêtaient pas entre deux arrêts. Mais on ne peut pas avoir la privatisation et le service en même temps. Faut choisir, euh, quand on a le choix.

    Vous le voyez je blague, c’est pour détendre l’atmosphère qui est un peu plombée en ce moment.

    Mais là je vais être sérieux pour vous parler du RIP. On parle beaucoup du RIP en ce moment, comme d’une avancé démocratique. Malheureusement il n’en est rien. Il y a en effet une énorme barrière basée sur les pourcentages. Pour qu’un RIP soit non pas adopté, mais puisse seulement poursuive son parcours il faut que 10 % du corps électoral signe la demande. Ça parait peu 10 % mais c’est exactement le score qu’obtiennent nos politiques pour leur permettre d’être élus. Je vous refais le calcul une dernière fois : 50 % de votants, 20 % recueillis par les meilleurs soit 10 % du corps électoral.

    On demande donc au RIP pour être soumis au vote de la population le même score que peut faire le meilleur des candidats élu par la même population. En toute logique, avec 10 % de signatures le RIP devrait donc être directement adopté. Ou alors la barre des signatures devrait être à 10 % de 10 % soit 1 % du corps électoral. Or il se trouve que c’est exactement là le score actuel de la pétition sur le RIP. Et donc le référendum devrait être officiellement lancé maintenant. Evidemment il ne le sera pas parce que les politiques demandent 10 fois plus de signatures.

    Il y a quelques semaines nous évoquions déjà le double langage des politiques. Et l’actualité nous donne une nouvelle illustration de cette parole défaillante : c’est l’introduction du respect des mesures climatiques comme contrepartie dans les accords commerciaux. Nous atteignons là des sommets.

    L’autorisation de commercialisation de produits ne respectant aucunes règles sanitaires, biologiques ou environnementale est compensée par la participation non pas des producteurs mais des pays de production à des initiatives pour le climat. On croit rêver : c’est la prime au mensonge. Les pays n’ont jamais eu de parole et affublent leurs agissements du doux nom de développement durable, commerce des armes par exemple. Alors vouloir nous faire croire qu’ils vont vraiment faire quelque chose pour le climat c’est de la provocation. Soit les pays font réellement des actions visibles pour combattre le réchauffement et alors il est possible de discuter avec eux. Soit ils ne font rien et ce n’est pas la signature d’accords commerciaux qui va les inciter à faire quelque chose puisqu’ils ont obtenu l’accord sans rien faire. Mais la mansuétude des pouvoirs publics est sans égale.

    Michel Costadau

  • Renault

    Renault

    Aujourd’hui on regarde le ratage de l’affaire Renault. Oui, l’affaire Renault. Les politiques ont montré, une fois de plus, qu’ils étaient lamentables. Ça a commencé par la confusion entre Ghosn et Renault. Le gouvernement s’est focalisé sur Ghosn alors que c’est Renault qui était attaqué.

    Que s’est-il passé ?

    Voila que d’un coup, sans prévenir, Nissan lance une offensive contre Ghosn, le mettant dans l’incapacité de diriger ses 2 entreprises et l’Alliance. Le but de Nissan, en lançant ces accusations, était et est toujours de modifier le rapport de force entre Nissan et Renault. Seulement l’Etat français avait un compte à régler avec Ghosn. Souvenez-vous l’histoire des droit de vote double et l’achat en catastrophe par l’Etat d’actions Renault pour plus de 50M€. Ghosn voulait diminuer le pouvoir de l’Etat au conseil d’administration, ce qui aurait été un bonne chose, mais ça n’a pas marché.

    Du coup, quand Nissan a fait emprisonner Ghosn, nos politiques sont tombés dans le piège et ont chargé Carlos au lieu de le défendre, c’est-à-dire défendre Renault.

    Bien sûr en termes de com c’était du pain béni populiste de vilipender ce patron emblématique. Et les médias ont évidemment emboîté le pas. Mais hélas c’est vraiment n’importe quoi de faire croire qu’il y a des dirigeants honnêtes, altruistes et généreux qui touchent 3 smic. Non, non et non, ces gens-là ne font ça que pour l’argent et d’ailleurs ils rapportent gros aux actionnaires. Ghosn apporte chaque année 1Mrd€ à Paris. Il n’y a donc pas d’affaire Ghosn mais bien une affaire Renault. Et l’affaire Renault est sérieuse.

    Continuons l’explication. A cause de l’emprisonnement de Ghosn, les politiques ont été chercher un vieux dirigeant sur la fin pour être sûr de son obéissance. Et ce dirigeant, conseillé par les politiques je suppose, a plutôt joué la carte Nissan, alors que c’est l’ennemi, l’ennemi associé et partenaire certes, mais c’est souvent comme ça dans le business. On appelle ça une opération de rééquilibrage. Il est clair que Nissan préfèrerait ne pas avoir d’administrateurs Renault à son conseil. C’est comme si l’Etat français avait un droit de regard sur une société japonaise. Du coup l’initiative de Nissan a mis Renault dans une position affaiblie, ce qui était le but recherché.

    C’est à ce moment-là que les Agnelli ont proposé une fusion de Renault avec FCA qui aurait modifié, plutôt dans le bon sens pour Renault, le rapport de force entre Renault et Nissan. Le management de Renault, qui, en fait n’a pas son mot à dire, était d’ailleurs assez pour cette opération, qui aurait permis d’affronter les énormes besoins d’investissement de l’automobile dans les 5 ans qui viennent.

    Seulement nos ridicules politiques n’ont vu qu’une seule chose : la disparition de leur rôle d’actionnaire de référence au profit des Italiens. Ils ont donc louvoyé, ni oui ni non. La suite vous la connaissez, FCA a retiré son offre. Renault ne sait plus trop ou aller et Nissan est du coup en bonne position pour négocier le rééquilibrage ou la séparation, ce qui serait catastrophique pour Renault.

    Maintenant quelques  remarques :

    – l’Etat actionnaire ça n’a aucun sens, soit une entreprise est publique, soit elle est privée. Pareil pour les services. Alors regardez bien EDF ça va partir en live,

    – on ne peut pas mettre un bandit à la tête d’une entreprise et ensuite lui reprocher d’être un bandit. Ça ne tient pas debout, et bien sûr au lieu de défendre l’entreprise on accuse le bandit,

    – pour l’entreprise Renault, je ne suis pas un spécialiste, mais je la verrais bien rentrer dans le giron de WW. Ghosn a fait un coup magique avec Nissan et avec lui l’Alliance marchait et les Japonais l’ont apprécié. Mais les Japonais ont plutôt des associations entre eux et les Européens aussi. C’est culturel. Y a que l’Etat qui n’est pas à sa place dans ce puzzle.

    Michel Costadau

  • Langage

    Langage

    Vous le savez sûrement, le double langage est la règle de base de la classe politique. Par double langage j’entends dire quelque chose et faire le contraire. Soyons plus précis. En fait il y a deux niveaux de fonctionnement. D’une part le niveau médiatique et d’autre part le niveau opérationnel. Le niveau médiatique concerne l’essence, la source même du pouvoir gouvernemental. On peut dire que maintenant le pouvoir est entièrement médiatique puisque ni les diverses assemblées, ni les anciennes oppositions : syndicats, partis minoritaires, corporations, associations ne sont prises en compte.

    Seuls règnent les médias et les sondages. Les médias définissent le politiquement correct. Le pouvoir tient les médias, le pouvoir est les médias.

    Du coup vous comprenez pourquoi les GAFAM, les fake news et les hackers sont sur la sellette. Ils détiennent une partie non politique des médias.

    Alors au niveau médiatique ce qui compte c’est : -d’une part occuper l’espace par une suite ininterrompue d’annonces, de discours, de voyages, de rencontres, de conférences, d’évènements, de déclarations. C’est là que les médias sont indispensables en buvant, en copiant voire en suscitant cette agitation et -d’autre part aller toujours dans le sens du poil, ce qui consiste à dire seulement ce que les gens veulent entendre. Or, comme on vient de le dire, les gens sont sous la seule influence des médias et le discours devient un superbe exercice d’hypocrisie : lutter contre la précarité, l’immigration, le terrorisme, la drogue. Ou encore promouvoir l’emploi, la recherche, le sport, la place de la France et aussi réformer l’Etat, fluidifier les démarches, donner à chacun sa chance. Sans oublier protéger la population, limiter les excès du capitalisme, construire une Europe forte etc, etc. Vous noterez que tout cela ne recouvre aucun objectif précis et, surtout, que rien là dedans ne concerne ni ne gêne les riches et les puissants.

    Par contre il y a un autre niveau : celui de la conduite de l’Etat et de ses agents. Ce volet opérationnel se livre à une activité tout entière tournée vers le PIB et la sacro-sainte croissance mais en aucune manière à la satisfaction des engagements, des promesses, des discours diffusés plus haut. Or la croissance du PIB, par sa fuite en avant, est le rempart des puissants et de l’argent. C’est leur élixir. C’est à ce niveau-là que sont données et exécutées les mesures pour toujours arroser copieusement les copains, on dit aussi capitaines d’industrie, pour rédiger les circulaires de disparition de services et des fonctionnaires correspondants. Comprenez bien que ce n’est pas l’assemblée élue qui gouverne, c’est la brochette de sherpas du système qui forme le gouvernement. Et là tous les coups sont permis : signature d’accords commerciaux opaques et anti-français, réduction du nombre d’agents sans modifier les missions ce qui se traduit par une effritement de la qualité du service, et peu à peu par la disparition du service lui-même, à l’école, à la justice, à la santé. Je ne veux pas tomber dans le passéisme mais souvenez-vous qu’avant il y avait un dispensaire dans chaque quartier qui permettait à toutes les familles de consulter en cas de soucis ou tout simplement régulièrement. Cette notion d’hôpital de proximité a été balayée par les besoins des usines privées qui débitent de la prestation médicale de qualité souvent très moyenne.

    C’est ça le double langage : promesses creuses d’un coté et PIB de l’autre.

    Salut les gars. Courage.

    Michel Costadau